Archives par mot-clé : Principes des systèmes intelligents

PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 9 (II), réédition en librairie le 23 novembre

Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Je me moque ici gentiment de Noam Chomsky (ouh ! le garnement !) que je ne suis jamais parvenu à prendre entièrement au sérieux, pas plus d’ailleurs en tant que linguiste qu’en tant que figure politique. Je déroge très partiellement à la règle de vous épargner les tonnes de notes qui se trouvent dans le livre.

Enchaînements associatifs sémantiques

Aux enchaînements associatifs matériels s’opposent les enchaînements associatifs sémantiques. Le mot « sémantique » renvoie malheureusement à la notion de signification qui est en soi très confuse. Plusieurs chapitres seront consacrés à la notion de signification, le mot « sémantique » devra être interprété rétrospectivement à la lumière des éclaircissements qu’ils apporteront.

La synonymie

La synonymie pose un problème particulier et tout spécialement important en IA, celui dit de l’« étoile du soir » et de l’« étoile du matin », emprunté à une réflexion du philosophe-logicien Gottlob Frege (Frege 1971 [1892] : 108). Il est courant que l’on évalue un système intelligent sur sa capacité à traiter la synonymie d’« étoile du soir » et d’« étoile du matin » : comment le système saura-t-il qu’il s’agit dans l’un et l’autre cas du même corps céleste, à savoir la planète Vénus ? La réponse est si simple qu’il faut imaginer que c’est sa simplicité même qui a dû jouer un rôle d’obstacle à sa solution. En effet, un système ne peut savoir qu’« étoile du soir » et « étoile du matin » sont synonymes que pour la même raison exactement pour laquelle un être humain le saura : parce qu’on le lui aura appris. Il s’agit là de la seule réponse possible. Si on lui a dit que les deux mots renvoient à la même chose, un système pourra stocker les deux « étiquettes » comme des alternatives, sinon, il devra les stocker de manière séparée. Et, de la même manière qu’un système – comme un être humain – pourra stocker le même texte comme mot phrase ou comme mots distincts liés par un enchaînement associatif, un système enregistrera des synonymes comme traces mnésiques alternatives ou comme traces mnésiques distinctes, selon la connaissance qu’il a ou non de la synonymie.

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PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 9 (I), réédition en librairie le 23 novembre

Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Première partie d’un chapitre qui s’intéresse à la manière dont deux mots peuvent être associés en mémoire. Connexion envisagée pour commencer : selon la consonance uniquement (demain : selon la signification).

9. Les types d’enchaînements associatifs

Au chapitre 7, le relevé a été fait des quatre cas de figure qui se présentent dans l’association des mots (signifiants) et des images : de mot à mot, de mot à image, d’image à mot et d’image à image. Tous sont aussi importants et il serait crucial pour tout système intelligent qui viserait à mimer l’être humain de manière complète qu’il puisse procéder selon ces quatre types d’enchaînements associatifs. La simulation de l’humain n’est cependant pas l’objectif du présent ouvrage : son ambition se cantonne à l’exploration des capacités auto-organisantes d’un univers de mots, et la question de l’association des images sera, à partir de maintenant laissée de côté.

Qu’il s’agisse de l’« association induite » ou de l’« association libre », les enchaînements associatifs constatés ne couvrent pas l’éventail des combinaisons que l’on obtiendrait en associant deux mots au hasard, et on peut établir relativement aisément la typologie des cas effectivement observés. Il n’est pas certain toutefois que ces regroupements seraient valables pour d’autres familles de langues que les nôtres : il s’agit d’un aspect de la question qui reste à explorer.

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PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 8, réédition en librairie le 23 novembre

Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Chapitre court et quelque peu énigmatique mais qui vise à ouvrir la question : « À l’aide de quel objet mathématique modéliser la mémoire stockée dans un cerveau ? » (la « matrice » dont il est question dans la dernière phrase, est un type de tableau utilisé en algèbre).

8. L’organisation de la mémoire

Revenons un moment sur cette conception qui a considéré ce qui n’est – jusqu’à preuve du contraire – que de simples enchaînements de mots, comme des « idées ». Que sont en réalité les « idées » dans cette optique où « les dis- cours expriment des idées », sinon le sens, envisagé comme quelque chose qui pourrait être distingué des mots, à savoir la signification à l’état pur ? Et pourquoi les enchaînements associatifs pourraient-ils suggérer l’idée du sens à l’état pur, sinon parce que ces enchaînements ne sont précisément pas quelconques mais sont structurés de manière spécifique – avec pour conséquence qu’ils constituent à proprement parler des « unités élémentaires de signification ». On pourrait alors distinguer dans la mémoire d’un système intelligent, deux types d’unités distinctes : des signifiants isolés que nous avons appelés jusqu’ici éléments de discours, et les couples ordonnés d’éléments de discours que constituent les enchaînements associatifs observés – où l’on peut distinguer un « antécédent » et un « conséquent » – et qu’on pourrait appeler éléments de signification.

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PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 6 (II), réédition en librairie le 23 novembre

Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Il est question ici des préjugés inscrits dans la langue qui créent des obstacles à une réflexion claire sur ces questions.

6. Remémoration, pensée, raisonnement et discours (2e partie)

La psychologie populaire

Dire que la parole est l’expression de la pensée, cela revient pour nous à emprunter les termes de la « psychologie populaire » auxquels nous recourons quotidiennement pour expliquer nos faits et gestes. Quelle que soit la validité phénoménale de celle-ci, nous risquons d’être victimes de ce que Wittgenstein appelait l’« illusion grammaticale » : supposer qu’une chose existe sur la seule foi de l’existence d’un mot pour la nommer. L’IA n’a pas toujours su se garder de ce danger et ce n’est que très rarement que des auteurs s’interrogent sur des notions comme « pensée », « idée », « signification », « croyance » ou « intention » en se demandant si l’existence du mot constitue une garantie suffisante de l’existence de la chose qu’il nomme apparemment – au sens où il existerait pour elle une contrepartie réelle au sein des mécanismes neurophysiologiques (Stich 1983 constitue une exception notable à cette tendance).

L’existence de la psychologie populaire pose cependant un problème sérieux à l’intelligence artificielle : faut-il éviter entièrement son vocabulaire ou conserver certaines de ses notions, et dans ce cas, lesquelles ? Si l’on dit par exemple la chose suivante,

« Eugène pensait qu’Eusèbe avait poussé le bouchon un peu loin : dès qu’il le verrait il avait l’intention de lui faire une remarque acerbe qui signifierait que la plaisanterie avait assez duré. »

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PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 5, réédition en librairie le 23 novembre

Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Ici, j’introduis quelques principes qui permettront de simplifier par la suite : le « par coeur » est stocké en bloc.

5. Les éléments de discours

La constatation suivante a été faite au deuxième chapitre: plus grossière est la définition d’un contexte par un système intelligent, et plus facile il lui est de répondre à un utilisateur à l’aide d’éléments de discours déjà largement préfabriqués. À l’inverse, la production en sortie de réponses très spécifiques demande à ce que soient combinés des éléments de discours de petite taille et dont le mot constitue la limite inférieure. Il a été envisagé au chapitre précédent une manière particulière de produire des sorties : le parcours du lexique de la langue selon la méthode dite au coup par coup, impliquant l’inscription sur le lexique de chenaux précontraints. À titre d’illustration était proposé un exemple où n’intervenaient que des mots envisagés isolément. À ce stade de la démonstration il s’agissait cependant seulement de mettre en évidence un mode particulier d’organisation des éléments de discours stockés en mémoire sans préjuger encore de ce que ceux-ci devraient être.

Dans les expériences d’« association induite » menées par le psychiatre – futur psychanalyste – Carl Jung, au début du siècle (études rassemblées dans Jung 1973), on constate que les sujets d’expérience sommés de répondre de manière immédiate à un mot qui leur est proposé par un autre, produisent parfois des associations telles que « pain »/ « quotidien » ou « larme »/ « vallée », recomposant des expressions qui sont manifestement stockées en mémoire « en continu » pour former une expression unique.

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PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 4, réédition en librairie le 23 novembre

Je pars bien entendu d’un grand rire sardonique (genre Basam Damdu) quand je vois l’un d’entre vous m’opposer ce qu’il croit être une objection imparable et dont je sais que le problème fut résolu par moi plus loin dans le livre. Ceci m’encourage à poursuivre malicieusement la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. N.B. J’ignore – à de très rares exceptions près – les très nombreuses notes qui émaillent le texte.

4. Les systèmes intelligents dans la perspective de l’auto-organisation

Il a été dit au chapitre précédent que l’optimisation du rapport existant entre les éléments de discours stockés en mémoire, leur organisation et les procédures opératoires portant sur eux, constitue ce qui pourra apparaître au sein du système comme son auto-organisation. Il s’agit d’un complexe indissociable et toute réflexion sur l’optimisation ne peut porter que sur l’ensemble. Il faut procéder cependant dans un certain ordre. Faisons débuter l’investigation par une réflexion générale portant sur les stratégies globales de développement d’un système et examinons comment se présentent les options envisageables du point de vue de l’optimisation recherchée.

On peut prendre un discours, une parole, et l’envisager de la manière suivante : comme un parcours séquentiel à l’intérieur d’un espace de signifiants (de mots envisagés comme réalités acoustiques, indépendamment de leur signification), c’est-à-dire comme un chemin tracé sur un lexique compris comme la liste de tous les mots d’une langue. Untel parcours peut consister par exemple à aller de « Le » à « chat », de « chat » à « est », de « est » à « sur », de « sur » à « le », de « le » à « tapis », pour obtenir une phrase chère aux philosophes anglo-saxons de l’IA, « Le chat est sur le tapis ».

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PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 3, réédition en librairie le 23 novembre

Comme un débat intéressant est en train de s’instaurer sur le blog (par opposition au silence pesant qui accueillait la parution d’un livre en 1989), je continue la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents.

3. Caractéristiques d’un système intelligent

Une réflexion portant sur les principes des systèmes intelligents ne peut se concevoir valablement que dans le cadre d’un projet qui en constitue à la fois l’horizon et l’épreuve : la réalisation d’un système intelligent. Définissons donc un cadre à seul fin de référence : tel est l’univers au sein duquel se déploie notre investigation. Ce qui a été dit au chapitre précédent quant à l’attente d’un utilisateur en matière d’intelligence d’un système (prise en compte de son inten- tion, présentation par le système de l’information qui lui est la plus pertinente, acquisition par la machine du savoir qu’il lui propose, négociation par la machine du savoir dont elle dispose), dépasse l’ambition des réalisations actuelles en matière de systèmes intelligents. Ceci n’est pas en soi gênant : pour réserver la part de son enthousiasme et de sa créativité, le chercheur a besoin d’une telle perspective de dépassement, il a besoin d’un authentique projet.

Examinons alors de manière plus fine comment se présente le cadre qui nous servira de référence :

1. Un système intelligent dispose d’un savoir.

Un SI dispose, stocké en mémoire, d’un ensemble d’informations susceptibles d’être augmentées, effacées ou modifiées dans leur contenu. Il va de soi que ces informa- tions sont pour la facilité de leur manipulation organisées d’une certaine manière, soit ce que l’on entend par « base de données ».

2. Un système intelligent est à même de transmettre son savoir.

Un SI est à même de communiquer son savoir à un uti- lisateur, sous une forme que celui-ci comprend. Soit donc l’existence d’une interface en langue naturelle (orientée sorties).

3. Un système intelligent est à même d’acquérir un savoir.

Un SI est à même d’extraire des connaissances de l’information que lui transmet son utilisateur. Ce qui implique au moins l’existence d’un analyseur (parseur). Mais aussi, entre celui-ci et la base de données conçue comme dynamique, un « module d’apprentissage »,

4. Un système intelligent veut apprendre.

Soit aussi, l’existence d’un « module d’interrogation de l’utilisateur » connecté (sorties) avec le module d’apprentissage.

5. Un système intelligent n’impose pas son savoir mais le négocie avec son utilisateur.

Soit l’existence de deux interfaces en langue naturelle capables d’interpréter la logique intersubjective qui lie nécessairement deux interlocuteurs, permettant au système et à l’utilisateur de négocier les connaissances qu’ils échangent : un « module d’entrée » capable d’interpréter le degré d’adhésion de l’utilisateur aux propositions qu’il soumet au système, un « module de sortie » permettant au système de présenter ses affirmations selon un degré variable de négociabilité, correspondant au caractère plus ou moins révisable pour lui des connaissances correspondantes.

6. Un système intelligent a une personnalité propre.

La structuration du réseau sémantique sur laquelle repose un SI s’opère systématiquement à partir des connaissances déjà enregistrées. Un SI a donc une histoire1 irréversible et celle-ci porte sur l’inscription successive des connaissances dans sa dimension affective ou émotionnelle aussi bien que dans sa dimension cognitive.

Illustrons cette considération un peu abstraite : un système intelligent qui a a acquis successivement la médecine et l’art de l’ingénieur abordera les problèmes d’une autre manière que celui qui aura parcouru l’itinéraire inverse : disons que le premier aura tendance à concevoir la réalisation d’un ouvrage comme une situation à traiter à l’exemple d’une cure, alors que le second tendra à envisager un patient comme un problème structurel à résoudre.

Qu’on ne prenne cependant pas cet exemple imaginaire trop à la lettre : ce que j’entends suggérer, c’est que les premiers savoirs acquis par un système lui impriment une tendance à aborder les problèmes qui se poseront à lui ensuite selon la prégnance (en réalité, la configuration topologique) des premières inscriptions en mémoire, celles qui correspondraient – s’il s’agissait d’un être humain – à la mémoire infantile, dont la psychanalyse a souligné l’importance capitale pour la connaissance comme pour l’affect.

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PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 2, réédition en librairie le 23 novembre

Pour signaler hier la réédition prochaine de Principes des systèmes intelligents (1989) aux éditions du Croquant, j’ai reproduit son introduction. Je ne sais pas si je mettrai en ligne en feuilleton la totalité des chapitres du livre, quoi qu’il en soit, voici le second, où je réponds avec vingt-trois ans d’avance, à certaines des objections qui m’ont été faites hier au seul vu de l’Introduction de 1989.

2. Principes des systèmes intelligents

La fonction d’un principe est de définir un cadre général, plutôt que de s’attarder sur les particularités de telle ou telle variété de système. « Systèmes intelligents », pour borner le domaine dont on parle, soit – et en deux mots pour commencer – une famille de systèmes informatiques, interactifs, en temps réel et dispensant à un utilisateur une information que celui-ci juge éclairante : utile et pertinente.

Il y a mille et une façons de caractériser un système intelligent : une définition envisageable est qu’il s’agit d’un système interlocuteur susceptible de jouer vis-à-vis de son utilisateur le rôle de collaborateur intelligent. Tout ce qui existe aujourd’hui en matière de systèmes experts, de bases de données multimédias, d’interfaces sophistiquées en langues naturelles, de systèmes de reconnaissance de forme et de systèmes d’apprentissage, semble couvert par une telle définition.

Le mot « principe » suggère un pas fait en arrière, une certaine distanciation, un regard critique par rapport à la simple description. Autrement dit, une perspective épistémologique qui ne prend pas pour argent comptant l’approche courante, mais s’interroge aussi sur le comment et le pourquoi des catégories, des stratégies et des finalités.

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PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), réédition en librairie le 23 novembre

La survie de l’espèce sera officiellement en librairie le 2 novembre. Le 23, paraîtra la réédition aux Éditions du Croquant de Principes des systèmes intelligents. Cela me fait très plaisir : c’est celui parmi mes livres, qui contient le plus d’« invention » proprement dite. Je vous en ai déjà présenté l’Avant-propos 2012, le texte du livre lui, n’a pas été modifié, en voici l’Introduction.

Introduction

La capacité de l’ordinateur à traiter de l’information en quantité considérable joue aujourd’hui un tour à l’intelligence artificielle : en ne forçant pas – ou quasiment pas – à restreindre la taille des projets, ni dans le nombre des données stockées ni quant à la complexité des algorithmes conçus pour les traiter, elle autorise aujourd’hui à ignorer l’ancien souci d’économie. Or, la nécessité d’économiser les moyens fut toujours mère de l’ingéniosité.

Les problèmes posés par la conception de systèmes intelligents ne sont pas simples – faute surtout d’une théorisation qui permette de les concevoir clairement. C’est pourquoi il est impératif de contenir la complexité et la complication des solutions autant que faire se peut, sans quoi l’homme perd la maîtrise d’un outil dont il ne domine plus le concept et que toute tentative de modification conduit à la dégradation gracieuse ou le plus souvent, disgracieuse.

C’est le souci d’économie qui oblige à s’interroger sur le degré de complexité et le degré de complication acceptés comme allant de soi dans les projets d’intelligence artificielle. « Tout programme qui modélisera avec succès ne serait-ce qu’une petite partie de l’intelligence sera intrinsèquement massif et complexe » affirme une préface à la collection « The MIT Press Series in Artificial intelligence » dirigée par Winston et Brady. S’agit-il là d’une loi nécessaire ou d’une observation portant sur les projets réalisés jusqu’ici? Autrement dit, des solutions plus simples ont-elles jamais été envisagées, ou bien la difficulté apparente des questions a-t-elle fait croire que la complication et la complexité des réponses seraient des maux
nécessaires ?

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PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989)

Quand, en 2008, les Éditions La Découverte ont refusé de faire un second tirage de La crise du capitalisme américain, paru l’année précédente, c’est Alain Oriot, aux Éditions du Croquant, qui a décidé de republier l’ouvrage. Alain a publié ensuite en 2010 l’un de mes manuscrits originaux : Le prix.

Je vous ai déjà signalé que les Éditions du Croquant s’apprêtent à sortir (c’est dans cinq jours – je le signalerai), une nouvelle édition de mon premier livre : Les pêcheurs d’Houat, datant de 1983, bien plus belle que l’original puisque les photos ont été faites cette fois à partir des négatifs et non à partir de tirages, et dont je vous ai déjà proposé l’Avant-propos 2012.

Autre très grande satisfaction : mon autre ouvrage épuisé, Principes des systèmes intelligents (1989), va également être republié à la rentrée par les Éditions du Croquant. Je vous en propose ici l’Avant-propos 2012.

Principes des systèmes intelligents

Avant-propos 2012

« C’est l’histoire d’un mec… », commençaient les histoires du regretté Coluche, et c’est bien le cas ici aussi : c’est l’histoire d’un mec qui, d’une part, s’est émerveillé sept ou huit ans auparavant devant le pouvoir proprement démiurgique de la programmation (on écrit quelques lignes de texte et une machine FAIT ce qu’on lui dit de faire ! Wow !) et qui, d’autre part, à cette époque-là (on est en 1987), entreprend une deuxième psychanalyse (sa première tentative ayant été une totale perte de temps – et d’argent !) et qui, en raison de l’immense talent de son nouvel analyste (Philippe Julien), se convainc que Freud n’était pas seulement un extraordinaire penseur, mais aussi un authentique découvreur de continents.

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Le temps qu’il fait, le 29 octobre 2010

La psychanalyse
Principes des systèmes intelligents (Masson 1990)
Le mystère de la chambre chinoise

Le prix (Le Croquant 2010)
• Le mécanisme de la formation des prix
• Les interactions entre classes sociales et les interactions à l’intérieur d’une classe sociale
• Karl Marx

Les systèmes de retraites
• Répartition et capitalisation
• Comment il faudrait repenser la question

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