Archives par mot-clé : dette privée

ÉCLAIRAGES SUR LA DETTE, par François Leclerc

Billet invité.

Comment réduire l’endettement public ? Cette lancinante question toujours pratiquement sans réponse ne va pas tarder à réapparaitre dans l’actualité à propos de la Grèce. Mais ceux qui ne veulent pas la prendre à bras le corps auront beau jeu dans ce cas de proposer de rallonger la période de grâce pour repousser à dans des dizaines d’années la constatation qu’elle n’est pas soutenable. Grosse inconnue : le FMI se laissera-t-il prendre ?

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PEUR…, par Olivier Berruyer

Billet invité. Article rédigé ce jour pour le blog de Paul Jorion

Peur, car oui, j’ai peur, aujourd’hui.

Le système financier, assis sur des pyramides de dettes prenant appui les unes sur les autres est en train de sombrer, sa base constituée des dettes publiques prenant l’eau de toute part.

Éludons le sujet grec – c’est à peine un suintement. Plus inquiétant est la fuite européenne, avec l’Espagne et l’Italie dont les taux remontent déjà, le cirque médiatique des gouvernants européens de la semaine dernière ayant déjà fait long-feu – 110 Md€ pour 1 semaine de calme, ça fait cher la minute quand même (11 M€ !)…

Mais si j’emploie un mot si fort ce matin, c’est bien évidemment à cause des États-Unis, où les députés ne se sont toujours pas mis d’accord pour relever le plafond de la dette.

Honnêtement, je me suis trompé. J’ai cru durant des semaines que ceci ne serait qu’une formalité, et que les États-Unis auraient rapidement trouvé un accord pour relancer la machine à faire de la dette – solution qui finirait inéluctablement par un défaut, dû au sur-endettement, comme nous l’avons déjà longuement analysé dans une série de billets précédente.

Mais je ne pensais pas que le blocage actuel adviendrait, alors que finalement, il aurait pu être mieux prévu. Car au fond, les Républicains vomissent l’État fédéral, qui a un soutien limité de la population. Rappelons au passage que pour un américain, l’État fédéral est perçu à peine mieux que l’embryon d’État européen chez nous : distant, et faiblement utile. Les Démocrates y sont plus attachés, mais le compromis demandé par les Républicains revient justement à signer son démantèlement.

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L’actualité de la crise : DEUX POIDS, DEUX MESURES, par François Leclerc

Billet invité.

« Nous avons deux petits mois devant nous pour réussir » : voilà ce que doivent se dire les hauts fonctionnaires et sherpas qui négocient actuellement la préparation du Conseil européen des 23 et 24 mars prochains, par ailleurs veille d’une importante échéance électorale allemande dans le Bade Wurtemberg. Voilà le répit qu’ils souhaitent se voir accordé par les marchés, qui témoignent d’une relative expectative tant qu’ils croient possible une heureuse issue à cette échéance.

De quoi s’agit-il ? D’aboutir à un compromis conjuguant un renforcement du dispositif de sauvetage financier européen – qui suppose une implication allemande plus poussée – et une cohérence fiscale plus affirmée, nécessitant que le gouvernement français s’engage dans une rigueur que – fin politique – il a jusqu’à maintenant cherché à repousser à plus tard.

Ces deux mois vont être longs à tenir, le succès à l’arrivée n’étant pas garanti, les libéraux allemands du FDP tentant de se refaire une petite santé électorale en jouant la carte de l’intransigeance. Les marchés, à qui beaucoup a déjà été raconté, n’entendant pas cette fois s’en laisser conter. Aujourd’hui, ils viennent de donner deux signaux clairs, en se précipitant massivement pour souscrire à l’émission obligataire du fonds de stabilité et en retendant parallèlement les taux des pays de la zone des tempêtes. Favorables à des euro-obligations qui diminueraient leur risque, ils craignent que les Européens ne se mettent finalement pas d’accord. La signature de l’Europe est confortée, mais il reste à ce qu’elle soit apposée…

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L’actualité de la crise : PLUS ON AVANCE, MOINS ON SAIT QUOI FAIRE, par François Leclerc

Billet invité.

Tenir une simple liste des discussions entamées et laissées en suspens, pour ne pas parler des mises à jour de dossiers, est une tâche qui de jour en jour s’alourdit. Sans aller chercher jusqu’aux Etats-Unis, où la lancinante question de la réduction du déficit fédéral n’est pas près de trouver une réponse, imposant dans l’immédiat au Congrès de relever le plafond autorisé de la dette publique, l’Europe n’est pas mal pourvue sur ce chapitre.

Il en ressort, pour en faire la synthèse, que plus on avance, moins on sait quoi faire.

L’émission des euro-obligations, que l’on croyait pour un temps enterrée, a déjà rejailli à Paris, à l’occasion d’une visite jeudi de Georgios Papandréou, le premier ministre grec. Prudemment, il a avancé qu’il faut utiliser « tous les outils possibles de la boîte à outils », après avoir affirmé en décembre dernier vouloir contribuer à réunir un million de signatures d’Européens en sa faveur. Il s’inscrivait alors dans le cadre de L’initiative citoyenne européenne, qui permet selon le Traité de Lisbonne de saisir la Commission européenne. A l’occasion du démarrage de la présidence de l’Union européenne par la Hongrie, son ministre des finances György Matolcsy a immédiatement pris le relais depuis Budapest. Parlant des euro-obligations, il a pronostiqué : « Je l’exclurais aisément pour d’ici à la fin de l’année. Mais, d’ici à 2013 ou d’ici au milieu de la décennie, je suis très optimiste quant à l’issue finale : nous aurons certainement des nouveaux instruments financiers comme les euro-obligations ».

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L’actualité de la crise : LA DETTE N’EST PAS SOLUBLE DANS L’EAU, par François Leclerc

Billet invité.

Les voies de la crise ne sont pas impénétrables. Sans doute, le sauvetage de l’Irlande restera-t-il dans les livres d’histoire comme l’un de ses parfaits exemples, de la même manière que la fameuse tulipomanie sera à jamais une parfaite illustration de la spéculation.

Hier soir dimanche, un plan a été annoncé dans ses grandes lignes, qui va encore devoir être longuement mouliné nous est-il annoncé, sans que l’on comprenne bien ce qui justifie les délais invoqués. Sinon qu’il fallait sans attendre dire à tout prix quelque chose pour stopper la propagation de la crise, mais que des désaccords subsistent – la question de la taxation des bénéfices des entreprises, sujet de profonde discorde, n’est pas réglée – et qu’il faut du temps pour sonder le fonds du gouffre dans lequel les banques irlandaises se trouvent. Sans exclure que l’enveloppe de 80 à 90 milliards d’euros annoncé soit revue à la hausse à l’arrivée, quand l’examen de leurs bilans aura été mené à son terme. L’affaire, en tout cas, n’est pas bouclée et la colère monte.

Le cas de l’Irlande est donc un cas d’école. Deux raisons concourent à son sauvetage européen, lui-même justifié par la nécessité de protéger la zone euro. Et deux vecteurs possibles de contagion au sein de celle-ci ont été clairement mis en évidence. Le premier est l’interconnexion de l’endettement bancaire, le second celui du financement de la dette des Etats par les banques.

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L’actualité de la crise : où sont les issues de secours ? par François Leclerc

Billet invité

OU SONT LES ISSUES DE SECOURS ?

A leur rythme et selon leur logique, les deux crises de la dette publique et privée se poursuivent en s’alimentant mutuellement. Telle une contagion croisée désormais durablement inscrite dans le paysage. Les issues de chacune d’entre elles sont bien recherchées, mais elles restent introuvables.

La réduction des déficits publics ne va pas aller sans accroître le mal existant, suscitant des effets secondaires très indésirables, tandis que le lent rétablissement par lui-même du système financier, toujours incapable de fonctionner sans le soutien massif des banques centrales, vient de trébucher en Europe à nouveau.

Echappée quelque temps, l’Europe est en passe d’être rejointe par le Japon, qui met à son tour l’accent sur la réduction prioritaire de son déficit public, tandis que les Américains continuent, mais ce ne peut être que provisoire, de temporiser. Devant le parlement, Naoto Kan, le nouveau premier ministre japonais, a placé son entrée en fonction sous le signe du « risque d’effondrement financier » qui résulterait à terme, selon lui, de la colossale dette du Japon, car « nos finances sont les pires des pays développés » (la dette y atteint 200% du PIB).

Toujours reculées, des mesures fiscales sont à l’étude, notamment une augmentation de la TVA. Elles pèseront sur la consommation intérieure et rendront le pays encore plus dépendant pour sa croissance de son commerce extérieur. Tout le contraire de ce qui est préconisé par les organisations internationales, au nom de la lutte contre un déséquilibre global qui au contraire s’amplifie. Les récentes statistiques américaines montrent que le déficit commercial avec la Chine continue de croître.

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