Les sophismes des lobbies industriels menacent notre survie parce que nous voulons bien y croire, par Cédric Chevalier

Ouvert aux commentaires.

Nul citoyen ne peut plus ignorer aujourd’hui l’alarme lancée par les scientifiques par rapport aux menaces écologiques : climat, pollution de l’air, de l’eau, des sols, extinction de la biodiversité, destruction des écosystèmes et érosion des ressources naturelles. On ne peut non plus ignorer les causes : trop de voitures, trop d’avions, trop de viande, trop de villas quatre-façades peu ou pas isolées, trop de péri-urbanisation et de bétonisation des terres, trop d’agriculture et de foresterie intensive, trop de pesticides, trop de biens de consommations vite achetés et vite jetés, etc. Nous n’ignorons pas non plus la parfaite inertie politique de nos sociétés face à ces menaces. La maison brûle mais nous restons tranquillement assis dans notre canapé, devant la télévision. Notre optimisme est à toute épreuve, on s’en sortira bien ! Tout cela, menaces, causes, inertie, est abondamment documenté par les scientifiques et les médias partout dans le monde.

Ce qu’il manque encore manifestement, c’est une lecture politique lucide par les citoyens des intérêts qui sont en jeu : les leurs propres en tant que consommateur et travailleur, ceux des politiciens, et ceux des industriels et financiers capitalistes. Et surtout, car c’est la clef de la lucidité au fond, une réflexivité, une conscience, une éthique, une lucidité sur notre propre corruption morale, qui nous empêche de relier les pointillés, pour en arriver aux conclusions qui s’imposent en termes d’action et de responsabilité : changer nos comportements, changer notre consommation, changer notre vote aux élections, entrer en politique et en désobéissance civile. Car si nous sommes informés de tout, des menaces et des causes, il faut bien proposer une explication à notre inertie. Soit renoncer à notre libre-arbitre et à notre responsabilité, et faire de la méditation, soit reconquérir notre autonomie de citoyens et nous révolter. Sortir de son canapé et détacher les yeux de l’écran, c’est peut-être trop difficile pour beaucoup d’entre nous. Relier les pointillés et en assumer les conséquences, c’est subir un choc de conscience particulièrement douloureux pour n’importe qui. Certains ne s’en remettent pas.

Naomi Oreskes, dans son célèbre ouvrage Les Marchands de doute, a démontré en détail la stratégie redoutable des lobbies industriels pour empêcher le plus longtemps possible l’intervention des Etats qui voudraient limiter voire faire cesser les impacts sanitaires et environnementaux scientifiquement démontrés du tabac, de l’amiante, du pétrole, du plastique, de l’automobile, du nucléaire, des pesticides, de l’aviation, de la viande, etc.

Il ne faut pas vraiment s’étonner de l’attitude de ces lobbies industriels, qui vont jusqu’à soudoyer des scientifiques véreux pour produire de fausses études, car elle est parfaitement rationnelle par rapport à leur objectif prioritaire de maximisation du profit. Il ne faut s’étonner que de la naïveté suicidaire des citoyens électeurs à tolérer que leur gouvernement accepte de se faire berner aussi facilement par ces industries. Voire se révèle carrément ses complices actifs, lorsqu’il s’assure que les agences chargées de la protection de la santé et de l’environnement soient émasculées de leur pouvoir effectif de contrôle. En nommant à la tête de ces agences d’anciens dirigeants industriels, et en recopiant benoîtement les conclusions des études industrielles dans des rapports officiels, en privant les agences du pouvoir d’enquête et de sanction, ou en réduisant vicieusement leur budget à peau de chagrin, on s’assure que la dynamique économique du profit ne soit pas grippée par les esprits chagrins. Les citoyens consommateurs sont également coupables de naïveté suicidaire lorsqu’ils ne sanctionnent pas l’industriel qui les a dupés, comme lorsqu’après le scandale Volskwagen, où ses ventes atteignirent des sommets. « Je vous ai vendu de la merde, et vous en redemandez !?« 

Nullement contrariés par des citoyens et des consommateurs aussi candides, les lobbyistes trouvent souvent des interlocuteurs officiels, si pas corrompus, particulièrement compréhensifs des « besoins de l’industrie », dans les bureaux feutrés du pouvoir et de l’administration. Même dans des colloques officiels qui réunissent les « parties prenantes », ils se retrouvent souvent sans contradicteur sérieux, qu’ils soient scientifiques ou représentants des associations de protection de la santé, de l’environnement et des consommateurs. Ils peuvent étaler sans complexe leurs sophismes méticuleusement préparés sur papier glacé, avec petits graphiques et photos de gens souriants. Dès lors il ne faut pas s’étonner de leur incroyable fanfaronnerie, de leur forbanterie ouverte et publique. Ils n’ont peur de rien. Ils se tapent dans la main après leurs « prestations » : « Tu as vu ce que j’ai osé dire ? Tu as vu leur tête ? Ce n’est pas possible qu’ils nous aient cru ! » Les sophistes ont une caractéristique commune, ils ne ressentent pas la honte. De fierté, ils n’en ont pas, ou celle d’augmenter le profit de leur employeur, d’éthique uniquement celle des affaires, de remords pour les morts dont ils sont partiellement responsables, point. Les lobbyistes dorment tranquilles tant que nous achetons et mourrons docilement pour leur profit.

Illustrons. Dans L’Echo de ce jour : Les voitures de société ont réduit leurs émissions de CO2 de 17% en sept ans. Le débat public sur les voitures de société néglige une donnée cruciale, selon le bureau Acerta : ces véhicules ont davantage réduit leurs émissions. Les supprimer serait risqué en termes d’environnement.

Traduisons dans un langage plus parlant : J’ai l’immense plaisir de vous annoncer que la moitié des cigarettes que Monsieur Durand, notre patient atteint du cancer du poumon, fume, sont désormais des cigarettes avec 17% de goudron en moins ! Supprimer ces cigarettes légères en goudron pourrait être risqué pour sa santé ! Dès lors le consommateur va-t-il acheter ces cigarettes « thérapeutiques ? Le gouvernement va-t-il promouvoir leur vente ? Le citoyen va-t-il continuer à voter pour ce gouvernement ?

Le problème est l’effet qu’à ce genre d’articles sur le lectorat. On ment et il en restera toujours quelque chose, quand la propagande n’est pas confrontée à la contradiction logique pour démonter les sophismes. Doit-on soupçonner les journalistes d’un quotidien économique de ne pas maîtriser le raisonnement économique, et de ne pas pouvoir décoder la propagande des lobbies ? Doit-on s’interroger sur le poids des annonceurs automobiles dans la publication de ce genre d’articles. La presse est-elle sous influence ?

On peut en tout cas identifier ici plusieurs ficelles habituelles des lobbies, dans tous les secteurs, par rapport à l’enjeu écologique :

1) raisonner avec un indicateur en apparence favorable mais trompeur, l’astuce classique est de ramener l’impact absolu à un indicateur relatif (par km, par habitant, par euro de PIB), ici les « émissions moyennes par véhicule » : « De mars 2012 à mars 2019, l’émission moyenne des voitures de société est revenue de 142,8 à 117,9 grammes, soit un recul de 17%, a calculé Acerta« . En plus il manque le dénominateur : par km ? par litre ? –> Il faut tenir compte de la taille du parc de voitures de société et multiplier par l’impact individuel moyen de chaque véhicule, en fonction de son utilisation. –> Le critère d’efficience ne suffit pas à évaluer qu’une alternative est efficace par rapport à une contrainte donnée, en économie.

2) ne pas tenir compte des émissions liées au renouvellement du véhicule (on peut relier 50 à 60% des émissions à une vision « matière » de l’économie, notamment via les « importations d’émissions » des biens fabriqués hors du pays et dont les ressources sont extraites partout dans le monde) –> Il faut tenir compte de l’impact CO2 de la fabrication d’un nouveau véhicule. –> Il faut tenir compte de l’ensemble des coûts des alternatives, en analyse de cycle de vie, en économie.

3) proposer un raisonnement partiel alors qu’il faut résoudre un problème total : le problème à résoudre est l’empreinte écologique, en particulier les émissions CO2, pour lesquels nous avons un budget strict pour éviter de dépasser 2°C (je sais ce chiffre est déjà dépassé par la physique mais ici je parle en termes juridiques). Les émissions directes ET indirectes des Belges doivent être réduites à zéro en 2050. Donc sauf compensation avec émissions négatives, le besoin « mobilité des belges » doit être zéro émissions. Dès lors avoir des émissions « moindres » ne résout pas le problème total. –> Il faut évaluer les alternatives en fonction de ce qu’elles permettent, ou non, de résoudre effectivement l’entièreté du problème (efficacité en économie).

4) négliger les effets de substitution : ici on compare la voiture de société à la voiture privée, mais quid des autres alternatives ?  : à pied, vélo, train, tram, bus ? Et quid de la part de voitures de société qui conduisent leurs bénéficiaires à renoncer à un mode de mobilité plus durable ? –> En économie on doit comparer toutes les alternatives pour évaluer leur coût d’opportunité et en particulier évaluer les effets d’évictions)

5) négliger l’usage réel qui est fait du véhicule : si les émissions sont calculées au km, il faudrait savoir combien de km sont parcourus –> A nouveau, en économie, il faut tenir compte de l’analyse de cycle de vie complète pour évaluer une alternative en fonctions de plusieurs contraintes.

Alors nous voilà prévenus, reformulons l’adage : tout menteur vit aux dépens de celui qui l’écoute.

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22 réflexions sur « Les sophismes des lobbies industriels menacent notre survie parce que nous voulons bien y croire, par Cédric Chevalier »

  1. A la fin de ma carrière, en tant qu’ingénieur commercial, je parcourrais 60 à 70 000 km /an sur 17 départements pour aller chercher des clients; gros, moyens; petits. Même avec une voiture émettant 17% de Co² en moins, ça ne changerait pas le fait que ce modèle de société est en bout de course.
    La difficulté à prendre en compte les effets négatifs de ce modèle, c’est qu’il est plus facile de proposer des petits changements à la marge, c’est à dire améliorer l’efficacité énergétique des machines – efficacité vite effacée par une augmentation des volumes produits – que d’envisager un bouleversement de nos modes de production et de consommation.
    C’est tout notre éco-système qu’il faudra changer lorsque la quantité d’énergie disponible par tête d’habitant va s’effondrer (ça a déjà commencé et ça se traduit dans les chiffres de la croissance)
    Je pense malheureusement que cela ne se fera que contraint et forcé, et dans le plus grand désordre.
    Les appels à la raison, cela me rappelle les incantations des communistes dans les années 70, ou comme aurait dit Coluche; « Quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent plus pour que ça ne se vende pas ! »
    Les capitalistes disposent de tous les moyens pour vous faire croire que:
    1/ c’est votre action individuelle qui peut modifier le cours des choses – soyons tous responsables.
    2/ la technologie, l’innovation, c’est la clé d’un avenir propre, sûr, confortable, sécurisé…, et on a des solutions à vous vendre. La réponse libérale aux défis environnementaux sera toujours une réponse marchande.
    Et de fait, si t’as les moyens, tu pourras toujours te loger à Paris, circuler à Paris, faire du tourisme dans n’importe quel coin du monde et même en orbite ou sur la lune.

  2. Ne jamais acheter un journal où il y a de la pub.
    Ne jamais regarder la télé, surtout une chaine dont le patron est industriel ou financier. Proscrire les chaines avec pubs, ainsi qu’une bonnes partie des émissions sur les chaines d’état.
    Sur le Net, refuser les contenus sponsorisés. Payer pour son serveur. Utiliser les logiciels libres.
    Éviter d’aller dans les villes.
    Tout cela, déjà, préserve de beaucoup de mensonges

    1. Programme suivit depuis 40 ans environ. D’abord par nécessité, ensuite par conviction et depuis peu par paresse.

      Concernant l’article de l’Echo, je dois dire que je ne comprends pas la démarche. C’est trop facile de gloser, inutilement bien entendu, sur un article d’un journal dont le seul but est de brosser dans le sens du poil les ‘décideurs’ et leurs suiveurs. Par principe, il n’y a rien à retirer de ce genre de truc. Leur seule utilité est d’emballer le poisson, sous réserve que l’encre ne soit pas trop toxique. A quand des journaux vierges et écologiques, sans blanchiment aux chlore?

      La savante présentation des statistiques ou chiffres tendant à justifier une thèse est vieille comme le monde. Sa n.ième mise en évidence n’ajoute pas grand’chose.

      Et, surtout, un truc partant de la bagnole pour justifier la bagnole est mauvais en soi. Ces gens-là sont assez primitifs pour croire qu’on y croit -à la bagnole- si eux-même y montrent de l’intérêt à réduire ses émissions toxiques, sans parler du gaspillage que son existence implique. Comme si son emploi était banal moyennant quelques précautions.

      Vraiment, la seule conclusion utile de ce truc est qu’ils nous prennent pour des billes. A-t-on besoin d’être leur dupe?

      Rajoutons un détail tactique: notre dossier est bon. Il s’impose naturellement. A trop dépendre de truc pareil, nous restons à la traine de l’adversaire. Donc défensif. C’est à dire la meilleure façon de perdre, le tête haute et notre moral inattaquable ou l’honneur sauf, mais perdant quand même.

    2. Il faut aussi arrêter d’écouter de la musique, ne pas aller écouter de la poésie, ni des conférences sur l’avenir de la planète et encore moins lire le blogspot de JP…
      On peut se suicider aussi. Le seul moyen réel de réduire drastiquement son empreinte carbone

  3. Vous savez Cédric tout ce que vous dites est juste , sauf que vous oubliez une chose , l’avenir de la planète n’est plus entre nos mains , car nous ne sommes plus les nombreux !

    1. @ jean Luc
      Vrai, nous ne sommes que 99%, ce qui est toujours trop peu visiblement pour changer le monde. Notre malheur, c’est qu’on se demande encore pourquoi être aussi peu, ça ne suffirait pas quand même face à ce 1% restant.
      ………
      Assez régulièrement, une question revient sur ce blog : « Que faire ? »
      Mais puisque « l’avenir de la planète n’est plus entre nos mains », il serait peut-être bon de savoir où ce bel avenir est parti se nicher !
      Ma foi, je ne suis pas sûr qu’on le trouvera (notre avenir), dans la boîte à outils d’un homo-Faber…
      Enfin, pourquoi l’homo-sapiens que nous pourrions être, n’arriverait-il donc pas à se développer, à travers son travail ou celui des machines, autrement qu’en produisant toujours plus, sans plus de raison, de conscience et de volonté ? Sommes-nous condamnés à ne connaître qu’un avenir technique et à ne voir (ou pas) que des machines continuant à transformer la nature, sans plus savoir ce qui est bon ou pas pour celle-ci ?

    1. Le refus de parvenir, tout comme le retrait (http://divergences.be/spip.php?article1268) théorisé par Gustav Landauer (https://fr.wikipedia.org/wiki/Gustav_Landauer) au début du XXème siècle ont été appliqués par des minorités (les éleveurs de chèvres des Causses après Mai 68 ou les progressistes des USA – Sanders, Bookchin, Biehl… – se repliant sur le Vermont). Certains ont même survécu et prospéré (au bon sens du terme). Trop minoritaires, ils n’ont pas influencé le cours (désastreux) des choses. Mais, aujourd’hui, on assiste à une extension de ces pratiques, sans excès mais avec mise en réseau (réseau transition: https://www.reseautransition.be/articles/lagora-politique-de-transition-now/ ). Loin d’être encore suffisant mais encourager ce type d’actions positives de terrain (à côté de la nécessaire lutte politique collective) peut faire avancer la lutte contre le capitalisme dont tous disent ici que s’en débarrasser est une question de survie.

  4. Un exemple quotidien d’abus de langage :

    Tel nouveau machin préserve l’environnement ( ou la couche d’ozone)

    Comme si « ne pas détruire » signifiait « préserver  » .

    La route est longue…

  5. @ Cédric (et non sans lien avec le billet de Tom Bilabong)

    L’histoire de l’humanité sous l’angle de son industrie au XXIème siècle s’avère décevante, mais un peu de recul nous dit que des « bons systèmes » se créent avec de la technique et du capital. Ce qu’ils ont de « propre » dans les deux sens du terme, c’est de former un « système associé » suivant Stiegler ou (suivant moi) un « cercle de savoir ».

    Exemple : l’édition de livres ou journaux depuis le XVIIème siècle en gros, wikipedia (classique) et l’aviation civile (taux d’accident en baisse sur 30 ans malgré les low-cost et tout et tout… j’oserais même ne pas exclure complètement sa trajectoire carbone qui fait fuir Greta, dans la mesure où c’est la seule industrie de transport qui pourra basculer sur le couple hydrogène/électrique le moment venu. (Ou hydrogène remis sous forme de carburant carboné partiel, par réaction avec CO2, la chimie allemande bosse dessus )).

    Naomi Oreskes et Erik Conway mettent en évidence les « ruptures de cercles de savoir », quand les feedback et autres retour d’expérience ne s’exercent plus « comme il faut ».
    J’envisageais (demain ?) de préparer un billet « morts aux deux coins de l’hexagone, morts aux deux coins du globe ») faisant la triste analogie entre les deux morts de la répression macronienne (Zineb Redouane à Marseille et Steve à Nantes) et les deux crash des 737 Max. On sait maintenant pour ce dernier que la FAA avait cédé complètement, ne formant plus du tout le « cercle de savoir » qu’il faut pour certifier correctement ces machins volants vite et haut t au petit domaine de vol (près de Mach 0.9 les forces aérodynamiques sur les gouvernes et ailerons varient très vite et changent de signe, pour certains angles d’incidence), voir ici l’article du NY Times https://www.nytimes.com/2019/07/27/business/boeing-737-max-faa.html?action=click&module=Top%20Stories&pgtype=Homepage et ici http://dl.free.fr/kE4l5t1Pj sa traduc en Français.
    La FAA avait accepté (pour cause de $$) la réforme consistant à ne plus assurer un « cercle », je l’avais indiqué dans mon billet, suite à cette réforme d’environ 2007, elle ne choisirait plus un ingénieur « protégé » au sein de Boeing pour co-valider la certification. Elle s’en remettrait à un choix aveugle par des managers de Boeing, et admettrait l’écran de fumée correspondant.

    Pour les deux victimes de la Macronie Castanisante Zineb et Steve, des gens sans défense, il y a aussi un « cercle rompu », celui où les forces de l’ordre ont un retour d’expérience, celui de 2017 à Nantes par exemple (c’est vraiment horrible car c’est le même chef qu’à l’époque, c’est juste que l’état d’esprit de « sa FAA » (Castaner) et de ses troupes a été basculé par les ruptures intervenues depuis les manifs sur la loi travail et les nuits debouts etc. La lune de miel des forces de l’ordre protégeant contre les attentats islamistes s’est vite finie. J’en viens à me demander quel non-dit de racisme il y avait dans cette approbation populaire, et à quel point cela a pu être pris comme un message tout autre par des forces de l’ordre prises dans des injonctions qui les ont dépassées (« puisqu’on peut traquer les beurs qui posent des bombes, on ne va plus faire la fine bouche quand des contestataires basanés voire simplement débraillés nous font ch… » je n’y vois pas plus clair que ça, et le mouvement général des illibéraux (Viktor O + Jair B + Boris J + Donald T) suggère un balancier plus important, quelque chose que j’assimilerais en grandeur à l’exode rural séculaire, mais (Guilluy sort de ce corps) ayant lieu au sein des villes et/ou du « péri-urbain », où de nouvelles nasses se sont stabilisées une fois la folie bâtisseuse des années 70-80 passée et la structure posée ).

    A suivre sans doute …

    1. @Timiota

      Concernant les morts de la police, David Dufresnes a expliqué que s’il y a rupture, ce n’est pas dans le retour d’expérience mais dans la doctrine du maintien de l’ordre elle-même, et n’intervient pas sous Macron mais bien avant, lorsque Sarkozy est encore le ministre de l’intérieur de Chirac. Et de fait, un site comme « urgence, notre police assassine » recense des « bavures » policières de 2005 à 2015. Remi Fraisse fut une des victimes de la police parmi les plus médiatisées ces dernières années, et sa mort intervient sous Hollande déjà. Les personnes à la mémoire plus longue se rappellent encore les jeunes Zyeb et Bouna, morts dans un transfo pour avoir eu peur de se faire interpeler par une police qui avait déjà une sale réputation dans les cités (2005).

      Faut-il d’ailleurs encore parler de bavure à ce stade ou de « taux acceptable d’incidents »? Quand on considère les éléments que je viens d’évoquer, on envisage en effet pas les victimes de violences policières comme des erreurs commises par une police « hors de contrôle » mais bien comme des dommages collatéraux tout à fait anticipés, acceptés et même dans certains cas voulus (les images de mutilations diverses lors des manifs de gilets jaunes sont légion pour en témoigner).

      1. Vous faites la part trop belle à l’intelligence de ces bas du front. Y’a pas plus d’intelligence que de cynisme.
        Tablez sur l’incompétence et le désintérêt, le goût pour les actions irréfléchies pourvu qu’elles soient radicales, sur les idées courtes et sommaires, vous ne serez pas déçu et très proche de la réalité.

        Il faut retenir de Sarkozy la volonté sécuritaire et répressive. Il a démoli l’ éthique de la police de proximité en embauchant à tout va des gros bras frappeurs et à tête peu garnie entre les 2 oreilles. La démission de la Justice -une forfaiture- les aide assez.

      2. @daniel

        « Il faut retenir de Sarkozy la volonté sécuritaire et répressive. Il a démoli l’ éthique de la police de proximité en embauchant à tout va des gros bras frappeurs et à tête peu garnie entre les 2 oreilles. »

        Mais c’est exactement de ça que je parle. Il n’y a pas besoin de sortir de St Cyr pour se douter qu’en mettant l’accent sur la répression, il y aura de la casse d’une manière où d’une autre. C’est en ce sens que je parle d’anticipation. Ce qui me semble clair, c’est qu’il ne s’agit pas plus dans les morts de Mme. Redouane, de M. Maia Caniço, ou de toutes les précédentes, d’un dysfonctionnement des dispositifs sécuritaires et de leurs moyens de contrôle, comme le suggère timiota, mais bien d’éléments de leur fonctionnement normal, c’est à dire tel qu’il a été voulu par les décideurs (les ministres de l’intérieur successifs et leurs supérieurs) depuis plus d’une décennie.

      3. Vous oubliez de compter les morts qui n’ont pas été évitées, Bataclan etc… qui doivent bel et bien s’ajouter au triste bilan des grands remaniements des servoices de renseignements de l’ére Sarkozy…

  6. Bonsoir,
    « tout menteur vit aux dépens de celui qui l’écoute »
    Alors je ne sais pas si on comprends la même chose mais pour ma part le « menteur » c’est nous même…..
    Et cela explique parfaitement votre titre ;
    « Les sophismes des lobbies industriels menacent notre survie parce que nous voulons bien y croire »
    Effectivement, nous voulons les croire car nous nous mentons d’abord à nous même….
    C’est pourquoi, il serait vain de définir des gentils ou des méchants. On est plutôt dans un dysfonctionnement cognitif de notre part.
    La Nature nous a très mal outillé pour faire face à ce type de danger. Nous sommes capable de réagir face à des risques immédiats. En revanche, quand la menace est perçu comme lointaine et diffuse, notre cerveau ne nous alerte pas.
    Je vous invite à écouter cette émission de France Inter:
    —–>https://www.franceinter.fr/emissions/co2-mon-amour/co2-mon-amour-09-mars-2019
    Titre: Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète ?
    Édifiant!
    Pour terminer sur une note positive. Si il est vrai que notre cerveau est préprogrammé pour un certains type de réaction, l’éducation doit pouvoir être capable de le reprogrammer. Pour ma part, c’est là que je place beaucoup d’espoir!!!
    Veillons à mettre les bonnes graines dans les cerveaux de Demain.

  7. Chères toutes, chers tous,
    Souvent et même presque toujours il y a une opposition entre action individuelle et collective et politique.
    Sur ce blog il est souvent mis en avant la notion d’échelle.
    Alors que vaut 10 litres d’eau potable économiser par 66 millions de personnes en France.
    En énergie et tout y quanti.
    Je sais bien que l’idée force est de dire que nous devrions nous impliquer dans des démarches collectives et/ou politique.
    Je sais aussi qu’il y a un coté culpabilisant lorsqu’on n’adopte pas les petit’s gestes.

    Il y aurait aussi une aversion contre toute forme de recherche de mieux être individuel.
    Alors que de commentaires sur le méditation.
    Comme toujours cela vient de celles et ceux qui ne la connaisse pas car il ne la pratique pas et là Paul pourrait nous éclairer car nous sommes dans la représentation de ce que cela est.

    Alors à toutes celles et à tous ceux qui pensent que les petits gestes sont insignifiants et que la méditation l’est tout autant je vous invite à vous poser le temps de 2 où trois respirations. Même si cela ne fait pas de bien à la planète cela fait du bien à votre cœur puisque la cohérence cardiaque à fait l’objet d’études sur les ses bienfaits.

    Il faut juste que tu respires.

    Allez bonne respiration en pleine «  » » nature » » » » ou en fermant les yeux et repenser à un moment en pleine «  » »nature » » ».

    Toujours avec mon infini tendresse et je serais curieux de connaître celles et ceux qui comme moyen geste passerais au wc sec !!!!
    Pierre de la tribu des Quel art.

    1. @Quelartpierre
      Pour répondre à votre dernière question, au cours d’un épisode colibri de ma vie j’ai testé les toilettes sèches, fabriquées de mes petites mains.
      Quelques constatations:
      -pour vider le seau plein au fond du jardin, faut pas avoir le dos en compote.
      -à propos de jardin, il faut quand-même qu’il soit grand, sinon bonjour les odeurs.
      -sec, c’est vite dit. Il en faut quand même pas mal d’eau pour laver le seau (l’odeur d’urine, ça s’accroche)
      -pour les matières sèches, copeaux ou sciures, faut quand même avoir à proximité une scierie ou une menuiserie pour s’approvisionner.
      -Depuis que les copeaux sont valorisés sous forme de granulés pour la nouvelle génération de poêle à bois, de plus en plus dur d’en trouver gratos.

      Bref, j’ai laissé tomber. Je vais pisser direct au jardin c’est plus simple.

  8. Un communiqué manipulateur habituel. Il peut émaner directement d’un lobby. Ou d’un Think tank tendancieux. Repris par des journalistes « du même bord ». Et de là par tous les médias, couverts par les premiers.
    Les voitures de société baissent leur degré de pollution, parce que leur cycle de location est court : tous les quatre ans, elles passent au marché de l’occasion et sont remplacées par des neuves.
    Il s’agit sans doute d’une réduction nominale, selon les chiffres constructeur (on sait ce que cela vaut, depuis le scandale VW !).
    Qui paye les voitures de sociétés ? Les entreprises, car cela leur revient moins cher que de payer des salaires et les contributions afférentes à la Sécu et à L’Etat. Donc un manque à gagner pour ces deux caisses, qui doit être compensé par de l’impôt ou de la dette.
    Pourquoi ce communiqué ? On peut faire une hypothèse : le sujet (suppression de l’avantage (« fiscal », et social !) des voitures de société) est en négociation dans la formation du gouvernement belge (régional et fédéral), sur base d’un document « PS-Ecolo », lequel est renégocié avec les libéraux du MR. C’est donc un coup de pouce d’un camp à la négociation.
    Et si aucun journaliste ne porte un regard critique sur le sujet, on peut aussi supposer que ce serait politiquement imprudent dans ce contexte.

  9. Le pouvoir des Gafa a supplanté celui des marchands de doutes couplés au média traditionnel. Ils défendent et négocient leurs intérêts directement avec les États et ceci au grand jour, sans même passer par des lobbies en agissant directement sur le porte-monnaie de leurs clients. Ils sont en train de tester leur pouvoir avec la Libra, la censure automatique et le ciblage de l’information. Cette phase ne va pas durer très longtemps et la déliquescence des états (démocratiques ou pas) va accélérer la transition leur laissant champ libre pour manipuler monnaies, cours boursiers, informations objectives, élection, morale etc.
    Il faut bâtir des contre-pouvoirs de taille similaire très rapidement. C’est un appel à la communauté libre pour qu’elle redouble d’énergie dans ce combat planétaire et pour l’humanité.

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