Étiquette : rapport de forces

  • L’investigation keynésienne des rapports de force par la monnaie, par Pierre Sarton du Jonchay

    Billet invité.

    L’opposition entre Keynes et ses adversaires libéraux est dans la nécessité naturelle ou non de la régulation des rapports de force. Les libéraux voient une nécessité physique ou matérialiste dans les prix exprimant les rapports de force, tandis que Keynes voit une nécessité de nature logique ; donc un devoir moral de la société et des institutions politiques. Il en résulte que pour les libéraux, la monnaie n’a pas de matérialité intrinsèque alors que pour Keynes, la monnaie est la matière de la délibération politique.… Lire la suite…

  • La violence nue, par Dominique Temple

    Billet invité. P. J. : Je me permets d’attirer votre attention sur ce qui me paraît une réflexion essentielle ici sur le meurtre-suicide. Ouvert aux commentaires.

    Toutes les sociétés, nous rappelle Marcel Mauss, sont fondées à l’origine sur le principe de réciprocité. Mais d’où vient que depuis l’origine des temps les sociétés se livrent des guerres inexpiables ? Serait-ce que chaque système de réciprocité produirait un sentiment de l’humain, exclusif et irréductible ? Hors de la réciprocité, autrui serait-il abandonné aux forces de la nature ?… Lire la suite…

  • La tentation du chaos, par Michel Leis

    Réponse au billet de Roberto Boulant : Une solution politique ? Quelle rafraîchissante naïveté !

    Les désordres du monde peuvent inciter aux amalgames, entre la violence physique exercée par les uns et une pression que nous subissons au quotidien, ressentie par nombre d’entre nous comme étant de moins en moins supportable. C’est oublier une ligne de fracture fondamentale, celle qui sépare les pays où les relations entre individus ainsi que l’exercice effectif du pouvoir se fondent sur les rapports de forces, et ceux où l’emploi effectif de la violence impose à tous la loi du plus fort.

    Un petit rappel s’impose : un rapport de forces décrit un état possible de la relation entre deux parties, il résulte de la volonté d’un des protagonistes d’imposer son point de vue afin d’obtenir un bénéfice matériel ou moral.… Lire la suite…

  • L’explication du prix par le rapport de force (V) Le « prix » d’un emprunt ou d’une obligation (deuxième partie)

    (I) Quand plusieurs mécanismes se greffent les uns sur les autres
    (II) Keynes et le double mécanisme de détermination du prix
    (III) L’intervention du temps dans la détermination du prix
    (IV) Le « prix » d’un emprunt ou d’une obligation (première partie)

    Résumons ce que j’ai expliqué dans Le « prix » d’un emprunt ou d’une obligation (première partie). Mis à part les tombées d’intérêt, il existe deux moments majeurs dans la vie d’un emprunt : son émission et son échéance. Entre ces deux moments existe une période durant laquelle il peut être acheté et vendu sur un marché secondaire.… Lire la suite…

  • L’explication du prix par le rapport de force (III) L’intervention du temps dans la détermination du prix

    L’explication du prix par le rapport de force

    (I) Quand plusieurs mécanismes se greffent les uns sur les autres
    (II) Keynes et le double mécanisme de détermination du prix

    Le risque pour l’acheteur dans la vente est que le produit ne corresponde pas à la description qu’en avait faite le vendeur, laquelle avait déterminé le prix auquel l’acheteur était prêt à acheter. S‘il y a eu tromperie, le cadre légal défini par le code civil permet un recours. Le risque dans une vente est un risque quant à la qualité du bien ou du service.

    La vente est une opération au comptant, ce qui signifie que la transaction qu’opère la vente est instantanée.… Lire la suite…

  • L’explication du prix par le rapport de force (I) Quand plusieurs mécanismes se greffent les uns sur les autres

    Quel est le mécanisme déterminant le prix de vente d’un bien ou d’un service ?

    Si l’offre est supérieure à la demande, le prix est déterminé par le rapport de force entre vendeurs et acheteurs, qui est alors favorable aux acheteurs en raison de la concurrence qui s’exerce entre les vendeurs soucieux de vendre un produit qui ne trouvera pas nécessairement acheteur ; le plancher du prix dans ce cas-là, sa borne inférieure, est le niveau de profit qui entame le niveau de subsistance des vendeurs, à savoir le niveau de profit zéro qui correspond à un prix fixé au niveau du coût de production.… Lire la suite…

  • PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – Profit, par Michel Leis

    Billet invité.

    Voilà un mot à tiroir, un mot que l’on entend tous les jours, son apparente limpidité le met à l’abri de tout soupçon, mais certainement pas de la critique. Hors de la sphère économique, un profit est un avantage que l’on peut tirer d’une situation quelconque, on profite d’une opportunité, de la défaillance de son adversaire. Par extension, on parle du profit des entreprises qui serait l’avantage monétaire tiré de leur exploitation, mais il existe une ambiguïté fondamentale : en France, le profit n’existe pas en tant que tel dans la comptabilité. Il y a des soldes intermédiaires de gestion, un résultat net, mais nulle trace d’une ligne « profits ».… Lire la suite…

  • PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – RAPPORT DE FORCES, par Michel Leis

    Billet invité.

    Rapport de forces

    Un rapport de forces décrit un état possible de la relation entre deux parties, il résulte de la volonté de l’un ou l’autre protagoniste d’imposer son point de vue. Une hiérarchie implicite se construit, elle repose sur une évaluation a priori du statut, de la force ou de la capacité de nuisance de l’autre partie. Il arrive parfois qu’aucune hiérarchie claire ne se dégage, le rapport de forces s’équilibre et conduit au pire à une situation de statu quo, et dans le meilleur des cas, à des formes plus ou moins étendues de coopération. Une situation de déséquilibre permet au vainqueur de cette confrontation tacite de se passer de l’accord d’autrui ou d’obtenir des avantages dans le cadre d’un accord nécessitant le consentement de l’autre partie.… Lire la suite…

  • Quelques éléments de construction des rapports de force en Europe, par Michel Leis

    Billet invité.

    L’Europe fait le grand écart entre une réglementation trop tatillonne dans certains domaines et qui laisse de grands vides dans d’autres. Elle a tout de la passoire Shadock (celle qui laisse passer les nouilles et retient l’eau) et ce n’est pas un vice de construction : c’est le reflet d’une démarche qui considère principalement l’aval et ignore superbement l’amont, pour le plus grand bénéfice d’un nombre très limité d’acteurs à même d’imposer leurs vues. C’est le terrain de jeu où s’épanouissent les rapports de force, patiemment construits ou reposant sur les nombreuses opportunités offertes par cette politique incohérente.

    En aval, la réglementation européenne entend protéger le consommateur par une information complète et accessible, en imposant des normes de qualité et environnementales, en faisant de la transparence un credo.… Lire la suite…

  • MISE EN DEMEURE, par Un Belge

    Billet invité.

    Hier, dans un échange de mails avec une amie, j’ai utilisé les mots « mise en demeure ». Rien d’agressif de ma part : nous écrivions un texte à quatre mains et ces mots ont surgi au milieu d’une phrase. Je voulais dire « injonction à prendre enfin nos responsabilités », et c’est « mise en demeure » qui est sorti. Mon amie s’est arrêtée sur l’expression, qui renvoyait pour elle à de mauvais souvenirs très concrets. Je me suis arrêté aussi, intrigué par l’apparition dans mon vocabulaire de cette expression d’huissier de justice. Décidément, me suis-je dit, la crise fait des ravages, jusque dans ma façon d’écrire.… Lire la suite…

  • Pourquoi le vote se fait à bulletin secret ?, par « Moi »

    Billet invité

    Le vote à bulletin secret est instauré en France en 1913, après d’âpres débats au parlement. Cette réforme rassemblait contre elle les députés dont la position sociale était la plus élevée. Les raisons en sont évidentes. Jusque-là, le vote à périodes déterminées était conçu comme une technique de ratification du pouvoir ; avec le secret grandit le risque de voir apparaître des opinions plus libres, plus individuelles, c’est-à-dire moins déterminées par l’ordre social établi. Que cette expression plus libre de la volonté populaire se soit produite ou pas, peu importe à cette étape de notre raisonnement. Ce qui compte pour nous est de savoir que le vote à bulletin secret est une tentative de donner le jour à une véritable liberté d’expression au moment d’élire les députés et surtout que cette liberté d’expression n’existait certainement pas en dehors de l‘isoloir.… Lire la suite…