Archives par mot-clé : Jean Tirole

Namur, Conférences du Samedi, Vers un nouveau monde – Questions de la salle, le 23 mars 2019

Ouvert aux commentaires.

Sylvain Laurens, Les courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles, Agone, 2015

François Quesnay, Tableau économique de la France, 1759

La vidéo de mon exposé – avant les questions de la salle – se trouve ici.

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L’avenir dans un rétroviseur : Une lecture de l’Économie du bien commun de Jean Tirole, par Jean-Michel Servet

Billet invité.

Sans nul doute l’Économie du bien commun, ouvrage de Jean Tirole paru au printemps 2016 [1], a été au programme des lectures de vacances de nombreux économistes francophones et d’autres spécialistes des science sociales ou citoyens soucieux de s’informer des questions économiques. Pour ceux-ci la notoriété de cet auteur récipiendaire en 2014 du prix dit « Nobel d’économie » a pu être un attrait. Continuer la lecture de L’avenir dans un rétroviseur : Une lecture de l’Économie du bien commun de Jean Tirole, par Jean-Michel Servet

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UN MANIFESTE POUR UNE ÉCONOMIE PLURALISTE, par François Leclerc

Billet invité.

« À quoi servent les économistes s’ils disent tous la même chose ? » s’interrogent à haute voix ceux qui s’alarment de la domination à prétention exclusive des représentants de l’orthodoxie au sein de l’université française ? Le constat n’est pas propre à la France, pas plus que les réactions s’y opposant, mais le courant mainstream ne cesse de progresser. Selon le pointage des auteurs du livre, dont c’est le titre (1), les professeurs d’université pouvant être qualifiés d’hétérodoxes ne représenteraient plus que 5 % de l’ensemble du corps professoral, et leur nombre continuerait de diminuer. Or ceux-ci pilotent le renouvellement du corps, dirigent les masters, encadrent les thèses, président les comités scientifiques des revues et des colloques et sélectionnent leurs pairs.

Un « Manifeste pour une économie pluraliste » (2) est proposé à la signature, qui aurait déjà recueilli plus de 5.000 signatures, en France et à l’étranger, auprès non seulement d’économistes, mais aussi de sociologues, de philosophes, de juristes et de « simples citoyens », dans la volonté affirmée de non seulement sauvegarder le pluralisme mais aussi de décloisonner la discipline. Une association qui regroupe 600 docteurs en sciences sociales (3), dont 90 % d’économistes, a été créée sous le nom de l’Association française d’économie politique (AFEP), qui renoue avec l’ancienne appellation de la discipline, refusant de sacrifier au mythe entretenu d’une prétendue science dure des tenants du courant néoclassique, qui cherchent « à élaborer une théorie mathématique du marché pour faire de l’économie une science exacte ». Alors qu’ils n’ont rien venu venir de la crise en cours.

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« Science » économique : Les orthodoxes et les hétérodoxes

Je viens de regarder la vidéo produite par le Xerfi : Économistes néo-classiques contre hétérodoxes, où André Orléan et Olivier Favereau commentent l’excommunication des économistes dans leur genre par Jean Tirole, récent récipiendaire d’un Prix Nobel d’économie décerné par des économistes dans son genre à lui.

J’ai déjà évoqué cette question dans un récent Le temps qu’il fait, plus précisément le 30 janvier, et j’ai rappelé que, n’étant pas un économiste, il s’agit d’une question qui ne me touche pas directement, et que quand M. Quatre…r, correspondant à Bruxelles du quotidien Libé…n, écrit quelque chose du genre (je cite de mémoire) : « Jorion, un économiste ? Ah ! Ah ! », je ne peux que le complimenter de restaurer ainsi la vérité dans ses droits.

Ceci dit, comme rien de ce qui est humain ne m’est étranger (*), j’aimerais faire les remarques suivantes sur ce que l’on entend dire dans cette vidéo.

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Le « Prix Nobel » d’économie 2014

Quand j’ai appris lundi 13 que le « Prix Nobel » d’économie 2014 avait été décerné à Jean Tirole, je me suis bien abstenu de dire quoi que ce soit car si le nom m’était connu, je n’avais pas la moindre idée de ce sur quoi portaient ses travaux.

Voici cinq jours que j’ai lu tout ce que l’on peut lire à son sujet, y compris plusieurs entretiens accordés par l’heureux récipiendaire.

Ma conclusion ? Très semblable à celle d’Izabella Kaminska du Financial Times : « Ah bon ? c’est donc de ça qu’il était question dans le challenge du Seau à Glace 2014 ! »

Je lis très régulièrement les chroniques d’Izabella Kaminska dans la section « Alphaville » du Financial Times. Un test intéressant serait celui-ci : on soumettrait à un jury de personnes familières des questions économiques un ensemble de textes rendus anonymes de Mme Kaminska et de M. Tirole, et on leur demanderait lequel des deux économistes mérite un « Prix Nobel » d’économie. Je n’ai aucun doute quant à qui l’emporterait à l’unanimité du jury. Mais ce n’est pas ainsi que se décernent les Seaux à Glace.

Lecteurs du Blog de Paul Jorion, nous vous offrons ici, auteurs de billets invités, ainsi que votre serviteur, des réflexions économiques et financières incomparables à celles du « Prix Nobel » d’économie 2014. C’est en raison sans doute de cette absence de comparaison possible entre ce que nous faisons et les travaux de M. Tirole que notre budget recherche est de 1.500 € euros mensuels : le montant des dons que vous accordez très généreusement au Blog de Paul Jorion, pour que nous continuions malgré tout, vous qui n’êtes pas de grosses banques bénéficiant directement du fait que la « science » économique d’aujourd’hui soit à ce point inodore, incolore et insipide et sans rapport aucun avec l’actualité. Merci à vous.

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À propos du « prix Nobel » d’économie 2014 attribué à l’économiste français, Jean Tirole, par Franck Richard

Billet invité.

Comme chacun a pu l’entendre hier dans la journée, le « prix Nobel » d’économie 2014 a été attribué à un économiste français, Jean Tirole, pour son « analyse de la puissance du marché et de la régulation ».

Passé le moment d’euphorie (deux prix Nobel français la même année… tout de même…), mon enthousiasme a été largement douché lorsque j’ai regardé plus en détail les travaux qui avaient attiré l’attention de la Banque de Suède, à l’origine de ce prix.

On sait que cette institution ne brille guère par son originalité et par son ouverture : depuis plus de 20 ans elle a pris pour habitude d’honorer exclusivement les tenants de la pensée néoclassique. Et Monsieur Tirole n’échappe pas à cette tradition, ayant fait de la Toulouse School of Economics une réussite indéniable, mais aussi le fer de lance de l’orthodoxie libérale dans le monde universitaire (à ce titre, cette école bénéficie du soutien de grandes institutions bancaires et financières comme AXA et la BNP à hauteur de 33 millions d’€ par an). À titre de comparaison, l’École d’économie de Paris dont l’un des enseignants n’est autre que Thomas Piketty ne ramasse que des miettes (2 millions d’euros).

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