Archives de catégorie : Fukushima

Fukushima : UNE MACHINE À FABRIQUER DE L’EAU RADIOACTIVE À N’EN PLUS FINIR, par François Leclerc

Billet invité.

On s’attendait à ce que le démantèlement de la centrale de Fukushima finisse par être reconnu impossible en raison de la présence dans les sous-sols des réacteurs de trois coriums hautement radioactifs dont la localisation reste inconnue (ou non dévoilée), faute de moyens robotiques permettant de les en extraire. Mais c’est face à un autre problème que Tepco, l’opérateur de la centrale, se révèle dès à présent démuni : si celle-ci ne produit plus d’électricité depuis plus de trois ans, elle est depuis devenue une très performante machine à fabriquer de l’eau radioactive dont il ne sait pas quoi faire.

Une fois de plus à l’arrêt, les installations de décontamination de l’eau dont il était attendu la solution au problème, ne fonctionnent pas comme prévu. Dénommées ALPS, ces trois usines ne marchent que par intermittence, leur performance déclinant au fur et à mesure qu’elles sont en service sans que l’on sache pourquoi. Dans ces conditions, il est exclu de réutiliser l’eau de refroidissement en créant un circuit fermé ou de la déverser dans la mer : il n’y a pas d’autre solution que de poursuivre son stockage dans de gigantesques réservoirs qui s’alignent déjà à perte de vue sur le site de la centrale.

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Fukushima : L’ART DE DIRE LES CHOSES À SA CONVENANCE, par François Leclerc

Billet invité

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© Matthieu Ferrand

« Rendre le monde plus sûr ! », c’est sur ses paroles apaisantes et sans crainte de manier les paradoxes que Yukiya Amano, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a conclu hier sa conférence de presse de Tokyo. Il faut dire que l’organisation est née en 1957 sous l’égide de l’ONU, en pleine guerre froide, sous le slogan « Atom for Peace » (L’atome pour la paix) et n’a cessé depuis de promouvoir les applications civiles du nucléaire (tout en ayant comme mandat d’en limiter les développements militaires).

Prenant le taureau par les cornes devant son auditoire japonais, le haut fonctionnaire international venait auparavant d’aborder le sujet pour lequel il était venu, dans un pays où les centrales sont arrêtées avec comme enjeu leur relance. « La sécurité à 100 % n’existe pas », a-t-il expliqué pour appuyer le lobby de l’électronucléaire, en prenant pour preuve qu’une « catastrophe naturelle peut arriver n’importe où dans le monde », sans s’arrêter à un petit détail : dans le cas de l’électronucléaire, ce risque est créé de toutes pièces !

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PLEASE ! UNE BONNE NOUVELLE !, par Olivier Brouwer

Billet invité.

Bonjour Paul,

Tu nous as demandé si aujourd’hui nous avions « le moral ». Une partie de ma journée est passée (entre autres) à :

1. Ecouter ton interview sur France Info : les robots sont prêts à nous remplacer.

2. Lire l’article de Jacques Seignan sur la « Tsar Bomba » (dont j’ai appris l’existence à cette occasion) et aux « Frankenvirus ».

3. Dans la foulée, j’ai enchaîné sur YouTube (par la magie des propositions successives) :
La video proposée par J. Seignan sur la bombe « Tsar »,
– Un reportage d’Arte sur les fûts de déchets nucléaires dans l’Atlantique, puis sur les trois sous-marins nucléaires russes coulés dans l’océan arctique, trois bombes à retardement que le Monsieur chargé de la sécurité de la mer à l’AIEA (dont je ne donne pas le nom par charité chrétienne) ne juge pas utile de faire renflouer,
– Un reportage d’Arte (très bien documenté au demeurant) sur les causes de l’accident du réacteur n° 1 de Fukushima, qui sont – comme toujours dans ce genre de cas – un enchaînement de concours de circonstances où des économies de bouts de chandelle ont fait office de « politique de sécurité »,

4. « Réalité comptable et vérité »,

5. Le record du monde du Rubik’s Cube,

6. « Les vrais aventuristes de la politique », par F. Leclerc.

Ma conclusion : heureusement qu’un moral bas me pousse à en faire davantage et que chez moi, c’est bas de plafond, parce que sinon je me retrouverais comme dans le dessin de CoCo, le type qui dit « c’était super la conférence de Paul Jorion ! » (si tu vois ce que je veux dire…)

Ceci était une supplique pour une bonne nouvelle.

Please ! Une bonne nouvelle ! Je ne sais pas moi, quelque chose sur la sagesse humaine, par exemple (si ça existe encore, ou si ça s’est mis à exister « sui generis »…)…

A bientôt,

Olivier

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© CoCo

Paul Jorion : Une bonne nouvelle, Olivier ? Notre espèce ne changera pas de cap si un sentiment de panique ne s’installe pas (nous en sommes à interdire à un automobiliste sur deux de rouler pour une journée quand l’air est devenu irrespirable, c’est dire si nous en sommes loin !). Merci pour ta contribution modeste à cette tâche indispensable ! Comme je l’ai dit à la Gaîté Lyrique et comme je le répète depuis : « Notre responsabilité vis-à-vis des générations futures ? Faire qu’elles existent ! »

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L’infini à la portée des réacteurs, par Timiota

Billet invité.

La disparition du Boeing de Malaysia Airlines, vol MH370, coïncidant à peu près avec le troisième anniversaire du tsunami du Sendai et de la catastrophe nucléaire de Fukushima, sont des évènements qui, outre leur caractère tragique pour les humains qu’ils concernent, viennent nous montrer des Terrae Incognitae que nous ne soupçonnons pas.

Dans ses avant-derniers développements, la disparition du Boeing qui faisait la liaison Kuala-Lumpur – Pékin, des dépêches suggéraient que les réacteurs équipés de sonde de « monitoring » émettant épisodiquement leur diagnostic lançaient encore des messages quelques heures après la perte de contact. Un scénario pas moins crédible que d’autres est en effet celui d’une soudaine dépressurisation, incapacitant l’équipage par hypoxie, mais laissant le pilote automatique maintenir l’altitude de l’avion (mais pas forcément son cap) jusqu’à épuisement du carburant, 2 cas ou 3 s’étant déjà vus (Vol 522 Hélios Airways, Vol South Dakota Learjet, Vol Australia Beechcraft).

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Fukushima : UN BILAN TOUJOURS AUSSI IMPOSSIBLE, par François Leclerc

Billet invité

Trois ans après son déclenchement, le bilan de la catastrophe de Fukushima est très loin de pouvoir encore être dressé. 1.200 réservoirs stockant 450.000 tonnes d’eau radioactive dont on ne sait pas quoi faire symbolisent l’impasse dans laquelle se trouvent les autorités japonaises et l’opérateur de la centrale, Tepco, nationalisé de facto sinon de jure. Dans les sous-sols des trois réacteurs qui étaient en activité, invisibles, des coriums hautement radioactifs font du démantèlement des installations une opération inimaginable.

Les autorités se raccrochent à la fiction de ce démantèlement, ne pouvant reconnaître qu’elles sont confrontées à une situation devant laquelle elles sont totalement démunies. En attendant, trois à quatre mille travailleurs s’affairent quotidiennement sur un chantier chaotique dans des conditions très pénibles et dangereuses. Plus de 150.000 sinistrés ont été évacués des régions contaminées autour de la centrale, et seuls 30.000 d’entre eux pourraient être autorisés à regagner leur logement dans les deux ans à venir, entourés de terrains hautement contaminés.

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LA FICTION DU DÉMANTÈLEMENT DE FUKUSHIMA, par François Leclerc

Billet invité.

Une centaine de mètres cubes d’eau contaminée ont à nouveau fuit de l’un des énormes réservoirs où elle a été stockée, annonce Tepco, l’opérateur de Fukushima. Pour lui, l’essentiel est d’affirmer qu’elle n’a pas atteint la mer et que la fuite est donc circonscrite; mais qu’en est-il de la contamination qui se poursuit des sous-sols sur lesquels la centrale repose, via lesquels elle peut se répandre ? La fragilité de ces réservoirs n’étant plus à démontrer, leur remplacement a été annoncé, sans qu’il soit depuis intervenu.

Les robots télécommandés se succèdent, mais leurs performances annoncées – qui demandent à être vérifiées – sont loin de répondre aux exigences d’un démantèlement futur, dont la vraisemblance reste à démontrer. Le petit dernier se dénomme Meister et a été développé afin de résister au très haut niveau de contamination au sein des réacteurs où il doit pénétrer. Il est destiné à inspecter l’intérieur inaccessible du réacteur n°2, à effectuer des carottages du béton et à découper de petits obstacles bloquant les voies d’accès. La modestie de sa mission, qui reste à accomplir, met en relief la tâche à accomplir.

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Fukushima : LE DÉVERSEMENT DANS LA MER COMME SOLUTION PAR DÉFAUT

Billet invité.

Est-il acceptable d’en être réduit à choisir le moindre mal en matière de pollution radioactive ? L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), connue pour sa proximité avec l’industrie électronucléaire, ne se pose pas le problème et n’hésite pas à franchir le pas.

À la suite d’une mission effectuée sur le site de la centrale en novembre et décembre dernier, celle-ci a rendu public jeudi dernier son rapport. Il préconise le « rejet contrôlé » d’une partie de l’eau contaminée accumulée dans les sous-sols des réacteurs et stockée dans plus d’un millier de réservoirs après pompage, dont certains ont connu des fuites aboutissant à de probables déversements dans la mer. Faute d’alternative, Tepco – l’opérateur de la centrale – a pour objectif d’accroitre la capacité actuelle de stockage, actuellement de 350.000 mètres cubes d’eau contaminée, à 800.000 mètres cubes d’ici à 2016.

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QUAND LES CORIUMS DE FUKUSHIMA FONT REPARLER D’EUX, par François Leclerc

Billet invité.

Les trois coriums échappés de leur cuve d’acier de la centrale de Fukushima font enfin reparler d’eux. Non pas aux bons soins de Tepco, son opérateur, du gouvernement japonais ou des autorités de sûreté nucléaire, mais de ceux d’un laboratoire de l’Université de Tsukuba, plus particulièrement impliqué dans un domaine de recherche de pointe : le comportement des rayons cosmiques et plus spécialement des muons, ces particules de haute énergie et de charge négative. Celles-ci ont comme particularité de traverser à peu près tout ce qu’elles trouvent sur leur passage, à l’exception toutefois de substances à haute densité comme le combustible nucléaire. D’où l’idée de les utiliser afin de localiser les coriums dont la localisation reste inconnue. En traquant là où les muons sont bloqués grâce à la mesure de flux de muons entrants et sortants du réacteur de Tokaimura 2 qu’ils ont inspecté à titre de vérification expérimentale durant onze mois, les chercheurs ont fait apparaître en négatif une image du combustible.

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FUKUSHIMA, NOTRE MALHEUR, par François Leclerc

Billet invité.

Sur le site de la centrale, l’extraction des 1.533 assemblages de combustible de la piscine n°4 se poursuit très précautionneusement, comme s’il s’agissait des baguettes d’un jeu de mikado instable et susceptible de s’écouler. Aucun incident n’est signalé, mais les ouvriers qui effectuent le travail touchent le salaire d’une peur destinée à durer toute l’année qui vient.

Le chantier ne cesse de faire parler de lui, ce qui n’est pas le cas des trois coriums évadés de leurs cuves après les avoir percées pour se répandre dans les sous-sols des réacteurs, dont on ne sait ni où ils se trouvent exactement, ni quand leur extraction annoncée pourra commencer, ni comment elle finira. Beaucoup d’interrogations pour un sujet tabou, car l’impasse n’est pas uniquement technologique. Elle est aussi financière.

La compagnie Tepco est maintenue en vie par le gouvernement, qui y a déjà injecté l’équivalent de milliards d’euros tout en se refusant à la privatiser et ne disposant en contrepartie que d’actions sans droit de vote. Les banques et les investisseurs ont en ce qui les concerne besoin de visibilité pour ne pas financer la poursuite de son activité à fonds perdus. Afin de disposer d’un bilan plus présentable, une fois appliquées de nouvelles règles comptables permettant d’étaler ses pertes sur dix ans, de nombreux actifs vendus et les salaires des employés baissés, un plan de restructuration de Tepco va être communiqué le mois prochain au gouvernement, qui a tout du donnant-donnant : « permettez-moi de redémarrer quatre des sept tranches de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa afin d’améliorer mon compte d’exploitation et vous permet de sauver la face ! ». Car le pire pour le gouvernement serait de se retrouver en première ligne devant une tâche impossible à mener mais dont la fiction doit être préservée.

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LA NORMALISATION À LA JAPONAISE, par François Leclerc

Billet invité

Sur le site de la centrale de Fukushima, toute l’attention est focalisée sur le déchargement des 1.533 assemblages du combustible de la piscine n°4, par lots de 22, prévu pour durer une année. Après un premier retrait de combustible neuf pour se faire la main, Tepco est ensuite entré dans le vif du sujet avec un deuxième lot d’assemblages de combustible usagé. La moitié des 1.331 assemblages de ce type sont extrêmement radioactifs.

L’opération pourrait être de routine, si les circonstances n’étaient pas très particulières, de nombreuses inconnues planant sur son bon déroulement, une fois de nouvelles installations de levage destinées à la permettre mises en place, celles d’origine ayant été détruites. Les assemblages de 4,5 mètres de haut sont dans un premier temps stockés dans un container de 5,5 mètres de haut sur 2 mètres de diamètre immergé par une grue dans la piscine, qui est ensuite fermé, hissé (il pèse alors 91 tonnes) décontaminé et installé sur un camion, afin d’être ensuite plongé dans une piscine commune aux 4 réacteurs, située à une centaine de mètres, avant d’être vidé de son chargement. Télécommandées en raison de la radioactivité ambiante, ces opérations se déroulent très lentement, dans la crainte de coincer des assemblages dans les paniers où ils sont rangés, qui peuvent avoir été faussés, des débris résultant de l’explosion initiale pouvant également faire obstacle à leur retrait, le tout sans savoir si l’eau salée les aura détériorés et fragilisés.

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NOUVELLES PLUIES DILUVIENNES ATTENDUES SUR FUKUSHIMA, par François Leclerc

Billet invité.

Mise à jour, 21h18 : Alerte levée.

20h22 : Le personnel de la centrale de Fukushima a reçu l’ordre d’évacuer le site, à la suite d’un séisme de magnitude 7,3.

Nouvelle alerte au typhon et aux pluies diluviennes sur Fukushima. Francisco, le 27ème de la saison, devrait entraîner demain samedi (heure du Japon) de nouvelles inondations du site de la centrale. Tepco, l’opérateur de la centrale, annonce être sur le pied de guerre, mais que peut-il faire, assis sur une éponge d’eau contaminée ? Des pompes ont été installées afin de rejeter l’eau de pluie à la mer, après en avoir mesuré la contamination est-il assuré. Qui vérifiera ?

La nouvelle vient éclipser l’annonce des conclusions du rapport d’étape de la mission de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AEIA), qui s’est rendue la semaine dernière dans la zone évacuée autour de la centrale. Elle invite le gouvernement japonais à repeupler la région sans attendre le retour au niveau normal d’exposition à la radioactivité préconisé par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR), soit 1 millisievert/an hors radioactivité naturelle. « Dans les situations d’assainissement en cours – est-il expliqué – n’importe quel niveau de dose de rayonnement individuel de l’ordre de 1 à 20 mSv/an est acceptable », ce dernier niveau étant celui accordé aux travailleurs du nucléaire.

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…MAIS ELLE NE SORT PAS DE LA BOUCHE DES ACTEURS DE L’ÉLECTRONUCLÉAIRE ! par François Leclerc

Billet invité.

Suite au passage du typhon Wiphia, l’opérateur de la centrale a d’abord prétendu qu’aucun dégât n’avait été constaté et que l’eau de pluie déversée à son initiative dans l’océan était en-dessous des seuils fixés par le gouvernement. Il a fallu une semaine pour que Tepco reconnaisse qu’elle était « peut-être » au-dessus, une telle imprécision étant à bien y réfléchir la pire des choses, signifiant que la multitude des débordements d’eau par dessus le petit muret de 30 centimètres qui entoure le millier de réservoirs de stockage n’a pas permis de mesurer la contamination qui s’en est échappée. Il en a été identifié une douzaine. Aucune information n’est donnée sur la contamination de l’eau à l’intérieur de cette retenue dont la hauteur se révèle insuffisante mais qu’il n’est pas envisagé de surélever.

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ILS CONTINUENT À PERDRE LA MAIN À FUKUSHIMA, par François Leclerc

Billet invité

La confusion se développe sur le site de la centrale. Tepco a découvert une montée en flèche de la contamination de l’eau dans un puits situé à une dizaine de mètres du réservoir d’où 300 litres d’eau contaminée avaient fuit en août dernier. Les émissions bêta atteignent 400.000 becquerels par litre, 6.000 fois le niveau mesuré la veille. La présence du tritium a triplé, établie à 790.000 becquerels par litre.

Cette découverte contribue aux interrogations à propos du niveau de contamination des 2.400 tonnes d’eau déversées dans l’océan après le passage de Wipha, déclaré être inférieur au taux maximum légal.

L’opérateur évoque les effets des pluies diluviennes résultant du passage du dernier typhon comme étant à l’origine de cette brutale augmentation. Il fait également état des difficultés rencontrées à décontaminer le sol dans des zones encombrées de tuyaux et d’installations. Mais que se passe-t-il sous le site de la centrale ? À quelles installations ce puits est-il relié ? Faut-il relier cet accès de fièvre radioactive aux coriums dont il n’est jamais fait état ?

La question se pose : est-il possible de reprendre la main dans une situation qui montre qu’elle est perdue, et si oui comment ?

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UN NOUVEAU TYPHON VA INONDER FUKUSHIMA, par François Leclerc

billet invité

Les dégâts occasionnés par le précédent pas encore résorbés, un nouveau typhon s’apprête à inonder le site de Fukushima. Wipha se dirige vers la région de Tokyo, annoncé comme étant le plus puissant de la décennie. Les vents atteignent 200 kilomètres par heure. De nouveaux débordements d’eau contaminée sont à attendre, en espérant que les structures déjà très éprouvées ne cèdent pas ou que des grues ne s’effondrent pas sur elles.

Chaque typhon ne fait qu’aggraver la précarité des installations et augmenter la quantité d’eau radioactive répandue sur le site, après mélange avec celle qui l’est déjà. L’enjeu est que le site devienne de plus en plus impraticable, alors que des reportages font état des éprouvantes conditions de travail des ouvriers, de leurs bas salaires, et de leur sous-qualification. Les petits incidents d’exploitation se poursuivent : des ouvriers sont aspergés d’eau contaminée, une fausse manœuvre stoppe le refroidissement d’un réacteur, dangereuse routine qui s’installe !

Dans certaines zones autour de la centrale, le gouvernement étudie le retour des habitants évacués, Greenpeace le mettant en garde, car la décontamination n’y est que partiellement réalisée. Seules les maisons et certaines routes l’ont été, leur environnement ne l’est pas, en particulier les terres agricoles. Il est irréaliste de penser que les habitants vivront exclusivement dans les périmètres réduits qui ont été décontaminés. L’enjeu est symbolique pour un gouvernement et un village nucléaire (les industriels, les scientifiques et les hommes politiques constitués en un très puissant lobby) qui veulent à tout prix justifier la relance du parc nucléaire.

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FUKUSHIMA, L’HÔPITAL D’UN CHAMP DE BATAILLE, par François Leclerc

Billet invité

« L’hôpital d’un champ de bataille ». C’est ainsi qu’un vice-président de Tepco, l’opérateur de Fukushima, a qualifié la centrale. Une nouvelle fuite d’eau contaminée d’un réservoir venait d’être découverte mercredi ! La liste des petits riens de beaucoup d’importance s’allonge. Un jour un rat provoque un court–circuit et stoppe le refroidissement d’un réacteur, un autre un réservoir recueillant l’eau contaminée se révèle finalement avoir été mal boulonné et 300 tonnes de celle-ci partent à la mer, un autre encore un morceau de plastique obture une canalisation de l’installation de décontamination (APLS) dont l’une des unités sur les trois existantes venait juste d’être remise en route après une panne intervenue en mars dernier (arrêtée, elle a depuis été remise en route mais elle ne filtre qu’une partie des radionucléides). Sur un chantier constitué à la hâte et dans l’improvisation, la fiabilité des installations est en cause.

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