Pourquoi l’on parlera dorénavant d’O. J. Simpson quand il sera question de Jérôme Kerviel

Vous souvenez-vous de l’affaire O. J. Simpson ? Je vous la rappelle en deux mots. O. J. Simpson est une vedette du football américain, puis un acteur habitué des séries télévisées. En 1994, son ex-épouse et un ami de celle-ci sont assassinés. O. J. est inculpé, mais sera acquitté lors de son procès. En 1997 a lieu le procès intenté contre O. J. Simpson par la famille de chacune des victimes. Reconnu coupable de leur meurtre, il est condamné à une amende de 33,5 millions de dollars.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela signifie que la justice civile a parfois honte de la manière dont la justice pénale se conduit, et le lui fait savoir. C’est ce qui s’est passé aux États-Unis en 1997, et le parallèle s’impose avec ce qui s’est passé en France, aujourd’hui, le 7 juin 2016. La différence mineure dans le cas de l’affaire Jérôme Kerviel, c’est que c’est le droit du travail qui fait honte au pénal, en condamnant la Société générale à verser 450.000 euros à l’ancien trader, pour l’avoir licencié « sans cause réelle ni sérieuse » et dans des « conditions vexatoires ».

Il y a donc une justice, même si elle n’est pas une et entière, saluons-la !

J’ai soutenu Kerviel dans les minutes qui ont suivi l’annonce de son inculpation (°), et au fil des années, j’ai dénoncé la raison d’État (*) qui s’efforçait de le broyer. La peur change de camp, c’est une excellente chose. Ce sont les véritables responsables de cette affaire qui sont maintenant aux abois. Mais il ne faut pas s’en arrêter là : il faut maintenant qu’il y ait révision de la condamnation de Kerviel au pénal.

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(°) Le Blog de Paul Jorion, « Rogue trader », le 24 janvier 2008

(*) Le Monde, « Kerviel ou le nécessaire procès de la raison d’État », le 21 mai 2014

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