Archives par mot-clé : logique

150 citoyens ordinaires planchent sur le climat

Sur cette question, j’ai reproduit hier un de mes tweets : Comme les gens qui savent dérangent, demandons aux gens qui ne savent pas…, j’en ai parlé aussi dans ma vidéo : La démocratie en petite forme.

Comme le caractère grotesque de la proposition n’apparaît pas à tout le monde (vous m’écrivez), je vous ai fait un petit tableau à partir de ce que disait (déjà) Aristote (IVe siècle av. J-C) sur la question.

Aristote distinguait dans ce que nous appelons la « logique », trois domaines distincts, selon le public et les objectifs de ce qui est débattu : la rhétorique (conversation ordinaire), la dialectique (plaidoirie, discours politique), et l’analytique (technique, science).

Pertinence de tirer éventuellement au sort les participants au débat ? 

Domaine

Qui ?

Type d’argument

Le tirage au sort des participants a-t-il un sens ?

Rhétorique

Quiconque

Exemple isolé

Oui (question d’opinion)

Dialectique

Juristes, politiciens

Preuve par l’absurde

Oui (question d’opinion)

Analytique

Autorités reconnues

Démonstration scientifique

Non (question de savoir)

Je suis du même avis qu’Aristote.

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Ne nous voilons pas la face, les lecteurs du Blog de PJ sont des matheux…

Ouvert aux commentaires.

Si vous êtes chercheuse ou chercheur, vous êtes sans doute régulièrement abordée ou abordé par des officines comme Academia ou ResearchGate cherchant à faire grimper votre taux d’adrénaline en vous signalant en temps réel que vous avez été citée ou cité ici ou là.

J’ai ainsi été notifié tout à l’heure que je suis cité dans THE TRUTH GAME (Silvan Mühlemann, Geneva 2019), un texte où des propositions que j’avance sont interpellées de diverses manières.

Je n’ai pas encore lu ce texte avec l’attention qu’il mérite. Je vous le propose cependant tout de suite car je n’ignore pas qu’il s’agit du genre d’interrogations qui passionne nombre d’entre vous (maths, logique, philo des sciences, épistémologie, confier les choses sérieuses à l’IA qui ne pourra pas faire pire que nous [just kidding ! 😀 ], etc.).

Je participerai à la discussion, n’en doutez pas.

THE TRUTH GAME (Silvan Mühlemann, Geneva 2019)

I. DEFENDING AXIOMATIC-DEDUCTIVE SCIENCE

II. INSTINCT – CONSCIOUSNESS – LANGUAGE

III. NON-WELL-FOUNDED SETS AND THE ONTOLOGY OF COLLECTIVE INDIVIDUALS

IV. DIGRESSIONS ON GEORGE SPENCER-BROWN

V. MATHEMATICS, ECONOMICS, INDETERMINACY AND CREATIVITY

VI. THE FUNCTIONING OF THE HUMAN BRAIN AND SOCIAL CLASSES

EPILOGUE

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L’intelligence logico-mathématique comme paradigme finissant de la pensée occidentale, par Pascal

Billet invité.

Parce quelle peut se mesurer, l’intelligence logico-mathématique est devenue prédominante dans la pensée occidentale pour atteindre son apogée au XXème siècle.

Son efficience redoutable a fait naître une pensée scientifique qui est à l’origine du « monde moderne » occidental. Dans la langue française, ce sont plus de 240 mots qui finissent par le suffixe « logie ».

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Élire nos représentants ou les tirer au sort ?

Le régime démocratique qui est le nôtre aujourd’hui est bien entendu entièrement déséquilibré par le poids qu’exerce sur lui l’argent. Un autre de ses défauts majeurs est le carriérisme des élus du peuple. Aussitôt élus, le souci de représenter les électeurs qui les ont élus s’efface, semble-t-il, comme par enchantement de leur entendement, pour être remplacé par celui de s’accrocher bec et ongles à leur poste conçu par eux comme la sinécure tant convoitée, en termes d’argent ou de pouvoir, l’un des deux pouvant d’ailleurs être aisément transformé en l’autre.

Invoquant le cas de la Grèce antique, nombreux sont ceux – et apparemment de plus en plus nombreux – qui proposent que l’élection soit remplacée par le tirage au sort. Que faut-il en penser ?

C’est Cornelius Castoriadis qui rappelait que le choix de représentants du peuple par tirage au sort en Grèce antique se cantonnait à des secteurs bien spécifiques de la vie sociale et que quand il s’agissait de certaines décisions comme celle pour Athènes de déclarer la guerre à Lacédémone, il était hors de question de confier la décision à des citoyens tirés au sort. La décision était confiée dans ce cas-là à ce que nous appelons aujourd’hui des « experts » : à des citoyens bien particuliers dont on considère qu’ils possèdent sur la question dont il faut décider, un savoir spécifique, et il s’agit dans ce cas-là des généraux.

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