LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 4 MARS 2011

Présidentielles françaises en 2012
Sergent Manning
Julian Assange
Sergey Aleynikov
La manipulation du prix des actions
Lloyd Blankfein
Le prix à payer pour sauver un système à l’agonie
La nuit du 4 août 1789

Note, le 5 mars : Hier matin j’émettais dans la vidéo ci-dessus l’hypothèse qu’il existe désormais un « accord de coopération » à l’amiable entre les dirigeants de Goldman Sachs et les autorités américaines, judiciaires et/ou financières. Ce qui le fait supposer, c’est qu’aucun des dirigeants de la firme n’a été inculpé en dépit de la gravité de l’accusation portée à son encontre lors de l’audition au Sénat le 27 avril 2010 : qu’en vue d’un gain, elle a procédé à une destruction délibérée du système financier américain par une utilisation massive de CDO (Collateralized Debt Obligations) synthétiques portant sur des CDO structurés par ses propres soins de manière à ce que leur dépréciation soit maximale.

Cette hypothèse a reçu un début de confirmation dans l’après-midi puisque le Wall Street Journal titrait : Goldman’s Blankfein Agrees to Testify at Insider-Trading Trial : « Blankfein de chez Goldman accepte de témoigner dans un cas de délit d’initié ». Blankfein témoignera à charge, à la demande du procureur.

Pourquoi Blankfein a-t-il accepté, se demande le Wall Street Journal, au risque de présenter sa firme sous un éclairage défavorable ? Si mon hypothèse est correcte, la question du WSJ pèche par sa naïveté.

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231 réflexions sur « LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 4 MARS 2011 »

  1. C’était long (surtout pour vous), mais cela en valait la peine et vous avez raison de présenter les choses de manière positive.
    Pour répondre à votre question de savoir si des gens au sommet qui estiment que le prix à payer pour sauver le sytème est trop élevé existent, je vous répondrai par l’affirmative.
    Certes, cela peut paraître dérisoire et insignifiant par rapport à ce que vous avez présenter mais cela a au moins le mérite d’exister.
    Il s’agit des considérations pour l' »Arrêter ministériel de subvention pour la mise en réseau des jardins communautaires en Wallonie et à Bruxelles »
    http://img62.xooimage.com/views/a/0/4/mrjc-wallonnie-260c3c9.jpg/
    C’est organisé par « Le début des haricots »
    http://www.haricots.org/mrjc
    Je sais que notre ministre de l’agriculture Benoit Lutgen et les écolos du gouvernement sont conscient de la malbouffe, mais il faut bien reconnaître que ces considérations tournent le dos à l’agriculture industrielle et invitent les gens à participer tout en rencontrant leurs attentes.
    C’est peut-être aussi une réponse à certain questionnement notamment celui de Peak Oil
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=21693#comment-154463

      1. Citation de JMJ

        Voici donc le mot de la fin sur le prix réel du pétrole : compte tenu des services qu’il nous rend (un tracteur de 70 kW remplace le travail mécanique de 100 chevaux ou 1000 ouvriers agricoles ; pas étonnant que les campagnes se soient vidées !) pour quelques % de notre temps de travail, le prix du pétrole n’est pas élevé, il est nul. La seule bonne question est de savoir ce qui va se passer quand il cessera de l’être…..

        Dans ce cas, il vaut mieux prévenir que guérir.
        Mon objectif ultime
        1- Supprimer la spéculation
        2- Supprimer l’intérêt financier
        3- Détaxer le travail
        4- Taxer la consommation d’énergie et de matière première.

    1. C’est le changement civilisationnel qu’anticipe le traité Berlin-Paris, pour nous Européens dépourvus de matières premières fossiles !

  2. Auparavant, j’étais aussi un individu critique. J’accusais le système et les hommes politiques de nous emmener droit dans le mur à cause d’une courte vue économiste et d’un conformisme d’esprit et d’attitude. J’ai complètement changé d’attitude, je me suis mis à positiver, comme Lorie et Raffarin, et j’ai commencé à trouver des petits boulots. Je commence à voir le fond du tunnel, j’arrive presque à payer le loyer, et j’aurai peut-être la possibilité un jour de fonder un foyer et d’avoir des enfants.

    Bref, je crois que les gens sur ce blog, vous perdez votre temps à voir tout en noir. Nos dirigeants n’ont pas envie d’aller vivre en Chine ou que nous leurs coupions la tête. Ils ont sûrement des bonnes raisons.

    1. Je commence à voir le fond du tunnel, j’arrive presque à payer le loyer, et j’aurai peut-être la possibilité un jour de fonder un foyer et d’avoir des enfants.

      A 25 ans en 1974 tout cela m’était dû et on trouvait cela normal.
      Sur ce blog, nous ne sommes pas péssimiste, nous essayons simplement d’être lucide.

  3. Je suis bien d’accord qu’il faut démonter tant que possible les certitudes pour garder l’esprit scientifique et éviter la tentation de devenir dogmatique mais à l’inverse il ne faut pas faire de l’incertitude une certitude et donc un dogme. Certaines choses sont certaines et d’autres pas (tout ce qui nait meurt un jour vs. cela va se passer à telle date).

    La certitude est qu’un pic pétrolier il y aura, c’est arithmétique et scientifique, mais à quelle date on ne sait pas. Pour moi on y est mais j’espère avoir tort. Je crois que faire le pari que l’on y est est le meilleur des paris à faire car à part anticiper (quelque chose qui se passe maintenant voire dans quelques années) j’aimerais bien que l’on m’explique.

    J’ai bien aimé votre métaphore sur l’arbre, très pertinente. Notre problème est qu’il y a plusieurs arbres et que ceux-ci en masquent un qui est bien plus gros que les autres or nous fonçons à toute allure dans sa direction en tentant d’éviter des buissons. Je dis que le pic pétrolier est le grand arbre car le pétrole est l’énergie la plus pratique qui nous ai été donné d’utiliser et parce que l’énergie est le ressource ultime. Avec de l’énergie bon marché il est facile de déssaler de l’eau de mer, de la transporter sur de longues distances, de produire à manger sans effort, et des satisfaire les peuples.

    Est-ce que nous ne ne voyons pas le grand arbre ou est-ce que nous ne voulons pas le voir? Un peu de deux … J’ai l’impression que nous avançons sans regarder dans aucune direction alors que nous avons calé le pied sur l’accélérateur et le guidon dans une certaine direction.

    1. Pour relativiser ce que j’ai dit précédemment je n’ai aucune certitude quant à l’émergence d’un Big Brother. Celui-ci serait en tous cas très dépendant de ce qui précisément va manquer. Mais on peut très bien imaginer des enclaves de fascistes à la Big Brother au coeur de zones de non droit.

    2. A mes yeux, le pic pétrolier (on y est bel et bien) est un non évènement, c’est la continuité de ce qui se passe depuis 40 ans. Je suis évidamment d’accord avec le fait que le pétrole est une énergie super facile que nous ne retrouverons plus jamais et qui n’a pas d’égal, mais permettez moi d’être positif et de considérer ce qui a lieu d’être entrepris à petite échelle ou à grande échelle, les liens que je vous ais cités en attestent.
      Je suis convaincu que la diminution du niveau de vie dûe à la crise financière va éveiller les consciences, et si les plus éveillés montrent un enthousiasme vers des solutions durables, le mouvement fera tache d’huile.
      C’est cela qui consiste à regarder où on doit passer pour sauver sa peau quitte à terminer sa trajectoire dans un buisson.
      Dans la vie, à certain moment, il faut prendre des décisions et agir.

  4. Bonsoir Monsieur Jorion,
    Me voilà de nouveau de passage sur votre blog. Je m’interrogeai sur votre lecture des derniers événements.
    Le moteur de la machine s’est cassée en 2008. Certains le nient encore, mais de plus en plus difficilement, et surtout de manière de moins en moins convaincante.
    La révolution la plus difficile à mettre en oeuvre est, je le crois, celle des modèles de pensées.
    Quelques uns continuent de mentir, (peut être ont ils fini par croire à leurs propres mensonges), et d’autres plus nombreux, beaucoup plus nombreux, n’osent, pas encore vraiment, essayer de se tromper.
    Alors oui, les soubressauts vont encore durer quelques temps, voire un peu plus longtemps qu’il serait souhaitable, mais cette machine est bien cassée.
    Vous évoquez les marchés financiers, et notamment les surprenantes cotations des valeurs boursières.
    Un grand nombre de spécialistes vous diront qu’ils sont en admiration devant les fluctuations réglées au milimètre prés des valorisations boursières, et pourtant beaucoup d’investisseurs, moyens et petits continuent de croire qu’un investissement en bourse est l’expression d’une liberté.
    Rien n’est moins sûr!
    Imaginer, que deux ou trois grandes banques orientent les fluctuations boursières voilà une incongruité absolue.
    L’affaire que vous évoquez de cet informaticien emprisonné de par la volonté d’une banque plus qu’honnête, est aussi révélateur de notre pusillanimité.
    Comment peut on encore croire un seul instant que tout ça est fait pour le bien de tous?
    Tel ce PDG d’un grand groupe pétrolier qui déclare que s’il gagnait moins cela ne changerait rien au niveau de la rémunération des salariés, et que par conséquent il se devait de conserver, et d’augmenter encore et toujours sa rémunération.
    Y a t il un pilote dans l’avion ?
    Police académie 1,2,3,4,…etc.
    De mauvais films en navets de plus en plus débiles, nous avons pris la mauvaise habitude de nous contenter d’un brouet indigeste…
    Vite, Master chef, ou Top Chef, et sans rire nous revoilà avec le Président dine chez vous ce soir.
    Je suis très pessimiste sur l’évolution de la situation économique mondiale à 2 ans. Temps encore nécessaire pour que les affaiblissements profonds ne laissent tomber leurs lourds fardeaux.
    Les prêts hypothécaires aux Etats Unis qui financent des immeubles dont la valeur est inférieure au montant des prêts ! Les encours sont tels qu’une rustine ne suffira pas, et où trouver l’argent nécessaire?
    Des endettements d’Etats gigantesques que la croissance, toujours moribonde, ne peut pas alléger!
    Une inflation « toujours » absente des indicateurs officiels tous pays confondus! Et pourtant des trains de hausses ENORMES dans un monde sans inflation ! Aprés le miracle des petits pains, nous avons les prix qui montent sans inflation !
    Oui, la vraie Révolution a eut lieue lors de cette nuit du 4 août 1789, lorsque des yeus dessilés ont regardé la réalité.
    L’action qui a suivi ne pouvait pas être plus aisée.

  5. Un matin, la radio diffusait la musique des jours de grêve, les transports étaient sérieusement perturbés, mais avec l’amour propre du travail bien fait qui caractérise les ouvriers du tertiaire, je réussis à rejoindre à mon poste de travail. Les gérants étaient étrangement absents. J’en profitais pour rechercher sur internet les raisons invoquées par la radio nationale pour débrayer. L’erreur 404 était originale: elle indiquait qu’une attaque terroriste avait nécessité la désactivation du réseau, pour protéger les intérêts nationaux.

    Au café, il se disait que quelque chose s’était produit, quelque chose d’étranger à la plupart des gens qui essayaient d’en parler, et qui pourtant nous concernait tous. Une sorte d’abstraction fantomatique aurait été démasquée: il avait fallu que suffisamment de citoyens lui disent « je t’ai vue nue » pour que l’imposture, cette absence cruelle de sens commun, plie les genoux, enfin.

    C’était comme ces entreprises en dépôt de bilan qui squattées par leurs salariés se transformaient en SCOP – pour qui se prenaient-ils ces gens-là pour prendre des risques partagés ou pour partager les bénéfices des risques qu’ils avaient pris – sauf que ce serait la république qui ne trouvait plus d’investisseur. Des cols blancs s’en étranglaient en accusant le shadow banking d’avoir siphonné tout cet argent « deprecated » mais perdu – qui aurait semblait-il au passage avoir toute légitimité perdue, désincarnée.

    Je payais mon café avec de cet argent dont bientôt je n’aurais plus privilège de l’usage mais dont j’avais douté depuis longtemps de la valeur trop dissymétrique à mon goût, et trouvait dehors une fanfare.
    Un des musiciens prit la parole entre deux morceaux pour dire que cela faisait longtemps que les troubadours luttaient sans assurance-vie, et que le patrimoine génétique des cigales n’était pas encore en voie de disparition. Les bûcherons de travail de la musique atteignaient rarement la grâce, et plus rarement encore le broadcast.

    Il me restait quelques amis, un début de famille à accompagner, et peut-être un jardin en Bretagne.

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