Archives par mot-clé : Société Générale

Où en est-on ce matin ?

Ouf ! cinq minutes à moi ce matin ! Ce soir venez nous écouter, Susan George, Henri Guaino, Natacha Polony, moi-même et quelques autres. Ça se passe au 184 bd Saint-Germain, dans la ville de Paris. Il y aura là quelques souverainistes purs et durs et, non, cela ne fait pas de moi un ami de Poutine d’aller discuter avec elles et eux des traités internationaux. De 19h à 22h, ça nous laisse un peu de temps.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 10 JUIN 2016 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 10 juin 2016. Merci à Marianne Oppitz !

Bonjour, nous sommes le vendredi 10 juin 2016. Chambre d’hôtel, de nouveau, à Paris : hier soir j’ai été à Radio Nova. J’ai pu m’entretenir pendant une vingtaine de minutes avec les journalistes de Radio Nova. Il y aura un podcast, un de ces jours et je vous montrerai ça et vous écouterez ça. Tout à l’heure je serai en route et je prendrai le train pour Digne. Je fais un exposé à Digne à 18h30. Alors, si vous avez l’occasion d’être dans… c’est quoi, les Alpes Maritimes ? je ne connais pas très bien ma géographie [en réalité, les Alpes de haute Provence]. En tous cas, venez si vous êtes dans la région.

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Pourquoi l’on parlera dorénavant d’O. J. Simpson quand il sera question de Jérôme Kerviel

Vous souvenez-vous de l’affaire O. J. Simpson ? Je vous la rappelle en deux mots. O. J. Simpson est une vedette du football américain, puis un acteur habitué des séries télévisées. En 1994, son ex-épouse et un ami de celle-ci sont assassinés. O. J. est inculpé, mais sera acquitté lors de son procès. En 1997 a lieu le procès intenté contre O. J. Simpson par la famille de chacune des victimes. Reconnu coupable de leur meurtre, il est condamné à une amende de 33,5 millions de dollars.

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11 février 2016 – Spécial Bourse – Les bourses européennes en très forte baisse

Le CAC 40 perd en ce moment (11h00), 3,93%, il a perdu 13,44% depuis le début de l’année.

Le cours de l’action de la Société Générale est en baisse de 14,45% par rapport à hier. En un mois, l’action de la 3ème banque française a perdu plus de 30% de sa valeur. Selon le Wall Street Journal, la Société Générale a récemment gonflé ses réserves pour faire face aux poursuites dont elle fait l’objet aux États-Unis, de 400 millions d’euros à 1,7 milliards d’euros.

Mise à jour (18h00) : sur la séance, le CAC 40 aura perdu 4,05% ; l’action Société Générale, – 12,57%.

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Finalement l’affaire Kerviel est bien l’affaire Société Générale !, par Roberto Boulant

Billet invité.

« Quand vous en parlez, tous les gens qui sont un peu dans la finance, ils rigolent, sachant très bien que la Société générale savait. (…) La Société générale savait, savait, c’est évident, évident », c’est selon Médiapart et 20 minutes ce que déclare dans un enregistrement fait à son insu, Chantal de Leiris, ancienne vice-procureure au parquet de Paris.

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L’AFFAIRE, par Zébu

Billet invité

« Encore faudrait-il, avant même d’envisager d’éventuels enseignements à en tirer, que l’Affaire Kerviel commence d’en être véritablement une. »

L’Affaire Dreyfus, elle, devient une Affaire, du fait qu’un Colonel Picquart, membre de la même institution que Dreyfus (et n’ayant cependant guère de sympathie pour celui-ci), dénonce la machination contre le capitaine Dreyfus. C’est ce qui conduit à ce qu’un faux soit fabriqué (qui sera reconnu comme tel par la suite) pour masquer les véritables coupables. Ce n’est qu’alors que Zola publiera dans L’Aurore son fameux « J’accuse ! ».

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Société Générale, « de quoi avez-vous peur ? », par Pierre Lalo

Billet invité

«De quoi avez-vous peur ?» s’étonnait David Koubbi, l’avocat de Jérôme Kerviel en s’adressant devant le président du tribunal, Olivier Larmanjat et ses assesseurs aux avocats de la Société Générale. La question lancinante n’ayant pas trouvé de réponse, le doute flottait lourdement dans l’atmosphère chargée de la chambre de la cour d’appel de Versailles. Un brouillard épais s’est installé du début à la fin de la séance dans les esprits d’un public médusé sans qu’aucun voile n’ait pu être levé par la banque et le Ministère Public. La défense de la Société Générale, dans sa bouche d’apprenti-sorcier, s’est évertuée à jouer du « pipeau à deux trous » selon David Koubbi,  pour sonner incontestablement faux et dérisoire, pourtant, la Société Générale n’a rien à craindre dit-elle.

Devant la cour d’appel de Versailles, ce 13 novembre 2014, le début de procès civil était dédié à la demande d’une expertise indépendante suite à la cassation partielle de la décision d’appel du 24 octobre 2012 qui condamnait Jérôme Kerviel à 4.915 milliards d’euros de dommages et intérêts. La question cruciale est de savoir comment répartir les responsabilités des parties et la réparation du préjudice allégué à 4.915 milliards d’euros de dommages et intérêts par la Société Générale sans expertise indépendante de ses comptes. Comment savoir précisément comment la banque  a abouti à la somme explosive d’un montant de 4.915 milliards d’euros qu’elle a instituée sur une seule page de format A4 de manière déclaratoire, sans que cette somme ne soit jamais réellement examinée et remise en question ?

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À propos de « KERVIEL : L’Affaire, que l’on ira liquider, par Zébu », un commentaire de vigneron

Billet invité. À propos de KERVIEL : L’Affaire, que l’on ira liquider, par Zébu.

Ce que refuse de voir Zébu, c’est que désormais, et grâce à cette cassation – même cantonnée au civil, l’affaire redémarre à zéro et ce jusqu’aux condamnations pénales puisque rien ne nous dit qu’une possibilité de révision ne puisse apparaître dès lors que la Cour d’appel de Versailles daigne examiner sérieusement les manques flagrants qui apparaissent dans l’instruction vis-à-vis des responsabilités réelles de la Société Générale.

Zébu nous parle de « la force de la chose jugée au pénal » qui empêcherait nécessairement qu’il se passe autre chose à Versailles qu’un simple calcul de quantum de responsabilité dans la perte sur la seule base des éléments déjà présents au dossier sans nouvelle expertise et donc sans fait nouveau. Sauf que la Cour de cassation a bel et bien effectué ici un considérable revirement de jurisprudence (attesté par tous les juristes) en matière de responsabilité de la victime dans une affaire pénale, sans trop se soucier des conséquences éventuelles sur « la force de la chose jugée au pénal ». Et derrière une décision pareille il ne fait guère de doute que Versailles prendra tous les moyens possibles pour déterminer, à nouveaux frais, les responsabilités de chaque partie, i.e. « on repart à zéro ». Et si l’instruction du juge Van Ruymbeke s’avérait avoir été bâclée ou avoir été uniquement à charge, cela apparaîtra alors. Sans égard pour les dénis d’évidence de notre camarade Zébu ou les mugissements des conseils de la Société Générale…

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KERVIEL : L’Affaire, que l’on ira liquider, par Zébu

Billet invité

J’ai écrit deux billets sur l’Affaire Kerviel : « Un rapprochement Kerviel/Dreyfus a-t-il un sens » et « L’Affaire, avec ou sans Jérôme Kerviel« .

Pour sa part, Paul Jorion a écrit toute une série de billets sur le sujet depuis 2008, comme il le rappelle dans sa vidéo récente.

Deux jours après l’arrêt de la Cour de Cassation, je voudrais donc faire le point sur l’Affaire, pour tenter d’y voir clair, entre les déclarations tonitruantes des uns, le silence des autres et les points de cet arrêt et ses potentielles suites juridiques.

On peut commencer comme Paul par rappeler que Kerviel n’est pas innocent. Il ne le prétend pas lui-même d’ailleurs et je partage l’analyse de Paul quant à sa vision ‘bourdieusienne’ des habitus manquants de Kerviel, qui lui auraient certainement permis soit de ne pas s’exposer sans assurances d’avoir été couvert par sa hiérarchie, soit de décrire le contexte comme aurait dû le faire un véritable ‘insider’, voir même de négocier sa sortie proprement avec la banque sans risque de passer trois ans en tôle.

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Bienvenue au procès de la Société Générale !, par Pierre Lalo

Billet invité.

Le pourvoi en cassation par Jérôme Kerviel et sa défense s’est concrétisé ce mercredi 19 mars 2014 par une victoire, le cinquième moyen sur la question de droit civil de la réparation intégrale du dommage est logiquement et évidemment validé par la Cour de Cassation.

Les moyens sur la partie pénale sont certes rejetés mais pour la partie civile de l’arrêt de la Cour de Cassation, les juges ont adopté un raisonnement tangible : la théorie de la réparation intégrale suivie par les juges du fond ne tenait pas et n’était pas consistante avec cette affaire précise.

Cette cassation partielle nous autorise à affirmer ainsi que l’a déclaré Me Patrice Spinosi devant la presse : ce sera « le procès de la Société Générale ». C’est un énorme soulagement de constater que c’est enfin, au goût du jour, l’opportunité d’examiner la faute de la banque.

Si la Cour de Cassation persiste comme les juges du fond à considérer que la banque n’avait pas connaissance des activités du jeune trader, en revanche elle constate que la cour d’appel s’est focalisée uniquement sur la responsabilité de Jérôme Kerviel. Si elle a reconnu les fautes de la Société Générale, elle s’est contentée d’en rester là, sans jamais les examiner et lui reconnaître une responsabilité. Or, c’est cela même que la plus haute juridiction de notre république somme les juges du fond d’analyser en détail. Aujourd’hui, notre institution suprême a « montré sa liberté et son indépendance et elle a indiqué que ce n’est pas une affaire à cinq milliards d’euros », a déclaré Me Koubbi, ajoutant « Nous repartons à zéro sur ce sujet. »

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#include /* Paramétrage Eliot */
#include /* Pour la cour de justice */
#define dire(x) mensonge(x)
#define utilisateurdordinateur
#REPARER _BUGS_LOGICIEL_SOCIETE_GENERALE
, par Pierre Lalo

Billet invité.

Que d’élucubrations, que de mots savants et d’exagérations ont été racontés par l’avocat de la Société Générale à l’audience de la cour de Cassation, le 13 février 2014, lors de l’examen du pourvoi de Jérôme Kerviel pour faire annuler la décision de la cour d’appel du 26 octobre 2012.

Entre autres curiosités lexicales, il a fait observer à l’assemblée des magistrats que Jérôme Kerviel, opérateur de marché de la Société Générale, « paramétrait les logiciels » pour dissimuler des opérations de trading. Puisque cette question épineuse est source de causerie diverse, je reprends ma plume pour mon plus grand plaisir afin de compléter mes propos.

La question qui est posée par certains lecteurs est de savoir si, les salariés de la Société Générale, utilisateurs lambda des systèmes informatiques, sont autorisés à pratiquer de la configuration standard comme par exemple, la possibilité de configurer la langue ou alors la taille de police d’un logiciel, ou bien s’ils peuvent mettre les mains dans la mécanique des paramètres comme un administrateur de progiciel ?

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#include /* Pour la cour de justice */
#define dire(x) mensonge(x)
#define utilisateurdordinateur
#REPARER _BUGS_LOGICIEL_SOCIETE_GENERALE
, par Pierre Lalo

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Quelques (futures) taches de honte sur notre drapeau ? (*) Pourquoi la Cour de cassation doit donner droit aux moyens soulevés par M. Jérôme Kerviel, par Jean-Philippe Denis

Billet invité. L’affaire Kerviel sur le blog, c’est ici.

Pour filer un ancien premier Ministre au sens du verbe bien connu, voilons nos regards, puisque quelques taches futures de honte s’apprêtent à mieux orner encore notre drapeau.

On ne reviendra pas sur les faits, ni sur le procès et le jugement de première instance, ni sur l’arrêt d’appel. L’heure est à l’étude du pourvoi par la Cour de cassation, le 23 février prochain. Avec l’avocat général qui a donc préconisé le rejet de tous les moyens soulevés par Jérôme Kerviel. Kerviel, lui, ne s’arrêtera pas. Il ira ensuite devant la Cour européenne des droits de l’homme. Il gagnera alors, probablement. Enfin.

Passons sur les deux premiers chefs d’accusation : le faux et usage de faux comme l’introduction frauduleuse de données dans un système informatisé sont indiscutablement constitués. Puisque Jérôme Kerviel n’a jamais nié ceci.

Reste le troisième chef d’accusation : l’abus de confiance. Trois ans de prison et 375.000 € d’amende. Pourquoi pas. Mais pas 4.915.610.154 euros de dommages et intérêts. Non, pas les 154 euros. Pas même les 54. Pas même les 4 baguettes de pain finales. Ce n’est pas sérieux.

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LE SOIR, Condamnation de Fabrice Tourre : l’arbre qui cache la forêt, le samedi 3 août 2013

Un entretien avec Dominique Berns, dans le quotidien belge

Anthropologue de formation, docteur en sciences sociales de l’ULB, Paul Jorion a travaillé une dizaine d’années dans le monde de la finance américaine et fut l’un des premiers à découvrir la bombe des « subprime » avant qu’elle n’explose. Aujourd’hui détenteur d’une chaire à la VUB, il écrit et tient un blog très suivi (www.pauljorion.com).

Q : Fabrice Tourre a été jugé coupable. Votre réaction ?

R : On a pris cette mauvaise habitude de désigner comme victime expiatoire un responsable situé pas trop haut dans la hiérarchie. En France, c’est ce qui s’est passé avec Jérôme Kerviel (NDLR : le trader qui a fait perdre 4,9 milliards d’euros à la Société générale). On refuse de désigner les vrais coupables, ceux qui ont pris la décision de mener ces politiques. Dans le cas de Fabrice Tourre, c’est une façon de ne pas traiter la question qu’on veut éviter depuis 2008, celle des banques systémiques, beaucoup trop grandes, et dont les mauvaises décisions font peser un risque sur l’ensemble du système.  On fait alors sauter les fusibles.

Q : Pour vous, Goldman Sachs aurait dû être sur le banc des prévenus…

R : Il n’y a aucun doute que la politique appliquée par Fabrice Tourre était celle de Goldman Sachs, qui a d’ailleurs accepté de payer une amende très, très importante (NDLR : 550 millions de dollars) pour faire cesser les poursuites à son encontre. De nombreux articles de presse, mais aussi le livre de Michael Lewis, The Big Short (publié en français sous le titre Le casse du siècle) ont décortiqué la stratégie de la firme. Face à la crise des « subprime », Goldman Sachs a essayé de se refaire, comme on dit au casino.

Q : Pour la Security and Exchange Commission (SEC, le régulateur américain des marchés financiers), Goldman Sachs et Fabrice Tourre ont en effet conçu et vendu à certains de leurs clients un produit financier, Abacus 2007, contre lequel voulait spéculer un grand fonds spéculatif, le Fonds Paulson… sans le leur dire. Puisqu’il fallait que des gens parient à la hausse pour que Paulson puisse parier à la baisse.

R : Et à qui ont-ils vendu ce produit ? A des gens mal informés : la banque régionale allemande IKB, ABN Amro… Le timing est essentiel. Car il faut rappeler que si l’homme de la rue date la crise financière de septembre 2008, les problèmes commencent en février 2007, un an et demi auparavant. Et des Goldman Sachs, des Paulson en sont très vite conscients. Mais il semble que les magistrats, soit n’ont pas les compétences suffisantes pour comprendre les exposés techniques nécessaires quand il s’agit de leur expliquer ces produits financiers, soit – et ce serait beaucoup plus grave – sont de mèche avec l’establishment financier, parce que la « raison d’État » exigerait qu’on ne remette jamais en question la direction de ces grandes banques, dont l’insolvabilité ne tient effectivement qu’à un fil.

Q : Dans l’affaire Tourre, c’est la SEC elle-même qui a proposé une transaction à Goldman. Sans doute parce qu’un procès contre la firme était loin d’être gagné d’avance… Une occasion manquée ? Une mauvaise excuse ?

R : Un procès contre Goldman serait certainement difficile en raison de la dérégulation qui a eu lieu et parce que la plupart des décisions douteuses sont conformes à ce que préconise la « science » économique. Mais cela ne justifie pas que l’on se tourne uniquement vers des personnes du troisième ou du quatorzième rang. D’autant que les dossiers qui conduisent au versement d’une amende, comme celle qu’a payée Goldman, sont extrêmement bien construits.

Q : Les agences de notations sont également en arrière-fond du procès Tourre. Elles avaient, rappelons-le, donné la meilleure note, soit le « tripe A », au produit Abacus 2007…

R : Elles savaient qu’il n’y a pas de méthodes fiables pour déterminer la notation de ce type de produit ; elles l’ont reconnu quand elles ont été mises sur la sellette en 2008-2009. Mais elles étaient en concurrence les unes avec les autres et savaient bien que si elles ne notaient pas le produit, un  concurrent le ferait et leur prendrait des parts de marché.

Q : Un mot sur l’affaire Kerviel. Pour vous, Jérôme Kerviel n’est pas le trader malveillant qu’a décrit la Société générale ?

R : Non. C’est, au départ, une affaire banale. Très rares sont les bons traders : il y en a 5%, ou peut-être seulement 1%, qui font carrière. Mais, au début, certains peuvent être chanceux, car que vous pariiez à la hausse ou à la baisse, vous avez 50% de chance de viser juste. C’est pourquoi votre employeur bâtit directement un dossier contre vous, car dans ce métier, on enfreint généralement les règles. De sorte que le jour où la chance vous quitte, quand vos pertes atteignent 20 ou 30% de vos gains, il puisse vous dire d’aller voir ailleurs.

Q : Dans l’affaire Kerviel, la Société Générale fait état d’une perte de 4,9 milliards d’euros…

R : Jérôme Kerviel avait fait gagner un milliard et demi à la Société Générale. Mais le jour où la banque a voulu déboucler les positions qu’il avait prises était l’un des pires dans l’histoire boursière. La perte a été considérable et la SocGen a décidé de transmettre le dossier à la justice. Pourquoi ? Pour être remboursée par l’État – donc par le contribuable français – à hauteur de 1,7 milliard (NDLR : en France, une banque peut récupérer un tiers de ses pertes si celles-ci résultent d’une action frauduleuse). Le procès Kerviel a été une autre occasion manquée de mettre en cause un système qui a déraillé…

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UN RAPPROCHEMENT KERVIEL / DREYFUS A-T-IL UN SENS ?, par Zébu

Billet invité.

Peut être davantage qu’on ne l’imagine aujourd’hui.

Même si la comparaison ne s’impose pas au premier abord entre l’affaire Kerviel et l’affaire Dreyfus, on découvre aisément des thématiques communes par-delà les dissemblances :

– la corruption et la vénalité des acteurs d’un système mis ‘hors-sol social’, comme l’armée l’était après 1870 et la défaite de Sedan, comme la banque l’est dans l’après 2008 : un système se concevant comme en-dehors de la loi commune

– la désignation d’un bouc-émissaire pour mieux masquer les défaillances de certains, membres à part entière, eux, de ce système : Dreyfus hier comme parvenu juif et alsacien, Kerviel aujourd’hui comme parvenu trader breton, produit du simple circuit universitaire. Ni l’un ni l’autre ne sont issus du ‘sérail’ mais de la méritocratie, en ayant gravi les échelons pas à pas, mais sans pouvoir dépasser les grades intermédiaires (capitaine, trader)

– la haine, raciale hier, sociale aujourd’hui : Kerviel ne disposait pas des réseaux qui auraient dû accompagner le ‘niveau d’investissement’ que lui avait autorisé le top management de la Société Générale. Kerviel était facile à ‘carboniser’, comme l’était le ‘petit juif alsacien’ : de fait, son ‘immolation’ ne fit pas beaucoup de remous en interne comme ce fut le cas pour Dreyfus de 1894 à 1897 (on peut imaginer que ses positions auraient été ‘débouclées’ avec davantage de discrétion s’il avait été polytechnicien…)

– la gestion médiatique de l’affaire, qui suit les méandres judiciaires avant qu’ils ne deviennent (peut-être ?) politiques

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FRAUDE FISCALE : J’AI VRAIMENT BIEN DE LA CHANCE !

Vous savez, j’ai vraiment bien de la chance. Le soldat Bradley Manning est traduit en justice en ce moment-même, devant une cour martiale aux États-Unis ; Julian Assange est confiné à l’ambassade de l’Équateur à Londres, sachant qu’il sera arrêté s’il cherchait à en sortir ; Aaron Swartz s’est suicidé, la rumeur voulant que la raison en est son intime conviction qu’il serait inculpé de bien davantage que d’effraction d’une base de données universitaire ; quant à Edward Snowden, il est quelque part à Hong Kong, et pas près d’en sortir. Tout cela pour avoir répété des horreurs : des choses abominables que l’on chuchote sans doute mais que l’on ne dit jamais, au grand jamais, à voix haute. Et moi, je m’apprête à vous répéter des horreurs du même acabit alors que, assis confortablement dans mon fauteuil, je ne cours absolument aucun risque d’arrestation.

Pourquoi ? parce que je vais me contenter de mettre sur le papier ce que je viens d’entendre dire dans une vidéo sur un site-toile, et que je n’ai même pas à me presser à la pensée que ce matériau subversif risque de disparaître dans les secondes qui viennent pour être remplacé par un laconique : « Retiré par l’usager » puisque le site en question est celui du Sénat de la république française, et que je ne ferai rien de plus que rapporter les propos de M. Pierre Condamin-Gerbier, gestionnaire de fortune, ancien associé-gérant chez Reyl Private Office, devant la Commission d’enquête sur le rôle des banques et acteurs financiers, le 12 juin 2013, autrement dit, mercredi de la semaine dernière.

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