De l’anthropologie à la guerre civile numérique (XII), L’argent, entretien réalisé le 21 mars 2016

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Franck CORMERAIS

Votre questionnement des origines tel que vous le formulez au sein de l’anthropologie des savoirs n’est-il pas une préfiguration de l’anthropologie de la monnaie, en particulier quant à son rapport à la violence ? Envisagez-vous, à travers votre critique de la finance, une anthropologie économique de la monnaie ?

Paul JORION

Mon appréhension de la monnaie n’est pas keynésienne. En effet, je la considère fondamentalement neutre. Keynes discute sur ce point la position de Silvio Gesell, qu’il imagine devoir connaître une postérité plus grande que Marx lui-même. Anarchiste allemand, Silvio Gesell propose d’instituer la monnaie fondante que, ironie de l’histoire, les banquiers centraux sont en train de réinventer via la fixation de taux d’intérêt négatifs. La modification des propriétés de la monnaie permettrait, selon Gesell, de modifier l’ensemble du système. Il conviendrait, pour y parvenir, de conférer aux billets une durée de vie limitée. Pour les maintenir en circulation au-delà de ce terme, les usagers devraient s’acquitter d’un timbre. Si le billet concerné équivaut à 20 euros et que le coût du timbre est fixé à 2 euros, la valeur du billet serait, de fait, ramenée à 18 euros pour son détenteur. Dans cette perspective, les usagers auraient tout intérêt à dépenser au plus vite leur argent.

En tout état de cause, Keynes estime que la monnaie recèle en elle-même une forme de violence. Il me semble que si les choses lui apparaissent sous ce jour c’est qu’il a omis de prendre en compte le rapport de force qui se dévoile dans une perspective aristotélicienne et bourdieusienne. Ce point est particulièrement saillant lorsqu’il invoque des mécanismes psychologiques telles que la psychologie des foules ou le mimétisme pour expliquer le fait que les acheteurs achètent quand le prix monte et que les vendeurs vendent quand il baisse, alors que la perspective de réaliser un gain ou de minimiser une perte constitue une explication suffisante.

Dès lors que l’on considère que les transactions commerciales ont pour fonctionnalité première de reconstituer l’ordre social à l’identique, on peut aisément admettre la neutralité de la monnaie. Postuler le contraire permet uniquement de masquer la violence de la société en tant que telle. Je défends cette position après avoir travaillé 18 ans dans les milieux financiers. J’ai eu cet outil entre mes mains en permanence mais, plus essentiellement, j’ai découvert l’ensemble des structures de pouvoir construites autour de l’argent. Celles-ci sont réelles mais n’émanent pas des propriétés de l’argent en tant que tel mais du système capitaliste au sein duquel l’argent circule pour nous. S’en prendre à l’argent c’est prétendre guérir en s’attaquant au symptôme plutôt qu’à la cause véritable du mal.

Franck CORMERAIS

Ces structures sont liées à l’accumulation d’argent. Le capital s’alimente par l’argent compris comme une réserve de temps. Selon vous, l’argent doit plutôt être compris comme une technologie fluidifiant les échanges.

Paul JORION

L’intérêt repose sur deux composantes essentielles : le rapport de force entre le prêteur et l’emprunteur et le reflet de ce rapport de force que constitue la prime de risque. Ainsi que je le démontre dans Le prix, cette dernière dispose d’une réalité intrinsèque. Pour illustrer comme le faisait Aristote, il est moins risqué pour un maçon de construire la maison d’un dentiste que d’un technicien de surface. La prime de risque est donc justifiée par l’ordre social. C’est le risque que présentent l’un pour l’autre le prêteur et l’emprunteur qui va déterminer l’élément essentiel du taux d’intérêt, en sus d’une part de la croissance que produit l’économie bon an mal an (le fruit des « aubaines »). Walras, quant à lui, sait ce qui fait varier le prix, c’est la rareté : « … j’appelle rareté ou r une cause proportionnelle à la valeur d’échange ». La rareté, c’est ce qui fait pour lui qu’un prix est tel qu’il est et pas autrement. Le prix monte ? c’est que la rareté a augmenté ! Le prix baisse, c’est que la rareté est moindre ! L’argument est parfaitement circulaire et donc irrecevable – ce qui ne l’empêche pas de nous sembler aller de soi depuis un siècle et demi ! Quand on en est à ce degré de mystification comment voulez-vous que le prix apparaisse comme déterminé par un rapport de force ?

Par ailleurs, la seule possibilité d’éliminer le rapport de force est de passer à la gratuité. Une telle dynamique irrigue le postulat du plein-emploi que Keynes formule en 1936. Celui-ci ne doit pas être compris comme un essentialisme. Keynes, constatant qu’il est impossible de créer un consensus parfait entre les citoyens, défend l’opinion qu’il est cependant possible de réduire délibérément les dissensions et le ressentiment qui traversent la société grâce au levier du plein-emploi. Keynes, en 2016, reconnaîtrait certainement que celui-ci n’est plus atteignable en raison de la robotisation et de la logicièlisation. Il me semble que la gratuité sur l’indispensable est actuellement le seul moyen de réduire les dissensions sociales.

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29 réflexions sur « De l’anthropologie à la guerre civile numérique (XII), L’argent, entretien réalisé le 21 mars 2016 »

  1. Rapport de forces et durée de vie des sociétés

    La présence d’une hiérarchie au sein d’une espèce sociale me paraît consubstantielle.
    La préservation de cette dernière est garante de stabilité. Que le rapport de forces en soi moyen me paraît aussi consubstantiel.
    Si le prix d’une transaction conserve l’ordre social (le rang, la caste, la classe etc.. )de leur acteur alors je conclue que sous l’ère industrielle où l’argent a remplacé la terre, les intérêts concentrent l’essentiel du rapport de forces.
    L’époque délirante des taux négatifs prive l’oligarchie de son arme de domination. Logiquement elle se rabat en dépouillant les classes inférieures ce qui déstabilise tout l’édifice.
    L’employé ne peut plus acheter les machins, les usines à machin font faillite malgré les robots et finalement les riches achètent des armes et de la chaire à canon pour éliminer ses anciens pots pleins de soup.
    Tout ceci de manière frénétique car la valeur de l’argent fond comme neige au soleil d’une planète qui se rechauffe.
    Comment éviter cet enchaînement fâcheux ?

  2. Une question me trotte dans la tête depuis trop longtemps pour que je ne me décide à enfin la poser.
    Pourquoi un groupe d’humains au sein duquel ses membres souhaitent échanger des  »produits » et des  »services » aurait-il besoin de confier à certains d’eux le soin de gérer la monnaie ?
    La monnaie n’est-elle pas la propriété de tous ?
    Qu’est-ce qui m’échappe ?

    1. Pourquoi un groupe d’humains au sein duquel ses membres souhaitent échanger des »produits » et des »services » aurait-il besoin de confier à certains d’eux le soin de gérer la monnaie ?

      Pour assurer la stabilité des prix en ajoutant de la monnaie ou en en retirant, en fonction de la croissance (… de la masse des richesses créées).

      1. Et cela, un état ne peut pas le faire ? Au moindre coût ?
        Pourquoi recourir aux banques privées et aux fonds de toutes espèces ? Pourquoi les laisser prélever une part exorbitante sur un outil qui appartient à tous ? Cette prédation n’est-elle pas révoltante et surtout le cœur du capitalisme dont il faudrait plaider pour la fin si l’on veut commencer à enrayer le processus de destruction de la planète ? Mais hélas j’ai lu  » Le dernier qui s’en va … »

      2. « Pourquoi recourir aux banques privées et aux fonds de toutes espèces ? »

        La CONCURRENCE ! qui fait baisser les prix, produit une meilleure qualité dans le privé que dans le secteur public (beuark ! que des feignants !) et surtout, montre l’homme sous son meilleur jour !

        wolf

      3. Ah ben non, ça n’est pas systématique, la concurrence peut au contraire permettre à ceux qui exercent leur métier avec maestria, honnêteté, passion de ne pas brader les prix alors que le secteur public, hélas, se fait trop souvent berner et instaure des normes et des règles draconiennes à ces derniers qui du coup, ne peuvent pas s’en sortir à cause de ces absurdités du secteur public qui fait la loi. Les exemples sont nombreux. Paul, pas de parti prix idéologique caricatural, siouplait

  3. « la seule possibilité d’éliminer le rapport de force est de passer à la gratuité », c’est bien pour ça qu’on en est là.
    La gratuité c’est le monde animal, sauvage, celui que la classe moyenne regarde de haut, d’où elle méprise le cas social incapable de contracter un crédit et de s’enchaîner au système. La classe moyenne a un rapport passionné à l’argent, le mimétisme est illustré à merveille par les petites combines pour s’en sortir mieux, système D comme défaite, la gratuité pour la classe moyenne c’est le téléchargement qui vole les artistes peu diffusés par le système alors qu’elle a les moyens mais c’est plus « smooth » ainsi.
    Après avoir longtemps tergiversé autour de cette question d’égalité, j’en conclus qu’elle n’existera jamais, qu’elle n’a aucun fondement éthique. Dans un système démocratique, chaque voix compte, et la majorité l’emporte, le rapport de force devrait profiter au peuple mais il sert encore et toujours les puissants.
    Si l’on revient aux fondamentaux du libéralisme avec Mandeville (man devil), comment ne pas valider sa thèse comme quoi c’est le vice qui fait que l’on peut subvenir à nos besoins, à chacun par la suite de ne pas faire pareil, mais voilà, comme dirait Shakespeare « L’enfer est vide, tous les démons sont ici. »
    La monnaie coulante est une belle image, n’oublions pas que la richesse provient du bas, ce n’est pas un prêt pour un rendu, il y aurait bien trop d’intérêts à payer, c’est un vol et justice doit être rendue.
    L’argent c’est magnifique quand il est partagé, quand il y en a partout! Il n’y a plus rien de gratuit, nous ne reviendrons pas de si tôt à la bonhomie passée, on se rapproche presque des potages qui faisaient sourire PJ avec le film Demain.

    1. « Il me semble que la gratuité sur l’indispensable est actuellement le seul moyen de réduire les dissensions sociales. »
      C’est une aumône républicaine. Pourquoi (hein?) ne pas enlever la TVA sur les produits de première nécessité et taxer franchement le luxe. Imposer le travail est une hérésie pour une politique de la demande.

    1. Le thermomètre est un excellent outil, d’autant qu’il ne mesure rien mais repère les effets de l’agitation thermique.
      Il y a cependant une limite (presque) connue: le zéro absolu… à relier au « [le] dernier qui s’en va éteint la lumière » !
      On aura ainsi trouvé la limite de l’autre bout.

      D’ici là, si nous savons quantifier l’agitation Brownienne, nous avons bien du mal à la qualifier… ou, plutôt, à tirer profit de son observation.

    2. « Il me semble que la gratuité sur l’indispensable est actuellement le seul moyen de réduire les dissensions sociales. »

      Oui, absolument !

      http://www.eaufrance.fr/comprendre/l-eau-potable-et-l-assainissement/services-publics-de-l-eau-et-de-l

      À défaut de gratuité un coût viable et équitable pour chaque citoyen consommateur, que l’eau, bien commun vital par essence, soit de droit et d’usage public et administrée uniquement par un service public et/ou privé MAIS par une gestion d’UN BIEN COMMUN VITAL au service de l’intérêt général, au lieu et place d’être confisqué par des entreprises privées qui vendent et font des profits sur un bien exploité à très bas coût qui appartient à des États et en épuisant les sources et les nappes phréatiques utiles et essentielles à la vie de ces états voire de ces pays.

      Comme le disait un habitant du Maine aux US : « quand nestlé prélève pour un montant dérisoire en contournant nos lois et en faisant un lobbying intensif, fait des profits faramineux et vend de l’eau en bouteille qui pour nous alimente notre consommation quotidienne d’une eau de source pure et jusque là préservée, mais qu’est ce que ça veut dire ? C’est notre BIEN COMMUN , mais qu’est que c’est que cette plaisanterie ? »

      Vu hier soir. A regarder d’urgence ! Edifiant : http://www.arte.tv/guide/fr/041127-000-A/nestle-et-le-business-de-l-eau-en-bouteille

      Bien public, gains privés

      « À Fryeburg, dans le Maine, un tribunal a autorisé Nestlé à ouvrir une deuxième station de pompage, alors que les habitants s’étaient mobilisés pour tenter d’empêcher ce qu’ils considèrent comme un pillage de leurs ressources collectives. Dans la première, installée sur un terrain privé, la multinationale paie dix dollars au propriétaire pour 30 000 litres d’eau… Mais si, aux États-Unis, le groupe s’efforce de se concilier les populations en se montrant « bon voisin » (quitte à leur offrir en bouteilles l’eau qui coule de leurs robinets !), il ne prend pas les mêmes gants avec les villageois démunis du Pakistan. Ceux qui, dans la région de Lahore, ont demandé par pétition à pouvoir bénéficier de l’eau pompée sur leur nappe phréatique par l’usine Pure Life, filiale de Nestlé, n’ont pas eu de réponse. »

  4. Et qui mesure l’indispensable quand on sait que tant de familles se serrent la ceinture sur la nourriture, la santé, l’éducation de leurs enfants pour s’offrir des gadgets technologiques, vestimentaires et autres futilités et loisirs indispensables à leurs yeux.
    On ne pourra pas incriminer le capitalisme mais la mauvaise utilisation de l’argent, peu importe l’appartenance politique, si tant est que cela importe à la majorité des populations. On vote, hélas, davantage pour les chimères et … circenses, puis on feint de ne pas comprendre pourquoi tant de malheurs s’abattent sur la cité

    1. Cela ne sert plus à rien de capitaliser des ressources matérielles ni financières qui nous mènent vers plus d’entropie, aujourd’hui il faut capitaliser de l’information qui nous mènera vers de la négentropie dès que cette information deviendra connaissance après son utilisation.
      Voir François Roddier

      1. Habituelles caricatures plutôt que d’oser regarder la réalité en face pour changer les choses. C’est facile de pleurer sur les pauvres en disant « c’est déguelasse » et leur donner quelques aides comme une goutte dans l’océan, pour se donner bonne conscience. C’est comme ça que ça marche, on détourne les yeux mais on est des gens biens nous, pas comme ceux qui essayent de s’en sortir autrement que par la mendicité et refusent la fausse générosité de ceux qui ont quelques sous de plus, ou ceux qui gèrent les deniers de l’état.

      2. Moi ce que je trouve dégueulasse, c’est le mépris de classe, tellement bien intériorisé qu’il passe pour naturel. Vous avez su habilement vous extraire de la masse critique, pendant un court instant, pour mieux nous démontrer comme vous êtes un ardent défenseur du capitalisme; avec vous il faut croire que cet horizon est indépassable, sans doute comme étant la bonne mesure voire les bonnes mesures. Et pourquoi ne peut-on incriminer le capitalisme s’il vous plaît ? Allez comprendre.

      3. Le mépris de classe ça veut dire quoi exactement dans cet échange de quelques lignes ?
        Un travailleur pauvre qui dort dans sa voiture alors qu’il travaille 12 heures par jour pour s’en sortir ne sera pas d’accord avec ce constat. La lutte des classes il s’en fiche complètement. Il a peut être plus de talents que ceux qui lui disent de se révolter, sauf que lui, malgré son énergie et les les bien-pensants qui lui parlent de la lutte des classes et font étalage de leur culture révolutionnaire, il dort dans sa voiture et rien ne change.
        Il est pauvre parce que ce système d’assistanat généralisé ne lui permet pas de s’en sortir, lui qui pourtant travaille dur.
        Défenseur du capitalisme ça veut dire quoi ? Les vieux clichés maoïstes qui voulaient détruire le capitalisme pour que les révolutionnaires puissent accéder aux richesses que l’on étalait sous leur nez ? Le ressentiment ? On ne construit rien avec du ressentiment, on instrumentalise ceux qui en souffrent
        Je respecte Paul jorion -même si je ne le suis pas dans ses cheminements politiques- car c’est un personnage sincère, avec cette bienveillance non affectée. Et sur son blog on apprend des tas de choses. Mais se servir de son blog pour amorcer des querelles stériles sur un horizon indépassable ou pas ne fait avancer personne

      4. « Il est pauvre parce que ce système d’assistanat généralisé ne lui permet pas de s’en sortir, lui qui pourtant travaille dur. »
        Croyez-vous vraiment que nous vivons dans un système d’assistanat généralisé ?
        Croyez-vous vraiment qu’il est pauvre à cause de ce supposé assistanat ?
        Développez, sinon nous allons devoir supposer.

      5. Je vais pas perdre mon temps.
        La concurrence entre le brave homme pauvre qui se saigne aux quatre veines avec d’autres pauvres incultes qu’on engraisse inutilement, selon vos dires, je marche pas sur ce terrain bien gras.
        Faites bien de nous parler de ressentiment, le vôtre. Basta.

      6. Oui, basta le ressentiment et les leçons faciles, c’est ce que je vous ai dit dans mon post précédent au vôtre

      7. vincent : 17 août 2016
        Simple à expliquer. Certaines de nos dites élites plafonnent à parfois neuf cent mille euros par an voire plus, avec quelques 5 heures de travail par semaine, même chez les écolos. Pour préserver ces privilèges, ils redistribuent des miettes pour maintenir le « peuple » mirador qu’ils méprisent et qui le leur rend bien, mais accepte la servilité pour plein de raisons diverses et variées. Tout cela ne mène nulle part.

      8. Croyez-vous vraiment que nous vivons dans un système d’assistanat généralisé ?

        Permettez-moi de le croire.
        Quand on voit le retentissant échec de l’industrialisation de l’énergie solaire avec les PV et les éoliennes (je vous passe les détails) on peut penser qu’il n’y a pas que les travailleurs qui sont assistés, un tas d’entrepreneurs (ou qui se pensent comme tel) le sont aussi.
        Combien de fois faudra-t-il expliquer que l’économie à partir de l’énergie solaire n’a rien à voir avec une économie à partir d’énergie fossiles!

  5. Quelques flashs en vrac :

    – au même titre que la liberté ( dont celle de l’entreprise) , la recherche d’équité sociale est ( était ?) une marque de la culture occidentale . C’est d’ailleurs cette marque là qui a pu séduire des peuples d’autres cultures . Y renoncer , c’est renoncer à quoi ?

    – Attali présentait la gratuité comme l’au delà du marché .Paul Jorion comme un mécanisme de réduction des dissensions sociales . Différences de point de vue ?

    – Gratuité : Les jeux du cirque étaient aussi gratuits . Comment faire pour que la gratuité soit vraiment « sans contrepartie », et non pas « arbitraire »? Y a-t-il une gratuité « rationnelle »? Gide dirait que non .Comme il dirait que c’est ce qui nous fait homme ( mais les avancées des études sur les animaux diraient peut être le contraire aujourd’hui !) . S’il n’y a pas de gratuité rationnelle , sur quoi fonder la définition des moyens à mettre en oeuvre ?

    1. Il faut partir sur d’autres pistes que le matérialisme. Les tyrans comme Pol Pot, Castro, Mao etc. ont arraché les terres aux paysans pour en faire des fermes collectives ou de serviles esclaves travaillaient misérablement pour la prospérité du pays, et en vérité, surtout pour la prospérité des élites, nouveaux tyrans qui avaient juste changé de noms. On a vu ce que ça a donné. Les faibles cherchent alors le réconfort des forts qui les ont asservis, et ça tourne en rond. Le pouvoir corrompt …
      Les tyrans bienfaiteurs de l’humanité ont tué les gens pour les libérer ! Ils ont surtout libéré les instincts humains les plus primitifs et les plus hideux.
      Les idéologies ne sont que des prétextes pour justifier les meurtres et les tortures. Et on est servis en ce moment avec tous ces terroristes qui grouillent partout. Eux aussi commettent des crimes pour libérer l’humanité, cela va de soi. C’est notre cerveau reptilien qui gouverne trop souvent. Vous reprendrez un peu de révolution culturelle entre la poire et le fromage ? Tous ces criminels fanatiques se font ensuite exploser avec leurs ceintures, la récompense attendue n’est pas matérielle.
      C’est le vide existentiel actuel qui encourage aujourd’hui cette autodestruction de l’humanité. L’histoire est remplie de meurtres collectifs perpétrés au cours des révolutions et des guerres, des crimes pour des idéologies, pour la domination. Là, ça risque bien d’être « le dernier qui s’en va … » si on ne cherche pas d’autres voies que celles de l’homme providentiel ou de l’état providence. On parle de la France, ventre mou du terrorisme, expression assez dégradante, mais méritée.

      1. La thermodynamique n’est pas rationnelle , alors que depuis Hawking , elle a trouvé une compatibilité avec la relativité générale et la mécanique quantique ?

        Mais on va avoir du mal à expliquer que les dissensions sociales peuvent être réduites parce que les trous noirs peuvent s’évaporer ….

  6. Quelques éléments :
    – je considère que l’argent est un moyen d’acheter une portion de la liberté d’autrui.
    – je constate que l’usage de l’argent comporte un rapport de force sous jacent.
    – je constate que l’accumulation de l’argent entraîne une accumulation de pouvoir.
    – à l’époque où je gagnais très confortablement ma vie (par opposition à la vivre) je pouvais me comporter de manière tout à fait irresponsable (je ne m’en rendais pas compte a l’époque) en toute bonne conscience, puisque je faisais des efforts considérables pour gagner ma vie (alors que je la perdais).

    Je pense que nous avons un gros travail de déconstruction du mérite à réaliser.
    Lorsque je travaillais, je me croyais méritant. Faisant un bilan de cette période, je me rends compte qu’aucune de mes activités pro ne manqueraient à quiconque si elles n’avaient pas été réalisées, elles ne servaient en finalité qu’à faire de l’argent, et dans de nombreux cas, elles n’étaient pas seulement inutiles, mais elles étaient même nuisibles.

    Depuis que je m’efforce de me libérer de l’argent, j’apprends des tas de choses, je découvre des relations plus égalitaires et profondes, je suis plus responsable de mes propres actes.

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