Archives par mot-clé : peuple

Le peuple roulé dans la farine : c’était déjà le cas en 1904

Ouvert aux commentaires.

Ce qui suit est un passage d’un livre de Thorstein Veblen (1857 – 1929), sociologue et économiste américain marginal, publié en 1904 sous le titre The Theory of Business Enterprise.

Le gouvernement représentatif veut dire, essentiellement, la représentation des intérêts commerciaux. Le gouvernement travaille généralement dans l’intérêt des hommes d’affaires avec une unicité d’objectif assez constante. Et, dans sa sollicitude pour les intérêts des hommes d’affaires, il est soutenu par l’opinion publique, car il y a une certaine conviction naïve, inconditionnelle, répandue dans le peuple, selon laquelle les intérêts matériels de la population coïncident, d’une manière occulte, avec les intérêts pécuniaires des hommes d’affaires qui vivent à l’intérieur du champ d’action des mêmes règles gouvernementales.

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Sécession, par Zébu

Lincoln Memorial
« Lincoln Memorial » par Jeff Kubina – Lincoln Memorial. Licensed under CC BY-SA 2.0 via Commons –

« C’est à nous les vivants de nous vouer à l’œuvre inachevée que d’autres ont si noblement entreprise. (…) à nous de décider que le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, ne disparaîtra jamais de la surface de la terre ».

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Discours imaginaire, par Pascal

Billet invité.

Le peuple veut des droits ? Qu’a cela ne tienne, Il les aura. Mais Nous, nous conserverons le pouvoir de définir les droits et les devoirs. L’important n’est pas le droit, mais l’intérêt de Ceux qu’il sert et pour cela, Nous devons garder le pouvoir de l’initiative et de l’écriture.

1789 a donné des droits Sociaux au peuple que le CNR a confortés à la Libération, il serait bien imprudent de les contester. Alors, à Nous de renforcer l’autre droit, le Nôtre, le droit du Commerce et des affaires. Il suffira ensuite, droit contre droit, de soumettre le droit Social au droit du Commerce.

Le peuple sera satisfait de pouvoir revendiquer ses droits Sociaux mais sous couvert du « réalisme économique » qu’il s’agira d’instiller dans les cerveaux, le peuple devenu « communauté de consommateurs » acceptera de soumettre Son droit Social à Notre droit du Commerce.

Cette société ainsi organisée à Notre avantage, appelons la « Démocratie ». Ainsi, toute revendication ou remise en cause du système sera, de fait, attribuée à une volonté Anti-démocratique. Nous pourrions même qualifier ces contestataires de « populistes », ainsi la notion même de peuple deviendra suspecte.
 

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – PEUPLE, par Bertrand Rouziès-Léonardi

Billet invité.

PEUPLE

PEUPLE : du latin populus, qui désigne avant tout le peuple en armes, l’émeute civique qui voit dans toute couronne une Bastille à prendre et à démanteler jusqu’aux fondements. Populus est masculin en latin. Il ne faut pas le confondre avec populus, féminin, qui signifie « peuplier ». Pourtant, sans être là, le peuple y est, puisqu’il est de ce bois dont l’aristocratie montante a pris l’habitude de se servir pour enfoncer la porte de l’aristocratie descendante. Parfois, le populus dégénère en plebs, en populace, quand les émeutiers commencent à ne plus faire la différence entre les porteurs de couronne et les aspirants à la royauté, tellement plus nombreux, qui se font un tapis rouge du sang répandu par d’autres. Si l’émeute civique en vient à déranger le train des affaires, il n’est plus question de peuple, mais de banditisme, et les honnêtes patriciens y mettent le holà en plantant des larrons en croix le long des routes principales. Ce télégraphe de la terreur est censé rappeler aux pèlerins de l’égalité qui les empruntent dans quelles limites ils doivent renfermer leur exaltation. 

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JOUIR POUR PAS CHER, par Un Belge

Billet invité.

L’Office du Tourisme de Luxembourg propose au visiteur une foule d’activités. Après hésitation, j’ai fait l’impasse sur un récital de musique militaire au Cercle Municipal, Place d’Armes, et opté pour le « Circuit Vauban », très bel itinéraire urbain qui permet d’apprécier ce que la ville doit à Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban (1633-1720), génie des citadelles sous Louis XIV.

Marchant paisiblement sur le « Chemin de la Corniche » (belvédère recommandé), j’ai discuté brièvement avec un couple de notables vénézuéliens, en vacances eux aussi.

– Ah ! La Belgique… Eddy Merckx, me dit-il.
– Ah ! Le Venezuela… Hugo Chávez, dis-je (jetant involontairement un léger froid).
– Comme tout est calme ici… dit-il.
– Hier, samedi soir, il y avait du mouvement, dis-je.
– Chez nous, ce n’est pas comme cela, dit-il, ce n’est vraiment pas calme.
– Chez nous non plus, dis-je, mais ici, c’est une ville riche et tranquille… Vous restez longtemps ?
– Quelques jours. Nous voulons voir Genève, Munich et Bruges. Puis nous repartons…

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 8 MARS 2013

Un parfum de printemps
Eric Holder, Adair Turner, Michel Barnier, Finance Watch
John Maynard Keynes
Citoyen / Bourgeois

Sur YouTube, c’est ici.

Gilles Dostaler sur « Keynes et la politique » :

Comme sa pensée politique, l’action politique de Keynes est peu souvent évoquée. Ses positions sont en tout cas sujettes aux interprétations les plus diverses et les plus contradictoires, plus encore que sa pensée économique ou sa vision philosophique. C’est ainsi que, pour certains, Keynes se situe très à gauche sur l’échiquier politique. Plusieurs conservateurs le considéraient comme un crypto-communiste. À l’autre extrême, les communistes et les marxistes le jugeaient comme un conservateur d’autant plus dangereux qu’il se présentait comme un ami de la classe ouvrière et critiquait les politiques du parti conservateur, Entre ces deux appréciations, on trouve toutes les positions intermédiaires imaginables. Nouveau libéral, progressiste et radical, pour les uns, Keynes est un libéral centriste, de tendance droitière, pour les autres. Lui-même semblait prendre plaisir à brouiller les pistes en se décrivant tantôt comme modérément conservateur et ailleurs comme à gauche du Parti travailliste. Il a vexé le premier ministre travailliste MacDonald en déclarant, au terme d’une réunion, qu’il se considérait comme le seul véritable socialiste présent !

Inutile de dire que je partage l’opinion de Keynes sur lui-même !

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EN ITALIE, LE PEUPLE EST DE RETOUR

Dans mon billet paru hier dans Le Monde, je montrais comment au Royaume-Uni l’opinion publique est en train de parvenir à modifier la pratique bancaire, le changement radical de style de la Barclays, qui affirme vouloir renouer avec la décence en affaires, et a déjà posé quelques gestes significatifs en ce sens, en étant le témoignage.

Je faisais allusion par contraste à la situation en France, où les politiques élus pour changer les choses dans le monde financier se contentent d’entériner le statu quo, se félicitant au passage des qualités après tout admirables du système condamné, et ceci, dans l’indifférence générale d’une opinion publique hypnotisée par les derniers soubresauts d’une institution autrefois vénérable.

C’est précisément l’opinion publique, le « peuple », qui vient d’opérer son retour triomphal en Italie, sous la forme du « non-parti » Cinque Stelle, qui vient de dire Non au front unifié du « plus ça change, plus c’est la même chose », constitué des partis politiques à proprement parler.

Peut-on gouverner sur un programme de simple « basta » ? Non, bien entendu, car c’est précisément là que sont intervenus les dérapages les plus abominables de l’histoire récente, ce qui alimente les accusations anticipées de « poujadisme » adressées à Cinque Stelle. Le peuple s’est exprimé en votant pour ce mouvement, il faut s’assurer maintenant qu’à travers celui-ci ce soit maintenant lui qui prenne la parole et qu’on l’entende énoncer clairement ce qu’il veut véritablement.

 

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« NE LE DITES SURTOUT PAS AUX AUTRES… »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Hier matin, j’étais aux côtés de Laurent Joffrin et Jacques Mistral à une journée organisée à Paris par le Nouvel Observateur. Le thème de notre table ronde était : « Les Financiers : ils n’ont rien compris, ils n’ont rien appris ». J’ai profité d’une question venant de la salle pour expliquer ma proposition d’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, qui a toujours été accueillie jusqu’ici par un silence poli teinté de perplexité et là, j’ai été surpris de voir cet auditoire jusque-là très silencieux, éclater en applaudissements.

Bon, on pourrait imaginer qu’à force de vanter ma camelote, j’ai découvert le moyen d’améliorer mon boniment. Il y a peut-être un tout petit peu de ça, mais il y a d’autres signes qui me permettent de constater que mes interventions sont reçues avec un enthousiasme croissant.

J’accepte les invitations les plus diverses, y compris dans des cadres a priori conservateurs, voire même très conservateurs, où je m’attends à ce que mes thèses soient mal reçues. Je vais les tester là « en terre de mission ». Or, il m’arrive maintenant au moment où je dis, par exemple, qu’il va falloir remettre en question la manière dont nous concevons la propriété privée, de noter avec surprise les nombreux hochements de tête approbateurs qui accueillent mes paroles dans la salle.

Bien sûr, j’interviens souvent dans des cadres où l’auditoire m’est acquis, mais dans ces autres, où l’accueil devrait logiquement être plutôt froid, j’échange quelques mots à la fin de l’exposé avec les auditeurs qui tiennent à me parler. La teneur de ce qu’ils me glissent dans le tuyau de l’oreille est toujours la même : « Ne le dites surtout pas aux autres, mais je suis tout à fait d’accord avec vous ! », et ils m’expliquent alors pourquoi, me prouvant qu’il ne s’agit pas simplement d’un accord superficiel. Une personnalité du milieu financier – qui se reconnaîtra sans doute puisqu’elle me prouva être un fidèle parmi les fidèles – m’a ainsi dit lors d’une de ces conversations rapides : « Je suis étonné que vous soyez arrivé à ne jamais rater un seul de vos rendez-vous vidéo du vendredi ! ». Rentré chez moi, j’ai voulu en avoir le cœur net : quelle constance lui avait-il fallu pour être si sûr de son fait ? La réponse : fidèle au poste depuis quatre-vingt-trois semaines. Chapeau !

Je sais comment vont réagir à ce que je rapporte ici certains d’entre vous : un peu d’agacement à découvrir que le petit club n’est pas aussi sélect qu’ils ou elles l’imaginent. J’y vois moi un énorme encouragement : que les idées que nous discutons ici font leur chemin, aussi bien au niveau d’un évêché ou d’un club Rotary que des banques coopératives ou des syndicats.

La question que je me pose en ce moment, c’est celle-ci : toutes ces personnes qui me disent en catimini, « Ne le dites surtout pas aux autres ! », que se passerait-il si elles se rendaient compte soudain que tous ces fameux « autres », me disent en réalité exactement la même chose qu’eux ?

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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