268 réflexions sur « LES MARCHÉS OU LES PEUPLES »

  1. L’ Europe révélateur des dysfonctionnements de nos démocraties.
    Je viens d’entendre sur France-Culture un échange entre un UMP (je ne sais plus qui exactement) et J-F Kahn. Le premier vilipendait l’ irresponsabilité de Papandreou, car il était persuadé que le NON allait l’emporter. Le second lui a rétorqué: “Mais si l ‘UMP locale et le PASOK appellent à voter OUI, le OUI peut l’emporter.”
    Cela n’a pas suffit à convaincre la partie adverse, qui craint comme la peste la démocratie directe. Certes a dit l’ UMPiste si les représentants du peuple votaient, le OUI l’emporterais; mais si c’est le peuple qui vote le NON va l’emporter.
    Sur cette question européenne il y a vraiment un problème fondamental de représentation du peuple par les élus. Peut-être parce que dans le cadre de chaque élection nationale les principaux partis esquivent systématiquement la question, ils savent qu’elle est potentiellement explosive.
    Mais c’est un tort, car comme on peut le constater aujourd’hui, l’Europe si elle se fait un jour se fera avec les peuples, pas sans les peuples et sûrement pas contre eux.
    Si seulement les socialistes français en prenaient de la graine, malheureusement ils semblent bien partis pour se dérober encore une fois. Au risque de courir le risque de se “Papandreouiser” s’il jamais ils accèdent au pouvoir.

  2. Il est vrai que les grecs ont beaucoup souffert de l’occupation allemande et il y a risque de nouvelles souffrances si le diktat Merkel/Sarkozy serait définitivement adopté par le gouv. grec.

    Il faut lire ce que propose la société de conseil munichoise “Roland Berger”, spécialiste en restructurations: création d’une sorte de holding pour “gérer” de manière “active” le patrimoine grec. En termes clairs: expropriation sélective et vente des biens nationaux. Cela aboutirait probablement à la révolution avec au bout un régime militaire ou autoritaire.

    Il est vrai aussi que les partis de gauche en Europe sont infiltrés de courants néo-libéraux, ce qui donne l’impression qu’il n y a pratiquement plus de différence entre conservateurs et la soi-disante “gauche”(le PS) . La seule différence consiste, côté gauche, à soigner un discours socialisant mais parfaitement hypocrite et contradictoire.

    1. Oui, vous faites référence au plan eurêka : “ce qui va sans le dire va encore mieux en le disant”.

  3. Les Marchés ou les peuples ?
    Ce titre est une “escroquerie intellectuelle”
    Le titre devrait être : “Démocratie et responsabilité ” “De la responsabilité des peuples en démocratie”.

    En effet quand le Grèce a touché l’argent qu’elle a emprunté, a t-on demandé au peuple de se prononcer par référendum ? Pourquoi n’y a t-il pas eu cette demande ?
    Pourquoi ceux qui soudain estiment que le référendum grec sur une question du remboursement de la dette nationale grecque est fondé se sont prononcé contre d’autres référendum tels que celui de la Suisse sur les minarets ou en France sur l’immigration ?
    Il y a des contradictions qui finissent par interroger.
    La vraie question revient tout simplement à poser la question de la responsabilité qui est le fondement de la vertu.
    Pas de vertu sans responsabilité.
    Pas responsable et pas coupable c’est l’habit que veulent endosser tous les dirigeants des démocraties occidentales, en faisant partager cette utopie aux peuples.
    Et on trouve un bouc émissaire : les marchands.
    Et c’est là qu’il y a une seconde escroquerie: les marchands font ce pourquoi ils fait: du profit.
    dire qu’on a fait une Europe des marchands est une escroquerie. En effet, c’est parce qu’il n’y a pas eu d’Europe politique que les marchands ont occupé un territoire sans lois.
    Il est certain que ramener tout à un rapport de force ne permet pas d’introduire le concept de responsabilité.
    Se sentir responsable est un sentiment qui ne fait pas intervenir un rapport de force, mais une qualité morale

      1. J’en rajoute même une couche cher J.A., car défendre des convictions courtoisement mais en parlant vrai et fermement me semble être le propre du courage. Quant aux attaques ad-hominem, je les méprise.
        Les dirigeants des parties communistes ont toujours mobilisé successivement leur peuple par un “haro sur un ennemi” parmi lesquels Staline est allé chercher un jour les médecins juifs et Mao les intellos.
        Il arrive un moment où les peuples ne marchent plus.
        Cette méthode est basée sur un manichéisme: bon/mauvais.
        Je comprends fort bien qu’une théorie basée sur le “rapport de force” fait obligatoirement intervenir un fort et un faible, un bon et un mauvais.
        je suis peiné de voir que P. Jorion que j’estime tant par ailleurs en est venu à tomber dans ce travers au sujet du référendum de la dette grecque….alors que le fond de la question est d’une généralité plus grande : la responsabilité

        1. Il y a des gens qui au lieu de vous dire qu’ils ne sont pas d’accord avec vous au point que cela les mette en colère, préfèrent vous dire qu’ils sont “déçus”, “désappointés”, voire même que cela leur “fait de la peine”.

          Vous m’avez compris, cher Albin, votre réponse : elle me désappointe, me déçoit profondément, elle me fait énormément de peine, une peine quasiment infinie. Je ne sais pas si m’en remettrai, tellement la mélancolie me subjugue.

      2. A partir du moment ou les commentaires restent corrects, je pense que vous avez raison de tous les publier. C’est un acte très… moral.

      3. pourquoi est-ce outrancier ?
        l’histoire ne semble composée que de dé-responsabilisation consentie, ou imposée . la servitude ordinaire en somme . et avec son cortège funèbre d’inquisiteurs , de délateurs, de frustrés, et ses transgressions qui alimentent parfaitement bien la machine oppressive .
        ce qui fait que l’individu qui essaie d’être responsable de ses actes et choix est noyé et impuissant face à la masse demandeuse et qui fait force de loi .
        à la décharge des peuples, c’est sa moindre malice . pour ne pas dire sa moindre intelligence . les plus “malins” ont toujours su mettre à profit ces qualités , en tirer bénéfice et exploiter les crédulités .
        comme quoi l’intelligence n’est pas vertu, loin s’en faut .
        maintenant que les peuples sont pris au piège de toutes parts , malgré ces carrosses qui leur coutent cher, et qui font aussi partie de la dette , comme toutes ces techniques dispendieuses, et dont nul ne sait plus se passer , comment pourrait on réapprendre à vivre dans une économie basique et nécessaire , ayant moins d’interdépendances ?
        un peu plus d’humanité , de proximité avec son territoire ?
        il y a toujours une chose que je trouve tout à fait dommageable , c’est l’intrusion dans la demeure étrangère , ou celle du voisin . “on” veut toujours que les autres marchent au même pas , pensent de la même façon, et suivent sans discuter , bref, obéissent à des règles , sans quoi on les prive de vie .
        l’Europe , c’est une sorte de tyrannie .
        vous prenez sa monnaie, sinon, vous êtes hors jeu . si vous prenez sa monnaie, vous devez vous plier à sa rigueur économique, ses lois du travail, son rythme, bref, sa culture .
        c’est assez morbide . un monstre froid … comme le furent de tous temps les pouvoirs , les volontés imposées , non ?

      4. Rester calme. Inciter l’interlocuteur à reconsidérer son point de vue en lui donnant quelques pistes. Ne pas se boucher le nez en cas de propos ineptes; ne surtout pas claquer la porte.
        C’est parti.

        Albin, je vous propose, cordialement, de tenter une analyse de la situation actuelle en empruntant un point de vue structuraliste, au sens où les structures déterminent nos interactions davantage que nos responsabilités, morales ou vertus.

        Reconsidérez tous les référendums, bien ou mal votés, dont les résultats ont été appliqués ou pas concernant l’UE. Considérez aussi l’absence de référendum quant à l’intégration de l’OMC, du FMI, ou même de l’UE, c’est à dire de structures déterminant nos interactions dans une optique mercantile et concurrentielle. Bref néolibérale. Bref politique.
        Considérez enfin des mois de grève générale et d’émeutes, l’utilisation exhaustive des forces de police, y compris spéciales , pour conserver la configuration actuelle; vous devriez selon toute logique concevoir l’existence d’un rapport de force.

      5. @ALBIN

        Vous avez tout à fait raison d’évoquer la responsabilité. Parlons donc de celle du personnel politique. En régime de démocratie représentative, le devoir du personnel politique est d’agir conformément à la volonté du peuple qui lui a confié mandat pour cela.

        Le coup réalisé par Papandréou et surtout l’émoi qu’il suscite parmi les dirigeants européens a ce mérite inouï de mettre au grand jour la crise de représentativité abyssale dans laquelle est plongée pour ainsi dire toute l’Europe: On ne peut pas se prétendre représentant du peuple et agir explicitement contre sa volonté, c’est ce qu’il vient de rappeler de manière cinglante à toutes les instances européennes et supra-européennes. Une grande leçon de démocratie venue de Grèce, encore une fois.

      6. Pas besoin de jeter à la corbeille le message en faveur des banquiers.
        Avec sa la référence au référendum raciste de l’UDC suisse,
        on a compris d’où il vient et là où il reste…

      7. Oui, il y a aussi cette vérité-là de la responsabilité première et ultime des peuples, qui “n’ont que ce qu’ils méritent” (OK, c’est du brutal, c’est du “karmique” si vous préférez).
        J’ai parlé des vérités contradictoires, valides dans leur plan de clivage ou leur point de vue, plus haut ; fil 44. Albin, loin d’être un demeuré ou un naïf, en exprime une, malgré tout.

        Malgré le recadrage juste du problème par Cyberpipas, en effet : cette pression interne et externe inouïe mise sur le peuple grec pour le faire ployer. Rapports de force, carburant du politique.

        Mais considérons, en France, les nonistes de 2005 : c’est alors qu’il fallait “casser la baraque” (le PS par exemple, comme Mélenchon a fini par le faire, sauf que lui, n’a emporté qu’un trop petit bout), c’est alors qu’il fallait reconquérir le débat face au TINA des médias et des politiques méprisants, c’est alors qu’il fallait occuper et leur casser la baraque, surtout après l’immense traitrise de Lisbonne ratifié en 2009.

        Aucune alliance de fond, aucun projet alternatif (alter-européen) des nonistes entre 2005 et 2009… oui, il y a bien une responsabilité populaire, vérité partielle, vérité insuffisante, mais vérité quand même.

      8. @ Julien Alexandre, 2 nov. 2011, à 15 h 14
        « Outrancier » jugez-vous ?
        Eh bien ! si, même ici, la censure est à ce point.

      9. ça va tomber comme à Gravelotte.

        Il faut remonter du 16 au 18 août 1870, lors du long match France-Prusse de 1870-1871, pour comprendre d’où vient cette expression.
        Nous sommes en Lorraine, pas très loin de Metz. D’un côté, nous avons l’équipe de France, constituée d’environ 113 000 hommes, et de l’autre, l’équipe de Prusse, forte d’environ 190 000 soldats. Autant dire que le match, qui se déroule sur un espace ‘un peu’ plus grand qu’un terrain de foot, s’annonce déséquilibré, alors que, pourtant, personne n’a pris de carton rouge du côté français.

        Le capitaine de l’équipe de France est le maréchal Bazaine, son homologue adverse est le maréchal von Moltke.
        Au coup de sifflet de l’arbitre (dont l’histoire n’a pas retenu le nom), la bataille commence.
        A la fin de la tuerie , on compte 12500 français hors de combat (dont 1100 tués) et 19200 allemands (dont 5000 morts). Aucun camp n’a une victoire nette et Bazaine doit se replier dans Metz.

        Toujours est-il qu’au cours de cette bataille, il est dit que les balles et les obus d’artillerie tombaient avec une telle densité, que les participants à cette petite boucherie en ont été très impressionnés, au point que, renforcé par le nombre très important de pertes (les hommes tombaient comme des mouches), notre expression en est née.

        Elle ne s’emploie pas que pour la pluie, mais aussi lorsque diverses choses (généralement non souhaitées) se succèdent rapidement, comme des statistiques indésirables, par exemple.
        http://www.expressio.fr/expressions/tomber-comme-a-gravelotte.php

    1. Ce qui est une escroquerie, c’est de présenter la chose comme vous le faites.

      Croyez vous que si l’on avait expliqué aux Grecs que lorsque leurs dirigeants ont emprunté, ils en arriveraient peu d’années après à perdre leur souveraineté, leurs terres et leur chemise, ils auraient crié : tant pis, on vote oui !

      voyez plus loin que votre rancoeur, votre horizon s’en trouvera grandi.

    2. La responsabilité est indissociable de la démocratie , et Montesquieu pour le premier et plus clair ,avait déjà souligné que dans un système où chaque individu vaut 1 dans la construction d’une opinion commune , la responsabilté est immense de penser non pas uniquement pour soi ( comme beaucoup le pensent implicitement dans leurs commentaires) , mais ,aussi et surtout ,en se mettant autant que possible , à la place de l’autre .

      C’est selon lui ( et moi ) la toute première signification de “responsabilité” : être en charge des autres en même temps que de soi .

      Le second sens de responsabilité , d’héritage anglo-saxon une fois de plus , est “se porter garant , réparer les dégâts dont on est cause “. C’est le sens qu’Albin privilégie assez naturellement selon ses inclinations . Ce sens n’est bien sûr pas étranger à la démocratie , et il découle très étroitement du premier .

      En mettant les choses dans le bon ordre la réponse à Albin est d’une simplicité biblique :

      En démocratie , la responsabilité des citoyens , au sens de payer les fautes ou rendre compte ( sinon gorge ) , est une évidence …pourvu que la démocratie ait été mise ” à contribution” dans l’expression des engagements pris dans un contrat clair entre parties de mêmes ….forces .

      Dès lors, le déclin de responsabilité peut être invoqué quand l’un des contractants est en position de monopole et d’abus de position dominante ( le marché tel qu’actuel pour faire court ) , ou que la procédure démocratique a été violée ( Le TCE ,ou l’absence de referendum dans la plupart des pays européens , ça vous rappelle quelque chose ).

      Et si l’invocation ne suffit pas , le rapport de forces est nécessaire pour remettre les yeux en face des trous , de ceux qui confondent les “lois du marché ou les ” lois naturelles” , avec l’histoire de l’humanité .

      Ou qui prétendent rédiger une constitution hors les citoyens sans même d’assemblée constituante et de referendum .

    3. Wikipédia :

      Tissu d’albineries.
      Un tissu d’albineries est un tissu de fibres artificielles grossières à trame lache et irrégulière.
      Il présente l’étonnante particularité de se rétracter spontanément comme peau de chagrins sous la seule influence de l’écoulement temporel jusqu’à sa disparition torale; à la condition expresse néanmoins d’être préservé absolument de toute agression simultanée de facteurs atmosphériques tels que l’humidité, la lumière du soleil ou encore le gel, chacun pouvant à lui seul provoquer l’auto-destruction du tissu d’albineries dans un très court laps de temps.

      Créé par hasard par la société Dupont de Nemours en 1934 (par le laboratoire de l’ingénieur en chef Albino Duroydec). Mais, ne présentant aucun intérêt industriel ou pratique d’aucune sorte, le tissu d’albineries fut essentiellement utilisé, très fugitivement, dans des petits objets publicitaires destinés aux enfants de moins de cinq ans et 125 semaines, puis sa production fut très vite abandonnée. [1].
      [1] Il fut également utilisé pour la fabrication du gadget appelé “Albinomagic” du numéro 777 du magazine Pif Gadget édité le 31 février 1968.

      1. C’est se référer à l’islamophie,
        autrement dit au racisme de l’UDC suisse (affaire minarets…)
        qui est indigne de ce blog.
        Sauf qu’il est bon de rappeler que la bête immonde rôde toujours,
        tant que le capital la nourrit.

      2. Comme vous y allez, Nerima kun ! “Dérision ad hominem” ? Grands dieux ! Pas même ! Tout au plus un aimable petit foutagedegueulibus ad personam, vous aurait dit le bon Schop (de binouze).

      3. @ Vigneron, 2 novembre 2011, à 15:52
        Encore et… encore… passage à tabac du scripteur qui a osé émettre un avis différent du vôtre.
        N’y aurait-il que les concepts policés (peau-lissée) ou qui vous siéent qui aient droit de cité ?
        C’est ainsi que vous concevez l’échange ? Ça fait avancer le schmilblick ?
        Mettre au service de tous votre immense culture plutôt que de la brandir comme une arme serait tellement plus productif…

      4. A Nerima ,

        Non là y’ a maldonne…
        C’ était drôle et pas méchant ni insultant.
        C’ était de la dérision.
        L’ insulte c’ est pas ça.
        Il faut rendre à César , ce qui est à César ….
        et à Rosalie ce qui est à Rosalie.

    4. @ ALBIN

      Si je suit votre raisonnement: ce serait le peuple, en cette affaire, qui serait responsable et coupable? Ou vous ais-je mal compris? Où voulez-vous en venir?

      1. Bruno @]
        Les marchands font partie du peuple qui est un tout.
        Il n’y a pas d’un coté les marchands et de l’autre le peuple.
        Sans les marchands pas de vie sociale.
        Opposer une classe à une autre est le propre du marxisme.
        C’est trop facile
        Le marxisme dans sa vision manichéenne est une “foutaise” dont on a vu et voit encore le résultat.
        Je partage les vues de Gustave Lebon.
        Et j’estime que ces vues vont bien au delà de celle de Paul Jorion dont je reprendrai à son sujet la notation qu’à l’école de guerre on a consigné sur le général De Gaulle: “de grandes qualités gâchées par son caractère”.

        1. Un marxiste fameux vous donne raison : “S’il y a une lutte des classes en Amérique, c’est manifestement la mienne qui est en train de gagner” (Warren Buffett).

          Merci pour le compliment (même si vous ne l’avez pas fait exprès).

      2. @ Albin

        Il n’y a pas d’un coté les marchands et de l’autre le peuple.
        Sans les marchands pas de vie sociale.

        Je pense que par “marchand”, vous confondez l’épicier du coin avec le grand financier. Ou pire, vous les assimilez.

      3. @Albin

        “Opposer une classe à une autre est le propre du marxisme.”

        Le problème n’est pas d’opposer une classe sociale à une autre mais de reconnaître les éventuelles divergences d’intérêts entre elles.
        Quand à la classe des rentiers (haute finance) … le problème n’est de s’opposer à elle!!!
        Le problème c’est de l’éliminer tout simplement (c’est difficile, mais on va y arriver)
        Le parasitisme n’a aucune légitimité.

      4. Oui, sauf que nous ne sommes pas uniment chacun bien rangé dans sa classe (déjà, Marx l’avait perçu qui disait que le dernier des prolétaires avait toujours la ressource de battre sa femme).

        Nous sommes des exploiteurs quand nous nous vêtons chinois ou vietnamien, quand nous tapotons sur des claviers malais, quand nous nous logeons Ikea avec des meubles faits par des adolescentes indiennes. C’est une vérité.

        Quand nous contractons une assurance-vie et l’alimentons (même un livret A finalement), nous participons, oh combien, du système !

        Ce capitalisme néo-libéral est d’une perversité diabolique (j’assume le terme) qui nous rend victimes et complices comme l’a rappelé Toutouadi devant le fil 45.
        Comment allons-nous pouvoir nous débarrasser de cette tunique de Nessus ? …il y va, en effet, de notre responsabilité la plus fondamentale.

        Car, oui, c’est avant et après tout, une crise de civilisation (fil 52). L’Europe, si déprimée, si attaquée dans la passe actuelle (éminent symbole que la Grèce !), a la chance d’être absolument, vitalement, clairement confrontée à cette impasse du sphynx. Cela emporte totalement le politique, l’économie politique, etc.

        Aucun autre continent (et surtout pas les USA, au logiciel fruste et failli) n’a cette “chance”, ha ha !

      5. ” sauf que nous ne sommes pas uniment chacun bien rangé dans sa classe”

        Absolument…

        Si la définition des classes sociales c’est la “stratégie” d’accès aux ressources
        y’a bien 3 classes sociales principales: rentiers, entrepreneurs, et classe à vocation salariale (dont ex lumpen prolétariat, chômeurs, retraités, malades etc…)

        et 3 classes économiques qui peuvent s’imbriquer avec les classes sociales: classe aisée, classe moyenne, classe défavorisée

        Un salarié peut faire parti de la classe aisé et un entrepreneur être pauvre comme job

      6. @Nerima-kun

        Ah! J’approuve.

        Un embryon de solution (car comment s’affranchir totalement d’un système aussi insinuant et pervers) est donné par les décroissants :
        – réduire sa consommation (ça, par la force des choses, plus d’argent-plus d’achat :-D)
        – privilégier le local, le bio et l’équitable.
        – privilégier le do-it-yourself, l’échange, la réparation, le troc plutôt que l’achat.

        Un embryon, un brimborion, un tout petit début, (pas facile en ville, pas à la portée de tous, ne résout pas tous les problèmes) mais quelle belle piste pour l’avenir.

    5. @ albin

      Vous avez raison. A bas la loi ! Vive la vertu ! Elle seule est en mesure de nous rendre responsable. Cultivons la morale, seule garante contre les débordements en tout genre ! D’ailleurs, tout le monde sait à quel point les marchands, empêtrés de qualités morales, sont vertueux et par voie de conséquence responsables. Les marchands sont des saints, c’est bien connu, et ce constat fait aujourd’hui consensus. Ils sont tellement vertueux que je continue à me demander à quoi servent toutes ces lois protectrices du travail. Leur sens aigu de la responsabilité excluant tout rapport de force, de quoi pourraient bien avoir peur leurs employés ou leurs sous-traitants ?

      Vraiment, je n’arrive pas à comprendre ces politiques qui, en vertu d’une irresponsabilité atavique, autorisent leur peuple à s’exprimer. C’est un déni de vertu et de responsabilité. Est-ce que les marchands demandent leur avis à leurs salariés ! Non. Alors sachons prendre exemple sur ces modèles de vertu et le monde s’en trouvera beaucoup mieux géré. Non mais des fois !

    6. Non, quel risque y a-t-il à ce que la démocratie corrompe l’argent alors que l’argent, lui, peut s’acheter la démocratie qui évidemment change instantanément de visage. L’argent n’est pas une vertu mais il occupe une place éminente dans le cycle marchand de nos sociétés.
      La simplification” les marchés ou les peuples” ne doit être effrayante ni pour les peuples ni pour les marchands. Si ce cas advenait ce serait sans aucun doute un problème.

    7. Albin, ” parce qu’il n’y a pas eu d’Europe politique que les marchands ont occupé un territoire sans lois”, et pourquoi pas “parce qu’ils ont vu de la lumière et qu’ils sont entrés” tant que vous y êtes?

    8. En effet, c’est parce qu’il n’y a pas eu d’Europe politique que les marchands ont occupé un territoire sans lois.

      Étonnante inversion de réalité. Il aurait fallu écrire : “C’est parce que les marchands voulaient un territoire sans loi qu’il n’y a pas eu d’Europe politique”. Ça s’appelle du lobbying et c’est basé sur les rapports de force, pas sur le sentiment moral de responsabilité. Ou si l’on veut : la force aux marchés, la responsabilité aux peuples.

      Se sentir responsable est un sentiment qui ne fait pas intervenir un rapport de force, mais une qualité morale

      D’accord avec vous. Rappelez donc ça à Mario Draghi la prochaine fois que vous le verrez, lui qui du temps qu’il émargeait chez Goldman Sachs, a si gracieusement aidé l’ancien gouvernement grec (de droite, donc responsable, forcément responsable! :-D) à magouiller les comptes de l’Etat pour en arriver à la situation actuelle.

      1. Pardonnez-moi Agnès, je vis au Japon et suis un peu infecté de bouddhisme (mal compris sans doute) : il y a cette image zen du drapeau dans le vent… c’est le vent qui bouge le drapeau ? ..c’est le drapeau qui bouge ? ..les deux vérités sont valides dans l’optique bouddhiste, mais relatives (dans l’absolu : rien ne bouge, “rien” “bouge” et “ne bouge”).

        Responsabilité des oppresseurs, des profiteurs, mais responsabilité aussi des opprimés, des spoliés, des victimes ! …oui, je sais, c’est inaudible… mais nous sommes tous dans le même bateau, la nef des fous, un certain ordre de réalité…

      2. @ Nerima-kun
        Si mes souvenirs sont justes, quand Hui Neng (alors en fuite mais je ne sais plus pourquoi) entendit les deux moinillons s’interroger sur le drapeau et le vent, Il leur dit :
        “Ce n’est ni le drapeau, ni le vent qui bouge, c’est votre esprit.”
        Je ne suis pas à ce point bouddhiste, encore moins zen.
        Tant que notre esprit bouge rien n’est perdu.
        Tant que nous pouvons faire le va et vient entre notre part de responsabilité (on le savait bien au fond, que ça ne pouvait pas fonctionner comme ça) d’hier et notre révolte d’aujourd’hui, nous sommes saufs.
        La base des plus belles arnaques, est de faire que le pigeon se sente complice.
        Les opprimés, les spoliés, les victimes peuvent (doivent ?) mesurer combien ils ont été floués. Mais ni responsables, ni coupables.
        Cela-dit, vous avez raison, tant que votre question restera inaudible, beaucoup se croiront sur le même bateau ivre que les escrocs du pont supérieur.

      3. Oui, c’est un kôan extrait de la Passe sans porte (Mumon-kan, en japonais) qui met en scène Hui-Neng (Eno, jp.) …belle momie : http://consciencesansobjet.blogspot.com/2011/02/huineng-houei-neng-ou-eno-6e-patriarche.html

        Mais …l’esprit… l’Esprit plutôt (ce n’est pas la raison discriminante, ce n’est pas le “je” qui pense et pense avoir un libre arbitre)… “shiki soku ze ku, ku soku ze shiki”, la forme, c’est le vide, le vide, c’est la forme… (Sûtra-Coeur : http://www.reikido-france.com/hannya.html).,

        La Vacuité anime, la Vacuité s’anime… exploiteurs et exploités sont consubstantiels, co-responsables de l’ordre (ou du désordre) du monde… Jésus disait autrement mais pareillement : “aimez-vous les uns les autres”. C’est scandaleux et inaudible.

      4. @ Nerima-kun.

        Bien sûr (je ne suis ni bouddhiste ni philosophe, notez bien ;-)) les responsabilités ne sont pas aussi nettes. Les peuples (nous) sont aussi coupables, si l’on veut, de s’être laissé aveugler par les promesses de vie facile, et manipuler par leurs gouvernements. Dans un cas d’escroquerie, si l’escroc est coupable de vol, le pigeon est coupable de naïveté et d’appât du gain.

        Mais la mode actuelle semble être de faire porter justement toute la responsabilité au pigeon (le peuple, qui “a vécu au dessus de ses moyens et blablabla”) et d’exonérer l’escroc (qui fait ce pour quoi il est fait : du profit). Quant à la Grèce (et bientôt à toute l’Europe), il ne s’agit plus maintenant d’escroquerie, mais quasiment d’extorsion de fonds et de pillage à main (du marché) armée.

        Le vent et le drapeau, c’est joli, c’est poétique, c’est zen, mais quand c’est l’ouragan qui détruit votre champ, peu importe si c’est le vent ou le champ qui bouge : dans les deux cas, c’est vous qui crèverez de faim. 😉

    9. “En effet, c’est parce qu’il n’y a pas eu d’Europe politique que les marchands ont occupé un territoire sans lois.”

      Non, non, je vous ai cité les propos de mon père au début des années 1950 : ils étaient aux manettes dès le premier jour.

      Ne jouez pas au doux rêveur, cher Albin : ça ne vous va pas !

      1. et s’ils étaient aux manettes dès le premier jour, à qui la faute ?
        En France en tout cas, de Gaulle avait mis les pendules à l’heure pendant ses mandats.
        Et si vous parlez publiquement des appréciations de votre père, je vous parlerai en privé des conditions dans lesquelles Mme de Gaulle a fait le choix du” marchand” en charge de vendre ses forêts. Source: l’interlocuteur qui me l’avait rapporté.

      2. Monsieur P. Jorion,
        Si vous utilisiez dans vos analyses la théorie de Gustave Lebon, vous verriez qu’elle met en oeuvre dans son bon coté la communication non violente telle que formalisée par Marshal Rosenberg.
        Je préfère cette façon de communiquer.
        De plus, concernant la citation de W. Buffet, je crois qu’elle commence par un “S’IL y a”
        Grande différence de nuance du conditionnel avec l’indicatif

      3. @Albin :

        La communication n’est qu’une des quatre parties des organisations vivantes . Elle traite des langages , des personnes , des motivations et comportements individuels.

        Elle est condition , mais non pas fin de l’organisation , qui lui adjoint :

        – un niveau de gestion par la loi , les objectifs , les ressources , les comportements opérationnels ,

        – un niveau d’unification , de cultures , qui rassemble les buts et comportements collectifs .

        Les trois niveaux sont d’ailleurs sous tendus par un socle “alimentaire” qui définit de façon explicite ou le plus souvent reptilienne , les produits et comportements “basiques” .

        Les ” marchands” sont effectivement très à l’aise dans ” l”alimentaire” et la ” communication”.

        Mais ça n’est que le rapport de forces démocratique , selon la définition de Démocratie par Paul Ricoeur , qui peut assurer les deux niveaux de gestion et d’unification de façon satisfaisante et ainsi boucler le projet de vie de l’organisme vivant autonome .

        Le marché n’est pas le projet .

        Le rapport de forces démocratique n’est pas une fin en soi .

        C’est la démocratie en tant qu’elle “civilise” le rapport de forces ( niveaux gestion et unification ), tout en connaissant des niveaux alimentaire et communication , qui autorise le projet qui est la fin .

        Marchands , oligarques ,doctrinaires de toutes obédience ou religions , juristes bornés , ignares bêlants , professeurs nimbus , assoifés de tendresse , de temps , d’informations ou de “valeurs” , sur-protecteurs , petits protégés , emmerdeurs ou traîneurs , gourous ou disciples , dictateurs ou francs tireurs , inhibés ,agités ,rigoristes ou violents , angoissés , frustrés , déçus , bringueurs , misérabilistes , inertes , positivistes ou agressifs ( Ouf !!…)

        doivent s’y faire , s’ils veulent survivre , et devenir :

        affectueux ,écoutés , références , considérés ,coopérants , stimulateurs , managers , leaders , protecteurs , créatifs , professionnels , , juges ou héros , rassembleurs , joueurs, rigoureux , réalistes , décideurs , originaux …( Ouif !!…) selon leurs propres principales inclinations , dans un organisme cohérent qui le permet .

      4. @ Paul Jorion : ne vous laissez pas perdre de temps avec ces attrapes-nigauds, vous avez bien mieux à faire que courir le troll 🙂 Et bravo pour cette video pleine d’énergie.

    10. @ ALBIN 2 novembre 2011 à 14:55
      Courage ! Vous n’êtes pas le seul à en appeler aux responsabilités individuelles, pour qu’elles deviennent collectives et se confortent les unes les autres. http://www.pauljorion.com/blog/?p=30265#comment-248736

      Mettre en avant les solutions du collectif, sans avoir fait ce travail préalable de manière généralisée, c’est précipiter tout le monde vers la culpabilisation de quelqu’un d’autre pour repousser le moment de l’effort. Le plus payant, le moins humiliant, le plus facilement supportable, est l’effort que l’on fait sur soi, qui sert d’exemple et qui est communicatif.

      Certains peuples l’ont compris. Ils travaillent beaucoup et consomment peu, ce qui conduit les autres à se déclasser d’eux-mêmes.

      Car personne en France, par exemple, oblige à acheter allemand ou chinois, lesquels autant que je sache, ne sont pas ceux qui nous fournissent les produits de première nécessité. Non, ces peuples courageux ,nous fournissent des exemples de comportement qui s’imposent aux habitants d’une planète aux ressources limitées. Il vaut mieux citer ces derniers en exemple, plutôt que les Grecs qui, me semblent ils, ne peuvent servir d’exemple ni au plan individuel, ni au plan de leur comportement dans notre communauté européenne.

      Le cas grec, et le cas d’un mauvais élève sanctionné par les marchés, lesquels jugent du bon comportement des peuples sur notre planète limitée. Si l’Europe s’aligne sur le dernier de la classe, les autres continents la laisseront s’enfoncer et poursuivront leur vie en la laissant végéter. Pour les peuples d’Europe c’est l’heure des choix. Veulent-ils se ranger aux côtés des vertueux ou des autres ?

      1. Il vaut mieux citer ces derniers en exemple, plutôt que les Grecs qui, me semblent ils, ne peuvent servir d’exemple ni au plan individuel, ni au plan de leur comportement dans notre communauté européenne.
        Ce sont des propos qui ont un désagréable parfum des années 40.
        A Vichy le maréchal tenait le même type de discours, les Allemands vertueux et travailleurs méritaient bien la victoire face aux Français paresseux, indisciplinés et gangrénés par les idées du front populaire, il fallait donc s’inspirer de l’exemple germanique pour la sinistre “révolution nationale”.
        Une telle résurgence du passé est hallucinante.

      2. On l’attendait tous.
        Pas de Laurel sans Hardy…
        J’en ris encore.
        JduCAC 40 vient naturellement au secours des marchands.
        Après le tissu d’Albineries,voici le chant du ci gît caduque.

      3. @ jducac

        Vous n’en ratez pas une, vous ! Jducac 40 vous sied à merveille.

        les marchés, lesquels jugent du bon comportement des peuples sur notre planète limitée

        Au nom de quoi les marchés seraient-ils autorisés à juger du bon comportement des peuples ? Ils n’en ont ni la légitimité et encore moins la compétence quand on sait que leur aveuglement et leur seule cupidité ont fait le lit de la crise des subprimes et de la crise systémique de 2008 qui s’en est ensuivie. Ils se foutent comme d’une guigne du bon ou du mauvais comportement d’un peuple, leurs seuls intérêts se limitant à leurs petits profits à court terme.

        Avant d’accuser le peuple grec de tous les maux, vous devriez peut-être vous poser la question de la propre responsabilité des marchés et plus largement de la finance (notamment Goldmann Sachs) dans la déconfiture de la Grèce et vous poser aussi cette autre question : comment se fait-il que selon vos critères, le moins bon élève que sont les Etats-Unis (gros consommateur en tout et déficit commercial quasi-permanent depuis 50 ans), ne connaissent pas les mêmes déboires de la part des marchés, si lucides et si vertueux selon vous?.

        Penser que les marchés puissent être les mieux placés pour juger du comportement d’un peuple révèle non seulement un ” économisme” primaire, mais aussi une morale plus que douteuse.

        CDLT

      4. @ argeles39 2 novembre 2011 à 18:35

        Ce sont des propos qui ont un désagréable parfum des années 40.

        Je vous fais remarquer que dans les « derniers cités » il a certes les Allemands, mais aussi les Chinois.
        Pourquoi ne retenez-vous que celui des deux peuples qui vous permet de polluer le débat, en faisant un retour en arrière de 70 ans ? Parce que vous n’avez pas d’argument à opposer ? Parce que vous ne voulez pas entendre une vérité qui dérange ?
        Qu’est-ce que vous pourriez raconter au sujet des Chinois, également cités en exemple parce qu’ils travaillent beaucoup et consomment peu ?

        Que vous préférez consommer beaucoup et travailler peu. ?

        Savez-vous que les Grecs se fournissent en ail en Chine (déclaration faite ce soir, dans l’émission C dans l’air, par une journaliste Grecque). Il faut quand même s’interroger.
        C’est vrai que lorsqu’on refuse le moindre effort d’analyse et de réflexion, il est plus facile de botter en touche avec une histoire de Vichy et des années 40.

      5. @ FOD 2 novembre 2011 à 19:12

        Au nom de quoi les marchés seraient-ils autorisés à juger du bon comportement des peuples ?

        Bonjour cher FOD, vous êtes en train de vous fourvoyer. Changez de registre !

        Je ne voudrais surtout pas vous fâcher, mais si au lieu vous laisser aller à de l’ironie et au sarcasme sur mon pseudo, vous réfléchissiez un peu plus, vous ne poseriez pas ce type de question. Mais, parce qu’au fond je vous aime bien, et que ça peut vous rendre service, je vais vous donner ma réponse.

        Les marchés jugent du bon comportement des peuples, parce qu’ils passent des marchés avec ceux qui sollicitent leur aide.

        Vous qui ne voyez les relations entre les hommes que sous forme de lutte et de rapport de forces vous voyez bien que certains pays ont une situation qui, grâce à leur travail, les place plus près de la tête que de la queue de peloton. Souvenez vous, je me suis appliqué à faire comprendre que tête, cap, capital, vie, sont des mots qui se rejoignent par leur étymologie : http://www.cnrtl.fr/etymologie/capital

        Les pays qui sont les plus près de la tête des classements que font les marchés, sont ceux qui présentent le plus de vitalité, le plus de ressources, le plus de sérieux, qui sont les moins apathiques, les plus dynamiques, tous éléments qui leurs donnent les meilleures chances de rester dans la course et qui donnent CONFIANCE. Ce sont les pays auxquels les marchés pensent pouvoir se fier et se lier pour faire une marche commune vers le futur.

        Pour les marchés, c’est-à-dire pour l’ensemble des détenteurs de capitaux, il est certain qu’ils courent moins de risques à prêter à ceux qui sont déjà peu endettés qu’à ceux qui se sont laissés aller au surendettement, surtout s’Ils l’ont fait dans le seul but de consommer.

        De fait ceux qui disposent de capitaux, qu’ils soient issus du capitalisme, du communisme, du socialisme ou autre, sont ceux qui, en moyenne, sur le long terme, dépensent moins que ce qu’ils gagnent et accumulent ainsi des réserves. Ce sont ceux qui, au lieu de se complaire dans les délices qu’ils pourraient s’offrir dans le présent, préfèrent se projeter dans le futur en accumulant des ressources pour ce faire. Ils se donnent ainsi la possibilité de faire vivre le futur à leurs propres descendants, mais aussi à une part de l’humanité qui leur sera associée. Ils rendent donc possible l’évolution de ceux qui sont capables de la provoquer et de la suivre sans être trop déclassés.

        Les lignées et les civilisations qui ne sont pas capables de se projeter dans le futur parce qu’elles sont dans l’impossibilité de conserver un capital minimum, des ressources physiques et morales suffisantes pour participer à la progression, sont vouées à l’extinction. C’est probablement ce qui est arrivé à l’homme de Néanderthal et à toutes les civilisations qui ont disparu parce qu’elles ne disposaient plus de suffisamment de ressources pour assurer leur lendemain.

        Comme je l’ai déjà expliqué avec la robinsonnade et avec la mise en parallèle des attitudes d’épargne et d’accumulation dans les régimes capitalistes et communistes, la capitalisation est le processus naturel qui est à la base de notre évolution /sélection. C’est ce qui amène à rassembler près des têtes qui portent leur attention au plus loin dans le temps, les ressources permettant d’y progresser.

        Qui sera la tête de l’humanité pour la prochaine séquence ? L’Amérique, l’Europe, L’Asie ? Cela se joue en ce moment. Pas de doute, ceux qui ont le handicap de la dette à supporter pendant la course, ne sont pas ceux qui se sont donné les meilleures chances de la gagner.

        Bien cordialement.

      6. @ Cher Professeur Jducac

        J’avais oublié que vous étiez le seul ici à réfléchir et à détenir la sainte vérité, et je vous remercie ou plutôt, je m’agenouille devant votre souci de me rendre service en m’éclairant de vos augustes analyses.

        Devant une argumentation aussi imparable, l’élève que je suis s’incline devant le Maître des évidences. Je ne voudrais pas vous fâcher non plus, mais tout est si facile dans votre monde que l’on se demande pourquoi toutes ces évidences ne sautent pas aux yeux et pourquoi tant de commentateurs regimbent devant vos analyses. Il n’y aurait donc que des mécréants et des sales hérétiques sur ce blog ? En ce qui me concerne, je peux vous assurer que je serai dorénavant votre plus indéfectible et dévoué disciple.

        Par exemple, je dois reconnaître la force de votre argument quand vous dites que ceux qui dépensent moins que ce qu’ils gagnent peuvent accumuler des réserves. Sauf qu’entre celui qui gagne beaucoup et celui qui gagne juste de quoi vivre décemment, la problématique de l’épargne ne se pose pas dans les mêmes termes. Mais il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que seuls les détenteurs de capitaux savent quelle est la valeur de l’argent et ont le souci d’épargner pour l’avenir. Les autres sont tous des consommateurs inconscients qui arrivent bon an mal an à épargner, en France, 16% de leurs revenus alors qu’ils pourraient le doubler en se mettant au pain sec et à l’eau. Que ne le font-ils pas ? Tous des irresponsables incapables de s’adapter aux douces lois du marché et à la concurrence salvatrice du libre-échange.

        Quant aux marchés, il faut savoir leur reconnaître une intelligence aiguë des situations. Poussés par leur grand sens moral et la vertu chevillée au corps, il serait incongru de penser que leurs actions puissent être mues par la seule recherche du profit à court terme. Billevesées que tout cela. Non bien au contraire ! Ils pensent au long terme et au seul confort des peuples et à leur bien-être, et récompensent les bons élèves, ceux qui répondront à leurs attentes en leur garantissant un bon retour sur investissement et en remplissant leurs poches de monnaies bien sonnantes et trébuchantes. Leur confiance est proportionnelle à la capacité de servitude productive des peuples qu’ils aident miséricordieusement par leurs oboles financières. Tout cela est beau, bon et juste. Penser le contraire serait criminel. Franchement, c’est quoi ses idées de justice sociale ou de meilleure répartition des richesses ? C’est absolument incroyable de voir tous ces gens, complètement irresponsables, incapables d’épargner, proférer de telles demandes ineptes. Ils sont si aveuglés par leur idéologie de gauchiste qu’ils en sont incapables de comprendre que leur salut viendra de la poche de nos chers détenteurs de capitaux dont le seul objectif – croix d’bois, croix d’fer, si j’mens, j’vais en enfer – est le bonheur des peuples. Seuls les marchés peuvent déterminés ce qui est bon pour nous. Ainsi, tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes, n’est-ce pas Professeur Jducac alias le Pangloss des temps modernes ?

        Par contre, il faudra que vous m’expliquiez, cher Maître, comment d’une part, vous pouvez me reprocher de tout voir « sous forme de lutte et de rapports de force », alors même que j’ai fait ici, en réponse à certains de vos propos qui faisaient l’apologie du darwinisme social – très noble théorie, en vérité, sur laquelle je me suis complètement fourvoyé. Mea culpa, mea maxima culpa ! -, des dizaines de commentaires sur la nécessité de la coopération, et comment d’autre part, vous pouvez évoquer dans la même phrase l’idée d’un classement entre pays qui sous-entend une compétitivité effrénée et une lutte pour les meilleures places sous la douce et juste férule des critères imposés par les saints marchés ? Vos réponses étant toujours d’une haute cohérence, je ne doute pas un instant de la qualité de votre réponse qui illuminera ma propre façon de percevoir la réalité que vous êtes le seul ici à cerner avec une vive acuité.

        Je finirais par un compliment. Bravo pour votre analyse de l’extinction de l’homme de Néanderthal. C’était probablement des grosses feignasses qui n’en foutaient pas une rame et se vautraient, comme des cochons dans leur fumier, dans une orgie consumériste. Ils n’ont eu que ce qu’ils méritaient. Les premiers capitalistes Homo Sapiens ont eu leur peau et c’est bien fait pour eux. Devant une explication aussi lumineuse, je vous recommande de la proposer comme futur sujet pour une conférence au Collège de France. Je suis certain qu’avec vous, le monde aura découvert son nouveau Galilée.

        Votre élève très dévoué.

      7. @ FOD 3 novembre 2011 à 11:58

        En ce qui me concerne, je peux vous assurer que je serai dorénavant votre plus indéfectible et dévoué disciple.

        Bonjour FOD,

        Vous me voyez ravi de la décision que vous venez de prendre. Si en plus vous suivez ce que je recommande ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=30393#comment-250335
        Cela devrait vous donner toutes les chances de vous éloigner de la haine et de vivre plus heureux. Surtout, cherchez à bien comprendre les autres au lieu de les condamner trop rapidement.

        Bien cordialement.

    11. Quelle est la responsabilité du troupeau? A t-il eu son mot à dire dans les décisions prises en son nom par les bergers de bruxelles?
      Lorsque, par erreur, on lui a demandé son avis, croyant sans doute qu’il allait s’exprimer dans le sens pré-défini pour lui par les zélites, on n’a pas daigné l’écouter et on a passé en force les décisions qu’il venait de rejeter.

      Et vous venez nous parler de “responsabilité”? de qualité morale?

      Il n’y a pas eu d’europe politique parce que les “marchands” n’en ont pas voulu. Il s’agissait de créer un grand marché, pas un espace pour les peuples. Chaque fois que les peuples ont voulu revendiquer une autre europe, on a lâcher les robocops.
      Alors pour les leçons de morale…

      1. j’avoue que tous ces débats me dépassent un peu vue leur complexité . mais personnellement, je m’en tiens au fait qu’on a Toujours ôté la responsabilité d’un côté et culpabilisé de l’autre . c’est quand même un peu fort de café cette faculté de tenter, de priver, et forcément de faire payer le prix , bref de soumettre.
        celui qui voudrait aller au bout de sa responsabilité risque nécessairement sa vie, ou de n’être rien dans ce bal social . c’est pour ça que le monde est esclave , ou remplis de compromis . douteux , foireux , ou assassins carrément . Même De Gaulle n’y a pas échappé avec l’affaire des compagnies pétrolières , et du Biafra . Sinon, il pouvait dégager .
        pouvait il demander aux français de renoncer au rêve automobile, et à la soit-disant indépendance énergétique ? ( ou autre chose que j’ignore )
        suis-je peut-être hors sujet ?
        qui gouverne en ce monde ? les désirs collectifs y sont ils pour rien ?
        et puis, au bout du compte je me demande, si ce n’est pas l’ordre moral qui fait la loi . les lois n’étant que des succédanés de celle ci , parce qu’elle chapeaute le tout .
        bref, le pire , c’est un “bien” imposé et non enseigné, montré , indiqué , et sur lequel on fait ses choix ou construit sa vie .
        dès qu’il y a imposition, il y a ruse et contournement , ou révolte .
        mais pour l’ensemble il y a dégradation dans tous les bilans . ce qui débouche sur la récurrence des conflits .

        les vertueux ? non mais , pour qui qu’ils se prennent .

    12. Albin: « En effet, c’est parce qu’il n’y a pas eu d’Europe politique que les marchands ont occupé un territoire sans lois. »
      Le CNR: « Les Alliés doivent abandonner leur projet d’administrer eux-mêmes la France au fur et à mesure de sa libération. »

      Après la seconde guerre mondiale on a eu, à défaut d’un d’état fédéral démocratique, un compromisqu’on peut juger acceptable parce qu’il a évité une domination plus directe des Etats Unis sur l’Europe.
      Les circonstances dans lesquelles ce compromis a été mise en place étaient très contraignantes:
      – aucun désir de fédéralisme dans les nations européennes, beaucoup étant engagés dans des guerres coloniales et/ou gouvernées par des dictatures militaires nationalistes
      – deux guerres mondiales dans un intervalle de 30 ans, les tentatives pour éviter ces guerres ayant toutes échoué (les gauches européennes du temps de Jaures, les pacifistes et la SDN entre les deux guerres)
      – plan Marshal octroyé par les Etats Unis mais combattu en France et dans l’Europe du sud par des partis communistes puissants favorables à l’URSS
      – OTAN mis en place en face de la menace militaire de l’URSS, réarmement de l’Allemagne exigé par les Etats Unis, refus de la France de ratifier la Communauté Européenne de Défense (CED)

      Des années plus tard, dans un contexte très différent après l’effondrement de l’URSS, les accords sur l’euro on servi de prétexte aux gouvernements pour aligner la politique économique des pays de l’Eurozone sur un modèle néo-libéral que beaucoup de ces gouvernements auraient été bien incapables d’y faire adopter démocratiquement de manière durable et explicite.

      Dans un grand nombre de pays d’Europe (en particulier les pays du sud – France comprise) le modèle économique néo-libéral qui a servi de base à la monnaie commune n’est pas compatible avec la démocratie.

  4. butiné sur “contreinfo”, ben il est optimiste, Krugman!
    “La question en cet instant est de savoir comment se jouera l’acte final. À ce stade je prévois une flambée des taux sur la dette italienne, conduisant à une panique bancaire gigantesque, en raison de craintes de solvabilité sur les banques italiennes en cas de défaut et devant la peur que l’Italie ne finisse par quitter l’euro. Cela conduit alors à une fermeture en urgence des banques, puis, après cela, une décision d’abandonner l’euro et de mettre en place une nouvelle Lire.

    Prochain épisode, la France.”

    NDR: Dieu merci, nous avons Nicolas 1°, sauveur du monde…

  5. La défiance envers les dirigeants politiques en hausse

    Pascal Perrineau, directeur du Cevipof,  n’hésite pas à parler de “société de défiance”. Il en mesure l’ampleur à travers l’utilisation des mots “méfiance” (+7 points par rapport à décembre 2009), “lassitude” (+9 points), “morosité” (+5 points) et à travers la dégradation de l’image des figures politiques. Hormis le maire, en qui 54% des français ont confiance, aucun personnage politique ne dépasse la barre des 50% et tous chutent par rapport à décembre 2009. Le maire perd 9 points, le député 10 points, le premier ministre 5 points, le président de la République 5 points.

    60% des français pensent que la démocratie ne fonctionne pas bien (+12 points par rapport à décembre 2009) et 69% jugent les hommes politiques plutôt corrompus (+5 points par rapport à décembre 2010). “La conjoncture qui charrie constamment son lot d’affaires et de rumeurs ne contribue pas à redorer l’image de la représentation politique”, explique Pascal Perrineau .

    1. Pour redorer l’image de la représentation politique, il faudra au moins faire fondre tout l’or du monde.

    2. Pour mémoire : Les partis se vident, la particratie reste

      Le 22 février, le Standaard publiait un graphique fort intéressant. Résumant les recherches d’Ellen Quintelier, jeune politologue à Leuven, ce graphique montrait l’évolution de l’affiliation à un parti politique en Flandre entre 1980 et 2009. Les chiffres étaient tout à fait spectaculaires. En moins de trente ans, les chrétiens-démocrates ont vu diminuer leurs membres de 140.000 à 70.000. Les socialistes, eux aussi, ont perdu la moitié de leurs adhérents : de 120.000 à 60.000. Les libéraux flamands sont tombés de 83.000, à leur apogée en 1994, à moins de 65.000. A part la N-VA, tous les autres partis, de Groen au Vlaams Belang, ont dû encaisser des pertes très sérieuses, quelle que soit leur idéologie. Bien que la N-VA ait vu pousser le nombre de ses affiliés de 10.000 en 2002 jusqu’à 16.000 fin 2010, Ellen Quintelier remarquait que le parti est toujours très loin de la popularité de la Volksunie, qui comptait plus de 50.000 membres dans les années quatre-vingt.

      Côté francophone, la tendance est similaire. Emilie van Haute, de l’ULB, a bien voulu me fournir des données quantitatives. Comme en Flandre, les grandes familles politiques ont été pratiquement réduites de moitié. Le PS : 170.000 membres en 1981, 90.000 aujourd’hui. Le CDH : presque 60.000 en 1980, moins de 30.000 à l’heure actuelle. Les libéraux : de 55.000 à 30.000.

      1. La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.

        Vu par d’autres, ça pourrait se formuler :
        “La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui ne regarde que moi.”

    3. Le bon maire de famille a encore la cote… Attendez vous à voir rappliquer Morlie et son “territotalitarisme”…
      “Tous des putes sauf mon maire !” Qu’y disent les zadministrés qui savent ouïr en bons concitoyens… (pas vrai Mamère ?)

    4. Merci Paul
      Ce sondage m’avait aussi beaucoup frappé.
      Les politiciens font profession de servir la ploutocratie.
      La vérité éclate dans la crise.
      J’imagine qu’en Grèce, la méfiance est encore plus forte.

      Et elle monte aux Etats-Unis.
      Dans cette vidéo qui donne la mesure de l’indigation massive,
      Michael Moore cite des sondages révélateur, et dit en conclusion
      que le mouvement ne veut pas voir de politicien.
      C’est un gage d’indépendance par rapport aux banskters, donc de réussite.
      http://www.youtube.com/watch?v=cGUOZgKjlbU&feature=player_embedded

  6. Vigneron, ton style à toi est bien meilleur que quand tu te lances dans du pseudo-Céline.
    La misère à Paris, on la voit, il y a eu une petite accélération sous Sarko, rien d’étonnant, mais quand une société est incapable de donner du travail ou une occupation et un logement à une femme de 38 ans (il n’y a pas assez d’enfants analphabètes ou désoeuvrés? pas assez de vieux isolés?) elle ne doit plus ensuite s’étonner de rien. Contrairement aux anti-EU je pense que seule l’EU pourra imposer des salaires et loyers plafonnés. Une partie de la gabegie, celle des mélangeurs sur tous les robinets, nous obligeant à faire couler 10 fois plus d’eau qu’on en a besoin, ou celle des positions veilles sur les appareils électriques, ce n’est pas l’EU qui l’a imposée. En revanche, il me semble que seul le diktat de l’EU pourra nous en faire sortir.

  7. Krugman annonce le “crépuscule de l’euro” : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3124
    la Grèce antique avait des esclaves, nous avons des machines et la Chine, les citoyens européens sont désœuvrés ; qui sera le nouveau Wagner pour nous consoler de cette tragédie ?
    si la souffrance de l’Europe est allemande, elle ne doit pas durer 1000 ans !
    sinon chez vous c’est dans les gènes ; respect à vos ancêtres.

    1. Sursum Boumboum sur le coup de l’euro ? Aïe ! J’ai les oreilles qui suppurent ! Comme Samson François avec le piano de Brahms !

      Offenbach, la Grande-Duchesse et son amour des militaires, oui !

      « Errons par-dessus les nuages, haranguons l’infini, plaçons autour de nous les grands symboles ! »

      Reste la question cruciale : qui dans le rôle du général Boum ? Alberich, le nabot cagneux, ou sainte Responsabilité, la vertu montée sur pattes ?

      « Vous aimez le danger, le péril vous attire, mais vous baiserez votre foutoir… »

  8. Un peu ambigu le George :

    “C’est vous qui allez décider de l’avenir du pays. Vous allez choisir si vous voulez que la Grèce reste dans l’euro ou retourne à la drachme. Mais je vous avertis, si vous ne faites pas le choix d’une politique audacieuse, le pays ira à la guerre civile”

    Si c’est non, c’est la guerre, donc pas le choix, votez oui.

    C’est l’argument sorti à chaque fois pour vendre l’UE depuis des décennies, de la droite et de la gauche.

    Le double discours du vous pouvez voter, du cause toujours et on fera comme on veut.

  9. Par Jacques Rosselin, directeur de la rédaction de La Tribune.

    La Grèce-berceau-mondial-de-la-démocratie se devait de nous rappeler que les peuples peuvent de temps à autre avoir leur mot à dire, par exemple sur leur appartenance à la zone euro, puisque c’est bien cela qui est en jeu dans le cas d’un “non” au référendum proposé par Georges Papandréou.

    dit comme cela, si cela se révèle exact, vous démontre toute le perversité du procédé.

    de m^me que les tenants su NON au dernier traité ont été traité d’anti-Europe

    Où l’art de détruire la salle de bain, parce que l’eau de la baignoire est sale!

  10. Supposons que ce référendum ait lieu.
    Si les Grecs votent “oui”, et si l’usine à gaz fonctionne, ils obtiennent le droit d’étouffer économiquement une petite vingtaine d’années, plus si affinités.
    S’ils votent “non”, ils gagnent la possibilité de couler en quelques semaines vers le niveau de vie du Kosovar moyen.
    La belle affaire de donner la parole au peuple quand tout est dit !
    Et en plus, ils n’auront à s’en prendre qu’à eux-mêmes, ce sera leur choix !!!
    Qui, pour une fois, sera respecté…

    1. …raccourci épatant !

      …qui rejoint ce que je disais plus haut sur le système qui nous rend victime ET agresseur…et toujours, toujours, responsables !

      Pour reprendre un mot grec qui m’avait fasciné, enfant : “héautontimorouménos” , le bourreau de soi-même !

      (voir Térence via Baudelaire)

  11. Et si tout ça faisait partie de la “Stratégie du choc” selon Naomi Klein?
    La Grèce sort de l’Euro, et patatra… pour elle et les autres…
    ou bien c’est le chaos en Grèce si elle y reste, car si le referendum n’a pas lieu, le choix aura été proposé au peuple, on pouvait dire non et on nous l’a retiré.

      1. Sauf que l’ISDA a annoncé le 27 octobre dernier que, que la Hair Cut de 50% sur les obligations Grecques détenues par les banques ne serait pas déclencheur d'”événements de crédit”. Autrement dit, que ces cds ne valent pas un clou…

        Conséquence, lundi, en même temps que l’annonce du référendum : la faillite de MF Global et la chute des bourses…

  12. Avec les Grecs, contre l’Europe des banquiers, pour une Europe des travailleurs
    Europe : un accord contre les peuples
    http://www.npa2009.org/content/europe-un-accord-contre-les-peuples
    Extrait

    Les traités actuels sont un cadre à la fois ébranlé par la crise et inapte à permettre une Europe sociale et écologique. Il faut construire une autre Europe sans les traités de Maastricht et Lisbonne. Cela passe notamment par les mesures suivantes :
    – contrôle strict des mouvements de capitaux (si possible au niveau européen, à défaut au niveau des États qui en seront d’accord).
    – Arrêt du recours des États aux marchés financiers. Réforme fiscale qui en finisse avec les avantages des riches et des grandes entreprises afin de dégager des ressources supplémentaires. Suppression des règles interdisant le financement des déficits par la Banque centrale.
    – Mettre les banques au service d’une politique de transformation sociale et écologique. Nationalisation intégrale du système bancaire sans indemnité ni rachat et instauration d’un contrôle social et démocratique sur leur fonctionnement.
    – Moratoire immédiat du paiement de la dette (intérêt et principal) de l’État, prélude à une annulation de la dette illégitime.
    – Fixation d’un Smic dans tous les pays européens.
    – Services publics européens, d’abord dans les transports et l’énergie.

  13. Avec les Grecs, propositions concrètes pour une autre Europe
    http://www.npa2009.org/content/europe-un-accord-contre-les-peuples
    Extrait :
    Les traités actuels sont un cadre à la fois ébranlé par la crise et inapte à permettre une Europe sociale et écologique. Il faut construire une autre Europe sans les traités de Maastricht et Lisbonne. Cela passe notamment par les mesures suivantes :
    – contrôle strict des mouvements de capitaux (si possible au niveau européen, à défaut au niveau des États qui en seront d’accord).
    – Arrêt du recours des États aux marchés financiers. Réforme fiscale qui en finisse avec les avantages des riches et des grandes entreprises afin de dégager des ressources supplémentaires. Suppression des règles interdisant le financement des déficits par la Banque centrale.
    – Mettre les banques au service d’une politique de transformation sociale et écologique. Nationalisation intégrale du système bancaire sans indemnité ni rachat et instauration d’un contrôle social et démocratique sur leur fonctionnement.
    – Moratoire immédiat du paiement de la dette (intérêt et principal) de l’État, prélude à une annulation de la dette illégitime.
    – Fixation d’un Smic dans tous les pays européens.
    – Services publics européens, d’abord dans les transports et l’énergie.

    1. Voilà une excellente base de discussion ! J’imagine la tête de Berlusconi quand le référendum italien deviendra d’actualité.

    2. Et on pourrait ajouter :
      – Interdiction aux grands groupes industriels et/ou financiers de posséder des média écrits ou télévisuels.

  14. M. Jorion,

    la lecture (et le visionnage) de votre blog est une vraie bouffée d’air pur dans ce brouillard mal odorant et obscurcissant qui est entretenu par la nuage médiatique ambiant… j’ai eu l’occasion d’écouter pas mal les infos aujourd’hui sur France Inter et France Info, à croire qu’il fallait faire passer un message direct de l’Elysée aux petits citoyens que nous sommes : “la Bombe de Papandréou” est sortie dans un titre sur FI je crois… en même temps que l’incendie “volontaire” du Charlie, cela avait quelque chose d’affriolant (surtout sur la radio de M. Val, bref je m’éloigne). Ce qui est assez cinglant, c’est que la fracture qui avait été dénoncée au moment du référendum de 2005 entre les média dominants et les citoyens semblent resurgirent, est-ce la preuve que les fractures de cette période n’ont jamais cicatrisées ? Je ne pense pas que M. Papendréou fasse ce référendum par simple faveur démocratique, il y a aussi des raisons plus personnelles ou en tout cas partisane, mais quel autre gouvernement européen oserait aujourd’hui le faire dans le marasme actuel, avec toute la bêtise et les discours à la méthode Coué qu’on nous sert depuis des mois ? Alors peut-être que le peuple grec est mis au pied du mur avec des avenirs possibles sombres, mais sa voix se fera entendre et ouvrira peut-être une brèche dans cette Europe des marchands.

  15. Tout dépend du point de vue

    Vu de chez nous émanent, venant du peuple, des réactions d’enthousiasme à l’annonce de ce référendum.
    Vu depuis le peuple grec il semble que l’on soit moins enthousiaste, et que l’on flaire le piège.

    Effectivement si c’est le OUI qui l’emporte, les grecs s’imposent une punition pour 20 ans.
    Si c’est NON ils seront rendus responsables des éventuels cataclysmes économiques qui s’en suivront.

    C’est un jeu perdant-perdant, un jeu de con en fait: élections pièges à cons

    Les différents référendums de ces dernières années l’ont bien montré, dans cette Europe l’expression directe des peuples est malvenue. Elle est perçue chaque fois comme l’intrusion d’un chien dans un jeu de quilles.
    Cette construction étant par définition inter-étatique seuls les représentants des Etats sont qualifiés pour négocier des traités et décider pour nous. Les peuples doivent rester à leur place qui est d’élire ces représentants.
    L’exercice de la démocratie dans ce contexte s’arrête aux portes des nations et encore. Au delà pas de peuple européen, donc pas d’exercice direct possible de la démocratie même au sens de la démocratie représentative. Le parlement européen est bien élu directement, mais son pouvoir reste très limité.
    C’est un problème majeur, car dans les cadres nationaux les questions européennes sont toujours esquivées lors des grands rendez-vous électoraux.
    Or les citoyens sont impactés dans leur vie quotidienne par les décisions prises à Bruxelles, mais n’ont aucun droit au chapitre.
    Pire les représentants nationaux se dédouanent des décisions impopulaires en rejetant la faute sur l’échelon européen. D’où la schizophrénie ambiante et le malaise grandissant…
    Les pères fondateurs ont voulu privilégier l’économie pour faire l’Europe, ils auraient peut-être dû penser à la faire aussi par la culture, pour faire émerger un espace public européen, qui seul pourrait permettre à une démocratie européenne d’émerger elle aussi.

  16. lLes masques tombent : les médias nous ont asséné de bien beaux poncifs toute la journée :

    Papandréou n’est rien moins que “convoqué” (répété en boucle) !

    C dans l’air ne pouvait manquer d’en rajouter : ceux qui soutiennent le referendum sont atteints du “syndrome de Stockholm” , en effet nous sommes “pris en otage” par “des gens qui ont triché ” , alors ,pas de quartier ! plus un euro aprés cette “trahison” !

    Tous ces grands démocrates ont le culot de commencer leurs diatribes par la formule “consulter le peuple est toujours légitime mais …”
    On les voit éffarés et paniqués par cet appel au peuple !

  17. Merci Paul pour ce message plein de lumière.
    Je n’oublie pas aussi votre fameux billet ; “les leçons de l’Histoire” du 20 avril 2011.

    Cet acte de Papandréou est remarquable de courage.
    Comme quoi, l’Homme poussé dans ses derniers retranchements n’est pas capable que du pire comme certains voudraient nous le faire redouter.
    Comme quoi, la peur est toujours le plus mauvais conseiller et qu’il faut savoir prendre ses responsabilités et ne jamais se soumettre servilement aux injonctions des soi-disant sachants.
    Comme quoi, il ne faut jamais donner sa part de pouvoir à qui que ce soit.
    Une nouvelle citoyenneté plus adulte et plus responsable, non bêtement partisane, est possible.
    Il n’y a pas qu'”une seule voie possible”, décrétée unilatéralement par des gens à qui l’on délègue une partie de notre pouvoir (et c’est l’erreur) et qui veulent finir par tout nous prendre.

    Dommage que ça arrive tard, j’espère que ce n’est pas trop tard.

  18. Je ne vous lâcherai pas, je reformulerai mes questions jusqu’à ce que vous ne puissiez les passer sous silence sauf à vous décrédibiliser.
    La dernière étant : Devons nous nous réjouir des tentatives d’indépendance de tous les peuples et nation d’ Europe ? Ou faut il attendre d’être dans la situation de la Grèce pour pouvoir légitimement se révolter ?

      1. Je me suis emporté car mon précédent message n’a pas été diffuser. J’y pointait du doigt ce qui me semble être une contradiction dans le discours de Paul. A savoir comment peut on se réjouir d’une la tentative d’indépendance en Grèce tout en soutenant le fédéralisme européen.
        Je félicite la modération pour son honnêteté.

  19. je n’ai pas lu tous les commentaires, mais il me semble important de noter le concert des hommes politiques de droite plutôt, et de nombreux journalistes sur l’incongruité de ce référendum. le pouvoir en place et ses chiens de garde n’a-t-il pas passé le seuil de déchéance morale qui autorise dans une démocratie à pouvoir se prononcer contre un référendum populaire. le fait de le faire en public montre au choix le mépris désormais affiché ou la perte dramatique des valeurs référentes.
    notez que le fait de vouloir faire appliquer l’accord coute que coute annonce le retour du colonialisme, le néo-colonialisme intra-européen.

  20. Le monde est petit, Paul, je viens de découvrir votre vidéo sur un de mes blogs préférés, après le vôtre bien sûr,
    http://au-bout-de-la-route.blogspot.com/,
    Blog de Marc Lafontan vivant quasiment en autarcie avec sa famille et sa meute de chiens de traîneaux, dans la foret boréale, lac St Jean Québec. Comme quoi, les idées justes cheminent à travers le monde du web.

  21. Ping : URL

Les commentaires sont fermés.