Archives par mot-clé : financiarisation

Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (I) La crise des subprimes

Je publie en feuilleton la retranscription (merci à Éric Muller !) de ma très longue conférence le 29 novembre 2018. Ouvert aux commentaires.

Bonsoir à tous.

Vous êtes nombreux ce soir à vouloir savoir comment se débarrasser du capitalisme. Nous remercions M. Paul Jorion d’avoir accepté l’invitation de l’association Aussitôt Dit, et M. Gérard Dubouchet de bien vouloir animer cette rencontre. Nous vous rappelons que ces conférences de l’hôtel de ville sont organisées par l’association de philosophie Aussitôt Dit, en partenariat avec le Centre Max Weber ainsi que La Rotonde École des mines, avec le soutien de la ville de Saint-Étienne et du département de la Loire.

GD : Bonjour à tous. Nous avons le plaisir d’accueillir Paul Jorion. Je serai donc relativement court pour ne pas empiéter sur le temps de Paul Jorion, sa présence qui est, quand même, relativement rare. Continuer la lecture de Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (I) La crise des subprimes

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ULB, CHAIRE FGTB – « La financiarisation du monde : structures déficientes et responsabilités individuelles », lundi 31 mars 2014 de 18h à 20h

La financiarisation du monde : structures déficientes et responsabilités individuelles par Paul Jorion, Professeur à la Vrije Universiteit Brussel – lundi 31 mars 2014 – Auditoire K1.105

La finance tient le monde. À qui la faute ? S’agit-il d’individus qui tirent les ficelles de notre monde délibérément ou est-ce la conséquence du nombre trop important d’incompétents ? S’agit-il des implications nécessaires de structures qui se sont mises en place au fil des siècles, par une logique en quelque sorte naturelle, essentiellement à notre insu ? Ou bien est-ce la conséquence du fait que nous comprenons trop peu et trop mal ce que nous faisons ?

La crise sera analysée dans cette perspective, son déroulement examiné dans la triple perspective de structures déficientes, de volontés malfaisantes ou mal informées, et de compréhension insuffisante de notre part des mécanismes économiques et financiers.

Seront examinés plus particulièrement :

–              Le versement d’intérêts : une machine à concentrer la richesse
–              Les paris sur l’évolution des prix : la spéculation
–              L’absence d’un ordre monétaire international depuis 1971
–              La crise de la zone euro
–              Le remplacement de l’homme par la machine : robots et logiciels

Quelques textes à lire :

« A population dynamics approach to the subprime crisis », le 18 avril 2008
« L’ENTREPRISE FINANCIÈRE NE S’OCCUPE NI DE MORALITÉ NI DE PHILANTHROPIE », le 10 mars 2010
« Le capitalisme et l’économie de marché en tant que dysfonctions », le 19 octobre 2010

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UNIVERSITÉ LIBRE DE BRUXELLES, CHAIRE FGTB –
« La financiarisation du monde : structures déficientes et responsabilités individuelles »
, le lundi 31 mars 2014, de 18h à 20h

L’édition 2014 de la Chaire FGTB « Enjeux économiques et sociaux contemporains » s’attachera à développer en six leçons la thématique « Changer l’économie pour faire face aux grands enjeux sociétaux ».

Paul Jorion, Professeur à la Vrije Universiteit Brussel : « La financiarisation du monde : structures déficientes et responsabilités individuelles », lundi 31 mars 2014 

ULB – Campus du Solbosch, 120, Av. Paul Héger, 1050 Bruxelles, Auditoire K1.105

Liste complète des leçons :

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« La financiarisation du monde : structures déficientes et responsabilités individuelles »
, le lundi 31 mars 2014, de 18h à 20h

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Jean-Michel Naulot, ce matin, 7 octobre, sur France Culture

Voilà, si, pour changer, vous avez envie d’entendre dire ce que je dis ici depuis six ans, par quelqu’un d’autre, le voici (la coïncidence entre nos propos est, selon mon évaluation, de 100%).

Et en bonus : Brice Couturier, égal à lui-même (si je ne m’abuse, dire ça n’est pas juridiquement parlant, diffamatoire).

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LE REGARD EN ARRIÈRE D’UN PRATICIEN DES MARCHÉS, par Franck G. Leduc

Billet invité

Un peu d’histoire personnelle est souvent utile pour appréhender les phénomènes que nous observons. Je suis sorti d’une grande École de Commerce parisienne en 1971. Cette époque était encore bénie pour des jeunes gens tels que nous et le spectre des possibilités qui s’offraient à nous était quasi illimité. Par contre les filières reines de cette époque étaient les directions commerciales, le marketing, voire la publicité. Choisir la banque ou l’assurance étaient des « seconds choix » … j’ai donc opté pour le marketing/publicité dans un très grand groupe (à l’époque) américain de cosmétiques. J’aurais pu y développer une brillante carrière sans l’alea du « Service National » oublié … Bref douze mois contraints de services aux armées (loufoques, mais c’est une autre histoire).

L’insistance d’un camarade de promotion, chargé du recrutement pour la plus grande banque française de l’époque m’a fait entrer dans la « Finance ». Incapable de supporter la contrainte d’un grand groupe (hiérarchie, inertie, etc.), je démissionne douze mois plus tard. Et (comme ce n’est malheureusement plus le cas aujourd’hui pour nos enfants et petits-enfants) je croule sous les propositions suite à une petite annonce passée dans « Les Échos ».

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ON ACHÈVE BIEN LES CHEVAUX, par Zébu

Billet invité.

Le ‘scandale’ en cours et dernier d’une longue liste déjà étoffée, celui des lasagnes à la viande de cheval, révèle les logiques qui sous-tendent un système qui ne peut que conduire à l’impasse actuelle.

Surtout, telle la pointe émergée de l’iceberg, il permet de concevoir l’immense masse immergée que l’on ne sait (ou ne souhaite) pas voir mais que l’on ne peut éviter de deviner.

Tout commence toujours ainsi : « Il était une fois une fraude … »

Une faillite

Le fraudeur. Le fraudeur est l’archétype même du rouage nécessaire à la survie d’un système qui a failli.

Il permet à tout un chacun l’exutoire nécessaire quand un malheur arrive à une communauté. Celle de l’agroalimentaire français a ainsi trouvé son bouc émissaire : Spanghero. Coupable émérite puisque déjà mis en examen pour fraude (« déjà ! », s’écrie la clameur) à la viande avariée en 2008, les pouvoirs publics ont donc resserré les filets et fini par trouver un poisson. Exit donc tous les autres acteurs de cette lasagne au cours bouillon européen, qui travaillent parfois ensemble depuis des années : aucun d’entre eux n’est responsable puisqu’un coupable existe forcément (le fraudeur), qui heureusement vient à être désigné.

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L’actualité de la crise : C’EST BEAU, LE PROGRÈS ! par François Leclerc

Billet invité.

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C’est quand l’avenir est bouché et le futur indécis que les visions prometteuses de l’avenir se multiplient. La Bundesbank et tous ceux qui lui emboîtent le pas ne manquent pas une occasion de nous rappeler celle à laquelle ils tiennent mordicus : leur promesse ultérieure de croissance une fois le coût du travail diminué et la compétitivité retrouvée sur le marché international.

Jens Weidmann, son président éclairé, propose même d’élargir sans délai l’aide européenne aux banques espagnoles à toute l’économie du pays, afin d’engager une nouvelle marche en avant triomphante sur cette voie, en édictant des nouvelles mesures d’austérité supplémentaires. Sans même attendre, le gouvernement de Mariano Rajoy vient d’annoncer que son dernier train de mesure ne rapportera pas 65 milliards d’euros, comme annoncé il y a quelques jours, mais seulement 56,4 milliards (une erreur de calcul ?). De nouvelles mesures doivent être naturellement trouvées pour compenser.

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CNIR des Verts, samedi 19 – dimanche 20 juin 2010

Je suis intervenu hier au CNIR (Conseil National Interrégional) des Verts, qui se tient en ce moment à Paris. On m’avait demandé de commenter / décrire le contexte de la « Motion 6. Face à la crise : refonder le modèle européen », ce que je fis volontiers.

Aussitôt après mon intervention, on m’a proposé que la motion soit modifiée avant son vote selon mes indications. J’y ai lu un témoignage très flatteur de la sagesse qu’on m’attribue mais cela me semblait précipité. J’ai décliné, préférant dire que je m’associerais volontiers aux discussions ultérieures. Le temps gagné de cette manière m’a d’ailleurs permis de consacrer davantage de temps aux questions des intervenants qui m’interpellaient directement.

J’ai proposé d’ajouter à la motion un ensemble de mesures que je prône de longue date :

1) L’interdiction des stock-options, 1) facteur majeur dans la stagnation des salaires depuis les années 1980, 2) cause du court-termisme des entreprises focalisées désormais sur la hausse du prix de leurs actions, et 3) origine de la financiarisation généralisée du monde de la production.

2) La mise en place d’un nouveau Glass-Steagall Act (1933 – abrogé en 1999) séparant les établissements financiers en deux catégories distinctes : d’une part ceux qui se consacrent au crédit et à l’intermédiation de manière générale (banques commerciales) et d’autre part ceux qui se consacrent à des opérations sur fonds propres (banques d’investissement). Aux États-Unis, la « Volcker Rule » ou la « Section 716 » du Financial Overhaul présentée par la sénatrice Blanche Lincoln, représentent des reconstructions partielles du Glass-Steagall Act.

3) L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix. Prohibant la spéculation pure et simple, cette interdiction cantonnerait l’action des banques d’investissement au « socialement utile », ce qui équivaudrait à réduire leur activité – à vue de nez – de 80 %, dégageant ainsi des fonds importants pour l’économie réelle dans une perspective renouvelable et durable.

4) La mise sur pied immédiate d’un authentique Bretton Woods II, pour répondre au vide que créera l’écroulement imminent de l’euro et du (dés-)ordre monétaire actuel dans son ensemble. Deux objectifs : 1) créer des zones économiques cohérentes (équilibrées quant aux importations et aux exportations) sous-tendant des monnaies régionales ; 2) réguler le commerce international (et la circulation des capitaux) à l’aide d’une Chambre de Compensation Multilatérale évaluant les opérations entre zones économiques / monétaires dans une monnaie de compte (bancor).

On a parlé de beaucoup d’autres choses encore : Où est passé l’An 2000 ? les gains de productivité ont été confisqués par les actionnaires et dirigeants d’entreprises ; Pourquoi ne peut-on pas ignorer les agences de notation ? elles déterminent le prix et donc le montant de la dette ; Et l’industrie de l’armement dans tout ça ? La crise des subprimes est le 1er épisode de la guerre sino-américaine, etc. etc.

Merci à ceux qui m’ont accueilli avec chaleur, désignant le siège vide qui m’attend si j’avais envie de me joindre. Je pense en particulier à Cécile Duflot et à Anne Souyris, merci à elles.

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