La dynamique européenne : À bon entendeur, salut !, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

C’est le poids, la quantité de mouvement en cours qui rompt l’équilibre, cet équilibre si instable et si difficilement acquis que l’on observe dans ce « no man’s land » politique et économique que nous connaissons actuellement.

« Il faut parler aux Allemands » a pu dire Paul Jorion à la télé. Car si Angela Merkel semble vivre une apogée sans déclin ces derniers temps, avec une réélection massive à la tête de son parti, cela ne peut masquer ce qui pourrait bien être le début d’un chant du cygne dans un de ces moments où tout semble redevenir possible. Car la position politique de la CDU/CSU se fragilise en Allemagne. En premier lieu, ce fut le FPD qui disparut, laissant place à la ‘grande coalition’ avec le SPD des sociaux-démocrates. Et en second lieu, c’est l’émergence d’un nouveau parti, europhobe, l’AfD, qui tend à tailler des croupières tant au SPD qu’à la CDU, sans oublier les manifestations de rues des islamophobes dont tous ne sont pas d’extrême-droite ou de partis nazis. Le vote conservateur de droite a cependant bien davantage à perdre que le vote conservateur de gauche en la matière.

On verra donc dans les résultats des élections locales à venir (celle de Hambourg à la mi-février 2015) ce que les électeurs allemands ont à dire à la chancelière, la forçant sans doute à refaire de la politique en lieu et place de la géo-économie.

Car dans le même instant, on débattra hardiment en France de la loi Macron et ses 12 dimanches comme Hercule et ses travaux. Certes, il se peut même que la loi, y compris avec les dispositions, amendées sur le travail dominical, finisse par être votée grâce aux compromis dont les ressources florentines de l’Elysée et du PS conjuguées ne sont pas avares. Mais on y verra surtout ce que valent les déclarations des unes (Martine Aubry) et des autres (Benoît Hamon) sur la volonté de porter le fer et celle du gouvernement dans sa volonté de passer coûte que coûte, y compris par l’article 49-3 : on saura dans ce cas que le pouvoir exécutif est si fragile qu’il doive en arriver là pour atteindre ses fins.

On aura su quelques semaines auparavant si des élections législatives anticipées auront bien lieu en Grèce, avec l’élection du Président qui commencera pour trois semaines à partir de mercredi prochain jusqu’à la fin du mois de décembre. Dans l’affirmative, nous aurions donc une campagne électorale grecque d’ici à fin février des plus acharnées, car Syriza est sans doute la seule formation politique ‘radicale’ en Europe à pouvoir accéder au pouvoir par les urnes. Et dans ce cas, un inévitable conflit politique émergera entre les champions attitrés que sont Angela Merkel et Alexis Tsipras, portant (mais pas seulement) sur la dette.

Pour autant, ce serait oublier que quelques semaines plus tard, une élection cruciale sera en cours en France, cruciale pour l’exécutif en place, dont on perçoit les signes avant-coureurs d’inquiétudes grandissantes : et si ces élections étaient une fois de plus une catastrophe électorale ? On méconnaît le rôle structurel de cette élection intermédiaire pour le PS, car celle-ci alimente en nombre les cadres locaux du parti, ces élus qui font le parti : ceux des Conseils généraux où le PS détient la présidence dans 49 départements sur 100, sans oublier les divers gauche apparentés et affidés, quand l’UMP n’en compte que 25.

Les départements constituent la base politique qui alimente les sections et les fédérations locales, qui permet la proximité géographique et relationnelle avec les électeurs, ainsi qu’avec les militants. Qu’un échec, un de plus, survienne, et il ne manquera pas de voix pour demander des comptes, le moment venu, voire même la tête du premier secrétaire si nécessaire comme sacrifice. Benoît Hamon, lui, commence déjà à prendre position, ‘au cas où’ …

Il y aura aussi des élections législatives au Royaume-Uni, où l’on mènera la vie dure aux conservateurs, face à des travaillistes pourtant pas si féroces mais surtout face aux europhobes de l’UKIP, qui pourrait faire alors un carton, rendant de plus en plus crédible pour les conservateurs de tous les pays (unissez-vous !) un ‘débordement’ sur leur droite qui viendrait saper les conditions de leur réélection. Un élément de plus dans la réflexion d’une Angela Merkel qui espérait jusqu’il y a peu transformer le pesant ‘tête-à-tête’ franco-germanique en trio, par son extension aux conservateurs anglais.

Le congrès de Poitiers signera donc le point de bascule possible en juin, surtout si les différents éléments précédemment cités participent de la dynamique possible. Un congrès au PS reste néanmoins toujours un moment aléatoire, où tout peut se jouer, y compris l’inverse. Mais un premier ministre très minoritaire et un président désavoué électoralement une nouvelle fois quelques mois auparavant n’auraient alors plus comme option que de sacrifier Cambadelis sur l’autel du compromis et de céder du terrain aux aubrystes/hamonistes/montebourgeois.

Si on ajoute à cela en fin d’année les législatives au Portugal et en Espagne, ainsi que des élections locales en Italie, qui apporteront leur pierre non pas à une reconfiguration radicale comme en Grèce (Podemos risque fort de se voir opposer l’alliance des ‘gagnants’ politiques habituels : PSOE et PP), mais à l’émergence d’une tension supplémentaire dans le rapport de force politique, on aura en 2015 un espace de bascule potentielle comme on a pu le connaître il y a quelques années de cela : en 2008, puis en 2011 avec le referendum avorté de Papandreou.

Mais, pour parler aux Allemands et à Angela Merkel, encore faudrait-il éviter d’adopter la position constante du coq monté sur ergots à ressorts comme le fait Jean-Luc Mélenchon, sur des propos de la Chancelière qui visaient bien plus son auditoire conservateur intérieur que ces incapables de Français (ou Italiens en l’occurrence). Encore faudrait-il aussi que les Aubry/Hamon/Montebourg aient autre chose dans leur havresac quand il faudra bien, par-dessus l’exécutif français, indécrottable autiste, parler aux Allemands et à Angela Merkel, pour soutenir un tant soit peu la faible marge de manœuvre qu’aura Alexis Tsipras face à ses créanciers, a fortiori si on conçoit le rapport de force politique non comme un rapport mais seulement comme de la force.

Il faudra bien savoir ‘profiter’ de cette dynamique qui nous est encore une fois offerte, pour enfin parler à nos voisins de ce qui nous fâche et de ce qui les plombe, et les plombera assurément dans le futur : de la nécessité de faire défaut sur la dette européenne (qu’il faudra bien constituer comme telle à un moment donné), si l’on souhaite demain pouvoir continuer à payer les retraites, de la nécessaire régulation financière et bancaire, contre l’avis de l’exécutif français, afin d’imposer enfin des réglementations dignes de ce nom, ce que les Allemands ont vainement tenté d’imposer au pouvoir politique français (un pouvoir vérolé par le pouvoir des inspecteurs des finances et de leurs futurs/anciens employeurs bancaires), d’une régulation possible de l’euro si l’Allemagne veut pouvoir préserver la monnaie unique (laquelle est à son bénéfice) par l’instauration d’une unité de compensation, d’une stratégie énergétique commune, et ainsi de suite…

Angela Merkel n’est pas plus bête qu’une autre, les autres dirigeants européens non plus (bien qu’un doute profond soit permis sur les dirigeants français) mais ceux qui pourraient en tirer un bénéfice politique encore moins, en attendant plus : Front National, AfD, UKIP, …

La dynamique s’en vient. Et il semblerait bien qu’il s’agisse du dernier arrêt avant le pont de la mort situé un peu plus loin.

Il est urgent que ceux qui sont déjà au pouvoir s’en saisissent et que ceux qui souhaitent y accéder comprennent que les enjeux dépassent de beaucoup le cadre de leur petite personne et de leurs, forcément, futurs petits pouvoirs.

À bon entendeur, salut !

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74 réflexions sur « La dynamique européenne : À bon entendeur, salut !, par Zébu »

  1. Je crois que c’est François Cavanna qui disait dans une interview, il y a longtemps: « quand il y a une guerre quelque part, je ne peux pas m’empêcher de penser que les politiques n’ont pas fait leur boulot ». Je cite de mémoire.
    C’est exactement ça. Les politiques ne font plus leur boulot, car ils sont plus proches des intérêts des banques que des intérêts de leurs électeurs, de leur pays, (quant à l’Europe…). Et c’est bien ce qui va, très probablement arriver, la guerre, tant il y a de distance entre les exigences de la situation et les compétences (ainsi que la volonté ?) de ceux qui sont en charge de la gérer.
    Peut-on échapper à son destin ? Déjà, individuellement, ce n’est pas facile de faire l’indispensable travail sur soi pour comprendre d’où viennent nos pulsions, nos répulsions, nos phobies, nos préjugés et les vaincre… ou vivre avec. Alors collectivement…

  2. Bonjour

    Mais, pour parler aux Allemands et à Angela Merkel, encore faudrait-il éviter d’adopter la position constante du coq monté sur ergots à ressorts comme le fait Jean-Luc Mélenchon, sur des propos de la Chancelière qui visaient bien plus son auditoire conservateur intérieur que ces incapables de Français (ou Italiens en l’occurrence)

    Vous supposez que les propos d’A. Merkel visaient son auditoire allemand. Je me permettrais donc de supposer que les propos de J-L. Mélenchon visaient son auditoire français, dans le but de « dire tout haut ce que beaucoup de Français disent tout bas » (Guaino), et de montrer que s’il y a des dirigeants qui se couchent devant A. Merkel (Hollande, évidemment), il y en a aussi qui restent debout.

    Je m’étonne que vous n’ayez pas compris cela.

    Par ailleurs, je doute également qu’Aubry/Hamon/Montebourg aient quoi que ce soit à dire à A. Merkel pour sauver le soldat Tzipras. Le PS nous a déjà prouvé qu’il n’avait que faire de Syriza.

    Pour finir, je pense que vous pouvez déjà préparer votre article relatant l’arrivée de nos « élites » sur le « pont de la mort ».

    1. Le problème n’est pas de se coucher ou non devant qui que ce soit, mais de faire de la politique et pour qui ?
      Aujourd’hui, je ne sais pas ce que fait Mme Merkel, mais pour Mélenchon, il ne fait pas de la politique, mais de la com, comme le faisait d’ailleurs Montebourg. Et F. Hollande fait de la politique, mais pour le système financier, si puissant en France, et pas pour l’intérêt des français.

      1. Je m’inscris en faux.

        Une partie du problème est bien sûr de tenir tête ou pas à Angela Merkel. C’est bien parce que personne ne lui résiste – personne ne veut lui résister, et Hollande est aussi conservateur que Merkel – que l’Europe en est là où elle est actuellement.

        Quand à J-L. Mélenchon, renseignez-vous. Lisez son blog. Il fait de la Politique avec un grand P, il tente d’insuffler un tant soit peu de conscience politique dans la tête des gens. Son initiative m6r en est la preuve.

        Qu’il y arrive ou pas, c’est un problème qui a trait au fait que la propagande libérale est partout, et cela bien avant l’arrivée de J-L. Mélenchon sur le devant de la scène.

      2. Fred, vous avez raison. Le retraité Mélenchon a une grande utilité politique dans notre monde: « il tente d’insuffler un tant soit peu de conscience politique dans la tête des gens », c’est à dire, de fait, exprimer tout haut ce que le retraité Guaino pense tout bas ou ce que le spectre de Robespierre pense (sûrement… paraît qu’il lui cause les soirs de pleine lune) d’Assassin Creed.

      3. J’ai bien peur que faire de la politique pour le système financier soit devenu un pléonasme presque aussi évident que monter en haut, lobying oblige, tous ceux qui font de la politique pour autre chose se contentent de faire de l’opposition.

      4. Vigneron c’est facile de réduire les dires d’un homme politique à deux exemples. De là à le rendre inutile, je ne crois pas ! Et à la misérable utilité politique d’Hollande j’opte pour celle de Mélenchon. Impossible de séparer com et politique, et ensuite comparer un élu/non élu (à Troncal).

      5. Deux exemples seulement, Lucas, pour en rester aux tout derniers – auxquels j’aurais pu ajouter sa sortie ridiculissime lors de la visite du pape au Parlement Européen). L’inventaire exhaustif « mériterait » trop de place et de temps, soit le concours (et l’avance sur recettes) d’une bonne maison d’édition.

      6. Oui il se positionne maladroitement face à l’Allemagne, manque de sobriété etc., mais en essayant d’être objectif, je trouve que sa voie reste tout de même importante. Tandis que la voie de Hollande voyez… je m’en passerai volontiers.
        Bein oui quand on regarde ce qu’il y a aussi …

    2. J’avais fort bien compris, merci. Tout comme j’ai fort bien compris que l’auditoire de Jean-Luc Mélenchon se raréfie du fait justement de ce type de position, qui ne mène nul part parce qu’il part de nul part. Il se disqualifie en tout cas, par-delà sa disqualification auprès des citoyens français (patente celle-ci, vu ses échecs répétés) pour mener à bien cette ‘discussion’ avec les allemands et Merkel en parlant ainsi.
      Je n’ai aucune confiance dans le PS, bien évidemment. J’indique juste les chemins du possible.
      A eux d’assumer. Ou pas. Dans le cas contraire, Tsipras (avec un ‘s’ me dit-on dans l’oreillette) se sentira bien seul face non seulement à ses créanciers mais aussi face aux partis populisto-xénophobes.

      1. Partis populisto-xénophobes dont envers lesquels on perçoit combien Guaino est redevable : ‘dire tout haut ce que les français pensent tout bas’.
        Par ailleurs, ‘rester debout’ sur le fumier des mots, c’est certes être debout, mais toujours sur un fumier. Comme un coq, quoi, gueulant tous les matins du monde, assumant sans rien comprendre de sa fonction naturelle.

      2. Zébu,

        Ça se voit que vous n’aimez pas Mélenchon. C’est votre droit.
        Ce qui me déçoit c’est que vos critiquent portent systématiquement sur sa façon de s’exprimer et non pas sur les idées qu’il défend qui sont pour beaucoup proches des vôtres. Ainsi vous participez activement à discréditez ceux qui se battent pour défendre des idées souvent proches des vôtres.
        Vous savez très bien que pour se faire entendre dans ce système médiatiquement verrouillé, il faut gueuler ! Même Paul Jorion le dit.

        Et puis réduire la gauche radicale à Mélenchon c’est un peu fort de café. Intéressez-vous un peu aux autres personnes de cette mouvance sinon vous ne valez pas mieux que ces penseurs de salon qui veulent refaire le monde avec des « il faut que » et des « y’a qu’à ».

        A bon entendeur.

      3. Que vous ayez compris, votre article ne le laissait pas penser.

        Je ne connais aucune « preuve » que l’auditoire de J-L. Mélenchon se raréfie. Par exemple, l’initiative m6r est bien lancée. C’est tout à son honneur de donner à voir un courant nouveau, ainsi qu’une nouvelle façon de faire de la politique, via le web 2.0..

        Je doute que les échecs électoraux du Front de Gauche ait quoi que ce soit avoir avec la radicalité de certains propos de son leader. Souvenez-vous, sa campagne de 2012 fut plein de « tumulte et de fracas ». Il fit plus de 10%. Un récent sondage lui vaut la seconde place des personnalités les plus représentatives de la gauche, derrière Aubry.

        Il est de bon ton sur ce blog de dénigrer les propos de J-L. Mélenchon au prétexte qu’il manierait « l’invective », « l’insulte », etc. Il est assez décevant de voir tant de gens, ici, à ce point perméables à ce que répètent à l’envi les éditocrates et médiacrates de ce pays, bien aidés en cela par le PS. Lisez ses livres et son blog.

        Et l’on regarde aussi le Front de Gauche comme un cousin lépreux dont il ne faudrait parler, de peur que la honte rejaillisse sur toute la famille. C’est nous rendre un mauvais service que de l’ignorer ainsi.

        Un dernier mot. Je pense que le « fumier des mots » se trouve plus souvent dans la bouche d’un Valls ou d’un Sarkozy que d’un Mélenchon. Je ne voudrais pas avoir à vous faire le reproche d’être déconnecté du peuple parce que vous avez peur d’un mot qu’on utilise tous les jours. Dans vos appels au PS et votre dernière harangue à « ceux qui sont déjà au pouvoir », je sentais poindre un peu de politiquement correct. Aurais-je eu raison ?

        Pour ma part, je n’ai pas assez de mots pour dire tout le mépris que je voue à ces gens qui disent nous gouverner. Encore heureux, que je ne passe pas à la télévision !

      4. Fred : +100000000. Je ne saurais mieux dire sinon avec des noms d’oiseaux de toute sorte à l’endroit de n’importe quel représentant du PS quand bien même serait il Aubry, Hamon ou Montebourg. Les corruptions morales et matérielles de ce parti sont si intenses, si probantes, que le fumier des mots de Mélenchon sent la rose en comparaison des tombereaux d’ordures que déverse ce parti par les actes et les propos de l’ensemble de ses affidés. Pendant que certains « essaient de changer les choses de l’intérieur » en faisant remplir au passage leurs gamelles déjà bien garnies, d’autres travaillent vraiment à l’extérieur et n’attendent rien recevoir d’autres dans leurs gamelles que les vomissures des premiers.

      5. J’ai noté je crois que c’est a ce soir ou jamais la mise en avant par le représentant du FN du vaste territoire maritime français et des opportunités que cela représente sans aucune vergogne et pas plus tard que 3 ou 4 jours après le débat tripartite de la gauche du PS lors duquel on n’a retenu du discourt de Melenchon que ses sortie verbales alors que l’économie de la mer c’est son idée depuis déjà plusieurs années et c’est bien dommage. Je note aussi que personne ne l’a fait remarquer au représentant du FN sur le plateau…

        Nota: c’est paradoxal d’ailleurs que la seule solution que propose l’extreme gauche soit la seule solution compatible avec la survie du capitalisme : la mise à sac d’un nouveau territoire vierge pour continuer à croître… Et pourtant je l’aime bien le Jean Luc avec sa grande G….le et ses coup de blues, je crois même que c’est un des rares qui croît vraiment en son combat et prend vraiment les coups…

      6. « Comme un coq, quoi, gueulant tous les matins du monde, assumant sans rien comprendre de sa fonction naturelle. »

        Très jolie Phrase ! C’est précisément ce que nous reproche cette députée Allemande (je crois en fait qu’elle exprime plus une crainte qu’un reproche). Or c’est cette posture qui a fait les plus grands hommes politiques en Français, prenez De Gaule par exemple, votre phrase pourrait tout aussi bien lui convenir. A la fin de Guerre et Paix Tolstoi disserte du déterminisme historique et en vient à conclure que c’est la Grande Armée qui à fait Napoléon et non le contraire, ce dernier s’étant contenté « d’assumer, sans rien comprendre de sa fonction naturelle ». Dans cette optique pas étonnant que les Allemands soient réfractaires à ce type de politique (vu le monstre qu’ils ont engendrés il n’y a pas si longtemps) et qu’ils se rallient à une vision plutôt technico-économique de la politique (d’autant plus qu’on leur a imposé cette vision après la guerre comme l’a fait remarquer, fort bien à propos, Paul Jorion).

      7. @ Fredeick :
        Peu importe que j’aime ou non Mélenchon : on est pas sur facebook et on donne pas des ‘like’.
        La forme est aussi le fond. Et gueuler n’est pas injurier quelqu’un : cela décridibilise la personne et surtout, cela décridibilise la politique.
        Quant à l’autre gauche radicale, où avez-vous vu que je la réduisait à Mélenchon ? Je ne parlais que de lui.
        Enfin, sur les idées, je voudrais bien, mais quand systématiquement on assène que ‘la France c’est quand même la France’, ‘on va voir ce qu’on va voir’ et qu’on a du rapport de force une expression de force, on a du mal à percevoir autre chose que l’Allemagne, in fine, devient la coupable idéale. On ne peut pas à la fois dire que l’on veut parler à l’Allemagne et dire dans le même temps que l’on veut faire cesser l’indépendance de la BCE pour lancer du Quantitative Easing grandeur US : c’est déclarer la guerre à l’Allemagne. Idem sur la dette. Je ne défends certes pas l’orthodoxie libérale allemande, ni les conservateurs au pouvoir. Mais pour les combattre, encore faut-il : 1- ne pas injurier publiquement, sinon on insulte l’avenir (à fortiori quand on déclame que l’on veut ‘parler’) 2- trouver des solutions sur lesquelles il y ait un minimum de chances que le dialogue puisse être possible, si possible des solutions ‘dialectiques’, pour sortir vers le haut.

      8. @ Fred : ben voyez, la différence, entre ‘mépris’ et ‘fermes ta gueule’ (qu’on n’utilise pas tous les jours ; ou alors ‘enculé’ et ‘bâtard’ seront bientôt au menu politique : un grand progrès, celui du lien entre ‘la vie quotidienne’ et ‘la vie politique’, à n’en pas doter) ?
        Je n’ai pas souvenir que durant la campagne de 2012 il ait utilisé une telle ‘différence’ à l’égard d’une personne. Et c’est sans doute aussi cela qui a fait qu’il a atteint un tel score.
        On est loin, très loin du discours de Marseille …
        Comme je disais précédemment, la forme, c’est aussi le fond. Et c’est dommage. Parce que suite à la débandade des européennes (et l’échec, que vous l’admettiez ou non, de Mélenchon), celui-ci en a tiré les conséquences et j’ai (re)commencé à me dire : enfin un qui soit digne. Il part et il lance autre chose.
        Malheureusement, il n’a pas fallu attendre trop longtemps.
        Quand à l’ignorance, il me semble aussi que ce procès est un mauvais procès en ces lieux, où le taulier n’a pas été avare de relances. Sans jamais de réponses. A qui donc la faute ?

        Dernière chose. Vous vous méprenez totalement sur le sens de mon ‘coup pied de l’âne’, pour ceux du pouvoir et du PS. En premier lieu, je m’adresse à mes concitoyens, pour leur signifier tout simplement qu’une nouvelle période de possibles s’ouvre. Et en second lieu, sur la nécessité de parler à l’Allemagne (y compris à Merkel) et éviter d’en faire un ‘lieu’ de tous nos malheurs. Enfin, pour tous ceux qui voudront accéder au pouvoir, y compris au PS et y compris à Jean-Luc Mélenchon, que celui-ci est restreint et que sans doute la dernière occasion leur est donnée prochainement de dépasser leurs petites personnes pour nous sortir du marasme. Je ne me fais guère d’illusions sur ceux du PS, encore moins sur ceux au pouvoir.
        Je ne fais que donner les conditions nécessaires.

        Ps : concernant le m6r, c’est une initiative intéressant mais c’est à mon sens une erreur stratégique. Les français, même s’ils comprennent l’intérêt de la démarche, n’en font pas leur coeur de revendication politique.

      1. Sans doute serez vous convaincu par les réformes que Merkel somme le gouvernement français (qui n’aura pas trop à se forcer) d’adopter.

      2. Gigobert, votre ‘argument’ est du type ‘si tu n’es pas d’accord avec moi, c’est que tu es avec eux’.
        On est d’accord ?

      3. Zebu, nullement. Je voulais signifier que si le très méchant Mélenchon n’était pas parvenu à convaincre de la nocivité des déclarations des représentants de la CDU sur la France alors les réformes qui vont être entreprises ici en suivant leurs ordres y parviendront sans doute.

    3. Pour finir, je pense que vous pouvez déjà préparer votre article relatant l’arrivée de nos « élites » sur le « pont de la mort ».

      Le pont de la mort? Le rasoir national plutôt, non?

    4. F. Hollande fait de la politique, mais pour le système financier, si puissant en France

      Est-ce exactement ce que diraient un Prot, un Pébereau ou les actionnaires de BNP ?

  3. Bonjour,

    A bon entendeur, salut ou plutôt aux secours, sauvons le PS !
    Ce qu’on espère en ouvrant ce site , ce sont des analyses qui nous sortent du débat politicien obsolète ( droite-gauche, révolutionnaires- royalistes, ou pire un débat de personnes)
    Maintenant, il faut bien reconnaître après des années de critiques que les solutions généralistes qui consistent à modifier l’ordre planétaire (et perdre l’ascendant occidental post-colonialiste que sont nos banques internationales) ne sont pas pour demain.
    L’Allemagne n’en veut pas et la France (UMP-PS) encore moins ; tout le monde attend «  le pont de la mort ».
    La situation actuelle, c’est l’image de la dégringolade des ‘élites’ occidentales.

  4. Pourquoi voulez-vous payer des retraites ? Dans notre système libéral utilitariste, productiviste, consumériste, marchand, il est absolument scandaleux de payer des gens à ne rien faire.

    Abolition de la retraite, voilà l’objectif des 1%, suppression des indemnités de chômage aux chômeurs, qui ne sont que des fainéants qui ne veulent pas travailler. Suppression de la sécurité sociale qui leste de façon insupportable les Entreprises dans la féroce concurrence mondiale.

    Tous à poils les salariés, voilà l’objectif. Et les 1%, du haut de leurs tours d’ivoire, que dis-je de diamant, jouiront du spectacle de leur « puissance ».
    Le problème c’est qu’ils auront beau faire ouvrir les magasins tous les dimanches de l’année, et même la nuit : si les salariés, actifs, chômeurs, ou retraités sont sans le sou…
    Faudra qu’ils bouffent leurs billets nos maîtres.

    1. J’ai hélas bien peur que les 1% n’aient pas d’autre objectifs que de préserver et faire grossir leur patrimoine. Plus exactement ils le mettent pour la plupart dans les mains de gens qui n’ont que cet objectif, car ils constituent leur propre patrimoine sur une fraction du grossissement de celui leurs clients. Si les 1% avaient des objectifs je crois que les choses évolueraient à un autre rythme : la moitié des ressources mondiales mobilisées sur un objectif ! ça pourrait être la paix dans le monde (tant qu’a faire prenons un objectif qui fait rêver) en disons….6 mois ? Notre espèce se meurt de l’incurie de nos riches, c’est le vrai problème avant même celui de l’accumulation de richesses que génère le système. Ou sont donc aujourd’hui les riches privilégiés rentiers qui ont tant apporté à notre civilisation? Les Newtons, De Vinci, et autres De Broglie etc. On a fait la révolution pour en finir avec les privilèges mais c’est seulement la Noblesse qu’on a détruit. Qu’est ce qui occuperait l’esprit d’un Newton aujourd’hui, la chute d’une pomme ou bien celle du cours du Brent?

      1. Qu’est ce qui occuperait l’esprit d’un Newton aujourd’hui, la chute d’une pomme ou bien celle du cours du Brent ?

        L’état des lieux. Je pense qu’il changerait son point de vue. Qu’il se mettrait en situation des 1% pour voir. Je pense, j’espère qu’il verrait que les 1% ont en tête autant que les 99% les urgences criantes des ressources limitées, du climat qui se dérègle, de la pollution, des espèces qui disparaissent, des déséquilibres démographiques, des îles qui s’engloutissent, des mers qui montent ET de l’aubaine des robots, des régiments de robots en devenir immédiat.
        Je pense qu’il verrait que les 1% évaluent les solutions exposées pour sauver ce qui peut l’être beaucoup trop inaudibles, impraticables donc aléatoires, en priorité pour eux.
        Je pense qu’il verrait que les 1% savent qu’il s’agit de leur survie à eux aussi ET qu’ils disposent de tous les moyens de l’agir.
        Qu’il constaterait que pour la première fois les 1% détenant tous les pouvoirs non seulement ne dépendent plus des 99% de plus en plus inutiles donc prédateurs, grâce aux robots, mais qu’ils disposent de moyens propagandistes ET guerriers inédits, de solutions aussi radicales qu’efficaces pour stabiliser ressources climat etc .. en une petite décennie : faire chuter drastiquement le nombre de consommateurs/ pollueurs superflus et démunis économiquement dans un premier temps, physiquement dans un deuxième. Comment ? De la manière la plus traditionnelle qui soit : en faisant en sorte qu’ils s’entretuent volontairement entre eux.
        Qu’il verrait les éléments nécessaires et suffisants à ces solutions :
        1/ préalable indispensable, le darwinisme social en Occident d’abord à petites doses, puis à plein régime
        2/ une fois le 1/ bien implanté les grandes valeurs sorties de la naphtaline, Dieu, les religions la Nation, les Enfants, la liberté, l’égalité, les frontières, les racines authentiques, enfin tout ce qui donne sens à la haine respective et réciproque et à la violence légitime, y compris la torture
        3/ la programmation puis la mise en place par les points 1 et 2 de l’obsolescence de la fraternité
        4/ la bonne vieille pauvreté de toujours appelée austérité incontournable où celui qui s’en sort parmi les 99% est nommé privilégié corrompu et celui qui crève charge, l’objectif étant d’obtenir des milices de victimes et/ou de coupables, de fraudeurs et d’étrangers, tous indignés par les 1%.
        5/ mettre des armes en circulation
        6/ la lutte des places prospère
        Quelqu’un a évoqué le film Joyeux noël il y a quelques jours. En 17, des soldats dans des tranchées ennemies, qui s’extraient de leurs uniformes, se lèvent, se parlent, partagent leurs rations et jouent. Juste pour un moment, le temps d’une trêve dans le couloir de leur mort ajustée. Puis qui retournent dans leurs tranchées identitaires pour reprendre leur tir aux lapins à l’heure dite. Sauf que désormais il ne tuent plus des militaires caricatures anonymes haïes à point, ils tuent des, presque, copains, voisins, beau-frères. Ils assassinent leurs mêmes.

        Il lui suffit ensuite de mettre des CRS dans une tranchée. Des Zadistes dans une tranchée. Et d’attendre la bonne provoc inéluctable suivie d’une flambée de violence légitime indignitaire et réciproquement.

        Et là, Newton se poserait vraisemblablement cette question : parmi les CRS et parmi les Zadistes, combien de 1% ?

        Changer de cadre, changer de paradigme, sans guerre qui soulage, maintenant ? Bah faudrait que les 99% renoncent à leurs uniformes. Pas facile. Impossible. Un TINA ?

      2. Baleine, vous n’êtes pas juste avec les 1%. J’en connais au moins un de ces représentants des 1% (des 1% les plus riches au monde soit plus de 700 000 € accumulés) qui était du coté des zadistes du Testet, pèsent à leurs cotés la veille du drame – même si pas franchement « dans la tranchée ». Mélenchon bien sûr. Alors ? Vous voyez bien qu’il ne faut pas désespérer des 1%. On a p’têt pas Newton mais on a Jean-Luc.

      3. Vous rigolez avec vos 700 000 € ? Un actif immobilier totalement surévalué, un livret A et ou des assurances vie blindées d’obligations fantômes ? Il est un 99%, pour vous privilégié corrompu. Un suspect impur ?

        En revanche, oui, les 1% aussi, je veux dire pour l’uniforme. Filiation directe du Vicomte de Noailles, du Duc d’Aiguillon ……. de préférence. Encore faudrait-il que nous les voyions sans leur uniforme. Vous qui savez tant de choses, parlez moi d’un 1%, Bill Gates, celui de la fondation, qui a demandé poliment aux US de payer beaucoup plus d’impôts, qui vient de commenter le livre de T. Piketty. Je l’aime bien, lui, depuis longtemps, cet impur de 1%.

      4. @ Baleine, j’ai pensé a Bill Gates en écrivant mon message mais le problème c’est qu’il a accédé au 1% en inventant quelque-chose, ce n’est pas de ceux là que je veux parler, je veux parler de ceux qui naissent avec des centaines de millions à la banque et qui ont accés à la meilleure éducation, ils font quoi ceux là? ou sont ils? Mème avec les problèmes de consanguinité l’ancienne noblesse produisait plus de génie qu’aujourd’hui « la casta ».

  5. Après Michel Leis, Zébu … fascinés par le spectacle, comme des lapins pris dans les phares de la voiture arrivant à tombeau ouvert vers eux …

    La propagande, le contrôle social, l’appareil sécuritaire, rôdés et fin prêt.
    Les boucs émissaires, tout désignés.
    Les partis racistes et ultra-droitiers, légitimés et respectabilisés. Ils tolèrent même les déviants sexuels, alors, vous pensez !
    Le niveau de vie, très finement contrôlé: pas assez pour vivre, pour s’unir ou réfléchir. Juste assez pour qu’une partie seulement reste productive, juste assez pour éviter que tous les jeunes ne se radicalisent.
    Le peuple, divisé, dispersé, apeuré, résigné.
    Nos zélites, totalement et irrémédiablement, déconnectées.
    Nos zélites, disqualifiées, complices et rassasiées.

    Mais, non, Michel Leis, Zébu, eux, croient encore à la « politique », au processus électoral, aux partis, aux rapports de force « politiques ».
    Ils se raccrochent encore à l’espoir d’un sursaut, d’une étincelle, bref d’un miracle.

    Ca s’appelle croire au Père Noël, et ça tombe bien, c’est de saison.

  6. Zebu, votre billet et celui de Michel Lis se completent parfaitement.
    Quels sont les facteurs qui expliquent les intentions de sondage de Syriza? La situation de Podemos est elle analogue?
    Ces « modèles » ont ils une chance de se transposer en France? Si non pourquoi? Quels sont les elements manquants?

    1. bonsoir. Pour Syriza, c’est clairement les politiques menées et leurs effets, mais il ne faut pas oublier l’intelligence politique qui a été à l’oeuvre pour construire ‘autre chose’, qui était à l’état latent et que la crise a formé. Syriza, quelque part, a aussi été ‘aidée’ par le refus des communistes grecs de s’allier avec eux, ce qui les a poussé à créer ‘autre chose’.
      Pour podemos, la situation n’est pas analogue car la prime de 50 députés n’existe en Espagne pour le premier arrivé, ce qui lui complique la tâche par rapport à Syriza. Je ressens moins de sens tactique à Podemos, mais il est vrai que la position des deux grands partis que sont le PP et le PSOE, encore solides quoiqu’on en dise, ne lui facilite pas le rôle.
      Quand à la transposition de ces modèles en France, c’est impensable actuellement, d’abord parce que le modèle social français a permis largement d’atténuer les effets de la crise, ensuite parce que le FN a su capter une large partie des mécontents, que l’abstention fait des ravages et le PS et l’UMP ne se sont pas effondré, au contraire du PASOK par exemple (ils se sont effondrés sur eux-mêmes). Enfin, on ne peut pas dire que la gauche radicale ait pu rallier sur son nom au-delà de 10%.
      Surtout, à la différence de l’Espagne, les canaux d’expression politique hors du champ politique traditionnel n’ont pas permis de faire émerger ‘autre chose’ pour transformer ce champ politique. La faute sans doute à la sacralisation de l’institution politique en France.
      Même l’initiative de Mélenchon sur le m6r relève me semble-t-il de cette vache sacrée puisqu’elle vise … à une 6ème République !
      A mon sens, l’avenir réside dans les ‘zad’ (‘zones à défendre’) où des confluences sont observées, mais elles sont vites radicalisées et circonscrites à un rapport de force avec le pouvoir politique. Il manque une connexion entre ces mouvements, rejetant cette ‘institutionnalisation’ du politique d’avec des idées alternatives structurées, notamment en économie.

  7. Bonjour
    Tout ceci n’est que de la politique politicienne; même avec le Front National, AfD, UKIP, ou autres semblables de l’extrême gauche (seule la couleur du drapeau change).
    Tous les politiciens, sont dépassés par les événements, la fin de l’ultralibéralisme; mais ils font semblant de ne pas comprendre, ils sont tellement, les « valets » de ce système.
    Nous avons besoin d’un autre projet de société.
    Un projet centré sur l’humain, avec les nouvelles technologies et l’économie au service de l’humain, de l’humanité.

  8. Je voudrais souligner un détail que souligne Zébu et qui me paraît quand même non négligeable dans la crise démocratique que nous vivons :

    (…) pouvoir politique français (un pouvoir vérolé par le pouvoir des inspecteurs des finances et de leurs futurs/anciens employeurs bancaires)

    L’inspection des finances était l’élite de notre administration centrale et des gens fort honorables en sont sortis aussi pour faire de la politique : de Rocard à Juppé…
    Rien à dire, mais il y a une évolution récente qui est celle qui est décrite les aller-retour avec le système bancaire. Paul Jorion a déjà expliqué ce phénomène pour les USA où les régulateurs viennent forcément des hyperbanques — au départ, question de compétence … Entre France comme aux USA, cette dérive est inacceptable car elle ne peut manquer de jeter une forte suspicion et des doutes sur leurs actions, leur sens de l’État… Si l’on prend l’exemple de M. Macron, sans aucun doute l’un des inspecteurs généraux des finances des plus brillants de sa génération, il est clair que sa grande intelligence est absolument « soumise » au catéchisme de la féroce religion tel que décrit par Paul Jorion.
    Sinon comment expliquer qu’il fasse une loi DERISOIRE alors que la situation économique est terrible et surtout s’aggrave malgré toutes les recettes néolibérales imposées ? Croit-il vraiment à ces mesures petites, ridicules et qui jettent en pâture au bon peuple des professions entières dont le tort est ne pas rentrer dans le cadre de la marchandisation pour suivre les « modes » néolibérales ? On vient de dire en long et en large (et même de la Cour des Comptes, certes pas une groupe gauchiste) que la privatisation des autoroutes est une honte, elle a donné des rentes à des groupes privés et un cliquet empêche l’État de récupérer ses billes ! On vient de privatiser l’aéroport de Toulouse- Blagnac (enfin il ne faut pas dire comme ça car ça énerve M. Macron) et là, dans sa loi minable, il propose de privatiser deux autres aéroports (entre autre actions). On est en droit de se dire que soit il est incompétent (et ses chefs bien sûr avec) ou soit il le fait sciemment et dans ce cas nous devons tous espérer qu’il ne deviendra pas un grand patron ou un acteur de la finance (après sa mission gouvernementale), lui aussi comme les Blair, Lamy ou Schroeder ou DSK…) car alors nos soupçons seraient dévastateurs…

    1. des professions entières dont le tort est ne pas rentrer dans le cadre de la marchandisation pour suivre les « modes » néolibérales

      On leur reproche surtout de croquer sur notre dos des marges phénoménales et intouchables en toute tranquillité/honorabilité.
      Tu crois vraiment que la caste des assis, pharmaciens, notaires, huissiers, , ont besoin de ton assistance de « gauche », Seignan – en plus de celles de Sarkozy et des pénistes – pour défendre ses privilèges ?

      1. Pharmaciens, notaires et huissiers appartiennent à la clientèle parmi les plus arrogantes des partis conservateurs libéraux. Leur collaboration active à la soumission des CSP– Ieur donne l’illusion d’être à l’abri des réformes libérales qu’ils appellent de leurs voeux pour les autres tandis qu’ils sont parfaitement incapables de les subir eux-mêmes. Mais voilà qu’à leur tour ils sont rattrapés par les puissances du gros pognon. C’est si triste.

      2. ah ah vigneron a mordu à mon hameçon… mais de biais évidemment… pas sur les thème principaux de mes assertions… Par ex. trop dur de défendre ouvertement Macron ici : dommage, c’est toujours intéressant d’avoir de vraies discussions avec quelqu’un de votre classe et si brillant, mais ouvertement…
        vous écrivez :

        « caste et privilèges »

        ! Dans la liste des privilégiés il faudrait aussi ajouter les retraités qui sont à l’échelon du plus bas mépris pour vous ; au point que retraité est un terme visiblement péjoratif ; je vous cite :

        le retraité Mélenchon … le retraité Guaino

        Mais s’en prendre à ces CSP, comme l’ont deviné les communicants ça peut faire remonter dans les sondages. Le « peuple » qui ne voit pas les revenus stratosphériques des banquiers et PDG voit la grosse berline allemande du notable.
        Alors il n’ y a aurait pas une Caste toute puissante avec des hyper-privilèges ? Et qui détruit tou le tissus social ? Que ne lisez-vous pas P. Jorion, F. Leclerc, Zébu, P. Sarton du Jonchay, M. Leis !
        Hollande (l’admireriez-vous?) l’avait pourtant bien dit : « mon ennemi c’est la finance ».
        Alors oui , j’assume : je « défends » ces gens comme j’ai défendu les profs de prépas. Chaque fois qu’il y la mise en place d’une politique du bouc-émissaire, je suis du côté du bouc-émissaire, quel qu’il soit, pauvre comme un Rom ou riche comme les pharmacien.

        PS- si vous êtes de « gauche » vigneron, alors moi je ne le suis pas de « gauche », clairement. Simplement un Indigné.

      1. « Allez comprendre » mais pour ce qui est de juger des vertus de son protégé et de celles les mieux adaptées à Matignon, j’ai plutôt tendance à faire confiance au mentor Attali plutôt qu’à Seignan, ou Jorion.

      2. Le « retraité Mélenchon » comme dit Vigneron avec un mépris qu’il ne dissimule plus ne dit pas autre chose : il faut parler aux allemands. A égalité et non pas comme vassal.

      3.  » Dans la complexe loi Macron « pour la croissance et l’activité », un article est passé au travers de la polémique. Cet article n°105 concerne les licenciements collectifs et fait penser, dans sa philosophie, à la loi pour la sécurisation de l’emploi (LSE) issue de l’Accord national interprofessionnel (ANI), loi que le ministre de l’économie veut encore renforcer au détriment des salariés. Véritable totem ou poupée vaudoue brandie par des salariés en prise avec un licenciement collectif, l’ANI n’en finit pas de faire parler de lui. Tout à la fois considéré comme une traîtrise syndicale et un cadeau fait au patronat, cet accord national interprofessionnel est l’illustration même de l’impuissance de l’État français face aux plans sociaux  »
        http://www.mediapart.fr/journal/france/161214/dans-la-foulee-de-lani-la-loi-macron-veut-faciliter-les-licenciements-collectifs
        Y’en a pas que pour les pharmaciens et les notaires… On pourra aller bosser en car le dimanche chez séphora. Pour le licenciement collectif, y’aura qu’a dire que le car a eu un accident sur le chemin du retour…

      4. @ Fredeick :
        Le vassal est celui qui se pense comme tel. Pourquoi dès lors demander à parler d’égal à égal si on ne l’est pas, égaux ? La question ne devrait pas se poser.

    2. C’est bien tard pour voir la Droite traditionnelle protester contre la politique de Holande… Mais mettez vous a sa place, les élections approchent, il vas bien falloir qu’il se distingue de l’UMP, se serait duper les électeurs que de leur laisser croire que c’est bonnet blanc et blanc bonnet…

  9. 2015 sera possiblement une année agitée: l’irruption de Syrisa en Grèce, la manipulation des cours du pétrole qui est en train de chauffer la bile de Vladimir, etc, etc……?

    1. Quelle manipulation des cours du pétrole ? Il n’a qu’à stopper ses expéditions de brut, Put-in, s’il veut faire frémir le cours du brent. Ou, mieux, stopper ses expéditions de brute…
      En attendant il va très vite être obligé de contrôler les capitaux. Comme un vulgaire Chavez.

      1. La « logique » de l’économie de marché a toujours été d’adapter l’offre à la demande avec en vue, le profit maximal, or nous assistons à un refus de la part de l’Arabie Saoudite de baisser sa production afin de faire remonter les prix et donc les profits.
        Cela peut s’analyser de deux façons, soit l’Arabie Saoudite veut tuer la concurrence du pétrole de schiste U.S.(peu vraisemblable de la part d’un allié aussi fidèle), soit elle veut aider les U.S. dans ses plans concernant l’Iran, le Venezuela, la Russie, etc.., pays qui sont largement tributaires des prix du brut dans leurs budgets nationaux.
        En tout état de cause, le fait d’empêcher la remontée des cours par un excès de production me semble être une manipulation?
        Quant-au « vulgaire Chavez », on ferait bien de s’en inspirer pour ce qui concerne le référendum révocatoire à mi-mandat…

      2. Ben voyons, c’est tellement simple; les Saoud disposés à perdre une poignée de milliards de dollars par semaine pendant des mois juste pour les beaux yeux de uncle Sam en plombant Put-in et Maduro (et l’Angola, le Nigeria, l’Iran, la Norvège, l’Algérie, etc)…

  10. Je suis assez d’accord avec Fred, sauf que je ne vois pas la gauche dite « radicale » accéder un jour au pouvoir, car elle ne tire aucun bénéfice (électoral) de la déconfiture du PS.
    Probablement parce que son discours (que les médias bien pensants aiment à comparer à celui du FN), en diffère fondamentalement sur l’égalité entre tous les hommes, sur l’accueil des réfugiés et la nécessaire solidarité économique envers les plus pauvres.
    Mon point de vue est certainement pessimiste, mais ce que je constate tous les jours autour de moi ne m’incite pas à l’optimisme.
    Je constate que les gens sont de plus en plus enclins à un individualisme outrancier et xénophobe, qui se traduit généralement par l’impression (parfois justifiée) de payer pour les autres et par la peur de l’envahissement.
    De ce point de vue, c’est bien le discours de la droite radicale et du FN qui l’a emporté sur celui de la gauche (qu’elle soit radicale ou social démocrate).
    Quant à l’avenir du PS : j’ai bien peur qu’il ne soit comme nos illusions, définitivement.compromis.
    Quant à l’écologie, c’est justement au moment où on devrait s’en préoccuper le plus, qu’elle est le plus absente dans les préoccupations des Français.

  11. je ne suis pas un inconditionnel de jl mélenchon mais sa prière de voir merkel fermer un peu sa bouche méprisante était parfaitement justifiée face à la députée, dite très proche de merkel, qui lui parlait comme n’osait sans doute pas le faire aquilino maurelle à son cireur de soulier.
    pour le reste il est malgré tout  » dérangeant » de voir un ancien, et peut-être futur(?), banquier en charge de l’économie. mais il semble que ce soit la mode un peu partout

  12. Je vis et travaille en Espagne, je vois au quotidien les effets de la montée de Podemos, c’est très impressionant, le chômage diminue et les embauches se font en CDI sic! bref, le PP et le PSOE étant malmené par Podemos le patronat est en train de renvoyer l’ascenseur plein pot, (avec la réforme du marché du travail mise en place par le PP licencier aprés les elections même un CDI leur coutera a peine 1 mois de salaire!) c’est fascinant de voir la réaction si rapide du tissu socio économique à la montée de Podemos, hier ils ont voté une ralonge de 416€/mois pour 400000 personnes sans revenus (jusqu’a aprés les élection mais renouvelable! demain on rase gratis!), ce Noel promet le retour à un niveau de consommation d’avant la crise (j’ai même touché mon 13ème mois le 15/12 au lieu du 15/01LOL…)! On a enfin trouvé un mécanisme qui transforme les cadeaux faits aux entreprises en emploi et en pouvoir d’achat : La Lutte des Classes !

    Nota : si vous doutez de l’ironie du ton c’est normal, moi aussi?!

  13. Je ne crois pas un instant à un sursaut populaire, à fortiori, violent: le bon peuple a été anesthésié par le bien-faits du consumérisme hystérique (voir lr nombre de personnes favorables à l’ouverture de magasins le dimanche, parce qu’elles ne savent pas quoi faire d’autre le dimanche, que de traîner dans des magasins). Si les termes du marché consistent à entreprendre une révolution pour changer le cours des choses au prix de la renonciation à l’iphone6, je suis prêt à parier un an de salaire que c’est l’iphone6 qui va gagner. A l’exception de quelques hurluberlus – dont je fais partie -, personne (en ayant les moyens, bien sûr), n’acceptera de vivre en dessous de son niveau de revenu. Sinon, ça se saurait et l’encours de crédits à la consommation n’atteindrait pas les sommets himmalayens qu’on lui connaît.

    Je pense que nous dirigeons vers une situation dans laquelle la richitude nationale imposera un système politique autoritaire de captation de la richesse produite, avec la complicité objective des accros à l’iphone, qui ne manqueront pas de hurler contre les parasites sociaux que sont les chômeurs, pauvres et immigrés (qui sont souvent les 2 premiers).

    La phase suivante sera la mise en place d’un régime authentiquement fasciste (plus exactement géronto-fasciste, car si tous les vieux ne sont pas riches, la quasi totalité des riches est composée de vieux) qui verra la réduction totalitaire de la population: pauvre=fraction la plus importante de la population=boulet économique=unité à éliminer. En plus, ça limitera l’émission des gaz à effet de serre; c’est tout bon pour la planète, coco.

    1. Si les termes du marché consistent à entreprendre une révolution pour changer le cours des choses au prix de la renonciation à l’iphone6, je suis prêt à parier un an de salaire que c’est l’iphone6 qui va gagner.

      Non, je ne crois pas.
      Le problème, en amont, ce n’est pas le consumérisme. Les populations sont susceptibles de changer de comportements très rapidement dès lors que les choses sont bien présentées.

      Je prends l’exemple de l’écologie.
      De nombreux exemples indiquent que la population suit les consignes de protection de l’environnement, d’économie d’énergie, dès lors qu’elles ont force de loi et qu’elles sont présentées comme autant de causes nationales, qu’un nouveau bien commun en résultera.

      Je suis assez ägé pour avoir connu le premier choc pétrolier (1973), déjà à l’époque des mesures drastiques d’économie d’énergie furent adoptées (temporairement hélas), que je sache cela n’a pas déclenché des révoltes populaires !

      Jusqu’à une date récente la fumée empestait les salles de café, les halls de Lycée, les bureaux. Or, presque du jour au lendemain, il fut admis que cette pratique séculaire n’était plus une bonne chose.

      La dernière fois que la circulation alternée a été décidée, personne ou presque n’y a trouvé à redire.

      Non, il manque surtout une volonté politique. Les populations, et c’est le drame, sont en avance sur leurs dirigeants, mais ces derniers, à cause des échéances électorales, et surtout à cause du poids des lobbys, préfèrent l’attentisme, et en font donc le minimum.

      L’iphone, pour reprendre votre exemple, faut le voir comme un élément parmi beaucoup d’autres. Ce n’est pas vrai que les gens vivent pour l’iphone. C’est le matraquage publicitaire, l’absence de solution alternative au NO LOGO qui laisse à penser que les gens ne sauraient s’en priver.
      Il suffira par exemple, que l’obsolescence programmée soit interdite par la loi, pour que ce genre d’objet disparaisse à terme de la circulation. Or l’obsolescence programmée il n’y aura pas grand monde pour la regretter.

      1. … l’absence de solution alternative au TOUT LOGO
        Bref, je voulais dire qu’on peut être très pessimiste quant à la capacité de nos politiques de préparer le Grand Tournant, mais on peut aussi être optimiste quant à la capacité des populations de réagir positivement et rapidement une fois que seraient prises des décisions pour l’intérêt général.
        Aujourd’hui c’est la confusion la plus totale, le personnel politique s’inscrit dans le court terme, ceux qui sont prétendument progressistes font à peu de choses près les mêmes politiques que les conservateurs. IL y a un énorme gâchis humain. Les personnels politiques qui sont tout de même de bonne volonté et figurent parmi les plus lucides ne mesurent pas l’immense potentiel de changement. Au lieu de quoi ils se contentent de politiques de petits pas in fane contreproductives, car ces politiques donnent surtout un signal de faiblesse que ne manquent pas d’exploiter les lobbys pour lesquels ces petits pas c’est toujours de trop.

      2. Oublie ton « obsolescence programmée », Pierre-Yves. C’est totalement démodé, obsolète ce concept; c’était sûrement programmé. La mode par contre, ça c’est indémodable, heureusement.

      3. Il y a encore plus longtemps et bien plus spectaculaire encore en ce qui concerne l’interdiction de klaxonner, ou du jour au lendemain les villes étaient silencieuses. Qu’on le veuille ou non, dans ce pays la population respectent les lois, relativement aux autres pays du monde. Autres exemple pendant la tempête de 1999 des pompistes respectaient spontanément les directives de la préfecture qui définissaient le nombre de litres à distribuer, et les véhicules prioritaires.

  14. Le nouveau parti « Alternative fuer Deutschland », AfD, se nourrit de différentes orientations poltiques, mais, semble-t-il aussi et en grande quantité de la gauche, plus précisement d’une gauche décue. On observe en France le même phénomène, puisque le FN absorbe en masse des anciens suiveurs du PS. L’ancien chancelier Schroeder du $PD était tout sauf social-démocrate. Il s’est montré efficace en tant qu’interlocuteur privilégié et activ du patronat et des investisseurs. Depuis, ce parti n’est plus le même.
    Quant à Merkel, je suis étonné des idéalisations par voie de presse dont cette dame fait l’objet. Elle n’a rien de particulier sauf une volonté à toute épreuve de se cramponner à son fauteuil. Ce sont des haut fonctionnaires qui assurent le travail du « front office », qui préparent les dossiers et directives…………. Elle est le symbole de la continuité dans la continuité: les Allemands estiment que c’est Merkel qui assure les emplois, c’est elle qui mène avec une barre de fer la politique européenne, alors qu’elle n’est que l’exécutante du FMI, des investisseurs, du patronat, des lobbys. Elle gère du jour au jour. Par conséquent, Merkel continuera tant qu’il y aura des emplois en Allemagne et tant les autres pays de la zone euro auront les moyens politiques pour se soumettre à sa doctrine.
    Un nombre croissant d’Allemands commence à douter en la capacité de Merkel pour donner des impulsions nouvelles, progressistes, tournées vers la solution de problèmes. Cette dame est terriblement prosaique, sans visions.

    1. Je retiens de la situation économique actuelle l’idée de Paul Jorion que les dettes souveraines appauvrissent les pays Européens qui s’évertuent à vouloir les rembourser dans le sillage de la chancelière Allemande.
      La question posée par ce constat est alors de savoir si il faut les rembourser ou non. Il me semble que les dirigeants politiques de Gauche ou de Droite pronants leur remboursements sont attachés à sauver l’ultralibéralisme financier …….c’est à dire à un passé ……..car ils sont incapables d’imaginer un autre monde que l’ancien qu’ils ont connu.
      Pour ce qui concerne La France je suis comme bien des gens consterné du retro patinage de notre chef d’état sous la houlette ( entre autres) de Moscovici ou DSK le tout sur fond d’effondrement du Rouble orchestré depuis les USA par la chute du baril.

      1. En même temps , s’ils arrivaient à l’imaginer , ils auraient déjà écrit le scenario sur le blog de Paul Jorion , et il n’y aurait plus lieu de compléter la dotation mensuelle avant le jour de l’an .

        La politique c’est comme un western , celui qui tire le premier est mort .

        Surtout si le camp qui a désigné son héros n’est pas clair , et est prêt à donner des gages à l’adversaire .

        Ou s’abstient .

      2. Peut-être aussi que, plongeon du pétrole ou pad, s’il y avait une banque centrale digne de ce nom (i.e CRÉDIBLE) en Poutinie le rouble n’en serait pas là où il en est: au tapis.
        Et pour une banque centrale, sous l’oukaze du tsar et sans barguigner, balancer l’équivalent de 10 milliards de dollars dans les poches de ses potes de chez Rosnet en pleine tempête spéculative et à la veille d’une hausse des taux de 7% pour qu’ils puissent aller faire joujou sur le change, c’est pas exactement top qualité niveau crédibilité.

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