Archives par mot-clé : Georges Papandréou

La fin du banquet de l’Olympe européenne, par Un Belge

Billet invité.

Souvenez-vous : il avait suffi de quelques heures, à l’automne 2011, pour que les pressions des « créanciers » de la Grèce étouffent dans l’oeuf le projet de référendum du premier ministre grec de l’époque, Georges Papandreou.

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“2011: CRONACA DI UN DISASTRO ANNUNCIATO”

Une version italienne par Alessio Moretti d’un article pour la revue L’ENA hors-les-murs : 2011 : Chronique d’un désastre annoncé.

Paul Jorion “2011: CRONACA DI UN DISASTRO ANNUNCIATO” (15 gennaio 2012)

(articolo originale pubblicato nella rivista L’ENA hors-les-murs, N°417: 32-33 e nel blog di Paul Jorion)

Karim Bitar mi ha chiesto un bilancio dello scorso anno per l’ENA hors-les-murs, la rivista che dirige con talento. Ecco dunque questo bilancio (N° 417: 32-33)

Commiseriamo, fra i politici, i funzionari ed i finanzieri, coloro che sono convinti di aver dato il massimo, di avere speso il meglio di sé stessi per cambiare la faccia del mondo nel 2011: i loro sforzi non sono serviti a nulla. Peggio: è come se non fossero mai stati fatti.

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6e ÉTAGE OU 6e AVENUE ?, par Panagiotis Grigoriou

Billet invité. Panagiotis Grigoriou dirige le blog greek crisis.

En Grèce, depuis l’arrivée de la Troïka nous devenons tous une… atmosphère. Dans des conditions de  laboratoire et sous pression. Par modélisation exemplaire et accélération des particules, élémentaires si l’on préfère. Et ces particules c’est bien nous. L’accélérateur quant à lui, relève de la mécanique du dernier méta-capitalisme bancocrate. Cela a bien fonctionné à un tel point que maintenant nous pouvons sans peur nous regarder dans le miroir du futur pour nous apercevoir que nous sommes déjà des mutants.

A commencer par notre régime politique, cette pseudo-democratie, mollement parlementaire et durement affairiste, devenue désormais une quasi-dictature après trois putschs réussis. Le premier, en 2009, s’est déroulé lors des élections, alors encore « libres ». Le PASOK (P.S. grec) arrive au pouvoir devançant de dix points la droite. Georges Papandréou, ami de Geοrges Soros, grand cosmopolite (l’expression est de lui-même) et apparemment plus à l’aise dans la syntaxe de son pays natal, les États-Unis, que dans la grammaire balkanisée du grec moderne, habille alors sa piètre rhétorique comme il le peut. Et les grands médias lui orchestrent convenablement l’image. Sa campagne est déjà un Case Study mais je parie qu’il y en a d’autres en Europe en ce moment en passe de devenir aussi cas d’école. « Le citoyen d’abord », « rupture avec les pesanteurs du passé », « gouvernance électronique », « allons-y, tous ensemble », « finissons-en avec la dictature des marchés », « prenons des mesures pour réconforter les citoyens les plus fragiles, surtout ceux qui ont emprunté de l’argent et doivent faire face à la crise », « faisons de la Grèce, le Danemark du Sud », « de l’argent il y en a », « nous sommes prêts pour la croissance verte, les nouvelles technologies et l’écologie», « augmenter les impôts, la TVA par exemple, est un crime contre les plus faibles et conduirait l’économie tout droit à la récession ». Voilà le synopsis de la rhétorique de ce premier coup d’État.

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2011 : CHRONIQUE D’UN DÉSASTRE ANNONCÉ

Karim Bitar m’a demandé un bilan de l’année dernière pour L’ENA hors-les-murs, la revue qu’il dirige avec talent. Voici ce bilan (N° 417 : 32-33).

Plaignons parmi les politiques, les fonctionnaires et les financiers, ceux qui sont convaincus de s’être donnés sans mesure, d’avoir consacré le meilleur d’eux-mêmes à changer la face du monde en 2011 : leurs efforts n’ont abouti à rien. Pire encore : c’est comme s’ils n’avaient jamais été consentis.

Le délitement de la finance s’est en effet poursuivi de manière inexorable pendant l’année écoulée, suivant la pente d’une longue et pénible détérioration telle qu’elle était déjà prévisible en 2010, voire même en 2008 au lendemain de la déconfiture de la banque d’investissement américaine Lehman Brothers, dont l’hémorragie qu’elle suscita coûta plus d’un « trillion » de dollars à arrêter. Chacun des combattants a si bien traîné les pieds – espérant follement pour certains que les choses s’arrangeraient d’elles-mêmes – que chacune des batailles financières et économiques en 2011 a eu lieu en retard d’une guerre.

La présence d’authentiques hommes ou femmes d’État sur la scène de l’histoire – tel un Franklin D. Roosevelt dans les années 1930 – aurait-elle pu faire la différence ? Il est difficile de se prononcer avec certitude : on ne peut exclure que la personnalité falote de la plupart des hommes et des femmes à la tête des affaires en 2011 n’était pas en soi pertinente : peut-être était-il trop tard de toute manière, peut-être n’était-il plus dans le pouvoir de quiconque de renverser le cours des événements. Ce sera là a posteriori notre seule consolation.

Le système de partage de la richesse créée dans nos sociétés est biaisé : il est dans sa logique que le capitaliste, le détenteur du capital, soit servi en premier, le dirigeant d’une grande entreprise venant en second et l’invention des stock-options ayant permis de faire de celui-ci pratiquement un premier ex-aequo, les salariés devant se satisfaire eux de ce qui reste.

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L’actualité de la crise : BLA, BLA, BLA…, par François Leclerc

Billet invité

Pour fêter la clôture du G20, comme à l’accoutumée, des hochets sont agités. Il n’en manque pas cette fois-ci, signe que rien d’important n’a pu être décidé.

Les paradis fiscaux seront mis « au ban de la communauté », a affirmé Nicolas Sarkozy – qui avait déjà assuré en 2009 qu’ils étaient « finis » – sur la base d’une liste plus que complaisante établie selon les critères flous de l’OCDE. Une taxe sur les transactions financières pourrait voir le jour en Europe, qui ne concernerait pas les deux principaux centres de la finance mondiale, Wall Street et La City. Le Conseil de stabilité financière (FSB – Financial Stability Board) verrait ses pouvoirs renforcés, sans qu’ils aient été définis, et une liste de méga-banques est publiée [ERRATA: sera publiée prochainement], qui ne surprend que par son nombre : 29 au lieu de 28 banques annoncées.

Ne soyons pas injustes, deux décisions auront été prises par le G20. L’une est d’abandonner si nécessaire la Grèce à son triste sort, l’autre de mettre sous surveillance rapprochée l’Italie, pour ne pas risquer de se retrouver avec elle prochainement dans la même situation.

Les comptes présentés par le tombeur de Georges Papandréou, le ministre grec des finances Venizélos, font état tout confondu d’un besoin de financement de 80 milliards d’euros d’ici février prochain, le prix à payer pour l’abandon du référendum…

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LE RÉFÉRENDUM GREC : VERS UN RETOUR DE L’EUROPÉANITÉ, par Valentin Przyluski

Billet invité.

Le choix du référendum de Georges Papandréou en Grèce est un véritable appel, et doit être interprété ainsi.

Il n’est en effet pas sûr que, techniquement et politiquement, le référendum puisse se tenir. Peut être la Grèce sera-t-elle contrainte de faire machine arrière avant, lors des réunions multiples qui ne manqueront pas de mettre Papandréou sous pression. Peut être que finalement fort de son bras de fer, Papandréou obtiendra le supplément d’âme à l’accord de Bruxelles qui lui permettra de l’accepter, ce serait par exemple un espace de souveraineté plus grand que présentement.

Mais ceci n’est finalement pas la question. Papandréou en appelant au souverain peuple, au retour de la démocratie, invite enfin les peuples de tous les pays à s’interroger sur la crise. En effet, en Allemagne, en France, en Italie, en Espagne, au Royaume Uni, en Pologne et dans tous les pays, les appels du peuple et pour le peuple ne manqueront pas de s’appuyer désormais sur le précédent grec. Ainsi, par le simple fait d’en appeler au peuple grec, Papandréou convoque tous les peuples à discuter de ce qui, à défaut d’être leur crise, doit devenir leurs solutions.

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LE GAMBIT DE PAPANDRÉOU, par zébu

Billet invité.

Je n’ai pas de billes (plus que cela) pour l’affirmer mais je me risque à une analyse toute personnelle sur le fait que Papandréou a tout simplement pris acte de l’absence d’une majorité au parlement et que la motion de confiance était d’ores et déjà perdue, suite à la finalisation de l’accord. De sorte qu’il ne lui restait qu’une seule carte, mais à ‘coup unique’ : le référendum.

Celui-ci a plusieurs ‘avantages’ politiques :

1/ comme de nombreux commentateurs l’ont indiqué déjà, celui de mettre les Grecs devant non plus le fait accompli (au contraire) mais bien devant leurs responsabilités : en cas de ‘oui’, le premier ministre en ressortira renforcé politiquement pour mener sa politique mais aussi mettre ses propres troupes devant leurs responsabilités (leur légitimité représentatives contre celle du peuple) ; en cas de ‘non’, il pourra sortir de cette situation en s’en lavant les mains.

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LE GRAIN DE SABLE GREC

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Depuis le début de la crise, le parallèle qui s’impose est celui d’un « processus critique » : un processus qui conduit inéluctablement à l’effondrement, mais dont le timing est incertain, trop d’impondérables intervenant dans les effets globaux constatés. Et ici, l’image le plus souvent utilisée est celle d’un tas de sable bâti par des enfants : la prochaine pelletée fera-t-elle s’élever le tas, ou bien s’en effondrer un grand pan ? Impossible à dire : trop d’éléments interviennent qui détermineront si le scénario aura un aboutissement positif ou négatif : en fait, chacun des grains de sable concernés aura un rôle à jouer.

C’est là le message que j’adressais il y a quelques temps aux élèves d’une école dont on m’avait dit : « Attention : ils sont un peu déprimés ! », je leur avais dit : « Nous sommes, chacun d’entre nous, l’un de ces grains de sable, et nous entrons dans une période exaltante où chacun a la capacité de faire la différence dans le grand tournant historique où nous nous retrouvons à notre corps défendant ».

La décision de Georges Papandréou hier, de soumettre les décisions européennes relatives à la dette de la Grèce à référendum dans son pays, constitue en soi une pelletée dans la construction du fort : parviendra-t-elle à hausser la forteresse européenne ou bien sera-t-elle celle qui la fera s’écrouler pour de bon ? Le peuple grec ne pouvait plus s’exprimer que dans la rue et le voilà de retour aux urnes, comme il sied d’ailleurs en démocratie, mais l’Europe des marchands, vaste construction bureaucratique à l’usage du 1% au sommet, pourra-t-elle tenir le choc ?

Là où j’écris, c’est aujourd’hui la Toussaint. Les chrysanthèmes jaune éclatant dans le jardin sont là qui me le rappellent. Certaines Bourses ne vont cependant pas tarder à s’ouvrir ici et là dans le monde et ne tarderont pas à nous faire connaître leurs pensées profondes à propos du grain de sable grec.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Le Point, le 29 avril – « L’Europe n’a pas droit à l’erreur »

Je vous ai présenté il y a quelques jours les photos de Jean-Claude Moschetti à l’Île de Houat. Vous apprécierez, j’en suis sûr (hmm…) le contrepoint entre la photo de Georges Papandréou allumant un cierge à la page 84 du Point et la mienne à la page 85 (qu’il m’autorise aimablement à reproduire), tirant parti (à mon insu) d’un tableau au mur de mon bureau.

Interview Paul Jorion : « L’Europe n’a pas droit à l’erreur », pp. 85-86

Patrick Bonazza : La Grèce vient officiellement d’appeler à l’aide. La première fois que nous nous sommes vus, il y a quinze jours vous disiez que c’était inéluctable.

Depuis mars, après chaque réunion européenne, on nous disait que le problème était réglé. Mais on constatait quand même que lorsque la Grèce retournait sur les marchés pour emprunter elle payait toujours plus cher que les autres pays. Même avec derrière elle le prétendu soutien de toute l’Europe la Grèce est restée pénalisée. Elle ne pouvait pas échapper à la sanction des marchés. D’où son appel au secours.

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