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Trends-Tendances, Actualité d’Ernest Solvay, homme pour demain, le 27 juin 2019

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Une source d’inspiration pour demain

Ernest Solvay a laissé le souvenir d’un grand industriel, rapidement à la tête d’un empire toujours en place. S’il n’a pas été l’inventeur d’un procédé de fabrication de la soude caustique à partir d’ammoniaque et d’eau salée, découverte qu’il avait cru un moment être le premier à faire, il a su mobiliser son environnement familial pour devenir en quelques années le producteur de 90% d’un ingrédient essentiel à la fabrication du verre et des détergents.

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Il y a 50 ans, les Provos

imageIl y a 50 ans, les Provos sur lundimatin

Le mouvement Provo, qui a 50 ans aujourd’hui, m’a fait lire à l’époque, les bons auteurs.

Merci encore à Roel van Duijn et a Simon Vinkenoog (1928 – 2009) qui, à l’été 1967, ont accordé – sans y réfléchir un instant – leur amitié à un étudiant en sociologie qu’ils ne connaissaient ni d’Ève, ni d’Adam. Probablement parce qu’ils devinaient que nous pensions la même chose sur les mêmes choses.

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DÉFENSE DE STIRNER, par Annie Le Brun

Billet invité.

Paul,

Concernant Max Stirner (1806–1856), je me suis sentie mal à l’aise quand, hier, vous l’avez tout simplement fait passer « de l’autre côté », du côté du « fascisme à col blanc ».

C’est que je le tiens pour un ami, car je lui dois de m’avoir aidée (et sans doute beaucoup d’autres) à comprendre un mécanisme commun à la dévotion et à la soumission, à savoir comment au nom d’abstractions on parvient à tout abandonner de soi-même, qu’il s’agisse de Dieu, de la Patrie mais plus gravement de la Vérité, de la Révolution, de la Liberté… Du coup, j’ai été rechercher le livre et ouvert, par hasard, pour y lire, par exemple: « Nous sommes désormais ‘les serviteurs de nos pensées’ ; nous obéissons à leurs ordres comme naguère à ceux des parents ou des hommes. Ce sont elles (idées représentations, croyances) qui remplacent les injonctions paternelles et qui gouvernent notre vie. Enfants, nous pensions déjà, mais nos pensées n’étaient pas alors incorporelles, abstraites, absolues ».

N’est-ce pas au nom de ces « abstractions » que depuis toujours on tue, comme on se laisse tuer soi-même ?

En dénonçant cette désincarnation de l’idée, en fait, Stirner ramène non seulement le corps dans la pensée mais porte l’accent sur ce qu’il y a alors d’unique dans le rapport de ce corps et de cette pensée. Et c’est pour moi quelque chose d’essentiel.

Comme il ne craint pas par ailleurs de se réclamer de l’égoïsme, on peut bien sûr en faire l’interprétation que vous semblez en avoir donnée.

Je sais ses limites (pour aller vite, il y a dans tout cela quelque chose de solipsiste) mais sa réflexion prend aussi la suite de celles qui ont agité le XVIIIe siècle autour de l’intérêt. Et à cet égard, si la candeur et l’innocence me bouleversent, l’angélisme me répugne.

Du coup, il me paraît facile de réduire son propos, en estompant tout ce qu’il a d’aigu et en le privant, par là-même, du mouvement qui aura incité son auteur à aller où personne n’a osé aller, si ce n’est Sade, avec bien sûr une tout autre ampleur et une tout autre profondeur.

Enfin, je ne suis pas près de lâcher la notion d’Unique (moins prétentieuse, je crois, que celle de souveraineté) surtout quand on la relie comme Stirner au Rien. Ce qui n’est quand même pas rien.

Et allant voir les dernières pages du livre dont j’avais gardé un souvenir fort, je n’ai pas été déçue en relisant :

Dans l’Unique, le possesseur retourne au Rien créateur dont il est sorti. Tout Être supérieur à Moi, que ce soit Dieu ou que ce soit l’Homme, faiblit devant le sentiment de mon unicité et pâlit au soleil de cette conscience.

Si je base ma cause sur Moi, l’Unique, elle repose sur son créateur éphémère et périssable qui se dévore lui-même, et je puis dire :

Je n’ai basé ma cause sur Rien.

Cela ne vaudrait-il pas la peine d’y revenir ?

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