Archives par mot-clé : Podemos

UNE RESPONSABILITÉ QUI NE POURRA ÊTRE ÉLUDÉE, par François Leclerc

Billet invité.

La fin de partie s’approche pour le gouvernement grec, dont les caisses seront vides dans deux semaines au maximum. Dans une lettre datée du 15 mars, Alexis Tsipras avait annoncé à Angela Merkel, qu’il rencontre aujourd’hui à Berlin, qu’il allait devoir très vite faire un choix entre faire face aux échéances de remboursement des dettes et poursuivre les dépenses sociales. Sans accès aux marchés financiers, soumis aux restrictions de la BCE, aucun gouvernement ne pourrait assurer le service de la dette, fait-il remarquer dans son courrier.

Alexis Tsipras et Angela Merkel n’ont pas retenu les mêmes conclusions du mini-sommet de la semaine dernière, le premier prétendant que le gouvernement gardait l’initiative des mesures à prendre, et la seconde qu’il fallait revenir aux exigences précédentes. Luis de Guindos, le ministre espagnol des finances, l’a par la suite clairement explicité, martelant qu’entre deux dangers – une sortie de la Grèce de l’euro et une violation des règles – le second serait « plus important ».

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Pourquoi la gauche française s’est-elle fait voler le peuple ? L’entretien de Chantal Mouffe avec Pablo Iglesias, par Lazarillo de Tormes

Billet invité.

Un clip sous-titré de 6 minutes issu de l’interview récente de Chantal Mouffe par Pablo Iglesias en réponse au sentiment s’exprimant ici et là que Pablo Iglesias de Podemos n’intègre pas la France dans le scénario de conquête politique véhiculé dans son discours de Lisbonne. Au contraire, les cas de l’Italie et de la France sont des sujets d’intérêt – de frustration ? – pour un Iglesias qui, comme j’expliquais dans le billet sur ses tribulations new-yorquaises, a une vision de son engagement politique résolument post-national et de portée planétaire.

Dans cet extrait c’est donc le cas français qui est abordé dans la perspective de Chantal Mouffe. (Je me suis fait plaisir avec le « générique » 😉 : les cinéphiles reconnaîtront la bande originale du chef-d’oeuvre L’Arnaque de George Roy Hill avec Paul Newman et Robert Redford).

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Carnets de voyage de Pablo Iglesias à New-York, de Democracy Now ! à Wall Street, par Lazarillo de Tormes

Billet invité.

« Le hasard c’est Dieu qui se promène incognito » disait Albert Einstein. Dans ce billet il sera question des promenades de Pablo Iglesias dans la Grande Pomme. Ni les actes posés, ni les personnes rencontrées ne sont le fruit du mystère ou de l’aléa, à commencer par la dichotomie que symbolise New York, épicentre planétaire de la finance folle et berceau du mouvement Occupy. On peut imaginer, sachant ce qu’a représenté le mouvement 15M dans la genèse de Podemos, que cette occurrence ne soit pas anodine aux yeux d’Iglesias.

Pour une perspective plus large, il peut être pertinent de faire un crochet par La carte secrète d’Alexis Tsipras et de remettre sur le métier la question du rôle qu’assumeront États-Unis dans ce que l’on nomme communément sur ce blog « le grand tournant ». La question de savoir à quels États-Unis nous aurons affaire ces prochaines années se pose. Car si les options qui se profilent pour la présidentielle de 2016 semblent peu excitantes en matière d’innovation, nous vivons dans un monde qui bouge de plus en plus vite et force à des repositionnements constants.

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Snow-Therapy à Macro-Therapy : de l’être primitif au peuple debout, par Annie Fortems

Billet invité. À propos de Paul Jorion pense tout haut le dimanche 15 février 2015.

Le dernier opus du suédois Ruben Ostlund, Snow-Therapy, n’est pas qu’un thrilleur psychologique, intimiste. Il esquisse aussi une vision de macro-Therapy politique et sociale. Passer une semaine de sports d’hiver dans les alpes françaises en compagnie de cette famille de bobos scandinaves n’est pas de tout repos. On ne revient pas indemne de cette luxueuse station, posée dans un écrin blanc en haut d’un pic rocheux. Amphithéâtre féerique de lumière et de blancheur scintillante où l’on se prend à rêver de feux d’artifices accompagnant les coups de canons à neige. On verra que ce sera plutôt le lieu des artifices qui partent en fumée.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 13 FÉVRIER 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 12 février 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 13 février 2015. Et si vous avez suivi un petit peu ce qui se passe ici sur le blog, et en particulier les vidéos que je fais le vendredi, et qui s’appellent donc « Le temps qu’il fait », vous avez pu voir qu’au cours des, je ne sais pas, au cours de la dernière année, au cours des derniers 365 jours, j’ai tenu un discours de plus en plus, j’allais dire « désabusé », le mot n’est peut-être pas tout à fait incorrect, mais un discours qui consistait à dire essentiellement : « Nous continuons ici un combat dont nous ne connaissons pas l’issue, et pour lequel nous voyons que le public n’a pas un intérêt très grand ; quoi qu’il arrive, quelle que soit la réception qui est faite ou non des idées que nous défendons ici, nous continuerons à [les] défendre. » Il m’est venu l’image du dernier carré à plusieurs reprises.

Et puis donc, ce n’était pas, je dirais, une perspective d’« à quoi bon », – bon, le découragement n’est pas l’image de marque du blog de Paul Jorion ! – mais de dire, eh bien, nous prêchons dans le désert mais nous continuerons à prêcher dans le désert !

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Candide s’adresse aux politiciens du Gymnase Japy, par Lazarillo de Tormes

Billet invité.

Mesdames et Messieurs les politiciens,

Le 19 janvier 2015 vous avez voulu donner l’image, j’ose le supposer en toute naïveté, d’une alternative de gauche unie en soutien au mouvement Syriza qui se préparait à prendre le pouvoir en Grèce pour changer le destin et montrer au monde que la négation du déterminisme est précisément le destin de l’homme. Notez ces expressions : « prendre le pouvoir », « changer le destin ».

J’écris cette lettre parce que mes amis français de gauche sont épuisés, n’y croient plus, en ont assez des mensonges de ceux qui se disent de gauche en campagne électorale pour mener des politiques contre nature une fois aux manettes.

Ils ne me l’avouent pas mais je vois qu’ils baissent les bras. Le ballet grandissant des éternels militants socialistes, communistes, LCR, NPA, syndicalistes de tout poil s’engageant au FN ne les offusque plus. Ils disent que la politique en France est morte en 1981, 1993, 2002, 2005, 2008 ou je ne sais quelles autres dates. Qu’ils n’ont ni la force de croire qu’on peut la ressusciter, ni la confiance en ceux qui règnent sur des micro-partis dont la seule aspiration est de grappiller quelques pourcents et qui perdent de vue que la somme des pourcents permettrait de prendre le pouvoir et changer le destin. Notez ces expressions : « prendre le pouvoir », « changer le destin ».

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LE RAPPORT DE FORCE QUI SE CONSTRUIT, par François Leclerc

Billet invité.

Le nez rivé sur la Grèce, on en viendrait à négliger l’accentuation en janvier de la poussée déflationniste annoncée vendredi dernier par Eurostat. Ce n’est pas le cas de Vitor Constâncio, le vice-président de la BCE, qui la considère comme « très risquée ». Prenant le contre-pied de la politique d’austérité budgétaire européenne, il en a tiré samedi la conclusion suivante devant son auditoire de la Cambridge Union : la zone euro devait « élever la demande globale » pour échapper au risque du « piège de la dette ». Après avoir engagé un programme d’achat de titres de plus de mille milliards d’euros, en se contentant d’y mettre les formes vis-à-vis du gouvernement allemand qui y était opposé, la BCE continue de marquer sa différence. C’est dans ce contexte global qu’il va falloir suivre les péripéties à venir des négociations avec la Grèce.

De son côté, Alexis Tsipras a cherché à calmer le jeu, y compris en téléphonant à Mario Draghi pour l’assurer de ses bonnes intentions. Dans un communiqué, il a assuré « ne pas rechercher le conflit » et a demandé « du temps pour respirer et mettre au point notre propre programme de relance à moyen terme, qui prendra en compte des objectifs d’excédent budgétaire primaire, et comprendra des réformes radicales pour combattre l’évasion fiscale, la corruption et le clientélisme ». Précisant que cela « ne signifie en rien que nous ne respecterons pas nos engagements envers la Banque centrale européenne ou le Fonds monétaire international » (les détenteurs des créances à rembourser dans les prochains mois).

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ON EN VIENT AUX CHOSES SÉRIEUSES… par François Leclerc

Billet invité.

Les choses sérieuses ont débuté vendredi avec la mission de Jeroen Dijsselbloem à Athènes, toute empreinte de raideur. Le ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, a confirmé au président de l’Eurogroupe que la Troïka n’était plus considérée comme un interlocuteur valable (pour mémoire, les deux dernières rencontres de cette dernière avec le précédent gouvernement avaient dû prudemment se tenir à Paris). Réagissant à la proposition d’une conférence européenne sur la dette, que Christine Lagarde n’a pour sa part pas repoussée, ce dernier a rétorqué que l’Eurogroupe était le lieu privilégié pour en discuter.

La veille, Yanis Varoufakis avait déclaré au New York Times, à propos du dernier versement suspendu du plan de sauvetage », « les sept milliards, nous n’en voulons pas, ce que nous voulons c’est repenser tout le programme ». Jeroen Dijsselbloem a eu comme réponse lors de la conférence de presse commune d’Athènes « qu’ignorer les accords n’est pas le bon chemin à prendre ». Les dirigeants grecs font remarquer que cela n’aurait pas de sens d’à la fois critiquer un programme et de demander son extension, affirmant leur volonté de négocier un « New Deal Européen » , tandis que Wolfgang Schäuble a de son côté déclaré : « nous sommes prêts à tout moment à toutes les discussions, mais les bases ne peuvent en être changées », ajoutant qu’il était hors de question de répondre à un quelconque chantage (sans préciser son objet, un défaut sur la dette). Mais l’on attend toujours le premier contact téléphonique avec son homologue grec, qui est de tradition pour saluer un nouveau venu mais qui n’a pas eu lieu. Aucun déplacement d’Alexis Tsipras à Berlin n’est prévu.

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SYRIZA, CE TROUBLE-DÉTRESSE ! par François Leclerc

Billet invité.

En parlant de « trouver tranquillement des solutions », la chancelière Angela Merkel a confirmé le cadre politique qui se dessinait : il n’est pas question de jouer l’apocalypse, à la manière d’Antonis Samaras à qui cela n’a pas réussi, mais de voir venir. Mais pour décider quoi ?

L’attention est naturellement focalisée sur le résultat des élections, ainsi que sur les accords de coalition qui pourraient en résulter – à moins qu’elles ne débouchent sur une nouvelle consultation en mars prochain – mais la situation de la Grèce réclamait de toute façon de nouvelles mesures de soutien financier, le pays est non seulement miné par ses dettes extérieures, mais aussi les impayés envers l’État, les banques et les organismes sociaux. La reprise est en trompe l’œil, et le gouvernement Samaras vivait déjà d’expédients en émettant des bons du Trésor achetés par les banques grecques, elles-mêmes soutenues par des liquidités d’urgence (ELA) fournies par la Banque de Grèce avec la bénédiction de la BCE.

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La démocratie en euro selon Keynes, Piketty appuie Podemos et Syriza, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Comment le projet économique pour les gens de Podemos est la seule chance de sauver la zone euro de sa déréliction libérale. Comment Syriza peut négocier un programme européen de démocratie financière dès dimanche prochain.

Le complot libéral européen

Thomas Piketty, l’auteur internationalement réputé du capital au XXIème siècle, a été interrogé par Pablo Iglesias Turrion récemment élu secrétaire général du mouvement de rénovation politique espagnole Podemos. A travers le problème du capital et de sa réalité historique sur la longue durée, Piketty rétablit la possibilité d’une causalité réciproque explicite entre l’économie réelle des sociétés humaines et la politique de la démocratie. L’économiste français tient sur la même ligne que Podemos un discours alternatif de l’unité européenne qui ne soit pas celui de la religion féroce. A la déréliction économique et politique assénée à l’Espagne dans une zone euro mise en faillite par les subprimes, Piketty et Podemos opposent la construction possible et nécessaire d’une démocratie de l’euro.

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LE MISTIGRI DE LA DETTE COURT TOUJOURS… ET CE N’EST PAS FINI ! par François Leclerc

Billet invité.

Angela Merkel ne dit plus rien et Mario Draghi se préparerait à en faire autant jeudi, Christine Lagarde s’avance et Alexis Tsipras réagit au quart de tour. De quoi s’agit-il ? Pas du nouveau programme de la BCE, mais du sujet qui est désormais bien installé dans l’actualité et ne va plus en sortir : la dette et comment s’en débarrasser ?

Faisant superbement fi des restructurations qui ont jalonné son histoire, la directrice générale du FMI proclame « une dette est une dette ! » afin de couper court à la proposition de Syriza de convoquer une conférence européenne à ce propos. Ce ne sont pas des questions que l’on soulève sur la place publique ! Faisant valoir que celle de la Grèce est tout simplement insoutenable, et qu’elle doit être « réajustée », Alexis Tsipras répond que cette proposition ne concerne pas seulement la Grèce mais aussi « de nombreux pays européens » qui font face à une dette excessive.

On s’attend à ce que Mario Draghi n’évoque pas publiquement un sujet délicat lors de sa présentation de jeudi du programme d’achat de titres de la BCE : des titres de la dette grecque en bénéficieront-ils ou non ? À trois jours des élections, la question est scabreuse. Les inclure dans les achats apporterait de l’eau au moulin de Syriza, les exclure représenterait une pression un peu trop voyante et mettrait la BCE en première ligne.

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LE TEMPS DE LA POLITIQUE EST REVENU, par François Leclerc

Billet invité.

Cette année, la crise politique européenne va s’exprimer dans toute sa dimension. Du Nord au Sud, les consultations électorales qui en sont une des occasions ne vont pas manquer, et celles qui vont se dérouler en Grèce, au Portugal, au Royaume-Uni et en Espagne vont être suivies de particulièrement près, en attendant les échéances françaises et italiennes qui suivront.

Le rejet et l’affaiblissement des partis de gouvernement s’approfondit, expression du refus de leurs politiques, ce qu’elles ont en commun ayant tendance à l’emporter dans l’opinion sur ce qui les différencie. Mais le vide politique qui est ainsi apparu a été comblé de manière hétéroclite, amalgamé dédaigneusement par les élites de la politique sous le terme de populisme. Suivant les pays, certains partis et mouvements s’inscrivent dans une perspective européenne, tandis que d’autres s’affirment europhobes. Ne pas confondre.

Continuer de donner une onction démocratique à une politique qui ne s’en embarrasse pas, va impliquer la création, là où cela est possible et par défaut, de coalitions des partis de gouvernement, aucun d’entre eux ne pouvant plus à lui seul s’imposer. La Grèce, l’Espagne et le Portugal pourront être tous les trois dans ce cas, ainsi que le Royaume-Uni, l’alternance se heurtant en Écosse à la montée des nationalistes au détriment des travaillistes.

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