COMMENT LES PROGRAMMES D’AUSTÉRITÉ MIS EN PLACE DANS LA ZONE EURO COMPROMETTENT LA SORTIE DE LA CRISE, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité. Communication au Séminaire franco-russe sur les problèmes monétaires et financiers, 20-22 juin 2011. Jean-Pierre Pagé écrit ci-dessous que la taxe Tobin « est la seule manière de résorber les excès créés par la spéculation ». Je suis comme on le sait d’un autre avis : je suis convaincu que toute taxe financière sera in fine payée par le consommateur et je propose quant à moi, l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, c’est-à-dire, en France, la remise en vigueur de l’article 421 du Code pénal.

Les programmes d’austérité, mis en place simultanément dans les pays de la zone euro, s’ils ne sont pas accompagnés de mesures en vue de relancer la croissance économique et développer la solidarité dans la zone, risquent de s’avérer très contreproductifs et mettent en question les stratégies de sortie de la crise.

Rappelons, tout d’abord, que la crise financière a conduit de nombreux Etats à mettre en œuvre des plans de relance pour éviter l’asphyxie économique (aspect keynésien), ainsi qu’à alimenter en liquidités les banques victimes de leur prêts inconsidérés et remédier au blocage du marché interbancaire.

Ceci a provoqué un fort gonflement de la dette publique des Etats en question. Même si la conduite laxiste de l’économie peut porter une responsabilité majeure dans la situation critique de certains pays comme la Grèce,  c’est, dans l’ensemble, le phénomène dominant. C’est ainsi qu’un pays comme l’Irlande, qui était considéré avant la crise comme un modèle de gestion des finances publiques, s’est retrouvé dans une situation difficile quand il a vu son déficit public exploser en raison des versements qu’il a du consentir à ses banques, aujourd’hui nationalisées, pour les sauver de la faillite. Ceci est aussi le cas de l’Islande. D’une façon plus générale, la grande majorité des pays occidentaux ont vu leurs déficits publics se creuser sous l’effet des mesures prises pour combattre la crise sans que l’on puisse imputer cela à leur gestion antérieure.

C’est donc souvent à tort que l’on stigmatise le comportement irresponsable des gouvernements qui auraient laissé « filer » leurs déficits publics et gonfler la dette publique, alors que, dans plusieurs cas, il faudrait plutôt incriminer les banques privées qui ont poussé leurs clients à s’endetter de façon irresponsable. C’est, par exemple, le cas en Europe de l’Est où, d’une façon générale, les gouvernements ont été vertueux, mais où les banques privées ont laissé (quand elles ne les ont pas encouragés) les agents économiques s’endetter en devises étrangères. Notons, au passage, que, dans l’ensemble, la situation en Europe de l’Est est bien meilleure qu’elle ne l’est en Europe de l’Ouest et du Sud.

Face à cette situation, les agences de notation ont dégradé la note des Etats sans tenir compte de ces phénomènes, rendant ainsi mécaniquement de plus en plus en plus coûteux le financement de leurs dettes. Les difficultés de remboursement de ces dettes se sont accrues conduisant les marchés à s’interroger sur la solvabilité des pays en question.

On connaît la suite. En Europe, la situation critique de plusieurs pays a conduit à inventer à leur intention des mécanismes nouveaux de financement de leurs  dettes, avec, en contrepartie, l’adoption de mesures d’austérité destinées à résorber leurs déficits et réduire leur endettement. Le FMI, qui n’a pas autant changé sa doctrine qu’il l’affirme, a été appelé à la rescousse, apportant sa méthodologie bien connue pour mettre en œuvre ce que l’on peut appeler des « programmes d’ajustement », à base de coupes dans les dépenses publiques.

L’effet de ce processus a été la multiplication de « programmes d’austérité ».

Mais, ce faisant, on a méconnu l’effet macroéconomique de la concomitance de ces programmes d’austérité. C’est là que l’on retrouve l’effet keynésien à l’envers : les coupes dans les dépenses publiques ont inévitablement un effet négatif sur la croissance économique et viennent en contradiction avec les stratégies de sortie de la crise financière mondiale qui étaient fondées sur l’hypothèse d’une reprise progressive de la croissance qui est ainsi remise en question.

En effet, faut-il rappeler que l’effet primaire des mesures d’austérité est, non seulement, bien sûr, de réduire le déficit public ex-ante, mais aussi de diminuer ex-post les recettes publiques assises sur l’activité économique, elle-même fonction d’une demande globale amputée par les coupes budgétaires. L’effet résultant de ce processus est donc loin d’être celui qui était attendu. La Russie connait bien ces effets pervers, elle qui a été, durant les années 90, à la recherche de budgets introuvables et qui a cherché à combler un déficit public se creusant sans cesse, jusqu’à parvenir à l’état de cessation de paiement. L’ironie du sort veut que pour rembourser les dettes insolvables, on retrouve aujourd’hui des mécanismes de prêts conduisant à un cumul de ceux-ci et des intérêts dont ils sont assortis qui n’est pas sans analogie avec le mécanisme des GKO de triste mémoire !

Pour sortir du piège, il faudrait que la demande privée prenne le relai de la demande publique. Mais il ne peut pas en aller ainsi, surtout lorsque la politique d’austérité, s’attaquant comme aujourd’hui aux mécanismes de protection sociale, touche les citoyens de base dans leurs possibilités de consommer et contribuer à la croissance. On ne dira jamais assez combien la politique de démantèlement de la protection sociale que mènent certains pays (notamment la Grande Bretagne) est, non seulement, injuste, mais aussi une aberration économique.

C’est ainsi, par exemple, que l’attitude de la Commission européenne imposant au Portugal, en échange de son aide, un programme encore plus drastique que le précédent, causant ainsi la chute du Gouvernement, a rendu encore plus difficile le sauvetage qu’elle prétend vouloir financer.

L’exemple le plus éloquent de l’échec des programmes d’austérité sans accompagnement pour soutenir l’activité économique est toutefois fourni aujourd’hui par la Grèce. Les premiers programmes se sont révélés incapables de faire sortir le pays du piège de sa dette, rendant plus exigeants les prêteurs appelés à augmenter leur contribution et réclamant des programmes toujours plus sévères. Un cercle vicieux s’est enclenché. L’austérité, s’appliquant essentiellement aux classes moyennes et aux plus pauvres, alors que les plus riches parvenaient à y échapper, ne serait-ce que par la fraude fiscale et la fuite des capitaux dans une Europe tenue de pratiquer la liberté de mouvement en la matière, n’a eu aucun effet sensible sur le problème qu’elle était censée résoudre et n’a fait que plonger davantage le pays dans la récession, ce qui a rendu encore plus problématique sa solution. Telle est la situation inextricable dans laquelle se débattent en ce moment les dirigeants grecs et européens. L’austérité, comme remède aux déséquilibres, ne suffit pas. Elle doit être combinée avec des mesures permettant de relancer la croissance économique. Dans une zone monétaire ne permettant pas la dévaluation, ceci ne peut se faire qu’avec l’appoint et l’acceptation de mécanismes de solidarité et de transferts des régions les plus riches vers les plus pauvres. Faute de cela, il est absurde de demander à un pays déjà exsangue de continuer à se saigner. C’est comme s’il s’agissait de demander à un malade déjà très affaibli de faire des efforts démesurés pour se guérir. On connaît bien les issues politiques auxquelles cela peut conduire.

Tout ceci renvoie à un malentendu fondé sur l’idée selon laquelle la sortie de la crise financière exigerait de sacrifier le « social » pour rétablir la « confiance » des « marchés » supposée faire repartir l’économie après l’assainissement financier. Cette idée conduit même certains, de plus en plus nombreux, à demander le démantèlement des mécanismes de solidarité et de protection sociale mis en place après la Seconde Guerre Mondiale en vue d’atténuer les excès du système capitaliste, afin de « libérer » l’économie et faire jouer à plein les mécanismes de la concurrence censée relancer la croissance.

Il y a là un contresens dramatique. Ce raisonnement ignore les véritables causes de la crise économique que nous vivons et qui tiennent à l’effet déflationniste de la montée des inégalités et de l’écrèmage de la richesse par une minorité conduisant à développer, avec le recours au crédit, les formes d’endettement privé les plus absurdes et les plus scandaleuses comme les « subprimes ». On en arrive à ce paradoxe selon lequel, pour tirer le capitalisme des désordres créés par ses débordements, en imposant une austérité drastique à la majorité des agents économiques, on brise les mécanismes qui, seuls, sont susceptibles de faire repartir l’activité économique. Au contraire, ce ne peut être qu’en regonflant le pouvoir d’achat des populations laminé par la crise et en donnant à tous les agents économiques les moyens de vivre décemment, c’est à dire en « faisant du social », que l’on pourra réalimenter la demande, condition d’un bon fonctionnement de la machine économique

On est donc en présence d’une contradiction flagrante dans la conception de la politique économique qui est menée.

Ceci est particulièrement visible aux Etats-Unis où le Président Obama, épaulé par la Fed, cherche à maintenir une activité économique chancelante, limite en conséquence les coupes budgétaires et les atteintes à ses programmes sociaux, et se trouve en prise avec les attitudes suicidaires des républicains qui, si on les laissait faire, risqueraient de pousser le pays dans une situation dramatique.

Le même cas risque de se produire en Grande Bretagne où le Gouvernement Cameron poursuit une politique dangereuse. Dans le reste de l’Europe, la multiplication des programmes d’austérité ne suffit pas et risque de conduire à l’impasse.

Si les pays ne sont pas en mesure, en raison des contraintes budgétaires auquelles ils sont soumis, de soutenir leur activité économique, il convient d’urgence de mobiliser des ressources au niveau européen  (sous la forme, par exemple, d’eurobonds ou de taxes européennes, sur le CO2 ou sur les opérations financières) en vue de financer des programmes d’activité économique permettant de relancer la croissance.

Les marchés eux-mêmes ne sont pas dupes et, au lieu d’être rassurés par la multiplication des plans d’austérité comme l’imaginent naïvement les responsables politiques, voient leurs craintes renforcées par l’évaluation des conséquences de la concomitance de tels plans. Le cycle pervers se poursuit : les agences de notation dégradent la note des pays, rendant plus difficile le fnancement des déficits et le remboursement des dettes, ceci conduisant à de nouvelles dégradations….. A cet égard, il est proprement scandaleux que, comme le rapportait le journal Libération du lundi 13 juin, S&P se soit permis d’écrire, dans un rapport rendu public le vendredi 10 juin, que « si les autorités françaises ne poursuivent pas la réforme des retraites, ne continuent pas de modifier la Sécurité Sociale […], il est incertain que [cette agence] maintienne la note AAA de la France. » Il n’appartient pas aux agences de notation de dicter aux pays leurs choix politiques en les menaçant de déchaîner les marchés !

Notons que tout ceci renvoie, une fois de plus, à l’effet pernicieux des dérives de la finance et, plus particulièrement, à l’emprise absolue des banques soucieuses de ne pas être pénalisées dans l’effort de remise en ordre. Comme le fait remarquer, un universitaire américain, Michael Hudson, le refus en Europe de toute restructuration de la dette qui pénaliserait les banques détentrices de celle-ci et, corrélativement, la multiplication des prêts avec le gonflement des intérêts qui en résulte, ne font que profiter à la sphère financière. Il en va aussi ainsi du remède de la privatisation des actifs publics exigé par les organismes prêteurs qui ne peut qu’alimenter les appétits spéculatifs des intermédiaires financiers. Tant que la spéculation perturbera de façon malsaine la sphère financière, rien ne sera possible et il serait plus qu’injuste de vouloir en faire financer les dégâts par la masse des plus pauvres. Il convient donc de revenir à l’idée, plusieurs fois évoquée sans suite, d’une taxe sur les profits de la spéculation (taxe Tobin ou autre) pour faire rentrer dans sa bouteille le mauvais génie que les apprentis sorciers de Wall Street et des banques occidentales en ont fait sortir. C’est la seule manière de résorber les excès créés par la spéculation, même si cela ne peut que susciter les protestations les plus farouches et les oppositions les plus déterminées des intéressés.

Ainsi, la manière dont sont appliqués et cumulés les programmes d’austérité dans la zone euro, non seulement ne garantit pas la réalisation de l’objectif de la résorption des dettes des pays considérés, mais, en fait, rend problématique la sortie de crise et plus que vraisemblable la retombée durable dans la récession.

Si l’on n’y prend garde, on risque de se retrouver en Occident dans une situation analogue à celle du début des années 30 lorsque les pays concernés, cherchant à restaurer les équilibres mis à mal par la crise en 1929, n’ont réussi qu’à plonger l’ensemble dans la déflation. S’il en était ainsi, les efforts réalisés en 2008-2009 pour éviter le blocage de l’économie occidentale par des plans de relance, salués à l’époque comme extrêmement salutaires, auront été vains.

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48 réflexions sur « COMMENT LES PROGRAMMES D’AUSTÉRITÉ MIS EN PLACE DANS LA ZONE EURO COMPROMETTENT LA SORTIE DE LA CRISE, par Jean-Pierre Pagé »

    1. Il s’agit de l’une des formes des emprunts que l’Etat russe a contracté au cours des années 90 pour rembourser sa dette. Mais le déficit continuant et s’approfondissant, ces emprunts ont fait « boule de neige » jusqu’au « défaut » de 1998. Il ne faut pas les confondre avec les emprunts des chemins de fer russes contractés sous le régime des tsars avant la chute de ce régime.

  1. Bonjour,

    On parle beaucoup d’un risque de la chute de l’europe économique (Euro) si jamais la Grece fait défault. J’aimerais savoir ce qu’il risque de se passer concrêtement?
    Car j’entend beaucoup de gens dire que ce serait une bonne chose que la Gèce quitte l’euro afin d’avoir une monnaie moins forte ce qui lui permettrait de sortir de la crise (comme l’Argentine). Si cela est bon pour un pays, pourquoi ce ne serait pas bien pour l’europe?

    Or si on assiste, dans le futur, à un chute de l’euro, donc dévaluation de cette monnaie, est ce que ce ne serait pas une bonne chose pour l’europe afin de sortir de la crise et régler le problème de la dette??
    Merci de m’éclairer sur cette question?
    Loïc

    1. ce serait bien que l’allemagne quitte l’euro, pour permettre à l’euro de dévaluer et aux économies de s’ajuster.

    2. Une réponse en deux parties :
      – Ce ne serait vraisemblablement pas bon pour la Grèce qui verrait la valeur de sa dette augmenter énormément en raison de la chute de sa monnaie et il est douteux que l’effet de cette dévaluation sur ses exportations lui permette de s’en sortir. Surtout, cela risquerait de provoquer aussi tôt un processus en chaîne de défauts des autres pays les plus faibles et de conduire à la fin du projet, toujours en construction de l’Europe unie.
      – Je considère qu’une dépréciation forte de l’euro serait une bonne chose pour l’Europe en « boostant » ses exportations. Actuellement l’euro est beaucoup trop fort et et son taux de change par rapport au dollar désavantage nettement les exportations européennes.

  2. Les plans de relance font partie de la politique keynésienne et. ne servent à rien si ce n’est que d’injecter de l’argent qui est utilisé pour d’autres besoins que pour ceux auxquels ils sont destinés. Le plus bel exemple est celui de la FED et ses quantitatives easing. Faire de la Dette pour résoudre la Dette c’est plus qu’absurde.Et surtout fabriquer de la « Monnaie de Singe » avec la planche à billet.!!!

  3. Encore une fois comment expliquer la cécité des gouvernants, si même les sacro-saints marchés ne sont pas convaincus des bienfaits à moyen et long terme des politiques d’austérités menées ?
    Seraient-ils médiocres très médiocres, plutôt que méchants ? Victimes d’une hallucination collective, ou simplement de leurs habitudes ?

    1. « Consuetudinis magna vis est »
      La force de l’habitude est grande
      Cicéron, Tusculanes.

      Hier soir excellente émission du téléphone sonne, peu partisane selon moi, où des intervenants expliquaient que les économistes du FMI et de la BCE sont des idéologues cooptés par des idéologues… Les sciences sont aussi l’objet de phénomènes de mode, l’économie subit la mode du retour aux anciens schémas: le libéralisme des lumières. Mais dans une économie fortement mondialisée et très monopolisée ou oligopolisée, ces théories sont appliquée à des systèmes qui n’existaient pas encore et étaient inimaginables à l’époque où elles ont été pensées.

      C’est comme installer un programme mac sous windows: ça plante!

  4. Excellent Article.

    Je confirme que malgré l’actualité qui voit l’inflation s’installer, moi je vois de la déflation (à cause de la politique d’austérité).

    L’inflation n’est du qu’à la spéculation actuelle sur les matières premières entre autre.

    NB : ce n’est pas une affirmation, mais une opinion.

  5. Les mesures d’économie que vont devoir prendre les US pour éviter un effondrement total du $ vont représenter des sommes astronomiques. Obama qui est le plus soft parle de 4000 milliards et quand on constate les blocages actuels pour quelques dizaines de millions, on commence à entrevoir de très très gros nuages. La question c’est : quand les choses sérieuses vont-elles vraiment commencer là bas ?
    Finalement, 3 ans plus tard et toujours dans la douleur et l’urgence (comme d’hab’) la zone euro reste toujours debout et plutôt pas si mal.
    Les fous qui pronostiquaient que la zone euro sortirait renforcée de la crise n’étaient peut être pas si fous. A avoir la tête constamment dans le guidon on en oublie souvent de regarder la route.
    On stigmatise ses difficultés, on pronostique sans cesse son explosion, on fait le tour des médias en expliquant que l’€ est mort et pourtant l’€ ne meurt pas, bien au contraire. Le consensus politique devient de plus en plus évident, en Irlande, au Portugal, en Grèce, en Espagne… même en France et en Allemagne. Un seul mot d’ordre : ce sera avec !
    Avec les évolutions du traité, le fond de stabilité, un « plan Français » plutôt bien accueilli par les banques allemandes, le nouveau fond de solidarité de 2013 et tout ce qui ne fait pas les gros titres… on pourrait arriver en 2013 avec des outils financiers communs inimaginables il y a encore 3 ans et une participation potentielle inespérée du secteur privée aux pertes futures.
    On assiste depuis plusieurs mois à une évidente crise de fonctionnement de la zone euro mais pas à une crise de l’€. D’ailleurs avec une progression de quasiment 10% depuis le début de l’année et de l’ordre de 20% depuis 1 an de l’€ vs $, les marchés, les opérateurs, les cambistes, les banques centrales… bref les professionnels ne sont pas dupes et sans la Grèce l’€/$ serait au minimum à 1.6 voir certainement plus. Il y a 10 ans, en 2001, l’€/$ était à 0.8… l’€ représente aujourd’hui la deuxième devise de réserve mondiale.
    Bien entendu il faut plus de solidarité, plus d’équité, plus de social, on doit voir les recettes fiscales monter et se battre pour une encore meilleure redistribution sociale, on doit augmenter considérablement le budget fédéral pour compenser les décalages de productivité entre les pays et les régions, on doit voir les banques et les grands groupes distribuer moins de dividendes et en contrepartie le chômage baisser et le pouvoir d’achat des classes moyennes et défavorisées progresser, bref ne pas baisser la garde. Et l’on doit aussi se méfier, encore plus qu’hier, des propos extrêmes.
    En attendant et certes sans mandat démocratique clair, les contours de l’Europe de demain se dessinent et la puissance des émergents se confirme. La crainte vient maintenant de l’autre côté de l’Atlantique.

    1. Il est vrai que d’importantes avancées historiques se sont faites dans la douleur.
      Puissiez-vous avoir raison, pour qu’au moins ces douleurs n’aient pas servi à rien.

    2. Non, les soit disant avancées européennes sont au moins, pire que les américaines!
      Les USA ont une banque centrale à leurs ordres. Malgrés cela, ils arrivent à se poser des questions sur leur quantitative easing qui ne leur coute pourtant pas grand chose…La reprise ne vient pas, c’est la trappe à liquidité…
      En Europe peuchère! On en est meme pas la! Interdiction du quantitative easing qui permettrait d’éviter les menus problemes des PIGs…Hausse des interets pour faire cesser une inflation pas si grave, on croit rever! Ainsi la zone euro qui se porte bien n’est meme pas capable de se faire respecter face aux agences de notations qui détournent pieusement leurs regards du Royaume Uni et des USA?
      Notre quantitative easing sur le « second marché » des bons du trésor profite encore plus aux banques et à leurs rentiers qu’aux USA ou au Royaume Uni!
      C’est du grand n’importe quoi.
      L’Europe est compltement frappée, et nous allons droit dans le mur, comme le pense Jo Stiglitz.
      Non l’Euro n’est pas une valeur refuge. Bien au contraire c’est une zone de spéculation. Quand cela va mal aux USA, l’euro baisse. Quand Wall Street va mieux, l’euro monte. Face au dollar, bien sur. l’Europe une vraie cours de récré pour la spéculation!
      Lisez les cours de bourse, c’est évident depuis des années!
      Si cela va trés mal aux USA, l’euro plongera c’est évident. Les traders n’ont aucune confiance dans l’euro. Cela ne se voit-il pas assez chez les agences de notations? Ils se moquent de Trichet ou de Draghi.
      Rien ne les retiendra et surtout pas la maladive BCE avec ses dogmes totalement dépassés. Meme dépassés pour un trader!
      La droite allemande est aussi arriérée que la française…Ils ont fait totalement n’importe quoi depuis 2008. On ajoute avec ça les républicains US et on peut ouvrir un hopital psychiatrique.
      Conseil: Si ça va mal, achetez des dollars, c’est moins pire que les euros…Enfin il faut le faire quand l’euro est trop haut: Ca ne va pas durer bien longtemps.
      En clair la Fed est sous controle politique, à coté la BCE c’est nul au niveau économique, une banque centrale qui ne sert que les intérets allemands, ce qui est encore plus absurde et aveugle! Les autres pays n’existent pas!
      Au moindre pépin ça doit plonger…C’est pas moi qui l’ai dit mais Friedman…La preuve qu’il n’avait pas tord sur ce coup la.
      Friedman+Stiglitz, ça fait quand meme plus sérieux que Lagarde!
      En plus elle à filé au FMI, elle doit se douter de quelque chose…

      1. @izarn,

        C’est du grand n’importe quoi.

        c’est le cas de le dire! surtout vos affirmations péremptoires sans aucune espèce de preuves ou de démonstrations, du style :
        1. « Notre quantitative easing sur le « second marché » des bons du trésor profite encore plus aux banques et à leurs rentiers qu’aux USA ou au Royaume Uni! »
        2 « Quand cela va mal aux USA, l’euro baisse. Quand Wall Street va mieux, l’euro monte. Face au dollar, bien sur. l’Europe une vraie cours de récré pour la spéculation! »

        ensuite vous dites:
        « [les USA] arrivent à se poser des questions sur leur quantitative easing qui ne leur coute pourtant pas grand chose…La reprise ne vient pas, c’est la trappe à liquidité… »
        Alors pourquoi voudriez vous que cela marche en Europe? :
        « En Europe peuchère! On en est meme pas la! Interdiction du quantitative easing qui permettrait d’éviter les menus problemes des PIGs… »

    3. on doit voir les banques et les grands groupes distribuer moins de dividendes et en contrepartie le chômage baisser et le pouvoir d’achat des classes moyennes et défavorisées progresser, bref ne pas baisser la garde. Et l’on doit aussi se méfier, encore plus qu’hier, des propos extrêmes.

      Jducac 40 sors de ce corps !

  6. Merci, Monsieur PAGE,

    Votre article est lumineux.
    Serait-il trop demandé d’envoyer cet article à Mme LAGARDE qui n’a pas grand chose à faire dans l’avion ces temps-ci ? Ainsi qu’à quelques dirigeants de pays européens ?

    A propos, de tels articles pourraient-ils être systématiquement traduits en différentes langues pour en augmenter la diffusion et l’impact ?

    Bonne soirée.

    1. A propos, de tels articles pourraient-ils être systématiquement traduits en différentes langues pour en augmenter la diffusion et l’impact ?

      Si c’est une offre de service Thom, elle est la bienvenue !

  7. « C’est la seule manière de résorber les excès … ».

    Non , certainement non, ce n’est pas la seule manière.
    Curieux que votre lucidité et l’étendue de votre diagnostic débouchent.
    sur une restriction. Enlisement et impuissance assurés.

    « Réduire les flux, assécher les sources » nécessiteront une palette
    de moyens de natures diverses.
    Le moyen pratique principal est sans doute l’interdiction des paris
    ( Cf. Paul); le second est une classe d’impôts ciblés, variables si nécessaires
    ou temporaires.
    Le principal reste le construction d’une social-démocratie redistributrice.
    Réconcilier la classe moyenne et sa peur de l’avenir avec un Etat prévoyant
    est la « la seule manière de résorber les excès » en les rendant impossibles.
    L’ état d’esprit du « seul contre tous » doit avoir une fin.

    Bref, « la seule manière de résorber les excès » est politique.

  8. oO, obamagique!

    « Le FMI a appelé ce mercredi les Etats-Unis à relever rapidement le plafond de leur dette, afin d’éviter un défaut de paiement susceptible de constituer un « choc sévère » pour la reprise encore fragile de l’économie mondiale. Obama croit à un accord. »
    http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110629trib000633069/dette-le-fmi-met-en-garde-les-etats-unis.html
    Pourtant la plus importante au monde. Gonflés?

  9. Croyez vous que les gens au pouvoir, politique ou financier, soient assez mal conseillés (ou incompétents) pour ne pas déjà savoir où ils mènent l’économie ?
    Mais, tous les autres choix remettant en question leur pouvoir et/ou leurs avoirs, ils préfèrent que le monde s’écroule avec eux dessus plutôt que de risquer la déchéance solitaire.

    1. Je ne pense pas qu’ils soient incompétents ou même mal conseillés mais leurs horizons économiques sont à très court terme et elles et ils n’arrivent même plus à se rendre compte des risques ou bénéfices à moyen et long termes que pourraient leur emmener la continuation de leurs politiques fondées sur la cupidité instantanée et à contrarion les bénéfices qu’ils pourraient tirer d’un changement de politique. Dans cette vision ils sont en plus renforcés par les fondamentalistes du Néolibéralismes dont l’aveuglement est tout aussi incompréhensible que celui de fondamentalistes religieux. Le mot Fondamentalistes a été appliqué par Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, aux gourous du néolibéralisme qui sévissent au FMI, à la Banque Mondiale ou à la Direction Générale Marché intérieur et Concurrence de la Commission Européenne.

      Pour ce qui est des responsabilités Joseph Stiglitz fait aussi remarquer, dans son excellent livre « Le triomphe de la cupidité » qu’il y a eu au cours de 50 à 60 dernières années une dissolution dramatique des processus de décision dans les organisations : on ne sait plus bien qui est en charge: les capitalistes et les actionnaires, les dirigeants salariés diversement intéressés aux bénéfices de l’organisation mais finalement assez peu responsables au delà d’une perte de position, et encore le plus souvent accompagnée de « parachutes dorés »

      En fait il devient de plus en plus difficile de savoir où se situent les pouvoirs. . Bon à l’heure qu’il est je n’ai plus trop le temps ni l’énergie pour développer cette idée que Stiglitz appelle « Organization’s Agency » en anglais, c’est à dire structure des pouvoirs et des processus de décision dans les organisations..
      Paul T.

      1. Stiglitz raconte décidément n’importe quoi.
        La financiarisation de l’économie a bien sûr généré un nouveau partage des responsabilités en terme de pilotage des entreprises (réduction/soumission du management stratégique à la comptabilité analytique, prise de pouvoir des DAF, etc…)

        Mais cette « idée de Sitiglizt », qui est en fait un lieu commun de la recherche en théorie des organisations, est complètement bidon. Tout le monde sait très bien où sont les pouvoirs et qui est responsable de quoi. Du reste, c’est justement à cette fin que des stock options furent distribués par les actionnaires : pour mieux contrôler les dirigeants et circonscrire leur périmètre d’action (cf « théories dites de l »agence », qui est elle même une variante de la théorie des droits de propriété en sciences de gestion).

        Ce n’était pas tant une alliance de classe spontanée qu’une manière de contrôler les dirigeants en les plaçant dans des conditions telles qu’il ne serait désormais plus dans leur intérêt de ne pas collaborer avec les actionnaires.
        D’aucun affirment d’ailleurs que toute une classe de (« jeunes ») dirigeants/parvenus ont alors eu accès au saint des saints, sans disposer ni du talent ni de l’expérience nécessaire pour exercer des droits aussi importants. Ces mêmes affirment à mot couvert que le destin de l’Amérique fut alors scellé, et que le bordel actuel n’est que le produit de la nullité stratégique de cette armée de parvenus dans le monde des affaires, à qui les anciens,les sages qui avaient fait leurs preuves ont commis l’erreur de confier quelques clés,ceci par avidité bien sûr (en les forçant à collaborer,on cherchait surtout à maximiser le profit du capitaliste).
        (Bien sûr, je préfère l’explication du blog, mais c’est peut-être utile de savoir comment une certaine aristocratie américaine, disons côte Est, perçoit les choses…).

        Pour le reste, Wildleech a entièrement raison. Son explication colle parfaitement aux propos tenus « hors-champ ». Plus précisément, ils nous piétinent tellement qu’au delà de leurs grands modèles économétriques, ils ne nous voient même pas. Ils préfèrent régner en enfer, au cas où vous en douteriez, plutôt que de servir au purgatoire.
        A côté du catéchisme habituel (marché des capitaux, concurrence, croissance blabla…), je vous assure qu’ils savent très bien où est leur intérêt bien compris, c’est à dire celui des banques qu’ils dirigent (défendu au nom de la défense des intérêts nationaux vitaux, bien sûr… accompagné d’un haussement d’épaules faussement négligent quand on leur rappelle que c’était déjà, dès avant 2007, l’argument refourgué par Goldman Sachs: « ce qui est bon pour GS est bon pour l’industrie américaine, et donc pour le gouvernement et pour le peuple américain »… On a vu…) .

  10. Une véritable politique économique Keynésiennes dans une économie mondialisée ne pourra se faire qu’à l’échèle de grandes entités dont une partie importante des échanges se fait à l’intérieur de l’entité elle même et pour laquelle il sera possible d’absorber les variations conjoncturelles venant de l’extérieur par ses propres activités internes. L’Europe pourrait avoir cette taille critique, cependant elle n’existe pas car les états membres sont trop jaloux de leurs prérogatives nationales… Or pour être efficace une politique économique Keynésienne devrait se faire au niveau européen au minimum afin d’éviter la concurrence entre états sous forme de dumping social, celle là même qui a conduit à une situation qui surprendra plus d’un des lecteurs ici même: les impôts sur les sociétés sont beaucoup plus faibles en moyenne en Europe qu’aux USA… En effet les pays européens se sont fait concurrence par la baisse des impôts sur les sociétés afin d’attirer les investisseurs chez eux. Stratégie que Joseph Stiglitz a appelé « Beggar thy neighbour »: littéralement fais un mendiant de ton voisin en lui volant ses industries et ses services par le dumping fiscal et social.

    Quand je parle de véritable politique économique Keynésiennes , je pense à des stratégies d’investissements publics ou para-publics dans l’économie réelle, destinés à deux principaux buts: à court terme la création d’emplois donc de demande finale, et à moyen et long terme ces investissements fournissent les infrastructures économiques, sans lesquelles, quel que soit les choix de politiques économiques ultérieurs: plus orientés vers le marché ou plus orientés vers les réglementations, n’arriveront pas à fonctionner.

    Les États unis, qui avaient pourtant la dimension économique pour se lancer dans l’aventure Keynésienne, ont raté le coche en distribuant des fonds aux banques sans exiger d’elles des investissements dans l’économie réelle, les seuls créateurs d’emplois.

    Or il semble bien que la crise de 2008-2009 ait été causée par le chômage et les inégalités de revenus alors que le gouvernements se cachent derrière la crise pour expliquer leur incapacité à créer des emplois et à réduire les inégalités.
    Il faut en fait inverser la proposition: la crise est née du manque d’emplois rémunérés correctement et des inégalités sociales et non l’inverse… C’est ce manque d’emploi et la baise de la demande qui ont conduit les autorités américaines à promouvoir des politiques de crédit facile afin de maintenir une demande finale pouvant faire tourner ma machine économique américaine. Or sans emploi qui va emprunter, même à un taux très faible pour consommer?

    Bien que j’ai exposé cette idée de la baisse structurelle de la part du travail dans la valeur ajoutée dans l’ensemble des pays de l’OCDE, dans un message il y a environ un ans ici même, mon analyse a été confirmée par plusieurs auteurs depuis, dont un que j’ai déjà cité ici: Pierre Larrouturou dont le dernier livre « Pour Eviter le Krach Ultime » propose des analyses pertinentes de ce phénomène montrant bien qu’il s’agissait bien de la causalité inverse: moins d’emploi et plus d’inégalités sociales aggravées par les politiques de réductions d’impôts pour les tranches de revenus les plus élevées ont été à l’origine de la crise. On ne peut nier que par la suite la crise ait aggravé la situation de l’emploi, mais ce n’est qu’au second plan, au début c’est le chômage qui a entrainé la baisse de la demande et les stratégies suicidaires des institutions financières poussant au crédit facile et à bon marché.

    Pierre Larrouturou propose ensuite des stratégies réellement Keynésiennes avec des investissements dans le logement et d’autres infrastructures à caractère social, il propose aussi des actions claires et techniquement faisables pour mieux contrôler les institutions financières.
    Créer en Europe l’équivalent du Glass-Steagall Act, séparant hermétiquement les activités de banques de dépôt des activités des banques d’investissement
    Faire une lutte sans merci aux paradis fiscaux
    Et créer un impôt européen sur les bénéfices des sociétés à travers tous les pays européens pour d’un côté se rapprocher des impôts sur les bénéfices de sociétés aux USA et de l’autre éviter le dumping fiscal entre les états membres.
    Dans sa politique Keynésienne il n’oublie pas les investissements dans le domaine écologique, dont il montre le potentiel créateur d’emplois outre le rôle évident de protection de la nature et des ressources naturelles.  » Déclarer la guerre au réchauffement planétaire » dit l’auteur en faisant peser l’Europe de tout son poids économique sur les décisions planétaires, face aux grands que sont la Chine et les États Unis

    Dans la perspective de l’idée que c’est le chômage et les inégalités sociales qui sont à l’origine de la crise ile propose que la seule manière de sortir de la crise c’est de tout miser sur la création d’emplois, notant au passage que la création d’emploi éliminerait le problème des retraites ou des déficits des politiques sociales…

    Pour ce qui est de l’Europe, pour l’auteur, il n’y aura pas d’Europe si elle n’est pas bâties sur des politiques sociales fortes et applicables à tous les pays sans laisser la possibilité à certains états de se défiler en pratiquant un dumping social et fiscal comme ces états membres le font dans le cadres d’une concurrence inter étatique fratricide.

    Comme je l’ai dit plus haut seule une politique Keynésienne passant au dessus des états membres pourrait éviter cette lute entre les états tout en relançant l’emploi par des investissements dans l’économie réelle et en préparant l’avenir par des investissements dans des infrastructures réelles, même si l’évolution des économies sous l’influence des technologies fait qu’il faudra investir autant dans des infrastructures matérielles que dans des infrastructures intellectuelles: enseignement et formation, accessibilité aux moyens de communication, entre autres réseaux télématiques et aux divers services publics et para-publics dont ceux de santé, L’amélioration des infrastructures matérielles par des études immatérielles de recherche permettant une plus grande efficacité dans tous les transports devrait faire aussi des économies considérables d’énergies et éviter une grande partie des pollutions liées aux « pertes en ligne » terme dont je généralise la signification à tout type de transports lesquels n’ont survécus au manque d’organisation et de développement de solution nouvelles qui les caractérise que grâce aux prix bien trop bas de l’énergie au cours de 60 dernières années…
    En monnaie constante, nous payons l’essence pour nos voitures moins cher qu’en 1950, cela malgré le choc pétrolier de 1973 et les suivants…

    Pour financer cette Europe sociale et les investissements dans les infrastructures dont elle aura besoin, c’est là qu’interviendrait un impôt européen sur les bénéfices des sociétés directement collecté au niveau européen sans avoir à implorer la bonne volonté des états membres comme c’est le cas à l’heure actuelle. Les états membres en effet voulaient dans leur ensemble réduire les moyens des politiques sociales européennes.. La récente prise de position de la Commission européenne demandant au contraire une augmentation des financements structurels d’ici 2020 va se heurter aux égoïsmes nationaux…Et l’idée d’une taxe Européenne sur les transaction financière, qui avait fait son chemin au sein de la commission Européenne, va se heurter à la résistance féroces des états membres, en particulier celle des anglais.

    Or ce sont ces même égoïsmes nationaux qui ont conduit l’Europe dans l’état où elle se trouve…

    Chaque fois que j’ouvre à nouveau le livre de Pierre Larrouturou « Pour éviter le Krach Ultime », afin d’y vérifier mes sources, je me dis que cet auteur apporte vraiment quelque chose de nouveau et de concret à l’analyse économique de notre situations française, européenne et même mondiale et que les idées de solutions qu’il propose pour sortir de ce bourbier sont pleine de rationalité et de bon sens.

    Il me semble surprenant que l’on entende pas parler de ce dernier livre alors que les médias avaient assez bien parlé de son précédent ouvrage « Crise, la solution interdite » où il préparait déjà les bases de ce second livre.
    Bien cordialement.

    Paul T.

    1. Voici des propos lucides et revigorants qui méritent une grande attention. Je suis largement d’accord avec vous, tant condernant les causes de la crise que les politiques à mener pour y remédier.

      1. Merci de votre commentaire positif.

        Voici un article publié le Publié 30 juin 2011 – Mis à jour 01 juillet 2011,qui annonce changement d’attitude de la Commission Européenne qui me semble-t-il va dans le bon sens au niveau des recettes sauf que la Commission Européenne ne va pas assez loin dans une politique Keynésienne dans le domaine des dépenses…

        http://www.euractiv.com/fr/priorites/jos-manuel-barroso-propose-un-budget-de-mille-milliards-deuros-pour-ue-jusqu-en-2020-news-

        Il semble clair que les états membres vont tout faire pour empêcher cette évolution vers une autonomie financière plus grande de l’Europe qui, à l’instar des États Unis d’Amérique se verrait dotée d’un budget fédéral directement financé par un impôt européen venant en déduction des impôts nationaux. Il manque à cette stratégie une augmentation des impôts sur les bénéfices des sociétés dont le niveau devrait progressivement rattraper celui des USA environ 40% alors qu’en moyenne il n’est en Europe que de 25% (Source Pierre Larrouturrou, « Pour éviter le krach Ultime » page 117 (Le Monde 12 avril 2006))
        Situation causée par les luttes fratricides que se sont livrées les états membres de l’UE en vue d’essayer d’attirer des investissement chez eux: L’Irlande baissant son taux d’imposition des bénéfices des sociétés jusqu’à 12% et l’Estonie allant jusqu’à 0%, ce qui a obligé les autres états membres à eux aussi baisser leurs taux d’imposition des bénéfices des sociétés bien que toutefois à un niveau moins suicidaire pour les finances des états…

        Le rattrapage moyen de 15% des taux d’imposition des bénéfices des sociétés européens pourrait être directement versé au budget européen et réparti de manière à ré-égaliser le taux d’imposition des bénéfices des sociétés dans les pays membres de l’Union Européenne et ainsi éviter une concurrence déloyale et catastrophique entre états membres de l’Union Européenne, concurrence qui notons le est totalement contraire même aux règles d’une économie de marché où la qualité des biens et services et la compétences des unités de production sachant les produire à un prix concurrentiel sont sensées permettre un équilibre économique or dans le cas présent, un produit fabriqué en Irlande sera plus compétitif par rapport aux autres productions européennes non grâce à une qualité et à une compétence supérieure des entrepreneurs, mais suite à une moindre taxation locale… Les défenseurs du libéralisme économiques sont en fait des interventionnistes économiques sans vergogne.
        J’ai déjà dit par ailleurs que l’idéologie néolibérale qui règne à la Direction Générale Marché intérieur et Concurrence de la Commission Européenne a permis que cette distorsion flagrante des règles de la concurrence soit acceptée, en effet dans leur dogmatisme fondamentaliste, ces gourous bruxellois ont fait un amalgame idéologique grave: une baisse des impôts accompagnée de la réduction des dépenses publiques est toujours une bonne chose pour eux. Laissant ainsi une concurrence déloyale grave s’installer dans le marché intérieur européen, dont ils prétendent être les gardiens. Ces mêmes individus de manière tout autant dogmatique ont vivement attaqué toute subvention directe des gouvernements des états membres à leurs industries nationales, criant alors à l’injustice de telles subventions…

        Je vous laisse lire l’article dont j’ai donné le lien plus haut car il me semble donner un signal d’un changement assez important dans la vision de la Commission Européenne, même si cette dernière reste bien timides dans une perspective Keynésienne moderne dont j’ai longuement parlé hier soir.
        Voici tout de même ce lien pour les lecteurs anglophones:
        http://www.euractiv.com/en/priorities/barroso-tables-1trillion-budget-eu-2020-news-506080

        Notons enfin que la lutte fratricide que se livrent les états membres de l’UE empêche cette dernière de se présenter comme une force internationale capable de rivaliser par sa puissance économique et intellectuelle avec les deux super-puissances du moment (du moins pour un certain temps) Les USA et la Chine.

        Bien cordialement vôtres.

        Paul T.

  11. LE FMI, les agences de notations et les fondamentalistes de la BCE ont pris un nouveau pays en otage :

    le peuple belge (comme les peuples Grecs, Portugais et Espagnols avant lui), va devoir payer pour les fautes de ses gouvernants et la cupidité des plus riches de ses concitoyens dont les impôts ayant baissé, ont entrainé une grande partie du déficit public, de même que l’augmentation du chômage. Chômage, qui outre son aspect dramatique au niveau individuel conduit lui aussi à une baisse des ressources publiques : moins de salaires = moins d’impôts et moins de charges sociales entrant dans les caisses de l’état. D’où l’augmentation des déficits publics et les politiques de restrictions budgétaires qui touchent principalement les catégories sociales les plus défavorisées…
    Mais aussi, moins de moyens pour les peuples de se loger de se nourrir et d’avoir des vies décentes, ce qui là aussi a une conséquence macroéconomique: moins de demande finale et le cercle vicieux continue: moins de demande = moins de besoins de production = moins d’emplois… On peut et doit ajouter à ce mécanisme tragique une amélioration considérable de la productivité horaire du travail entrainant une baisse structurelle de la part du travail dans la valeur ajoutée, elle même contribuant à la perte d’emplois et donc de revenus pour les ménages…
    Mais les fondamentalistes du néolibéralisme ne veulent pas ou peut-être ne peuvent pas comprendre car cela leur demanderait un changement de paradigme qui est hors de leur portée. Ils continuent de prêcher l’austérité budgétaire et la libéralisation des services publics ainsi que la baisse des budgets publics…

    Il me semble que contre ces prises en otages des peuples Européens mais aussi mondiaux, il faut réagir avec force en les dénonçant fermement, avec la même vigueur que l’on condamne les prises d’otages par les fondamentalistes de tout bords…

    Essayons de lancer une campagne médiatique semblable à celle faite pour la libération des otages des fondamentaliste religieux ou autres

    Paul T.

    1. Vous avez raison. Une campagne médiatique – essayons – et, pour sauver l’Europe, un nouveau Charles de Gaulle ou un Konrad Adenaurer qui mette les dirigeants européens face à leurs responsablités et les force à franchir les étapes qu’exige la situation.

  12. « les véritables causes de la crise économique que nous vivons et qui tiennent à l’effet déflationniste de la montée des inégalités et de écrémage de la richesse par une minorité conduisant à développer, avec le recours au crédit, les formes d’endettement privé les plus absurdes et les plus scandaleuses comme les « subprimes ».

    Oui, bon, il me semble avoir lu ça ailleurs, et plus incandescent.
    Quid des solutions ?…

    Je rappelle que toutes les associations d’aide aux migrants, aux SDF, aux mal-logés se déclarent dans le rouge, que l’État se défausse des missions d’urgence qu’il assumait auparavant pour non seulement ne pas financer les gens ruinés, exploités, à bout, mais en plus profite de la situation pour imposer des choix aux migrants en situation non-réguliere, par exemple, absolument abject, comme retirer la garde d’un enfant de trois ans, sous prétexte de conditions de vie trop précaires, à une mère.
    Enfant qu’elle retrouvera si elle accepte de quitter le pays, choix qu’on lui impose par cet espèce de chantage de fait; plutôt que de l’aider, la loger au moins en foyer, le temps qu’elle sorte de son apnée.
    Dans la même logique cynique et anti-économique, les canailles qui nous gouvernent préfèrent financer des chambres d’hôtel pour loger les sans-toits plutôt que de construire des logements, et laissent tranquillement une grande partie des municipalités ne pas faire leur quota de logement social.

    Ce n’est sans doute pas le cas des membres de ce site, mais la population française affronte des situations matérielles terribles, de plus en plus terribles, non seulement par la faute indirecte des bandits banquiers qui assèche, dérive l’argent loin des légitimes bénéficiaires, vers la spéculation la plus éhontée qu’ils organisent grandement et sont – en tant que « zinzins » – les principaux bénéficiaires, sans oublier leurs créatures innombrables nommées fond de ci ou de là. L’argent s’en va. Et miracle, l’Etat complice, fait de politiques dont la corruption est chaque jour avérée par une association comme Anticor, par exemple, ont pondu des lois pour nous obliger à leur quémander cet argent qu’ils ont acquis en spéculant, en détruisant le tissu industriel par les pratiques de LBO, en remplissant les paradis fiscaux et les chambres de compensation.

    L’argent est absent pour les peuples, et les politiques sont complices, souvent empressés d’aider ce qu’ils appellent « la libre entreprise », c’est-à-dire la liberté de démolir.
    Alors, l’auteur écrit « Si l’on n’y prend garde ». Moi je veux bien, mais je crois surtout que beaucoup de ces canailles en écharpe tricolore ont tout à fait « pris garde » de la situation, mais qu’ils n’en rien à cirer. Il suffit de voir nos députés se pavaner dans leur voitures à chauffeur pour ressentir le nombre d’années-lumière qui nous séparent de ces gens censés nous représenter.

    La crise, elle est là, on le sait. Les acteurs, on commence à les connaître. On voit de mieux l’état d’esprit de types comme Trichet, Barroso et autres experts tournant autour, commissaires surpayés, surprotégés et prompts à sabrer dans les maigres allocs qu’on accorde encore à la plèbe.

    Donc, on a besoin d’exigences, de solutions radicales. Faut mouiller la chemise, messieurs les clercs !

  13. @ antoine Y

    En réponse à son commentaire:
     » Stiglitz raconte décidément n’importe quoi.
    La financiarisation de l’économie a bien sûr généré un nouveau partage des responsabilités en terme de pilotage des entreprises (réduction/soumission du management stratégique à la comptabilité analytique, prise de pouvoir des DAF, etc…)

    Mais cette « idée de Sitiglizt », qui est en fait un lieu commun de la recherche en théorie des organisations, est complètement bidon. Tout le monde sait très bien où sont les pouvoirs et qui est responsable de quoi. Du reste, c’est justement à cette fin que des stock options furent distribués par les actionnaires : pour mieux contrôler les dirigeants et circonscrire leur périmètre d’action (cf « théories dites de l »agence », qui est elle même une variante de la théorie des droits de propriété en sciences de gestion). »

    Ma réponse:
    Je ne sais pas qui a traduit Agency par théorie de l’agence mais c’est vraiment une mauvaise traduction au moins vis-à-vis de ce dont parle Joseph Stiglitz: Agency dans son sens exprime l’idée d’agencement, d’organisation et de cohérence, de l’articulation des processus dans et autour des organisations.
    Dans le cas des entreprises, en particulier des grandes entreprises les pouvoirs je dis bien « les pouvoirs » au pluriel sont devenus de plus en plus difficiles à cerner Le capital c’est dispersé en milliers voir en million de parcelles même si certains gros porteurs d’actions gardent un pouvoir réel sur les décisions lors de l’assemblée des actionnaires, toutefois ces décisions sont faites en fonction de documents préparés par des staffs qui les font déjà filtrer par des conseils d’administration aux structures peu transparentes. Les cadres supérieurs en général salariés bien que possédant parfois un certains nombre d’actions de leur entreprise agissent principalement pour assurer leur maintien en poste, ce qui entraîne souvent des présentations optimistes(euphémisme) des résultats ainsi que des opérations de R&D ou d’investissements productifs, ou encore des risques encourus…

    Le pouvoir dans les entreprises est progressivement passé des entrepreneurs, souvent ingénieurs ou techniciens de génie pour aller dans un premier temps aux vendeurs et au marketing. EN effet dans un premier temps la rareté de produits faisait qu’il suffisait de fabriquer un bon produit pour le vendre, mais avec l’augmentation de la productivité et des capacités de production il a fallu trouver des débouchés pour tous ces produits, le Fordisme (toujours une stratégie d’entrepreneur) n’a plus suffi à remplir les carnets de commandes. Le marketing a alors pris le pouvoir dans les entreprises imposant ses visions aux ingénieurs et techniciens, les prévisions des ventes ont servi de base à des décisions stratégiques des entreprises et non le génie de tel ou tel entrepreneur.

    Par la suite sont entrés en jeu les financiers dont le rôle se limitait avant ça à assurer une saine gestion des ressources financières mais petit à petit ces techniciens de la finance se sont mis à vouloir imposer leurs visions purement financière du « business » Comme ils utilisaient une vocabulaire et des méthodes que les autres pouvoirs ne comprenaient pas ils ont pu petit à petit imposer leurs vues et c’est ainsi que des choix stratégiques ont été guidés par des modèles mathématico-financiers où des décisions ont été prises à des 1/2 de % de retour prévisionnel sur investissement: un projet ayant un ROI de 3,5% se voyant éliminé par un projet ayant un ROI de 4%… J’ai vu des situations de ce genre dans mon travail. Cela me rendait d’autant plus furieux que j’avais donné les estimations quantitatives (nombre d’unités vendues à 5 ans) en estimant ma prévision valable à + ou – 30% et que derrière moi des experts financiers avaient calculé des revenus et des profits prévisionnels sur 5 ans aussi, avec la précision qu’on peut imaginer, surtout qu’à l’époque il n’y avait pas de monnaie commune en Europe et les estimations devaient tenir compte des prévisions de variations de taux de change, là aussi sur 5 ans…

    Indépendamment de ces considérations de simple bon sens en évaluation, je me suis retrouvé devant le directeur de l’entreprise où je travaillais et devant cette manière de prendre des décisions à 1/2 % près sur la base de calcula automatisés pour la plupart, j’ai dit à ce directeur que s’il suffisait de comparer le ROI de deux projets pour prendre une décision, alors on n’avait plus besoin de ses services, l’ordinateur pouvait le faire à sa place….

    Ce que veut dire Stiglitz dans sa critique de l’agencement dans les entreprises c’est que les directions ont renoncé à diriger: en effet dans le choix d’un projet se limiter au ROI est une vision extrêmement étroite de la gestion qui néglige les facteurs humain(avons nous les personnels qualifiés pour ce projet ?) les facteurs stratégiques ( comment se place ce projet par rapport au reste des la gamme de nos autres produits) (avons nous les forces de vente capables de comprendre et de vendre le produit qui sortira du projet?)

    L’agencement entre toutes ces composantes est devenu flou pour ne pas dire inexistant, les décisions se prenant sur des critères purement financiers dont personne ne sait comment ils vont permettre aux diverses composantes de l’entreprise de s’articuler entre eux, aboutissant à des désastres microéconomiques eux mêmes à l’origine de désastres macroéconomiques surtout quand il s’agit de très grandes entreprises. On retrouve dans cette dimension l’importance de l’hypothèse d’atomicité des agents économiques dans la théorie du marché pur et parfait… Aucun agent n’étant supposé pouvoir influencer l’ensemble du marché par ses décisions…

    A un défaut d’agencement microéconomique depuis que les néolibéraux ont pris le dessus, c’est maintenant l’ensemble des processus économiques auxquels font défaut des systèmes d’agencements ou d’articulations entre les diverses forces en présence les régulations ayant été progressivement éliminées sous prétexte que les « marchés savent mieux » (Markets know best) Ces réglementations ont été éliminées avec l’arrivée au pouvoir de Reagan et Thacher puis plus tard de Clinton, conseillé par des fondamentalistes du néolibéralisme qui l’ont convaincu de supprimer le Glass Steagal act. Ce sont les mêmes fondamentalistes du néolibéralisme qui s’opposent à toute réglementation en matière d’échanges internationaux, qu’ils s’agisse d’échanges de biens ou d’échanges financiers.

    On peut aussi rajouter à la perte de la notion d’agencement des phénomènes économiques,la mondialisation des communications et la modélisation sur ordinateurs de plus en plus rapides au travers desquels sont prises des décisions énormes par leurs volumes, cela sur des hypothèse intégrées aux dits modèles par des « agents » dont on ne connait rien ou peu de choses sauf que les ordres sont passés parfois au millième de seconde près sans qu’on sache qui a vraiment pris la décision saut un programme tournant sur une machine…

    Toujours de moins en moins articulés de manière visible et prévisible sont les innovations technologiques dont on savait auparavant qu’elles sortaient souvent des Bell Labs, D’IBM, De Xerox, de BOING, d’AIRBus ou de quelques grandes universités liées à l’industrie. Avec les progrès de la micro informatique et des télécommunication ainsi qu’avec une dématérialisation des innovations, on peut voir surgir d’à peu près nulle part une innovation qui va totalement changer la donne de nombreux marchés existants, y compris ceux des très grandes entreprises citées précédemment… Un nouveau programme créé par un groupe de petits génies peut venir impacter toute une stratégie industrielle (ex: Linux (création d’un petit groupe de génies de l’informatique) installé pendant un moment sur les PC IBM, avant qu’IBM ne décide d’abandonner le créneau des PC…) Les applications sur les ordinateurs personnels et sur les « smart phones » sortent d’un peu partout… Pas facile de voir comment tout cela s’articule, comment cela s’agence…
    Comme je l’ai mentionné plus haut j’ai longtemps exercé le métier de prévisionniste quantitatif dans le domaine des hautes technologies. Jusque vers les années 1990, j’arrivais assez bien à donner des estimations se vérifiant à 5 ans avec + ou – 30%. En l’état actuel de l’évolution technologique, je pense que j’aurais des difficultés à prévoir l’ordre de grandeur pour estimer le marché potentiel sur 5 ans d’une nouveau produit, c’est à dire une vente de 10 puissance 4, 10 puissance 5 ou 10 puissance 5, ou 10 puissance 6, ou 10 puissance 7, etc. unités vendues dans les 5 années à suivre…
    Pour information je ne pense pas que des planificateurs en économie planifiée feraient mieux que moi…

    ET c’est là le gros problème auquel l’organisation de nos sociétés aura à répondre, que l’on reste dans le cadre d’une économie de marché ou que l’on aille vers une économie planifiée et réglementée. ou une économie mixte, marchés réglementés… Par quel « agencement » ou « articulations » arrivera-t-on à limiter l’incertitude sur la mise à disposition de biens et services, dans laquelle les évolutions technologiques ultra rapides et imprévisibles nous entrainent.

    On pourrait penser à des réseaux ouverts aux usagers et consommateurs, permettant de comprendre les évolutions vraisemblables de leurs besoins et de leurs acceptations d’idées nouvelles…

    La mise en place de tels réseaux pose bien sur de nombreuses questions entre autre de l’accessibilité aux points d’entrée ainsi qu’aux sources d’informations sur les produits et services existant ou sur les nouvelles idées, mais aussi de la validité des données recueillies et de l’usage qui en serait fait…

    Pour information sachez que ce genre de question a déjà été abordé par des visionnaires étonnants dès les années 1960 (Norbert Wiener, Herbert Simon) et plus récemment Hiltz et Turrof en 1978 dans « The Network Nation »

    Mais si ces visionnaires peuvent nous donner des bases de réflexion il faudrait que des développement concrets soient le résultat de consultations ouvertes, mais là on tourne un peu en rond, comment assurer l’accessibilité à tous et la validité des résultats d’une consultation justement destinée à mettre en place des procédés sensés apporter l’accessibilité et des principes d’évaluation de la validité des résultats. Il s’agira donc forcément d’un processus itératif dont on espère qu’il aboutirait assez rapidement…

    Bon, assez de Science fiction pour ce soir…

    Bien cordialement

  14. Voir l’article d’Amartya Sen : « L’euro fait tomber l’Europe »

    LE MONDE | 02.07.11 |

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/07/02/l-euro-fait-tomber-l-europe_1543995_3232.html
    J’ai envoyé au Monde un commentaire au sujet de cet article reprenant en partie mon commentaire sur les peuples otages de s autorités financières: FMI, BCE et agences de notations… L’idée étant toujours d’arriver à lancer une campagne pour défendre les peuples victimes des prises d’otages scandaleuses que représentent les politiques de restrictions budgétaires imposées par le FMI, La BCE ou le désir de se conformer aux exigences des agences de notation, alors que ces peuples ne sont en rien responsables des situations économiques désastreuses dans lesquelles se trouvent leurs pays…

    J’ai rajouté un paragraphe sur le peu de valeur statistique ou scientifique que les notations des agences privées peuvent avoir en réalité. Je ne vois pas comment elles arriveraient à faire mieux que d’autres agences d’évaluation de placements financiers dont une analyse faite par Leonard Mlodinow, un statisticien sérieux a montré l’aspect aléatoire dans son livre « The Drunkhard’ Walk » « How randomness rules our lives »
    Il a classé ces agences en fonctions de la qualité de leurs performances par rapport aux performances du marché:
    Cliquez ici pour voir l’image

    Puis il a repris les mêmes agences dans le même ordre de classement pour leurs évaluations lors des 5 années suivantes et là on voit que des agences qui avaient été super bonnes dans leurs évaluations sont devenues mauvaises et vice versa…

    Cliquez ici pour voir mon image

    Il est plus que probable que les analyses des agences de notations ne soient pas plus fiables quant à leurs prévisions de solvabilité des pays… Et en conséquence on est contraint de penser que ces notations sont en fait le reflet d’à priori idéologiques, d’orientation néolibérale pour lesquels seules les restrictions budgétaires peuvent apporter la solution aux problèmes des pays…
    Je vous dirais si le Monde a repris mon commentaire…

    Paul
    PS: si Monsieur Jean-Pierre Pagé voulait me contacter, je donne l’autorisation aux modérateurs de ce blog de lui faire connaître mon adresse e-mail. J’aurais des sujets de discussions à partager avec lui qui pourraient peut-être déboucher sur un billet invité rédigé en commun car nous avons beaucoup de points de convergence dans nos analyses.

    1. Super, les comparaisons des évaluateurs suivant leurs performances effectives ultérieures.
      De quoi bien déconstruire !

      Et de quoi, pour les gens qui veulent un peu de vérité, montrer le rôle négatif des fluctuations:

      pas de martingales qui résulterait d’une analyse intelligente d’un groupe, donc c’est le système globalement qui s’enrichit en accentuant les inégalités, sans que compte même la performance financière elle-même (en tant que grandeur continue donc évaluable pour autre chose que du bruit),, et sans parler de cette chose si lointaine qu’est l’économie réelle, l’industrie, etc.

  15. Cinglant ! Je reste toujours bouche bée devant le raisonnement des riches et des économistes libéraux : l’Etat est endetté, c’est normal car c’est un agent économique intrinsèquement inefficace, le déficit est le symbole de sa gabegie est doit donc être réduit. Pour le réduire il ne va certainement pas augmenter les impôts, car il est inefficace, donc il doit baisser les dépenses et en priorité celles des ratés de la société, car en période de difficulté on ne va quand même pas aider les incompétents et les paresseux. Que la conséquence d’une telle politique soit une très forte récession ne les trouble pas : ils ne seront qu’à peine touché et de toute façon ce sont eux les créanciers de l’Etat et qui reçoivent donc tout le bon argent des remboursements de sa dette.

    Mais que ne voient-ils pas que la logique de cette spirale est la révolte et la répudiation de la dette ? Car il n’y a pas d’autre issue. En fait dans l’Histoire il y a à chaque fois eu un traître comme Roosevelt qui remet tout en ordre avant que la société ne se désagrège totalement. Et les riches ne voyant dans ce retournement non la réfutation de leur croyance mais la seule trahison d’un membre de leur classe, restent persuadés de la véracité et de la supériorité morale de leurs opinions sociales et économiques.

    Hélas même si de tel retournements ne se produisaient pas et qu’il se trouvait des hommes politiques dénués de tout scrupule et de toute humanité pour aller jusqu’au bout de cette logique mortifère, prêts à utiliser l’armée pour mater dans le sang les révoltes, prêts à abolir la démocratie pour maintenir l’ordre social dans le même mouvement qu’ils privatiseraient tout pour réduire l’Etat à un simple rôle de maintien de l’ordre, alors même devant la violence et la misère omniprésentes, ils continueraient à ne voir que le reflet triomphant de leur supériorité !

    Mais que n’enferme-t-on pas ces gens ! Non dans des asiles mais dans des prisons car n’est-ce pas à l’évidence un crime contre l’humanité que de mettre en œuvre de telles politiques et même de diffuser de telles opinions qui ne sont rien moins que des appels au meurtre par euthanasie sociale.

    Je soutiens qu’il est illégitime que l’Etat emprunte à des créanciers privés car cela signifie que ce sont eux les propriétaires de la richesse nationale et que l’intérêt d’un emprunt est lui-même aussi illégitime car on ne peut mathématiquement pas le rembourser : http://www.legrandsoir.info/Financer-l-economie-par-un-pouvoir-financier-independant-des-elus-mais-democratique-et-supprimer-les-marches-financiers,13402.html

    1. rien de nouveau

      au XIXème thiers n’avait il pas lancé un « enrichissez-vous » aux riches

      et la semaine sanglante de la commune de paris avec ses 30 000 morts a signé ce que les capitalistes seraient capables !!

      30 000 morts dans les rues de paris !! que ne dirait on pas aujourd’hui où il suffit de beaucoup moins pour poursuivre un kadafi pour crime contre l’humanité

      la commune eut un effet terrible ; elle montra au peuple jusqu’où était prêt à aller les bourgeois !

      des générations de révolutionnaires ont été marquées par ce massacre et ceci explique bien des évolutions ultérieures

      les capitalistes seront capables des pires ignominies pour sauver leur pouvoir ( l’aventure hiltérienne n’est qu’un avant goût des capacités destructrices des élites qui se croient au-dessus des peuples

      parce qu’ils le valent bien ……………….

      Socialisme ou barbarie

  16. Intéressant même l’ONU se fâche contre les programmes d’austérité et s’inquiète des risques de crise sociale globale.

    Peut-être que certains membres de l’ONU lisent-ils et elles, le blog de Paul Jorion 🙂

    The Global Social Crisis
    L’ONU en guerre contre l’austérité (Sound document : Report on the World Social Situation 2011, Key points)
    http://politproductions.com/tags/global-social-crisis

    U.N. predicts emerging « global social crisis »
    http://www.cbsnews.com/stories/2011/06/22/501364/main20073400.shtml

    Pour les anglophone désireux d’en savoir plus un document PDF est disponible:
    http://social.un.org/index/LinkClick.aspx?fileticket=v0LQqd2FT3k%3D&tabid=1561

    A faire parvenir au Parlement Européen, non?

    Paul T.

  17. Pour donner un peu d’espoir, je voudrais citer trois articles publiés au même moment qui d’une manière ou d’une autre dénoncent la politique économique qui est menée actuellement dans la zone euro et montrent que l’on progresse dans la voie du bon sens.
    Dans un article publié dans Le Monde du 5 juillet et intitulé « L’austérité mène au désastre », Martin Wolf écrit : « Réjouissez-vous de la récession qui vient ! Certes, ce n’est pas ce que dit la Banque des Règlements Internationaux aux Etats-Unis et aux autres économies endettées. Mais c’est pourtant ce que sous-entend son dernier rapport annuel. Et je suis en désaccord avec son idée maîtresse qui sous-estime les obstacles qu’impliquerait une austérité généralisée. »
    Dans un article publié dans Les Echos du 4 juillet intitulé « La crise en Europe est d’abord institutionnelle », Kenneth Rogoff, qui fut le Chief Economist du FMI de la grande époque punitive, écrit : « Au lieu de restructurer le fardeau manifestement intenable des dettes du Portugal, de l’Irlande et de la Grèce, les dirigeants [européens] lancent des plans de sauvetage sans cesse plus importants sous des conditions d’austérité irréalistes. »
    Et Joschka Fischer, dans son article « L’Europe a-t-elle des pulsions suicidaires ? » publié dans le Figaro du 30 juin, ne fait pas dire autre chose et stigmatise son propre pays : « …..le débat en cours en Allemagne sur le fait de payer ou non pour la dette grecque est risible. Refuser de payer n’est pas une option viable, parce que l’Allemagne et tous les autres membres de la zone euro sont dans le même bateau. »
    Ajoutons que, comme il est signalé dans Le Monde du 5 juillet, dans un article intitulé « Les pays non membres de la zone euro s’inquiètent pour l’Union monétaire », selon le Ministre des Finances de Pologne, M.Rostowski, les plans activés en faveur de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal « ont besoin d’être redessinés « , car ils sont trop focalisés sur la réduction de la dette publique, au risque d’enfoncer ces Etats dans la récession ou une croissance atone.
    Comme quoi, les bonnes idées progressent !

  18. Merci Monsieur Pagé pour ces informations encourageantes.

    Il semblerait en effet qu’il y ait un frémissement au niveau des grandes institutions internationales telles que l’ONU ou même la Commission Européenne. Le BIT par ailleurs est aussi sur la même longueur d’onde… c’est l’emploi qui fera repartir l’économie et qui résoudra la plupart des problèmes actuels. Notez que pour ma part, je pense qu’il faudrait entendre « emploi » au sens large, en tant qu’activité humaine contribuant à l’amélioration des conditions de vies dans nos sociétés. Cela demanderait une révision en profondeur de l’évaluation de la création de richesses sur un tout autre que l’évaluation comptables des PIB et PNB; incluant la création de richesses par d’autres agents que les travailleurs salariés et incluant aussi des créations de valeurs non marchandes pour le moment non visible dans les évaluations des comptabilités nationales.

    Au plaisir de vous lire à nouveau sur ce blog ou ailleurs.

    Paul T.

  19. La Plate-forme Européenne des ONG du secteur Social aux travaux de laquelle je participe depuis plus de 15 ans, vient de faire connaitre sa position sur les politiques d’austérités en Europe auprès des ministres de l’emploi des 27 pays membres de l’Union Européenne.

    Voici la traduction rapide que j’ai faite de cette position. Les fautes de français ou erreurs de traductions son de ma seule responsabilité…

    Nouvelles de la Plate-forme Sociale européenne 7 juillet 2011

    La Plate-forme Sociale européenne a rencontré les 27 ministres de l’emploi des états membres de l’Union Européenne et appelle à l’adoption d’un Pacte Social afin de contrebalancer les effets désastreux des mesures d’austérité [07/07/2011]

    Le 7 juillet 2011,dans le cadres de la présidence polonaise du Conseil des ministres européens, la Plate-forme Sociale européenne s’est adressés aux 27 ministres de l’emploi lors du conseil informel de l’EPSCO à Sopot en , Pologne.

    la Plate-forme Sociale européenne soutient les récentes et croissantes démonstrations de dizaines de milliers de personnes, opposées aux mesures d’austérité demandées par la Commission Européenne et approuvées par le Conseil des ministres de l’Union Européenne, manifestations ayant eu lieu en Espagne, au Portugal, en Grèce, au Royaume Uni d’Angleterre et en Pologne .
    Nous avons également fait plusieurs propositions en vue d’arriver à une sortie de crise au travers de politiques d’inclusion sociale et demandé que soit abordé le deficit démocratique de la gouvernance économique européenne ainsi que les politiques sociales qui se doivent d’inclure les préoccupations de la Société Civile .

    La Plate-forme Sociale européenne partage l’analyse récente de l’ONU qui insiste sur l fait que les mesures d’austérité en Europe “Ne menacent pas seulement les emplois du secteur public et les dépenses de protection sociale, mais rendent aussi la sortie de crise plus incertaine et fragile. (…)
    La déconnection entre les politiques économiques et leurs conséquences sociales peuvent créer un cercle vicieux entre une croissance lente et la faiblesse du progrès social”.

    En réponse à ces défis démocratiques et sociaux la Plate-forme Sociale européenne a fait des propositions aux 27 ministres de l’emploi des états membres de l’Union Européenne pour arriver à une sortie de crise fondée sur l’inclusion sociale:

    Les états membres de l’Union Européenne devraient aussi adopter et mettre en action les mêmes engagements contraignants pour les objectifs de lutte contre la pauvreté inclus dans la stratégie “Europe 2020“ qu’ils ne l’avaient fait en Mars dernier pour l’Euro+ Pact.
    Les mesures d’ Austérité ne doivent pas conduire à un accroissement de la pauvreté tel que nous pouvons le voir à l’heure actuelle. Une année après l’adoption de la “stratégie 2020”, les états membres de l’Union Européenne ne respectent pas leurs engagements, l’objectif de réduire la pauvreté pour 20 million de personnes ne sera pas réalisés.
    Les efforts économiques demandés aux peuples en Europe doivent être équitablement répartis. Les recommandations aux pays doivent être dirigées vers une baisse des inégalités au lieu d’être adressées à ce que la Commission appelle “passifs implicites notamment ceux dus aux retraites, aux dépenses de santé et à la protection sociale ”. L’OCDE pointe du doigt l’accroissement des inégalités de revenus dans la grande majorité des pays de l’OCDE où les revenus des 10% des ménages les plus riches ont crû plus vite que ceux des 10% des ménages les plus pauvres, conduisant à un écart grandissant des inégalités de revenus”.

    La réponse à la crise ne doit pas conduire à la création d’un secteur d’emploi précaire permanent : Même en Allemagne qui a le plus fort taux de croissance, le nombre d’emplois précaires a atteint son plus haut niveau fin septembre 2010 avec 7,3 millions de petits boulots avec un revenu de moins de 400 Euro par mois. En conséquence nous demandons l’application de la recommandation de la Commission Européenne sur l’inclusion active de manière à rendre effective la création et l’accès à des emplois de qualité en accord avec l’engagement des états membres envers la ligne directrice N°7 sur “La réduction du chômage structurel et la promotion d’emplois de qualité”.

    Retirer les barrières à l’emploi : les états membres de l’Union Européenne doivent adopter les directives anti-discrimination qui sont en discussion depuis juillet 2008. L’accessibilité aux transports, au logement, à l’éducation, aux services de l’emploi est essentielle pour atteindre et se maintenir sur le marché du travail.

    Pour les anglophones le texte original est disponible sur le lien ci-dessous.

    http://www.socialplatform.org/News.asp?DocID=27674

    Comme je l’ai déjà suggéré, il serait peut-être efficace de regrouper les divers blogs socio-économiques européens agissant dans le même sens que celui de Paul Jorion et de travailler ensembles au niveau européen pour faire connaître notre vision d’une Europe des peuples et non d’une Europe des marchés…

    Bien cordialement.

    Paul T.

  20. Merci pour ces informations. Le problème vient de ce qu’il ne suffit pas de multiplier les bonnes résolutions sauf à tomber dans le « y-a qu’à » . Il faut s’attaquer aux vices du système. Je reprends les conclusions du rapport de l’ONU : un capitalisme débridé dont le dévoiement conduit à rendre corvéable à merci la plus grande masse des populations (y.c. les classes moyennes qui s’appauvrissent). Ces dysfonctionnements sont éloquemment illustrés par le rôle tout à fait pervers que jouent les agences de notation anglo saxonnes agissant comme si elles voulaient mettre à genoux la zone euro au profit de la spéculation financière. A ceci s’oppose l’impuissance de la machine européenne paralysée par ses divisions et l’inachèvement de ses institutions. Elle n’est donc condamnée qu’à gémir de temps à autre et à envisager des réformes (comme la création d’une agence de notation européenne) dont on peut craindre qu’elles restent longtemps à l’état de voeu pieux. La seule voie de sortie est le passage accéléré à un fédéralisme normal pour une institution comme l’Union Européenne permettant de rendre cohérentes les actions menées au sein de l’Union et de prendre des décisions rapides et efficaces. Mais cela suppose une forte volonté politique et l’existence de leaders charismatiques permettant de l’exercer.

  21. On se croit sur un marché du 16e siècle par exemples, où un grand nombre de charlatans proposaient leur perlimpinpin.
    Il faut réaliste: il n’y a pas de remède contre la crise permanente que nous traversons, ils ne sauveront pas le status quo. Il y aura soit un grand crash ou une évolution rampante – dont le début est déjà bien articulé – vers une nouvelle société du type médiévale, composée d’une nouvelle race de seigneurs qui dominent le reste de la masse laborieuse, y compris un grand nombre d’humbles et de misérables.

    1. Germanicus, Je suis profondément attristé que vous traitiez « de charlatans proposaient leur perlimpinpin. » le travail constant et intense des dizaines de membres de de la plateforme sociale européenne qui font un travail en profondeur sur les difficultés bien réelles de leurs membres dans les pays de l’Union Européenne et essaient par leurs actions sans relâche auprès des autorités européennes de faire changer les comportements des divers groupes qui ont une influence sur l’avenir de l’Europe.

      Ce travail, j’y donné mon énergie tant que ma santé me l’a permis, Comme moi d’autres prennent sur leur temps libre d’étudier à la virgule près des textes qui risquent de nous tomber sur le dos et de tout faire pour obtenir les amendements nécessaires aux personnes qu’ils représentent. Nous agissons aussi comme force de proposition pour obtenir des directives européennes de lutte contre les discriminations de tous ordres dont sont victimes les personnes qui sont représentées par les membres de la Plate-Forme Sociale Européenne.

      Cela va des personnes handicapées aux personnes âgées, aux personnes sans logement, aux personnes en situation de grande pauvreté, la défense des droits et les luttes contre les discriminations couvrent aussi les sujet de la discrimination homme-femme, des discriminations ethniques, des discriminations liées aux préférences sexuelles, à la nationalité ou à la religion Nous travaillons main dans la main avec la confédération européenne des syndicats, avec le bureau européen de l’environnement (également une ONG sans but lucratif regroupant des associations de défense de l’environnement venant des pays européens.)
      Un exemple concret: une de nos actions est de faire accepter par la Commission Européenne puis par le parlement Européen et enfin le plus dur, faire accepter par les états membres l’idée que les services sociaux d’intérêt général ne doivent pas être soumis aux seules règles du marché, mais tiennent compte des besoins spécifiques des populations en général vulnérables don s’occupent des services sociaux d’intérêt général..

      Quand nous demandons une harmonisation Européenne des droits sociaux par le haut, la résistance vient le plus souvent des états membres qui se servent du dumping social et fiscal comme d’une arme stratégique pour améliorer la compétitivité des leurs entreprises nationales et même attirer sur leurs territoires des entreprises par des avantages fiscaux. Stratégie que Joseph Stiglitz a baptisée « Beggar thy neighbour » « Appauvri ton voisin »

      Le grand Crach qui reste une possibilité dramatique, touchera surtout justement ceux que vous appelez « la masse laborieuse, y compris un grand nombre d’humbles et de misérables. », les riches et les puissants s’étant comme par le passé débrouillés pour non seulement s’en sortir mais s’enrichir de cette misère supplémentaire crée par un crach.

      C’est surtout pour éviter un retour « vers une nouvelle société du type médiévale » que nous nous battons, et surtout pour les plus vulnérables de nos sociétés.

      J’aurais plutôt espéré votre soutien actif contre les forces du mal que nous combattons et dans ce combat plus nous serons nombreux plus nous pourrons faire entendre notre voix.

      Ces actions que nous avons menées ont souvent abouti à des révision des textes originaux allant dans un sens positif pour les personnes les plus vulnérables dans nos sociétés soit disant développées.

      Nous combattons tous pour une Europe des peuples, possédant une structure réellement démocratique faisant appel en plus des formes classiques de démocratie . à la participation de ce qu’on appelle la société civile, c’est à dire les personnes ne parlant pas en tant que représentants des gouvernements ou des lobbies industriels et commerciaux.

      Les associations européennes qui sont membres de la plateforme sociale ont toutes des membres dans tous les états membres de l’Union Européenne, chacune de ces associations nationales a des membres individuels dans son pays d’appartenance et à tous les niveaux les associations locales régionales nationales et enfin européennes ont des structures démocratiques

      En traitant de charlatans les travaux que nous faisons au niveau européen de la Plate-forme sociale, ce sont tous ces bénévoles locaux régionaux, nationaux et européens qui donnent de leur temps et de leur énergie que vous dénigrez…
      Et dire que nous nous battons pour une société européenne vraiment participative…

      Paul T.

      1. Pour Paul T.
        Vous n’étiez pas visé. Acceptez mes excuses si vous vous sentez offensé.
        Je voulais dire que de manière générale, les plans, tels que le plan d’austérité, n’auront aucune efficacité, on va droit au mur.
        Lutter pour protéger les faibles de la société est une tâche noble, peut-être la plus noble qui soit. J’ai beaucoup d’estime pour ceux qui se vouent à cette mission.
        Quand je visite un blog comme celui-ci, j’y passe peu de temps, car j’ai un agenda chargé. Je vais me tâcher d’être plus patient pour lire plus attentivement les commentaires (l’impatience est l’une des mes lacunes, à cause de mon tempérament).
        Bon week-end
        D. de G.

  22. Tout ce que vient de dire Paul Tréhin est important. Il ne faut pas sous estimer l’effort de tous ceux qui travaillent plutôt dans l’ombre pour humaniser la société et éviter qu’elle ne retombe dans des systèmes de prédation ce qui peut être sa pente naturelle si l’on ne fait rien. Les grands changements se font en général à l’occasion de grands conflits (comme la Seconde Guerre Mondiale) ou de cataclysmes, ou encore de grandes crises systémiques (mais il faut croire que celle que nous vivons n’a pas été encore suffisamment grave pour faire prendre conscience à ceux qui dominent le monde des dangers qui les menacent !). Pour le reste, la situation évolue sous l’action des associations et des organisations dont parle Paul Tréhin. Il ne faut pas le sous-estimer, même si cela paraît très lent.

  23. Merci de votre petit mot Germanicus.

    Soyez rassuré, je ne me sentais pas personnellement visé mais le prenais la défense de toutes les personnes qui se battent avec leur cœur et leur moyens si faibles soient-ils tant au niveau temps libre que financier pour soutenir leurs actions.
    Je vous remercie de l’estime que vous portez à ces personnes engagées et travailleuses qui luttent pour essayer de faire en sorte d’améliorer la qualité de vie des personnes les plus vulnérables et les moins favorisées par une économie de marché sans pitié pour les faibles.

    Je suis entièrement d’accord avec vous, et il est évident sauf pour les puissants qui nous gouvernent, que les politiques d’austérité nous conduisent droit dans le mur, de même que les politiques d’augmentation artificielle de la masse monétaire sans production de valeurs dans l’économie réelle.

    Je n’ai aucune affiliation politique ou même personnelle avec Pierre Larrouturou mais il suggère plusieurs pistes très concrètes et semble-t-il économiquement viables dans son dernier livre « Pour éviter le Crach Ultime »

    Il est toutefois évident que les états membres de l’Union Européennes se réfugieront encore une fois derrière des politiques guidées par l’idéologie néolibérale et s’opposeront à ce genre de propositions qui pourtant sont très sensées.

    Mais je ne veux pas affirmer mon appréciation des propositions de Pierre Larrouturou sans qu’elles aient pu faire l’objet de discussions ici même ou dans d’autres blogs économiques.

    Ce que je peux dire c’est que son analyse des causes de la crise et de sa durée, ainsi que les propositions qu’il fait pour en sortir me paraissent clairvoyantes et saines. Toute autre opinion au sujet de ce livre sera la bienvenue et m’aidera ainsi que les autres lecteurs à y voir plus clair.

    Paul T.

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