OÙ L’ON REPARLE DES VOLEURS DE POULES QUI FONT LA MANCHETTE DES JOURNAUX

J’écrivais avant-hier dans M. Stiglitz n’est pas au courant :

…il fallait que la Bourse grimpe en permanence (on a pensé un moment – et certains le pensent toujours apparemment – que le High Frequency Trading donnerait un coup de main – en douce : sans qu’il faille mettre en prison un trop grand nombre d’informaticiens vendant la mèche)…

Or, le Wall Street Journal annonce à l’instant que « La cour d’appel annule la condamnation de l’ancien programmeur de Goldman Sachs », condamné je le rappelle en 2011 à huit ans ferme de prison. L’article dit entre autres ceci :

Jeudi en fin de journée, dans un jugement d’une seule page, la Cour d’Appel américaine du Second Circuit déclare que la condamnation de M. Aleynikov doit être annulée et qu’il devrait être acquitté ; la Cour ne donne pas ses raisons.

Si vous ne savez pas qui est Sergey Aleynikov, relisez mon billet de juillet 2009 : Sergey Aleynikov, évitez les balcons ! J’y écrivais ceci :

Mr. Joseph Facciponti, Assistant du Procureur Général américain a déclaré le 4 juillet au tribunal, lors d’une déclaration à la presse, que « La banque (Goldman Sachs) a mentionné la possibilité qu’il existe un danger que quelqu’un qui sache utiliser ce programme puisse l’utiliser pour manipuler les marchés de manière malhonnête ». Ah ! voilà qui est tout à fait remarquable : un programme qui aurait pu conduire Mr. Aleynikov à manipuler les marchés malhonnêtement s’il travaillait pour Teza Technologies, et qui lui permettait de gagner sa vie comme un honnête travailleur quand il travaillait chez Goldman Sachs ! Il y a là un mystère que j’aimerais bien comprendre, d’autant que le 4 juillet, c’est la fête nationale américaine : pour que la cour siège l’équivalent du 14 juillet en France, il fallait donc que le cas de Mr. Aleynikov soit jugé, c’est le moins qu’on puisse dire, affaire pressante !

Je parlais aussi d’Aleynikov dans un autre billet, publié deux jours plus tard, intitulé (allez savoir pourquoi ?) Dans ma petite boîte à anomalies, où je mentionnais trois anomalies qui n’avaient sûrement aucun rapport entre elles : une somme intraçable de mille milliards de dollars dans le bilan de la Fed, la présence inopinée sur les marchés à terme américain de « quelqu’un quelque part [ayant] à sa disposition des sommes colossales destinées à lancer sur les marchés boursiers des signes d’optimisme forcé », et l’arrestation de Sergey Aleynikov un jour de fête nationale.

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76 réflexions sur « OÙ L’ON REPARLE DES VOLEURS DE POULES QUI FONT LA MANCHETTE DES JOURNAUX »

  1. Adieu Portugal! L’espoir est en Suisse
    Le Portugal est en récession. La plus grave depuis les années septante. Une cure d’austérité a été imposée par le FMI et l’Europe. Le salut ? La Suisse ! C’est la conséquence de la crise : on assiste à un nouvel exode des Portugais vers notre pays. Depuis quelques mois, les immigrés installés en Suisse sont sollicités par leurs compatriotes restés au Portugal pour lesquels vivre avec un salaire de 500 euros par mois est devenu impossible.

    Quand c’est possible, la solidarité entre Portugais fonctionne. Il y a quelques mois, Joaquim a aidé son ami Hernani à trouver un travail en Suisse. Quelques mois après son arrivée, Hernani est sollicité par sa sœur. Vivre avec un salaire de 500 euros par mois, un peu plus que le salaire minimum, est devenu impossible au Portugal, où les prix ne cessent d’augmenter. Alors, tout le monde ne rêve que d’une chose : partir.

    Aujourd’hui, même les jeunes universitaires ne trouvent pas de débouchés. Pour travailler, il faut migrer. C’est le cas des infirmiers qui n’ont aucune perspective dans leur pays, alors que la Suisse cherche du personnel soignant diplômé. Des agences de recrutement, mandatées par exemple par le CHUV à Lausanne, auditionnent des candidats au Portugal pour les hôpitaux suisses. C’est le cas de Leslie. Pour elle tout s’est fait très vite. En une semaine elle a tout quitté au Portugal dans l’espoir d’une vie meilleure en Suisse. Un reportage poignant tourné en Suisse et au Portugal.

    http://www.tsr.ch/emissions/temps-present/immigration/3664069-adieu-portugal-l-espoir-est-en-suisse.html

    1. ” hé bin on ira se faire soigner en suisse!
      C’est pas beau ça, le libéralisme! Ils apauvrissent les pays pauvres pour enrichir les pays riches!
      Bon y’en a un peu plus, Madame Michu, j’vous l’ met quand même ?”

  2. A-t-il déjà été question sur le blog du film de Darren Aronowski, Pi?

    Au delà de ses qualités esthétiques propres, et abstraction faite de sa partie “romance” sentimentale, ce film qui date de 1999, si je ne m’abuse, ne soulève-t-il pas matière à réflexion eu égard à ce que nous vivons aujourd’hui?

  3. Merci pour le lien.

    Effectivement, la discussion n’est pas poussée, alors que le problème posé par le film devrait interpeler, à tout le moins les programmateurs, à défaut des autres…

    Un passant expose bien le propos de la fiction, mais sa question finale élude le problème fondamental.

    Ce qui me laisse songeur, c’est d’abord le degré de lucidité des opérateurs dans le secteur financier, en fonction de leur positionnement hiérarchique. Il n’y a pas de raison de dénier à des techniciens de haut niveau une telle lucidité, contrairement aux chercheurs en science fondamentale. Il y a là un abyme d’ordre moral…

    Ensuite, c’est le fonctionnement de l’ensemble de la structure financière sous le régime du secret: je ne veux pas parler de l’opacité de la technique pour qui n’y est pas initié, logique somme toute, mais du contrôle social des fins dernières de la technique, qui interroge également sur la lucidité des politiques.

    Plus que de cadre politique ou scientifique, c’est de cadre moral qu’il faudrait changer… n’est-ce pas?

    Or, qu’est-ce qui peut faire changer un cadre moral?

  4. alors on peut pépère retourner arroser ses géraniums et cultiver tranquille son jardin ; c’est beau la vie !

  5. ieeespectrum rapporte sur les jugements rendus (dont le cas Aleynikov) par les cours pénales US sur le “vol” de logiciel, avec comme enjeu l’actuelle rédaction des lois qui semble impropre à recouvrir les faits, et pour lequel les cours conseillent au Congrès de mieux faire leur travail.

    L’anomalie n’est qu’une petite fissure, mais elle se propage et montre que le monde du logiciel libre a des cartouches pour le futur alors que les institutions semblent patiner devant la nouveauté du paradigme.

    Rien hélas sur le fond des conséquences des programmes HFT de Aleynikov dans ce billet d’ieeespectrum…

    (url en clair “http://spectrum.ieee.org/riskfactor/computing/it/us-appeal-courts-opinions-throw-software-theft-laws-a-curve/?utm_source=computerwise&utm_medium=email&utm_campaign=050212)

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