Archives par mot-clé : plans d’austérité

Trends – Tendances, Les industriels ont cessé de rêver la nuit à créer des emplois, le 25 février 2016

Les études se succèdent qui annoncent la disparition de l’emploi en raison des progrès de l’informatique : remplacement du travail manuel par le robot et du travail intellectuel par le logiciel. Des chiffres récents évoquent à l’horizon 2030 la disparition pour cette raison de 47% des emplois aux États-Unis, 69% en Inde, 77% en Chine et 50% en Belgique. Même si la précision de ces chiffres est injustifiée, l’ordre de grandeur est celui-là. Curieusement, personne ne tient compte de cette sombre perspective quand il est question de l’avenir de l’emploi, ces chiffres semblent inassimilables : on continue de réfléchir dans un cadre ancien entièrement dépassé.

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Et l’Europe dans tout cela ? par Jean-Pierre Pagé

Billet invité.

S’agissait-il vraiment d’élections européennes ? On pouvait en douter à l’écoute des débats qui en ont suivi l’annonce des premiers résultats sur France 2.

En effet, ce qui est remarquable est qu’il n’a pratiquement pas été question de l’Europe ! Il a été question de la réponse que pourraient – ou plutôt ne pourraient pas – apporter l’actuel Président de la France et sa majorité au désaveu des électeurs, un peu de ce que ferait le Front National – mais peu car il s’agissait avant tout de prendre la dimension du signal qu’il donnait –  et des problèmes de l’UMP. Mais de l’Europe, il n’était point question. Comme s’il s’agissait d’une élection « nationale » de plus. L’Europe, une fois de plus, n’existait pas.

Ceci est significatif de la façon dont on traite, depuis maintenant plusieurs années en France – plus précisément, après le NON au référendum sur le « Traité Constitutionnel » -, la question européenne. De peur de réactiver les clivages redoutés, on préfère faire comme si l’Europe n’existait pas. Et ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne l’équipe actuelle au pouvoir. En témoigne ce que l’on peut qualifier d’absence de préparation véritable de cette élection européenne  avec, en particulier, l’absence de retransmission sur une chaîne de grande écoute du seul vrai débat à l’échelle européenne entre les prétendants à la Présidence de la Commission de Bruxelles, même si les pouvoirs publics ont tenté de rattraper leur retard dans l’information du public – comment expliquer que les documents présentant les listes des candidats à la députation européenne soient, pour certains d’entre eux, arrivés seulement l’avant-veille du scrutin ? –  par l’accumulation des messages et des annonces sur les organes d’information au cours des deux dernières semaines.

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LA ZONE EURO ENTRE REPRISE ET PRESSIONS DÉFLATIONNISTES. Plaidoyer pour une vraie politique européenne de relance, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité.

Quelle est la situation réelle de la Zone Euro ?

Notons, tout d’abord, que celle-ci n’a pas implosé. Des progrès institutionnels ont même été réalisés. Il s’agit de la décision de principe sur l’Union bancaire. Toutefois, il faut souligner que beaucoup reste à faire pour que l’on passe du principe à la réalité et que de nombreux acteurs freinent, en fait, cette avancée institutionnelle, ne serait-ce qu’en raison des dispositions concernant la séparation entre activités pour le compte de leurs clients et activités spéculatives pour leur compte propre.

En second lieu, sur le plan macroéconomique, on parle beaucoup de fin de récession et de reprise. Mais ceci est loin d’être assuré. Certes, à force de cures répétées d’austérité couplées à des « dévaluations internes » (on qualifie ainsi les baisses de salaires, des prestations sociales et des dépenses publiques), les pays les plus touchés par la crise enregistrent une amélioration de la situation de leurs finances publiques et de leur compétitivité qui se traduit par une certaine reprise de leurs exportations et un redressement de leur balance commerciale avec l’extérieur. Mais ces améliorations ponctuelles ont lieu dans des conditions générales très critiques : si les déficits publics se rapprochent du seuil de 3% du PIB, le niveau des dettes publiques reste très élevé, ainsi que celui du chômage (surtout en ce qui concerne les « jeunes » pour lesquels il tutoie les 50% en Espagne et en Grèce) et la situation sociale des populations est très dégradée (provoquant une forte poussée d’émigration) avec des inégalités fortement creusées.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 12 JUILLET 2013

Sur YouTube, c’est ici.

Parlement européen, Comité des affaires économiques et monétaires, le 5 novembre 2013 : Succès et échec dans les pays en crise ; le programme est ici

Blog de PJ – Le seul moyen qui reste encore de sauver l’euro, le 24 juillet 2012
Blog de PJ – « La seule solution, c’est la mutualisation des dettes », le 4 septembre 2012
Blog de PJ – Dette publique, la seule approche raisonnable, le 11 juillet 2013
Blog de PJ – Projet d’article pour l’Encyclopédie au XXIe siècle : Dette (de l’État), le 11 juillet 2013

Conférences-débats au lazaret Ollandini d’Ajaccio, du 16 au 20 juillet

La biographie de Keynes en trois volumes de Robert Skidelsky (1983, 1992, 2000) n’a pas été traduite en français, le livre John Maynard Keynes (1975) de Hyman Minsky, non plus.

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LES LIMITES DU DROIT À L’ERREUR

Tous ces braves gens, Mme Lagarde du FMI, M. Mody du FMI, qui nous affirment aujourd’hui que les politiques d’austérité étaient d’abominables erreurs, auraient-ils la bonté de nous dire pourquoi ils ont cautionné ces abominables erreurs pour commencer ? les personnes qui leur expliquaient il y a quatre ou cinq ans déjà qu’il s’agissait d’abominables erreurs étaient après tout relativement nombreuses.

Je sais que le droit à l’erreur est une valeur sûre parmi ceux que les hebdomadaires français à grand tirage ont eu la générosité de qualifier au fil des ans d’« intellectuels » (anciens thuriféraires de l’Union soviétique, du néo-conservatisme états-unien, de l’Iran khomeiniste, j’en passe et des meilleures…), mais quand même…

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DE L’AUSTÉRITÉ EN MILIEU (ENCORE) TEMPÉRÉ, par Michel Leis

Billet invité.

Les discussions autour du multiplicateur budgétaire traduisent cette difficulté constante pour les économistes à modéliser les interactions entre macro et micro-économie. Devant la complexité de la tâche, ils définissent des modèles simplifiés et des séries de coefficients censés retracer l’impact de telle ou telle variation entre des grands indicateurs liés par une logique évidente. Ce sont des boîtes noires avec une entrée et une sortie, quand survient le crash, on ouvre la boîte noire et l’on ne découvre… rien ou presque.

Le problème du passage du micro au macro reste celui de la compréhension et de l’agrégation des comportements des acteurs. Aux hypothèses de rationalités qui conduiraient à des comportements  prévisibles s’oppose l’observation régulière de divergences importantes entre la prévision et les réalisations. Pour contourner ce problème, j’utilise régulièrement dans mes billets[1] le concept de normalisation des comportements (ou des stratégies pour les entreprises) qui se conformeraient à des référentiels implicites. Norme de consommation, norme de production, norme de profit et même norme de pouvoir, ces normes collectives fonctionnent sur une dynamique permanente : la norme naît du comportement des acteurs les plus dynamiques du groupe, le groupe se reconnaît dans la norme. Celle-ci donne en référence un modèle de réussite et un éventail de moyens à mettre en oeuvre pour y parvenir. La hiérarchie provient avant tout des déviations par rapport aux voies tracées par la norme, la non-observance conduit à la damnation sociale ou à la faillite de l’entreprise. Cette normalisation collective n’est pas seulement un outil d’analyse permettant d’agréger des comportements, elle joue un rôle fondamental parce qu’elle induit l’acceptation par le plus grand nombre des règles du jeu qui demeurent foncièrement inégalitaires et maintient ce caractère tempéré caractéristique des sociétés occidentales depuis un demi-siècle.

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CONJONCTURES BOUSCULÉES, par Panagiotis Grigoriou

Billet invité. Le blog de Panagiotis Grigoriou s’intitule greek crisis.

Nous savons tous depuis Thucydide et l’Épitaphe de Périclès, que la vie est faite de vicissitudes variées, de conjonctures bousculées, imprévues et non rationnelles du point de vue des désirs de tout un chacun, comme le rappelait à ce propos, et déjà bien à temps, Cornelius Castoriadis. Le problème n’est plus là, mais plutôt à la suite de ce constat : Qu’allons-nous en faire ?

Vues des campagnes du centre de la Grèce, ces conjonctures bousculées conduisent à un certain fatalisme ou au mieux, à l’attentisme. Les départementales de la région de Thessalie se vident de plus en plus, on attend alors chez soi, on se retire, mais ce n’est pas pour la contemplation. Vies alors suspendues. Au moins, les livreurs laissent encore des cartons devant les pharmacies avant leur ouverture du soir, sans crainte apparemment, à Athènes ceci est impossible. Durant l’après-midi, le café-restaurant de la forteresse pittoresque dans la ville de Trikala est presque vide, malgré le beau temps. Ainsi, seuls une jeune tortue et un chat semblent en profiter pleinement. À la forteresse comme ailleurs en ville, les établissements ont en plus baissé leurs prix de 25%, l’expresso glacé est à deux euros au lieu de trois, il y a encore deux mois. Peine presque perdue pourtant. Un vendeur ambulant pakistanais, proposait sa marchandise aux rares clients, mais là aussi sans succès : une sacoche pour le rangement et le transport d’un ordinateur portable pour dix euros, et un violon fabriqué en Thaïlande pour cinquante euros.

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RTL.be, ÉDITION SPÉCIALE, « Austérité : que nous restera-t-il ? », lundi 23 janvier à 19h45

Michel De Maegd présentait une édition spéciale info intitulée « Austérité : que nous restera-t-il ? »

Dans une semaine, lundi 30 janvier, le pays sera paralysé par une grève générale. Les syndicats dénoncent les mesures d’austérité prises par le nouveau gouvernement.

Pensions, chômage, impôts, l’année 2012 s’annonce amère pour les Belges. L’économie tourne au ralenti, notre modèle social est menacé, tous nos repères s’effondrent.

La rédaction de RTL vous propose une « spéciale info »  pour dresser un état des lieux de toutes ces menaces qui planent sur notre quotidien, notre prospérité et notre avenir.

Voici la liste des invités présents dans l’émission :

•           Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB et Claude Rolin, secrétaire général de la CSC

•           Christophe Wambersie, secrétaire général de l’UCM (Union des Classes Moyennes)

•           Paul Jorion, Anthropologue et sociologue

•           Eric De Keuleneer, Economiste


© Sébastien Marcy

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POLITIS.fr, « La perte du triple A entraîne la France dans une machine infernale », lundi 16 janvier 2012

« La perte du triple A entraîne la France dans une machine infernale »

Politis.fr : La perte du triple A est-elle une catastrophe ?

Paul Jorion : À l’intérieur du système tel qu’il est, oui. Mais la catastrophe est liée au pacte de stabilité européen. Parce que cette règle est écrite de telle manière que les taux exigés pour emprunter ne doivent pas être supérieurs au taux de croissance. Le déficit maximum est en effet calculé en fonction du PIB et non pas des recettes de l’Etat. Si le taux d’intérêt s’élève au dessus du taux de croissance le rapport dette / PIB se dégrade inéluctablement. Avec la perte du triple A qui fera monter les taux d’intérêt, pour ne pas aggraver « l’infraction » par rapport au pacte de stabilité, la France devra connaître un taux de croissance encore plus élevé. C’est une imbécillité totale. Sans ce pacte de stabilité financière le coup serait beaucoup moins grave.

L’Italie, par exemple, est désormais à des taux de 5 ou 6 %, avec un exigence de croissance impossible à satisfaire. Dans le même temps, la hausse des taux d’intérêt due à la perte du triple A va imposer un plan de rigueur qui va freiner la croissance. C’est ce que j’appelle l’effet ciseaux. D’un côté on fait baisser la croissance, ce qui conduit à une dégradation de la notation et la dégradation de la notation fait monter les taux d’intérêt. Plus il y a de rigueur, plus ça se dégrade. On a mis en place un machine infernale qui fait que ça ne peut qu’aller plus mal.

La suite ici.

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COMMENT LES PROGRAMMES D’AUSTÉRITÉ MIS EN PLACE DANS LA ZONE EURO COMPROMETTENT LA SORTIE DE LA CRISE, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité. Communication au Séminaire franco-russe sur les problèmes monétaires et financiers, 20-22 juin 2011. Jean-Pierre Pagé écrit ci-dessous que la taxe Tobin « est la seule manière de résorber les excès créés par la spéculation ». Je suis comme on le sait d’un autre avis : je suis convaincu que toute taxe financière sera in fine payée par le consommateur et je propose quant à moi, l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, c’est-à-dire, en France, la remise en vigueur de l’article 421 du Code pénal.

Les programmes d’austérité, mis en place simultanément dans les pays de la zone euro, s’ils ne sont pas accompagnés de mesures en vue de relancer la croissance économique et développer la solidarité dans la zone, risquent de s’avérer très contreproductifs et mettent en question les stratégies de sortie de la crise.

Rappelons, tout d’abord, que la crise financière a conduit de nombreux Etats à mettre en œuvre des plans de relance pour éviter l’asphyxie économique (aspect keynésien), ainsi qu’à alimenter en liquidités les banques victimes de leur prêts inconsidérés et remédier au blocage du marché interbancaire.

Ceci a provoqué un fort gonflement de la dette publique des Etats en question. Même si la conduite laxiste de l’économie peut porter une responsabilité majeure dans la situation critique de certains pays comme la Grèce,  c’est, dans l’ensemble, le phénomène dominant. C’est ainsi qu’un pays comme l’Irlande, qui était considéré avant la crise comme un modèle de gestion des finances publiques, s’est retrouvé dans une situation difficile quand il a vu son déficit public exploser en raison des versements qu’il a du consentir à ses banques, aujourd’hui nationalisées, pour les sauver de la faillite. Ceci est aussi le cas de l’Islande. D’une façon plus générale, la grande majorité des pays occidentaux ont vu leurs déficits publics se creuser sous l’effet des mesures prises pour combattre la crise sans que l’on puisse imputer cela à leur gestion antérieure.

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