Vidéo – Chine / Occident : deux manières d’appréhender le monde

“Comment la vérité et la réalité furent inventées” (Gallimard 2009)

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5 réflexions sur « Vidéo – Chine / Occident : deux manières d’appréhender le monde »

  1. Nous avons aussi cette façon de penser en occident mais elle s’est cantonnée à la poésie, il y a des associations de mots et/ou de sonorité qui appellent des concepts et les regroupent. La métaphore est un outil d’expression puissant : la terre est bleue comme une orange, l’allitération aussi : quels sont ces serpent qui sifflent sur nos têtes, certaines associations de mots appellent aussi automatiquement des phrasés qui plantent un décors et/ou appellent un contexte. Prenez par exemple le vers de Bashung : “les ombres s’échinent à me checher des noises” qui tombe fort à propos 😉 n’est ce pas l’équivalent d’un idéogramme complexe? On peut même transcender les langues : Happy culteur toujours de Bashung.

    Je suspectais que la poésie puisse être un outil de compréhension du monde très performant dans le billet sur la conscience il y a peu, je suis ravi de constater que l’étude de la pensée chinoise dont je ne sais hélas, en fasse sérieusement la démonstration. 🙂

    Voir aussi peut être du côté de l’alchimie et de la langue des oiseaux… vraisemblablement transmise depuis un autre peuple qui utilisait des idéogrammes : les égyptiens antiques.

    1. Dup : ” La métaphore est un outil d’expression puissant”.

      Pour René Thom “toute science est métaphorique” et il va répétant que sa théorie des catastrophes est une théorie de l’analogie. C’est selon lui “… avant tout une méthode et un langage. Comme tout langage, la théorie des catastrophes sert à décrire la réalité.” Thom cite Baudelaire à ce sujet : “La nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles. L’homme y passe à travers des forêts de symboles qui l’observent à travers des regards familiers.”, en liaison avec sa citation favorite, qui est héraclitéenne : “Le Maître, dont l’oracle est à Delphes, ne dit ni ne cache, il signifie.”, qu’il traduit “La Nature nous envoie des signes qu’il s’agit d’interpréter”. À ce dernier propos Thom rappelle souvent Aristote pour qui l’Art imite la Nature et non l’inverse : la réalité pour Thom ne s’invente pas, elle se découvre (allusion à la traduction allemande du titre de “Comment la vérité…”).

      Thom s’intéresse d’abord au sens : “C’est-à-dire que pour nous, la question de l’acceptabilité sémantique d’une assertion est un problème ontologiquement antérieur à celui de sa vérité. La vérité présuppose une signi-
      fication. L’idéal des logiciens (et de certains mathématiciens) d’éliminer la signification au bénéfice de la seule vérité est un contre-sens philosophique.”, et pour lui la vérité n’est guère qu’une rhétorique (cf. p.16 de Esquisse d’une sémiophysique, que je cite de mémoire…).

      Thom et les syllogismes (chers à PJ) : “Pourquoi, au début de la pensée philosophique, les Présocratiques, d’Héraclite à Platon, nous ont-ils laissé tant de vues d’une si grandiose profondeur? Il est tentant de penser qu’à cette époque l’esprit était encore en contact quasi-direct avec la réalité, les structures verbales et grammaticales ne s’étaient pas interposées comme un écran déformant entre la pensée et le monde. Avec l’arrivée des Sophistes, de la Géométrie euclidienne, de la Logique aristotélicienne, la pensée intuitive a fait place à la pensée instrumentale, la vision directe à la technique de la preuve. Or le moteur de toute implication logique est la perte de contenu informationnel : “Socrate est mortel” nous renseigne moins que “Socrate est un homme”. Il était donc fatal que le problème de la signification s’effaçât devant celui de la structure de la déduction.”

      PJ me semble faire grand cas de l’implication logique (“Comment la vérité…” et “Principes des systèmes intelligents”) : les chréodes de Waddington (cités par PJ dans PSI) vues comme des enchaînements associatifs analytiques par PJ et comme des enchaînements synthétiques par Thom? Deux manières d’appréhender le monde, l’occidentale et la chinoise?

  2. Je me risque à poser des questions sans savoir où cela me conduira.
    Nous pouvons, il me semble, dire que jusqu’à une certaine période – plus juste de dire période que date; n’est-ce pas ? – il n’y avait pas d’êtres humains sur la planète terre. Puis, que passée cette période des humains l’ont peuplée dans les moindres coins et recoins. Par affinités, par intérêts, etc… Ils ont inventé toutes les relations imaginables nécessaires à leur vie et à leur survie. Les conditions naturelles ont pesé sur leurs habitats, sur leurs déplacements, etc et aussi sur leurs caractéristiques physiques et mentales / morales … ( Chacun peut constater et sourire ou ricaner que je m’avance en terre inconnue. )
    Mais les langues ? Comment expliquer de telles différences ?
    Je risque la question suivante : peut-on proposer une généalogie des langues de l’humanité et par conséquent mettre en évidence un tronc commun ? Un point zéro ?

  3. Ces deux manières de stocker/restituer une représentation du monde constituent une démonstration du primat de l'”inconscient” sur la raison et l’intention. D’ailleurs, le langage et un cul-de-sac, puisque c’est lui que nous utilisons pour nous interroger intérieurement.
    Je ne crois pas que l’on découvre un jour des nouvelles manières de restituer le Monde dans un langage.
    Je m’appuie, pour fonder cette affirmation, sur les deux formes fondamentales d’un signal/message,
    – la forme matérielle et locale, qui correspond au stockage,
    – la forme ondulatoire et dispersive. qui permet sa reproduction.
    Le choix de l’une ou l’autre manière de “coder” l’expérience, ce que l'”inconscient” mémorise, conduit à un langage aux allures d’ADN ou d’une image sensible/émotionnelle, un accord en musique. 🙂 , l’émoticône au secours de la lourdeur du langage écrit pour restituer le…blabla…

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