Archives par mot-clé : Podemos

LES JEUX POLITIQUES EUROPÉENS SE TENDENT, par François Leclerc

Billet invité.

À Athènes, Antonis Samaras tente de grignoter des voix parlementaires et d’assurer la victoire de son poulain à la Présidence de la République, afin de reculer la perspective d’élections législatives anticipées gagnées par Syriza. Le troisième et dernier tour des élections à la présidence aura lieu le 29 décembre, mais les pointages ne lui sont toujours pas favorables. Deux épisodes de débauchage font déjà jaser, avec pour cible un député des Indépendants et le parti Dimar, le premier sous la forme la plus classique d’un achat de vote, un enregistrement non authentifié circulant. Le second à l’occasion d’une allocution télévisée, hier dimanche, au cours de laquelle le premier ministre a proposé aux députés d’avancer les élections législatives à la fin 2015, au lieu de juin 2016, ainsi qu’un élargissement du gouvernement, en contrepartie de leur soutien à son candidat à la présidence, Stavros Dimas. Il reste une semaine pour conclure !

Le gouvernement espagnol a plus de temps devant lui, mais l’échéance des législatives s’approche, et il s’affaire tout autant à leur préparation. Avec en toile de fond l’étrange compétition qui est engagée entre l’Espagne et le Portugal – dont le calendrier est similaire – pour savoir dans lequel des deux pays les rapports entre l’argent et le monde de la politique sont les plus malsains. Dans les deux, le grand déballage se poursuit. La leçon catalane et le danger d’un éclatement de l’Espagne n’a pas été perdue par tout le monde, et le gouvernement de Madrid propose à toutes les régions de les faire bénéficier du taux avantageux dont le pays bénéficie sur le marché obligataire, afin de les soulager du poids de leur endettement. Une démonstration pratique des intérêts de la mutualisation des dettes régionales est donnée, en vue de mieux faire réfléchir aux bienfaits de l’État espagnol, qui n’en a pas été exagérément prodigue ces dernières années.

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Podemos, ses structures de base et leur maillage. Une Agora de notre époque ?, par Lazarillo de Tormes

Billet invité.

En 1985, l’Unesco inscrit la grotte d’Altamira située à Santillana del mar, petite localité du nord de l’Espagne, dans la liste du Patrimoine mondial. 22.000 ans durant, nos ancêtres Sapiens y ont laissé des traces si nombreuses et variées de leur passage que, selon les hypothèses, ces lieux auraient été des points de rassemblement périodiques pour des populations consistant vraisemblablement de petits groupes familiaux d’une quinzaine d’individus en moyenne. Déjà donc l’être humain ressentait le besoin de socialiser, de se réunir avec ses semblables pour façonner son devenir mieux qu’il ne le ferait confiné dans l’isolement.

C’est par hasard qu’un chasseur découvrit la grotte en 1868 mais c’est un passionné d’archéologie local, Marcelino Sanz de Sautuola qui réalisa l’importance du site et par ses travaux contribua à lui donner un écho dans la communauté scientifique de l’époque. Il se fait que son arrière-petit-fils, Emilio Botín Sanz de Sautuola fut le président, jusqu’à son décès soudain le 10 septembre 2014, du Grupo Santander le plus grand conglomérat bancaire d’Espagne et un des plus importants d’Europe. Le 5 septembre, quelques jours avant sa mort, il confiait lors d’un entretien informel, très médiatisé ensuite, avec des journalistes que Podemos constituait l’une des deux menaces principales à la stabilité sociale – l’autre étant l’indépendantisme catalan -, qu’il fallait la combattre et il exhortait à un renforcement des liens, allant, si nécessaire, jusqu’à un gouvernement d’union PP-PSOE à l’issue des législatives de 2015. Il se dit depuis que des tractations en ce sens seraient en cours, sous le manteau, entre les deux appareils. C’est que les conseils d’Emilio Botín portaient et le slogan boutade de Podemos « En Espagne de nos jours, ceux qui gagnent les élections ne s’y présentent pas » est là pour aiguillonner les imaginations à ce sujet.

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SYRIZA, PODEMOS…, par François Leclerc

Billet invité.

Le premier tour des élections présidentielles grecques au Parlement a renforcé les incertitudes à propos du résultat à venir des deux prochains tours, les 23 et 29 décembre. Le candidat du gouvernement n’a recueilli que 160 voix sur les 200 nécessaires, moins qu’il n’espérait. Tout se jouera probablement au dernier tour, où seulement 180 voix pourront permettre au candidat unique Stavros Dimas de l’emporter, la chasse aux ralliements battant son plein et la stratégie de tension se poursuivant.

Les autorités européennes ont apporté leur plein soutien à Antonis Samaras, devant la crainte que Syriza ne remporte les élections législatives anticipées, faute d’élection du Président de la République. Mais elles ne peuvent s’en prendre qu’à elles-mêmes, n’ayant pas respecté leur promesse de restructuration de la dette grecque, sur la base de laquelle le premier ministre a basé sa stratégie de recherche à tout prix d’un excédent budgétaire primaire, sans finalement en recueillir le bénéfice. Il a dû ensuite changer son fusil d’épaule en affichant la perpective d’une sortie du plan de sauvetage et la fin symbolique du protectorat de fait instauré par la Troïka, qui ne lui a pas été accordée. Cherchant une issue, il a finalement joué le tout pour le tout en anticipant une élection présidentielle de tous les dangers. Au cas où son candidat à la présidence de la République ne serait pas élu par le Parlement, ne lui laissant comme perspective que de perdre les élections législatives, les hypothèses fleurissent. Elles portent en premier lieu sur l’ampleur de la victoire éventuelle de Syriza, qui pourrait se trouver dans l’obligation de former une coalition avec les indépendants et les restes du Pasok. Elles spéculent ensuite sur la nécessité dans laquelle le parti dirigé par Alexis Tsipras serait de mettre de l’eau dans son vin à propos de la question qui fâche : la restructuration de la dette. Car celle-ci est détenue à 90% par des intérêts publics et l’exemple qui serait donné en l’engageant pourrait susciter des vocations dans d’autres pays. Un coup d’arrêt est donc indispensable, d’autant qu’une victoire de Syriza représenterait un encouragement à ce qui n’est cessé d’être dénoncé dédaigneusement et non sans amalgames comme le danger populiste afin de faire repoussoir.

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La dynamique européenne : À bon entendeur, salut !, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

C’est le poids, la quantité de mouvement en cours qui rompt l’équilibre, cet équilibre si instable et si difficilement acquis que l’on observe dans ce « no man’s land » politique et économique que nous connaissons actuellement.

« Il faut parler aux Allemands » a pu dire Paul Jorion à la télé. Car si Angela Merkel semble vivre une apogée sans déclin ces derniers temps, avec une réélection massive à la tête de son parti, cela ne peut masquer ce qui pourrait bien être le début d’un chant du cygne dans un de ces moments où tout semble redevenir possible. Car la position politique de la CDU/CSU se fragilise en Allemagne. En premier lieu, ce fut le FPD qui disparut, laissant place à la ‘grande coalition’ avec le SPD des sociaux-démocrates. Et en second lieu, c’est l’émergence d’un nouveau parti, europhobe, l’AfD, qui tend à tailler des croupières tant au SPD qu’à la CDU, sans oublier les manifestations de rues des islamophobes dont tous ne sont pas d’extrême-droite ou de partis nazis. Le vote conservateur de droite a cependant bien davantage à perdre que le vote conservateur de gauche en la matière.

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Il n’est d’autres voies que l’action politique, par Michel Leis

Billet invité.

La multiplication des manifestations ces dernières semaines dans plusieurs pays européens illustre à l’envie l’autisme des gouvernements que j’évoquais dans un précédent billet. La réaction du premier ministre italien aux grandes manifestations du 12 décembre est symptomatique : « La grève générale est un moment de protestation d’une grande importance. Nous avons beaucoup de respect à son égard, même si je ne partage pas ses motivations. Bon travail à qui travaillera et bonne chance à qui fera la grève ».  La forme est dans la droite ligne du cynisme qui se pratique volontiers chez certains hommes politiques de droite qui se sont fait élire sous une étiquette de gauche. La droite a des réactions plus variées. La condamnation sans appel de la grève générale en Belgique par un Bart de Wever est assez classique, elle invoque un argument habituel de la propagande, la désinformation par la partie adverse, ce qui ne manque pas d’ironie quand on voit la place prise par le « TINA » dans les médias. Autre classique des politiques, ces réactions hypocrites qui appellent à la responsabilité de chacun et au dialogue social, mais reste-t-il encore quelque chose à discuter face à la conviction des élites ? L’autisme des gouvernements européens questionne aussi les modes d’actions et de protestation.

Que les syndicats soient à la tête de la lutte contre des mesures qui auront un impact sur le pouvoir d’achat, la protection sociale et le droit du travail, quoi de plus normal ? Les mobilisations importantes rendent visible le mécontentement d’une fraction importante de la population, c’est leur grand mérite et une nécessité. Pourtant, au fils des ans, on voit bien que si recul des gouvernements il y a, celui-ci n’est que temporaire. Ce qui n’est pas fait par la loi du jour sera mis en place par la loi du lendemain. Le refus du traité européen par la population française et sa ratification sans autre forme de procès après quelques changements cosmétiques en fut l’exemple le plus flagrant. Les batailles qui se succèdent en Europe ressemblent à ces combats d’arrière-garde, on résiste sur quelques points, mais les petites réformes qui passent au détour d’un amendement rendent bientôt intenables les positions défensives. Cette situation est le résultat d’un enchevêtrement de rapports de forces et de situations particulières.

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Podemos – 2014 année de fin de surfusion, par Lazarillo de Tormes

Billet invité.

Wikipedia nous dit de la surfusion qu’elle est: “l’état d’une matière qui demeure en phase liquide alors que sa température est plus basse que son point de solidification. C’est un état dit métastable, c’est-à-dire qu’une petite perturbation peut suffire pour déclencher abruptement le changement vers la phase solide.”

En janvier de cette année 2014 qui se termine, cela fait six ans déjà que la chute du domino espagnol a déclenché le déchiquettage économique et social. Le sauvetage des banques en perdition, l’effondrement du secteur de la construction qui en est tributaire, le chômage qui explose, les salaires qui baissent, les recettes fiscales qui suivent, le déficit qui se creuse, la dette qui décolle, le début de la spirale de l’austérité. Ce sont les socialistes du PSOE qui commencent le travail de sape, ils sont sans surprise laminés après 3 ans d’usure aux législatives de novembre 2011 par une droite du PP vierge de tout péché, calfeutrée qu’elle se trouve dans l’opposition depuis 2004. Elle poursuit la stratégie de choc dans un contexte social globalement pacifié car on veut la croire, elle qui jure détenir la recette pour changer le cap et martèle qu’à l’orage succéderont les beaux jours très vite.

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VA-TOUT EN GRÈCE, par François Leclerc

Billet invité

Antonis Samaras joue son va-tout en Grèce, à la suite de la décision prise par les ministres des finances de l’Eurogroupe de n’accorder finalement qu’une prolongation de deux mois au plan de sauvetage qui se termine fin décembre. L’élection présidentielle au Parlement aura lieu de manière anticipée la semaine prochaine, a-t-il annoncé hier sans préavis, cherchant à chaud une issue favorable qu’il ne peut plus trouver autrement. Dix mille personnes avaient une nouvelle fois manifesté dimanche à Athènes, afin de s’opposer au vote d’un budget 2015 de rigueur qui a été finalement adopté le soir même, sans apporter de solution aux discussions sans fin avec la Troïka qui ont eu ces délais comme conséquence.

La coalition gouvernementale divisée et à bout de souffle, un accord toujours impossible à trouver avec la Troïka afin de financer un trou financier, et le paiement de la dernière tranche de 1,8 milliard d’euros suspendue en conséquence, le premier ministre n’avait pas le choix, soutenu en cela par les autorités européennes qui ont précipité la décision en n’accordant qu’une courte prolongation. Il fallait en finir et ne pas laisser pourrir.

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Europe : DIRIGEANTS AU BORD DE LA CRISE DE NERFS, par François Leclerc

Billet invité.

Halte au feu, ça tire dans tous les sens ! Jean-Claude Juncker prend à partie Matteo Renzi et David Cameron en les traitant de menteurs, Passos Coelho fait en public acte de résistance à la Troïka et, last but not least, Mario Draghi est mis en cause par des gouverneurs de Banques centrales. Chacun de ces épisodes a son propre contexte et ses raisons, mais ensemble ils témoignent de la rencontre avec un même obstacle grandissant : la stratégie de désendettement européenne est à force tout au bout du rouleau.

Le panorama ne laisse pas place à beaucoup d’ambiguïté. Un avertissement a été prodigué à Mario Draghi, sous la forme d’une fuite organisée dont a bénéficié l’agence Thomson Reuters. Derrière la mise en cause de son style trop personnel pointe le refus de le voir poursuivre sur la trajectoire qu’il a choisie, annoncée lors de son discours de Jackson Hole qui a semble-t-il pris au dépourvu les membres du conseil des gouverneurs. Hors de question, sous-entendent en substance ses opposants, que des interventions reposant sur une création monétaire massive soient engagées, une mise en garde pouvant signifier qu’une telle intervention serait considérée avec attention. Bien que minoritaires, les opposants ont la capacité de bloquer des décisions qui dans la tradition de la BCE supposent un large consensus, nous faisant assister non pas à un épisode de plus de l’opposition larvée entre les autorités allemandes et Mario Draghi, mais à un véritable clivage qui paralyse désormais la BCE pour toute grande décision. Les marchés ne vont pas aimer.

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EuropeCOINCÉS DANS LEUR PROPRE PIÈGE, par François Leclerc

Billet invité.

Hors de question de reconnaître la spirale descendante dans laquelle l’Europe est placée, car cela impliquerait de reconnaître s’être égaré ! En dépit des mauvaises nouvelles qui s’accumulent à propos de la croissance et de la déflation, les dirigeants européens ne donnent aucun signe tangible de changement de politique, animés par l’idée que ce n’est qu’un mauvais moment à passer et qu’il faut tenir. Eux-même semblent convaincus – ou font comme si – qu’il n’y a pas de politique alternative à celle qu’ils ont choisie, et ils cherchent simplement à l’assouplir. Devant le rejet que celle-ci suscite, ils voudraient la rendre moins explosive en trouvant des accommodements. Tout en spéculant sur la résignation et en laissant supposer que, sans eux, cela serait pire encore. Mais ils ne sont finalement parvenus qu’à mettre en évidence qu’ils sont sans prise sur les événements.

Les dirigeants italiens et français essayent de biaiser afin de ne pas avoir à prendre brutalement des mesures dont ils connaissent l’impopularité – et dont ils craignent les effets en retour – afin de les distiller progressivement tout en les limitant autant que possible. En Espagne, en Grèce et au Portugal, où ils n’ont pas fait dans la nuance, les gouvernements se préparent à prochainement affronter des échéances électorales et allègent à petite dose le fardeau afin de rester dans le jeu. Quand à la BCE, sauveur de dernier ressort désormais en première ligne, elle prend à force de jouer petit bras le risque de faillir à sa réputation et de trahir les espoirs qui sont portés en elle dans la confusion.

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UN PAS EN ARRIÈRE, DES PAS EN AVANT, par François Leclerc

Billet invité.

Le commissaire européen Jyrki Katainen a cru bon de préciser que la décision finale de la Commission relative aux budgets français et italien 2015 n’était pas prise, suite aux soupirs de soulagement qu’avaient laissé échapper ceux qui pensaient être tirés d’affaire. Des ajustements devront encore être négociés, mais il semble néanmoins que la décision politique d’absoudre les gouvernements français et italien a été prise par la Commission sortante, laissant à la suivante le soin d’en gérer les conséquences ! Clé de voute d’une stratégie qui ne peut être appliquée, le pacte fiscal en sort émoussé, premier encouragement à s’y opposer en attendant la suite.

Ce sont sans doute moins les capacités de persuasion des responsables de ces deux pays qui sont à l’origine de cette mansuétude, distillée par petites doses pour en atténuer la portée, que la dégradation de la situation européenne sur tous les terrains, économique, social et politique. Avec une mention particulière à la Grèce, l’Espagne et l’Italie. Un vent de révolte monte en effet dans ce dernier pays, que Matteo Renzi transpose en multipliant les incartades vis-à-vis de Bruxelles, et qui va se traduire par une grève générale. Comme en France, des protestations virent au drame en raison d’une violence policière qui n’est pas contenue, la dernière en date en face de l’ambassade d’Allemagne à Rome à la suite de licenciements dans une usine du groupe ThyssenKrupp.

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Dette publique : TANT VA LA CRUCHE À L’EAU QU’À LA FIN ELLE SE BRISE, par François Leclerc

Billet invité.

Les événements se précipitent : les marchés manifestent leur impatience en appelant au lancement par la BCE d’un début de création monétaire en grand, Jean-Claude Juncker annonce qu’il va présider « la commission de la dernière chance » et les rumeurs se multiplient sur l’échec aux stress tests de nombreuses banques, en attendant l’affichage des résultats le 26 octobre prochain, une fois passé le cap du tout proche sommet européen.

La cause est entendue, la stagnation va être séculaire et la dette un problème lancinant. Cultivant une vision malgré tout optimiste, tout en ne s’en tenant qu’à la dette publique, le FMI constate que « les efforts budgétaires au cours des cinq dernières années ont stabilisé le ratio entre dette publique et PIB, même s’il reste à un niveau élevé ». Mais il relève un « sentiment de saturation » vis à vis des réformes et que « les perspectives d’un durcissement des activités financières et d’un éventuel tassement de la croissance potentielle (…) sont autant de facteurs qui exigent une reconstitution des marges de manœuvre utilisées durant ces dernières années ». En d’autres termes, il serait nécessaire de « judicieusement » concilier la viabilité de la dette publique et la croissance… Dit autrement : dans les hautes sphères, on ne sait pas quoi faire devant la faillite d’un modèle de désendettement qui ne fonctionne pas.

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LES CHOSES BOUGENT EN ESPAGNE, par Diego Carretero

Billet invité.

Voici quelques informations sur ce qui se passe chez nous en Espagne. Un phénomène très intéressant est en train de se passer. Ce que vous en savez c’est qu’un nouveau parti, PODEMOS, a raflé 5 députés d’un coup aux élections européennes. Ce que je vous en dis est que cela a constitué le début d’une lame de fond qui est en train de changer la donne dans ce pays.

D’abord, ce n’est pas « un parti ». Depuis le 15M (Indignados) le feu couve dans tous les coins du pays. Les mesures prises par les différents gouvernements et leurs répercussions dans la vie quotidienne des gens servent de carburant. Et cette galaxie d’initiatives diverses découlant du mouvement du 15M a pris consistance en plusieurs partis et mouvements, qui travaillent depuis des mois et des années en forme de groupes s’opposant physiquement (d’une manière non-violente) aux différentes politiques du gouvernement.

Pablo Iglesias, commentateur habituel de deux chaînes de télévision, lui-même issu du mouvement 15M, et participant à un de ces petits partis, a eu l’énorme intelligence, aidé par son entourage de la même famille, de lancer le mouvement à partir de ses apparitions en télévision, s’adressant directement aux gens ordinaires, leur parlant un langage vrai et simple. Et en ce langage vrai et simple il leur a dit que la division gauche-droite n’était pas aussi importante que la division bas-haut : nous sommes les gens d’en bas et allons déboulonner les gens d’en haut, tout en ne cachant pas sa position de gauche.

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DU REJET MONTANT À L’ALTERNATIVE CONSTRUITE, par François Leclerc

Billet invité.

À en croire certains, il serait urgent de dissoudre le corps électoral, les électeurs s’étant fourvoyés. Le populisme aurait frappé sous le masque hideux de l’europhobie, et les partis responsables en feraient les frais. Tout cela résulterait d’un malentendu auquel il faudrait remédier par un effort d’explication (une communication plus efficace).

Cette histoire n’endort que ceux qui sont déjà assoupis, bercés par un discours lénifiant. En vérité, une politique dont le naufrage se poursuit est rejetée, parfois au profit de ce qui tombe sous la main, et ceux qui l’appliquent ne veulent pas en changer. De simple déni au départ, c’est devenu un déni de la démocratie : les manifestations et protestations massives dans les pays du Sud n’ont été suivies d’aucun effet, et la démonstration est en cours qu’il en sera de même avec les élections. Quel sera le prochain épisode ? Il y a de la rébellion dans l’air.

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