Archives par mot-clé : néolibéralisme

La vita è bella, par Roberto Boulant

Vous je ne sais pas, mais moi je trouve notre espèce absolument formidable ! Prenez par exemple le cas de cette étrange peuplade, les Hexagons. Ils organisent à grand renfort de réclame de grands raouts mondiaux sur le thème « Make Our Planet Great Again », nous tirent des larmes des yeux avec des slogans chocs « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », ou bien encore hurlent à l’inconséquence des masses le Jour du dépassement (mais uniquement celui-là, ce qui nous donne un ratio de 1/365 les années non bissextiles).

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Le néolibéralisme (ou ultralibéralisme) existe bel et bien

Serge Audier est l’auteur de Penser le « néolibéralisme » (2008) et de Néo-libéralisme(s) (2012). Comme l’indique le titre de son ouvrage le plus récent, Audier insiste dans ses deux textes sur le fait que les auteurs ayant parlé du néolibéralisme auraient donné de celui-ci des définitions différentes, conduisant à penser que le néolibéralisme en tant que tel serait une chimère et que le terme soit, ne renverrait pas à une réalité précise, soit, renverrait à plusieurs réalités.

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Les chroniques de Jean Peuplu : Absurde !

Billet invité.

Pour définir le néolibéralisme :
« Qui est manifestement et immédiatement senti comme contraire à la raison au sens commun; parfois quasi-synonyme de impossible au sens de « qui ne peut ou ne devrait pas exister » »
« Qui agit, se comporte, juge d’une manière non conforme aux lois ordinaires de la raison »
« Qui résiste à une interprétation rationnelle, qui n’a pas de sens »
« Qui renferme une contradiction »

Pour se positionner face au néolibéralisme :
« Raisonnement par l’absurde. Méthode de raisonnement qui pour établir la vérité d’une proposition montre que sa négation conduirait à une absurdité [i.e. le néolibéralisme] »

Un rapport avec la surdité :
« Influence possible du fr. sourd (a. fr. sort) sur les formes du type absorde et absourde (cf. lat. médiév. absurdus « surdus » ds Mittellat. W. s.v., 65, 69) ; sur les rapports possibles entre absurdus et surdus, cf. Ern-Meillet 1959, s.v. absurdus, surdus, susurrus. »

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Le masque, par Léoned

Billet invité.

J’approuve le billet de Michel Leis, mais je le trouve indulgent. Trop indulgent.

Ce n’est pas un abus de langage, c’est un contresens.

Ce n’est pas un contresens, c’est une arnaque.

C’est pire qu’une arnaque, c’est un masque.

En se proclamant « social-démocrate », comme s’il s’agissait là d’une maladie honteuse, François Hollande feint de se cacher de ce qu’il est vraiment : un parfait libéral.

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La lettre de Jacques Seignan au Président de la République

Billet invité.

le 4 juillet 2013                                                                                                       Copie : M. H. Désir, PS

 
Monsieur le Président de la République,

Je sais que cette lettre d’un citoyen au citoyen qui est devenu notre président de la République ne servira à rien.

Mais je l’écris pour l’honneur.

Vous avez à votre disposition des analystes, des sondeurs, des communicants, des spin doctors ; vos conseillers, vos ministres et leurs collaborateurs sont des gens brillants issus du même moule et donc vous savez tous mieux que nous, les Français de la base, un peu stupides, ce qu’il faut faire pour la France.

Pour mieux expliquer ma démarche, d’abord quelques mots sur moi.

J’ai 61 ans et je suis retraité depuis peu, après une période de chômage de trois ans, car j’ai fait partie de cadres éliminés en 2009 pour améliorer la compétitivité de la société où je travaillais.

Depuis que j’ai pu voter, en 1974 à 22 ans pour mon premier vote, j’ai voté socialiste : évidemment pour François Mitterrand quatre fois et jamais je n’oublierai ma joie le 10 mai 1981. Ensuite j’ai toujours voté socialiste sauf en 2002 car j’ai obéi, nolens volens, au front républicain et j’ai dû voter pour M. Chirac.

Il y a eu ces terribles années avec un président libéral au service des riches, pour le dire simplement mais clairement, et j’ai voté pour vous trois fois (en tenant compte du 2ème tour de la Primaire) de façon positive : pas seulement contre votre prédécesseur mais pour ‘le changement, c’est maintenant’. Vivant en banlieue parisienne je suis allé à votre meeting de Vincennes et à celui de Bercy ; je retrouvais le ‘peuple de gauche’ si chaleureux. Un deuxième président socialiste ! J’avais en 2007 soutenu Madame Royal activement et je l’avais même dit lors d’un diner avec des collègues de ma société et de cadres d’un distributeur : ma déclaration avait fait le même effet que si j’avais avoué être un tueur en série. J’en ris encore.

Enfin j’étais heureux que la France ait un président honnête, cultivé, pondéré et parlant français correctement.

Et puis… il me faudrait plusieurs pages pour dire mon immense déception qui bien sûr s’accompagne d’une complète désapprobation de votre politique en général. Je me sens humilié d’avoir soutenu votre candidature auprès de tant de gens autour de moi.

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » : contribution à un futur article sur la démocratie, par Michel Leis

Billet invité.

Le succès de la pensée libérale est tel dans le monde politique qu’il rend caduque la définition de la démocratie au sens que lui donne cette même pensée libérale. La capacité de changer de gouvernement sans effusion de sang par un processus organisé (*) n’est plus que spectacle et illusion quand les alternances ne conduisent qu’aux mêmes décisions politiques. Quatre aspects me semblent essentiels dans ce processus de délitement.

Un déséquilibre profond des rapports de force s’est établi entre les Citoyens, le Pouvoir économique et le Pouvoir politique. Le monde politique n’a pas pris conscience que l’une des principales conditions du bon fonctionnement de la démocratie est la garantie donnée à cet équilibre, indépendamment de la capacité de chacun des groupes à influencer la marche de la société ou à exercer un chantage sur l’ensemble du corps social. Des choix univoques au profit de tel ou tel groupe de pression tendent à se substituer à une vision impartiale de l’État qui devrait être sinon la règle, du moins l’idéal à atteindre. Arbitrer systématiquement en faveur de l’économie parce qu’on lui a attribué une place centrale dans le fonctionnement de la collectivité, c’est instituer une oligarchie où les oligarques ne sont même pas exposés aux affres du pouvoir.

La nécessité absolue de préserver ou de gérer au mieux les biens communs n’est pas un élément central de la décision politique, au mieux c’est un aspect contingent pris en compte dans l’analyse de départ. Cette constatation n’est que la traduction d’une vision court-termiste, résultant dans les faits de cette vision univoque du cadre de l’action politique.

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » : École (économique) de Chicago, par Bertrand Rouziès-Leonardi

Billet invité.

École libre du totalitarisme ou école totalitaire de la liberté. – Vous êtes libres de choisir. De quoi vous plaignez-vous ? – Forme une triade horrifique avec l’école ordolibérale allemande et l’école autrichienne. Son directeur le plus connu : feu Milton Friedman, homme de paix que son prénom renvoie en enfer. Sa devise : « Life is unfair » (« La vie est injuste »), ce qui sous-entend non de la commisération mais le souci de tirer profit (« to deal with ») des injustices constatées. Les quelques miettes tombées de la table des goinfres suffisent à prouver que les bénéfices colossaux engrangés par ce moyen finissent toujours par ruisseler sur la tête des nécessiteux. Tendez vos sébiles. 

L’école de Chicago, d’inspiration libérale, se caractérise par de hautes ambitions en matière de liberté. Elle s’est ainsi illustrée, dans les années 1970, par son soutien appuyé aux dictatures sud-américaines, preuve que « l’histoire du monde libre s’écrit avec une grande hache » (Michel Montfort). Un peu de Chili et beaucoup de carne. Le libre marché dont elle fait l’apologie vous permet de marcher librement tant que vous jouez le jeu. Si vous regimbez, invoquant je ne sais quelle niaiserie communarde au sujet du bien commun, n’importe quel psychopathe en uniforme d’opérette et à petite moustache en brosse est libre de marcher sur vous. On notera, non sans étonnement, que parmi les apologistes les plus en vue, à une certaine époque, il s’en rencontrait beaucoup, tel Friedman lui-même, dont les ancêtres avaient fui les persécutions antisémites en Europe centrale. Le fascisme, sous ses avatars multiples, noue des alliances inattendues. 

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