2011 : CHRONIQUE D’UN DÉSASTRE ANNONCÉ

Karim Bitar m’a demandé un bilan de l’année dernière pour L’ENA hors-les-murs, la revue qu’il dirige avec talent. Voici ce bilan (N° 417 : 32-33).

Plaignons parmi les politiques, les fonctionnaires et les financiers, ceux qui sont convaincus de s’être donnés sans mesure, d’avoir consacré le meilleur d’eux-mêmes à changer la face du monde en 2011 : leurs efforts n’ont abouti à rien. Pire encore : c’est comme s’ils n’avaient jamais été consentis.

Le délitement de la finance s’est en effet poursuivi de manière inexorable pendant l’année écoulée, suivant la pente d’une longue et pénible détérioration telle qu’elle était déjà prévisible en 2010, voire même en 2008 au lendemain de la déconfiture de la banque d’investissement américaine Lehman Brothers, dont l’hémorragie qu’elle suscita coûta plus d’un « trillion » de dollars à arrêter. Chacun des combattants a si bien traîné les pieds – espérant follement pour certains que les choses s’arrangeraient d’elles-mêmes – que chacune des batailles financières et économiques en 2011 a eu lieu en retard d’une guerre.

La présence d’authentiques hommes ou femmes d’État sur la scène de l’histoire – tel un Franklin D. Roosevelt dans les années 1930 – aurait-elle pu faire la différence ? Il est difficile de se prononcer avec certitude : on ne peut exclure que la personnalité falote de la plupart des hommes et des femmes à la tête des affaires en 2011 n’était pas en soi pertinente : peut-être était-il trop tard de toute manière, peut-être n’était-il plus dans le pouvoir de quiconque de renverser le cours des événements. Ce sera là a posteriori notre seule consolation.

Le système de partage de la richesse créée dans nos sociétés est biaisé : il est dans sa logique que le capitaliste, le détenteur du capital, soit servi en premier, le dirigeant d’une grande entreprise venant en second et l’invention des stock-options ayant permis de faire de celui-ci pratiquement un premier ex-aequo, les salariés devant se satisfaire eux de ce qui reste.

Comme ces derniers étaient les parents pauvres dans la redistribution, le pouvoir d’achat stagna, alors qu’en face, les dividendes attribués aux actionnaires et la rémunération (salaires, bonus et stock options) des dirigeants des grandes entreprises croissaient eux à la mesure – et davantage – des gains de productivité dus à l’informatisation et à l’automation. On comptait aux États-Unis en 2011 que 80 % de la richesse créée durant les trois années précédentes s‘étaient retrouvés aux mains du 1 % le plus riche de la nation, détenteur déjà en début de période de près d’un tiers du patrimoine. « Nous sommes les 99 % ! », scandaient à l’automne 2011 les manifestants du mouvement « Occupy Wall Street », à l’exemple de celui de la place Tahrir au Caire ou celui des Indignados de la Puerta del Sol à Madrid, qui l’avaient précédé dans l’année.

Si le crédit s’était développé autant qu’il l’avait fait, c’était précisément pour masquer le fait que le pouvoir d’achat stagnait alors que le volume des marchandises à vendre ne cessait lui de grossir. Des chaînes de créances de plus en plus longues et de plus en plus ramifiées s’étaient ainsi créées, entraînant une fragilisation grandissante de nos appareils financier et économique.

Le manque de ressources là où elles sont normalement requises donne lieu au versement d’intérêts, encourageant encore la concentration des richesses. Laquelle a atteint des sommets aux Etats-Unis une première fois en 1929 et une seconde, en 2007. La machine économique s’est grippée dans les deux cas parce que la mobilisation de toute somme pour la production ou la consommation donnant lieu à versement d’intérêts, le nombre de mains dans lesquelles la richesse se retrouve, n’en finit pas de se restreindre.

Du fait de la baisse du pouvoir d’achat, une grande part des capitaux disponibles n’arrivaient plus à s’investir dans la production, puisque celle-ci aurait alors excédé la demande, et n’avaient d’autre exutoire que les activités spéculatives, facteur de déséquilibre des marchés puisque celles-ci encouragent les variations de prix, soit à la hausse, soit à la baisse, selon la direction dans laquelle se développe ponctuellement une tendance.

Quoi qu’il puisse arriver désormais, le risque systémique gangrénait toujours davantage l’appareil financier dans son ensemble.

Marx avait donc raison, aux yeux de qui les faiblesses du capitalisme étaient patentes, et conduiraient inéluctablement à sa fin. Même si l’effondrement ne devait pas prendre la forme exacte qu’il avait prévue, d’une baisse tendancielle du taux de profit.

Pourquoi la chute de la zone euro sembla-t-elle suivre en 2011 un cours aussi inexorable ? D’une part parce qu’elle avait été inscrite dans sa construction-même, le fédéralisme fiscal nécessaire au fonctionnement d’une monnaie associée à une zone économique ayant été considéré comme quantité négligeable par ses fondateurs. D’autre part parce que les quelques mesures qui furent prises à partir de 2008 n’endiguèrent pas la décomposition mais la précipitèrent au contraire, pour la raison très simple qu’elles n’étaient pas véritablement destinées à être correctives mais visaient en réalité à achever à marche forcée la mise en place du programme ultralibéral qui avait été initié dans les années 1970, alors que son présupposé fondateur, l’autorégulation (justifiant la dérégulation et les privatisations), avait vu son existence démentie par les faits dès les tout premiers jours de la crise en 2007.

Au départ de l’expédition, la cordée euro se composait de dix-sept nations. Quand l’année 2011 débuta, deux de ses membres, la Grèce et l’Irlande, pendaient déjà dans le vide. Le Portugal rejoignit rapidement leurs rangs. Il en restait quatorze à s’arc-bouter pour soutenir le poids des trois autres. Au fil des mois, les agences de notation firent patiemment le décompte des forces déclinantes de ceux qui n’avaient pas encore perdu pied. À la fin de l’année, ce furent l’Italie et l’Espagne dont les taux réclamés par des prêteurs éventuels pour des obligations de maturité dix ans, dépassèrent le niveau insoutenable des 6,5 %. Si ces deux-là devaient tomber c’en serait fini de la zone euro, la force conjuguée des membres restants de la cordée étant bien insuffisante à soutenir ceux qui avaient déjà chu.

Dégradation lente et inexorable de la zone euro d’une part, dette publique américaine de l’autre, dont le plafond dut être rehaussé, ayant atteint son seuil légal, le débat sur la question soulignant une polarisation inédite du monde politique, et débouchant sur un ralliement inattendu de Barack Obama à certaines thèses les plus extrêmes du parti républicain : celles défendues par son courant Tea Party, ralliement qui devait démoraliser une part substantielle de l’électorat du président américain. L’accord passé de justesse avant l’échéance initiale du 2 août consistait essentiellement à reporter la solution des problèmes à la fin du mois de novembre, époque où une solution ne put davantage être trouvée, ce qui déclencha la mise en application mécanique d’un certain nombre de mesures prévues par défaut en août et qui impacteront essentiellement à partir de 2013 l’industrie de l’armement, les compagnies pharmaceutiques et le secteur hospitalier privé.

Les remèdes connus à la concentration des richesses sont peu nombreux. Le plus raisonnable : celui d’une redistribution pacifique du patrimoine trop concentré, est certainement le moins pratiqué à l’échelle de l’histoire. La révolution confisque et exproprie pour redistribuer ; pourtant, faute de s’en prendre aux véritables causes de la concentration des richesses, elle tend à remplacer rapidement l’ancienne aristocratie par une autre, fondée sur un nouveau principe : l’argent au lieu de la terre, pour prendre un exemple. Enfin, la guerre qui détruit tout, redistribue provisoirement le patrimoine par un grand nivellement par le bas. C’est elle qui offre la solution la plus commode puisqu’elle n’exige d’autocritique de la part de personne et permet au contraire à chacun de s’exonérer de ses propres fautes en désignant un coupable se trouvant de manière très pratique dans un autre endroit. Syrie, Iran, Pakistan ? Les candidats pour 2012 ne manquent pas à l’appel.

L’homme de l’année fut sans conteste le premier ministre grec Georges Papandréou qui, après avoir obtenu de ses partenaires au sein de la zone euro un accord relatif à la restructuration de la dette de son pays à l’issue d’un interminable marathon, leur rappelait les principes démocratiques en décidant cinq jours plus tard que le peuple grec entérinerait cet accord par voie de référendum. Tant de nouvelles contradictoires jetaient le désarroi au sein des capitales européennes. Papandréou dut cependant faire rapidement machine-arrière. Le marché des capitaux dirigeait désormais le monde et les velléités de courage politique ne firent pas long feu en 2011 devant son cruel réalisme.

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218 réflexions sur « 2011 : CHRONIQUE D’UN DÉSASTRE ANNONCÉ »

  1. Analyse une fois de plus d’une grande lucidité. Il est tout à fait vrai que lorsqu’une aristocratie cède le pas une autre la remplace.
    Mais avant d’être une « aristocratie » une puissance émergente est une « mafia ». C’est ce qu’étaient nos principautés européennes, pour ne citer qu’elles, avant que Clovis ne légitime son emprise par le droit divin. Il est donc à prévoir, à mon avis, que le monde, dans son entier et au même moment, résultat de la vraie mondialisation, que le monde dans son entier donc, va être dominé et réglé par des mafias locales, jusqu’à ce qu’elles se mettent d’accord pour élire des monarques. Après l’ordre le chaos; après le chaos l’ordre. Rien de bien nouveau sous le soleil.
    Des hommes comme Mr Jorion ont l’insigne mérite de nous indiquer où nous en sommes.
    Merci

    1. Oui, c’est tout à fait ça. De toute façon le paradis néolibéral pur existe et c’est le Mexique : État corrompu jusqu’à la moelle ( même si des gens honnêtes en son sein se battent pour changer la donne ), narcotrafics en tous genres avec une myriade de bandes qui se font la guerre, police qui en croque un bon pourcentage et règle ses comptes à l’ombre d’une justice de fer et d’opérette
      ( rappelons-nous Florence Cassez qui croupie encore en prison et sa rocambolesque arrestation truquée ) … puis l’entrée des USA dans la danse avec agents secrets infiltrés à la clef qui rajoutent de l’huile sur le feu en faisant entrer des armes de guerre dans le pays… Je n’oublie pas les maquiladoras , ces camps de travail légitimés pour l’exportation, ni le féminicide de Ciudad Juàrez ! Bref, résultats des courses : 45 000 morts en cinq ans au Mexique.

  2. Je ne vois rien d’autre à dire qu’un mot : Excellent !
    Step suivant ? Guerre ou révolution ? Dans les deux cas c’est la violence. Et comme la violence est le dernier refuge de l’incompétence ou la confiance dans le pire, ce qui revient au même, j’ai quand même un peu peur ! En même temps je me dis  » Ce n’est pas la fin du monde, nous ne sommes pas foutus ». Bref c’est le grand saut dans le vide.

  3. M. JORION parlait de »marché des capitaux qui dirigeait le monde… », n’est ce pas plutot la ploutocratie qui dirige le monde, quand Fillon proposait à Hollande de soumettre son programme à SP et que la Grèce et l’Italie sont désormais dirigées par les banquiers? De Gaulle devrait retourner dans sa tombe en déclarant que la politique de la France ne se décide pas à la corbeille(de la bourse)!!!

  4. L’homme de l’année fut… Georges Papandréou qui après avoir obtenu…un accord relatif à la restructuration de la dette de son pays…, leur rappelait les principes démocratiques en décidant… que le peuple grec entérinerait cet accord par voie de référendum. Tant de nouvelles contradictoires jetaient le désarroi au sein des capitales européennes. Papandréou dut… faire rapidement machine-arrière. Le marché des capitaux dirigeait désormais le monde et les velléités de courage politique ne firent pas long feu en 2011 devant son cruel réalisme.

    Dans l’affolement de l’époque, si Georges Papandréou avait fait passer son référendum, (il s’y est très mal pris puisque les Grecs n’ont rien compris… mais pas les marchés…), la Grèce serait certainement dans la situation de l’Islande aujourd’hui. Islande dont on ne parle assez à mon avis. Seulement on veille , on veille, par peur que cela ne fasse boule de neige… Mais c’est une des meilleures solutions ! Envoyer bouler les marchés financiers !

    Le courage politique serait de faire que le marché des capitaux, devant son pitoyable irréalisme, ne dirige plus le monde à partir de maintenant !

    Donc Mr Jorion, merci de nous faire un article sur l’Islande.

  5. Cher monsieur, article passionnant, qui me permet pourtant de soumettre une hypothèse relative à la qualité des leaders occidentaux aux manettes actuellement. D’un point de vue social et économique, ils sont lamentables, certes. Mais du point de vue de la finance, ils sont brillants. Avoir en temps de paix fait passer sans trop de remous de tels transferts financiers du public vers le privé est un exploit, regrettable, mais bien réel. Ces dirigeants ne sont pas à genoux devant le système oligarchique, né d’une patiente politique couronnée par la création de l’Euro, ils sont le système. Ils font donc parfaitement leur « job », et les candidats à la succession attendent patiemment leur tour, la serviette au cou. Autrement dit, un abîme sépare aujourd’hui la réalité du pouvoir politique des exigences sociales et humaines de nos sociétés. Seuls les medias et les élites et décideurs de tout poil permettent (encore) de cacher cette triste réalité. L’extrême droite a donc de beaux jours devant elle, il lui suffit d’attendre. Avec elle, la finance ne se portera pas plus mal. N’est-ce pas là l’essentiel?

  6. Le paquebot italien a fait naufrage…
    Le capitaine n’était pas à la barre…

    On joue la même tragédie, en mer, au sud de l’Italie, qu’à terre. « Concordia », la concorde, a échoué, partout…

  7. Une chose m’énerve un peu, en effet on critique ici beaucoup dans les commentaires ce que proposent les candidats anti-ultralibéralisme (Mélenchon, Le Pen, …)

    Mais vous les critiques – et vous aussi Paul – quelles sont les mesures concrètes et immédiates que vous proposeriez si vous étiez élu demain à la présidence ?

    (Même si on a bien compris qu’il n’y a peut être plus rien à faire, ou qu’un seul pays ne peut rien dans le contexte de mondialisation, etc…
    si c’est le cas autant arrêter de bloguer et de s’agiter de suite !)

    1. Oulala ! – anti-ultralibéralisme Le Pen, …) MdR jaune ça c’est un scoop, PI, pro prolo tant ka faire, sociale en plus pour faire bon poids — Faudrait tout de même pas ce foutre du monde NON

    2. Déjà, y a comme qui dirait ‘confusion’ : mettre Méluche et Le Pen dans le même panier anti-ultralibéralisme, alors que la seconde a un programme très libéral, c’est comme qui dirait mal parti …

      1. 1. Pour moi, proposer d’augmenter de 200 € les salaires < 1.4xSMIC , sortir de l'Euro et établir une contribution sociale sur les importations, ce ne sont pas des mesures libérales !
        http://www.challenges.fr/economie/20120113.CHA9178/le-chiffrage-du-projet-economique-de-marine-le-pen-est-il-credible.html

        2. Après on peut discuter sur les effets de telles mesures, mais comme de toutes manières on sait ce que valent les modèles économiques utilisés en regard de la réalité, si on continue sur cette lancée, à savoir ne rien faire, on sait où cela va nous mener.

        3. J'aurais pu ajouter Dupont Aignans et Montebourg dans la liste, mais le premier ne décolle pas dans les sondages et le second reste au PS, il est dans la position : "se soumettre ou se démettre", pour l'instant même s'il s'agite il se soumet !

        4. Et vos réponses restent dans le domaine de le critique, moi je demande des idées concrètes …..

    3. Interdiction des paris sur les variations de prix, Bancor, distribution de la valeur ajoutée correspondant à la juste rétribution et contribution du travail, taxation du capital, justice fiscale, défaut organisé sur la dette constituée à partir du déficit de rémunération du travail et des intérêts cumulés de la rémunération délirante du capital et des intermédiaires financiers sur-parasitaires, nationalisation du secteur financier, nouveau Glass-Steagall Act, redéfinition du droit de propriété, destructions des liens incestueux et illégitimes entre dirigeants/entrepreneurs et actionnaires/capitalistes dans les entreprises, encadrement constitutionnel de la sphère économique autorisant de fait l’existence d’une économie vertueuse socialement et environnementalement échappant au cadre pervers néolibéral, refonder la « science » économique selon de nouveaux principes d’Économie Politique remettant en cause le concept moderne de la Valeur, repenser le projet Européen en s’appuyant sur une Europe avant tout politique, etc, etc. Ça vous dit quelque chose ?

      @Zeb, par définition un parti Nationaliste est anti-libéral, politiquement toujours, du point de vue du libre-échange toujours, économiquement de façon plus générale, c’est juste une question d’opportunité. Anti-capitaliste idem, ça dépend des conditions politiques du moment, dans le discours bien sûr. National et Socialiste ça sonne très bien, non ? Après ça il reste les fondements racistes et xénophobes. Et là tu sais… l’extrême droite non libertarienne n’a jamais vraiment loué les « zanglos-saxons »… Et ne parlons pas de l’anti-parlementarisme.

      1. @Vigneron

        Quel est le candidat le plus proche, à l’heure actuelle, de ces propositions ? Que je sache, Jorion n’a pas dit qu’il se présentait…

      2. Enfin une réponse à la question posée !

        Question suivante, quelle (s) mesure (s) pourraient être prises unilatéralement par la France ?

        Vu qu’un consensus européen est toujours quasiment impossible à obtenir (même s’il serait sans doute très efficace en regard de la puissance de la finance) puisque c’est le chacun pour soit dans la zone Euro.

      3. En glissant le mot « écologie » quelque part ce programme eut été parfait…..
        « Environnementalement » c’est pas très « scientifique » pour qualifier ton économie « vertueuse » !
        L’humanité est une femme de petite vertu….. 🙂

      4. Quel est le candidat le plus proche, à l’heure actuelle, de ces propositions ? Que je sache, Jorion n’a pas dit qu’il se présentait…

        Non Diderot ou Voltaire non plus n’auraient pu se présenter en leurs temps.. Qui est le/la plus proche ? Le/la plus hors-cadre, le/la plus éloigné(e) du cadre plutôt, le/la plus radical(e) intrinsèquement quoi, radical(e) signifiant novateur et pas rétrograde ou réactionnaire comme les ceux et ceusses que vous savez, en l’occurrence j’ai comme l’impression que c’est « la » et pas « le »… et pas « la » qui va passer très bientôt des accords avec la droite dite modérée.
        @Martin, ah bon ? Il a jamais évoqué explicitement la nationalisation, ou la mise sous tutelle, idem, du secteur financier le père Jorion ? On m’aura donc abusé ?

      5. @ Vigneron :
        « dans le discours bien sûr » : viiii …
        Mais je parlais pas de leurs discours, mais bien de ce qu’ils mettront en place une fois que (ou ce qu’ils essaieront de).
        On parlait icite de ultra-libéralisme (ou néo-libéralisme), pas de libéralisme. Or, même nationaliste et réinvestissant l’Etat comme outil ‘protecteur’, ce même état est bien sûr protecteur des patrons. D’ailleurs, les libéraux ne sont pas pour la suppression de l’Etat, nécessaire pour l’ordre social (et national, forcément). Tant que le capital (national) peut faire ses bénéfices, c’est ça qui importe. C’est là où il se démarque du colbertisme, où l’Etat, justement, dans l’économique, a sa place (parfois prépondérante), y compris la nationalisation : pas vu de ‘nationalisation’, de près ou de loin, dans le programme du FN.
        Par contre, effectivement, la marine a réinvesti le protectionnisme social étatique (pour les blancs, pardon, les français qui ont des racines grandes comme ces chênes qu’on fait rien qu’abattre). En ce sens, on dirait du vichy mais avec le teint célestin.
        Plus sérieusement, on pourrait parler de ‘national-libéralisme’, qui porte en lui les contradictions de ces deux termes, le libéralisme étant le libre-échange (donc non limité géographiquement) et la nationalisme un cadre géographiquement limité (sauf expansion de ‘l’espace vital’, à la nazi. Le Pen (le père) portait en lui ce type de contradictions car s’il vilipendait les théoriciens libéraux, la mondialisation( libérale) sauvage, les stock-options et le MEDEF, c’était aussi pour mieux défendre les ‘petits’ patrons capitalistes dont l’activité est par trop enchainé par les ‘charges’ sociales, afin de libérer l’activité économique, …
        De fait, la marine parle ‘d’Etat stratège’, pas de nationalisation. Et s’il intervient pour protéger les PME/PMI, ce n’est pas parce qu’il est réactionnaire et qu’il souhaite réinstaurer les corporations ou supprimer la concurrence mais bien plutôt la concurrence ‘déloyale’, celle de ‘niveau’ comparable (USA, Allemagne, …) étant acceptée.
        Idem pour le marché du travail où l’immigration clandestine est une concurrence déloyale pour les citoyens (français).

        « Le déploiement de l’idéologie néo-libérale et mondialiste, et sa conséquence la crise financière, l’imposition de l’euro, ont eu des effets désastreux, et qui pèsent chaque jour davantage sur les TPE, comme pour les autres acteurs économiques de plus grande taille. »
        « A l’instar des PME, les artisans et commerçants subissent par ailleurs une complexité administrative, sociale et fiscale inimaginable. Le chiffre de 10 000 obligations différentes avait été recensé en son temps par Eric Woerth, sans qu’aucune action ne soit mise en place pour régler ce problème. »
        « Les liens d’exclusivité entre centrales d’achat et grands distributeurs seront interdits. Des sanctions pénales effectives en matière d’ententes seront prévues. Les actions de groupe seront autorisées. »
        « Dans le cadre des cours de géographie au collège et des cours de sciences économiques et sociales au lycée, on insistera sur la contribution des petites entreprises à la vitalité économique du pays et l’on valorisera l’esprit d’entreprise. »

        Si c’est pas la ‘concurrence libre et non faussée’ ça (certes, ‘garantie’ par l’Etat mais quand même bien libérale) …
        En tout cas, on est loin des idées vichystes mais aussi du national-socialisme et de la prééminence de l’Etat dans l’économie et la production.

        On est bien là, il me semble, dans une reprise du ‘concept’ d’Etat stratège, libéralo-compatible :
        http://www.portail-ie.fr/fondamentaux-2/15-lexique/89-etat-stratege.html
        De sorte que la marine aurait réussi à produire sa mutation au FN, passant d’un vieux parti réactionnaire (où de nombreux vichystes y trouvaient leur petits) à un parti national-libéral, l’alliance de la carpe et du lapin. Cette mutation s’est produite de par l’arrivée de nouveaux cadres au FN, sortant de Sciences-Po voir de l’ENA, anciens conseillers mêmes de Chevènement (qui se retrouvent sur la nation d’Etat stratège économiquement et même socialement, par exemple).
        Cette alliance là est très difficile à démonter, pour la bonne et simple raison qu’elle fait front sur tous les côtés : étatique contre les néo-libéraux, libéral contre les socialistes, national contre mondialistes, etc.
        La seule façon de déconstruire tout cela, c’est de montrer justement l’impossibilité d’un tel attelage : libéral ET nationaliste.
        Mais en tout cas, cet attelage improbable est conçu pour ratisser large, ce qu’il fait assez bien, personne n’ayant réellement pointé du doigt cette incongruité.

      6. Tu vois, Vigneron..?? Parfois, tu es comme moi à souhaiter une communalité de l’argent comme la décrit Lordon. Soit, par le travail, c’est à dire une élévation notable MAIS limitée de l’humain qui pourrait vivre tranquillement sans exagération de ses « revenus ».
        Le dream américain, l’appât maximal de la corruption (avec sa fausse protection), ainsi que le hasard de l’impunité nous ont fait cette joyeuse crise qui mènera à une guerre mondiale si des révolutions efficaces ne sont pas menées.
        Je risque ainsi, par ce commentaire, de me faire sanctionner par trop de vérité…
        Crois-tu qu’il y ait beaucoup de veaux, ici, qui aient détecté que la première banque italienne est la Mafia…??? Et pourtant, c’est le fonctionnement italien qui les attend. Et de pied ferme, car ils ont le pouvoir.

      7. Zevengeur

        Il est possible de lire « Nous on peut !  » de Jacques Généreux… il indique en quelques pages, les mesures urgentes et les actions à mener pour y parvenir.
        Nous ne sommes pas sans moyens, quand il y a la volonté de les utiliser.

      8. @ Vigneron :
        Je t’ajoute un article intéressant, concernant le FN :
        « Etienne Pinte (UMP) s’inquiète de la montée du FN, y compris chez les pratiquants »
        Intéressant parce que l’auteur, député UMP et chrétien, montre les incompatibilités entre FN et christianisme. Mais aussi les têtes de pont (et je suis poli) de la droite populaire jetées depuis les rives de l’UMP sur les berges frontistes. Permettant ainsi aux troupes FN d’investir le territoire UMPiste (et non l’inverse).
        Intéressant aussi parce qu’il en dit sur le FN et sa mutation :
        « Oui, je le constate. Depuis plusieurs mois, nous assistons à une montée en puissance de l’extrême droite chez nos concitoyens en général, mais aussi chez les pratiquants. L’image du FN a considérablement changé avec l’arrivée de Marine le Pen, une femme, moderne, supposée proche des réalités sociologiques françaises. Ce parti est devenu plus acceptable. Et aujourd’hui, des cadres moyens et supérieurs ne répugnent pas ou plus à voter FN. »
        J’imagine assez mal ces cadres moyens et supérieurs prendre une option pour du national-socialisme … Par contre, un national-libéralisme attire beaucoup de personne : c’est aussi la stratégie de Bayrou, la marine light. Qui semble marcher.
        Du ‘acheter français’ et du ‘pour laisser vivre les entreprises, baissons le coût du travail !’

        Je réitère donc. Les positions papales ont beau être anti-ultralibérales, elles n’en défendent pas moins les positions libérales vers lesquels bon nombre de croyants croient voir dans Bayrou ou la marine une ‘illustration’, identifiant, à raison, Sarkozy comme le chantre du néo-libéralisme, décrié par cette même église catholique.
        Qu’ils aient tort d’identifier la marine et libéralisme, c’est une autre question.
        Mais force est de constater que ce ‘recentrage’ économique, moins réactionnaire que l’était le poujadisme et qui était le fond de commerce (cas de le dire) du père, réalisé par la fille ‘casse la baraque’, y compris chez les chrétiens.
        L’aggiornamento dont tu parlais pour Vatican II faisait intégré le libéralisme politique dans l’univers catholique. Ce faisant, l’église a aussi intégré ‘inside’ le libéralisme économique, par anti-communisme viscéral, pensant ainsi que cela faisait partie du ‘paquet’ pour défendre les libertés fondamentales.
        Certains ont bien compris tout le gain qu’ils auraient à ‘coller’ aux positions papales, sans pour autant se départir du fond de commerce libéral, ni rejeter les cathos réac et encore moins abandonner la ‘préférence nationale’.
        Belle OPA … et grand écart.
        Fortiche la marine, bien plus que son père.

      9. @Vigneron

        Eva Joly ? La candidate d’un parti qui crée des apparatchiks plus vite que son ombre et qui se foutent des idées de sa tête de proue, dont on se demande si elle appartient bien au même bateau ? Personnellement, j’aime bien Eva Joly. Bon on met un peu de jacobinisme dans son programme et c’est à peu près présentable, même si elle commence à perdre les pédales, ce qui est bien compréhensible avec les coups qu’elle a reçu de son propre parti. Elle n’a qu’à aller au Front de gauche, ça fera un tandem intéressant. Pour le reste, je crois que vous vous plantez et que ceux qui peuvent appliquer les idées d’un Lordon ou d’un Jorion ne se trouve qu’à gauche du Ps (donc en partie chez les verts mais en faible partie malheureusement). Et puis le coup du rétrograde versus moderne, vous savez qui utilise ça en temps normal non ?

      10. Zeb. Qu’est-ce que tu perds ton temps à nous prouver que l’extrême-droite est bien à droite ou « libérale » au sens de pro-capitaliste et viscéralement anti-collectivisation ? Qu’elle est, comme son électeur, pour le bon travailleur français, pour le bon petit commerçant, artisan français, pour le bon petit patron travailleur français, pour les bons produits du terroir français, pour le bon grand patron bon catholique et décent français, pour le bon Capital français, pour le bon Ordre de l’État centralisateur français, pour de bonnes mafias françaises pour l’Ordre dans les bons interstices français, pour de bonnes grosses et honnêtes banques françaises, pour de bonnes frontières bien protégées françaises, pour une bonne église catholique française, pour un bon Parlement monocolore et aux ordres français, pour une Justice au service de l’Ordre français, etc, etc.
        Tu veux prouver aux électeurs d’extrême-droite qu’ils sont à droite ? Ils le savent mon coeur, ils sont encore très majoritairement ceux ou les héritiers de ceux qui votèrent Tixier, Poujade, Le Pen Ier, de Villiers, Pasqua, Mégret, etc, avec toujours les noyaux durs de l’arc méditerranéen, plus les frontières nord-est, plus le vote pieds-noirs et descendants qui pèse quand-même près de 8 % de l’électorat, plus un gros réservoir à neuneus dans un grand quart du pays du Nord et de l’Est jusqu’à la Méditerranée.
        Ceux qui sont les nouveaux arrivants sont les 25 % des électeurs sarkozystes de premier tour, les plus à droite des déçus du discours populiste de Sarkozy/Guaino 2007, point.
        Le changement de stratégie électorale de Le Pen II a sans doute consisté à appliquer le conseil de de Benoist qui engageait le FN à s’adresser à un « électorat naturel » qui serait moins le « peuple de droite » que le « peuple d’en bas ». Ce qu’il résumait ainsi en 2007 :  «L’alternative à laquelle il (le FN) se trouve confronté aujourd’hui de manière aiguë est toujours la même : vouloir encore incarner la « droite de la droite” ou se radicaliser dans la défense des couches populaires.»
        La « défense des couches populaires », ça veut dire quoi pour un droitiste ? Pour un électeur frontiste « populaire », vraiment « populaire », i’e ouvrier ou chômeur (ouvriers ou chomeurs chez lesquels le vote PS arrive encore largement en tête, faut pas délirer, sont pas si cons que tu crois) ? Qu’on me protège du marché, qu’on me donne un marché dirigé, anti-libéral s’il le faut et dans tous les sens du terme, qu’on me rende l’argent et le travail que les étrangers me volent. Un État fort mais moins de taxes et la mafia locale s’il le faut, mais de l’Ordre ! Mais d’abord et avant tout les noirs et les arabes, au pas les larbins ! ou go home.
        Lis J.Y. Camus, la sociologie comme la géographie du vote FN est stable. Non, le danger du FN, dans le cadre du ripolinage des thèmes de discours et de l’expurgation méthodique des saillies antisémites, comme dans celui du « resoutirage » d’une partie de l’électorat « populaire » de Sarkozy, c’est bel et bien son alliance politique à venir avec une bonne partie de la droite dans la recomposition qui suivra la désintégration de l’UMP si un Juppé vient pas lui sauver la mise dans une centaine de jours.
        Et là, les « hommes et femmes de bonne volonté » comptez vous… les femmes surtout puisqu’elles présentent l’énorme avantage qualitatif sur les couilleux de ne toujours représenter qu’un tiers de l’électorat frontiste, moitié moins que les connards cornards quoi (le fameux « gender gap » du FN…). Vive la Femme !

      11. Zébu, Vigneron

        Vous fatiguez pas trop sur le sujet, le « programme économique » de la marine nationale, il est mort lors de l’interview par Anne-Sophie Lapix, lorsqu’elle a été incapable d’avouer que les 74 milliards de financement de son programme viendraient d’une taxe de 3 % supplémentaire sur les importations, qui seraient évidemment payée par tout le monde.

        Si après ça les ouvriers votent encore pour elle pour des raisons « économiques »…

      12. @Vigneron et Julien :
        Non, je ne veux évidemment pas ‘prouver’ que ceux qui votent extrême-droite sont de droite (encore que, là encore, y a de tout : il y a quelques années, on n’aurait jamais imaginé des chevènementistes passer au FN …, preuve s’il en est que le filet est large).
        Seulement il me semble que la marine a su renouveler le vieux fond de commerce du père et qu’elle a fait prospérer la boutique en sortant du poujadisme et de la réaction vichyssoise pour réutiliser des notions utilisées à droite il y a quelques années. Les transfuges provenant de la droite libérale mais dénonçant la mondialisation ultralibérale y ont été pour beaucoup.
        Et quand tu parles d’alliance post-élection, c’est déjà trop tard : le simple fait que la droite populaire (c’était quoi ce machin il y a quelques années ?) braconne ouvertement sur les terres FN en dit long sur ce qui non pas se prépare mais s’est déjà effectué.
        Sarkozy a parié et il a perdu. Parce qu’il a incarné le bling-bling ultralibéral mais surtout pour avoir incarné ses orientations économiques. S’il avait réellement suivi son discours de Toulon, il serait adoré par ces mêmes couches ‘populaires’ et pourtant, avec un programme bien libéral comme il faut. La marine et le marinade sont dans l’air du temps : il n’y a qu’à voir le Bayrou sortir de son récif et en deux mois choper la progression la plus importante en sondage. Pas con, le Bayrou, suffit de suivre la murène Le Pen …
        Les deux FONT l’air du temps. L’ultralibéralisme, c’est ‘has been’.

        La droite ‘classique’ l’a senti et n’attendra pas l’explosion des élections : c’est en cours.
        Et ce depuis plus d’un an. Depuis, justement, le rappel de Juppé et la sortie de Borloo.
        Plus précisément, je vais te dire depuis quand : depuis le discours de Grenoble du 30 juillet 2010.
        Ce discours a été l’ultime tentative d’OPA sur le FN mais ça a été la tentative de trop (un pont trop loin) : la droite a alors éclaté. Les uns continuant sur leur ‘lancée’ la route qui les conduira au FN, les autres poursuivant chacun leur chemin plus ou moins divergents.
        Toutes ces droites avaient deux ciments : l’un, commun (le libéralisme), l’autre d’exclusion (la xénophobie).
        En novembre, Borloo, dernière cartouche libérale (‘centriste’) fait long feu et Sarkozy, la mort dans l’âme, se voit obligé de rappeler Juppé pour colmater les brèches.
        Depuis cet échec, Sarkozy suit son inertie : TINA pour lui. La marine lui bouffe la droite par l’Etat protecteur et la sortie de l’euro et le marinade par le protectionnisme et le libéralisme de bon aloi.
        Pourtant, ‘contre toutes attentes’, Sarkozy résiste, ce qui est très étonnant au vu de son ‘bilan’ passé et actuel, soit que les vieux de plus de 65 ans sont plus que fidèles, soit que la gauche soit plus que mauvaise malgré ce bilan (j’hésite …).
        Son dernier pari était que la note tiendrait bon, jusqu’à l’élection, tout en évitant de vrais plans de rigueur avec des morceaux très durs dedans.
        Pari perdu. Mais il lui reste encore 100 jours …

        @ Julien :
        Anne Sophie Lapix, la pugnace, intelligente et joliesque de Canal + ?
        Certes, mais les ouvriers regardent-ils majoritairement Canal + (et ASL) ?

      13. @ Zébu

        Ton analyse rejoint en tous points celle qu’avait faite Clémentine Autain face à la girouette Soral chez Taddéi.

        @ Julien :
        Anne Sophie Lapix, la pugnace, intelligente et joliesque de Canal + ?
        Certes, mais les ouvriers regardent-ils majoritairement Canal + (et ASL) ?

        Non, mais une fois n’est pas coutume, on en parle « partout ailleurs », plutôt que nul part ailleurs de cette empoignade.

      14. Ouarf. Sans compter que du 3% sur les importations c’est à tout casser du 15 milliards récupérés. M’enfin ça fait déjà plus de 1 % du revenu brut disponible des ménages et bien 3 ou 4 fois plus pour les plus pauvres d’entre eux, les méritants qui font tourner leur pognon, tout leur pognon voire un peu plus.

      15. Tu te trompes zébu, comme la fille à Yvan, elle c’est pas nouveau elle s’est toujours plantée (au point de se carrer derrière son Jean Luc, bien face caméra, l’autre soir, j’avais mal pour elle par moment, quand elle planquait son minoit surtout…). J’t’ai pas attendu pour voir Sarkozy et une bonne partie de l’UMP frayer en eaux saumâtres et j’ai pas attendu Grenoble pour en voir les effets. La bascule, la vraie, elle se fait sur des accords politiques électoraux, comme l’a fait la droite orléaniste UDF en son temps (rappelle toi Millon et les autres…), grand vivier de fachos authentiques estampillés NF, toutes tendances droitistes historiques confondues, des trads indépendants et paysans aux ultras d’Occident en passant par les ex oas. Leur manquaient que les filières souverainiste et mafio-SACiste et compagnie réservées par Albertini au parti dominant bonaparto-gaulliste.
        Et si la machine à baiser le FN, l’UMP, montée par Juppé en 2002 explose comme probable dans quelques mois, ou si ce parti veut simplement sauver ses meubles aux prochaines législatives, je peux t’assurer qu’une bonne part de ces salopards ne prendra pas de gants pour s’allier au FN. Et là les petites ou grosses saloperies des Sarkozy Hortefeux Guéant Guaino et compagnie deviendront vraiment des belles histoires pour enfants sages. Il sera plus question d’ultralibéralisme ni même de libéralisme économique, il s’agira juste de défendre le mouvement « liberal » tout court. Et il restera plus grand monde autour de MélAnchon, s’il est encore là et s’il a pas viré à nouveau sa cuti.

      16. @Vigneron :
        Yvan a une fille devant la caméra … ?
        Argh, pas suivi.
        Oui, le Millon en son temps mais cela restait exceptionnel, avec Chirac.
        Depuis Sarkozy, on est passé au level 2 : same level mais 2 fois plus de monstres …
        Evidemment, le level 3 dont tu parles, c’est pour les ‘survivants’ : des monstres partout (et hollande qui court au milieu et que tout le monde voudra pécho).
        Comme le disait Cédric Mas, rien ne dit que l’époque accouche d’une révolution.
        Ou alors, nationale celle-là.
        Sincèrement, j’espère me tromper, mais je vois bien la marine au second (à plus de 20%), avec un marinade venant faire exploser le poursuivant comme il l’a fait avec Royal, quelqu’il soit.
        Et même (ou surtout) avec l’élection de Sarkozy (rien n’est encore joué), l’explosion de l’UMP par gravitation vers le FN et tentative de gouvernement d’union nationale avec le PS, pour ‘contrer’ soit disant la marine à voile et à vapeur.

        Eparpillement façon puzzle.
        Et Mélenchon ne recollera rien du tout.
        Je commence à reconsidérer mon nullisme …

      17. @Julien :
        « Clémentine Autain face à la girouette Soral chez Taddéi » : c’était quand ?
        (suis jamais au courant des trucs bien qui se passent près de chez mon téléviseur …)

      18. Salut Vigneron !

        Si tu repasses par là, sous peu, tu pourrais pas un peu m’expliquer cette phrase ci-dessous et le lien avec le reste du post dont elle est tirée sans te commander. Faut te suivre, y a toujours un peu de découverte dans tes traces, mais un bras attaché dans le dos, sur une jambe, en ski de fond sur une piste noire, par gros temps, c’est pas facile mon grand.

        Et il restera plus grand monde autour de MélAnchon, s’il est encore là et s’il a pas viré à nouveau sa cuti.

        Gné ?

        Ma reconnaissance éternelle d’alcoolique violent.

      19. @Vigneron,
        Ben non, la nationalisation des banques ou leur mise sous tutelle via des règlementations, c’est pas pareil. C’est pas la même chose de faire le jeu que de faire l’arbitre.

    4. Pour rappel, on ne peut plus concevoir de mesures concrètes et immédiates dans l’état actuel des choses. Elles auraient dû exister en 2008 ou un peu avant. Il n’y a rien eu de fait.

      Alors on s’attend plutôt, avec certes un certain degré d’incertitude quant à la date, à une révolution ou à la guerre… voire les deux.

      Pourquoi parler de l’élection présidentielle? On élirait un gusse. Ce gusse rassemblerait dans la semaine, pris par la gravité de la situation, un gouvernement d’union nationale. C’est comme si le désastre de 2011 nous avait déjà hypothéqué le résultat de la présidentielle.

      Alors que les écolos seraient du gouvernement d’union nationale, ni Mélenchon, ni le FN ne voudront en faire partie car ils ont le même slogan ridicule: qu’ils s’en aillent tous…

      Faire de ce qui vous empêchera de gouverner un slogan de campagne, c’est de la courte vue politique…

      1. La contre-révolution emporte toujours le morceau en cas de révolution, toujours. Au mieux c’est un pas en avant et deux pas en arrière, toujours. Voire carrément la contre-révolution qui fait sa révolution. L’alternative telle que posée par MélAnchon l’autre soir « Ce sera nous contre eux » est parfaitement ignoble venant de la part d’un apparatchik qui rassemble pas 8 % de sympathisants, qui passe son temps à jouer les Fouquier-Tinville de chez Mutant à coups de réquisitoires version soft « qu’ils s’en aillent tous » ou version hard « vous l’emporterez pas au paradis », pétaradant émetteur public de « bruit » de casseroles et de « fureur » de commissionnaire politique… Je plains Généreux qui doit bien mal dormir et que j’aime bien.

      2. Lisez le livre avant de trouver le slogan ridicule.
        Ceux qui le sont ridicules, sont ceux qui nous disaient qu’il est nécessaire de faire l’austérité pour ne pas perdre le AAA et qui maintenant nous disent qu’il faut continuer à faire l’austérité pour le regagner.

        Qu’ils s’en aillent tous, veut dire que tous ces incompétents, dangereux pour notre société doivent dégager, comme ailleurs.

        Par ailleurs vous confondez « Qu’ils s’en aillent tous ! » avec le slogan du FN « Tous pourris ». Si vous ne voyez pas la différence, je n’y peux rien.

      3. Vigneron
        Quand Mélenchon s’est exclamé que comme d’habitude, au final, ce sera nous contre eux, ce n’est pas une alternative qu’il pose. C’est le constant que la gauche s’est toujours trouvée en face de l’extrême droite. Même si la gauche n’a pas été la seule dans ce combat et heureusement !
        Il ne demande pas de choisir entre le FN et le Front de gauche… Il constate que quoiqu’il arrive la gauche sera face au FN, quelles que soient les positions des uns ou des autres.

        Inutile de l’injurier (ignoble, apparatchik, casserole, commissaire politique) cela sent la haine froide. Très inquiétant, mais je ne doute pas qu’avec humour vous allez me rassurer, car ce vin là, il est éventé.

      4. @Vigneron

        Vous préférez sans doute que le FN fasse ses courses tranquillement ? Vous avez une lecture trop restreinte de l’histoire de la Révolution. Elle continue encore. Tout ceux qui ont cru s’en affranchir en ont finalement porté les idées un peu plus loin, comme une graine qu’on croit écraser trop profond et qui germe quand même. Votre crainte des débordements les favorise parce qu’elle fait le jeu précisément des forces conservatrices, qui conduisent les classes populaires à la colère. Il est au contraire temps d’ouvrir un nouveau cycle, mais en préservant le plus possible les structures qui permettent à la société de ne pas imploser, comme le veulent les libertariens et autres libertaires, au nom d’un anti-étatisme qui fera le jeu des dominants.

        Par ailleurs, si je puis me permettre, vous êtes un peu mal placé pour juger du côté pétaradant d’un candidat qui ne vous arrive pas à la cheville dans ce domaine ! :o)

  8. A se demander pourquoi une chaîne de magasin de bricolage a tant de succès en Bretagne et surtout en Forêt de Brocéliande…
    Merlin est encore de la partie…
    Pour le Roi, voir les Riches et Puissants, tous utilisateurs de la spychologie.

      1. Le graphique est une représentation des variations d’un bon indicateur du commerce international, celui du transport des produits « secs » (hors pétrole ou gaz).
        L’indicateur vient de rechuter à la verticale à un point qui représente le 12e (douzième) de sa pointe avant la crise de 2008. Les échanges internationaux sont donc de nouveau à un point bas abyssal…
        Si les marchandises ne circulent plus, c’est que les achats ne les tirent plus… et donc que la production va apparaître en forte chute à la suite. Récession qui devient dépression ?

  9. @ Leoned

    Léoned

    16 janvier 2012 à 00:01

    Mélenchon (m’)est très sympa, mais faut pas rêver ce qu’il propose c’est des conneries impraticables …

    Répudier la dette : oui. Mais la seule manière est celle que je décrivais dans mon scénario-fiction : UN pays prend en charge tout. Et les prêteurs l’ont dans le baba.

    Pourquoi trouvez-vous que la façon de Mélenchon d’envoyer les agences de notation aux pelotes en leur supprimant leur rayon d’action serait impraticable ?
    La nuit dernière, j’ai écouté sur Internet le discours de Mélenchon à Nantes , qui dure 1h12 ( le maigre avantage d’être insomniaque), grâce au lien fourni par notre amie forumeuse Louise M.

    http://www.placeaupeuple2012.fr/discours-de-jean-luc-melenchon-au-zenith-de-nantes/

    Mélenchon s’insurge contre une mesure prise par le traité de Lisbonne, traité au demeurant illégitime car refusé par referendum par les peuples de plusieurs pays. Cette mesure concoctée par les banquiers et les spéculateurs à leur seul bénéfice est faite pour saigner les peuples européens à blanc avec la complicité d’agences de notation élevées au rang de divinités infaillibles (agences légitimées, évaluées et contrôlées par qui ?).

    Cette mesure du traité de Lisbonne contraint donc les états de se financer auprès de banques privées qui, elles, sont autorisées à emprunter à 1% auprès de la BCE . Ces banques privées prêtent ensuite ces sommes aux états, sous forme d’obligations, à des taux usuraires allant jusqu’à 18% pour la Grèce suivant les évaluations , dégradations, recommandations données par des agences de notation comme Standard and Poors. Bref, une note dégradée par Standard & Poors comme celle de la Grèce permet à la banque prêteuse et aux spéculateurs d’exiger un taux de remboursement de 18% alors que les banques ont obtenu cet argent à 1% auprès de la BCE .

    Bénéficiaires de l’opération, les banques et les spéculateurs qui s’engraissent à des taux usuraires .
    Victimes : les peuples , accusés de « vivre au-dessus de leurs moyens », même les gens qui travaillent à plein temps au SMIC , qui ne possèdent rien , même pas leur logement ni un véhicule , et qui vont se retrouver encore plus pauvres, pour rembourser à des taux usuraires les prétendues » dettes du pays », par des mesures d’austérité imposées par des gouvernements qui se rendent complices des usuriers.

    Dans son discours de samedi dernier, à Nantes,J.L. Mélenchon a dit que puisqu’on nous présente ce traité de Lisbonne comme légitime ainsi que cette mesure d’interdiction faite aux états de bénéficier directement auprès de la BCE de prêts à 1% , les états européens , dont la France, ont le droit de recourir à la mesure nationale dite du prêt forcé auprès de leurs banques, en leur imposant, par un prêt forcé à un taux de 1% du montant de la dette nationale avec un remboursement sur une durée de 7 à 15 ans (certains disent que 7 à 8 ans suffiraient), de se refinancer elles-mêmes à 1% auprès de la BCE comme elles en ont le droit .
    Les banques n’y perdront rien, mais n’y gagneront rien non plus, tant pis pour les spéculateurs . Ce sera une opération blanche pour elles .
    Avec ce 1% automatique , es agences de notation n’auront plus aucune influence et disparaitront de notre paysage
    Les peuples ne seront plus saignés à blanc par des mesures d’austérité.
    Les générations suivantes ne seront pas endettées etc …

    Pourquoi est-ce impraticable ? Pour préserver ceux qui s’engraissent déjà sur les obligations grecques en attendant comme des vautours la faillite des autres pays européens ?

    La fausse mine de suppliciés de nos gouvernants s’apprêtant à annoncer de mauvaises nouvelles au bon peuple était particulièrement écoeurante .

    Qu’attend-on pour les pousser, par la force de la foule déterminée, à imposer ce prêt forcé à 1% du montant de la dette de la France aux banques nationales ?

    1. Mianne

      Les grands savants disent que si les banques centrales prêtent directement aux états à taux quasi nul, cela générera de l’inflation qui détruira le système.
      Donc, il faut continuer à accélérer dans la voie actuelle (Lisbonne 123 et Maastricht 104) pour se prendre le mur avec encore plus de violence !

  10. L’ennui avec toutes les personnes qui dénoncent les logiques de caste, c’est qu’elles en représentent généralement une aussi.
    Il faudrait faire retour sur les principes oubliés qui soutendent toute cette belle mécanique, et leur demander, en face, à tous: « Es-tu réellement mon égal, toi qui viens pour parler à ma place? Où sont mes mots après que tu les aies proférés de cette curieuse manière? »

    Ces tourments économiques qui troublent nos grasses digestions n’ont pas d’autre importance que de nous signaler ce dont ils procèdent: Nos esprits sont en grand péril. Et que sont devenus nos cœurs?

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