Archives par mot-clé : Léon Walras

Au-delà de la théorie néoclassique, l’économie de pouvoirs, par Sebastien Groyer

Billet invité.

L’économie de marché séparée du capitalisme implique une critique de la théorie néoclassique et l’intégration du pouvoir comme constituant incontournable alors qu’il était jusque-là laissé de côté. Le premier à avoir établi les bases de l’économie néoclassique est Léon Walras[1] en 1874, en créant un équilibre général théorique sous condition de concurrence parfaite. Cette théorie néoclassique sera largement critiquée pendant le XXème siècle par l’incapacité à faire survenir l’équilibre général ainsi que par l’irréalisme des conditions de départ.

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« Penser tout haut l’économie avec Keynes » (Odile Jacob 2015), La rareté comme facteur explicatif du prix

Paul Jorion, « Penser tout haut l’économie avec Keynes », La rareté comme facteur explicatif du prix, pp. 194-199

La rareté comme facteur explicatif du prix

L’économiste italien Alessandro Roncaglia, dans son ouvrage intitulé Sraffa and the Theory of Prices, explique les différents usages qui ont été faits de la notion de rareté en science économique :

« Pour les économistes classiques […] les biens sont considérés comme rares par rapport aux besoins et aux désirs au sens où pour tout bien en particulier la quantité disponible à un moment donné est inférieure à la quantité qui serait requise pour épuiser la demande si son prix était de zéro » (Roncaglia 1978 : 5).

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Utilitarisme / anti-utilitarisme : quel socialisme pour la survie de l’espèce ? par Félicien Baumel

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Monsieur Jorion,

Je me permets de solliciter votre attention sur un passage très important de votre livre Le dernier qui s’en va éteint la lumière que je prends plaisir à relire et qui situe très bien les enjeux de notre siècle.

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique, entretien réalisé le 21 mars 2016 (texte complet)

Ouvert aux commentaires.

I- La « mentalité primitive »

Jacques Athanase GILBERT

Votre parcours est particulièrement atypique, marqué en particulier par cette étonnante transition du chercheur au blogueur. Au-delà, votre pensée s’enracine dans le champ de la transdisciplinarité, empruntant à la fois à la philosophie, à l’anthropologie, à la sociologie et à l’économie. Comment appréhendez-vous cet itinéraire ?

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique (XII), L’argent, entretien réalisé le 21 mars 2016

Ouvert aux commentaires.

Franck CORMERAIS

Votre questionnement des origines tel que vous le formulez au sein de l’anthropologie des savoirs n’est-il pas une préfiguration de l’anthropologie de la monnaie, en particulier quant à son rapport à la violence ? Envisagez-vous, à travers votre critique de la finance, une anthropologie économique de la monnaie ?

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À propos du « prix Nobel » d’économie 2014 attribué à l’économiste français, Jean Tirole, par Franck Richard

Billet invité.

Comme chacun a pu l’entendre hier dans la journée, le « prix Nobel » d’économie 2014 a été attribué à un économiste français, Jean Tirole, pour son « analyse de la puissance du marché et de la régulation ».

Passé le moment d’euphorie (deux prix Nobel français la même année… tout de même…), mon enthousiasme a été largement douché lorsque j’ai regardé plus en détail les travaux qui avaient attiré l’attention de la Banque de Suède, à l’origine de ce prix.

On sait que cette institution ne brille guère par son originalité et par son ouverture : depuis plus de 20 ans elle a pris pour habitude d’honorer exclusivement les tenants de la pensée néoclassique. Et Monsieur Tirole n’échappe pas à cette tradition, ayant fait de la Toulouse School of Economics une réussite indéniable, mais aussi le fer de lance de l’orthodoxie libérale dans le monde universitaire (à ce titre, cette école bénéficie du soutien de grandes institutions bancaires et financières comme AXA et la BNP à hauteur de 33 millions d’€ par an). À titre de comparaison, l’École d’économie de Paris dont l’un des enseignants n’est autre que Thomas Piketty ne ramasse que des miettes (2 millions d’euros).

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La concurrence et l’au-delà de l’individualisme, par Baptiste Carré

Billet invité. Comme l’auteur du billet espère bénéficier d’un dialogue avec ses lecteurs, les commentaires sont ouverts.

Pour l’obtention du Master de Science politique spécialité Théorie politique de Sciences Po Paris, j’ai travaillé sur la concurrence et rédigé un mémoire consacré à la théorie concurrentielle de la démocratie qui conçoit la démocratie d’abord sous l’angle de la compétition politique, là où d’autres théories de la démocratie mettent l’accent sur le bien commun et la délibération.

Ce mémoire se veut plus large et cherche à relier cette théorie politique à la théorie économique de la concurrence, mais surtout s’efforce de poser la question de l’individu en concurrence, du point de vue de l’anthropologie sociale de Louis Dumont : si nos sociétés sont d’idéologie individualiste, dans le sens où elles ont pour valeur fondamentale l’individu, comment acceptent-elles que l’individu puisse être si malmené par la concurrence, par exemple lorsque son emploi est délocalisé ou que la sécurité sociale doit être « réformée » pour éviter d’autres délocalisations ?

En cherchant une « idéologie de la concurrence », il m’est apparu qu’elle était double, que se distinguaient deux théories de la concurrence, une théorie « néo-classique », issue de Léon Walras et perpétuée par les auteurs marginalistes, et une théorie « néo-libérale », que j’appelle aussi « théorie diffuse » de la concurrence, née des critiques schumpétérienne et néo-libérales de la théorie néo-classique. Je détaille cette opposition et montre comment elle se retrouve dans la théorie concurrentielle de la démocratie, qui est, de ce fait, elle aussi double.

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KEYNES ET LES ÉCONOMISTES : DEUX CONCEPTIONS DU MONDE INCONCILIABLES

Le Treatise on Probability sur lequel Keynes aura travaillé durant huit années avant la guerre de quatorze paraîtra finalement, partiellement réécrit, en 1921. C’est un ouvrage académique, sans rapport dans son style avec son Economic Consequences of the Peace, paru deux ans auparavant, livre au contraire sensationnaliste, accusateur, aux portraits mordants d’hommes d’État vedettes de l’actualité, et qui sera lui un succès de librairie.

Dans son traité, Keynes a rebâti une théorie des probabilités sinon à partir de zéro, du moins à partir de ses fondations dans la période où débute sa mathématisation au XVIe siècle avec Jérôme Cardan (1501-1576), puis au XVIIe avec les Pascal, Huygens, Fermat, etc. Le livre est iconoclaste parce qu’il refuse le jeu habituel qui consiste à considérer que les « autorités » du moment sur la question ont automatiquement raison et qu’il suffit d’élaborer et de broder à partir de leurs enseignements qui contiennent leurs certitudes.

Le lecteur de 1921 se trouve alors devant un choix : soit il aborde le sujet avec les œillères que lui proposent les « autorités » en question et le livre de Keynes lui apparaît sous le jour que celles-ci souhaitent : comme une bizarrerie produite par un excentrique coupé de la profession, soit il aborde le sujet l’œil ouvert et les sens aux aguets et le Treatise on Probability lui semble ce qu’il convient effectivement d’écrire sur le sujet et, par comparaison, les livres contemporains qui parlent de probabilité lui apparaissent guindés, prisonniers des conventions d’une profession académique et de ses « jeux de langage » pour reprendre l’expression de Wittgenstein, et à tout prendre, naïfs.

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