LE TEMPS QU’IL FAIT LE 20 MARS 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 20 mars 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 20 mars 2015. Et j’ai demandé au dieu Pazuzu de bien vouloir manifester aujourd’hui sa colère relative au comportement de la Troïka. Alors, si vous voyez quelque chose de curieux se passer pendant que je parle, eh bien, ce sera sans doute cela.

Non, je ne veux pas réitérer l’exploit de notre ami, l’intrépide reporter, globe-trotter, Tintin, dans Le Temple du Soleil, je ne vais pas essayer de profiter lâchement de la présence d’une éclipse solaire pour essayer de faire passer mon message. J’ai calculé le temps de mon intervention pour qu’elle soit terminée avant le début de l’éclipse !

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Lycée d’État Jean Zay à Paris, « Comment la vérité et la réalité furent inventées », le mardi 24 mars à 20h

Au Lycée d’État Jean Zay
10, rue du Docteur Blanche 75016 Paris
métro : Ranelagh

mardi 24 mars 2015 — Grand salon 20h

Comment la vérité et la réalité furent inventées

par Paul Jorion

Titulaire de la chaire « Stewardship of Finance » à la Vrije Universiteit Brussel, Docteur en Sciences Sociales de l’Université Libre de Bruxelles. A enseigné aux universités de Cambridge, Paris VIII et de Californie (Irvine).

 

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 13 MARS 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 13 mars 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 13 mars 2015. Et quand j’ai vu qu’on était vendredi 13, je suis d’abord allé regarder la une des journaux… Non, non, je plaisante !

Je vais vous parler d’autre chose. Je vais vous parler de ce que j’ai fait hier soir. Hier soir, j’étais à Namur, en Belgique. Nous étions dans le Palais provincial (je crois que ça s’appelle, oui, le Palais provincial) qui est un Hôtel de Maître du 18ème siècle, et c’est décoré de manière tout à fait charmante ! Si vous allez aux toilettes en passant par la porte qui se trouve derrière l’estrade où interviennent les personnes qui parlent, les orateurs, vous allez passer par un corridor et puis vous allez vous trouver dans une espèce de pièce qui à mon sens est un peu négligée [P.J. sert à entreposer divers objets], dans laquelle se trouve un tableau splendide de Mazeppa. Alors, vous ne connaissez peut-être pas l’histoire de Mazeppa, mais il y a des tableaux, il y en a une série, des tableaux sur Mazeppa au 19ème siècle, c’est l’histoire de cet homme qui était attaché nu sur un cheval. Voilà. Vous pourrez lire ça sur Wikipedia. Il y a de très beaux tableaux sur Mazeppa, mais là, c’est le plus beau, le plus beau que j’aie vu. Et ça se trouve dans ce corridor mal éclairé du Palais provincial. Si on pouvait mettre ce tableau davantage en évidence, c’est absolument splendide ! Quand j’ai essayé de le décrire, hier, j’ai parlé de Delacroix, j’ai parlé aussi de certains de ces splendides tableaux de Daumier, surtout connu par ses gravures, mais qui a fait aussi des tableaux à l’huile extraordinaires. Un très beau tableau qu’il faudrait quand même mettre davantage en évidence.

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Audencia – Les rencontres du Louvre : Comment la vérité et la réalité furent inventées, le lundi 13 octobre 2014 à 9h

Vérité et réalité

Pour étoffer le dépliant des Rencontres du Louvre, il m’est demandé un bref résumé de Comment la vérité et la vérité furent inventées (Gallimard 2009). Le voici :

Aux yeux de l’anthropologue qu’est Paul Jorion, familier de la variabilité des institutions humaines, toute production culturelle mérite une explication, y compris celles de la culture qui est la nôtre.

Rien qui ne soit plus évident pour nous que les notions de « vérité » et de « réalité ». Pourtant nous savons quand et comment elles furent inventées. Alors voyons de quelle manière ! Rien qui n’aille davantage de soi que la logique ou les mathématiques. Elles ont cependant une histoire, pleine de bruit et de fureur. Examinons donc celles-ci !

John Maynard Keynes avait qualifié Newton-alchimiste de « dernier des magiciens », Paul Jorion rapproche lui la démarche de Kurt Gödel démontrant l’incomplétude de l’arithmétique, de celle de Quesalid, le chamane kwakiutl.

 

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 19 SEPTEMBRE 2014 (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 19 septembre 2014. Merci à Olivier Brouwer.

Bonjour, on est le 19 septembre 2014. Et si vous regardez un peu le blog, vous avez dû voir que sur une période assez courte, je crois que c’est de neuf jours, au mois d’octobre, qui sera bientôt là, on m’a demandé de parler de différents sujets. Et ce qui est intéressant pour moi, c’est le fait que cela va m’obliger, moi qui me suis intéressé dans ma vie à pas mal de choses très différentes, à rassembler un peu tout ça en une image cohérente. Si vous avez vu ce que j’ai essayé de faire, il y a – c’est quoi ? – avant-hier, dans une de ces réflexions que j’appelle « Paul Jorion pense tout haut… », il y a peut-être déjà un effort de ce type, c’est-à-dire essayer de rassembler les différentes manières dont je conçois les problèmes qui sont ceux de notre espèce, en une image intégrée. Si vous regardez… – je l’ai fait l’autre jour parce qu’on me posait la question de la validité ou non de la notice Wikipedia qui se trouve à mon sujet -, si vous regardez ça, vous avez l’impression de quelque chose d’extrêmement disparate : je me suis intéressé à telle chose, ou j’ai écrit tel et tel article ou livre à ce sujet, puis j’ai pensé à autre chose, etc. Je suis passé d’une chose à une autre, qui ont l’air de relever véritablement de domaines de la pensée extrêmement distincts. Et là, dans les jours qui viennent, il y a donc [ces interventions]. Je vais le faire dans l’ordre chronologique (si je me trompe dans les dates, ne me faites pas confiance à ce sujet-là, il faut aller vérifier). Les annonces sont là [sur le blog] ces jours-ci, parce que j’ai reçu les programmes ces jours récents.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 19 SEPTEMBRE 2013

Sur YouTube, c’est ici.

– Blog de PJ : Le débat avec Henri Guaino, Femmes chefs d’entreprise

– Blog de PJ : Colloque De l’argent, à Montpellier le samedi 21 et le dimanche 22 septembre

Rapport de l’AFEP, Evolution des recrutements des professeurs de sciences économiques depuis 2000

– Paul Jorion, Misère de la pensée économique, Fayard : 2012

Max Planck : « une vérité scientifique ne triomphe pas en convainquant ses adversaires et en leur faisant voir la lumière, mais plutôt parce que ses adversaires finissent par mourir et qu’une nouvelle génération apparaît à qui elle est familière ».

– Donald MacKenzie, An Engine, Not a Camera. How Financial Models Shape Markets, The MIT Press : 2006

Paul Feyerabend, le retour à la bifurcation

– Paul Jorion, Comment la vérité et la réalité furent inventées, Gallimard : 2009

– Christian Walter, « IAS 39 et la martingalisation des marchés boursiers » in Christian Walter (sous la direction de), Nouvelles normes financières. S’organiser face à la crise, Springer-Verlag : 2010

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HIER SOIR AU LAZARET D’AJACCIO

Hier soir, au Lazaret d’Ajaccio : Marc Lachièze-Rey en fin d’après-midi et moi-même en soirée.

Lachièze-Rey a parlé des grandes questions qui se posent aujourd’hui en physique, à la jonction de la relativité et de la mécanique quantique, soulignant que ces deux approches relèvent de paradigmes différents et qu’une réconciliation passe donc nécessairement par le création d’un paradigme neuf, capable d’englober les deux approches dont la capacité respective à produire des modèles valides est indiscutable. Il mentionna comme piste prometteuse, les réseaux causaux.

Lachièze-Rey évoqua la « matière noire » dans l’univers comme un éventuel artéfact, qui pourrait s’évanouir si l’on examinait la question en termes de la constante cosmologique, proposée initialement par Einstein comme facteur explicatif avant qu’il ne se rétracte à son sujet.

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à l’écoute de cet exposé à l’« effet Max Müller » que j’évoque dans Comment la vérité et la réalité furent inventées (2009) : la possibilité pour un modèle d’engendrer des artéfacts dont de nouveaux modèles devront rendre compte, au risque de produire à leur tour de nouveaux artéfacts…

Quant à moi, prenant comme fil conducteur l’œuvre de Keynes, j’ai exposé quelques-uns de mes thèmes favoris : la machine à concentrer la richesse, le bancor, le nécessaire défaut généralisé de la zone euro, le fixing, la complexité non maîtrisée, la disparition du travail, etc.

Je pris la parole à 21h30. Quand, trois heures plus tard à 00h30, le maître de cérémonie Jean-Noël Ropion mit fin aux questions de la salle, une gentille dame vint se plaindre de cette manifestation arbitraire d’autorité !

L’approbation de mes propos par Jean-Marc Lévy-Leblond me fit très plaisir tout en étant dans la ligne logique de notre longue discussion de la veille, beaucoup plus surprenante à mes yeux fut l’intervention de Pascal Bruckner qui, dans un bref mais magistral portrait de la situation présente, vint conforter celui que j’avais moi-même brossé durant la soirée. Quand il eut fini de parler, je me tus, n’ayant en fait absolument rien à ajouter.

Ce soir, la dernière séance, avec Étienne Klein et Bernard Werber.

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ALCESTE, MAIS PAS SEULEMENT À BICYCLETTE

C’est avec délice que j’avais vu il y a deux ans Les femmes du 6ème étage de Philippe Le Guay, c’est donc sans inquiétude ni appréhension que je suis allé voir aujourd’hui Alceste à bicyclette, du même.

Je hais les prétendus critiques de cinéma dont le compte-rendu se limite à dévoiler la chute de l’intrigue, ce qui ne requiert aucun talent, si ce n’est celui d’avoir été assis là dans le noir dans une salle pendant deux heures. J’en dirai donc le moins possible à ce sujet. Voici cependant : dans le film de Le Guay, l’interaction entre deux hommes et une femme prouve qu’Alceste, le misanthrope de Molière, avait raison.

C’est donc un film pessimiste. Mais on ne peut s’arrêter là, et la raison pourquoi, c’est que Lacan a affirmé, à très juste titre d’ailleurs, qu’Alceste est fou (Lacan 1966 [1946] : 173). Molière n’en pensait pas moins, qui sous-titra sa pièce « L’atrabilaire amoureux ». L’excès de bile noire est bien une maladie, même si nous ne croyons plus à son existence aujourd’hui, ni en trop, ni en trop peu, ni même en quantité suffisante.

Le peu de liberté dont nous disposons en tant qu’êtres humains nous permet cependant d’adhérer plus ou moins aux propos que nous tenons : de la citation par nous sans engagement aucun de quelque chose que nous avons entendu dire : « Il paraît que… », à notre identification totale : « Je jure mes grands dieux que… » (Jorion 1989 ; 2012 : 220-223 ; 2009 : 147-156).

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citéphilo 2012, Comment la vérité et la réalité furent inventées, à Lille, le 23 novembre à 19h00

J’ai donné mon cours dans l’après-midi en prévenant mon auditoire que je devrais peut-être m’interrompre avant la fin, mais, bon, j’ai tenu le coup. J’ai même participé à la table-ronde qui s’est déroulée ensuite, mais il était clair à ce moment-là que participer à un débat à 22 heures relevait désormais de l’utopie. Toutes mes excuses à ceux qui se sont rendus au Botanique à Bruxelles, en espérant m’entendre participer au débat sur le film consacré à Goldman Sachs : vous m’auriez entendu tousser pendant deux heures, vous n’avez sans doute pas perdu grand-chose.

D’ici demain soir, je vais me reposer pour espérer être en forme demain, 23 novembre, à Lille. Je parlerai pour une fois de philosophie, dans le cadre de citéphilo 2012 : de mon livre Comment la vérité et la réalité furent inventées (Gallimard 2009), de 19h à 21h, dans l’amphi René Théry de la Catho, 60 Boulevard Vauban.

J’espère vous y voir !

 

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CE QUI FONCTIONNE ET CE QUI NE FONCTIONNE PAS :
« COMMENT LA VÉRITÉ ET LA RÉALITÉ FURENT INVENTÉES » DE PAUL JORION
, par Vincent Eggericx

Billet invité. Ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas : « Comment la vérité et la réalité furent inventées » de Paul Jorion a été publié originellement sur le blog de Vincent Eggericx.

Louis Couturat, brillant philosophe écrasé par une voiture allant porter des ordres de mobilisation au moment du déclenchement de la première Guerre mondiale, disait dans sa Logique de Leibniz (1) que la philosophie était un cri. Le livre de Paul Jorion, Comment la vérité et la réalité furent inventées, s’inscrit dans cette lignée d’une philosophie-cri qui répond à l’appel du monde et le fait ressurgir sous les miroirs des fantasmagories logiques derrière lesquels danse, telle Salomé devant Hérode, cette antique passion humaine pour la démesure et pour la domination, l’hubris.

Livre passionnant que ce Comment la vérité et la réalité furent inventées, livre frondeur, fouineur, convoquant tous les fantômes qui ont participé à la création des artifices où se reflète le monde dans lequel nous vivons et qui l’organisent en retour ou lui font signe avec des mythes et des mystères, interpellant ces spectres, les questionnant, leur ouvrant la porte des cachots (Quine, Gödel, Cantor, Hilbert), les cantonnant au purgatoire (Platon, Kepler, Newton, Turing malgré tout), ou les élevant avec de solides arguments sur un trône (Aristote, Hegel, Kojève, les Aborigènes ou les Bunaq de Timor). En fonction de ses connaissances et, dirait Jorion, de ses « affects », le lecteur se passionnera pour tel ou tel point, lira certaines pages plus distraitement – les observateurs de Platon ne s’attarderont pas forcément sur les passages où Jorion parle de l’inventeur du mythe d’Er et auteur du Phèdre, du Timée, du Parménide (2) au prisme d’Aristote et de Kojève, ceux de La Partie et le tout, d’Heisenberg, auront une impression saisissante de déjà vu lorsque Jorion évoque les fameuses relations d’incertitude (3) mais seront souvent passionnés comme je l’ai été entre autres par la distinction qu’opère Jorion entre pensée symétrique (de connexion simple, sur le mode primitif, qui serait aussi celui, autre coïncidence, de la pensée orientale (4) et rappelle le fonctionnement du blog de Jorion où Bruce Springsteen côtoie Guillaume d’Ockham, Keynes, le gouverneur de la banque d’Angleterre, Kerouac, monsieur Dupont et Aristote), et antisymétrique (d’inclusion, de causalité, germe d’une hiérarchisation et d’une mathématisation du monde), par la manière dont il met en perspective la philosophie d’Aristote et des scolastiques, ou restitue dans son contexte la naissance du fameux théorème de Gödel (captivant !), dans ce grand mouvement de la fin du XIXème siècle qui voit s’élaborer sur le cadavre iconique du Dieu chrétien les géométries non euclidiennes et la théorie des ensembles de Cantor.

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« COMMENT LA VÉRITÉ ET LA RÉALITÉ FURENT INVENTÉES » DE PAUL JORION
, par Vincent Eggericx

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 7 OCTOBRE 2011

Apple vs. IBM/Microsoft
Steve Jobs
Akhénaton – Julien le Philosophe – Robespierre
Époques charnières et changements de paradigme
Mes propres livres : prixmonnaiecapitalismevérité et réalité
sauver Dexia

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« DISQUE D’OR »

Hier dans la soirée, j’ai reçu un message ravi de Pierre Nora, m’annonçant la deuxième réédition de « Comment la vérité et la réalité furent inventées », soit 5 000 exemplaires vendus.

« Personnellement, écrit-il à propos de ce livre qu’il a publié en 2009 dans la collection « Bibliothèque des sciences humaines » chez Gallimard, je suis très heureux et admiratif. 5 000 exemplaires pour un livre de cette altitude et difficulté, c’est un beau succès ! » 

Honnêtement, je suis très heureux aussi : j’ai le sentiment de recevoir un « disque d’or ».

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D’UN SYSTÈME À L’AUTRE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Le lecteur notera qu’en dépit de références généreuses à mes ouvrages, Pierre Sarton du Jonchay propose ici une théorie de la monnaie qui les contredit en justifiant l’usage du concept de valeur qui – il me l’accorde – est inutile, voire trompeur, lorsque l’on parle du prix, mais serait nécessaire si l’on veut parler, en sus, de la monnaie. Je demeure sceptique, mais supporter enthousiaste du choc des idées. Voyons ce que vous en pensez.

Le non-système n’existe pas

Les États-Unis sont en défaut sur leur dette publique par le seul fait d’exprimer leurs désaccords sur le relèvement légal de la limite autorisée d’endettement fédéral. La dissolution en cours du noyau du système financier mondial est l’événement prémisse du changement de système qu’il nous est impossible de ne pas penser.

Le monde continue d’exister même si la principale monnaie de réserve des échanges internationaux est de valeur indéterminée pour tout emprunteur ou créancier en dollar. Si le Trésor des États-Unis fait défaut en tant que premier emprunteur de la planète en dollar, les non-Étasuniens débiteurs ou créanciers en dollar vont devoir se prononcer au moins entre eux sur le prix de leurs engagements.

Dans Comment la vérité et la réalité furent inventées, L’argent, mode d’emploi et Le prix, Paul Jorion fournit l’appareil logique et conceptuel qui permet de ré-élaborer le système qui va succéder à celui qui s’effondre dans ses contradictions. Le chemin d’élaboration d’une connaissance scientifique pertinente et possiblement juste et efficace est balisé. Observation du réel, hypothèse théorique, élaboration du modèle de théorie, expérimentation dans le réel, appréciation du résultat par rapport à la prévision théorique.

Un système est une théorie appliquée à un champ délimité du réel. Pour le nouveau système financier et monétaire qui va émerger, Paul Jorion a posé des observations et des hypothèses. Les éléments du nouveau modèle sont là mais ne sont pas rassemblés dans la théorie véritable de l’économie efficiente.

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CQFD, « Le capitalisme est à l’agonie », N°91, juillet-août 2011

À propos de la sortie de Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011) et de La guerre civile numérique (Textuel 2011), un entretien avec Gilles Lucas.

L’entretien complet se trouve ici.

Wikileaks, dont vous parlez beaucoup dans votre dernier ouvrage, prétend vouloir révéler les dissimulations et mensonges des gouvernants. Pensez-vous que la vérité, dans le monde dans lequel on vit, à une force pratique ?

La vérité a toujours eu une force pratique. Elle offre le moyen de construire des arguments qui soient à la fois cohérents et maîtrisés dans un environnement particulier. Il s’agit cependant d’une construction culturelle à partir d’arguments polémiques, et dont on peut dater l’émergence comme je l’ai expliqué dans mon ouvrage Comment la vérité et la réalité furent inventées (Gallimard 2009). Avec la vérité, on ne se situe ni dans l’absolu, ni dans le n’importe quoi. Bien qu’elle puisse être critiquable parce qu’elle est un produit social et historique, l’exercice de la vérité par la raison (l’enchaînement contrôlé de propositions vraies) a produit d’une manière globale un mieux.

Il y a des périodes où un seuil psychologique est atteint pour les populations. Il n’est pas simplement dans l’imagination, mais lié à des réalités qui font que des choses qui ont été jusqu’alors tolérables cessent de l’être. Par exemple, des activités financières comme la spéculation passent relativement inaperçues tant que tout le monde gagne de l’argent, chacun à son échelle. Au moment où la spéculation est devenue la seule source d’enrichissement, un seuil est atteint et le niveau de tolérance baisse. C’est à ce moment-là que la vérité sur la spéculation réalise son potentiel. Seul le contexte la rend cruciale ou non.

La suite, dans le magazine.

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