Archives par mot-clé : ultralibéralisme

CE N’EST PAS DIEU QUI NOUS SAUVERA ! – (retranscription)

Retranscription de Ce n’est pas Dieu qui nous sauvera !. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le samedi 22 novembre, et donc on est tout à fait en dehors de ma série qui se passe le vendredi, puisque j’avais fait une [vidéo hier], mais il m’arrive de me lever le matin, ou bien de prendre ma douche et qu’il y ait une idée qui me vienne et dont j’ai envie de parler. Parfois, ce sont des réflexions non abouties, et j’appelle ça « Paul Jorion pense tout haut », parfois j’ai une idée de quoi je veux parler, et alors je peux donner à mes réflexions un titre. Et aujourd’hui, je leur donnerai un titre, parce que je sais de quoi je voudrais vous parler. J’ai envie de vous parler de « Ce n’est pas Dieu qui nous sauvera ». Voilà. Qu’est-ce qui m’y a fait penser, eh bien, une convergence de mes réflexions sur Keynes qui sont en train de se terminer, parce que je vais mettre un point final à ce manuscrit sur Keynes, mais aussi la discussion que j’ai ouverte moi-même, je crois que c’était il y a un peu plus de quinze jours, sur le blog, à propos de ce film que je suis allé voir, comme je vous l’ai dit, simplement parce que j’en avais entendu une très mauvaise critique sur le site en ligne du journal Le Monde.

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CORPS ROMPUS, par Albert Mince

Billet invité.

Hasard des vacances et du travail, pendant quelques semaines j’ai coupé presque tout lien avec l’actualité, juste après l’affaire Bygmalion. Courant septembre, en renouant avec mes flux d’information, voilà, pêle-mêle, les déclarations surréalistes de Macron, la honte Thévenoud, l’indigne Morelle, le douteux Cambadélis, le feuilleton de mœurs Hollande et Valérie, la surprise Andrieux, Moscovici soupçonné, l’indépassable Flosse, l’encore plus indépassable couple Balkany (!), les affaires Sarko (épisode numéro…?), et encore cette semaine, le cas Yves Jégo examiné, le maire de Bobigny en difficulté…

À quelques jours de la rencontre publique organisée par Mediapart au Théâtre de la Ville, le 19 octobre, force est de constater que la question des effets de la corruption en politique ne perd pas en intensité.

Aussi loin que je m’en souvienne, c’est-à-dire les années 1980, ce n’est pas nouveau : les « affaires » sont incessantes. Pourquoi ne choquent-elles pas plus ? La corruption, c’est un signal, une information très forte, ou qui devrait l’être.

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Les otages – Vote de confiance pour le gouvernement Valls II à l’Assemblée Nationale cet après-midi

Président otage de la religion féroce ultralibérale européenne, otage de la Dette nationale restaurant le servage pour la servir, otage des lobbies rédigeant les textes qui deviendront lois.

Premier ministre otage de la religion féroce ultralibérale européenne, otage de la Dette nationale restaurant le servage pour la servir, otage des lobbies rédigeant les textes qui deviendront lois.

Députés et sénateurs – tous partis confondus, otages de la religion féroce ultralibérale européenne, otages de la Dette nationale restaurant le servage pour la servir, otages des lobbies rédigeant les textes qui deviendront lois.

 

Programme alternatif : dynamiter le cadre ultralibéral européen, défaut généralisé sur la Dette au sein de la zone euro, mettre la Loi à l’abri des lobbies par une Constitution pour l’économie.

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VentsContraires.net – Paul Jorion : « Le monde des affaires est fasciné par le darwinisme »

(I) « Nous nous débarrassons du travail de manière massive »
(II) « La personne remplacée par une machine n’en profite absolument pas »
(III) « Les machines pourraient financer une allocation universelle »
(IV) « Pas de décroissance sans remise en question de la propriété privée »
(V) « Peut-on sortir d’un modèle économique fondé sur la croissance ? »
(VI) « Les Luddites avaient compris la réalité du développement technologique »
(VII) « Reconstituer la planète, c’est du travail… et de l’emploi »
(VIII) « Sur Internet, le monde de l’argent veut éliminer celui de la gratuité »

Sur le site VentsContraires.net

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RÉSULTATS DES ÉLECTIONS EUROPÉENNES : FINALEMENT CE N’EST PAS TRÈS DIFFICILE À INTERPRÉTER !

Une discussion à ce sujet aura lieu cet après-midi. Les commentaires seront ouverts entre 16h et 18h sur la page Les débats du blog de Paul Jorion, précisément ici.

Ben non, ce n’est pas très compliqué parce que voyez vous-même : les Italiens sont devenus socialistes et populistes, les Grecs sont devenus communistes, les Britanniques populisto-isolationnistes, et les Français, tout comme les Danois d’ailleurs, sont devenus fascistes.

Quant au parlement européen lui-même, là aussi les choses sont claires : belle victoire pour la droite puisque les socialistes et les libéraux reculent, et belle victoire pour la gauche puisque la droite et les libéraux reculent !

Faut-il continuer le raisonnement pour prouver qu’une interprétation des élections européennes en termes de partis politique n’a aucun sens ?

Alors que s’est-il passé en Europe ? Il y a eu un vote massif (y compris de ceux qui ont voté en restant chez eux) contre l’austérité, contre les gouvernements mondiaux non-élus (Fonds monétaire international, Commission européenne, TAFTA, NSA, transnationales et tutti quanti) et en fait contre l’ultralibéralisme sous toutes ses formes, que celui-ci soit représenté par des libéraux fiers de l’être, par des conservateurs de tout poil ou par des partis socialistes de droite.

Les Européens n’ont pas voté pour des partis : ils ont voté pour des personnalités. Quelles personnalités ? C’est très simple : celles les plus susceptibles dans leur propre pays d’aller taper du poing sur la table et d’aller expliquer pourquoi elles tapent sur la table dans un discours cohérent (les adeptes de la colère pour la colère ont également pris une raclée). Et dans tel pays cette personnalité est d’extrême-droite et dans tel autre d’extrême-gauche, apolitique au sens « gauche / droite », ou que sais-je encore, cela n’a aucune importance : ceux qui sont allés voter sont allés voter pour la capacité à taper du poing sur la table et à dire clairement pourquoi.

Mon influence personnelle dans ce qui s’est passé hier se situe à un endroit difficile à préciser entre le nul et l’insignifiant. Faut-il pour autant que je cache ma satisfaction que les électeurs européens ont fait ce que je leur suggérais de faire ? À savoir envoyer à Strasbourg et à Bruxelles le maximum de parlementaires qui répéteront inlassablement et avec force : « Non et non, et encore non ! » aux prêtres de la religion féroce qui nous gouverne et dont nous ne voulons pas, et ceci, jusqu’à ce que le message passe ! Les électeurs de toute l’Europe l’ont fait, et à leur manière aussi, les abstentionnistes. Bravo !

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DRAME DE L’INCULTURE, par Pierre-Yves Dambrine

Billet invité.

Comment ne pas réagir aux propos du plus récent François Hollande, auto-proclamé social-démocrate, quand il annonce une politique franchement libérale et qui affirme que le Pape, « grande autorité morale », peut être « utile » et « précieux » sur plusieurs dossiers qu’il compte aborder lors de sa rencontre avec François : « visite d’un chef d’État à un chef d’État ».

Le président Hollande ignore-t-il les deux textes de référence sur l’éthique (ou morale) en économie que sont Caritas in veritate et Evangelii gaudium ?

S’il ne les ignore pas, comment peut-il affirmer qu’il se situe dans le camp de ceux qui trouvent des mérites à la pensée chrétienne alors qu’il vient d’impulser à la politique économique française un coup de barre en sens inverse de ce qu’il faudrait faire pour introduire de l’éthique dans l’économie ?

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« LA BOUCHE OUVERTE ET LES BRAS BALLANTS »

« Pour moi, le socialiste est un politique au stade primaire de son évolution. Il maîtrise le verbe, harangue, flatte, invective. Il a le talent du langage. Mais, quand vient le temps de l’action, ses mots n’ont aucune prise sur le réel, ou alors, s’il en a, c’est pour le nier, pour l’anéantir. Quand le nuage de fumée se dissipe, on voit le socialiste figé, la bouche ouverte et les bras ballants. »

Qui a dit ça ? En fait personne : il s’agit du détournement par Zébu, notre auteur de « billets invités », d’une déclaration mercredi par Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale. Dans la déclaration de Bartolone, on trouvait à la place du mot « socialiste », le mot « populiste ».

L’asservissement de fait aujourd’hui du politique à l’économique (l’aboutissement du coup d’État ultra-libéral des années 1970), fait que les mots « socialiste », « populiste », pourraient aussi bien être remplacés par ceux désignant les représentants de tout autre parti : le pouvoir a échappé aux représentants du peuple pour appartenir aux entreprises transnationales et à leurs firmes d’audit, maîtres des règles comptables et du marché des capitaux, d’où la « bouche ouverte » et les « bras ballants » de ces représentants du peuple dans leur totalité.

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Réflexions pour un mouvement néodémocratique (IX) – L’atmosphère sociale avant le tournant politique actuel, par Francis Arness

Billet invité.

Durant la période néolibérale qui est en train de s’achever, s’est cristallisée, dans l’ensemble de la société, une atmosphère sociale fondée principalement sur l’inertie, le pessimisme du moindre pire, le scepticisme, le laisser-faire pour ceux dont les comportements sont les plus égoïstes et destructeurs. La production d’une telle atmosphère sociale a été en bonne partie permise par les médias dans leur versant manipulateur et communicationnel (car il existe des médias qui jouent leur rôle démocratique). Ces médias ont en effet une puissance de « captation de l’attention » (Christian Salmon, Bernard Stiegler) et de « capture » (Paul Jorion, Frédéric Lordon) de nos manières de vivre.

Dans ce règne des apparences trompeuses, la dégradation de l’énergie vitale du corps social et l’asphyxie de la vie se déploient librement. Dans un cercle vicieux, elles entraînent le déclin tout à la fois de la créativité, de la capacité de révolte féconde, comme celui du désir et de l’espoir de vérité, de liberté et de bonheur véritable. Pourtant ce sont cette créativité et cette révolte, ce désir et cet espoir qui permettent que notre existence et notre vie collective se confrontent au réel et l’inventent dans le sens le meilleur. Ce sont d’ailleurs cette créativité et cette révolte, ce désir et cet espoir que le système cherche à asphyxier. Il le fait justement en produisant cette atmosphère sociale d’inertie, de pessimisme existentiel, de scepticisme, de laisser-faire pour ceux dont les comportements sont les plus égoïstes, lâches et destructeurs.

De plus, l’apparence trompeuse et l’asphyxie de la vie sont avant tout les caractéristiques existentielles de ceux qui veulent le pire et mettent celui-ci en œuvre méthodiquement, poussant ainsi en dehors du système, ou plongeant dans des contradictions paralysantes, les personnes de bonne volonté. C’est en fait leur ruse et l’auto-asphyxie de leur propre existence que ces gens répandent dans le corps social, en une véritable contagion.

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La liberté se réduit à une idéologie mise au service d’une classe privilégiée, par Nadir (Nadj Popi)

Billet invité.

J’ai établi une dichotomie assez claire entre l’hystérèse, c’est à dire le « sublime » ou l’« apriorisme » de Kant (théorie pure), le « réel » de Marx (à partir de Hegel) et Lacan (le « Néant » de Sartre et de Hegel, le « sujet qui fâche » de Žižek, etc.), et le processus aliénant de l’ontologie.

L’épistémologie ou la philosophie des sciences consiste à partir de la théorie pure (apriorisme) pour en faire un processus ontologique aliénant universel et nécessaire. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’épistémologie « marxienne » de Popper, von Mises et Hayek.

Popper propose de prendre la théorie pure (métaphysique) ce qu’il appelle « réalisme », qui n’est ni démontrable, ni vérifiable puisque par définition il échappe à tout processus ontologique (de symbolisation), c’est ce que l’on peut appeler « idéologie », et faire de cette théorie pure un processus ontologique qui conférera à la théorie un caractère scientifique.

C’est la raison pour laquelle ce qui traduit le passage de la métaphysique à la science est ce processus d’ontologisation ou de « falsification » ou infirmation. C’est là la logique de la science ou le caractère formel ou ontologisant de la science. Popper ne reprend-il pas dans La connaissance objective (1972), une formule de Marx quand il dit que la théorie est le produit de l’activité humaine (apriorisme) qui transcende et aliène ensuite son propre créateur (processus ontologique).

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LA FINANCE « ÉTHIQUE » : UN TERRAIN MINÉ

Je suis en train de rédiger la leçon inaugurale de mon cours « Stewardship of finance », la finance au service de la communauté, et je me rends compte à quel point le terrain est miné. On n’a pas lésiné du côté de l’ultralibéralisme en cent-cinquante ans de « science » économique : pour aller vite, mais on comprendra ce que je veux dire, toute considération éthique en finance a reçu par avance le tampon « communiste ». Je m’explique.

Milton Friedman (1912-2006) considérait que l’idée-même que les entreprises puissent avoir une responsabilité sociale conduisait immanquablement au « totalitarisme », Friedrich von Hayek (1899-1992) était de l’opinion que la notion de justice sociale était totalement privée de sens. Je précise que quand ces braves gens utilisaient le mot « totalitarisme », le fait qu’ils étaient tous deux en excellents termes avec Augusto Pinochet montre qu’ils l’employaient dans un sens restrictif, dont les dictatures militaires fascistes ou fascisantes étaient manifestement exclues.

Von Hayek et Friedman ne sont pas pour autant considérés aujourd’hui comme des bandits : ils ont reçu l’accolade de leurs pairs sous la forme du « Prix de la Banque de Suède à la mémoire d’Alfred Nobel », que plus personne aujourd’hui ne distingue d’un vrai Prix Nobel, von Hayek en 1974 et Friedman en 1976. Et leur influence n’est pas mince en « science » économique. Je feuilletais hier un manuel standard de la finance (qui m’a d’ailleurs bien servi au fil des années) : Foundations of Financial Markets and Institutions, de F. Fabozzi, F. Modigliani and M. Ferri (Prentice-Hall 1994) et je constatais que si toutes les notions élémentaires de la finance s’y voient offrir des définitions biscornues (un prix est un « signal », l’intermédiation que pratiquent les banques entre prêteurs et emprunteurs est une « fonction qui signale… »), c’est parce que le vocabulaire utilisé est systématiquement celui de ces mêmes von Hayek et Friedman.

Et ça ne s’arrête pas là : la cupidité, dont j’ai entendu dire à une époque que c’était un péché, a été élevée au rang de « besoin » et fait partie des qualités que doit présenter l’homo oeconomicus « rationnel », enfin, « rationnel » au sens où l’entendent les économistes, pas les gens normaux. Si bien qu’on n’hésitera pas à considérer qu’une activité qui satisfait la cupidité est « socialement utile » au sens où nous l’entendons, ou pour employer les mots qu’utilisent les financiers : « apporte de la liquidité ».

L’éthique n’est pas considérée par les économistes et les financiers comme le cadre au sein duquel les activités de la finance viennent s’inscrire, elle est considérée comme un ensemble de considérations plus ou moins superstitieuses, en extériorité de leur domaine, dont il faut faire la preuve de la pertinence si l’on veut qu’il en soit tenu compte. Si une telle preuve ne peut pas être administrée, ce n’est pas grave, cela confirme simplement qu’on n’a pas besoin de l’éthique en finance – ce que j’aurais d’ailleurs pu vous dire au début de notre entretien, et maintenant il va malheureusement falloir que je vous laisse, j’ai plusieurs rendez-vous importants, merci beaucoup quand même pour votre visite !

 

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“2011: CRONACA DI UN DISASTRO ANNUNCIATO”

Une version italienne par Alessio Moretti d’un article pour la revue L’ENA hors-les-murs : 2011 : Chronique d’un désastre annoncé.

Paul Jorion “2011: CRONACA DI UN DISASTRO ANNUNCIATO” (15 gennaio 2012)

(articolo originale pubblicato nella rivista L’ENA hors-les-murs, N°417: 32-33 e nel blog di Paul Jorion)

Karim Bitar mi ha chiesto un bilancio dello scorso anno per l’ENA hors-les-murs, la rivista che dirige con talento. Ecco dunque questo bilancio (N° 417: 32-33)

Commiseriamo, fra i politici, i funzionari ed i finanzieri, coloro che sono convinti di aver dato il massimo, di avere speso il meglio di sé stessi per cambiare la faccia del mondo nel 2011: i loro sforzi non sono serviti a nulla. Peggio: è come se non fossero mai stati fatti.

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2011 : CHRONIQUE D’UN DÉSASTRE ANNONCÉ

Karim Bitar m’a demandé un bilan de l’année dernière pour L’ENA hors-les-murs, la revue qu’il dirige avec talent. Voici ce bilan (N° 417 : 32-33).

Plaignons parmi les politiques, les fonctionnaires et les financiers, ceux qui sont convaincus de s’être donnés sans mesure, d’avoir consacré le meilleur d’eux-mêmes à changer la face du monde en 2011 : leurs efforts n’ont abouti à rien. Pire encore : c’est comme s’ils n’avaient jamais été consentis.

Le délitement de la finance s’est en effet poursuivi de manière inexorable pendant l’année écoulée, suivant la pente d’une longue et pénible détérioration telle qu’elle était déjà prévisible en 2010, voire même en 2008 au lendemain de la déconfiture de la banque d’investissement américaine Lehman Brothers, dont l’hémorragie qu’elle suscita coûta plus d’un « trillion » de dollars à arrêter. Chacun des combattants a si bien traîné les pieds – espérant follement pour certains que les choses s’arrangeraient d’elles-mêmes – que chacune des batailles financières et économiques en 2011 a eu lieu en retard d’une guerre.

La présence d’authentiques hommes ou femmes d’État sur la scène de l’histoire – tel un Franklin D. Roosevelt dans les années 1930 – aurait-elle pu faire la différence ? Il est difficile de se prononcer avec certitude : on ne peut exclure que la personnalité falote de la plupart des hommes et des femmes à la tête des affaires en 2011 n’était pas en soi pertinente : peut-être était-il trop tard de toute manière, peut-être n’était-il plus dans le pouvoir de quiconque de renverser le cours des événements. Ce sera là a posteriori notre seule consolation.

Le système de partage de la richesse créée dans nos sociétés est biaisé : il est dans sa logique que le capitaliste, le détenteur du capital, soit servi en premier, le dirigeant d’une grande entreprise venant en second et l’invention des stock-options ayant permis de faire de celui-ci pratiquement un premier ex-aequo, les salariés devant se satisfaire eux de ce qui reste.

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MANIFESTE DES CHRÉTIENS INDIGNÉS, par Serge Lellouche

Billet invité. Le projet décrit dans le « Manifeste des chrétiens indignés » est distinct de celui que nous élaborons collectivement ici. Il m’a semblé cependant qu’une convergence suffisante existait entre les deux pour qu’une discussion de ce manifeste, ici sur le blog, constitue un exercice utile et, espérons-le, fructueux.

En rédigeant le manifeste des chrétiens indignés, nous avons voulu exprimer l’incompatibilité profonde entre l’ordre libéral en vigueur et notre espérance évangélique.

Celle-ci, avant tout dans la conversion personnelle, et en prolongement par la transformation progressive de nos modes de vie, nous appelle à faire le choix radical de la sobriété et du partage, contre celui de l’avidité et de la compétitivité entre les hommes qui caractérise intrinsèquement l’ordre capitaliste.

Nous nous positionnons dans la continuité de Benoit XVI qui souligne cette incompatibilité de plus en plus fermement dans ses discours, tout comme la conférence des Evêques de France, encore récemment dans un petit livret intitulé « grandir dans la crise ».

C’est un choix de vie qui appelle à sortir de l’illusion mortifère de la croissance économique, qui sous-couvert d’une prospérité qui de fait ne profite qu’à un tout petit nombre, a engendré la division, l’appauvrissement et une destruction dramatique de l’ensemble des écosystèmes. A moins de s’obstiner dans le déni du réel, qui peut aujourd’hui contester cela ? Le combat catholique pour la vie se joue bien évidemment ici aussi.

Par ce positionnement, qui entend établir un lien entre la Doctrine Sociale de l’Eglise et les mouvements d’objecteurs de croissance, nous ne nous trompons pas de combat : nous ne croyons pas au paradis terrestre, l’espérance chrétienne n’est pas de nature politique, notre engagement politique au cœur des débats qui agitent la cité, ne peut donc qu’être relatif, subordonné à notre foi.

Mais entre l’illusion du paradis terrestre et la défense complaisante du statu quo libéral, il y a heureusement un vaste espace, vers lequel Benoit XVI, encore dans sa récente homélie de Noël, nous invite prophétiquement à converger : « si nous voulons trouver le Dieu apparu comme un enfant, alors nous devons descendre du cheval de notre raison libérale.

Manifeste des chrétiens indignés

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