Archives par mot-clé : François Cavanna

FRANÇOIS CAVANNA (1923 – 2014)

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C’est avec retard que l’histoire trie les noms qu’il faudra retenir. Au moment même, c’est souvent assez flou. J’aime l’exercice qui consiste à se projeter dans l’avenir par l’imagination et à porter alors un regard en arrière sur les temps que nous vivons aujourd’hui. On y voit tout particulièrement le nom de François Cavanna en très grandes lettres.

François, mon gars, tu nous avais déjà mis la larme à l’oeil avec Les Ritals, Les Ruskoffs et Maria, alors pourquoi tu nous fais ça ? il fallait pas crever ! Bon, on va pas te le reprocher, toi au moins tu le savais que c’est une mauvaise idée ! Il reste tout ce que tu nous a laissé, et c’est beaucoup.

Signé : Les Iconoclastes reconnaissants

P.S. L’exercice en sens inverse est également salutaire : j’ai beaucoup réfléchi quand j’avais quatre ans à l’an 2 000 qu’on nous promettait et, arrivé sur place, je me suis immédiatement mis à gueuler contre la camelote qu’on nous a offert à la place.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 9 AOÛT 2013 : LE SENS DE LA VIE

Voilà, aujourd’hui, vous n’y coupez pas : le sens de la vie.

Sur YouTube, c’est ici.

Blog de PJ – Le processus « culturel » de reproduction / sélection « naturelle », par Jean-Baptiste Auxiètre et PJ, le 7 août 2013

Jacques Lacan : La mort

François Cavanna : Stop-crève (1976)

La nuit du 4 août 1789 : Noailles et Aiguillon, les interventions des autres, le commentaire d’Annie Le Brun.

Aujourd’hui sur les écrans (?) : Elysium

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LES VRAIES QUESTIONS QUE SE POSENT LES ANTHROPOLOGUES

On se dit : « Ah ! la Joconde, c’est vraiment beau. Ce sourire de la Mona Lisa ! » Et puis on pense à Léonard de Vinci, et on consulte Wikipedia : « Léonard de Vinci, mort en 1519 ». Cinq siècles ! Cinq cents ans !

Je viens de répondre à un commentaire qui évoque les peintres Bram van Velde et Marcus Rothko, en disant que quant à peindre comme le fit van Velde, je préférais de loin la manière de Roberto Matta. Et je me trompe initialement dans mon commentaire : je mentionne comme date de la mort de Matta, « 2010 » au lieu de « 2002 ». Puis je corrige. Mais en même temps, au moment de corriger, je me dis que le quantitatif « 2002 » n’a en réalité aucune importance puisque la seule chose qui compte, c’est le qualitatif : le fait qu’il soit mort plutôt que vivant en ce moment-même : Matta « n’est plus des nôtres », au sein de ce monde sensible où nous nous trouvons encore, cher lecteur, vous et moi.

Et je me souviens du coup du thème « stop-crève », que ressassait Cavanna dans Charlie-Hebdo en 1976 : ses questions bizarres sur pourquoi il se fait qu’on doive mourir, et l’embarras qui enflait alors comme la marée parmi ses collègues du magazine : leurs allusions de plus en plus appuyées au fait que « François disjoncte un peu en ce moment, c’est pas grave, faut pas faire attention, ça va passer ! », alors que les questions qu’il posait étaient celles qui feraient la fierté de l’anthropologue : non pas « Pourquoi les Papous de Nouvelle-Guinée se passent-ils une plume en travers du septum nasal et les Indiens d’Amérique dans un bandeau autour de la tête ? », mais « Pourquoi mangeons-nous, buvons-nous, faisons-nous l’amour, chions-nous et pissons-nous, et pourquoi sommes-nous né un jour, et mort un autre jour, mais que la plupart du temps auquel on puisse penser, nous ne sommes soit pas encore né, soit déjà mort ? »

La question n’a pas d’importance si on se dit qu’on est là simplement, comme dans la salle d’attente du dentiste, en attendant d’aller au ciel. Mais si on pense qu’il n’y a au firmament que des étoiles, des planètes, leurs satellites, et vraiment beaucoup de vide ?

P.S. : Julien A. et François L. communiquent : « Paul disjoncte un peu en ce moment, c’est pas grave, faut pas faire attention, ça va passer ! »

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