L’actualité de la crise : LA DETTE N’EST PAS SOLUBLE DANS L’EAU, par François Leclerc

Billet invité.

Les voies de la crise ne sont pas impénétrables. Sans doute, le sauvetage de l’Irlande restera-t-il dans les livres d’histoire comme l’un de ses parfaits exemples, de la même manière que la fameuse tulipomanie sera à jamais une parfaite illustration de la spéculation.

Hier soir dimanche, un plan a été annoncé dans ses grandes lignes, qui va encore devoir être longuement mouliné nous est-il annoncé, sans que l’on comprenne bien ce qui justifie les délais invoqués. Sinon qu’il fallait sans attendre dire à tout prix quelque chose pour stopper la propagation de la crise, mais que des désaccords subsistent – la question de la taxation des bénéfices des entreprises, sujet de profonde discorde, n’est pas réglée – et qu’il faut du temps pour sonder le fonds du gouffre dans lequel les banques irlandaises se trouvent. Sans exclure que l’enveloppe de 80 à 90 milliards d’euros annoncé soit revue à la hausse à l’arrivée, quand l’examen de leurs bilans aura été mené à son terme. L’affaire, en tout cas, n’est pas bouclée et la colère monte.

Le cas de l’Irlande est donc un cas d’école. Deux raisons concourent à son sauvetage européen, lui-même justifié par la nécessité de protéger la zone euro. Et deux vecteurs possibles de contagion au sein de celle-ci ont été clairement mis en évidence. Le premier est l’interconnexion de l’endettement bancaire, le second celui du financement de la dette des Etats par les banques.

L’exposition des banques allemandes et britanniques à l’Irlande n’est pas un mystère. Les chiffres de la Banque internationale des règlements se passent de commentaires : 109 milliards pour l’Allemagne et 100 milliards pour la Grande Bretagne (40 milliards pour la France). Un des éléments de fragilité de l’édifice provient sans conteste du financement européen de l’expansion incontrôlée et de la dérive du système bancaire irlandais, lui même expression de la financiarisation accélérée de l’économie du pays.

Le second vecteur est tout aussi crûment exposé en vitrine. La perspective d’une crise prochaine de la dette publique irlandaise risquait d’entraîner dans celle-ci – avant même qu’elle ne se manifeste en Irlande – le Portugal puis l’Espagne. Car le Portugal doit se rendre sur les marchés au premier trimestre de l’année prochaine, avant l’Irlande dont le rendez-vous est fixé à la fin du second. Son entrée dans la zone des tempêtes y précipiterait l’Espagne, vu l’importance des relations économiques entre les deux pays et en raison du fait que l’Espagne est la suivante sur la liste.

La Grèce et l’Irlande sont désormais sous assistance, présentant à elles deux une parfaite image de la crise européenne. Le premier souffrant d’une dette publique hypertrophiée et la seconde d’une dette privée qui l’est encore davantage. A l’échelle européenne, le mélange des deux est comme on le constate détonnant, en dépit du fait que ces deux pays sont parmi les plus petits de l’Union. Ce qui illustre la très grande fragilité financière de l’Europe, dont l’origine est connue : tout le monde se tient à ce petit jeu de la barbichette. Aucun pays ne peut être laissé à lui-même.

L’autre point commun entre ces deux pays est apparent : le remède qui est employé va à chaque fois tuer le malade. Les aides financières qui sont accordées ne peuvent régler le problème que représente l’insolvabilité des Etats face aux dettes publiques et privées qu’ils sont sommés d’assumer. En Grèce, la publication du nouveau plan gouvernemental est reculée d’un petit jour, il va faire plus que grincer les dents. En Irlande, il devait l’être également mardi, mais un retard n’est pas à exclure en raison d’élections partielles le 24 novembre prochain, la presse canonnant sur la reddition gouvernementale. La vérité est de plus en plus difficile à dire.

Mais l’histoire n’est pas finie. « A qui le tour  ? » n’est pas la seule question qui se pose désormais. Il faut plutôt se demander « où la crise européenne va-t-elle s’arrêter, qu’est-ce qui va le permettre ? ». Une interrogation que se posent déjà les Américains, dont les responsables suivent de près les événements, en raison de leur incidence sur leur économie.

Une première manière d’y répondre est de constater que le mécanisme de crise actuel n’est pas dimensionné de manière satisfaisante pour y répondre. L’enveloppe financière de 440 milliards d’euros prévue peut-elle répondre aux besoins exprimés par la totalité des plans de sauvetage qui risquent de devoir être entrepris ? Le réaction des marchés à l’accroissement de cette demande est toute aussi incertaine, risquant de générer une hausse des taux auxquels le fonds de stabilité (EFSF) empruntera, répercutée sur les pays bénéficiant de son aide, rendant ensuite son remboursement encore plus aléatoire. Les pressions politiques – exercées notamment par les Allemands – ne concourant pas non plus à leur baisse. Alors que la Suède, qui pourrait aux dernières nouvelles prêter entre 500 millions à un milliard d’euros à l’Irlande, annonce vouloir y appliquer un taux de 3%…

Un autre mécanisme doit donc être mis en place, dont on connaît déjà deux caractéristiques : il doit être permanent et doit prévoir la participation des créanciers à son financement. Mais la route est longue pour y parvenir et les obstacles nombreux. Ce mécanisme peut-il être prêt à temps ? c’est loin d’être chose garantie. Au bridge, les impasses ne marchent pas à tous les coups.

Pour autant, y a-t-il une autre manière d’y faire face ? Théoriquement, il y en a trois. 1/ Déléguer le problème au FMI, ce qui revient à mutualiser au niveau international la crise européenne. 2/ Engager résolument la BCE dans un programme d’achat de la dette publique. 3/ Restructurer celle-ci afin de s’attaquer à la dette privée supportée par les banques.

Il va de soi que cette dernière option, celle qui s’imposerait, sera la première a être écartée. Mais ne faudra-t-il pas y venir ?

La première option a quant à elle pour conséquence d’accroître les besoins financiers du FMI et implique de solliciter les pays disposant d’importants surplus, au premier rang desquels la Chine. S’engager sur cette voie, c’est accélérer le processus de réforme du système monétaire européen et accroître les contradictions d’intérêt entre les Européens et les Américains, qui ont tout à y perdre. La voie semble donc barrée.

La seconde revient à ce que la BCE rejoigne le choeur des banques centrales et se résigne à pratiquer sur le second marché ce qu’elle n’a pas le droit de faire sur le marché primaire : financer la dette des Etats. En ne se limitant pas aux volumes actuels d’achats ni à son soutien déguisé via le système bancaire, ce robinet à liquidité qu’elle voudrait continuer à fermer. Cette option est aujourd’hui inconcevable, en raison du veto des Allemands. N’ayant d’autre choix que la peste ou le choléra, ceux-ci le maintiendront-ils lorsque le château de cartes européen donnera des signes d’effondrement ? Sans prétendre jouer les devins, ce chemin-là pourrait être plus probablement emprunté, tout simplement parce qu’il correspond à la ligne de plus grande pente et qu’il est – même relativement – celui de la facilité.

Le pire est-il toujours sur ? La réponse est assurément non, il est seulement possible. Mais une constante s’est manifestée depuis le début de la crise, qui ne se dément toujours pas : les bonnes solutions ont été systématiquement écartées au profit des mauvaises. Protéger à tout prix le système financier a été érigé en priorité, en tentant de faire croire que l’instrument du désastre était le sauveur. Une aveugle fuite en avant a tenu lieu de politique, laissant se poursuivre l’implosion du système et exposant de manière caricaturale le cousinage au premier degré des représentants des Etats avec celui-ci.

Hélas pour eux, la dette n’est pas soluble dans l’eau.

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144 réflexions sur « L’actualité de la crise : LA DETTE N’EST PAS SOLUBLE DANS L’EAU, par François Leclerc »

  1. Il faut dire et répéter que cette crise a pour origine l’euro dont on nous a tant vanté les mérites.Cette monnaie unique était une absurdité.

    1. vous allez un peu vite dans votre raisonnement cher Coligny !
      L’euro nous a rendu plus fort a plus d’un titre: pour emprunter de l’argent, pour commercer entre nous, pour nous premunir de guerres monetaires intra-europeennes et de certaines speculations.

      Quand a mettre cette crise sur le dos de l’euro (comme on le trouve dans de nombreux posts), en voila une belle absurdite. Demontrez vos verites avant de les placer au rang de dogme.
      La crise me semble etre due a une dereglementation du systeme financier, et a la derive de ce dernier durant ces 20 dernieres annees. Pas besoin de chercher midi a quatorze heures et d’impliquer l’euro dans tout ca. La perte de l’euro fera peut-etre parti des consequences de la crise, mais rien de plus.

    2. incarnation du gaullisme social, homme du « non » au traité européen de Maastricht, Philippe Séguin s’est éteint jeudi à 66 ans, après une carrière de plus de 40 ans au service d’une certaine idée de la France. En 1992, en s’engageant pour le « non », à rebours de son parti, le RPR, il avait accepté de débattre face au président socialiste François Mitterrand, partisan du « oui » lors d’un face-à-face télévisé entré dans la légende politique française.

      A l’époque député-maire RPR d’Epinal, Philippe Séguin avait invoqué les fondamentaux du gaullisme et le respect de la souveraineté nationale. Il refusait que la France perde le contrôle de sa politique monétaire. Avec Charles Pasqua et Philippe de Villiers, il devait alors défier ouvertement le président du rassemblement gaulliste, Jacques Chirac, lequel affirmera dans ses mémoires parues fin 2009 n’avoir « pas hésité à prendre parti pour la ratification ».

      Un étrange débat avec Mitterrand

      Le contexte était passionné. Dans les semaines qui avaient précédé le référendum du 20 septembre, la France s’était enflammée pour le débat sur la ratification du traité de Maastricht, signé aux Pays-Bas par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Europe des 12 le 7 février. Le traité prévoyait entre autres le passage à l’Union économique et monétaire à partir de 1999. Le texte prévoyait aussi les fameux critères de convergence vers l’euro (maîtrise de l’inflation, de la dette publique, des déficits, stabilité des taux de change), le tout sous l’autorité de la banque centrale européenne dont l’indépendance était inscrite dans le traité.

      C’est précisément ces critères de convergence et ce rôle de la BCE qui avaient convaincu Philippe Séguin d’opter pour le « non ». Au point de fustiger, du haut de la tribune de l’Assemblée, en mai 1992 : « 1992 est littéralement l’anti-1789 ! », en dénonçant « l’engrenage économique et politique », « un fédéralisme au rabais fondamentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique ». Et démontant un par un les arguments du camp adverse, il accusait : « L’Europe qu’on nous propose n’est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution ».

      Consacré dans son rôle de chef de file des souverainistes, il était alors invité à débattre avec le président de la République lors d’une émission télévisée début septembre. Animée par Guillaume Durand, l’émission se déroulait dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne. A la pause, le président, malade, et qui devait être opéré quelques jours plus tard par le professeur Bernard Debré, aurait reçu dans les loges des soins sous les yeux de Philippe Séguin, qui aurait été déstabilisé, d’après l’animateur de l’émission. Mise en scène calculée par François Mitterrand pour désarmer son contradicteur ? Quoi qu’il en soit, le tonitruant partisan du « non » devait se montrer particulièrement déférent envers le président, lors d’un débat courtois et souvent émaillé d’humour. Sur le fond, les deux hommes campaient sur leurs positions. Et le 20 septembre, le « oui » l’emportait. De justesse, avec un peu plus de 51% des voix.

    3. En fait il y a une faute de frappe – volontaire, disent les mauvaises langues – dans le traité fondateur de l’Euro. Il fallait lire « monnaie inique ».
      On s’est bien fait avoir !

    4. @ Romain « pour commercer entre nous, pour nous premunir de guerres monetaires intra-europeennes et de certaines speculations. »

      Reprenons par ordre:

      – pour emprunter de l’argent pas cher, vous voulez dire avec les risques de spéculation et de mauvaise allocation que cela entraîne ? Comme on l’a vu.

      – vous confondez l’union monétaire et le marché commun. Quant aux coûts liés aux conversions de devises, elles n’ont jamais nui aux relations commerciales entre les états.

      – il n’y a jamais eu de « guerre monétaire » mais des réajustements nécessaires des parités pour rééquilibrer les balances commerciales et les comptes des nations.

      – certaines spéculation certes peut-être, mais d’autres solutions à ce problème étaient envisageables et les problèmes que pose l’euro au moins dans sa forme actuelle sinon dans son concept lui-même sont peut-être autrement plus pregnants !

  2. L’Allemagne. Et si la crise irlandaise faisait chuter le « bon élève européen » du moment ? Certes, l’Allemagne, avec près de 3 % de croissance, semble actuellement être le seul pays européen à tirer son épingle du jeu, mais, comme pour l’Irlande, son secteur bancaire est loin d’être tiré d’affaire. Au sein de la zone euro, l’Allemagne est le pays qui, après l’Irlande, a injecté, en 2008, le plus d’argent dans ces banques en difficulté avec 180,94 milliards d’euros.

    Le « Financial Times » a estimé, en septembre, que le système bancaire le plus menacé n’était ni portugais ni espagnol mais bel et bien allemand. « Il est dans son ensemble presque insolvable et le gouvernement doit se résoudre à sacrifier plusieurs établissements sous peine de faire face à de graves problèmes », écrit le célèbre quotidien économique britannique. La chute de la maison irlandaise rend le problème d’autant plus urgent que les banques allemandes détiennent 205 milliards de dollars d’actifs irlandais… Un record au sein de la zone euro.

    1. @Liervol; c’est même plus, 220 mds de $ devant l’Angleterre, au 30 mars 2010, comme l’a vérifié un journaliste du Wall Street Journal épluchant les documents de la B.I.S.

      Der Spiegel donne lui ce montant du ‘gâteau’ à 114.7 mds d’euros source Bundesbank Aôut 2010. De toute évidence, les ‘maquillages’continuent, la plus ‘réussie’ est celle de BNP-Paribas
      communiquée hier par le Financial Times: Faites vos jeux !

      http://av.r.ftdata.co.uk/files/2010/11/Irish-exposure.jpg

      http://www.spiegel.de/images/image-154282-galleryV9-sjcj.jpg

  3. Bon les USA ont fait un bail out des banques avant la planche à billet, nous en sommes au bail out, ensuite viendra le temps de la planche à billet.
    Mais qu’elle est belle cette bureaucratie orthodoxe, qui n’a rien voulu voir venir…
    Comment se fait il qu’il n’y ait à ce jour aucun chômeur parmi eux, pourtant s’il y en a qui mérite de perdre leur emploi c’est bien ces gens là.

  4. Que de pessimisme ,que de defaitisme antieuropéen dans la pluspart des commentaires.La solution est de créer une europe fédérale , véritable fédération démocratique d états -nations ,Dans des convulsions ,elle se crée presque naturellement devant nos yeux .Que deviendrait la FRANCE toute seule face aux titans que sont la chine ,l inde ou les états unis, L union fait la force,comme toujours ,la solidarité peut vaincre cette grave crise.SI L EURO est détruit,la compétition économique et la déflation protectionniste détruiront tout;meme si comparaison n est pas raison,qui aurait pu croire que l état federal yougoslave éclaterait.Il n est écrit nulle part qu une nouvelle guerre franco allemande est utopique,Défaire l euro,défaire l europe,soit, si c est ce que vous vouler,mais alors je devrais ,comme tous citoyens me défendre et défendre les intérets de la FRANCE ,contre ceux de l allemagne ,notre principale concurent ou d autres concurrents et cela par tous les moyens.L EUROPE est précieuse,l euro aussi.

    1. A quoi sert une monnaie forte sinon à faciliter les délocalisations
      L’Europe des peuples on l’attend encore, nos sociales démocraties sont entrain de disparaître,
      Je me souviens de la RFA, et je peux vous dire qu’à cette époque le peuple allemand vivait mieux donc la croissance de l’Allemagne ce n’est certainement pas le peuple allemand qui en a profité.

    2. Edmont Théry, a écrit dans « le péril jaune » :

      Il ne restera donc plus que pour nous défendre, que la question de la distance, c’est à dire la question des frais de transport ; mais on oublie trop dans le monde du libre échange, que l’emploi de l’électricité et de la vapeur l’a presque supprimée et que, en ce qui concerne spécialement l’Extrême Orient, le canal de Suez, les grands steamers à marche rapide et la concurrence des frets ont décuplé la vitesse de circulation des marchandises, assuré à leur livraison une régularité presque mathématique et réduit les frais de transport dans des proportions telles que leur prix de revient, surtout lorsqu’il s’agit de produits manufacturés, n’en peut plus être sensiblement affecté.
      Le péril jaune qui menace l’Europe peut donc se définir de la manière suivante : rupture violente de l’équilibre international sur lequel le régime social des grandes nations industrielles de l’Europe est actuellement établi, rupture provoquée par la brusque concurrence anormale, et illimitée d’un immence pays nouveau.

      Edmont Théry, 1901

      Alors l’Europe fédérale, seule rempart en 2010 contre la Chine ou toutes les futures grandes puissances émergents, ça fait un peu sourire.

  5. Lionel écrit : « L’union fait la force, comme toujours ».

    C’est la devise de l’Union Européenne : « L’union fait la force ».

    Mais attention ! N’oubliez pas de compléter la devise de l’Union Européenne :

    « L’union fait la force … des classes sociales les plus riches ».

    La construction européenne n’a été bénéfique que pour les classes sociales les plus riches.

    Quant aux classes populaires et aux classes moyennes, elles ont vu ce que donne toujours plus d’Europe :

    – toujours plus d’Europe, c’est toujours plus d’appauvrissement pour les classes populaires ;

    – toujours plus d’Europe, c’est toujours plus d’appauvrissement pour les classes moyennes.

    1. BA, il est facile de taper sur l’europe quand ca va mal et de lui attribuer tous les maux de la terre. Mais bon, quand meme faut pas pousser …

      L’UE est loin d’etre parfaite, mais la rendre responsable de la crise et de l’appauvrissement des classes moyennes et populaires est un peu fort de cafe. Cet appauvrissement est du au capitalisme qui a concentre les capitaux entre les mains de qqes uns. Il est le fait du vent neo-liberal qui souffle sur le monde en general, et de l’asservissement des politiciens nationaux a ces idees en particulier. Ou placez vous l’UE dans tout ca ?

    2. Dans les traités européens.

      Dans le traité de Lisbonne.

      Par exemple, le traité de Lisbonne grave dans le marbre le libre-échange mondial généralisé (article 206). Quelles sont les classes sociales qui profitent du libre-échange mondial ?

      Et en revanche, quelles sont les classes sociales qui sont les victimes du libre-échange mondial ?

    3. « le traité de Lisbonne grave dans le marbre le libre-échange mondial généralisé »

      Mais BA, les accords de libre-échange mondial ont ete signes bien avant cela entre les differents etats via l’OMC. Le traite de Lisbonne, via l’article 206, ne fait qu’enoncer un principe adopte precedement par les differents etats !! Je crois que tu te trompes de cible cher BA …

    4. Je ne me trompe pas de cible : ma cible, ce sont les ouistes.

      Ma cible, ce sont les ouistes qui appliquent leur politique depuis 1983 : « La priorité, c’est la construction européenne. »

      Ma cible, ce sont les ouistes qui ont préféré la construction européenne à la justice sociale.

      Ma cible, ce sont les ouistes qui ont voté l’Acte Unique en 1986.

      Ma cible, ce sont les ouistes qui nous ont expliqué en 1992 qu’il fallait voter oui.

      Ma cible, ce sont les ouistes qui nous ont expliqué en 2005 qu’il fallait voter oui.

      Ma cible, ce sont les ouistes qui nous ont trahis en 2008 avec l’adoption du traité de Lisbonne par le Parlement (et non en consultant le peuple).

      Ma cible, ce sont les ouistes qui nous ont fait des belles promesses depuis 1983 jusqu’à aujourd’hui : « Vous verrez : plus on fera l’Europe, mieux ce sera. »

      Vingt-sept années de belles promesses : 1983-2010.

      Vingt-sept années de trahison.

      Je n’ai rien oublié.

      Je sais quelle est ma cible.

  6. La corporate tax passerait en Irlande de 12.5 pct à 18 pct à la demande de l’Allemagne et de la France (source journal belge De Standaard) édition de demain mardi.Si c’est le cas Google a déja mencé de quitter Dublin.

    C’est en Néerlandais désolé.
    (Volgens sommige bronnen zouden Parijs en Berlijn die vennootschapsbelasting op termijn graag opgetrokken zien worden tot 18procent. De Amerikaanse multinational Google lieten gisteren al verstaan dat ze daaruit haar conclusies zou trekken.)

    http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=5132JP5R

  7. «  » »juan nessy dit : 22 novembre 2010 à 18:42

    » …être témoin … »

    Courageux mais pas téméraire ? » » »

    C’est à dire « de mon vivant ».

    Je vous rassure, je milite depuis mon plus jeune âge. Loin des indignes qui
    clament que la politiques « c’est nul ».

  8. Mardi 23 novembre 2010 :

    Grèce : Europe et FMI demandent plus d’efforts de rigueur.

    « Le programme de redressement de l’économie grecque a atteint les objectifs prévus jusque-là, le danger principal actuellement est lié à la possibilité de faire avancer les réformes stucturelles » en matière de politique fiscale et du marché de travail, a souligné Poul Thomsen, le représentant du FMI lors d’une conférence de presse conjointe à Athènes.

    S’il a affirmé sa « confiance » dans les efforts de redressement grecs, M. Thomsen n’a pas exclu si nécessaire l’octroi futur au pays d’un nouveau prêt ou d’un délai pour rembourser celui en cours, comme déjà évoqué depuis des semaines par des responsables grecs et du FMI.

    « Savoir si la Grèce sera en mesure de rembourser dans les deux années prévues de 2014 et 2015 ce prêt de 110 milliards d’euros est effectivement une question », a-t-il affirmé.

    « Nous avons plusieurs options pour régler celà, des options pour permettre une plus longue période de remboursement ou pour accorder un prêt de suivi », a-t-il ajouté.

    « Nous sommes confiant que la Grèce sera capable de retourner sur les marchés avant la fin du prêt (d’ici fin 2013, afin de pouvoir assurer le service de sa dette antérieure, NDLR), et nous espérons qu’il n’y ait pas de problème pour qu’elle rembourse les 110 milliards », a-t-il ajouté.

    Boursorama

    1. A défaut d’envisager un remboursement dans les délais, on préfère encore empiler de la dette sur de la dette. Ce qui n’est jamais qu’une illustration de plus du principe : « Tout, plutôt que le défaut ». Mais c’est ce « tout » qui conduit au défaut.

  9. @Mr F Leclerc:
    Vous dites: 3/ Restructurer celle-ci afin de s’attaquer à la dette privée supportée par les banques.

    Il va de soi que cette dernière option, celle qui s’imposerait, sera la première a être écartée. Mais ne faudra-t-il pas y venir ?s: »

    Il y a une quatrième option déjà souvent utilisée dans l’histoire: spolier les créanciers et les fusiller s’ils renâclent (variantes régionales: pendaison ou guillotine..)

    Bon, je plaisante…

    Quoique….

  10. L’Espagne fonce vers le défaut de paiement.

    Plus les jours passent, plus l’Espagne emprunte à des taux exorbitants.

    Plus les jours passent, plus l’Espagne se surendette.

    Mardi 16 novembre 2010 :

    L’Espagne a émis mardi pour 4,975 milliards d’euros de bons à 12 et 18 mois, dans la fourchette de ce qu’elle souhaitait vendre, mais les taux qu’elle a dû concéder sont en nette hausse, a annoncé le Trésor espagnol, reflet des tensions sur les pays périphériques en zone euro. Au total, le Trésor voulait écouler entre 4,5 et 5,5 milliards d’euros.

    Les bons à 12 mois ont entraîné une forte demande (7,1 milliards), pour un montant final de 3,7 milliards d’euros, au taux moyen de 2,363%, bien au-dessus du taux de la précédente émission similaire (1,842%), le 19 octobre, et du taux de même échéance à la clôture de lundi (1,250%).

    Pour l’émission à 18 mois, la demande a atteint 4,6 milliards, pour un montant final de 1,2 milliard d’euros, au taux moyen de 2,664%, là encore supérieur au taux de la précédente émission similaire (2,009%), le 19 octobre, et à celui de même échéance lundi soir (1,700%).

    Le Figaro

    Jeudi 18 novembre 2010 :

    L’Espagne a vendu jeudi 3,654 milliards d’euros d’obligations à long terme, mais a dû assortir ces dernières d’un taux plus élevé qu’il y a deux mois.

    Le Trésor espagnol a mis en vente de 3 à 4 milliards d’euros d’emprunts d’Etat à maturité en octobre 2020 assortis d’un taux de 4,85% et de titres à maturité en juilllet 2041 assortis d’un taux de 4,70%.

    Le Trésor a payé un rendement moyen de 4,615% sur les obligations à 10 ans, contre 4,144% lors de sa précédente adjudication le 16 septembre 2010, et un rendement moyen de 5,488% sur les obligations à 30 ans, contre 5,077%.

    Easybourse

  11. Le DOW JONES ouvrira sans doute dans le rouge suivant l’Europe et ses évènements. Un point significatif de la nouvelle faiblesse américaine après que fut la locomotive de Wall Street, appuyé sur sa seule économie et orientant à l’occasion toutes les bourses pendant 3 décennies.

  12. INCROYABLE !

    J’ai vraiment l’impression en lisant les commentaires de vivre en direct la minable gestion du budget d’un ménage surendetté.
    Sauf que, ici, il n’y a pas de commission pour faire entendre raison au malade !
    N’y a-t-il donc personne dans ce monde pour intervenir ?
    Doit-on attendre de percuter le mur ?
    Ca va faire mal !

  13. Mardi 23 novembre 2010 :

    L’Espagne emprunte et les taux doublent.

    Le Trésor espagnol a émis mardi pour 3,256 milliards d’euros de bons à 3 et six mois, mais les taux qu’il a dû concéder ont été presque multipliés par deux par rapport à la dernière émission de ce type, signe d’un regain de tension après le plan de sauvetage irlandais.

    Les taux moyens ont été de 1,743% pour les bons à 3 mois et 2,111% pour ceux à 6 mois, presque le double de ceux concédés lors de l’émission du 26 octobre, 0,951% et 1,285% respectivement.

    Ces taux sont également supérieurs à ceux de la clôture du lundi 22 novembre : 0,950% pour les bons à 3 mois et 1,150% pour ceux à 6 mois.

    Dépêche AFP

  14. « Mais une constante s’est manifestée depuis le début de la crise, qui ne se dément toujours pas : les bonnes solutions ont été systématiquement écartées au profit des mauvaises »

    C’est la loi de Gresham appliquée aux politiques économiques (ou ce qui en tient lieu): les mauvaises solutions chassent les bonnes (qui sont thésaurisées, n’en doutons pas). 🙂

  15. Juste une question: et si on adoptait une 4-ième solution: laisser les banques couler. Si l’Irlande, au lieu de sauver ses 3 banques majeurs, ne faisait rien pour elles, et que celles-ci subissaient un bank-run, avec faillite à la clef ?

    Hein ?

    Elles seraient mises en liquidation judiciaire, les créanciers perdraient tout leur argent sauf pour 50k€ par compte (ou par personne, je ne sais pas).

    Et puis après ? Le Terre ne s’arrêterait pas de tourner, non ? Bon, les banques allemandes et brittaniques feraient faillite aussi, du coup les banques françaises aussi, ce qui annulerait la dette publique de la Grèce (on va pas leur faire la guerre quand-même). Les pensionnaires US seront dans la mouise, dommage pour eux.

    Et après ? Après, ce sera le printemps 2011, et on repartira d’un nouveau pied.

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