Archives par mot-clé : manipulations

LES MANIPULATIONS DES BANQUES, UNE SECONDE NATURE ? par François Leclerc

Billet invité.

Elles n’ont pas pu s’en empêcher, la tentation était trop forte ! Celle d’en rendre compte également ! Quinze grandes banques font face à une menace de poursuites aux États-Unis dans une nouvelle affaire de manipulation. Cette fois-ci, il s’agit du taux ISDAfix, la référence pour les produits dérivés de taux d’intérêt.

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LES GROS MALINS DE LA FINANCE, par François Leclerc

Billet invité.

La liste des banques ayant trempé dans une manipulation financière n’est pas difficile à établir : toutes les mégabanques ont été prises la main dans un pot à confiture et le plus souvent dans plusieurs. Celle des marchés sur lesquels les fautives ont pêché n’a également pas cessé de s’allonger au fil des ans.

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LA BANALE FRAUDE BANCAIRE, par François Leclerc

Billet invité.

La chronique de la fraude continue d’être alimentée. Cinq mégabanques sont sur la sellette aux États-Unis pour des manipulations sur le marché des changes. Barclays, Citigroup, Royal Bank of Scotland et JPMorgan Chase sont sommées par le Ministère de la Justice américain de reconnaître leur culpabilité – ce à quoi elles se refusent obstinément – et menacées d’amendes d’un milliard de dollars chacune, sauf UBS qui s’en tire à meilleur compte pour avoir coopéré avec le ministère. Des poursuites individuelles contre des traders et des responsables de la banque sont également envisagées.

Des régulateurs américains, britanniques et suisses étaient déjà intervenus sur ce même dossier, qui n’est pas prêt d’être fermé, et des pénalités d’un total de 4,25 milliards de dollars avaient déjà été infligées à un autre groupe comportant les mêmes banques, HSBC en plus et Barclays en moins.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 5 DÉCEMBRE 2013

Sur YouTube, c’est ici.

Banques : Une seule pomme pourrie dans le panier ?

– Le blog de PJ : Le coeur des vierges effarouchées, par François Leclerc, le 4 décembre 2013

Le Sarbanes-Oxley Act de 2002

– Le blog de PJ : Enron revisité (1) « Il y a nous d’un côté… et puis tous les autres »… le 2 janvier 2013

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TRADING HAUTE FRÉQUENCE ET DÉLITS FINANCIERS, par William Bourdon

Billet invité

L’innovation technologique a permis le développement du trading à haute fréquence au sein des grandes places financières mondiales. Il représente aujourd’hui 60 % du trading sur actions aux États-Unis et 40 % en Europe.

Cette nouvelle pratique du trading, associant la sophistication des algorithmes à la vitesse du traitement informatique de données, remet en cause la transparence et l’équité du fonctionnement des marchés financiers.

Elle pose aussi la question de l’adéquation de l’arsenal législatif aux fins de prévenir et sanctionner les éventuelles manipulations de marché que permet cette nouvelle forme de trading.

Peu de travaux juridiques ont étudié la question de manière rigoureuse et systématique. Aussi faut-il saluer l’excellent article de Monsieur Stéphane DANIEL[1] dont sont issues les définitions citées ici.

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LIBOR : ON N’A SANS DOUTE ENCORE RIEN VU

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

The English version of this post can be found here.

Dans la « Final Notice » de la décision par la FSA (Financial Services Authority), le régulateur britannique, d’infliger le 27 juin une amende de 85 millions de livres (moins un rabais de 30% pour coopération exemplaire à l’enquête) à la banque Barclays pour manipulation des taux interbancaires LIBOR, deux périodes doivent être distinguées. Dans la première période, qui s’étend à peu près de 2005 à 2007, les taux sont manipulés au niveau des salles de marché par des opérateurs de niveau subalterne, dans la seconde période, qui va de 2007 à 2009 et qui correspond au plus fort de la crise, les taux sont manipulés par ces subalternes sur instructions venant d’en-haut.

Les chiffres apparaissant dans les conversations rapportées dans les documents sont sans équivoque : durant la première période, les manipulations de taux portent le plus souvent sur 1 point de base (un centième d’1 %) et quelquefois sur 1,5 points de base ; dans la seconde période, il est question de manipulations qui vont de 17 à 46 points de base – soit un tout autre ordre de grandeur.

Quand Bob Diamond, P-DG démissionnaire de la Barclays, expliquait jeudi dernier devant les parlementaires britanniques qu’il avait été « choqué », « écœuré » par le comportement de certains des employés de sa banque, parlait-il des traders du rang (la « douzaine de Kerviels » que j’évoquais vendredi dans ma vidéo) de la période 2005 à 2007, ou des dirigeants de la période 2007 à 2009 ? Je crois que poser la question c’est y répondre.

Cela dit, comme je le rappelle dans mes compte-rendu de l’« affaire du LIBOR », des plus anciens en avril 2008 (L’affaire du LIBOR), aux plus récents (LIBOR : le retard à l’allumage de l’indignation), d’une part, minorer les taux soumis pour le calcul du LIBOR par les 16 banques concernées s’assimilait à un devoir national dans le climat de panique qui s’était installé sur les marchés financiers, d’autre part, la Barclays était d’après ce que l’on savait déjà en 2008 et que la Final Notice confirme, la banque londonienne qui rechignait le plus à falsifier les chiffres. L’observation suivante est représentative de ce point de vue :

« … le 20 septembre 2008, un « soumetteur » [de taux] déclarait dans une conversation téléphonique avec le Dirigeant D qu’il entendait soumettre un taux de 4,75% pour le LIBOR $ à un mois parce que tel était bien le taux qui avait été exigé de [la Barclays] par le marché […] Le « soumetteur » s’exécuta et baissa le taux qui serait soumis au niveau 4,50%. Ce jour-là, le taux soumis le plus élevé après celui de la Barclays se situait 50 points de base plus bas » (p. 30).

Qu’on comprenne bien : 1) dans les années 2005-2007, une « douzaine de Kerviels » travaillant pour la Barclays soumettent régulièrement pour le calcul du LIBOR (aux côtés de 15 autres banques), des taux manipulés de 1 à 1,5 points de base à la hausse ou à la baisse ; 2) dans les années 2007-2009, dans le cas rapporté, un dirigeant de la banque donne instruction à un subalterne de minorer le taux constaté de 25 points de base ; 3) le même jour, dans une autre banque de la place de Londres (la moins manipulatrice après la Barclays), un dirigeant donne instruction à un subalterne de soumettre au nom de la banque un taux qui est manipulé d’au moins 75 points de base : 25 [comme la Barclays] + 50 [supplémentaires].

Résumons. Parmi les seize banques qui soumettaient des taux pour le calcul du LIBOR (18 aujourd’hui), quinze ou un peu moins trichaient davantage que la Barclays. Celle-ci s’est vue infliger une amende de (avant rabais) 85 millions de livres (107 millions d’euros) et a perdu depuis la semaine dernière dans la tourmente, MM. Bob Diamond, Président-Directeur Général, Marcus Agius, président et Jerry del Missier, Chief Operating Officer, qui se sont faits fermement indiquer la porte par la FSA, la Banque d’Angleterre et le Chancelier de l’Échiquier. Ce dernier, M. George Osborne, a déclaré que les faits révélés « sont symptomatiques d’un système financier qui a élevé la cupidité par-dessus toute autre considération et a mis notre économie à genoux », et il a ajouté : « La fraude est un crime quand il s’agit des affaires ordinaires – pourquoi devrait-il en être autrement quand il s’agit de la banque ? ».

On ne peut qu’approuver les propos du ministre des finances britannique. Mais qu’en pensent les dirigeants des quinze autres banques « soumetteuses » de taux pour le LIBOR ? Je préfère en tout cas être à ma place plutôt qu’à la leur.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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OÙ L’ON REPARLE DES VOLEURS DE POULES QUI FONT LA MANCHETTE DES JOURNAUX

J’écrivais avant-hier dans M. Stiglitz n’est pas au courant :

…il fallait que la Bourse grimpe en permanence (on a pensé un moment – et certains le pensent toujours apparemment – que le High Frequency Trading donnerait un coup de main – en douce : sans qu’il faille mettre en prison un trop grand nombre d’informaticiens vendant la mèche)…

Or, le Wall Street Journal annonce à l’instant que « La cour d’appel annule la condamnation de l’ancien programmeur de Goldman Sachs », condamné je le rappelle en 2011 à huit ans ferme de prison. L’article dit entre autres ceci :

Jeudi en fin de journée, dans un jugement d’une seule page, la Cour d’Appel américaine du Second Circuit déclare que la condamnation de M. Aleynikov doit être annulée et qu’il devrait être acquitté ; la Cour ne donne pas ses raisons.

Si vous ne savez pas qui est Sergey Aleynikov, relisez mon billet de juillet 2009 : Sergey Aleynikov, évitez les balcons ! J’y écrivais ceci :

Mr. Joseph Facciponti, Assistant du Procureur Général américain a déclaré le 4 juillet au tribunal, lors d’une déclaration à la presse, que « La banque (Goldman Sachs) a mentionné la possibilité qu’il existe un danger que quelqu’un qui sache utiliser ce programme puisse l’utiliser pour manipuler les marchés de manière malhonnête ». Ah ! voilà qui est tout à fait remarquable : un programme qui aurait pu conduire Mr. Aleynikov à manipuler les marchés malhonnêtement s’il travaillait pour Teza Technologies, et qui lui permettait de gagner sa vie comme un honnête travailleur quand il travaillait chez Goldman Sachs ! Il y a là un mystère que j’aimerais bien comprendre, d’autant que le 4 juillet, c’est la fête nationale américaine : pour que la cour siège l’équivalent du 14 juillet en France, il fallait donc que le cas de Mr. Aleynikov soit jugé, c’est le moins qu’on puisse dire, affaire pressante !

Je parlais aussi d’Aleynikov dans un autre billet, publié deux jours plus tard, intitulé (allez savoir pourquoi ?) Dans ma petite boîte à anomalies, où je mentionnais trois anomalies qui n’avaient sûrement aucun rapport entre elles : une somme intraçable de mille milliards de dollars dans le bilan de la Fed, la présence inopinée sur les marchés à terme américain de « quelqu’un quelque part [ayant] à sa disposition des sommes colossales destinées à lancer sur les marchés boursiers des signes d’optimisme forcé », et l’arrestation de Sergey Aleynikov un jour de fête nationale.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 4 MARS 2011

Présidentielles françaises en 2012
Sergent Manning
Julian Assange
Sergey Aleynikov
La manipulation du prix des actions
Lloyd Blankfein
Le prix à payer pour sauver un système à l’agonie
La nuit du 4 août 1789

Note, le 5 mars : Hier matin j’émettais dans la vidéo ci-dessus l’hypothèse qu’il existe désormais un « accord de coopération » à l’amiable entre les dirigeants de Goldman Sachs et les autorités américaines, judiciaires et/ou financières. Ce qui le fait supposer, c’est qu’aucun des dirigeants de la firme n’a été inculpé en dépit de la gravité de l’accusation portée à son encontre lors de l’audition au Sénat le 27 avril 2010 : qu’en vue d’un gain, elle a procédé à une destruction délibérée du système financier américain par une utilisation massive de CDO (Collateralized Debt Obligations) synthétiques portant sur des CDO structurés par ses propres soins de manière à ce que leur dépréciation soit maximale.

Cette hypothèse a reçu un début de confirmation dans l’après-midi puisque le Wall Street Journal titrait : Goldman’s Blankfein Agrees to Testify at Insider-Trading Trial : « Blankfein de chez Goldman accepte de témoigner dans un cas de délit d’initié ». Blankfein témoignera à charge, à la demande du procureur.

Pourquoi Blankfein a-t-il accepté, se demande le Wall Street Journal, au risque de présenter sa firme sous un éclairage défavorable ? Si mon hypothèse est correcte, la question du WSJ pèche par sa naïveté.

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Les marchés tentent de se refaire… non sans succès !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Je suis souvent épaté par la ténacité et la témérité des marchés. À peine avait-on décrété la Bourse américaine en mode « baissier », qu’elle a tenté hier de se refaire.

Et avec quelle obstination : malgré un mauvais départ hier en ouverture – très rapidement corrigé – et une longue érosion durant toute la séance, elle est quand même parvenue à terminer au finish en hausse de 1,25 %.

Bon, le profil de la journée est un peu suspect, mais qui s’en inquiétera : on était vendredi et chacun est rentré chez soi. Aujourd’hui, c’est samedi : jour de barbecue, on a d’autres choses en tête !

© Dow Jones

Ah ! ces marchés américains : il y a sûrement quelque chose qu’ils ont compris, et nous pas encore. Voilà un exemple à suivre ! Plutôt que ces vilains pisse-vinaigre d’Allemands.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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