Archives par mot-clé : Les marchands de doute

Veille effondrement #20 – Il y a 2 sortes de gens

Je suis encore furieux de ce commentaire ici sur le blog du style « Vous les boomers n’avez rien fait ! ». J’avais répondu brutalement à l’auteur que chaque génération contient son lot de gens qui se décarcassent et son lot de saboteurs. Bien sûr, s’il avait fait partie à la génération présente des gens qui se décarcassent, il aurait été au courant.

Oui, il y a deux sortes de gens : ceux qui se battent pour que ça change et en face, dans le meilleur des cas, ceux qui par le poids de leur indifférence rassemblée constituent une énorme force d’inertie, et dans le pire des cas sont soit de véritables « marchands de doute », soit les mercenaires que ceux-ci ont recrutés et qui vont tenter de nous convaincre que le réchauffement climatique n’existe pas, pas plus en tout cas que le « complot communiste » (je viens de regarder les nouvelles US) du Covid-19.

Oui, il y a deux sortes de gens, je le rappelle chaque fois qu’on me pose la question : « A-t-on tiré les leçons de la crise des subprimes ? ». Absolument ! on a tiré les leçons, on a les a mises sur papier, on les a bien expliquées, mais en face, il y avait le monde des affaires qui pensait que ces leçons étaient déplaisamment anti-business. J’ai fait partie, vous le savez, d’un « Haut comité pour l’avenir du secteur financier en Belgique ». Quand notre rapport a été publié, la presse a dit : « Le ton ‘de gauche’ du rapport est quand même tout à fait étonnant… ». J’ai dit : « Merci, Messieurs-Dames, à 1 contre 7, ce n’était pas joué d’avance ! ». Quelle différence cela a-t-il fait, ce « ton de gauche » ? Cela a fait qu’au lieu que le ministre soutienne l’une des 17 mesures que nous préconisions, la rapport soit simplement mis dans un tiroir *.

Mais voyez où nous en sommes : pendant tout le temps que j’ai écrit ce billet je me suis reproché de ne pas travailler plutôt à l’article que je rédige en ce moment : « An unconscious path to general Artificial Intelligence: a roadmap », comment donner aux robots une intelligence « universelle », comme on dit une « clé universelle », plutôt que spécialisée comme aujourd’hui. J’y retourne séance tenante : je me suis toujours soucié de l’avenir.

N.B. IPCC = GIEC.

* J’ai retrouvé ceci, qui illustre très bien ce que je dis (même Ecolo s’insurge contre un peu plus de justice sociale) :

L’Écho, La Messe est finie, par DOMINIQUE LIESSE, le 28 janvier 2016

Le rapport d’experts sur le secteur financier

Le rapport sur l’avenir du secteur financier belge a le mérite d’exister. Rédigé par un groupe d’experts de haut vol, il a le mérite de faire état d’une réalité économique. Mais ce rapport, commandé par le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA), aura-t-il le mérite de faire changer les choses? Rien n’est moins sûr.

Présenté hier en commission des Finances, le rapport s’est heurté aux réflexes politiques. Toucher à la fiscalité de l’épargne? « La population veille à ses intérêts, a lancé Peter Dedecker (N-VA). Comment concilier la théorie économique et cela? Les électeurs vont nous juger là-dessus. »

Le rapport des experts sur le secteur financier s’est heurté aux réflexes politiques.

Plafonner le montant de l’emprunt hypothécaire à environ 85% de la valeur du bien? « Mais, c’est un frein à l’accès à la propriété! », clament en chœur plusieurs députés.

Réduire la pression régulatoire nationale sur les banques pour plus de compétitivité? « C’est un paradoxe: vous voulez développer de nouveaux services financiers pour un secteur plus résilient, mais vous plaidez pour moins de gold plating (régulation nationale plus sévère que les exigences européennes NDLR) », déclare Georges Gilkinet (Ecolo).

Et pourtant, une après-midi durant, Luc Coene (ex-gouverneur de la BNB), Geert Noels (économiste) et Paul Jorion (professeur universitaire) ont expliqué la situation: une épargne avantagée fiscalement qui fuit et profite donc à l’étranger par le biais d’entités des banques étrangères. Mais des risques, qui eux, pèsent sur l’épargnant belge!

Un secteur immobilier important qui n’est pas sans risque d’emballement. « Le marché avale tout avantage fiscal et l’intègre avec des suppléments de prix. En plafonnant l’emprunt hypothécaire, nous tentons de protéger le consommateur des aléas du marché. »

Le ministre, lui-même, aurait déclaré aux experts: « Vous ne me rendez pas la vie plus facile avec ce rapport. » Il aurait même déjà ajouté que la révision de la fiscalité du carnet d’épargne n’était pas une priorité du gouvernement.

La messe semble donc être dite!

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Les attitudes possibles devant la menace d’extinction (I & II)

Ouvert aux commentaires. I. Déni de l’extinction I.1 Le refus à titre privé I.2 L’agnotologie du « Marchand de doute…

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Mme Ségolène Royal, qui faut-il « réprimer très rapidement », Extinction Rebellion ou le conseil d’administration d’Exxon ?

Ouvert aux commentaires. « L’écologie c’est la paix. C’est des règles, de la discipline », dites-vous, Mme Royal. Allez-vous demander des comptes…

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Tant de grands tournants en même temps !

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Ç’aurait été bien que le grand tournant du Blog de PJ ait eu lieu en même temps que les autres. On y a passé toute la nuit en vain : trop de systèmes de sécurité conflictuels. On y arrivera !

Les autres grands tournants n’ont pas attendu. Je parle des péripéties de l’histoire humaine d’abord (Royaume-Uni, États-Unis) avant de parler du Grand Tournant, celui avec des majuscules.

Au Royaume-Uni, vous avez dû voir, on a cessé de parler de Brexit, pour parler d’élections législatives anticipées le 12 décembre. Il faut dire – comme je vous l’ai rappelé – qu’on a dépassé hier la troisième date à laquelle on avait dit (« Vous allez voir ce que vous allez voir ! ») qu’on quittait l’Union européenne.

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Les sophismes des lobbies industriels menacent notre survie parce que nous voulons bien y croire, par Cédric Chevalier

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Nul citoyen ne peut plus ignorer aujourd’hui l’alarme lancée par les scientifiques par rapport aux menaces écologiques : climat, pollution de l’air, de l’eau, des sols, extinction de la biodiversité, destruction des écosystèmes et érosion des ressources naturelles. On ne peut non plus ignorer les causes : trop de voitures, trop d’avions, trop de viande, trop de villas quatre-façades peu ou pas isolées, trop de péri-urbanisation et de bétonisation des terres, trop d’agriculture et de foresterie intensive, trop de pesticides, trop de biens de consommations vite achetés et vite jetés, etc. Nous n’ignorons pas non plus la parfaite inertie politique de nos sociétés face à ces menaces. La maison brûle mais nous restons tranquillement assis dans notre canapé, devant la télévision. Notre optimisme est à toute épreuve, on s’en sortira bien ! Tout cela, menaces, causes, inertie, est abondamment documenté par les scientifiques et les médias partout dans le monde.

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Piqûre de rappel : ina global, Paul Jorion : « La notion de post-vérité est beaucoup trop floue… », le 7 avril 2017

Sur ina global, l’entretien que j’ai accordé à Isabelle Didier et Philippe Raynaud. Ouvert aux commentaires.

« La notion de post-vérité est beaucoup trop floue… »

  L’actuel système économique entraîne le monde vers une catastrophe. La crise des subprimes en aura été l’un des révélateurs. Interview de Paul Jorion, anthropologue, spécialiste de la finance, sur les vérités, « post-vérités » et mensonges de notre temps.

Comment les vérités que vous avez établies au sujet des subprimes dès 2004 ont-elles fini par s’imposer ? Quels rôles les médias ont-ils joué ?

Paul Jorion : Il y a eu deux vagues. D’abord, une sidération liée au fait que cette crise n’avait pas été prévue par les économistes. Ceux qui l’ont anticipée se comptent sur les doigts d’une main même si, depuis, certains se sont découverts une lucidité d’après-coup, arguant non d’études qu’ils auraient publiées mais d’une petite phrase par ci ou par là. J’ai recensé quatre à cinq personnes qui ont réellement argumenté dans des publications que nous étions à la veille d’une crise majeure que les subprimes pouvaient déclencher[+]. Ces personnes n’étaient pas des économistes ou si elles l’étaient, elles étaient marginales dans leur profession car venues d’un autre horizon ou avaient eu l’habitude de relier des phénomènes appartenant à différents domaines.

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Le savoir, saison 2 : plus mité que mythique ? par Timiota

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Courtes réflexions autour d’un workshop interdisciplinaire sur l’ignorance au sein de l’action « NEEDS » du CNRS/ SHS tenu les 1 et 2 décembre 2016 et organisé par Harry Bernas(1), Thierry Ribault(2) et Kate Brown(3)

[(1)IN2P3 Orsay U Paris Sud, (2) Clerse Lille , (3) Baltimore UMBC]

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Les marchands de doute (2010) de Naomi Oreskes et Erik M. Conway (IX) Conclusion : Où il est question de la liberté d’expression et des marchés libres

Un résumé de Les marchands de doute (2010) de Naomi Oreskes et Erik M. Conway (Le Pommier 2012), par Madeleine Théodore. Ouvert aux commentaires.

Au sujet de la liberté d’expression, la notion d’« égalité du temps de parole » demeure à la racine du sens de la justice et du fair-play des Américains. Cependant, toutes les versions ne sont pas justes ou vraies, Internet a créé une galerie où toute affirmation peut être démultipliée à l’infini. Où que l’on se tourne, on voit quelqu’un mettre en doute quelque chose.

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