Étiquette : Principes des systèmes intelligents

  • L’EMPATHIE COMME DISPOSITION À NÉGOCIER, par Timiota

    Billet invité.

    En lisant les deux billets LE VIVANT ET LE SOUFFRANT de Claude Lévi-Strauss, sur Rousseau et EXPRESSION SPONTANÉE ET STRATÉGIE EN FINANCE ET EN ÉCONOMIE de Paul Jorion, sur Keynes, il me vient le questionnement suivant sur l’empathie.

    L’empathie se couple chez l’humain à une partie consciente de l’attitude : « que vais-je faire pour la/le convaincre ? Pour la/le séduire ? « , elle a une partie spontanée assez variable (tendant vers zéro le long du spectre autistique, ce que pourra commenter Paul Tréhin, auteur du billet LES ORIGINES DE L’ART ET DE LA CULTURE : le rôle des individualités) et une partie « négociée » lourdement médiée par la société, les règles de dialogue orales, la « nétiquette généralisée » si je peux en profiter pour faire d’une (récente) partie un tout.… Lire la suite…

  • LECTURES, compte-rendu de « Principes des systèmes intelligents », par Arthur Mary et Jimmy Baraglia

    « L’ouvrage de Paul Jorion constitue une introduction rigoureuse et préalable à une réflexion et à un travail dans le champ de l’intelligence artificielle ‑ c’est à ce titre que nous le recommanderions comme lecture introductive à des étudiants en robotique. Il a le mérite de poser les problèmes d’ordre logique, psychologique et dans une moindre mesure anthropologique qui travaillent ce champ disciplinaire (mobilisant à ce titre une vaste érudition). La lecture des Principes des systèmes intelligents, presque vingt-cinq ans après leur première publication1, fait apparaître au moins deux choses : la première, que ces réflexions ne semblent pas avoir (encore) été véritablement considérées par la communauté des chercheurs en intelligence artificielle (et tout particulièrement le recours à la métapsychologie freudo-lacanienne) ‑ à l’exception toutefois de quelques équipes de recherche s’inscrivant dans le courant de la robotique développementale cognitive qui explore le champ des systèmes s’auto-organisant par apprentissage en prenant au sérieux le rôle que joue le langage dans l’appareil psychique humain2.… Lire la suite…

  • ALCESTE, MAIS PAS SEULEMENT À BICYCLETTE

    C’est avec délice que j’avais vu il y a deux ans Les femmes du 6ème étage de Philippe Le Guay, c’est donc sans inquiétude ni appréhension que je suis allé voir aujourd’hui Alceste à bicyclette, du même.

    Je hais les prétendus critiques de cinéma dont le compte-rendu se limite à dévoiler la chute de l’intrigue, ce qui ne requiert aucun talent, si ce n’est celui d’avoir été assis là dans le noir dans une salle pendant deux heures. J’en dirai donc le moins possible à ce sujet. Voici cependant : dans le film de Le Guay, l’interaction entre deux hommes et une femme prouve qu’Alceste, le misanthrope de Molière, avait raison.… Lire la suite…

  • PARLER POUR SAVOIR CE QUE L’ON PENSE

    Ayant lu mon texte Le secret de la chambre chinoise, publié en 1999 dans la revue L’Homme, et dont j’ai récemment résumé dans Misère de la pensée économique (pages 31 à 37) l’argument niant l’existence de l’intention et du même coup du libre-arbitre, Annie Le Brun attire mon attention sur deux petits textes d’Heinrich von Kleist (1777 – 1811) tout à fait dans le même esprit : Sur l’élaboration progressive des idées par la parole (1806) et Sur le théâtre de marionnettes (1810).

    La représentation du mécanisme de la parole que l’on trouve dans le premier texte préfigure en effet celle que j’ai tenté de théoriser dans Le secret de la chambre chinoise et que j’avais modélisée de manière anticipée dans le projet ANELLA (Associative Network with Emergent Logical and Learning Abilities) que j’ai eu l’occasion de réaliser au laboratoire d’intelligence artificielle des British Telecom et dont j’avais rendu compte dix ans auparavant dans Principes des systèmes intelligents (1989 ; 2012) : à savoir que « si ce que l’on dit, on n’a jamais eu ‘l’intention de le dire’, alors ce que l’on dit, on l’apprend seulement – comme quiconque – au moment où on se l’entend dire » (1999 : 190).… Lire la suite…

  • PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS, désormais en librairie

    Principes de systèmes intelligents a paru originellement en 1989 chez Masson ; il est réédité par les Éditions du Croquant. Le parfait compagnon de Comment la vérité et la réalité furent inventées (Gallimard 2009).

    Avant-propos 2012

    « C’est l’histoire d’un mec… », commençaient les histoires du regretté Coluche, et c’est bien le cas ici aussi : c’est l’histoire d’un mec qui, d’une part, s’est émerveillé sept ou huit ans auparavant devant le pouvoir proprement démiurgique de la programmation (on écrit quelques lignes de texte et une machine FAIT ce qu’on lui dit de faire ! Wow !) et qui, d’autre part, à cette époque-là (on est en 1987), entreprend une deuxième psychanalyse (sa première tentative ayant été une totale perte de temps – et d’argent !)… Lire la suite…

  • PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 12 (I), réédition en librairie le 23 novembre

    Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Alors là, aujourd’hui, on passe aux choses sérieuses : à ce qui fit véritablement l’originalité de ce livre. Croyez-moi, mes amis : en 1989, on n’avait jamais parlé d’intelligence artificielle dans les termes que vous lirez ci-dessous…. et ce n’est qu’un début !

    12. La dynamique de l’affect

    La question de l’affect en intelligence artificielle

    La question de l’affect n’a jamais été éludée en intelligence artificielle. Il y a dix ans, Douglas Hofstadter écrivait :

    « … il est un peu prématuré de penser à des ordinateurs qui pleurent : il faut d’abord penser à des règles qui permettent aux ordinateurs de s’occuper du langage et d’autres choses ; nous serons confrontés aux questions plus profondes en temps utile.… Lire la suite…

  • PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 11, réédition en librairie le 23 novembre

    Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Bref récapitulatif.

    11. Le parcours d’un réseau mnésique

    Le moment est venu de faire un premier point. Nous nous efforçons dans cet ouvrage de déterminer les principes des systèmes intelligents. Ceux-ci sont un certain type de systèmes informatiques définis sur le modèle de ceux qui existent aujourd’hui sous cette dénomination, mais aux caractéristiques desquels ont été ajoutés deux traits supplémentaires : une capacité d’apprentissage et une disposition du système à négocier avec son utilisateur le savoir qu’il lui propose.

    Ce qui distingue l’approche défendue ici des approches plus classiques réside dans une double volonté : celle de reprendre en quelque sorte le problème comme s’il n’avait jamais été traité, et celle de tendre vers les solutions les plus simples, suivant en cela la conviction que celles-ci n’ont peut-être jamais été véritablement explorées.… Lire la suite…

  • PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 10 (II), réédition en librairie le 23 novembre

    Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Pour que le modèle de la mémoire soit plausible par rapport à ce que nous savons de la constitution du cerveau et de ce que nous révèlent ses dysfonctionnements dans l’aphasie, l’approche classique en IA des « réseaux sémantiques » : mots attachés aux sommets d’un graphe, relations entre eux représentées par des arcs, doit être inversée : il faut recourir au « dual » d’un tel graphe, où les mots seront attachés à des arcs, et autant d’arcs qu’il existe d’usages possibles de ce mot.

    Le dual d’un graphe

    Le choix qui a été fait pour ANELLA a donc été d’inverser le mode de représentation classique en matière de réseaux sémantiques et d’utiliser les arcs pour représenter les éléments (antécédent et conséquent) des enchaînements associatifs, et de réserver les sommets pour un autre usage.… Lire la suite…

  • PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 9 (II), réédition en librairie le 23 novembre

    Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Je me moque ici gentiment de Noam Chomsky (ouh ! le garnement !) que je ne suis jamais parvenu à prendre entièrement au sérieux, pas plus d’ailleurs en tant que linguiste qu’en tant que figure politique. Je déroge très partiellement à la règle de vous épargner les tonnes de notes qui se trouvent dans le livre.

    Enchaînements associatifs sémantiques

    Aux enchaînements associatifs matériels s’opposent les enchaînements associatifs sémantiques. Le mot « sémantique » renvoie malheureusement à la notion de signification qui est en soi très confuse. Plusieurs chapitres seront consacrés à la notion de signification, le mot « sémantique » devra être interprété rétrospectivement à la lumière des éclaircissements qu’ils apporteront.… Lire la suite…

  • PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 9 (I), réédition en librairie le 23 novembre

    Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Première partie d’un chapitre qui s’intéresse à la manière dont deux mots peuvent être associés en mémoire. Connexion envisagée pour commencer : selon la consonance uniquement (demain : selon la signification).

    9. Les types d’enchaînements associatifs

    Au chapitre 7, le relevé a été fait des quatre cas de figure qui se présentent dans l’association des mots (signifiants) et des images : de mot à mot, de mot à image, d’image à mot et d’image à image. Tous sont aussi importants et il serait crucial pour tout système intelligent qui viserait à mimer l’être humain de manière complète qu’il puisse procéder selon ces quatre types d’enchaînements associatifs.… Lire la suite…

  • PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 8, réédition en librairie le 23 novembre

    Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Chapitre court et quelque peu énigmatique mais qui vise à ouvrir la question : « À l’aide de quel objet mathématique modéliser la mémoire stockée dans un cerveau ? » (la « matrice » dont il est question dans la dernière phrase, est un type de tableau utilisé en algèbre).

    8. L’organisation de la mémoire

    Revenons un moment sur cette conception qui a considéré ce qui n’est – jusqu’à preuve du contraire – que de simples enchaînements de mots, comme des « idées ». Que sont en réalité les « idées » dans cette optique où « les dis- cours expriment des idées », sinon le sens, envisagé comme quelque chose qui pourrait être distingué des mots, à savoir la signification à l’état pur ?… Lire la suite…

  • PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 6 (II), réédition en librairie le 23 novembre

    Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Il est question ici des préjugés inscrits dans la langue qui créent des obstacles à une réflexion claire sur ces questions.

    6. Remémoration, pensée, raisonnement et discours (2e partie)

    La psychologie populaire

    Dire que la parole est l’expression de la pensée, cela revient pour nous à emprunter les termes de la « psychologie populaire » auxquels nous recourons quotidiennement pour expliquer nos faits et gestes. Quelle que soit la validité phénoménale de celle-ci, nous risquons d’être victimes de ce que Wittgenstein appelait l’« illusion grammaticale » : supposer qu’une chose existe sur la seule foi de l’existence d’un mot pour la nommer.… Lire la suite…

  • PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 5, réédition en librairie le 23 novembre

    Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Ici, j’introduis quelques principes qui permettront de simplifier par la suite : le « par coeur » est stocké en bloc.

    5. Les éléments de discours

    La constatation suivante a été faite au deuxième chapitre: plus grossière est la définition d’un contexte par un système intelligent, et plus facile il lui est de répondre à un utilisateur à l’aide d’éléments de discours déjà largement préfabriqués. À l’inverse, la production en sortie de réponses très spécifiques demande à ce que soient combinés des éléments de discours de petite taille et dont le mot constitue la limite inférieure.… Lire la suite…

  • PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 4, réédition en librairie le 23 novembre

    Je pars bien entendu d’un grand rire sardonique (genre Basam Damdu) quand je vois l’un d’entre vous m’opposer ce qu’il croit être une objection imparable et dont je sais que le problème fut résolu par moi plus loin dans le livre. Ceci m’encourage à poursuivre malicieusement la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. N.B. J’ignore – à de très rares exceptions près – les très nombreuses notes qui émaillent le texte.

    4. Les systèmes intelligents dans la perspective de l’auto-organisation

    Il a été dit au chapitre précédent que l’optimisation du rapport existant entre les éléments de discours stockés en mémoire, leur organisation et les procédures opératoires portant sur eux, constitue ce qui pourra apparaître au sein du système comme son auto-organisation.… Lire la suite…

  • PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 3, réédition en librairie le 23 novembre

    Comme un débat intéressant est en train de s’instaurer sur le blog (par opposition au silence pesant qui accueillait la parution d’un livre en 1989), je continue la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents.

    3. Caractéristiques d’un système intelligent

    Une réflexion portant sur les principes des systèmes intelligents ne peut se concevoir valablement que dans le cadre d’un projet qui en constitue à la fois l’horizon et l’épreuve : la réalisation d’un système intelligent. Définissons donc un cadre à seul fin de référence : tel est l’univers au sein duquel se déploie notre investigation. Ce qui a été dit au chapitre précédent quant à l’attente d’un utilisateur en matière d’intelligence d’un système (prise en compte de son inten- tion, présentation par le système de l’information qui lui est la plus pertinente, acquisition par la machine du savoir qu’il lui propose, négociation par la machine du savoir dont elle dispose), dépasse l’ambition des réalisations actuelles en matière de systèmes intelligents.… Lire la suite…