Archives par mot-clé : élections législatives en Grèce

Europe : les masques tombent, par Bruno Colmant

Billet invité. Sur son propre blog.

Jean-Claude Juncker, président de la Commission, vient de commettre une affirmation qui sonne conme un avertissement en écho au résultat des élections grecques : Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens.

Le propos a le mérite d’être clair, à tout le moins au niveau de ce que le Président de la Commission représente : les pays de la zone euro avaient déjà perdu leur souveraineté monétaire, leur souveraineté fiscale (au travers de la signature du Pacte de Stabilité et de Croissance), mais voici que c’est l’orientation démocratique qui devrait désormais faire l’objet d’un abandon d’expression.

Même si le propos de Jean-Claude Juncker est certainement juridiquement incontestable, il faut être très prudent dans le déni du choix grec car l’adhésion démocratique européenne vacille, ainsi qu’il fut démontré aux dernières élections européennes.

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SYRIZA 27 JANVIER 2015 : LA MISE EN ORDRE DE BATAILLE, par Cédric Mas

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Opinion dissidente de Paul Jorion : Si l’on est prompt à pousser des hauts cris devant le « réalisme sans morale » de ses ennemis, il faut faire preuve de la même rigueur vis-à-vis du « réalisme sans morale » de ses amis.

« Le seul aléa réside dans le lien qui pourrait exister entre AN.EL. et la Russie, mais à ce stade il est trop tôt pour l’affirmer avec certitude », écrit ci-dessous Cédric Mas, or cet « aléa » est loin d’être indifférent quand le président d’AN.EL. est ministre de la Défense.

L’élection législative grecque du 25 janvier 2015 a donné des résultats plus marqués que prévus. Les partenaires européens de la Grèce, comme les Marchés s’attendaient à une victoire limitée d’un parti, SYRIZA dont les ambitions de remise en cause de la rigueur imposée par la Troïka devraient être contenues par la nécessité de nouer des alliances pour gouverner.

Or les résultats sont bien plus nets, et SYRIZA ne rate la majorité absolue que de deux sièges.

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Dix premières leçons de l’élection grecque, par Jean-Michel Naulot

Billet invité. Paraît également sur son propre blog.

A vouloir s’obstiner dans une politique qui conduit la zone euro au bord de la déflation, les dirigeants européens affrontent une réaction de plus en plus forte des peuples. D’élections en élections, les peuples disent clairement qu’ils désapprouvent la politique qui leur est imposée dans le cadre de la gouvernance de la zone euro. À l’automne 2012, contrairement aux engagements pris pendant la campagne présidentielle, la France avait approuvé les « règles » chères à la chancelière allemande en échange de vagues promesses de relance de la croissance (sommet européen de juin 2012). Déclarations informelles contre texte des traités… Le piège s’est refermé sur la France et sur la zone euro.

Les dirigeants européens qui avaient espéré ces derniers mois que les élections européennes resteraient sans lendemain se disent probablement aujourd’hui que les événements prennent une mauvaise tournure. Les traités européens ont-ils oublié que dans nos vieilles démocraties ce sont toujours les peuples qui ont le dernier mot ? La montée en puissance des partis qualifiés de populistes exprime leur refus devant la précarité, le chômage des jeunes, la paupérisation, les coups de canif dans le modèle social et l’échec de la politique de croissance. Les politiques de dévaluation interne qui consistent à baisser les coûts salariaux (plutôt qu’à ajuster la monnaie) pour maintenir la compétitivité, en tentant de s’aligner sur le pays le plus compétitif de la zone monétaire, sont rejetées.

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L’euro : comme un domino qui commence à tomber ?, par Bruno Colmant

Billet invité. Sur son propre blog.

Nous traversons un moment crucial.

Sauf à craindre que la volonté démocratique du peuple grec ne soit pas respectée avec la hantise d’un Georgios Papadhópoulos de 1967, la Grèce vient de signifier à l’Europe une fin de non-recevoir à la poursuite d’un programme d’austérité contraire à tout discernement socio-politique.

Il ne faut jamais l’oublier : une devise est une représentation symbolique qui n’existe que par l’adhésion d’un nombre suffisant d’adeptes.

Une monnaie ne discipline pas une économie : elle la reflète.

Il y avait l’espoir que l’ordre politique s’aligne sur la voie de l’adhésion, mais aujourd’hui, les élections grecques illustrent que l’économie « réelle » s’oppose au maintien artificiel d’une symbolique monétaire qui a échoué à ancrer son postulat dans une réalité socio-politique dans les pays du Sud européen.

Je suis convaincu qu’après des mois de dénégation de récession et de déflation, le barrage des dénis des vices de conception de l’euro est fissuré.

Car, si la Grèce n’est qu’un épiphénomène politique, c’est la substance de la gouvernance européenne qui est interpellée : comment continuer à postuler la pérennité d’un symbole qui ne constitue plus un projet de prospérité collective et partagée.

Et ne nous y trompons pas : la chute de l’euro par rapport aux autres devises et à l’or reflète un scepticisme sur la consistance d’un symbole.

Il serait temps que les concepteurs et signataires de l’euro encore vivants expriment un avis circonstancié. Et surtout que nos dirigeants politiques et monétaires expriment un avis convergent.

Notre avenir monétaire est à ce prix.

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Chers Amis grecs, d’accord, c’est vous qui avez inventé le mot « autarcie » mais… »

Chers Amis grecs, il me revient, de sources multiples (je dis bien « multiples ») que des efforts sont faits pour vous transmettre le message suivant : « Le programme économique et financier du parti en tête dans les sondages d’opinion étant un peu léger par rapport aux épreuves qui s’annoncent, des bonnes volontés existent qui seraient prêtes à discuter avec vous des options existantes », et que la réponse que ces sources multiples obtiennent chacune de son côté est identique : « Excusez-nous, vous n’êtes peut-être pas au courant, mais nous avons des élections en vue qui mobilisent toute notre attention ! ».

Oui nous sommes au courant de vos élections, et le messages que ces sources multiples vous adressent est en fait en rapport étroit avec ces élections : il porte sur la politique économique et financière qu’il s’agirait de suivre pour éviter de futurs désagréments.

Au cas où vous penseriez que les bonnes volontés mentionnées ci-dessus pourraient être de bon conseil, n’hésitez pas à me contacter personnellement en cliquant ici, je ferai suivre.

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P.S. Si l’un d’entre vous avait l’amabilité de traduire le message qui précède en grec, je lui en serais très reconnaissant.

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À ces Messieurs-Mesdames qui tremblent à l’idée que les Grecs puissent encore voter

Couverture choisie

Déjà publié le 9 novembre 2014.

Il est paradoxal de constater qu’aujourd’hui, avec une dette de 93,4%, la zone euro ne pourrait pas intégrer… la zone euro. Nous sommes en effet très éloignés des 60% requis par le Traité de Maastricht. Aujourd’hui, la zone euro devrait consacrer un an de sa production pour rembourser sa dette. Est-ce tenable ?

Bruno Colmant : Et les chiffres qui sont cités ne tiennent même pas compte du surcoût des pensions lié à une espérance de vie plus longue !

Toute dette doit être mesurée de manière prospective. Il s’agit d’évaluer sa soutenabilité ou supportabilité dans le futur et de mesurer la prospérité qu’elle est censée avoir créée. Si un pays affiche une dette de 200% du PIB mais que l’on y découvre par exemple un important gisement de pétrole, le problème est évidemment moins aigu. Mais si la soutenabilité n’est pas assurée, cette dette peut être remise en cause et disqualifiée. Dans la zone euro, je pense que l’on ne pourra pas imposer cette soutenabilité aux générations futures.

Paul Jorion : À mes yeux, toute évaluation de la dette en pourcentage du Produit Intérieur Brut, qui est un index de l’activité économique, est privée de signification. Ce ratio permet de comparer entre elles les nations mais pas de la manière qu’il faudrait. En période de récession, le PIB va baisser et le ratio augmenter mécaniquement, ce qui dramatisera le chiffre de la dette exprimée en pourcentage de PIB, sans compter un effet pervers supplémentaire, un véritable cauchemar mathématique : pour que ce ratio ne se détériore pas, il faut que le taux de croissance soit supérieur au taux d’intérêt « moyen » auquel la dette souveraine a été contractée. Quand je dis taux « moyen », c’est le taux d’intérêt pondéré en fonction du montant des emprunts qui ont été faits et du temps qui reste à courir sur chacun d’eux. En finance, on parle de taux associé à la « duration », qui est le centre de gravité dans le temps de la dette souveraine d’une nation.

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RÉFLEXIONS DE L’AVANT-VEILLE, par Panagiotis Grigoriou

Billet invité. Le blog de Panagiotis Grigoriou est greekcrisis.

Une crétoise, âgée de 32 ans, a « volé » jeudi (14/06) dans un supermarché d’Héraklion, trois briques de lait et une glace, causant un préjudice de 20,77 euros à l’enseigne. Depuis plusieurs jours, ses quatre enfants, étaient nourris exclusivement aux pâtes à l’eau. Prise en flagrant délit, la jeune chômeuse a été aussitôt mise en détention. Elle vient d’être libérée aujourd’hui (vendredi 15/06), et la plainte a été finalement retirée, grâce à la mobilisation de l’intersyndicale ouvrière de sa ville et aussi, grâce à la médiatisation de ce fait décidément… pas trop divers.

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