Archives par mot-clé : Terminator

Films-culte et milieu bancaire

La première des 6 leçons que j’ai données à l’Université catholique de Lille durant l’année académique passée, sur le thème « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain », était consacrée à 4 films dystopiques : On the Beach (Le dernier rivage), Terminator, Elysium et Interstellar.

J’ai retravaillé ces jours-ci cette leçon pour l’intégrer dans le livre que Vincent Burnand-Galpin et moi rédigeons en ce moment : État d’urgence. Comment sauver le genre humain.

Et cela m’a conduit à m’intéresser à la notion de « film culte ». Du coup je viens de revoir ces jours-ci V for Vendetta, Fight Club, et ce soir The Usual Suspects. Et si rien ne m’arrive d’ici-là, ce sera le tour demain du Rocky Horror Picture Show.

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Université catholique de Lille, « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? » (1 de 6), Quel scénario pour les années qui viennent ? – Retranscription

Retranscription de Université catholique de Lille, Paul Jorion : « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? », première de six conférences, le 6 novembre 2018. Merci à Eric Muller ! Ouvert aux commentaires.

Je précise que, de formation, je suis anthropologue et sociologue et que j’ai acquis ensuite, sur le côté – vous savez que ça prend un certain nombre d’années – une formation de psychanalyste. J’essaye de faire bénéficier mes analyses de l’ensemble de ces éclairages. Il y a un éclairage supplémentaire, c’est le fait que j’ai fait carrière pour la plus grande partie de ma vie dans le secteur privé, à l’intérieur de la vraie vie, tout d’abord en étant pêcheur en mer pendant une petite période – pendant une période de dix-huit mois – et ensuite en travaillant pendant dix-huit ans dans le secteur de la banque, dans de nombreux pays : j’ai commencé en France, ensuite en Angleterre puis aux Pays-Bas, et ensuite douze ans aux États-Unis. Une multitude d’éclairages qui, j’espère, permettent que j’aie une boîte à outils peut-être un peu plus vaste que la plupart des gens qui posent le regard sur des problèmes particuliers. J’espère que cet ensemble d’outils possibles, d’éclairages dans plusieurs directions, permette de donner à certains phénomènes toutes leurs dimensions, de les prendre par tous les bouts où ils se posent.

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Le Média, COMMENT LES « ÉLITES » NOUS MÈNENT AU DÉSASTRE – PAUL JORION, le 8 janvier 2019

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Le dernier humain, à la machine qui s’apprête à le terminer : « Mission accomplie ! »

Martin Rees est le quinzième Astronome Royal du Royaume-Uni depuis 1675, date de création du poste dans l’entourage du roi : « Pour s’appliquer avec le soin et la diligence les plus exacts à la rectification des tables des mouvements des cieux, et des positions des étoiles fixes, afin de découvrir la longitude tant désirée des endroits pour le perfectionnement de l’art de la navigation ».

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« Tu es terminé », par Cédric Chevalier

Billet invité. À propos de la vidéo Le temps qu’il fait le 15 août 2014 : Le Grand Décentrement (la retranscription est ici).

Après le « Temps qu’il fait » de Paul Jorion du 15 août 2014, au sujet du « Grand Décentrement », je n’ai pu m’empêcher de repenser à un film de science-fiction qui figure parmi les meilleurs du genre selon moi. Bien que centré de prime abord sur une montagne de muscle qui parcourt sans s’émouvoir des scènes de combat à mains nues, de cascades, d’explosions, de poursuites et de tirs au moyen d’un arsenal qui comprend tous les calibres,  Terminator (et ses suites) n’est pas un film d’action comme les autres.

Servi par un scénario et un acteur exceptionnel, il est un exemple frappant de ces œuvres qui donnent toutes ses lettres de noblesse à ce genre qu’est la science-fiction. La science-fiction est née dans l’histoire au moment où la technologie envahissait peu à peu l’environnement jusque-là « low tech » de l’Humanité. A mesure que l’Homme était dépassé par ses créations, par ses machines et son infrastructure, des artistes, toujours à l’avant-garde des évolutions sociétales, imaginaient des futurs qui extrapolaient les tendances contemporaines. L’anticipation de la technologie du futur et de ses mondes lointains est devenue un moyen d’explorer les possibles politiques, sociaux, économiques, moraux de l’Humanité. « L’expérience mentale » explicite chère à la philosophie s’est vulgarisée et popularisée dans des romans et des films, de manière symbolique et implicite. La convention avec le lecteur ou le spectateur a perduré jusqu’à aujourd’hui, où la science-fiction est devenue un genre bien établi.

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BFM Radio, lundi 4 octobre à 10h46 – Une boucle de rétroaction « Skynet »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Jeudi dernier, dans un rapport conjoint, la SEC (Securities & Exchange Commission) et la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), ont publié leur verdict sur l’enchaînement des événements qui ont conduit au « krach éclair » (flash crash) du 6 mai dont furent victimes les marchés boursiers américains au comptant et à terme (1).

Le rapport préalable et l’audition du 11 mai devant le sous-comité du Congrès américain pour les services financiers, avaient émis une multitude d’hypothèses, allant de l’erreur humaine à l’attentat terroriste, alors qu’ici, une cause unique a été retenue : un ordre de vente portant sur un grand nombre de contrats sur un marché à terme, dont les ramifications expliqueraient l’ampleur que devait prendre la crise : une baisse des cours de près de 10 %, dont 5 % sur un espace de quatre minutes seulement, suivie d’un rebond. Les marchés s’en étaient tirés à bon compte en n’essuyant, en clôture qu’une perte d’environ 3 %.

Mettre en évidence un facteur unique participe bien entendu d’un effort de la part de ces deux régulateurs de rassurer les intervenants sur ces marchés que la cause a été déterminée sans équivoque et que des mesures seront prises visant à prévenir le retour du même type d’accident. La rentabilité de ces marchés en dépend car ils subissent depuis le 6 mai une désaffection qui va en s’accélérant, un grand nombre d’intervenants étant convaincus, non seulement que le risque que le même genre de krach éclair se reproduise n’est pas écarté, mais aussi, et de manière plus générale, que ces marchés sont désormais corrompus par la manipulation et que le krach éclair a joué de ce point de vue un rôle de révélateur. Le feu est en la demeure puisqu’on compte qu’entre le deuxième et le troisième trimestre de cette année, le volume des transactions sur les bourses américaines a baissé de 25 %.

Ceci dit, l’explication du krach éclair en termes de cause unique fait long feu dans la mesure où cette cause unique ne fait sens que dans un contexte où un grand nombre des autres facteurs qui avaient immédiatement été mentionnés comme d’éventuels coupables doivent également être mobilisés dans l’explication.

La version officielle est la suivante : dans un contexte de marché baissier (l’inquiétude relative à un défaut éventuel de la Grèce sur sa dette publique étant grande) une firme dont le nom n’est pas mentionné mais en laquelle chacun reconnaît Waddell & Reed Financial Inc. un fonds de type Sicav, cherchant à se couvrir contre cette baisse, a lancé un ordre de vente de 75.000 contrats sur le marché à terme du E-Mini, l’un des marchés du CME (Chicago Mercantile Exchange), reproduisant le panier de titres composant l’indice boursier S&P 500 (intégrant les résultats de 75 % du marché boursier américain). Il s’agissait d’un ordre énorme à l’échelle de ce marché et qui n’était associé à aucune instruction relative au prix exigé. Les ventes des premiers paquets de contrats ont rapidement épuisé les ordres d’achat présents sur l’autre versant du marché à des niveaux proches du cours initial. Les ventes portant sur de nouveaux paquets de contrats n’ont pu se satisfaire qu’en trouvant en face des ordres d’achat de plus en plus rares et à des niveaux de prix de plus en plus bas.

Le premier diagramme, extrait du rapport, montre la divergence qui naît à partir de 10:00 h entre ordres de ventes (en hausse constante) et ordres d’achat (dont le nombre baisse) qui, épuisés par les ordres de ventes plus nombreux et n’étant pas renouvelés (sur un marché pessimiste), tombent à près de zéro à 14:45 h avant de rebondir.

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