« NE LE DITES SURTOUT PAS AUX AUTRES… »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Hier matin, j’étais aux côtés de Laurent Joffrin et Jacques Mistral à une journée organisée à Paris par le Nouvel Observateur. Le thème de notre table ronde était : « Les Financiers : ils n’ont rien compris, ils n’ont rien appris ». J’ai profité d’une question venant de la salle pour expliquer ma proposition d’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, qui a toujours été accueillie jusqu’ici par un silence poli teinté de perplexité et là, j’ai été surpris de voir cet auditoire jusque-là très silencieux, éclater en applaudissements.

Bon, on pourrait imaginer qu’à force de vanter ma camelote, j’ai découvert le moyen d’améliorer mon boniment. Il y a peut-être un tout petit peu de ça, mais il y a d’autres signes qui me permettent de constater que mes interventions sont reçues avec un enthousiasme croissant.

J’accepte les invitations les plus diverses, y compris dans des cadres a priori conservateurs, voire même très conservateurs, où je m’attends à ce que mes thèses soient mal reçues. Je vais les tester là « en terre de mission ». Or, il m’arrive maintenant au moment où je dis, par exemple, qu’il va falloir remettre en question la manière dont nous concevons la propriété privée, de noter avec surprise les nombreux hochements de tête approbateurs qui accueillent mes paroles dans la salle.

Bien sûr, j’interviens souvent dans des cadres où l’auditoire m’est acquis, mais dans ces autres, où l’accueil devrait logiquement être plutôt froid, j’échange quelques mots à la fin de l’exposé avec les auditeurs qui tiennent à me parler. La teneur de ce qu’ils me glissent dans le tuyau de l’oreille est toujours la même : « Ne le dites surtout pas aux autres, mais je suis tout à fait d’accord avec vous ! », et ils m’expliquent alors pourquoi, me prouvant qu’il ne s’agit pas simplement d’un accord superficiel. Une personnalité du milieu financier – qui se reconnaîtra sans doute puisqu’elle me prouva être un fidèle parmi les fidèles – m’a ainsi dit lors d’une de ces conversations rapides : « Je suis étonné que vous soyez arrivé à ne jamais rater un seul de vos rendez-vous vidéo du vendredi ! ». Rentré chez moi, j’ai voulu en avoir le cœur net : quelle constance lui avait-il fallu pour être si sûr de son fait ? La réponse : fidèle au poste depuis quatre-vingt-trois semaines. Chapeau !

Je sais comment vont réagir à ce que je rapporte ici certains d’entre vous : un peu d’agacement à découvrir que le petit club n’est pas aussi sélect qu’ils ou elles l’imaginent. J’y vois moi un énorme encouragement : que les idées que nous discutons ici font leur chemin, aussi bien au niveau d’un évêché ou d’un club Rotary que des banques coopératives ou des syndicats.

La question que je me pose en ce moment, c’est celle-ci : toutes ces personnes qui me disent en catimini, « Ne le dites surtout pas aux autres ! », que se passerait-il si elles se rendaient compte soudain que tous ces fameux « autres », me disent en réalité exactement la même chose qu’eux ?

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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131 réflexions sur « « NE LE DITES SURTOUT PAS AUX AUTRES… » »

  1. Les financiers ne sont pas idiots ni difficiles à convaincre. Mais ils sont tres grégaires… Dès que l’un d’entre eux sonnera le clairon du bon sens (reprenant les idées de Jaurion) ils se ralieront en masse

  2. Bonsoir à tous

    Pourquoi ne ps dire tout haut ce qu’on pense tout bas?
    Il y a en ce moment sur business insider un petit topo sur la france; il y est dit en fin de compte que ce qui nous plombe un peu malgré tous nos atouts c’est que la société française est une société  » statutaire » mais qu’il n’y a qu’une seule dimension de statut: une seule façon « correcte » de penser, de s’habiller, de parler ….. On peut donc examiner la question sous l’angle de la pression « statutaire » ….. Se révéler « hors » signifie perte de statut….
    La France est le seul pays démocratique ayant un équivalent du commissaire politique – ici nommé « intellectuel »…
    Cordialement.

    1. commissaire politique

      ??

      Ah oui, vous ne parlez pas des intellectuels, mais des « qui-font-semblant », les pipolisés qui nous bassinent depuis trente ans et plus !
      C’est que, voyez-vous, ce n’est pas la même chose! Ceux-là ne produisent pas des idées, maais une idée fixe ! Ils travaillent pour l’oligarchie ploutocratique, dont ils font partie !

  3. Monsieur Jorion, je m’approche de votre oreille pour vous dire ….. hummmmmm, les paroles des personnalités de la finances …. paroles, paroles paroles. mais chuuuut, ne le dites à personne.

  4. Je fais partie de ce que l’on appelle le « milieu ouvrier ». Le travail en chantier naval est dur , on en bave quotidienement. Pas besoin de faculté intellectuelle hors norme; l’intelligence dans ce métier est plus une question de sensibilité. Il faut sentir la matière pour pouvoir en faire ce que l’on veut . Lorsque nos conversations entres collègues dérivent sur l’état de la crise actuelle, je suis de plus en plus surpris par l’acuité avec laquelle ils appréhendent la réalité. La grande machine à décerveler ne fonctionne plus. Les mensonges ne passent plus.

    1. l’intelligence dans ce métier est plus une question de sensibilité. Il faut sentir la matière pour pouvoir en faire ce que l’on veut

      « Ce que sait la main » / R.Sennett
      dans Métier
      têtes du chapitre : la main
      – la main intelligente;comment la main est devenue humaine
      Saisir et toucher
      – préhension
      Saisir quelque chose
      – Vertus de la main;au bout des doigts
      Véracité
      – les deux pouces
      Coordination et coopération
      – main-poignet-avant-bras
      leçon de force minimale
      – l’oeil et la main
      Le rythme de la concentration

    2. Ici aussi aux Pays-Bas, je suis parfois surpris par la prise de conscience chez certains. Mais ça reste encore trop sporadique. Ou alors, c’est encore bien caché par le rideau de fumée médiatique.

  5. « Neleditessurtoutpasauxautres »
    C’est déjà s’inquiéter. C’est implicitement reconnaitre qu’on est sur le point de changer de camps, qu’on n’en est pas assuré pour autant (pas trés courageux en effet) que « ces autres » ont encore un pouvoir de nuisance que l’on craint mais que l’on devine comme un moment de bascule. On peut appeler ça le complexe de Vichy.

    1. Si les résistants avaient crié sur tous les toits qu’ils l’étaient, ils seraient passés très vite au statut de fusillés… Et une résistance sans résistants ben…
      Il faut, selon le contexte, préférer l’ombre à la lumière.

  6. L’objectif politique démocratique n’est plus considéré indépendamment des réalités économiques et financières, et réciproquement. C’est une avancée incontestable. Le parti socialiste ferait bien d’en prendre acte, lui qui met toujours d’abord l’accent sur les questions de redistribution des richesses au lieu de remonter à la source en pointant les inégalités crées par l’absence de règles du jeu, à commencer dans la sphère financière. La politique juste ne peut être seulement une affaire budgétaire, elle doit nettement prendre position et parti pour l’instauration d’une nouvelle loi commune en commençant par interdire les pratiques incompatibles avec la recherche du bien commun. Si comme le dit Paul cette idée fait son chemin dans des esprits marqués aussi bien à droite qu’à gauche, alors on peut conclure que le PS fait fausse route en ne menant pas ce combat en priorité.

    Ce qui se passe sur le blog lui-même est aussi assez révélateur de la situation plus générale décrite dans cet excellent billet de Paul qui établit un bilan d’étape.
    Certains points de vue qui semblaient à première vue totalement opposés ont peu à peu établi entre eux des lignes de jonction. D’âpres débats ont accouché du consensus dur dont parle plus haut Dissonance.
    Chacun ici en discutant depuis de longs mois, deux années et plus pour les plus anciens, s’aperçoit qu’en réalité devant le capitalisme financier il y a plus de choses qui nous rapprochent que de choses qui nous éloignent. La se trouve le ferment d’un avenir meilleur.

    1. @ Pierre-Yves :
      « on peut conclure que le PS fait fausse route en ne menant pas ce combat en priorité » : je confirme.
      Et ce depuis un paquet de temps. 2002 n’a toujours pas été analysé au sein du PS. Et l’épisode Ségolène Royal a contribué à occulter son analyse, pour diverses raisons.
      On en est toujours là.
      Pendant ce temps, Marine Lepen a fait son ‘aggiornamento’.
      Et propose une ‘nouvelle loi commune’.
      Et franchement, ça ‘défouraille’ (y compris quand elle reprend à la volée le journaliste) :
      http://www.marinelepen.com/index.php?option=com_content&view=article&id=761:marine-le-pen-invitee-du-journal-de-france-2&catid=4:medias&Itemid=9
      – Sortie de la monnaie unique et retour à la monnaie ‘nationale’.
      – Sortie du décret de 1973, celui-là même dont on reparle, souvent, sur ce site (à raison).
      – Précisions millimétrés quant aux chiffres sur l’endettement et la dette payée, ainsi que celles de la sortie d’endettement prévue (dont on peut penser qu’elles proviennent de sites qui dénoncent, à raison, le prix exorbitant payé pour la dette publique).
      – Citation de Maurice Allais (ce libéral-protectionniste).
      – Mise sous boisseau des thèmes récurrents du FN jusqu’à maintenant, notamment l’immigration et la sécurité, pour focaliser sur la mondialisation et l’Europe libérales.
      – Rectification immédiate sur les mesures fiscales, notamment sur l’abaissement du taux d’imposition de la dernière tranche.
      – Réaménagement du protectionnisme, en utilisant des termes choisis, comme ‘écluses’.
      Etc.

      Qui est à l’origine de cette révolution’ ?
      Louis Alliot.
      DEA de science politique. Doctorat en droit public. Avocat. Elu.
      Et à l’origine d’un think tank pour épauler Marine Lepen.
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=20686#comment-143448
      Il a aussi coordonné la campagne présidentielle 2002 avec Golnisch en 2001.
      Lorsque lui et Guillaume Vouzellaud sont arrivés à la commission d’investiture en 2003, les ‘anciens’ du FN les appelaient les ‘nice people’ et pas parce qu’ils venaient de la ville du même nom.

      On est bien d’accord que TOUT le reste n’est pas modifié : le FN reste le FN.
      Pour preuve : va voir sur la page du programme du FN sur le site internet.
      Et tu verras u sur les 20 thèmes présentés, seuls 2 (!) sont en cours de réactualisation.
      Lesquels ?
      ‘Acteurs économiques et emploi’ et ‘Economie et budget’.
      Cela ne s’invente pas.

      Je te le dis d’avance.
      Le PS ne sait pas ce qui lui tombera sur le dos le moment venu. Ou alors c’est qu’il refuse d’ouvrir les yeux. Cherche dans son ‘paquetage’ idéologique et programatique un truc de l’encablure du FN version ‘Marine’ (reformatage en surface, tout en gardant les mêmes viatiques) : peine perdue.
      Les élections aussi.

      Sarkozy, lui, le sait.
      Mais il ne sait pas (encore) si cela lui profitera ou pas.
      On court droit à la Kata, version 2002.
      En pire (10 ans de droite derrière nous, déjà, et 5 de plus dans le viseur).

      PS : les sondages actuels ne signifient rien car ils opposent des duels de personnalités.
      Dans la réalité, une élection présidentielle en France se gagne en deux tours.
      Le PS va droit dans le mur. A fortiori si DSK est le candidat : un paquet de français ayant voté ou qui auraient pu voter à gauche n’iront pas aux urnes en 2012 ou voteront ‘extrêmes’, notamment FN.
      Car DSK, c’est l’homme du FMI : pain ‘béni’, pour Marine Lepen …

    2. @Zebu

      Assez d’accord avec vous. En outre, la campagne de dénigrement de Mélenchon va aussi dans ce sens, car si le parti de gauche en est affaibli, alors c’est le FN qui en profitera. L’Ump pense sans doute pouvoir en tirer parti, mais peut-être va t’il vite en besogne quant à ses propres divisions et les copncurrents de droite comme Villepin. Comme d’habitude, il semble que seul le Ps demeure inerte et à mille lieux des réalités…

    3. Zébu,
      je souscris à ton analyse à propos du FN.
      Un spectre nommé DSK hante le parti socialiste et risque de le couler si un nouveau cap n’est pas pris assez rapidement. Reste la carte Montebourg s’il optait pour quelque chose de vraiment substantiel, autre chose qu’un plan marketing politique visant à prendre seulement le contrepied de la direction du PS. Pour l’instant il veut faire de l’Obama ……

    4. Et Fabius, désormais le plus fervent partisan d’une candidature DSK,. Heureusement pour lui que le ridicule ne tue plus. Des soutiens comme ça c’est pas bon signe. Fabius l’artisan de la réforme néo-libérale sous Mitterrand puis chantre du Non lors du référendum sur la constitution européenne, maintenant rallié à l’idéologie FMiste. Et demain que fera-t-il, que dira-t-il ?

    5. J’ajouterais qu’entre Mitterrand, Jospin, Rocard, Royal et consorts (et ce serait bien de les sortir), le PS est bien le Parti des Spectres.

    6. Pierre-Yves,

      L’objectif politique démocratique n’est plus considéré indépendamment des réalités économiques et financières, et réciproquement.

      Vendu ! L’Économie c’est le vivre-ensemble, qui se traduit en : économie, politique, écologie, éducation, … La démocratie auto-éclairée, what else, nous le valons bien ?!

      … il y a plus de choses qui nous rapprochent que de choses qui nous éloignent. La se trouve le ferment d’un avenir meilleur.

      Vendu ! Il s’agit effectivement comme le signale Dissonance, d’un « sacré numéro d’équilibriste » qui n’est pas terminé ! L’exercice ne peut d’ailleurs pas tolérer de camps qui s’opposent, par définition : « Le groupe doit élever la personne, la faire évoluer, lui permettre de réaliser ses aspirations pour autant qu’elles ne nuisent pas à l’ensemble, de toutes façons si c’était le cas il serait vite rappelé à l’ordre », la guerre ce n’est pas bon, à la fin tout le monde est cadavéré, le mort et l’assassin qui va vivre avec ce poids.

      Nous n’avons pas quitté le monde de la compétition. Ça occupe. Et d’être occupé ça rassure. D’où la hiérarchie.

      « Je » ne suis pas en compétition. Pas sur tout ! Pas tout le temps ! Pas le temps : je garde une partie (au moins les deux tiers) pour ne pas concourir (non… rien.) : c’est ma propriété privée, pas touche ! Y’a des moments où il faut savoir se reposer, s’entraîner, se perfectionner ! Et il y a d’autres jeux dans la vie, il y a même des tribus entières qui y jouent… et à qui on s’amuse à piquer des billes, qu’est-ce qu’on se marre ! Et y’a même notre chef qui leur dit que leur jeu il est pas bon, crr crr crr ! Une autre : y’a d’autres chefs qui leur ont acheté toutes leurs ressources et qui maintenant leur en vendent avec obligation d’acheter chaque année (contrat Occidental Gavage of Muttons en anglais) ! Non, y’a pas à dire, on se marre !

      Hiérarchie et Démocratie sont sur un vaisseau. Hiérarchie tombe, qui reste ?

      Alors oui : l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, la monnaie qui ne sert qu’à exprimer la valeur de chacun, le tirage au sort (d’une partie) de nos représentants, …, comme conséquence de la volonté consciente de tous.

      Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, à trop vouloir on risque de tout perdre, le but c’est le chemin, et tout et tout.

      Bonne journée

      « Beaucoup de choses se créent. Le monde grouille d’initiatives de vouloir vivre. Faisons en sorte que ces initiatives se connaissent et se croisent ! La grande difficulté est là, car nous sommes emportés à toute vitesse dans cette course vers les désastres, sans avoir conscience de cela. »

      « Le diagnostic de régression doit nous inciter à proposer un avenir. Pas un programme, un modèle de société… Non ! Il faut proposer une voie qui peut créer d’autres voies et cette voie peut créer la métamorphose. C’est le versant optimiste d’un constat pessimiste ! »
      Merci Dissy)

    7. Zebu, qu’est ce qui te prends ?

      Si tu limites la ligne du PS à Fabius et Aubry (soutiens inconditionnels de DSK et qui se défilerons le moment venu -primaires-) c’est évident que c’est mal parti !

      Mais il y a aussi des gens qui pensent autrement au 1er rang desquels Rocard et le très mendesiste Montebourg. La lecture de leurs propositions pourraient convaincre la pluspart des intervenants de ce blog Paul y inclus.
      Bon, c’est vrai, si l’analyse est pertinente les solutions proposées demandent le plus souvent à être approfondies dans le sens de « réalistes » et « réalisables » et là il faut « bousculer mémère » pour que ce ne soit pas uniquement la voix de Bercy qui s’exprime. D’ici 2012 d’ex-PS (Généreux, Larrouturou..) feront aussi avancer le schmilblick, sans parler des Lordon, Jorion voir Peyrelevade.
      Quand à Ségo ça fait un paquet qu’elle n’a plus rien à dire en dehors du commentaire sur les chiens écrasés. Elle n’a pas l’embryon du moindre programme en dehors des résidus de 2007 concoctés par Piketty, Cohen, Attali Aghion le tout liè par une sauce vaguement Morinesque.
      Conclusion : ne pas tuer la bête avant l’été prochain, ça bouge en coulisse !

  7. ça y est; je me suis inscrit, ainsi que mon fils, pour l’atelier crise financière, crise sociale, de 9h30 à 11h ; ça tombe bien, Mélenchon, c’est à 11h30;
    j’éviterai toute personne portant un imperméable beige avec un journal sous le bras;

    1. Et si Dupré ,qui est du secteur, est habillé pareil ?

      Ce sera l’occasion de lui demander où il en est de sa pétition .

  8. M. Jorion, votre compagnie va s’élargir, lisez-donc par ici : http://www.humanite.fr/19_01_2011-%C3%A9ric-verhaeghe-%C2%AB-pourquoi-je-claque-la-porte-du-medef-%C2%BB-462884

    Lles langues se délient et maintenant de l’intériérieur. Oui, quelque chose bouge :

    – Certains débroussaillent les faux-semblants de la fiscalité française devenu un authentique paradis fiscal : http://www.liberation.fr/economie/01012315034-les-classes-modestes-et-moyennes-paient-trop

    – D’autres au Sénat s’attaquent à la compétitivité d’un CAC 40 plus rance que chargé de social : http://www.marianne2.fr/Competitivite-les-senateurs-meme-UMP-accusent-le-CAC-40_a201915.html

    S’agit-il d’un mouvement Diesel, toujours tranquille au démarrage mais de nature essentiellement puissante ?

  9. Il est clair que par définition une écrasante majorité de citoyens ont un intérêt commun face à la voracité de l’extrême minorité des dirigeants de banques et de multinationales qui accumulent la richesse. Le problème c’est le moment à partir duquel on (un individu donné) accepte que cet intérêt commun dépasse toutes les divisions plus ou moins artificielles que les tenants de l’ordre mondial actuel essaient d’instiller entre le peuple/les citoyens.

  10. Non seulement la déco de votre hôtel ne vous a pas donné des envies suicidaires , mais vous êtes apparemment revenu sur un petit nuage de votre expédition .

    Sur le sujet du billet , je dirai qu’il est toujours imprudent de se fier à des hypocrites ou des couards .

    Même si ce sont leurs ralliements qui assurent l’enflure des bataillons le moment venu .

  11. Le capitalisme, – qui n’a de cesse de se proclamer le héraut de la liberté -, en faisant peu à peu du travail de l’homme libre un travail d’esclave, a ruiné les bases morales qui le légitimaient. On a beau dire et répéter que les affaires n’ont que faire de la morale, dans le tréfonds des choses c’est faux. C’est pourquoi les idées qui circulent ici, et sur le Net de manière générale, dernier espace de liberté, trouvent forcément un écho même chez les pires capitalistes. Les motifs d’encouragement n’ont donc rien d’illusoire.

    Note : maintenant, quand je vois apparaître Le Temps qu’il fait sur mon écran, je ne peux m’empêcher de retenir un : « Ah oui, on est vendredi ! » 🙂

  12. le programme proposé par JL Mélanchon se rapproche fort de celui que les islandais sont en train de mettre en place, avec la « révolution douce » :

    – destitution de la droite capitaliste au pouvoir

    – non-remplacement de celle-ci par une gauche « libérale »

    – nationalisation des banques

    – reprise en main de son destin par le peuple avec création d’une Assemblée Constituante

  13. Ici, au Québec, c’est rare de voir la crise que nous vivons, analysée. En ce moment est diffusée sur Radio-Canada une série de reportages intitulée KRACH. Malheureusement, cette série arrive avec un brin de retard et revient notamment sur les événements de 2008 (Lehman Brothers, etc).

    http://www.tou.tv/krach

    Quand on suit régulièrement votre blog, on se dit que cette série est bien peu pour comprendre la crise. Pire, elle a tendance à montrer les acteurs du secteur financier comme des monstres mais n’essaie pas d’analyser les origines de la crise (écarts de richesse, politiques néolibérales, etc.).

    J’ai bien peur que la majorité des gens ne comprennent pas la situation dans laquelle nous sommes et se limitent à des explications superficielles.

    1. Après « Inside Job », de Charles Ferguson, un nouveau film sur la crise va sortir.

      Il vient d’être couronné au festival de Sundance. Il est cette fois-ci britannique, réalisé par David Sington et initulé « The Flaw » (La faille).

    2. « mais n’essaie pas d’analyser les origines de la crise (écarts de richesse, politiques néolibérales, etc.). »

      La crise actuelle est avant tout pétrolière et énergétique, la crise du crédit et l’immobilier, c’est surtout la chute d’une bulle qui était construite sur le mirage de l’énergie pas chère à n’en plus finir, un épiphénomène plus qu’autre chose.
      Et cet avis est d’ailleurs celui de gens très bien, comme par exemple Jeff Rubin, Canadien et ex CIBC chief economist, voir par exemple la video ci dessous lors de la dernière conférence ASPO USA :

      http://vimeo.com/16190041

  14. Cher Paul,
    Là, votre billet m’a beaucoup amusé. « Ne le dites pas autres »…
    On n’a plus le courage de ses opinions, aujourd’hui dans le réel, le vif. Dans l’obscurité derrière un pseudo, les masques tombent.
    C’est ce que j’aime sur Internet.
    C’est ce que j’ai appelé la « Grande marre du virtuel et du réel ».
    Remonter les courants contraires, en tant qu’enfoiré, combien de fois croyez-vous que je m’y suis exercé?
    Peut-être vous aurait-il fallu un pseudo plus « exotique ». 🙂

    1. « Petit Poucet », placer des cailloux blancs sur le chemin de la réflexion…Ou encore Petit poussait…Tant et si bien, qu’il grandit et devint l’initiateur et le révélateur d’un nouveau courant à découvrir et même peut-être à suivre.

  15. La question que je me pose en ce moment, c’est celle-ci : toutes ces personnes qui me disent en catimini, « Ne le dites surtout pas aux autres ! », que se passerait-il si elles se rendaient compte soudain que tous ces fameux « autres », me disent en réalité exactement la même chose qu’eux ?

    Peut-être une « étincelle » comme une immolation par le feu…

    Désolé de cet humour noir (façon charbon carbonisé), bien de l’air du temps…

  16. Quand je lis ca

    La question que je me pose en ce moment, c’est celle-ci : toutes ces personnes qui me disent en catimini, « Ne le dites surtout pas aux autres ! », que se passerait-il si elles se rendaient compte soudain que tous ces fameux « autres », me disent en réalité exactement la même chose qu’eux ?

    Ca me fait froid dans le dos, on est quand même pas loin d’une dictature la, mais peut être pas de celle que l’on pense.
    En tout cas si tout le monde dialoguerait on en serait peut être pas la.

    1. Je ne suis pas certain que le fossé entre posture publique et privée soit le marqueur irrévocable d’un régime dictatorial.

    2. Si si.
      Il suffit d’avoir des connaissances en périodes d’occupation pour établir un parallèle saisissant.
      Que le moyen soit la force ou la manipulation, le but recherché est strictement identique.

      Il faut impérativement :
      – insuffler la peur de s’exprimer ouvertement.
      – diviser pour mieux régner.
      – prendre l’excuse de combattre le « mal » pour tuer le bien.

      On retrouve ce phénomène en organisation telle une entreprise ou une association :
      – un pouvoir qui a tué tout contre pouvoir l’a fait car il avait quelque chose à se reprocher.
      – la confiance ne s’impose pas. Elle se mérite.

      Nous sommes bien en dictature de la manipulation. « Bien » dans le sens actuel… 😉

  17. Etant moi même un insider, je peux vous garantir que vous avez (ou vos idées) beaucoup « d’appuis » dans le milieu financiers.
    ses appuis vont du plus partisan (dont je fais partie sur une bonne partie de vos propositions), aux financiers les plus expérimentés mais qui sentent que quelque chose cloche dans le système.

    exemple : rejet par certains financiers du nouveau produit à la mode le CFD (à cause de l’effet de levier surement) mais officieusement bien sûr.

    NB : certains diront, mais que fais tu pour faire avancer le schmilblick…ben mon possible. surement moins que Paul et François, mais quand même.
    1-travailler dans la partie « épargne » du milieu financier.
    2-intégrer + de compliance(gestion des risques) dans les logiciels.
    3-relayer le discours de Paul et François à l’intérieur de la matrice.

  18. Rien d’etonnant a ce que vous dites Mr Jorion , il suffit de relire les theses de Rupert Sheldrake
    sur la resonnance morphique , pour le comprendre . On vit dans un monde interconnecte , toute idée est testée , pesée , soupesée a tout instant par des milliers , des millions , des milliards de personnes , plus cette idée est valide plus elle de chance de survivre . Avant il n’y avait pas les moyens de communication ,les idées mouraient d’elles memes au pied des montagnes , voir des fleuves ; maintenant ces barrieres n’existent plus . on vit dans un monde de plus en plus passionnant .

  19. Mais concrêtement Paul, à propos de spéculation et du marché du pétrole par exemple, quel est pour vous l’impact ou la part effective de la spéculation dans son prix ? Ou dans l’évolution de son prix ?
    Car on peut avoir une position disons morale, qui se tient complétement, sur le fait que la taille de ce marché et des acteurs directs est largement suffisante pour qu’ils fonctionnent seul, et donc y interdire les spéculateurs.
    Mais c’est une position différente du fait de dire : le pic du prix du pétrole de juillet 2008 était en grande partie une bulle spéculative comme il peut y en avoir sur les marché d’actifs (immobilier, ou actions bulle internet par exemple).

    Donc la montée et le pic de 2008 (montée démarre bien avant) due à la spéculation ? Un peu ? Pas du tout ? Beaucoup ? On en sait rien ?

    Personnellement j’en reste au fait que les bulles spéculatives, ça fonctionne avant tout sur les marchés d’actif (immobilier, actions, comme par exemple bulle internet), mais je ne vois toujours pas comment cela pourrait affecter vraiment les marchés de matières premières à travers les futures ou autres. Et de fait les avis divergent énormément à ce sujet, quelqu’un comme de Margerie par exemple, ne crois pas du tout à l’influence de la spéculation sur la hausse de 2008, ce que mentionne M Auzanneau dans un commentaire de son blog, d’autres n’hésitent pas à décrire ça comme une bulle spéculative comme une autre, comme la bulle internet des années 1995 2000 ou l’immobilier US plus récemment.

    Une chose est sure, la « tension » offre demande sur le pétrole est actuellement extrêmement forte, l’OPEP en a peut-être un peu sous le pied, et n’a pas forcément envie de tout casser, mais il se pourrait aussi fort bien qu’une deuxième gifle arrive dans pas longtemps.

    Donc est vous deviez donner votre avis (ou autres participants du blog) sur ce sujet (avec explication des mécanismes associés, ou sans), mais en se positionnant sur le sujet dans le genre :
    -Oui la spéculation à une influence forte sur le prix du pétrole
    -Non c’est négligeable, avant tout processus de couvertures acheteurs et intermédiaires à travers les futures, mais le prix reste fondamentalement un prix de marché offre demande
    -Non influence négligeable, les seuls qui peuvent vraiment spéculer dans cette affaire (dans le sens influer sur le prix du marché pour maximiser leurs profits en gérant au mieux le « capital » fini associé), c’est les producteurs ayant non seulement du volume mais aussi de la marge de manœuvre en termes de besoin de cash, en gros l’Arabie Saoudite ou OPEP
    -Bien sur que ça a une influence, autour de 10 ou 20% d’augmentation dans la variation des prix, quelque chose comme ça
    -En période de hausse avant que ça casse des traders peuvent acheter des bateaux/cargaisons et les faire trainer, mais ça reste limité
    -Franchement je n’en sais rien
    -Franchement je n’en sais rien, une part certainement mais combien je ne sais pas, mais l’évolution du prix du pétrole à notre époque, ne peut être qu’une suite d’évènements du genre : augmentation du prix du fait de la reprise de l’économie au moins dans les pays émergents, passage par un maximum que l’économie ne peut plus supporter donc destruction de demande (récession), diminution du prix et de la pression sur la production, et rebelote

    Ce serait quoi ?

    Ou encore la position est-t-elle plutôt :
    -Franchement je n’en sais rien (et je m’en fous un peu), mais de toute manière le problème ne devrait pas être regardé sous cet angle, mais plutôt selon les principes :
    1) le marché du pétrole à un volume largement suffisant pour ne pas avoir à invoquer la nécessité des spéculateurs pour fluidifier la chose ou que sais je
    2) A la limite des futures mais uniquement pour les vrais acteurs du marché (acheteurs, raffineurs, producteurs)
    3) Il n’y a aucune raison que des spéculateurs « fassent de l’argent » sur ce marché et en particulier des traders payés à la commission, et ceci oui d’un point de vue moral, mais point de vue parfaitement assumé
    4) ce marché peut très bien fonctionner sans des spéculateurs complétement extérieur aux échanges commerciaux, donc on leur interdit d’y jouer, point barre.
    Mais monsieur il s’agit là d’un point de vue moral !! On parle d’Economie ici !
    Oui et alors ? C’est un gros mot la morale maintenant ?
    Vous ne pensez tt de même pas que l’économie et la finance c’est une science quand même, non ?
    Enfin si, une fois les règles du jeux définies, dans le contexte de ces règles on peut tout à fait avoir des raisonnements scientifique, mais la il ne s’agit pas de raisonner dans le contexte de ces règles, mais bien de les définir.

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