Archives par mot-clé : presse

Collapsologie appliquée : les journalistes en tant que contrepouvoir

Ouvert aux commentaires.

Si un authentique processus d’effondrement devait être en cours, et si l’on voulait se donner les outils pour le contrôler (à la fois le « monitorer » et le maîtriser), il serait essentiel de distinguer les événements qui participent à proprement parler de cet effondrement (« pathologiques »), de ceux qui se situent toujours à l’intérieur de la perpétuation de nos formes d’organisation (« normaux »), même lorsque celles-ci sont en crise profonde (périodes pré-révolutionnaires ou révolutionnaires).

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 22 JUILLET 2016 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 22 juillet 2016. Merci à Marianne Oppitz !

Bonjour, nous sommes le vendredi 22 juillet 2016. Et le 22 juillet, c’est mon anniversaire, et il se fait qu’aujourd’hui, j’ai – au choix – septante ou soixante-dix ans, et j’ai fait un petit billet là-dessus : j’ai réfléchi au fait que c’est la première fois que j’attache de l’importance à un chiffre d’âge.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 16 MAI 2014

Sur Dailymotion, c’est ici.

Bloomberg : Lagarde Cancels Smith College Address After Anti-IMF Petition

Blog de PJ : Les contaminés de la pensée unique

Blog de PJ : Parlement européen, Comité pour les affaires économiques et monétaires, le mardi 5 novembre 2013

Blog de PJ : Les prêtres d’une religion féroce

Le Monde : Natalie Nougayrède démissionne de son poste de directrice du « Monde »

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GROSSES ENTREPRISES ET GOUVERNEMENTS : LE CAS DE LA GRANDE-BRETAGNE

J’indiquais tout à l’heure que le thème de mon intervention sur France Culture ce soir est : « Un axe constitué de grosses entreprises et de gouvernements s’est-il constitué pour faire régner l’ordre sur l’internet ? »

Il n’y a pas que l’internet, puisqu’on apprenait il y a deux heures à peine l’arrestation en Grande-Bretagne, pour écoutes téléphoniques et corruption de policiers, de Rebekah Brooks, rédactrice en chef du magazine défunt – car sabordé en raison d’un scandale d’écoutes téléphoniques – News of the World, et l’une des dirigeantes, jusqu’à sa démission vendredi, de l’empire de presse de Rupert Murdoch (de double nationalité australienne et américaine).

Cette arrestation, après deux semaines de péripéties (dont la démission hier de Les Hinton, directeur de la division Dow Jones de l’empire Murdoch – l’éditeur du Wall Street Journal), n’en restera certainement pas là, vu les nouvelles informations qui émergent semble-t-il de minute en minute. L’affaire contribuera certainement à mettre en lumière l’intrication présente de la gestion des grosses entreprises et des gouvernements dans un climat devenu généralisé d’irrespect du cadre juridique des États, en Grande-Bretagne – et probablement ailleurs aussi.

Affaire à suivre…

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Le temps qu’il fait, le 9 juillet 2010

Petit complément.

La crise du capitalisme américain (La Découverte 2007 ; éditions du Croquant 2009)

L’implosion. La finance contre l’économie : ce que révèle et annonce la « crise des subprimes » (Fayard 2008)

Au moment où je parle ce matin de Wells Fargo, je me dis « Mais tu as écrit quelque chose autrefois sur Wells Fargo ! » Je pars à la recherche et je retrouve mon petit texte. C’était l’époque où j’avais découvert – terrifié – qu’à force de ne pas le parler, je perdais l’usage du français. Je téléphonais à mes enfants et je cherchais mes mots, je bredouillais. Alors le soir à la maison, je m’appliquais et j’écrivais – un peu n’importe quoi – en français.

La banque où je travaille

La banque où je travaille est connue de tous, non pas en raison de sa taille ou de sa richesse mais du fait de sa renommée. C’est la « Wells Fargo » qui inventa le service de diligence qui desservait le Far West. Quand fut fondée à New York en 1849 l’« American Express », Henry Wells en fut le premier président, William Fargo était l’un des autres membres fondateurs. La même année débutait la ruée vers l’or dans la région de Sacramento en Californie du Nord. 1849 : une sacrée année !

Oui c’est moi l’ vieux Tom Moore du côté de la gnôle,
Au bon vieux temps d’ l’âge d’Or.
On m’appelle « La Cloche », et « Bibine » aussi
Mais les compliments, j’m’en tape !
Je m’trimballe de ville en ville
Comme une enseigne ambulante.
Et ceux qui m’voient, y disent « Tiens, v’là le Tom Moore,
Le quarante-neuvard ! »

Du bon vieux temps, d’ la ruée vers l’or,
Ah ! Souvent j’y r’pense,
Au bon vieux temps
Quand on creusait pour l’or,
Quarante-neuvards ! et fiers de l’être !

Il n’y avait pas encore de train pour traverser le pays. Les prospecteurs en herbe s’embarquaient sur la côte Est sur des clippers, des trois-mâts qui ne faisaient qu’un seul voyage : de New York à San Francisco, en passant par le Cap Horn. La légende veut que le « clipper » fut inventé pour San Francisco. Passer le Cap Horn, en général, ça ne se faisait que dans un sens, et quand je sous-entends qu’on peut le passer dans un sens, c’est peut-être déjà une exagération. Ceux qui ont fait le Cap, dans la marine, ce sont des aristocrates. Et là, aux jours de ’49, on faisait des aristocrates par trois-mâts entiers, quand ces hommes et ces femmes (là où il y a des hommes il y a aussi toujours des femmes) en proie à la fièvre de l’or traversaient les quarantièmes rugissants pour un voyage sans retour : en 1852, on comptait soixante-quatorze clippers dans le port de San Francisco.

Wells et Fargo tentèrent sans succès de convaincre leurs collègues de créer un service spécial de transport d’or et de passagers entre les côtes Pacifique et Atlantique. Alors, à deux, ils se mirent en affaires, et créèrent en 1852 « Wells, Fargo & Company ». Le reste on le connaît par les romans et par les films : « La diligence », Stagecoach, de John Ford et Dudley Nichols. La diligence, c’est le logo de notre firme. On la trouve sur les chèques de mon chéquier, sur mes cartes de banque, sur ma carte de visite, sur le papier peint de mon ordinateur, sur le papier à en-tête des minutes que je rédige de notre réunion bi-hebdomadaire du Comité Stratégique de Fixation des Prix.

J’appartiens au Groupe de Crédit aux Consommateurs : nous prêtons de l’argent aux particuliers. Ils offrent en gage, qui sa maison, qui sa voiture, sa moto, son bateau, son mobile-home, ses actions en bourse, ses obligations, sa collection de papillons, ou rien du tout, et nous leur prêtons de l’argent en échange du versement d’un intérêt. Ce qu’ils mettent en gage, c’est ce qu’on appelle le « collatéral ». Je m’occupe du taux d’intérêt que nous leur faisons payer. Je construis des modèles de nos coûts, de leurs frais de participation, cotisations, etc., du risque que nous prenons en leur prêtant, combien ça nous revient s’ils remboursent de manière anticipée, etc. Je participe aux réunions, je construis, avec l’aide d’une programmeuse, un modèle qui fonctionne aussi bien pour les prêts avec ou sans collatéral, pour les prêts où l’on ne paie pendant plusieurs années que les intérêts et ceux où l’on rembourse progressivement le principal, et ainsi de suite. Je fais également partie d’un comité qui préside à l’achat d’un énorme logiciel qui engendre des rapports, d’un autre qui contrôle les modèles que nous construisons, aussi bien en allant à la chasse aux crasses dans les programmes, qu’en vérifiant a posteriori la validité de leurs prévisions, etc. car il en vient du nouveau tous les jours.

Nous sommes beaucoup trop peu nombreux pour ce que nous faisons : nous brassons des milliards de dollars, toujours en retard d’une longueur, en croisant les doigts et en espérant que tout ça continuera de tenir. C’est une joyeuse anarchie où deux populations se côtoient et se mélangent, sans jamais communiquer entre elles : les battants et les fonctionnaires. Les battants se cooptent entre eux au sein d’équipes improvisées, de task forces, de « commandos » sans nom. Ils se retrouvent entre eux pour des conversations un peu plus détendues, à dix-huit heures trente, dix-neuf heures, quand les fonctionnaires sont depuis longtemps rentrés chez eux.

Nous sommes multi-ethniques, les étrangers sont nombreux : plus d’un quart d’entre nous sommes Chinois, et beaucoup d’autres asiatiques, il y a des Iraniens, des Indiens, des Vietnamiens, des Coréens. Quelques noirs américains. Je suis le seul Européen de l’Ouest, les Européens de l’Est sont un petit peu plus nombreux.

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