Chaire « Stewardship of Finance », VUB, reprise du cours le lundi 9 février à 16h00

Le cours se donne le lundi après-midi à seize heures dans la salle D0.03 du bâtiment D (bâtiment central) de la Vrije Universiteit Brussel, Boulevard de la Plaine 2, 1050 Bruxelles. Le cours se donne en anglais ; il est ouvert au public.

Programme du 2d semestre :

Le 9 février : Stewardship of finance (“La finance au service de la communauté”)

Le 16 février : Aristotle: profit, ethics and price formation (Aristote : le profit, l’éthique, et la formation des prix)

Le 23 février : John Maynard Keynes and the ethics of finance (John Maynard Keynes et l’éthique de la finance)

Le 9 mars : Adair Turner: useful, useless financial activities (Adair Turner : les activités financières utiles et nuisibles)

Le 16 mars : Speculation, its origin, causes and consequences (La spéculation, ses origines, ses causes et ses conséquences)

Le 23 mars : The downfall of the Enron corporation (La chute de la compagnie Enron)

Le 20 avril : The subprime crisis (La crise des subprimes)

Le 27 avril : The sovereign debt and the Eurozone crises (La dette souveraine et les crises de la zone euro)

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Chaire « Stewardship of Finance », VUB, reprise du cours le lundi 29 septembre à 16h00

Le cours se donne le lundi après-midi à seize heures dans la salle D0.03 du bâtiment D (bâtiment central) de la Vrije Universiteit Brussel, Boulevard de la Plaine 2, 1050 Bruxelles. Le cours se donne en anglais ; il est ouvert au public.

(Mis à jour le 18 septembre)

Programme du 1er semestre :

Le 29 septembre : Stewardship of finance vs. ethical finance (“La finance au service de la communauté” plutôt qu’une “finance éthique”)

Le 6 octobre : Money: types, monetary mechanisms, aggregates (L’argent : les types de monnaie, les mécanismes monétaires, les masses monétaires)

Le 13 octobre : The financial industry and its regulators (Le secteur financier et ses régulateurs)

Le 27 octobre : Risk: uncertainty, risk sharing, risk transfer (Le risque : les impondérables, le partage du risque, le transfert du risque)

Le 3 novembre : Regulation vs. self-regulation (Règlementation et autorégulation)

Le 10 novembre : Fraud, deregulation and loopholes (Fraude, dérégulation et contournements)

Le 24 novembre : Tax havens, mafias, shadow banking (Havres fiscaux, mafias, secteur financier de l’ombre)

Le 1er décembre : Financial instruments in an ethical perspective: plain vanilla and derivatives (Les instruments financiers dans une perspective éthique : produits de type commun et produits dérivés)

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Paul Jorion pense tout haut le 2 juillet 2014 à 10h24

Sur DailyMotion, c’est ici.

Nos ambiguïtés, nos ambivalences et… nos moyens !

Le Blog de PJ : AU CAFÉ DU COMMERCE CET APRÈS-MIDI, le 1er juillet 2014

Le Blog de PJ : Traité transatlantique : ne vous fiez pas aux apparences !, le 1er juillet 2014

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Deux jours, une nuit, des frères Dardenne

Je suis allé voir Deux jours, une nuit, des frères Dardenne, et le moins que je puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçu.

Quel honneur, de participer à un tel film ! Quel bonheur, certainement aussi ! Et ceci que l’on ait interprété l’un de ceux qui votent « pour », ou l’un de ceux qui votent « contre », que l’on soit l’un des deux metteurs en scène, ou qui que ce soit d’autre ayant participé à la réalisation ou la production d’un tel film !

Quant à Marion Cotillard, on aimerait lui dire ce qu’on pense de sa prestation d’actrice, mais pas comme ça devant tout le monde.

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VUB, Chaire « Stewardship of Finance », Colloque sur la nouvelle loi bancaire belge, le vendredi 25 avril 2014

Colloque sur la nouvelle loi bancaire belge, le vendredi 25 avril 2014

En néerlandais et en anglais.

VUB Colloquium 1VUB Colloquium 2

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L’ÉGLISE CATHOLIQUE ET L’ÉCONOMIE : LE TOURNANT BENOÎT XVI, par Dominique Temple

Billet invité, suite à la publication de l’exhortation apostolique du pape François

Un grand texte qui entraîne l’adhésion au nom de valeurs morales, mais curieusement c’est à son prédécesseur que l’on pourrait attribuer un tournant dans l’histoire de l’économie politique du catholicisme au niveau de l’argumentation et de la théorie. L’encyclique de Benoît XVI « Caritas in Veritate » (29 juin 2009) propose en effet une conception nouvelle de l’économie que l’on cherchera vainement dans le discours du pape François qui se contente, lui, de souhaiter que les riches aient pitié des pauvres selon une formule digne de Bossuet, et à laquelle les confesseurs pourraient ajouter discrètement à l’oreille de leurs fidèles : « mais pour pouvoir donner aux pauvres il faut être riche ! »…. « Le Pape aime tout le monde, riches et pauvres, mais il a le devoir, au nom du Christ, de rappeler que les riches doivent aider les pauvres, les respecter et les promouvoir ».

Bref le pape nouveau soumet l’économie à l’éthique, la sienne bien sûr : « Je vous exhorte à la solidarité désintéressée et à un retour de l’économie et de la finance à une éthique en faveur de l’être humain ». C’est un bond en arrière par rapport à l’avancée de l’encyclique du précédent pape ! Qu’on en juge : celui-ci déclarait : « Dans les relations marchandes, le principe de gratuité et la logique du don comme expression de la fraternité, peuvent et doivent trouver leur place à l’intérieur de l’activité économique normale ». Il est bien dit à l’intérieur et non pas à côté.

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TOUS LES RENFORTS SONT BIENVENUS !

C’est toujours avec une très grande joie que je découvre dans un livre, dans un journal, à la radio ou à la télévision, des propos qui rejoignent les miens, et je tiens alors à les rapporter ici.

La coïncidence n’est jamais totale bien entendu entre ce qu’énonce une autre personne et moi-même et je signale alors ce que je perçois comme étant les différences entre il ou elle et moi. À l’exception de deux invocations de Dieu qui me semblent tomber un peu comme un cheveu dans la soupe, je ne vois rien que je voudrais changer au texte qui suit, que je signerais volontiers des deux mains et dont je vous recommande du coup chaleureusement la lecture.

N.B. : C’est un contresens de traduire « trickle-down » par « rechute favorable ». J’ai remplacé par l’expression consacrée en français : « ruissellement ».

Extrait de : EXHORTATION APOSTOLIQUE EVANGELII GAUDIUM DU PAPE FRANÇOIS AUX ÉVÊQUES AUX PRÊTRES ET AUX DIACRES AUX PERSONNES CONSACRÉES ET À TOUS LES FIDÈLES LAÏCS SUR L’ANNONCE DE L’ÉVANGILE DANS LE MONDE D’AUJOURD’HUI

52. L’humanité vit en ce moment un tournant historique que nous pouvons voir dans les progrès qui se produisent dans différents domaines. On doit louer les succès qui contribuent au bien-être des personnes, par exemple dans le cadre de la santé, de l’éducation et de la communication. Nous ne pouvons cependant pas oublier que la plus grande partie des hommes et des femmes de notre temps vivent une précarité quotidienne, aux conséquences funestes. Certaines pathologies augmentent. La crainte et la désespérance s’emparent du coeur de nombreuses personnes, jusque dans les pays dits riches. Fréquemment, la joie de vivre s’éteint, le manque de respect et la violence augmentent, la disparité sociale devient toujours plus évidente. Il faut lutter pour vivre et, souvent, pour vivre avec peu de dignité. Ce changement d’époque a été causé par des bonds énormes qui, en qualité, quantité, rapidité et accumulation, se vérifient dans le progrès scientifique, dans les innovations technologiques et dans leurs rapides applications aux divers domaines de la nature et de la vie. Nous sommes à l’ère de la connaissance et de l’information, sources de nouvelles formes d’un pouvoir très souvent anonyme.

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Taxer les transactions financières, c’est trahir sa navrante ignorance en matière de finance

La France et l’Allemagne essaient en ce moment même d’accorder leurs violons sur la question de la taxation des transactions financières, encore appelée « Taxe Tobin », du nom de James Tobin (1918-2002), économiste, « prix Nobel d’économie 1981 », son initiateur autrefois.

Je voudrais rappeler ma position sur cette question.

Les opérations financières sont, comme la classification des insectes à l’école primaire, et comme l’a très bien rappelé Lord Adair Turner, de deux types : les utiles et les nuisibles.

Les opérations financières utiles sont, comme leur nom l’indique, utiles. Il faut les encourager. Les taxer, c’est les décourager. Ce qu’il ne faut pas faire parce qu’elles ne sont déjà pas si nombreuses.

Oui, les opérations nuisibles apportent de la liquidité aux marchés (= « du monde ») mais cela ne les empêche pas d’être nuisibles et c’est cela qui compte. Non, rendre leur marché « plus transparent » ne les rend pas moins nuisibles : la différence entre des opérations nuisibles opaques et nuisibles transparentes est sans pertinence sur le plan de leur nocivité : nuisibles elles sont, nuisibles elles resteront.

Les opérations financières nuisibles doivent être – attention je vais dire un très gros mot – interdites.

Les taxer, les rendre transparentes, changer la qualification des banques qui les pratiquent de « systémique » en « universelle », ne fait aucune différence, seul les interdire modifie la donne. C’est ce qu’il convient de faire.

L’activité de la Bourse est celle d’un marché secondaire pour les actions. Les marchés secondaires, où l’on peut revendre et racheter des produits existants sont utiles (cf. eBay, Le bon coin, etc.), ils permettent de réajuster les situations en fonction de nouvelles circonstances. Si l’on n’y prend pas garde, les marchés secondaires peuvent cependant devenir la proie de la spéculation.

Le caractère dangereusement spéculatif des Bourses doit être régulé en
1) s’assurant sur un plan comptable que les dividendes soient à nouveau des parts de bénéfices effectivement réalisés,
2) en s’assurant sur le plan fiscal que les dividendes soient moins taxés que les plus-values sur le prix des actions,
3) en imposant ces plus-values de manière dissuasive.

La volatilité du marché des actions est due en particulier aujourd’hui à leur négoce en continu par des robots pouvant faire plusieurs milliers d’opérations à la seconde tout en en annulant une proportion considérable.

La volatilité du prix des actions doit être jugulée par le remplacement du marché en continu par un marché en fixing journalier, c’est-à-dire par la réconciliation une fois par jour des ordres d’achat et de vente.

Les opérations financières sont utiles ou nuisibles et doivent être traitées en fonction de cette distinction essentielle. Imaginer que le fait de les décourager en les taxant « à tout hasard » ne peut pas faire de tort, c’est trahir le fait qu’on n’a pas la moindre notion de la manière dont les marchés financiers fonctionnent véritablement. Il y a moyen de faire beaucoup mieux – quitte à irriter les spéculateurs (ne pourraient-ils pas vivre pour un temps sur leurs [considérables] réserves ?)

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VUB, Stewardship of Finance, 5ème leçon, Le monde financier et ses régulateurs, le 4 novembre 2013

Le monde financier et ses régulateurs

Je vous rappelle que l’accès est libre : amphithéâtre QB, tous les lundis ouvrables de 16 à 18h, 2 boulevard de la Plaine, 1050 Bruxelles.

Info complète ici.

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VUB, Stewardship of Finance, 2ème leçon, Le comportement rationnel est-il nécessairement éthique ?, le 7 octobre 2013

Je vous rappelle que l’accès est libre : amphithéâtre QB, tous les lundis de 16 à 18h, 2 boulevard de la Plaine, 1050 Bruxelles.

Info complète ici.

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VUB, Stewardship of Finance, 1ère leçon, Le contexte : la finance au service de la communauté et la crise des subprimes, le 30 septembre 2013

Je vous rappelle que l’accès est libre : amphithéâtre QB, tous les lundis de 16 à 18h, 2 boulevard de la Plaine, 1050 Bruxelles.

Info complète ici.

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POUR UNE ÉCONOMIE POSITIVE, LE RÔLE DE LA FINANCE DANS LE NOUVEAU PARADIGME, Groupe de réflexion présidé par Jacques Attali.

Le rôle de la finance dans la construction du nouveau paradigme en devenir

Paul Jorion

La finance constitue le système sanguin de l’économie. La tenue de comptes pour les particuliers et les entreprises et la gestion des opérations de transfert hors de ces comptes ou vers ces comptes, l’intermédiation entre détenteurs de capitaux et emprunteurs éventuels, l’organisation de marchés pour la dette : marché primaire (émission de titres pour les États et les entreprises) et marché secondaire (négoce de titres déjà émis), autant de fonctions financières absolument indispensables au fonctionnement de nos sociétés. Ces fonctions ne représentent cependant aujourd’hui que 20% du volume de l’activité financière, les 80% restants étant constitués d’opérations spéculatives.

La spéculation ponctionne une part considérable de la richesse créée tout en dérèglant le mécanisme de la formation des prix. Les spéculateurs justifient leur présence sur les marchés en affirmant qu’elle apporte de la « liquidité » et assure l’objectivité des prix. L’argument est spécieux : la liquidité apportée par les spéculateurs se situe aux niveaux de prix « spéculatifs » (dommageables aux véritables acteurs de l’économie que sont les producteurs et les consommateurs) et ne bénéficie du coup qu’à d’autres spéculateurs.

La spéculation était interdite en France jusqu’en 1885, sans que l’économie, ni même la finance, n’aient à en souffrir. Les quelques articles de loi modifiés ou abrogés pour l’autoriser peuvent aisément être réinstaurés. La finance cantonnée à ses fonctions socialement utiles subirait une réduction de taille de 80% ; les ressources ainsi libérées, automatiquement plus justement réparties, retrouveraient leur place dans l’économie proprement dite, son lieu légitime.

L’argument mis en avant pour justifier une autorisation de la spéculation avait été celui d’une extra-territorialité par rapport à l’éthique dont la finance bénéficierait en raison de l’existence supposée d’une « main invisible ». Les exactions dont se sont rendus coupables les grands établissements financiers durant la crise des subprimes ont invalidé ce mythe de l’autorégulation. La parenthèse de l’extra-territorialité éthique de la finance doit être refermée et son rôle de « servante de l’économie » restauré. Sa taille aura été ramenée à celle qui convient au secteur, soit 20% de sa taille présente.

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POUR UNE ÉCONOMIE POSITIVE, PROFESSION DE FOI, Groupe de réflexion présidé par Jacques Attali.

Contributions personnelles des membres du groupe de réflexion

Paul Jorion

L’instauration d’une économie positive réclame un encadrement. Cela est d’autant plus nécessaire que les urgences écologiques deviennent plus pressantes : la menace de transitions irréversibles vers un milieu naturel devenu hostile à l’homme en raison de ses propres actes se précise chaque jour davantage. Un tel encadrement est sans objet si les grosses entreprises et les individus les plus fortunés disposent des moyens d’échapper à son empire.

Un climat de laisser-faire s’est instauré à partir des années 1970, produit d’une campagne de dérégulation irresponsable. La capacité de l’homme à délibérer et à modifier son comportement en fonction des conclusions auxquelles il est parvenu a été mise entre parenthèses.

Les personnes morales disposent désormais dans l’exercice de leur droit de propriété d’un abusus aux effets démultipliés par rapport à celui autorisé aux personnes physiques. Des montages juridiques visant à contourner l’esprit des lois ont permis aux entreprises les plus riches de choisir leur nationalité comme bon leur semble selon le critère du moins-disant fiscal et réglementaire. La domiciliation dans les nations championnes de ce moins-disant (les « havres fiscaux ») leur permet d’atteindre cet objectif. Les grosses entreprises domiciliées dans des nations minuscules privées d’habitants échappent au contrôle du concert des nations véritablement peuplées et soucieuses du bien commun. La compagnie Apple est ainsi parvenue à l’aide de montages juridiques à se déterritorialiser quasi complètement ; les principales composantes du conglomérat Apple sont sans domiciliation aucune ; aucun devoir, aucun engagement ne les lie en aucun lieu à une véritable communauté de citoyens.

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À propos du « Rapport sur l’économie positive »

L’ère du capitalisme responsable, un article dans Le Monde par Yan de Kerorguen. On y lit :

« C’est un fait, « depuis le déclenchement de la crise, le monde de la finance est considéré comme un irréductible ennemi », regrette Philippe Zaouati, directeur général délégué de Natixis Asset Management et responsable du pôle d’expertise Mirova.

« La spéculation ponctionne une part considérable de la richesse créée, tout en déréglant le mécanisme de la formation des prix », explique le sociologue Paul Jorion. Une telle situation, où le trading haute fréquence (THF) et les fonds spéculatifs tiennent le haut du pavé, n’est plus soutenable. D’où la question : comment redonner du sens à la finance ?

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LA FINANCE ET MME TOUT-LE-MONDE,
un entretien au coin du feu

Un entretien que j’ai accordé récemment à une publication très sympathique… « obligée de repenser son modèle économique » avant la parution du prochain numéro. On me le rend très gentiment, et je vous en fais profiter ici, les Messieurs comme les Dames d’ailleurs…

 

Peut-on résumer la situation ? On nous dit : « la crise est énorme ». Et puis, « c’est fini, çà repart ». Et à nouveau « ça va s’écrouler » ? Puis « Ça ne fait que passer… ». On ne sait plus que penser… Ni que faire…

Les gens qui disent que ça va passer, c’est de la propagande. Ce n’est pas une opinion qu’expriment les banquiers, mais ce qu’ils sont obligés de dire. Mais je crois que le système ne va pas survivre : on ne va pas le sauver. J’ai écrit « Le capitalisme à l’agonie » paru chez Fayard en 2011, et  je ne pense pas qu’il y ait une virgule à changer ! Le système est de plus en plus fragile. Les rafistolages sont de plus en plus nombreux. Payer les intérêts sur la dette est un poste plus important en France que le budget de la Défense nationale. Juste après celui de l’Education Nationale ! Quand il le dépassera, j’espère que les gens se demanderont où va cet argent… Il va partiellement aux banques elles-mêmes, mais  surtout aux gens qui prêtent de l’argent aux banques. C’est cela qui mène à une concentration inexorable, inéluctable de la richesse.

Madame Lagarde elle-même, la directrice du FMI, dit que un demi % de la population possède plus du tiers de la richesse mondiale.  Il n’y a plus de pouvoir d’achat dans le reste de la population. Une moitié de la population américaine, la partie la plus pauvre, se partage 2% de la richesse nationale !

Et pourtant c’est sur ces gens-là que l’on compte pour consommer ! Comme ils n’ont pas les moyens de le faire, on leur prête de l’argent. Mais dès qu’il y un pépin, on l’a vu avec la crise des subprimes, ils ne peuvent pas rembourser. Le système est donc complètement bloqué.

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« Stewardship of Finance », le cours reprend le 30 septembre à 16h

Mon cours de la chaire « Stewardship of Finance » à la VUB reprend le 30 septembre.

Les cours sont donnés en anglais, ils ont lieu les lundi de 16h à 18h dans l’amphithéâtre QB (2 av. de la Plaine, 1050 Bruxelles), ils sont ouverts aux auditeurs libres.

Les cours donneront lieu à une vidéo qui sera accessible sur YouTube ainsi qu’ici sur le blog.

1. Why stewardship of finance?, le 30 septembre

2. Is rational behaviour necessarily ethical?, le 7 octobre

3. Regulation and self-regulation. Adam Smith’s « invisible hand », le 14 octobre

4. Law, Ethics and the business world, le 28 octobre

5. The business world and its regulators, le 4 novembre

6. National order and international disorder. Tax havens/shadow banking/mafias, le 18 novembre

7. Lord Adair Turner: socially useful and socially useless financial activities, le 25 novembre

8. Profit and Ethics. Aristotle’s chrematistics, le 2 décembre

Des conférences en français se tiendront à l’ULB (Université Libre de Bruxelles) dans le cadre de la chaire au second semestre, le programme en sera communiqué ultérieurement.

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Faut-il réduire la taille des établissements bancaires ? Une stricte séparation entre banque de dépôt et banque d’investissement est-elle nécessaire ? Qu’en est-il des relations entre les pouvoirs publics et les banques ?

La Lettre des Académies, une publication commune de l’Académie royale de Belgique, l’Académie royale de Médecine de Belgique, l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique, The Royal Academies for Science and the Arts of Belgium et l’Union Académique internationale, me pose la question mise en titre. Ma réponse sera publiée dans le N° 31.

Une réponse a été offerte indirectement à ces questions d’actualité, le 6 mars 2013, par Eric Holder, l’Attorney General des États-Unis, l’équivalent de notre Ministre de la justice.

Le cadre de sa déclaration était une audition du Comité judiciaire du Sénat américain. Les questions posées visaient à comprendre pourquoi aucun dirigeant d’établissement bancaire n’avait été poursuivi à la suite des événements qui avaient conduit à l’effondrement du système financier international en septembre 2008, le fait étant patent que l’origine de ce séisme se trouve au sein-même du système bancaire américain, et plus particulièrement dans l’émission de titres adossés à des prêts immobiliers résidentiels de qualité médiocre, les fameux prêts « subprime ».

Répondant au Sénateur Chuck Grassley (républicain de l’Iowa), qui l’interrogeait sur l’apathie du ministère de la Justice dans la recherche de coupables, Eric Holder déclaraot ceci :

« Je crains que la taille de certains de ces établissements ne soit devenue si grande qu’il est devenu difficile de les poursuivre en justice, parce que des indications nous parviennent qui si nous les poursuivions – si nous procédions à des inculpations – cela aurait un impact négatif sur l’économie nationale, voire même sur l’économie mondiale, et il me semble que ceci est la conséquence du fait que certains de ces établissements sont devenus trop importants […] Ceci a une influence inhibitoire sur, ou impacte, notre capacité à prendre les mesures qui seraient selon moi les plus adéquates… »

Holder ne dit pas explicitement qu’il existe entre le secteur bancaire et le ministère de la Justice un rapport de force et qu’au sein de celui-ci, le ministère de la Justice est en position défavorable, mais c’est bien ainsi que ses propos furent interprétés par les sénateurs qui l’interrogeaient. C’est également la manière dont sa réponse fut rapportée par la presse unanime.
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UN NOUVEAU KEYNES, POUR QUOI FAIRE ?, par Caleb Irri

Billet invité. Je publie la lettre que m’envoie ce matin Caleb Irri. Ceci ne veut pas dire que je ne m’associe pas à ceux qui lui recommandent de ne pas être un « idiot utile de l’extrême droite ». Je retirerai bien entendu la présente remarque aussitôt qu’il aura fait un peu le tri dans la rubrique « Liens » de son blog.

Paul, ces derniers temps vous évoquez régulièrement Keynes comme une « alternative » aux choix politico-économiques qui sont faits actuellement. Il l’était déjà de son vivant, et peut-être même était-il de bon conseil, comme certains de ses textes semblent le démontrer ; mais force est de constater que si son nom est resté comme une référence économique, son message et ses propositions ont été dévoyés tout au long des temps qui suivirent, ou refusés comme lors de Bretton Woods. En réalité le bancor n’a jamais vu le jour, pas plus bien sûr que « l’euthanasie des rentiers » n’a été réalisée… Les dirigeants de la planète capitaliste ont pris ce qui les arrangeait et ont laissé tomber le reste : comme toujours dans l’Histoire, les dominants ont imposé aux dominés leur manière de voir et de penser le monde, dans leur propre intérêt et contre celui des autres.

Et si on regarde bien, à vrai dire on ne peut que se rendre à cette évidence : même si le capitalisme et sa propension à faire du plus riche le plus fort ont quelque peu modifié les règles de la domination, la « loi du plus fort » n’a en réalité jamais cessé de s’appliquer. Alors à quoi servirait un nouveau Keynes ? Aujourd’hui se lèverait le meilleur économiste, ou penseur de la terre, nouveau Keynes ou nouveau messie, qu’au mieux il serait inaudible ou rendu tel, et qu’au pire il serait crucifié sur la place publique : on ne l’écouterait pas. Le monde tourne sans vous, sans nous, et nous entraîne sans qu’il semble possible de le faire dévier d’un éternel recommencement : le plus fort finit toujours par l’emporter, et ce sont donc les plus riches qui décident : croyez-vous vraiment qu’ils puissent un jour se tirer une balle dans la tête, ou même dans le pied ?

Les riches ne paieront pas : ils préfèrent l’injustice, ou le chaos !

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Réflexions pour un mouvement néodémocratique (XVII) – De quoi l’avenir devrait-il être fait ?, par Francis Arness

Billet invité.

Esquissons les mesures assurant d’abord la stabilisation de la situation économique, puis le grand tournant. Partons des propositions développées par Paul Jorion dans Misère de la pensée économique [1] ainsi que dans l’ensemble des contributions au blog (particulièrement dans le cadre du projet d’Encyclopédie au XXIème siècle [2]).

Pour stabiliser la situation économique et éviter tout effondrement à court ou moyen terme, il faut :

1. Au niveau européen : régler le problème de l’euro, mutualiser les dettes à l’échelle européenne après avoir organisé un défaut généralisé. Cela ouvrira à une restructuration qui conduira à une refonte de l’architecture de la monnaie unique et à sa transformation en un espace financier, bancaire et fiscal unique (euro numérique, comme le propose Pierre Sarton du Jonchay [3]), avec tout ce que cela comporte d’« euthanasie du rentier ».

2. Au niveau mondial : encadrer strictement les banques par leur nationalisation dans la perspective d’une finance remise au service de la communauté, ce qui implique en particulier la ré-interdiction de la spéculation, mais aussi la création d’une chambre de compensation multilatérale planétaire fondée sur le bancor en étayant ce système sur le réel par la monnaie numérique [4].

3. Au niveau local et plus général, créer des espaces économiques autonomes par rapport aux Etats-Unis – et cela vaut en premier lieu pour l’Europe [5].

4. Dans ce cadre, en Europe (et ailleurs), refonder le partage des richesses.

5. La mise en place d’une chambre de compensation multilatérale planétaire fondée sur le bancor, signifiant automatiquement la fin de la libre circulation des capitaux et la disparition des paradis fiscaux.

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