L’actualité de la crise : BLA, BLA, BLA…, par François Leclerc

Billet invité

Pour fêter la clôture du G20, comme à l’accoutumée, des hochets sont agités. Il n’en manque pas cette fois-ci, signe que rien d’important n’a pu être décidé.

Les paradis fiscaux seront mis « au ban de la communauté », a affirmé Nicolas Sarkozy – qui avait déjà assuré en 2009 qu’ils étaient « finis » – sur la base d’une liste plus que complaisante établie selon les critères flous de l’OCDE. Une taxe sur les transactions financières pourrait voir le jour en Europe, qui ne concernerait pas les deux principaux centres de la finance mondiale, Wall Street et La City. Le Conseil de stabilité financière (FSB – Financial Stability Board) verrait ses pouvoirs renforcés, sans qu’ils aient été définis, et une liste de méga-banques est publiée [ERRATA: sera publiée prochainement], qui ne surprend que par son nombre : 29 au lieu de 28 banques annoncées.

Ne soyons pas injustes, deux décisions auront été prises par le G20. L’une est d’abandonner si nécessaire la Grèce à son triste sort, l’autre de mettre sous surveillance rapprochée l’Italie, pour ne pas risquer de se retrouver avec elle prochainement dans la même situation.

Les comptes présentés par le tombeur de Georges Papandréou, le ministre grec des finances Venizélos, font état tout confondu d’un besoin de financement de 80 milliards d’euros d’ici février prochain, le prix à payer pour l’abandon du référendum…

Il est vital de gagner du temps, celui qui permettra de dégager des ressources financières. Le renforcement des moyens du FMI apparaît désormais comme la seule issue réaliste. Comme d’habitude, une fois le principe énoncé, les modalités concrètes restent totalement à déterminer.

Trois options ont été évoquées. Soit des financements bilatéraux des États, sous forme volontaire, rééditant la formule déjà employée en 2009. Soit des émissions de DTS du FMI, à destination des pays qui voudraient en bénéficier. Soit enfin la création d’un fonds géré par une entité spécifique créée au sein du FMI qui serait alimentée par des contributions.

Tous ces montages ont pour même objectif, sans le dire expressément, de recueillir les financements espérés des pays émergents. Sous les auspices du FMI et non plus du FESF comme initialement envisagé, avec l’accord des Américains qui sont placés en situation d’arbitre pour juger de la recevabilité des garanties et contreparties demandées. Ceux-ci ne veulent pas, en effet, d’une augmentation des ressources permanentes du FMI, qui aurait pour conséquence une montée en puissance des émergents en son sein et menacerait à terme le statut du dollar.

Européens et Américains ont chacun un mur auquel ils sont adossés.

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140 réflexions sur « L’actualité de la crise : BLA, BLA, BLA…, par François Leclerc »

  1. « La Grèce plonge dans le chaos » Pour Stathis Kouvelakis, spécialiste de la Grèce, la situation politique intérieure grecque est hors de contrôle.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20111104.OBS3871/la-grece-plonge-dans-le-chaos.html

    Giulio Tremonti, le ministre de l’économie italien, à Berlusconi: « Ou tu pars ou lundi le marché s’effondrera ».

    http://www.eleconomista.es/economia/noticias/3506314/11/11/Tremonti-advierte-a-Berlusconi-O-te-marchas-o-el-lunes-se-hundira-el-mercado.html

  2. Beaucoup de vent et d’enfumage, oui. Mais poursuite déterminée de la mainmise financière sur les démocraties, avec, comme le rappelle François Leclerc, les deux seules décisions fermes qui ont été prises : la remise au pas de la Grèce rétive, et le passage de corde au cou de l’Italie. Finalement, ils savent très bien ce qu’ils font. Ils savent qu’ils ne trouveront pas les milliards nécessaires, mais peu leur chaut, ils en profitent pour s’emparer un par un de tous les pays européens, et les réduire en esclavage pour dette.

    Éternellement?

    1. Éternellement?

      Cela dépendra de notre capacité à réagir collectivement et de façon organisée. Pour l’instant je ne vois s’agiter que des mouvement d’indignés, certes sympathiques, mais plutôt désorganisés.

  3. Quand une supernova de dette pète, ça fait vraiment des dégâts.

    A moins qu’une magie fabuleuse n’intervienne, les ardoises ne s’effaceront pas par l’opération du saint esprit ultralibéral de l’économie et de la finance .
    De toute façon, à la fin, les masses d’argents en déshérences issues de l’industrie financière, ne trouvant pas ou se placer, disparaitront pour la raison qu’elles n’ont jamais été autre chose que ce qu’elles sont, un amas supermassif de dette de m….
    Et en attendant les peuples en subiront les conséquences qui n’en doutons pas seront à la mesure de l’évènement.

    1. excellent!

      Pour la Défense, ne pas y aller en deux roues, les flics alignent impitoyablement les engins garés sur les trottoirs.

      Attention, la Défense, c’est vraiment une immense esplanade, il ne faut pas imaginer la remplir. Identifier des cibles au préalable me parait une bonne idée! Telle(s) tour abritant telle société financière, d’audit, de conseil…

      Occuper la défense, une idée à creuser pour en maximiser l’efficacité

      1. Pour ceux qui savent, l’esplanade de la Défense, un samedi soir, n’est pas une très bonne idée.
        Il y fait froid et le peuple y rôde.

    2. @ renard

      aller y manifester en semaine vers 9h du mat’ est en effet plus efficace qu’un samedi soir

  4. Complot anglo saxon contre l’Euro..c’est pas moi qui le dit c’est …Lagarde à sa façon ce qui est pour le moins une confirmation de haut niveau.

    IMF head Christine Lagarde, speaking to BBC economics editor Stephanie Flanders, said the interest rates Spain and Italy were being forced to pay to borrow did not reflect their global standing. Describing the situation as « bizarre, » she said:

    Quote [Italian and Spanish borrowing costs] are almost at the level of Pakistan and Egypt, so there’s something a little bit funny in that.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/financialcrisis/8846201/Debt-crisis-live.html

    Eurozone trapped in ‘straitjacket’, says Rio Tinto chairman Jan du Plessis
    The nations of the eurozone are trapped in a « straitjacket » of a shared currency with no way out, the chairman of mining giant Rio Tinto has warned.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/financialcrisis/8870712/Eurozone-trapped-in-straitjacket-says-Rio-Tinto-chairman-Jan-du-Plessis.html

  5. Finalement, le fin-fonds de toutes ces histoires (Grèce, Italie, Euro, Espagne, Portugal, Irlande, Wall-Street,les événements de Libye – volonté qu’avait Kadafi de créer le Dinar-or -, Chine, etc …), ne serait-ce pas, au-delà de l’Euro, le rôle particulier du dollar qui serait – à moyen terme -, en jeux?

    D’où les positions des uns et des autres, par rapport à tel ou tel événement (certains pour qui c’est essentiel de le maintenir, et pas pour d’autres).

    Question ouverte… 😉

    1. Une solution? Intégrons les Brics commerçons en €/Yuan et laissons l’Otan dans le vent!
      Mais là… c’est plus dangereux qu’un référendum!

      Mais dans quelques temps…. 😉

    2. Bonsoir Bruno !!!

      Vous êtes dans la zone … Attention aux mines anti-personnelles … Et l’ennemi est toujours présent !!!
      En effet, les positions des uns et des autres, la constitution de blocs alternatifs à ceux ayant plusieurs decennies… Le manque de loyauté de certains ( Trahison , soyons précis …).
      Des exemples:
      – USA en A, GERMANY pour le B, CHINA pour le C …
      – les lames de fonds du protestantisme des affaires VS judaisme des affaires
      – La captation des marchés financiers et celui des matières premières par les propriétaires fantômes ( via shadow banking, shadow investments).

  6. Chrysanthèmes..châtaignes,
    Un rayon de soleil…..
    Les feuilles d’automne jonchées sur le sol,
    Et quelques femmes qui se promènent.

    Ne pas oublier que nous vivons aussi
    de ces petits bouts de rien,
    Et ce n’est pas le G20, Gvain, Gfaim
    Qui changera notre immense besoin de consolation.

    Tout change si vite…..écoutes la réponse
    C’est le vent, Mon Ami; Que du vent.
    Oublions, ces tourments,
    Et reprenons en main notre destinée. France Furby

  7. Vendredi 4 novembre 2011 :

    Italie : taux des obligations à 10 ans : 6,370 %. Record historique battu.

    Les investisseurs internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité de l’Italie à rembourser ses dettes.

    Le graphique des taux de l’Italie montre que le quatrième domino va bientôt tomber.

    Après la Grèce, après l’Irlande, après le Portugal, c’est maintenant le domino italien qui va tomber.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

  8. Un sommet illustré par son inutilité… Rien absolument rien n’a été décidé ! J’ai l’impression qu’il n’y a même pas eu de sommet. De ce constat accablant, Papandréou aura eu le mérite de mettre l’ambiance sur la croisette.

    Il mérite la Palme d’or pour l’ensemble de son œuvre, vu qu’il s’apprête à se retirer.

    Je suis effaré de cette totale improductivité de nos dirigeants. Angela Merkel qui nous indique que personne ne se presse au portillon pour venir nous porter secours. Les Chinois estiment-ils peut-être que l’Europe n’agonise suffisamment pas assez pour intervenir; mais plus sûrement, ils attendent que les Européens répondent à leurs exigences.

    Voilà, comment se termine la présidence française du GVain… en eau de boudin. Ce soir, peut-être, la Grèce se dirigera vers un nouveau gouvernement. Un gouvernement qui appliquera donc les décisions de la nuit du 26 au 27 octobre, donc un nouveau coup de tournevis pour nos amis Grecs. L’Italie s’apprête à vivre une crise politique majeure quant à l’Espagne, en campagne électorale, va confortablement amener Mariano Rajoy aux manettes. Ce futur gouvernement s’apprête à serrer net les boulons, mais avec un taux de chômage qui émarge à plus de 21%, c’est le temps des vaches anorexiques.

    Point d’honneur à cet enivrant sommet: l’absence du tandem russe. Preuve s’il n’en faut de l’importance accordée à cette rencontre.

    La France passe les clés du GVain à la Corée du Sud; l’Europe qui a raté le coche est menacée d’être repoussée en zone périphérique.

    1. Notre futur sera d’être la banlieue ouest de la Russie alors que celle-ci aura le regard tourné vers la Chine…

  9. @ Julien Alexandre
    Vous ecrivez :
    « Paul en avait même tiré un ouvrage : « L’argent, mode d’emploi ». »
    Vous voilà gardien du temple mais aussi marchand du temple! finalement ça souvent va ensemble, non?
    Pour ce qui concerne votre critique, Il faudrait au moins reprendre les termes que vous critiquez entre guillemets, et donner ensuite votre point de vue, comme le fit P.Jorion vis à vis du même auteur:Jean-Claude Werrebrouck dans un billet en 2009.
    Nota: Je ne connais pas personnellement Mr Jean-Claude Werrebrouck , mais j’aime bien les debats contradictoires argumentés. Ce n’est pas forcement l’avis de tout le monde… apparemment.

    1. Obregon, vous êtes bien gentil, mais s’il faut se retaper le même débat tous les mois à chaque fois qu’un commentateur débarque, on n’a pas fini de tourner en rond. Pour ce qui nous concerne, il est clos depuis 2 ans.

      Fonction « recherche », très pratique…

      Google is your friend…

    2. Ce sont des centaines _ voire peut-être des milliers – de pages de débat, auxquel ont contribué de nombreux spécialistes dans diverses disciplines (comptabilité, droit, anthropologie, philosophie…), sur ce même blog.
      L’ouvrage de Paul lui-même ne contient pas l’ensemble des arguments qui ont pu être échangés ici. Pour y voir clair, il faut en effet rompre avec l’enseignement dispensé dans la majeure partie des manuels de science économique, et « redéfinir » le concept même de monnaie (il y a conflit de rationalité entre la « définition » du « comptable », celle du « juriste », et celle du financier, prompt à subsumer « monnaie » et « reconnaissance de dette » sous le vocable de « liquidités »).
      On ne peut pas effectivement pas tout reprendre à chaque fois.

      A minima, disons que les banques commerciales ne créent de toute façon JAMAIS de Monnaie: elles créent éventuellement ex nihilo du Crédit (ce que les créationnistes ont tous fini par reconnaître au bout du compte, les mabiguités conceptuelles étant levées).
      La question de savoir s’il y a ou non création ex nihilo de crédit , directe ou « indirecte », est elle-même âprement débattue: faute de disposer d’une expérience cruciale pour départager les deux conceptions sur ce point, et c’est bien le plus incroyable de cette affaire!!! – chaque élément de preuve semblant interprétable dans un sens ou dans l’autre. Je n’ai pas les compétences requises pour en juger, mais il me semble qu’à la fin des fins, un excellent professeur de comptabilité apporte un élément de preuve allant finalement dans le sens de Paul et de Julien…
      Quoiqu’il en soit, l’idée que les banques commerciales créeraient de la monnaie (ex nihilo qui plus est) est définitivement écartée.

  10. http://www.franceinter.fr/emission-la-tete-au-carre-de-daniel-fievet-debat-autour-de-l-actualite-scientifique

    Marie-Odile Monchicourt vient parler du rajeunissement cellulaire et des dernières recherches sur les cellules souches.

    Le café est actif contre le cancer de la prostate ! Patrick Pelloux s’interresse aux phénomènes de mode, notamment concernant l’alimentation.

    Dominique Wolton, évoque le rôle de la communication dans la crise en Grèce.

    Un bout de l’île de la Réunion brûle… Florian Kirchner vient décrire l’impact de cette catastrophe sur la faune et la flore locales

    ==================================================================

    Wolton beaucoup plus incisif que d’habitude… :

    1)

    W : Quand vous avez dit tout à l’heure qu’il y a des espèces qui vont disparaitre, moi je travaille sur un autre sujet qui est la diversité des cultures. En 1992 la conférence de Rio lance le mouvement de l’écologie mondiale, en 2006-7 vous avez à l’UNESCO la signature d’une convention fondamentale qui pose le principe du respect de la diversité culturelle, des religions, des langues, et tout le monde s’en fout. Et quand vous dites c’est grave qu’une espèce disparaît, je vous signale qu’il y a à peu près 6000 langues dans le monde, une centaine à peu près disparaissent par an, ou tous les 2 ans, tout le monde s’en fout. Et les société humaines ne recréeront pas les langues qui disparaissent ni les cultures, l’Océan Pacifique le plus grand réservoir de langues et de cultures dans le monde, on sait très bien que ça disparaît, se concentre, que la perte de diversité linguistique c’est la perte de diversité culturelle, tout le monde s’en fout et rêve de parler anglais demain dans le monde, et on a d’un seul coup une attention exceptionnelle voire obsessionnelle sur la diversité de la nature, par contre l’homme est très méchant avec lui-même, il veut bien sauver la nature pour ses enfants par contre écraser la diversité culturelle ou la tuer par des guerres ou par seulement l’indifférence, la bêtise, la rationalité économique, le profit, tout le monde s’en fout, et je n’arrête pas de souligner ce décalage (…).et on dit si on défend les identités culturelles Oh làlà, c’est conservateur, c’est réactionnaire, ça fait du communautarisme, c’est un enjeu politique…

    F.K, P.P cette diversité écologique et cette diversité cult. c’est un peu un patrimoine commun en fait…

    W : Si on ne sauve pas les langues maternelles, il n’y aura aucune diversité culturelle demain, et donc par conséquent lutter contre la concentration des industries culturelles au niveau mondial c’est aussi fondamental que de lutter pour préserver la Réunion et autre chose et curieusement tout le monde trouve formidable qu’il y a 4-5 grosses boites qui contrôlent la totalité de l’équipement du monde là-dessus, ces industries touchent à la chose principale de l’homme en société à savoir à ne pas penser de la même manière et d’avoir le droit à la liberté (…) L’égoisme et l’indifférence de l’homme vis-à-vis de lui même est encore plus grave que concernant la diversité naturelle.

    2) Sur le référendum grec.

    ( Reprise de Une de journaux audio visuels) « Personne ne s’y attendait et l’annonce de G Papandréou fait déjà trembler les capitales européennes, l’annonce surprise de la tenue d’un référendum…

    Alors autant le dire tout de suite personne ne comprend ici ce soir la logique de cette annonce, mais GP a été clair, la volonté du peuple s’imposera à nous…

    Ce coup de théâtre a surpris tout le pays mais pas seulement …

    La question de savoir si nous voulons ou pas rester dans la zone euro…

    Bref… réactions :

    W : La crise politique se joue quasiment en direct.. alors la question que vous soulevez là c’est, dans l’économie mondiale il y a un conflit on le sait depuis la crise de 1929, Keynes l’avait dit et depuis toujours, entre les politiques et l’économie autrement dit qu’est-ce qui domine, naturellement depuis les 30 ans de dérégulation qu’on vient de voir, on a vu que l’économie l’a emporté sur tout, et les pauvres politiques courent après l’économie, donc comment rééquilibrer cela, mais il y a un troisième partenaire qui entre en ligne de jeu depuis une trentaine d’années, c’est la prodigieuse révolution de l’information, et ce qui change dans ces conflits entre politique et économie qui sont des conflits éternels, c’est que maintenant tout le monde sait tout et voit tout, n’importe quel coin du monde est au courant de la crise il la vit en direct et ce qu’on sous-estime totalement c’est l’effet de cette mondialisation de l’information qui est un progrès, sur les conséquences du point de vue de la communication et qu’est-ce que les citoyens font de cette information qu’ils reçoivent et naturellement plus ils voient ce désordre mondial, plus ils voient la difficulté des politiques à faire de l’arbitrage à l’explosion économique plus naturellement cette information renforce la colère. Et renforce le sentiment que disent très bien les grecs, ce ne sont pas nos dettes. Et du coup on voit apparaître en grandeur nature y compris chez les indignés qui campent à N.Y que finalement ils disent nous sommes les 99%, autrement dit cette mondialisation débridée accentues les inégalités, et tasse la classe moyenne dans le monde. Et du coup cette mondialisation de l’information renforce le fait que les gens ne sont pas prêts à accepter ! Et le débat qu’on vient d’avoir sur faut-il ou pas un référendum en Grèce, renvoie à quelque chose de plus en plus profond c’est que dans le plus grand espace démocratique du monde, l’Europe avec 27 pays, 500 millions d’habitants, et des peuples civilisés, cultivés, intelligents, on ne pourra pas leur dire n’importe quoi sans qu’ils se révoltent d’une manière ou d’une autre donc le coup du référendum, la question de fond est jusqu’où les politiques pourront-ils avancer tous seuls pour réguler l’économie sans demander aux peuples leur sentiment et surtout sans faire payer aux peuples, des conséquences négatives de spéculations financières qui ne les concernaient pas du tout. Cette mondialisation de l’information va accentuer la capacité critique des citoyens. Et les politiques comme les banquiers ou les financiers font comme si ça n’existait pas ! Vous avez de plus en plus d’information, presse, radio, télévision, internet, de plus en plus de critique de la part des citoyens et l’on fait comme si on peut se taire… etc

    M.O.M : mais ça va faire évoluer les chose qm..

    W : Attendez… qu’est ce qu’on a dit de la proposition de G Papandreou, quelle espèce de salaud, or l’idée de faire un référendum (…) mais l’idée de demander aux peuples d’accorder ou non leur confiance politique n’est pas stupide vu que l’Europe est avant tout un projet politique… mais si l’économie domine, c’est normal que la question du référendum se pose etc. Et moi ce qui m’a frappé durant ces 48 h c’est qu’on trouvait que c’était inadéquat, inadmissible, pervers, de vouloir faire un référendum, mais si demain ce sont des révoltes ont va traiter les peuples européens, asiatiques et latino-américains demain, de sauvages ? Autrement dit puisqu’on donne la possibilité par les progrès de l’information que les citoyens assistent aux conflits et contradictions par définition il faut leur demander leur avis, et ça ouvre une obligation de réinventer une politique démocratique pour ne pas considérer qu’on peut imposer n’importe quoi aux peuples, sans qu’ils ne se révoltent et ce qui me frappe c’est que on fait comme si l’information était une donnée neutre – cette information diffusée, appropriée par les peuples et individus, débattue contradictoirement, ça va naturellement modifier complètement le jeu politique et va obliger un jour les financiers et banquiers à être un peu plus modeste, plutôt que de nous annoncer tous les 6 mois, les hyper-profits qu’ils font ! Et on fait comme si cette mondialisation de l’information n’avait pas de conséquences c’est ça la question qui est superbement posée cette crise grecque, j’ajoute que pour l’Europe c’est invraisemblable que l’on soit autorisé à dire que les grecs ne soient pas capables de faire des économies que c’est tous des menteurs des spéculateurs, qu’ils n’auraient jamais du rentrer dans l’Europe etc, etc, mais, aucun pays de l’UE n’est rentré avec les critères qui correspondaient, donc ce qu’on dit pour les grecs on peut le dire pour 80% des peuples de l’UE, mais ce qui est invraisemblable c’est on ne tient pas compte de ce que c’est les grecs, on fait pas d’études de comparatisme, on ne compare pas les grecs aux espagnols, italiens polonais, etc c’est toujours l’autre qui est un salaud c’est bien connu, le grec est un salaud comme toujours, nous les français on est formidables et l’allemand encore plus formidable, etc. on ne peut pas faire l’Europe avec des visions qui consistent à diviser les uns des autres, ça va alimenter le populisme etc…arrêter de dire n’importe quoi contre l’autre, pour dire qu’on est bon, on prend les gens pour des idiots on s’imagine qu’ils ne verront pas…quand est-ce qu’on va comprendre que les peuples ne sont pas des abrutis, qu’on ne peut pas leur faire payer n’importe quoi, et qu’à partir du moment où on leur donne l’information, eh bien ils sont de plus en plus critiques.

    Il y a 2 solutions, ou bien ce petit nombre l’élite financière et banquière qui spécule au niveau mondial va comprendre qu’elle doit faire un minimum de régulation et qu’elle ne peut plus prendre la mondialisation comme un terrain de spéculation toutes les nanosecondes, et ça c’est la vision optimiste et rose, et la vision réaliste c’est qu’il va y avoir une réaction des peuples, et quand les peuples vont se révolter faudra pas s’étonner qu’ils se révoltent en disant on ne veut pas payer les dettes de cette spéculation, et la politique démocratique est à gérer entre les deux…ce qui est frappant dans cette crise grecque, 1 on fait pas assez de comparatisme, on en respecte pas assez les autres partenaires, ont considère qu’ils ont toujours tort, on ne met pas en cause directement les responsables, et quand on voit au G20 qu’ils sont péniblement en train de mettre sur pied une taxe sur les transactions financières, mais quand on répète ça 24/24 dans le monde qu’il y aura peut-être une taxe …. c’est cette inégalité qui est terrible….

    F.K ou P.P plutôt … Et ils avaient surtout décidé de mettre fin aux paradis fiscaux. Ils ont été incapables de le faire. Et pourtant dans ce G20 c’est toutes les plus grandes puissances militaires qu’il y a sur la planète, donc s’ils avaient envie d’appliquer ou d’envahir certains paradis fiscaux …

    (…) référendum en France :

    Qu’est-ce qu’à fait l’élite, d’ailleurs quelle élite, franchement, bon bref, quand on voit leur incapacité à gérer la crise …toujours est-il qu’ils ont réussi à contourner, à ne pas résoudre les questions posées par le peuple lors du TCE, notamment sur l’environnement … on est complètement dans le mur, prenez toutes les métaphores que vous voulez, on est dedans, mais il arrive un moment, on ne sait pas quand, on ne sait pas ce qui a déclenché en 1789 que les femmes ont dit, ça suffit on n’a plus rien à bouffer, et hop c’est le démarrage d’une révolution, vous ne savez pas en Tunisie le moment qui fait que… ça flambe. Mais il est certain que vous avez une élite appelons là comme ça mais je trouve que ça ne veut absolument rien dire, mais une élite qui se croit élite, et qui ne se rend pas compte que nous sommes en effet comme sur l’île de la Réunion, le feu touche l’humus et est en train de se propager, ils ne le voient pas, ils ont tort.

    W : pour éviter les révoltes parce que par définition quand il y a des révoltes massives et des révolutions par la suite on ne sait jamais comment cela va se terminer, il y a à organiser avant ces révoltes, et la cécité actuelle est grave car elle va vers la révolte, des processus politiques neufs qui tiennent compte du fait que les citoyens voient tout et qu’ils ne sont pas prêts à accepter n’importe quoi, et c’est cette intelligence du changement complet du modèle démocratique qui n’est pas du tout vu par l’ensemble des élites et qui risque de se terminer en révolte et en révolutions, il y a des solutions avant d’en arriver là mais en tout cas quand il y a des mouvement d’indignés ce n’est pas la peine de dire qu’ils sont des abrutis gauchistes, parce qu’avant d’arriver qu’ils se mettent en place il a fallu des années d’accumulation donc il y a un retard énorme de l’analyse (….)

    FIN..

      1. Oui mais comme d’habitude, ce sont des non-matheux qui s’y collent, et il a omit de dire que non seulement il y a un conflit entre les politiques et l’économie depuis Keynes, et un conflit éternel qui plus est, mais c’est pareil, s’il avait ouvert J.B. Say il aurait vu qu’il y a un conflit entre l’économie et les mathématiques, c’est pourquoi ce système est si difficile à « sauver ».

        Les politiques ne peuvent pas lutter contre des maths, et si on injecte de l’argent ici et dans une tentative d’atteindre l’éternité du système alors, il faut abréger les maths et cela suppose que l’on sorte du système.

        Une autre chose que je voudrais souligner est que tout ce que vous écrivez est éternel, on n’a pas encore pris conscience du fait que l’internet est une mémoire absolue consultable dans 125 000 ans, qu’il n’y aura plus de passé ; vous avez la responsabilité énorme d’écrire pour maintenant et les siècles des siècles, et Sarkozy peut bien raconter n’importe quoi le tribunal de l’Histoire est là et le jugera pour l’éternité.

        Il n’y a pas seulement les indignés mais carrément l’Humanité à venir qui regarde toute entière ce que nous fabriquons ici ! C’est pourquoi tout le monde devrait se comporter avec dignité. Les actes de chacun sont sans oubli, consignés pour toujours, et non pas archivés dans des bibliothèques poussiéreuses et ouvertes aux seuls scribes assermentés et quelques rares docteurs, comme les mérovingiens ou Jeanne d’Arc ! Les archives ne se perdent plus et sont accessibles à un clic de souris ! Et pour tous ! c’est pourquoi ils ont raison de dire qu’ils n’oublient pas, les indignés !

        Le passé ne passe plus, il est présent comme au premier jour, l’information est exempte d’oubli, un peu comme le Christ. Dieu si l’on veut s’inscrit dans le temps mais à partir de Zéro il est, malgré sa disparition eh bien là c’est l’équivalent. Le jugement dernier de chacun est ici réellement sur terre, c’est l’internet. Chacun passe tel qu’il est directement sans transition et sans fard à la postérité. On a un recul de 10 ans, mais.. dans 100 ans les infos d’aujourd’hui seront toujours consultables…

        Les traces que l’on laisse sur l’internet, l’auto-fichage soit-disant ce n’est pas l’employeur qui sera le plus malveillant, plutôt l’humanité future qui le sera ! Si la dette est un bras que l’on tend vers l’avenir pour en préempter les richesses, l’internet est une fenêtre par où l’avenir déjà vous regarde tous et se moque de l’insondable bêtise de « l’élite », qui n’a d’égale que l’obscurantisme du moyen âge comme le dit Ziegler.

      2. Le jugement dernier de chacun est ici réellement sur terre, c’est l’internet.

        Tudieu ! V’la t’y pas qu’le Big brother aurait bien bouffé son chapeau mais l’aurait rendu aussi sec – et intact !…. au Big Father !
        L’oeil était l’internet et regardait Caïn…

      3. @lisztr

        …dans 125 000 ans…

        Dans 125.000 ans? On n’en aura plus rien à faire. De Sarkozy comme de n’importe qui d’entre nous…

      4. @ Bruno

        Eh si, au moment de mourir on saura qu’on ne peut plus rien changer aux tribulations effectuées ici bas . Les personnages publics ne laisseront que cette trace, cette « empreinte » pour le coup dans la mémoire des hommes à laquelle ils ne pourront plus rien ôter ni ajouter, et c’est justement ce qui devrait les traumatiser. Seule l’Histoire continue, Dieu c’est la multitude ; j’avais pensé à votre argument du genre Marc Aurel. Du genre Qohelet, « celui qui s’adresse à la foule ». Je ne pense pas. Lorsque des millions de gens vous regardent et vous jugent, cette image vous affecte nécessairement. 65 millions de personnes, toute la France vous déteste…. Marc Aurel a pu écrire que la postérité ne le concernait pas, par déni, justement parce qu’il avait déjà un problème avec elle. Pour une ambition sans limites cela peut avoir une importance, l’avenir, la renommée etc. Et la mauvais renommée affecte nécessairement. D’où le danger également de « vengeance » des élites vis-à-vis des populations qui les rejettent.

        La position nihiliste conduit logiquement au suicide, sinon ce n’est pas sérieux. Chacun tient à la vie par conséquent à l’estime d’autrui.

        Si vous voulez on peut s’en foutre, mais c’est comme si d’une certaine façon, l’avenir était déjà là, car la mémoire est devenue inaltérable, sans oubli ; l’éternel présent sans doute, le papier ne jaunit pas, les photos ne ternissent pas, les statues ne perdent plus leur nez ou leur bras…. le temps n’altère plus la mémoire universelle. La contrainte de lumière comme dirait Célan :

        Lichtzwang (Contrainte de lumière)

        Ce néologisme apparaît dans ce poème de la première section :

        WIR LAGEN
        schon tief in der Machia, als du
        endlich herankrochst.
        Doch konnten wir nicht
        hinüberdunkeln zu dir :
        er herrschte
        Lichtzwang.

        NOUS GISIONS
        déjà au plus profond du maquis quand tu
        t’es approché en rampant.
        Mais nous ne pouvions pas
        ténébrer vers toi :
        il régnait
        la contrainte de lumière.

        http://lexiconangel.blogspot.com/2010/07/lichtzwang-paul-celan.html

      5. @lisztfr

        C’était juste une boutade de ma part. 😉

        D’où le danger également de « vengeance » des élites vis-à-vis des populations qui les rejettent.

        Parfaitement exact! Et là, nous sommes dans le concret, dans le présent, ou dans le proche avenir. Dans des cas extrêmes – l’histoire nous en présente de temps en temps -, cela peut être perdu d’avance, tout étant technologiquement et technocratiquement en place pour répondre de manière graduée à certains « débordements » – ou estimés comme tels -, éventuels, des foules, avec tout son lot de malheurs…

        Je suis étonné certaines fois sur la maturité « des foules » (cela ne peut être de l’inconscience, le diagnostic étant largement partagé), d’éviter les postures extrêmes, dont on peut estimer que « l’adversaire » n’attend que ça, pour se faire valoir. Un exemple? L’esprit de ce qu’on appelle « les indignés », apolitique et non-violent. En espérant que ces mouvements ne soient pas récupérés par « le système », ce qui signerait leurs fins à courte échéance…

        Il y a une certaine « luminosité », en ce comportement collectif: une certaine « noblesse »? La maturité est là.

        Cela peut-être dû à la profondeur de l’histoire qu’ont certaines contrés: on ne la leurs refait pas! Pas plus d’une fois, au cours du siècle…

        D’où tout l’intérêt du devoir de mémoire.

        « Ce que tu gagneras par la violence, une violence plus grande te la fera perdre. » Gandhi

  11. L’objectif réel des stratégies lises en œuvre n’est pas la réduction de la dette mais l’accroissement de la dette, qui est un placement financier important
    Il y un mensonge terrible quand les politiques prétendent vouloir réduire la dette alors qu’ils s’emploient à en assurer la croissance

    entendu sur
    http://www.m-pep.org/spip.php?article2431

  12. Je pense que malgré l’avalanche de moyens médiatiques déployés ces 2 dernières semaines, les yeux commencent à s’ouvrir.
    Mais que d’énergie déployée pour étouffer la simple logique, le simple bon sens.
    Derrière des discours de raison très bien construits se cache un mépris de la démocratie la plus élémentaire.
    Il suffit de bien écouter les réponses pleines de défiance données à quelques journalistes qui osent poser les vraies questions.
    De plus, ces dernières semaines, on assiste dans les médias français à une expression quasi-unilatérale d’experts auto-proclamés. Les autres semblent interdits d’expression ou ridiculisés lorsqu’ils sont malgré tout invités sur les plateaux de télévision.
    La démocratie est en panne sèche. On avance tout droit vers une crise politique mondiale après les crises financières, puis économiques, puis sociales. Nous en avons eu le premier aperçu en Grèce.

    1. les réponses pleines de défiance données à quelques journalistes qui osent poser les vraies questions.

      Quels journalistes? Quelles questions?

      1. Oui, d’accord, avec vous, ce ton n’est pas du genre à maintenir le calme « dans les chaumières »…

        Ce qui m’a frappé, c’est dans l’affaire grecque, la manière de s’insérer dans des affaires strictement internes à la Grèce (même si avec de graves conséquences par ailleurs). Que ne dirait-on pas s’il s’agissait de la France?

        De plus – et je prend le risque de le dire -, sur la forme, il y a un problème de vulgarité, que l’on retrouve à de multiples reprises (sans même aller jusqu’au célêbre: »Casse-toi, pauv’ con! »), de la part du représentant suprême de notre République.

        La question que je me pose: est-ce voulu (calcul politicien vis-à-vis d’une partie de l’électorat)? Je suis incapable d’y répondre.

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