PEUR…, par Olivier Berruyer

Billet invité. Article rédigé ce jour pour le blog de Paul Jorion

Peur, car oui, j’ai peur, aujourd’hui.

Le système financier, assis sur des pyramides de dettes prenant appui les unes sur les autres est en train de sombrer, sa base constituée des dettes publiques prenant l’eau de toute part.

Éludons le sujet grec – c’est à peine un suintement. Plus inquiétant est la fuite européenne, avec l’Espagne et l’Italie dont les taux remontent déjà, le cirque médiatique des gouvernants européens de la semaine dernière ayant déjà fait long-feu – 110 Md€ pour 1 semaine de calme, ça fait cher la minute quand même (11 M€ !)…

Mais si j’emploie un mot si fort ce matin, c’est bien évidemment à cause des États-Unis, où les députés ne se sont toujours pas mis d’accord pour relever le plafond de la dette.

Honnêtement, je me suis trompé. J’ai cru durant des semaines que ceci ne serait qu’une formalité, et que les États-Unis auraient rapidement trouvé un accord pour relancer la machine à faire de la dette – solution qui finirait inéluctablement par un défaut, dû au sur-endettement, comme nous l’avons déjà longuement analysé dans une série de billets précédente.

Mais je ne pensais pas que le blocage actuel adviendrait, alors que finalement, il aurait pu être mieux prévu. Car au fond, les Républicains vomissent l’État fédéral, qui a un soutien limité de la population. Rappelons au passage que pour un américain, l’État fédéral est perçu à peine mieux que l’embryon d’État européen chez nous : distant, et faiblement utile. Les Démocrates y sont plus attachés, mais le compromis demandé par les Républicains revient justement à signer son démantèlement.

Donc si l’État fait défaut, ceci parachèvera le Grand Å’uvre entamé sous Ronald Reagan, qui a fait exploser les déficits en baissant les impôts des riches en augmentant les dépenses. OUI, j’estime que le déficit public est l’allié des néoconservateurs, la meilleure arme des liquidateurs de l’État. Car d’une part, tant que la dette monte, elle enrichit outrageusement les patrimoines les plus aisés par les intérêts, véritable impôt à l’envers. Et un jour, évidemment, l’État se retrouve en défaut, et comme il est désormais hors de question de toucher aux patrimoines, il faut donc démanteler la protection sociale puis le contrat social de 1945 – paix à leurs cendres. Quiconque pense que l’État a un rôle à jouer devrait se battre pour son équilibre financier, car un État qui tend la main est un État faible, qui finira démantelé…

« Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisquela main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit. […] L’argent n’a pas de patrie ; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain. » [Napoléon Bonaparte]

Bien entendu, le remède n’est nullement de continuer à faire n’importe quoi avec les finances publiques, qui devraient à mon sens tourner autour de principes simples :

1/ aucun déficit public hors période de récessions ;

2/ liquidation de toute dette publique en 4 à 5 ans ;

3/ constitution d’un matelas de prudence par des excédents les bonnes années, pour limiter tout déficit ;

4/ utilisation d’un faible mais régulier concours de la banque centrale pour aider à l’équilibre budgétaire, sans menacer la monnaie.

L’État pouvant lever l’impôt, il est tout de même kafkaïen de ne pas le faire, laissant leur argent aux  contribuables aisés, et d’avoir à la place des déficits, qu’on comble en demandant aux mêmes contribuables de prêter leur argent contre des intérêts… Ou comment transformer ses impôts en prêts… Mais ils révéleront à la fin leur véritable nature d’impôts, puisqu’il n’est pas possible de les rembourser…

Pensons aux discours surréalistes des gouvernants actuels : un Premier Ministre qui annonce en 2007 que « l’État est en situation de faillite », mais qui augmente tranquillement en 4 ans la dette de 50 % (sic !) ; un discours politique rabâché expliquant qu’il est hors de question d’augmenter les impôts, mais qui augmente la dette, qui n’est qu’un impôt différé – Charles de Gaulle, réveille-toi, ils sont devenus fous !!!!

« Il est fâcheux de légaliser un supplément de déficit. […] Tout le monde doit s’apercevoir qu’un jour, il faut payer. […] Le budget [1965] doit être équilibré ! […] L’État doit veiller aux équilibres. C’est un budget de stabilité […] ça ne doit pas être le dernier. Il faut que ça devienne la règle. […] Ce qui fait que, pour les jeunes, c’est-à-dire pour l’avenir, c’est énorme, c’est révolutionnaire ! » [Charles de Gaulle]

Revenons au plafond de la dette américaine. Quel est ce danger ? Contrairement à ce que l’on pense et à ce que l’on entend, j’estime personnellement que le danger n’opérera pas de la même façon qu’en Grèce. À ce stade, ce pays est en effet exsangue : laminé par le montant colossal de la dette et de sa charge d’intérêts. Bref, la Grèce est épuisée, et étant devenue à risque, les marchés financiers ne lui prêteraient qu’à des taux prohibitifs, non remboursables.

Pour comprendre la situation chez nous, je rappelle quelques chiffres pour la France :

  • ressources nettes de l’État en 2010 : 170 Md€
  • dépenses  nettes de l’État en 2010 : 325 Md€, dont 45 Md€ d’intérêts sur la dette (soit plus que l’impôt sur le revenu)
  • déficit public 2010 : 155 Md€
  • dette de l’État fin 2010 : 1 230 Md€, de durée moyenne 7 ans et de taux apparent 4 %.

Le déficit est incroyablement lourd, mais le souci vient de la dette, qui « roule » en permanence. Régulièrement, il faut par exemple rembourser 50 Md€ de bons du trésor émis il y a 5 ans, et pour ce faire, on emprunte de nouveau 50 Md€ sur les marchés financiers (plus les intérêts…). C’est ainsi que l’État « rembourse » sa dette – puisqu’il ne peut faire autrement, étant déjà en déficit avant de payer les intérêts, donc en lourd déficit après les avoir payé, et donc il n’y a plus rien pour rembourser le capital emprunté… Au final, l’État a été obligé d’emprunter en 2010 plus de 600 Md€, oui, vous lisez-bien, 600 000 millions d’euros – 500 Md€ ayant servi à rembourser de la dette…

On ne nous parle que des soldes, mais c’est bien le montant des flux qui compte. Car TOUTE LES SEMAINES, l’État encaisse 3 Md€ d’impôts, dépense 5 Md€, et emprunte 12 Md€, dont 10 servent à rembourser de la dette… L’État doit donc tendre la main pour trouver plus de 2 Md€ chaque jour ouvré ! Et ce pour la France, c’est autant pour l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne…

Et ce fait est bien sûr largement masqué par les pouvoirs publics, qui se gardent bien de vous présenter le budget réel de l’État en France – moi, dans mon budget, le remboursement de mes dettes est inclus…

Et c’est là que tout se joue. L’État trouve ces sommes car depuis des décennies tout le monde pense que le bon du trésor est « l’actif sans risque ». Et ceci ne repose que sur de la confiance – confiance d’ailleurs à mon sens totalement infondé quand on perçoit bien l’étendue des dégâts démontrée par les chiffres précédents. D’ailleurs, comment avoir confiance dans un État qui, depuis 35 ans, toutes les semaines tend la main pour se faire financer par les marchés financiers, et dont le pilote ne trouve rien de plus rassurant à dire à son prêteur que, en situation de grave déficit, lui vivant, on n’augmentera jamais les recettes… « Merci, mais moi, je vais mettre mon argent ailleurs, du coup… »

D’ailleurs, il est évident, au vus des chiffres précédent, qu’on en peut rembourser 1 300 M€ de dette avec de tels budgets, ni même le quart…

« Il n’y a que les dettes que l’on peut payer qui sont ennuyeuses. » [Francis Picabia]

Alors bien sûr les taux vont monter – et 1 % de plus, c’est 12 Md€ de charge supplémentaire, ce qui augmentera le déficit, donc la dette. Mais ceci est un problème de court-moyen terme.

A très court terme, le risque c’est que tout simplement les prêteurs, effrayés, ne prêtent plus – ou prêtent moins. Le souci principal n’est donc pas tant de payer trop cher son emprunt, mais de se le voir refuser. Par exemple, l’État ne trouvera que 10 Md€ dans une semaine au lieu des 12 qu’il lui faut. Et là, il lui manque 2 Md€, et il ne peut pas les trouver, donc il ne peut rembourser toute la dette venant à échéance ou payer tous les salaires… C’est la cessation de paiement assurée.

Ainsi, dès que la dette ne pourra plus être roulée, l’État n’aura que 3 choix :

1/ il ne rembourse pas la dette (ou diminue les intérêts contractuel versés) ;

2/ il lève une taxe exceptionnelle sur l’épargne financière (3 000 Md€ en France, sachant que le patrimoine total a doublé en 10 ans, + 6 000 Md€ – il y a de la marge, même si c’est très désagréable) ;

3/ il enjoint à la banque de France de créer  et de lui remettre la somme dont il a besoin.

Les deux premières solutions sont à peu près équivalentes, car rappelons qu’environ 80% de la dette publique est concentrée chez les 10 % des contribuables les plus fortunés. Ne pas les rembourser, ou leur prendre de l’argent pour les rembourser revient à peu près au même. La dernière est un saut dans l’inconnu, car elle peut se révéler très inflationniste si le public perd confiance dans la monnaie.

Au final, ne plus pouvoir rouler la dette IMPOSE de la diminuer fortement. Or, diminuer de 500 Md€ la dette publique IMPOSE de diminuer les patrimoines financiers de 500 Md€ – c’est bêtement mathématico-comptable. Reste donc à savoir qui va être obligé de jouer à « Qui veut perdre des millions » – les plus fortunés ou les autres…

Et j’ai gardé le meilleur pour la fin. L’État fédéral américain, c’est 150 Md$ par semaine qu’il emprunte – 8 000 Md$ par an…

Voilà où nous en sommes réellement, voilà les enjeux véritables – certes bien moins important qu’un débat national sur la couleur des uniformes des militaires pour le défilé du 14 juillet, puissent-ils ne pas devoir revenir dans les rues avant le prochain….

Alors si le Congrès américain ne relève pas le plafond (et il y a bien 1 chance sur 2 désormais), une tempête va se déchainer la semaine prochaine, et 2008 restera une petite brise à côté. S’il est relevé, les États-Unis gagneront quelques trimestres avant leur défaut, qui adviendra non en raison du plafond, mais par tarissement des prêteurs. Car avec ces fondamentaux budgétaires, sa situation économique et ce cirque politique, les agences de notations ne peuvent que baisser la note des États-Unis si elles font bien leur travail.

Mais à ce stade, le résultat importe peu. Une seule chose compte. Ce matin, les prêteurs obligataires qui ont de la dette américaine à échéance Aout 2011 ont terriblement peur. Et tous les prêteurs obligataires ont peur. Une bonne nouvelle lundi n’enlèvera jamais ceci, et un mythe est mort ces derniers jours : non, le bon du trésor américain n’est pas « l’actif sans risque », c’est un refuge potentiellement dangereux.

Inspiré par Marcel Pagnol, je dirais que la confiance, c’est comme les allumettes, ça ne sert qu’une fois… Les conséquences de ceci vont apparaître dans tous les cas dans les prochaines semaines. Le défaut est inéluctable – et ce ne sera pas la première fois, car comme le disait un de nos anciens ministres des finances :

« Un État devrait faire défaut tous les cent ans, afin de remettre les finances publiques en équilibre. » [Abbé Joseph-Marie Terray, ministre français des finances de 1768 à 1774]

En revanche, les conséquences de ceci dans un régime de mondialisation financière follement bâtie sur la dette sont inconnues – bienvenue dans cette nouvelle expérience sociologique dont vous êtes le cobaye…

En 1933, Roosevelt était aux commandes, et a véritablement sauvé les États-Unis, puis le monde libre. De Gaulle attendait son heure en France, comme Churchill.

Où sont nos Grands Hommes ?

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234 réflexions sur « PEUR…, par Olivier Berruyer »

  1. Ca continue…

    Dans une interview à Reuters vient de publier, Dagong, a déclaré jeudi qu’il prévoit un abaissement supplémentaire dès la semaine prochaine.

    Guan Jianzhong, président du basée à Beijing Dagong Credit Co Note mondial, a déclaré qu’il croyait toujours que les législateurs américains allaient conclure un accord de dernière minute sur le plafond de la dette américaine, mais le mal est fait.

    “It has already dealt a blow to investors’ confidence,”

    ”Nous réagirons rapidement, probablement lundi ou mardi prochain. Nous devons examiner, si compromis il y a ,la portée du compromis, alors nous déciderons de combien se fera la degradation de la note.

    A lire sur http://www.les-crises.fr

    1. … et les autres agences de notation ne pourront pas faire autre chose que d’en faire autant ; certaines d’entre elles ont déjà prévenu.
      Les tabous sont en train de tomber.

  2. Petite remarque tout à fait secondaire : lorsque vous écrivez 110 Md€ et 11 M€, je commence par lire 110 MdR (mort de rire) et ça me fait rigoler. Puis, quand je vois le 11 M€, je me dis si M c’est les millions, alors Md c’est les milliards. De façon cohérente, pourtant, ne devrait-on pas plutôt écrire 110 G€ ? 😉

  3. Jamais depuis 2000 ans la situation n’a été aussi favorable à l’avènement d’une nouvelle société mondiale.
    Décidons:
    Supprimons : l’argent,le salaire,les prix,les banques,les gouvernements,les élus,les états,la justice.
    Créons l’échange par : le temps,le quartier,le savoir,la proximité,le travail,l’idéal,l’invention,le don……
    Toutes mesures faites par le temps que nous passons vivant.

    1. C’est fini, il n’y a plus de marge entre “travailler” et “gagner de l’argent”, celui qui ne gagne pas d’argent ne travaille pas quoiqu’il fasse, s’il n’est pas d’accord il se créer une case, s’invente un chiffre dans tous nos questionnaires, ceux du lycée aux parents, ceux des gestionnaires sociaux aux locataires, tellement socialement, son cas n’existe pas
      il y a ceux qui gagnent de l’argent en “travaillant”, les cadres, les super-cadres, les paysans, les ouvriers, les artisants, les commerçants, les représentants, les emplois de service, le ménage, la sécurité, les infirmiers, les médicaux, les PDG, les ci les là
      après il y a les chômeurs, les retraités, les handicapés
      et tout le monde il est content, celà depuis 1985
      Avant c’était différent, il y avait encore trop de femme à ne rien foutre que s’occuper de leurs gosses, parfois 2, 3, 4, 5, donc que comme on disait encore à cette époque à la campagne, c’est bien mignon tous ces petits mais ça fait du travail à la maman, ça c’était le hic, comment laisser tous ces braves gens considérer comme un travail, ce temps occupé qui ne soit pas déterminé comme un travail à l’index du marché

      Heureusement, il est arrivé Michel Barzack et d’une seule loi, elle a décrèté que terminé, fini, Avant chaque femme qui s’occupait de ces gosses bénéficiait du complément familiale de quoiqu’elle fasse et d’où qu’elle sorte, idem pour toutes, c’est à dire pas grand chose, évidemment celles qui s’occupaient des gosses des autres gagnaient plus, c’est bien vrai que dans cet histoire les hommes s’occupant de leurs enfants n’avaient droit à rien et qu’il en existait, que c’était injuste et qu’une réforme s’imposait

      Après elle, avec son “allocation parentale d’éducation”, seules les femmes qui avaient travaillé auparavant avant de s’occuper de leurs enfants, étaient ayant droit à recevoir cette fumeuse allocation parentale d’éducation, les hommes aussi pourvu qu’ils s’occupassent de leurs gosses, mais rien pour ceux ou celles qui n’avaient pas travaillé sur le marché du travail avant
      qu’il ou elle s’occupe de ces gosses sans avoir travaillé sur le marché du travail auparavant, rien, pas d’allocation parentale, rien

      Une nouvelle discrimination était née, elle n’était plus celle du complément familial attribué seulement aux femmes et pas aux hommes, elle était celles des droits sociaux asservis à l’index du marché, sans plus aucune marge, contrairement à ce voulait promouvoir l’esprit de la résistance, avec ses allocation familiales les mêmes pour tous, même si l’on peut l’en critiquer d’être resté si ou tellement maladroitement machiste
      Cette nouvel discrimination,
      entre ceux qui travaillent et sont rémunérés sur le marché du travail, cela quoiqu’ils fassent
      et les autres qui quoiqu’ils fassent ne sont pas rémunérés est devenu le dogme absolu, le critère absolu, le canon absolu, le carcan absolu de ce qui s’entend de nos jours par “travailler”
      celui qui est rémunéré, gagne de l’argent sur le marché du travail, travaille
      parce qu’il a travaillé, sous l’index du marché, il a des droits, les congés payés, les congés maladie, l’allocation chomage, l’allocation parentale d’éducation
      s’il n’a pas travaillé sous l’index du marché, il n’a plus quasi aucun droit, avant il n’avait pas les congés payés, les congés maladies, mais maintenant, non seulement même s’il s’occupe de ses gosses il n’a aucunement droit à l’allocation parentales d’éducation,
      mais en sus avec les dernières réformes de l’assurance maladie, c’est devenu tout un poème pour sa mutuelle, car là aussi les mutuelles ne sont plus ce qu’elles étaient, c’est qu’on nous en a bassiné avec la CMU, cela cependant que dans le même temps plein d’ayant droit qui bénéficiaient gratuitement d’une mutuelle, parce que sans rémunération, se sont vu subitement affublés d’une cotisation à raquer particulièrement amère, entre le manque à gagner de la CMU et du reste et le plus à faire raquer des cotisations de leurs adhérents, les mutuelles ont quasi virées aux status des assurances privées, là aussi à l’index du marché, mais pas celui des droits sociaux qui sont accordés aux individus, pris un par un, lorsqu’il s’agit de droit sociaux, celui du marché tel qu’il est, c’est à dire vous ne gagner rien, certe mais avec notre nouvelle réforme on s’en fout que vous ne gagner rien ou que vous gagner à ne savoir quoi en foutre, votre conjoint gagne tant, sa cotisation en est calculés de tant
      alors votre cotisation sera proportionnelle et équivallente à 60% de celle qui est celle de votre conjoint.

      Bienvenue dans un monde de brutes, Vive l’index du marché, Surtout qu’aucun syndicat ne l’ouvre, surtout pas ceux de gauche, encore moins s’ils sont féministes, ce serait tellement dommage de gripper une si merveilleuse mécanique dans laquelle la discrimination est seulement à l’index du marché, vous étiez, vous êtes rémunérés vous avez des droits, vous n’étiez, vous n’êtes pas rémunérés, désolé, mais nous ne sommes plus en 1940, le programme de la résistance est en voie d’incinération, nous entrons dans un autre monde tout entier voué à l’index du marché

  4. “Où sont nos grands hommes?”
    Je me dois d’intervenir sur cette phrase située en fin d’article de M.Olivier Berruyer.Que signifie pour l’auteur le qualificatif “grand”?
    Pour mémoire M.Roosevelt a confisqué l’or des citoyens américains en 1933(il fallait bien remplir les caisses vides des banques),M.Churchill en 1926 en tant que rédacteur en chef du journal la “British Gazette” vomissait chaque jour sa haine des mineurs et appelait le peuple à s’opposer aux grévistes.
    M.De Gaulle a pu s’opposer à “l’empire américain” après la seconde guerre mondiale grâce à la richesse économique de la France et de ses “colonies”,quelle aurait été la politique de la France sans les réseaux Foccart en Afrique par exemple,on peut se poser la question?
    Il faut rester prudent sur le choix de certains mots pour évoquer la place et le rôle dans l’histoire de certains hommes.
    Pour beaucoup de citoyens certains chefs d’Etats resteront des “grands” hommes dans leur mémoire et pour d’autres ces mêmes personnes seront assimilées à des êtres méprisables voire criminels.

    1. La peur peut-être mauvaise conseillère: quand elle pousse les masses à se jeter dans les bras d’ “hommes providentiels”. Car là comme partout, il y en a des bons et des mauvais.
      La peur est bonne lorsqu’elle nous pousse à faire ce qu’il faut pour écarter un danger, par contre elle est mauvaise lorsqu’elle provoque un état de panique et nous pousse à faire n’importe quoi.

      1. De Gaulle n’était pas parfait, déjà le nez, comment peut-on dire de son nez, un grand nez, un pic, une péninsule ???
        Evidemment, De Gaulle est critiquable, pas que sur la françafrique,
        mais aujourd’hui, la françafrique est toujours là, il n’y a qu’à suivre de Sarkosy et son ami Ouatarra
        “Discours – Alassane Dramane OUATTARA – Côte d’Ivoire – PARTIE 1
        30/05/2011 – Président de la République – Côte d’Ivoire / Prestation de Serment
        http://www.africa24tv.com/section/les_emissions_discours/8806
        et pour le reste, ce n’est peut-être pas la peine d’en rajouter, ….

  5. Ce n’est pas l’état qui est endetté, c’est nous tous qui le sommes, l’état c’est nous.
    La dette correspond à des dépenses (santé, éducation, infrastructures, services publics…..) dont nous avons tous bénéficié, tout cela a un coût et tôt ou tard il faut le payer. Avec 2000 milliards d’€ de PIB, le problème n’est pas un manque de richesse, mais plutôt l’utilisation et la répartition de ces richesses.
    Les impôts qui n’ont pas été payés en temps et en heure doivent l’être maintenant.
    La solution N°4 pointée par Olivier Berruyer, faire fonctionner la planche à billets si j’ai bien compris, est, à mon sens, la seule qui permet de faire un reset, c’est aussi une forme d’impôt. Je ne suis pas certain qu’avec ce type d’impôt on soit en terre inconnue, pendant les 30 glorieuses l’inflation était très forte, et même proche de 50 % après la guerre.
    Ce type d’impôt c’est “l’euthanasie des rentiers” comme disait Keynes; une inflation forte, mais maîtrisée, est parfaitement compatible avec le développement des forces productives, même si elle lamine les rentes…

      1. @ Olivier Berruyer

        il est probable qu’elle laminera aussi les salariés

        Si on pérennise les services publics, la santé, l’éducation, les régimes de retraite par répartition, si on repart sur de bonnes bases concernant la production de richesses et sa répartition…….je ne crois pas que les salariés soit in fine perdants.
        Pendant les 30 glorieuses, avec une inflation à 2 chiffres, ils se sont même enrichis; notamment ceux qui ont pu acheter des logements, y compris dans les classes populaires.
        Si on reste sur le mode de fonctionnement actuel, les salariés, y compris ceux de la classe moyenne, ont bien plus à perdre………

        La France n’a jamais été aussi riche, ce qui a été possible dans un pays ruiné, sous l’impulsion du CNR, est encore possible aujourd’hui, en dépit de la mondialisation et du “triomphe” posthume de Milton Friedman.

    1. Pourquoi ne pas mentionner aussi que la dette correspond à un choix politique (imposé) d’interdire à la BCE de prêter aux Etats ?
      Ce qu’une politique a fait une autre politique peut le défaire . . .

  6. L’Etat ne se gére pas comme un ménage . Certes on le voit bien .
    Toutefois quelques points pratiques devraient nuancer
    1) l’Etat ne peut plus se financer directement auprés de la BDF
    2) l’Euro est une monnaie d’Occupation , désolé , mais en l’abscence de mécanismes compensatoires c’est çà .
    3) Taxer les Riches est quelque peu compliqué , ils sont plus malins que les pauvres et ont plus de moyens par hypothése , prenons Bettancourt , elle se fait Suisse et pschitt …les impots et subventions aux politiques .
    4) l’état à introduit un principe de gestion du patrimoine et une réforme bugétaire qui fait de la
    place à l’idée gestion ‘pére de famille’ .

  7. Mon cher JACQUES on ne comprend rien à vos nombre plein de virgules:

    Autres impôts directs et taxes assimilées 12,8 26,0 104,0
    Autres impôts directs perçus par voie d’émission de rôles 6,7 8,4 26,9
    Autres remboursements et dégrèvements -14,1 -15,5 10,2
    dont IS net des restitutions 19,0 33,0 73,7
    dont TVA nette des remboursements 117,0 125,4 7,2
    Enregistrement, timbre, autres contributions et taxes indirectes 18,1 22,0 21,6
    Impôt sur le revenu 56,0 54,7 -2,3
    Impôt sur les sociétés -29,2 -17,4 -40,5
    Impôt sur les sociétés (IS) 48,2 50,4 4,5
    Recettes fiscales brutes 325,9 347,1 6,5
    Recettes fiscales nettes 212,2 252,3 18,9
    Recettes nettes du budget général
    Recettes non fiscales 19,2 14,9 -22,2
    Remboursements et dégrèvements d’impôts d’Etat -95,6 -78,4 -18,0
    Remboursements et dégrèvements d’impôts locaux -18,1 -16,4 -9,3
    Source : ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique.
    Taxe intérieure sur les produits pétroliers 14,9 14,5 -2,4
    Taxe sur la valeur ajoutée -52,4 -45,6 -13,0
    Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) 169,3 171,0 1,0
    Total recettes nettes du budget général (hors PSR) 231,4 267,2 15,5
    en milliards d’euros
    2009 (1) 2010 (2) « 2010/2009

    1. Le 1er Chiffre année 2009, le deuxième 2010 et le troisième évolution en pourcentage
      pas facile de passer de excel au billet
      Bonne réception

      1. @Jacques,

        puisque vous postez ici, je suppose que ça n´a rien de confidentiel, pourquoi en ce cas ne pas essayer un compte Google doc (ou autre service) avec un document partagé à tout le monde ?

        Serait plus lisible. C´est juste une suggestion, si ça peut aider.

    2. tout à fait d’accord avec Tchoo, sauf que moi je réclamerais seulement des tirets entre les chiffres à virgules

  8. Breaking News

    Moody’s puts Spain on review for downgrade
    Moody’s rating agency has put Spain on review for possible downgrade, increasing pressure on a government already struggling to fix its finances.
    The agency said the terms of the Greece package were a key driver of its decision, as the agreement, which included private sector participation, “has signalled a clear shift in risk for bondholders.”
    Moody’s last changed Spain’s rating in March 2010 when it downgraded the country’s sovereign debt to Aa2, three months after putting the then Aa1 rating on review for possible downgrade.
    http://link.ft.com/r/OZMCDD/KQ962X/TLH3A/8AC4SZ/DWWR31/D5/h?a1=2011&a2=7&a3=29

  9. Merci pour le papier, c’est d’une superbe limpidité et les citations sont bien choisies.
    Après va en prendre plein la pomme ?
    A l’image du démantèlement du Samu Social a Paris j’ai ma petite idée.
    Alors qu’en France des ressources il y a.

  10. Semblerait que les ânes et les éléphants se rapprochent d’un compromis, en tout cas Obama va appeler les démocrates au compromis. J’aimerais bien voir les mesures, ça sent l’accord “à la grecque”…

  11. Natixis: Quand un pays a une dette publique trop élevée, il doit faire défaut : seule la forme du défaut peut être choisie

    Un pays qui a une dette publique trop élevée, sauf cas exceptionnel (Japon et les Etats-Unis aujourd’hui) ne peut pas éviter le défaut car il est confronté, lorsque l’aversion pour le risque est normale, à des taux d’intérêt plus élevés que son taux de croissance et donc à la nécessité de mettre en place un excédent budgétaire primaire impossible à atteindre. Ceci s’applique aujourd’hui à la Grèce, au Portugal, à l’Irlande, peut être dans le futur à l’Italie, la Belgique. Un tel pays est donc condamné au défaut.

    Mais le défaut peut prendre plusieurs formes :

    -l’inflation sans réaction de la Banque Centrale : la baisse des taux d’intérêt réels et la baisse de la valeur de la dette existante sont bien une forme de défaut ; elle ne se produira pas dans la zone euro, elle pourrait se produire aux Etats-Unis et au Royaume-Uni ; elle n’est pas utilisable dans les pays où les taux d’intérêt sont déjà très élevés ;

    -un subventionnement de l’endettement du pays par d’autres pays, c’est-ce qui se produirait si on resolvabilisait la Grèce, les autres pays d’Europe du Sud par des prêts de l’UE à des taux d’intérêt très faibles. Il s’agit bien d’un défaut (perte de valeur de la dette) financé par les contribuables européens ;

    -le rachat de la dette du pays sur le marché secondaire à un prix décoté, faisant bien subir une perte aux vendeurs. On sait cependant que l’efficacité de cette technique est douteuse (absence de vendeurs, ou remontée très rapide des prix) ;

    -un défaut explicite : une partie de la dette du pays n’est pas remboursée.

    suite sur : http://cib.natixis.com/flushdo​c.aspx?id=59377

  12. L’activité économique financée par la dette est une règle du jeu du commerce mondial .

    De fait , le capitalisme offre un enchainement de parties de type destruction -reconstruction, reconstruction -destruction .

    Ceci dit, pour faire face à ” la crise”, on peut , soit changer de jeu , soit changer de joueurs , soit changer de règle .

    Tiens , l’activité économique pourrait être financée par ….LE DON !( suivez mon regard)
    Et même que ….l’activité pourrait ne pas être économique grâce à …LA VIE !

  13. Peur, mais de quoi en priorité? Les sages comprennent que la croissance est dûe à mille % au travail “gratuit en énergies renouvelables” qui a été fourni depuis quelques dizaines d’années par les carburants fossiles… Ils ont donc surtout peur du peak oil… http://www.youtube.com/watch?v=omN1DIeskkA

    La mère de tous les problèmes actuels, c’est le peak oil, le peak uranium, le peak coal. C’est un peu comme si tout ce dont parlait P Jorion (la fin du capitalisme ne me semble pourtant pas une mince affaire) était du pipi de chat à côté du vrai problème…

    Un problème insoluble (panne de courant généralisée) qui fera que, par nécessité, l’humanité en viendra à toutes les extrémités connues et imaginables pour se repaître d’elle-même. Ils parlent de plus en plus dans les actualités de “chasse au trésor”. Un trésor de 15 milliards découvert en Inde, le trésor fabuleux de l’abbé Saunière bientôt découvert dans une grotte (mais bien sûr tout cet argent s’il est mis dans le système ça ne servira à rien d’autre qu’à le perpétuer…). C’est une image pour dire, “bientôt nous allons conquérir les trésors des nations faibles pour nous maintenir en vie et vous ferez oui de la tête car vous aimez le principe de la chasse au trésor, du pillage des nations faibles”.

    Pour remplacer les engrais chimiques à base de pétrole on peut déjà s’intéresser au paillage à base de BRF bois raméal fragmenté qui permet des rendements supérieurs de 300% pour les fraises dès la première année. Merci aux canadiens pour cette découverte. Il ne reste plus qu’à inventer une broyeuse de végétaux tirant son énergie d’un moulin à eau ou à vent.

  14. @ ALBIN
    Vous dites :

    Autre solution : convertir la dette en or à « prix d’or » avec en gage le métal conservé par les états ! Avantages: finis les intérêt à payer, valeur matérielle sonnante et trébuchante et non pas fiduciaire, on ne touche pas aux économies des classes moyennes et à faible revenus.
    …/…
    Selon des informations (mars 2008), la Réserve Fédérale américaine aurait
    pour 234 milliards d’or dans ses coffres à Fort Knox.
    Donc le calcul est simple :
    17.500/234 = 74,78 fois plus.
    C’est ce multiple 74,78 du cours actuel pour renflouer le trésor américain

    Proposition irréaliste quand par votre calcul, vous appliquez un multiple de 75 pour valoriser l’or et éponger ainsi la dette.
    1.650.000 € le lingot de 1 kg est pour le moins extravagant.

    Un autre raisonnement :
    Plutôt que de prendre comme base l’or des Banques centrales (qu’elles ne détiennentt probablement plus en totalité), prenons la somme de tout l’or extrait par l’homme (163 000 tonnes) et la masse monétaire mondiale (60 000 Mds de $).
    Nous aurions alors un prix du lingot d’1 kilo d’or fin à 368.098,- $ soit 11.149,- $ l’once, beaucoup plus proche des 5.000,- $ estimé par les plus grands spécialistes du marché des métaux précieux, hausse qui se poursuivra, tant qu’il sera utilisé la planche à billet-dette.
    Ce n’est pas l’or qui monte, c’est la monnaie qui se déprécie.

    Je crois que c’est de Gaule qui disait que parier contre l’or revient à parier sur les gouvernements, que celui qui parie sur les gouvernements et leur papier monnaie parie contre 5.000 années d’histoire de l’humanité.

    La seule alternative pour stopper la spéculation et pas seulement sur l’or et, avant ou concomitamment à toute réforme du système, il devrait être instauré préalablement une réforme monétaire internationale, comme le Bancor qui est revendiqué par le blog.

    1. L’idée du bancor c’est celle du monnaie commune et de monnaies nationales dont les parités sont fixées (par négociation) à cette monnaie commune.
      Commençons déjà en Europe en transformant l’euro “monnaie unique” en euro “monnaie commune” !

  15. A propos des traits de De Gaule , je ne suis pas d’accord . Esthétiquement çà va trés bien avec LA
    FRANCE . Son allure de roi Capétien déboulé d’outre-tombe , sculpté comme une gargouille
    Gothique fut tout à fait adéquate à rappeler que le ciel était en haut . Sur le Parvis c’est juste une
    comédie .

  16. Infortuné La Fontaine ! Notoirement méconnu, au profit de la très people Mme de La Fayette…Taxer l’épargne financière au delà de ce qu’elle l’est actuellement c’est, littéralement, couper le cou à la poule dont les oeufs ont participé au financement des folies passées et présentes…malgré un désinvestissement accru l’assurance-vie reste le principal support de l’épargne financière et, nonobstant le succès très relatif du “fourgoussages” des contrats, l’accroissement de la “richesse” des Français est donc pour une large part du à celui de la dette publique…taxer encore plus l’immobilier fera inéluctablement sombrer les prix d’un parc immobilier obsolète et énergivore…quant aux valeurs mobilières, les étrangers passeront de 50% à 100% du CAC 40…rappelons que ce sont eux qui, in fine, ont récupéré les titres mis sur le marché lors des privatisations…

    cela dit, pas de panique…en revanche, serais-je chinois je m’inquiéterais…

    🙂

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