CNIR des Verts, samedi 19 – dimanche 20 juin 2010

Je suis intervenu hier au CNIR (Conseil National Interrégional) des Verts, qui se tient en ce moment à Paris. On m’avait demandé de commenter / décrire le contexte de la « Motion 6. Face à la crise : refonder le modèle européen », ce que je fis volontiers.

Aussitôt après mon intervention, on m’a proposé que la motion soit modifiée avant son vote selon mes indications. J’y ai lu un témoignage très flatteur de la sagesse qu’on m’attribue mais cela me semblait précipité. J’ai décliné, préférant dire que je m’associerais volontiers aux discussions ultérieures. Le temps gagné de cette manière m’a d’ailleurs permis de consacrer davantage de temps aux questions des intervenants qui m’interpellaient directement.

J’ai proposé d’ajouter à la motion un ensemble de mesures que je prône de longue date :

1) L’interdiction des stock-options, 1) facteur majeur dans la stagnation des salaires depuis les années 1980, 2) cause du court-termisme des entreprises focalisées désormais sur la hausse du prix de leurs actions, et 3) origine de la financiarisation généralisée du monde de la production.

2) La mise en place d’un nouveau Glass-Steagall Act (1933 – abrogé en 1999) séparant les établissements financiers en deux catégories distinctes : d’une part ceux qui se consacrent au crédit et à l’intermédiation de manière générale (banques commerciales) et d’autre part ceux qui se consacrent à des opérations sur fonds propres (banques d’investissement). Aux États-Unis, la « Volcker Rule » ou la « Section 716 » du Financial Overhaul présentée par la sénatrice Blanche Lincoln, représentent des reconstructions partielles du Glass-Steagall Act.

3) L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix. Prohibant la spéculation pure et simple, cette interdiction cantonnerait l’action des banques d’investissement au « socialement utile », ce qui équivaudrait à réduire leur activité – à vue de nez – de 80 %, dégageant ainsi des fonds importants pour l’économie réelle dans une perspective renouvelable et durable.

4) La mise sur pied immédiate d’un authentique Bretton Woods II, pour répondre au vide que créera l’écroulement imminent de l’euro et du (dés-)ordre monétaire actuel dans son ensemble. Deux objectifs : 1) créer des zones économiques cohérentes (équilibrées quant aux importations et aux exportations) sous-tendant des monnaies régionales ; 2) réguler le commerce international (et la circulation des capitaux) à l’aide d’une Chambre de Compensation Multilatérale évaluant les opérations entre zones économiques / monétaires dans une monnaie de compte (bancor).

On a parlé de beaucoup d’autres choses encore : Où est passé l’An 2000 ? les gains de productivité ont été confisqués par les actionnaires et dirigeants d’entreprises ; Pourquoi ne peut-on pas ignorer les agences de notation ? elles déterminent le prix et donc le montant de la dette ; Et l’industrie de l’armement dans tout ça ? La crise des subprimes est le 1er épisode de la guerre sino-américaine, etc. etc.

Merci à ceux qui m’ont accueilli avec chaleur, désignant le siège vide qui m’attend si j’avais envie de me joindre. Je pense en particulier à Cécile Duflot et à Anne Souyris, merci à elles.

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104 réflexions sur « CNIR des Verts, samedi 19 – dimanche 20 juin 2010 »

  1. interdire les stock options: cela est-il nécessaire ?

    C’est plus la facon dont on attribue les stock options (en france notamment) qui est néfaste (a cause des objectifs court-termistes qui en découlent); que les stocks options en-elles même.

    Si les stocks options attribuées sont étalées dans le temps, on peut rééquilibrer cette dérive ‘court-termiste’.

    1. Si vous étalez les stock-options dans le temps, celà ne supprime pas la collusion d’intérêt qu’ils créent entre dirigeants d’entreprise et actionnaires au détriment des salariés de ces mêmes entreprises.

      Non, il faut vraiment les interdire purement et simplement. Tout comme la bourse, qui ne joua qu’un rôle très restreint dans le financement des entreprises au cours des 30 glorieuses : c’est comme tous ces gadgets inventés pour nous faire consommer toujours plus : on s’en était très bien passé pendant très longtemps, il n’y a pas de raison pour qu’on ne le puisse plus.

  2. stagnation des salaires -> je trouve curieux d’accuser les stocks options ??

    il me parait plus judicieux d’accuser le déséquilibre entre offre et demande (d’ou un rapport de force évident, favorable aux employeurs)

    et la, je partage l’avis de P Larouturrou: à part partager le travail (et les salaires), je ne vois pas vraiment de salut !

    1. Logique libérale néoclassique et malthusianisme!

      Revoyez vos logiciels, vous vous poser pas les bonnes questions! Mais ça viendra!

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