Le programme du Blog de PJ pour les élections européennes, par Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin

Ouvert aux commentaires.

Quel modèle économique pour une société écologique ?

L’avènement d’une société écologique est impossible sans un changement radical de modèle économique. La politique actuelle du gouvernement en est l’exemple a contrario : concilier, sur le plan politique, libéralisme économique et préservation de l’environnement débouche nécessairement sur l’inaction écologique. L’environnement est sacrifié sur l’autel de la sacro-sainte équation « business + croissance = emploi + élection ».

Ce qui nous conduit à notre perte : le modèle économique capitaliste et néolibéral

Le capitalisme : un rapport de force en faveur du détenteur de capital

Le capitalisme, c’est le système économique qui donne l’avantage sur le plan politique au capitaliste, le détenteur de capital. Or qu’est-ce que le capital ? Ce sont les ressources qui, manquant à la place où elles seraient nécessaires pour permettre la production, la distribution ou la consommation des biens et des services, doivent être empruntées. Si les ressources manquent à la place où elles sont nécessaires, c’est que la propriété privée y fait artificiellement obstacle. Parce qu’il y a eu emprunt des ressources faisant défaut, il y a rémunération par une rente que l’on appelle « les intérêts » quand il s’agit d’un prêt de particulier à particulier ou bien a été accordé par une banque, mais aussi « le coupon » quand c’est l’État qui emprunte sous la forme de l’émission d’une obligation, et « les dividendes » quand les entreprises empruntent en émettant des actions de sociétés.

Le système témoigne de son efficacité si la situation permet qu’une véritable richesse soit créée en tirant parti de l’opportunité qu’autorisent ce que Proudhon appelait « les aubaines » : la générosité que la nature autour de nous manifeste à notre égard et qui nous permet d’y jouer le rôle de modestes « catalyseurs » grâce à l’apport de notre travail. Quand une véritable richesse n’est pas créée à partir de l’emprunt – dont le crédit à la consommation offre le meilleur exemple – le versement des rentes s’assimile à une pompe siphonnant l’escarcelle des pauvres en direction des coffres des riches. C’est là que nous en sommes dans notre société contemporaine.

Le néolibéralisme : les moyens justifient la fin

Le « néolibéralisme » désigne une version dérivée du libéralisme, que certains assimilent au paroxysme de la logique libérale. Le néolibéralisme abolit les règles macro-prudentielles édictées dans les années trente et conduit à démanteler, en Europe, les grands monopoles d’État.

La fin ne définit plus les moyens, c’est la minimisation des coûts et la maximisation des profits qui deviennent des fins en soi. Les résultats ont cessé d’être un objectif visé initialement, pour devenir « pragmatiquement » quoi que ce soit que l’on constate à l’arrivée.

La logique néolibérale gangrène l’économie mais aussi le comportement des États. Les entreprises doivent maximiser le volume des dividendes pour les actionnaires. Les États doivent minimiser leurs dépenses dans le seul objectif d’essayer de réduire la dette publique. Ni les entreprises, ni les États ne sont aujourd’hui guidés par une fin, un horizon idéal.

  • L’objectif de la préservation de la planète n’a pas sa place dans le système économique actuel.

Pour une société écologique : vers un socialisme authentique

Pour pouvoir intégrer l’urgence écologique au sein d’un modèle économique, voici les huit ingrédients d’un programme authentiquement socialiste.

Faire de l’État-Providence une institution irréversible et intangible, en mettant fin à la dépendance qui le lie aujourd’hui à la croissance et subordonne son existence aux caprices de celle-ci, et en inscrivant la nécessité de leur consubstantialité dans la Constitution.

Casser la machine à concentrer la richesse qui conduit aujourd’hui 62 personnes à disposer d’un patrimoine équivalent à celui de la moitié la moins riche de l’humanité : 62 d’un côté, alors que 3,5 milliards, cela représente 3,5 x 1.000 x 1.000 x 1.000 êtres humains, ce qui – on en conviendra – dépasse l’imagination !

Promouvoir la gratuité pour tout ce qui fait partie de l’indispensable (alimentation, santé, éducation, vêtement, logement, transport). Distinguons le nécessaire du superflu et faisons-les relever de deux régimes économiques distincts. D’un côté, le régime économique de l’indispensable serait fondé sur la mise en commun des biens, et leur gestion par la collectivité. De l’autre côté, en parallèle, le régime économique du « superflu » restera fondé sur les mécanismes de prix.

Dans le premier, n’ayant plus le prix comme source d’information économique à la gestion de l’offre, ce serait ainsi une gouvernance délibérative en charge de la gestion de l’offre (comme l’État déjà aujourd’hui en ce qui concerne une partie de l’éducation et de la santé). En fonction des évolutions de nos sociétés, la distinction entre indispensable et superflu pourra être modifiée pour correspondre aux besoins d’une époque particulière. Ainsi, aujourd’hui, la connectivité (l’abonnement téléphonique, l’accès à internet…) pour tous semble devenir un besoin fondamental car, entre autres, l’accès internet est maintenant indispensable pour un certain nombre de démarches administratives.

Si la gratuité répond à des exigences sociales, elle peut également répondre à des exigences écologiques : la gratuité peut être un puissant outil de redirection des habitudes de consommation des individus vers des comportements plus écologiques. Ainsi, pour l’alimentation, les « restaurants municipaux » servant de la nourriture gratuite à tous, pourraient choisir des aliments biologiques et locaux ; pour le transport, l’accent serait mis sur les transports en commun les plus efficaces au niveau énergétique (bus hybride, train, vélo, trottinette…) ; pour le logement, les nouveaux logements sociaux seraient construits selon les meilleurs standards énergétiques, etc.

Mettre l’homme et l’environnement au passif de la comptabilité des entreprises. Au premier abord, nous aurions tendance à dire qu’il s’agit avec nos règles comptables de catégorisations purement « techniques ». Mais une telle représentation est erronée. Les codes admis, les formulations admises ne sont pas neutres : elles portent en elles des valeurs, des jugements, reflétant rien de plus que les rapports de force existants entre les différentes catégories sociales composant nos sociétés.

Le principe fondamental des règles comptables devrait être la préservation non seulement du capital financier mais aussi la préservation de l’homme et de la nature qui l’environne et à laquelle il appartient. D’un point de vue comptable, n’est pris en compte seulement, que le capital financier en dissimulant la détérioration des conditions de vie et de l’environnement naturel. Une Constitution pour l’économie devrait ainsi stipuler qu’existent sur un plan comptable trois éléments à mettre au passif : le capital financier, l’homme en tant que tel et la nature dans son ensemble, en tant qu’elle est l’environnement de l’homme, car il n’y a pas d’économie florissante sans intégration harmonieuse de ces trois éléments.

Imposer le travail des machines, robots ou logiciels, en lui appliquant le même barème que celui qui vaut pour les êtres humains qu’ils remplacent. Le gain de productivité apporté par la machine est visible aussi longtemps qu’elle travaille au côté d’un être humain, mais aussitôt qu’elle le remplace purement et simplement elle cesse d’être visible : l’être humain qu’elle complétait autrefois a disparu, tandis qu’elle travaille désormais dans l’ombre, sa valeur ajoutée étant absorbée dans des chiffres statistiques globaux, sans être comptabilisée en tant que gain de productivité. Les sommes récoltées par l’imposition de la machine refléteront les gains pour l’humanité dans son ensemble dus à la mécanisation ; ils pourront être mis au service du financement pour tous de la gratuité sur l’indispensable. Il s’agira là pour ces sommes d’un bien meilleur usage que le financement d’une allocation universelle, dont le montant quel qu’il soit serait aisément capturé par le système financier ambiant. Ainsi, pour rappeler une actualité récente, lorsque les États-Unis s’efforcèrent en 2009 de relancer le secteur du bâtiment en allouant une somme de 4.000 $ aux ménages accédant pour la première fois à la propriété de leur logement, le prix de l’immobilier résidentiel américain bondit immédiatement de ce même montant.

Restaurer l’interdiction de la spéculation au sens purement technique du terme de « paris sur les mouvements à la baisse ou à la hausse des titres financiers », telle qu’elle était en vigueur en Suisse jusqu’en 1860, en Belgique jusqu’en 1867 et en France jusqu’en 1885. Les gigantesques flux financiers qui sont aujourd’hui divertis de l’économie réelle par le biais de la spéculation retrouveraient ainsi leur véritable destination (entre autres, financer la transition écologique !). Par l’interdiction de la spéculation, les investisseurs de long terme seraient valorisés et se tourneraient donc naturellement vers les investissements d’avenir comme ceux en faveur de la transition écologique.

Faire de l’euro l’embryon d’un nouveau système monétaire international, en remplacement de celui né à Bretton Woods dans le New Hampshire en 1944 et mort en 1971 dans les soubresauts d’une guerre du Vietnam excédant les capacités budgétaires des États-Unis. Depuis 1971, le monde vit dans un dés-ordre monétaire international, que l’invention des produits financiers dérivés (sous la forme initiale du swap de change) n’est pas parvenue à corriger. Ce nouveau SMI permettrait de stabiliser les monnaies entre elles et notamment mettre un coup d’arrêt aux spéculations sur les taux de change. Le climat économique serait alors plus serein pour permettre les investissements en faveur de la transition écologique.

Mettre les États au centre des investissements vers la transition écologique. Par manque de volontarisme politique, cela fait bien longtemps que la planification étatique n’est plus de mise. Mais remettre sur pied un État stratège est indispensable pour construire une société écologique. Jamais le nucléaire n’aurait pu se développer autant en France s’il avait dû satisfaire les mêmes conditions que les énergies renouvelables aujourd’hui. Le temps presse, les incitations financières à la marge que l’État libéral propose aujourd’hui ne sont pas suffisantes : si nous voulons développer les énergies renouvelables, il faut le faire exactement comme nous l’avons fait dans les années 1960 pour le nucléaire. À savoir se fixer des objectifs ambitieux (à l’époque, plus d’une cinquantaine de réacteurs ont été ouverts en dix ans !), développer l’énergie à l’abri de la concurrence (avec une société en monopole et publique) et engager très fortement l’État.

Mais au vu des montants colossaux pour la transition écologique, l’investissement public ne peut pas être la seule solution. Or, l’État peut également être au centre de la réorientation des capitaux privés vers la transition écologique. Inspirons-nous pour cela du plan Juncker à l’initiative du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) qui, avec une dotation initiale de 21 milliards d’euros, a permis de garantir pour plus de 335 milliards d’euros sur trois ans d’investissements privés dans toute l’Union européenne grâce à “l’effet de levier”. Un même mécanisme pourrait être envisageable à une échelle toute aussi importante voire plus grande, au niveau européen pour garantir les investissements spécifiquement verts, en particulier des PME.

Tout comme le plan Juncker, en mobilisant uniquement le budget européen, créons le Fonds européen pour l’environnement (le FEE), doté de 30 milliards d’euros qui pourront garantir sur 3 ans plus de 500 milliards d’investissements verts. Cette garantie permettrait aux PME de se financer à des coûts comparables aux grosses entreprises déjà présentes sur les marchés de transition écologique. Pour ce faire, la Banque européenne d’investissement (BEI) pourrait jouer le rôle de garant en émettant des obligations garanties par ce fonds spécifique.

Mais au-delà d’un modèle économique, c’est bien un renversement philosophique vis-à-vis de la nature qu’il faut mener. L’individu doit réapprendre à être à l’écoute de la nature, ce que la société de consommation lui a fait oublier. Passer de l’homo oeconomicus à l’homo oecologicus sera la principale difficulté !

Lectures complémentaires :

17Shares

43 réflexions sur « Le programme du Blog de PJ pour les élections européennes, par Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin »

  1. L’Humain à fait son choix depuis très longtemps,l’anthropocentrisme. L’univers exite pour l’humain…avec les résultats que l’on connait. La réalité est tout autre et la nature nous le fait sentir,Le biocentrisme voilà le mode de vie à privilégier.Arrêtons de se prendre au sérieux;on ne fait que passer…

  2. A chaud et sans commencer à réfléchir vraiment :

    – A qui est ce destiné ? Où ? En quelles occasions ? Qu’est ce qu’on attend de cette parution ?

    – l’Europe se caractériserait seulement par l’euro – embryon de SMI, un FEIS et un FEE ?

    – On peut parler de projet européen sans parler de fédéralisme , de géopolitique et de stratégie mondiale ( dont paradis fiscaux ) ?

    1. Bah tous les partis politiques, ou presque disent qu’ils vont lutter contre les paradis fiscaux… C’est devenu une tarte à la crème, jamais ou si peu suivie d’effet. Le fédéralisme c’est bien, mais pour quoi faire, si c’est pour dire c’est génial et qu’il n’y a pas derrière de vrais perspectives ?

      Mieux vaut, mille fois, mettre le paquet sur les fondamentaux vitaux.

      NB. La gauche est atomisée, et part aux européennes en ordre dispersé.
      Jadot dans son coin persuadé qu’il est l’étendard naturel de l’écologie, Hamon avec ses trois pelés et un tondu sur les starting blocks, tout cela est ridicule.
      Je ne vois que les Gilets Jaunes, dont Macron dit qu’il faut qu’ils cessent leurs manifestations violentes (alors que la dernière en date était pacifique) pour que les choses bougent un peu. Si Macron and Co ne cessent de les caricaturer, il y a bien une raison à cela, c’est qu’il les craint.

      1. Je souscris dont entièrement à l’idée avancée par Paul dans un billet récent selon laquelle, il faut d’une part évoquer les solutions vitales pour la survie de l’humanité et la justice sociale, et d’autre part compter sur les initiatives qui sortent du cadre de la politique politicienne.
        Ce qui donne la formule Programme de Jorion + Gilets jaunes-GretaThunberg

      2. @PYD : J’imagine qu’on met le paquet sur « les éléments vitaux  » via les mesures monétaires et financières citées ( pas fiscales d’ailleurs ?) ,et ce sont les seules actions opérationnelles évoquées .

        De même que le RDB est récupéré par le capital , je ne vois pas comment toute politique publique d’envergure ne finira pas essentiellement et rapidement dans les paradis fiscaux , qui sont les seuls paradis motivants pour les « prêteurs » .

        Jorion+gilet+Greta , ça n’est effectivement pas un parti . Un programme , c’est à voir , un peu caméléon peut être .

        TPAMG ! ( touche pas à ma Greta ) .

        La parole à VBG ( Vincent Burnand – Galpin , le buron du messager qui galope ) .

        PS : il faut que je retrouve un commentaire où je voyais arriver , pour ces européennes , une droite classique , ou démocrate ou extrême , à 75 % et une « gauche  » , toutes sensibilités confondues à 25% .

      3. A propos de fédéralisme : il ne faut bien sur pas confondre le contenant ( organisation institutionnelle )et le contenu ( perspectives partagées ).

        Il est bien évident que si on n’a pas de perspectives partagées , autant ne pas parler d’Europe ( fédérale ou pas d’ailleurs ) ,se regarder dans nos giratoires et s’en remettre à Oncle Sam ou Mao bis .

        On commence aussi à parler des Indiens , mais j’y crois moins .

      4. Juannessy
        si cela peut vous rassurer, je demeure fédéraliste, mais je n’y vois aucune incompatibilité avec le soutien que j’apporte aux GJ, car il n’y a pas de solution exclusivement institutionnelle, même avec des perspectives partagées. Les défis qu’il nous faut relever sont immenses, or la stratégie, au mieux, des petits pas, y compris européenne, nous mènera à la catastrophe si en amont, ne s’est pas instillée l’idée chez nos contemporains qu’il faut changer de paradigme : Etat providence comme évidence, gratuité, avec en arrière-plan la dissociation des revenus et du travail. Parce qu’on ne peut pas tout attendre de l’institutionnel, il nous faut donc pour inverser le rapport de force mener une guerre d’usure contre nos adversaires, ce que font très bien les GJ, lesquels il vous faut l’admettre, ils ont été les seuls jusqu’ici à faire reculer le gouvernement. Ils ne sont donc pas si nuls que ça dans les sens giratoires. Et si les gilets jaunes ne parviennent pas à faire plus qu’ils n’ont fait, eh bien, quoi !, ils n’auront pas démérité de la gauche. D’autres prendront le relais. Vous vous bercez d’illusions en attendant tout des élections. En ce qui me concerne je les prends pour ce qu’elles sont, une occasion de faire passer quelques idées, pour le reste c’est mal pari, Place Publique n’est pas parvenue à provoquer le rassemblement à gauche.

      5. Décidément tout le monde veut me rassurer , ça commence vraiment à « m’inquiéter » !

        Ma confiance , j’ai dit où je la mettais : dans les jeunes quand ils sont des millions , et dans les militants et participants à la vie démocratique , quand ils sont des centaines de milliers ( parfois dans mon propre jugement , mais ça offre déjà moins de garanties ).

        Et il faut bien que l’on vote de temps en temps pour savoir où on en est , sans faire de la « conviction-spectacle-autosatisfaite » via les médias et les « sondages » , une politique fiction .

      6. juannesssy
        Si nous n’êtes pas inquiet, alors je m’inquiète aussi 😉
        PS. oui, le tissus associatif, je vous l’avez déjà dit dans un précédent échange, tout le bien que j’en pense, mais hélas il n’y a pas là de quoi faire bouger les lignes. C’est dommage aussi que vous opposiez jeunes et vieux. M’enfin !

      7. « Opposer  » jeunes et vieux …

        J’ai fait ça moi , alors que je viens de dire que la vieillesse n’a pas de sens si la jeunesse n’en n’a pas ?

        On va demander l’avis de Vincent Burnand-Galpin .

        PS : quand je parle de centaines de milliers de militants , ça concerne le tissu associatif au sens très large , les syndiqués , les engagés politiques , les petits et grands élus , bref tous ceux qui se mouillent et s’associent pour un but et ,dans l’idéal un bien , commun . Mais un engagement ça passe par des règles , un langage , une compréhension partagée commune .

        Et le respect de l’autre qui n’a pas le même engagement .

      8. Juannessy
        Respecter l’autre c’est faire comme Macron, aller voir les sans-abris et supprimer dans le même temps des ressources pour les centre d’urgence. Je préfère mille fois les gilets jaunes, qui ne vous en déplaisent on un but, un sens commun ; ne pas confondre révolte, contestation, et irrespect. Autant demander l’abolition de la colère et de l’indignation … Sortir du cadre demandera beaucoup d’indignation.

    2. salut Juannessy
      Paul Jorion est un doux rêveur mais il a encore bcp à apprendre. C’est pas faute de m’acharner à le lui apprendre ! mais il doit me trouver trop jacassière…
      ciao !

    3. Juanessy

      à qui c’est destiné ?

      Le 3ème paragraphe c’est sûr : à moi (et aux quelques 30% de la population exonérés d’impôt sur le revenu). Mais il ne m’écoute pas, il sait mieux que moi ce dont j’ai besoin. Vous êtes concerné vous ? Il y en a beaucoup de concernés directement sur ce site ou à Nouvelle Donne ?
      Il va dire qu’avec l’argent que j’aurais économisé par la gratuité des produits absolument indispensables, je pourrais m’acheter un peu de superflu, sympa. Mais zut : si je ne me sers pas des produits gratuits mis à ma disposition parce que c’est pas terrible (les grandes surfaces ont déjà fait depuis lgtps la sélection des « absolument nécessaires » pour 1 ou 2€ à peine, j’ai déjà goûté) en quoi ferais-je des économies pour m’acheter ce dont j’ai vraiment besoin de nécessaire (bon) et de superflu (encore meilleur) ???
      Ah là là ! Pourtant, s’il veut bien comprendre, il a mon adresse mail authentique ! Je me ferais un plaisir de répondre à ses interrogations (en plus, il est charmant).
      Je crois que je vais finir par regrouper tous mes posts, y ajouter plein d’autres témoignages piochés par ci par là autour de moi, les imprimer sur 100p et les relier en tapuscrit à mes frais (superflu dispensable taxé à 20%) et les lui envoyer gratuitement (affranchissement à mes frais via la Poste taxé à …. + de 20% ????) avec double à Nouvelle Donne (à mes frais), à la presse (à mes frais) et à l’Elysée (ah ça c’est bien : c’est déjà dispensé d’affranchissement). J’ai de l’expérience, l’ai déjà fait.

      1. 30 % ?

        Plutôt 57% .

        C’est sans doute pour ça que le prélèvement à la source est passé comme une douceur , remarque faite que ceux qui avaient un prélèvement mensuel de 10 % de leur IR sur les dix premiers mois de l’année , ont maintenant un prélèvement de 1/12 –ème par mois sur 12 mois .

        Pour le nécessaire et le superflu , mon niveau d’exigence baisse drastiquement de telle façon , que j’ai de plus en plus de mal à en définir la frontière .

        Ce qui me pousserait à dire comme Rousseau ( l’Emile) que c’est  » le superflu qui est l’instrument de la misère de l’homme » , tant que mes misères anatomiques ne me rendent pas trop acariâtre à mes proches et mon voisinage .

        C’était une remarque …gratuite .

      2. Juanessy

        Vous allez m’en vouloir, l’impôt à la source est une de mes suggestions faites à Hollande il y a lgtps (il me répondait manuscritement de sa propre écriture, lui) parce que je savais de par ma propre expérience et de celle de tant de smigards que je connaissais (57% de modestes et pauvres) que c’était un soulagement et un problème en moins ; d’autant que la plupart ne sont pas comptables. Mais c’est vrai que depuis que le patrimoine immobilier est ajouté au revenu (pas ma suggestion, surtout pas !) ça change considérablement la donne. Un exemple ?
        Tiens, un tout frais, il date de 3 jours :
        Une amie qui touche 500€ de retraite depuis 1 an a eu le malheur, il y a plusieurs années, de s’acheter un logement type « maison de village » dans une ville actuellement « branchée » (chez elle et sa famille depuis des lustres), logement pas cher du tout (très vétuste) quand il était dans un quartier populaire, bien qu’avec son SMIG/SMIC c’était coûteux en mensualités (mais bon, avec le prix des loyers ailleurs, moins vétuste, elle s’en sortait mieux ainsi). Et voila-t-il pas que ce quartier vétuste en centre ville (pratique, elle ne sait pas conduire ) est entrain de devenir un quartier branché = une plus-value extraordinaire sur son bien ; mais il faut qu’elle le restaure aux normes et aux goûts actuels de branchitude (gris/blanc) pour pouvoir en tirer profit et peut-être ainsi espérer une meilleure retraite que ses 500€. Pas les moyens ! Et pour aller où en plus ? Dans une maison de retraite mouroir que bon sang de bonsoir ce que ça coûte à l’Etat ? ?? Ou dans un T2 HLM dans une zone loin (d’où transport en commun obligatoire) et pas mieux isolé que son appart ? ??
        Alors vous pensez, patrimoine immobilier selon valeur actuelle (fictif) ajouté à son piteux revenu (réel), comme dirait l’humoriste : « elle n’est pas dans la merde ! » D’autant plus que (c’est pas fini, ouf! compliqué !) pour éviter d’aller aux resto du cœur elle a partagé son logement en 2, s’en garde une modeste partie et loue en toute légalité le reste pour 350€ (pas cher, prix HLM) à un pépé qui refuse d’aller en maison de retraite. Zut de zut : 500€ + 350€ = 850€, soit 50€ de trop pour pouvoir bénéficier de la CMU. Pas de bol !
        Vous en voulez d’autres des comme ça ? J’en ai plein en stock.

        Ah bas les aides « gratuites » pour les pauvres ! C’est de la rustine supplémentaire et ça n’aide personne, pire encore, ça aggrave leur vie (et leur moral, au point qu’on leur refile des antidépresseurs, très bon pour les grands labos pharmaceutiques)
        Et à bas les TVA ?

      3. Vous ne me ferez pas pleurer sur ceux qui ont la chance de disposer d’un patrimoine immobilier sur leurs vieux jours .

      4. à juanessy

        un peu tard mais ne vous « boude » plus (c’est de l’humour !)
        Dans l’exemple que j’ai cité où exceptionnellement j’ai osé me servir d’un témoignage autre que le mien (sans demander l’autorisation à la personne concernée) je vous ai précisé que sa situation personnelle est compliquée. Et c’est vrai, parce que les 350€ qui lui font perdre les « aides sociales » (et que perçoivent ceux qui ont comme revenu 795€, à juste titre) en réalité ne sont qu’en partie dans sa poche. Croyez moi sur parole, je ne détaille pas. En vrai, elle est en dessous du plafond (de +++ de 10€) lui donnant droit à cette aide. De plus elle a bien d’autres problèmes, mais on n’a pas besoin de pleurer sur son sort, elle n’est certes pas la plus malheureuse puisqu’elle, au moins, a refusé de rentrer dans un engrenage pervers.
        Je voulais montrer à quel point, quand on se trouve dans une situation charnière si compliquée (des milliers de personnes), dans n’importe quel domaine (mais puisque le 3ème § concerne les aides charitables, j’ai choisi cet ex), les pauvres pour s’en sortir dans la survie et ne pas sombrer dans une déprime irrémédiable ont tout intérêt à rester pauvres, malheureusement pour eux ; et ceux qui dépassent les plafonnements, pour la même raison ont tout intérêt à être bien au dessus de ces plafonds. Je ne détaille pas, croyez moi sur parole. Ce qui engendre les luttes de classe, les jugements définitifs spontanés qui paralysent les compréhensions… et ce qui a pour conséquence que les dirigeants politiques quels qu’ils soient enfoncent le clou en transformant par ex. RSI en RSA, ou SMIG en SMIC, pour ne citer que ces acronymes.
        J’ai aussi en autre exemple, pour parler des extrêmement pauvres qui ne peuvent se sortir de leur misère, le témoignage d’un clochard avec qui j’ai attendu un bus parisien et échangé conversation (j’en ai oublié de prendre mon bus tant c’était intéressant). Je ne le cite pas, trop long et trop « technique » . Là oui vous pourriez pleurer, pas sur cet exemple précis mais sur vous et toute la société de « bienfaisance comptable » dans laquelle nous vivons.

        Mieux compris malgré mes maladresses ?

  3. « Promouvoir la gratuité pour tout ce qui fait partie de l’indispensable (alimentation, santé, éducation, vêtement, logement, transport) ».
    Ah là là ! incorrigible ! Mais bon… il y a du progrès, Paul a dû lire mes posts sur un autre billet. Il y a santé, vêtements, logement, transport : chouette ! ( même pas eau, EDF, assurances : 50% – au pif mais pas loin – du budget d’un ménage pauvre à modeste ???)

    « Distinguons le nécessaire du superflu » : comment distinguerez-vous le « superflu » de mon alimentation, de mes fringues, de mes moyens de transport, de ma santé, et surtout, surtout de mon logement ???? (non mais….) Ca va barder je tiens à le dire, si vous changez quoi que ce soit à tout ça chez moi (sauf si me faites enlever le grille pain qui me sert de chauffage pour un autre bien moins énergivore et bien plus efficace, et faites isoler comme il faut mon appart : là, je vous aimerais de tout mon cœur et même je modèlerai en terre cuite votre buste pour votre pérennité dans l’histoire)

      1. Je modèle vraiment des sculptures ! mais c’est vrai qu’ici, dans le sud, il fait si chaud en ce moment que ma terre est entrain de sécher « grave » (normal, je m’égosille en jacasserie sur ce site qu’à force si voyez comme je tape vite sur le clavier avec 2 doigts ! contente, super progrès).
        Bon, assez rigolé, on commente le reste (qui vous concerne aussi) ? Je compte sur vous pour le faire à ma place, faut que je pèle mes radis (pas bons mais indispensables) épluche mon ananas ( superflu -surtout qu’il a voyagé en avion- mais que c’est bon ! surtout qu’il y a au moins 6 mois que je n’en ai pas mangé) et me couper quelques tranches de divin saucisson sec artisanal d’Ardèche ( superflu, pas végan) et de très bon pain bio (bien, nécessaire) que si vous les partagiez avec moi on trinquerait avec un petit vin du coin pas mauvais du tout (pas bon pour la santé, superflu) ; puis nous nous délecterions d’une petite cigarette tabac bio (pas bien, mauvais pour la santé) en refaisant le monde…. Entre autres……

  4. Réchauffement?/dérèglement? … climatique?/météorologique? … « anthropique-majeur »? :
    https://www.lesoir.be/209088/article/2019-02-26/record-de-chaleur-printemps-precoce-neige-en-grece-la-meteo-semballe-en-europe
    … » Record de chaleur battu en Belgique, printemps précoce sur la France ou la Scandinavie mais neige en Turquie et en Grèce : la météo est sens dessus dessous en Europe en ce mois de février, nouveau signe possible du dérèglement climatique… »

  5. A propos de société écologique, j’ai bien aimé ça ,il y a un instant, où il est question , avant même d’efficacité énergétique ,ou de recours aux énergies renouvelables , de sobriété énergétique , petite trilogie qui situe très bien , simplement et pédagogiquement , les efforts à faire , ainsi que qui doit et peut les fournir :

    https://www.franceinter.fr/emissions/carnets-de-campagne/carnets-de-campagne-27-fevrier-2019

  6. @ Juan : poussières d’étoiles, aller et retour, beaucoup de choses entre les 2. Les poëtes et poëtesses vont être ravis.

    J’adhère au programme présenté ici.
    Il me semble qu’il y manque une référence positive aux Gilets Jaunes. J’espère qu’ils joueront un rôle central dans l’élection à venir. L’œcuménisme est d’autant plus facile qu’il n’y a pas contradictions. Je suis quand même inquiet d’un rejet caractériel fondé sur des critères aussi fondamentaux que la largeur des bretelles des orateurs et oratrices de ce Non-Parti. Ma crainte est sans doute sans fondement mais l’expérience vécue ici même avec la France Insoumise reste un traumatisme.

    En second lieu, les objectifs sont mis sur le même plan alors leurs importances diffèrent de beaucoup. Les questions d’implémentations sont peut-être prématurées.

      1. Ecoutez, Jac, vous me mettez dans une situation très délicate.

        Vous m’utilisez comme intermédiaire entre Juan et vous. Je vous ferais remarquer que je trouve le procédé assez cavalier. La moindre des politesses aurait été de me demander mon avis. J’ai beau professer un souverain mépris envers ces questions essentiellement mondaines, on a sa petite fierté de manard, kanmême. Vous ne pouvez pas ne pas avoir remarqué que mon côté ruffian déjanté n’est qu’une couverture pour un quant-à-soi sourcilleux.

        En fait, la question n’est pas tout à fait là. En effet, je suis aussi en froid avec Juan, plus précisément il est en froid avec moi. Il me montre sa froide épaule, comme diraient les Britt. Je le regrette. Mes maladroites tentatives de lui présenter un rameau d’olivier sont toutes tombées à plat. J’ai bien quelques idées sur les raisons du pourquoi ; les évoquer nous entraînerait trop loin sans profit. Je ne spécule pas, c’est toujours idiot quand la perte est certaine.

        Résumons : entre vous et Juan c’est pas la joie. Entre Juan et moi, c’est pas terrible. Je ne vois pas vraiment de solutions…

        A la rigueur, une tentative, peut-être, pourrait donner satisfaction, éventuellement. Naturellement, c’est nouveau, ça vient de sortir, donc pas d’excitation indue, regrettable même. En plus de cette attitude toute empreinte de prudence, il vous faudra fournir un effort maximum, et vous y tenir avec ardeur, plus encore avec enthousiasme. A tout prendre, voilà un but dont la noblesse est digne de vous. Et vous, c’est important, n’est-ce pas? C’est un peu le même problème que le sevrage tabagique : s’accrocher dur et serrer les dents, la volonté toute entière dirigée vers la libération nicotinique, et par conséquent atteindre le nirvana de la bonne santé retrouvée sans ersatz. Je vous la suppose et souhaite, cette bonne santé. Vous en aurez besoin. Quant à moi…

        Je vous propose donc de ne pas vous choisir un interlocuteur du moment mais privilégier l’ensemble du lectorat de ce blog. Courage.

      2. Daniel,
        ne soyez pas incommodé ce n’était qu’un enfantillage pour accentuer la « naïveté » des remarques spontanées de Juan. Mais je pensais bien qu’il lirait ma réponse « indirecte » et cela m’intéressait que vous le lisiez aussi, ainsi que tout le monde. Je vous apprécie au moins par vos propos et ne déteste pas Juan. D’ailleurs vous avez compris (« En fait, la question n’est pas tout à fait là »)
        Je ne crois pas qu’il y ait d’humour déplacé dans mes propos, quand bien même enfantins ou vulgaires parfois (je ne suis pas si enfant ni si vulgaire). Et c’est souvent par l’humour que je me fais le mieux comprendre ; parce que l’humour a prime abord est moins désagréable à entendre, et qu’il faut d’abord entendre pour écouter puis pour réfléchir dans l’intimité de soi. Quitte ensuite à ne pas être d’accord.
        Une personne que j’appréciait mais ai perdu de vue m’a dit un jour sa définition de l’humour : « humour : un mot qui commence comme humain et qui finit comme amour ». C’est, ou c’était, un curé de petite paroisse qui avait (ou a) bcp d’humour (avec bcp de douleurs derrière cet humour, normal, il confessait les « âmes » dans le plus grand secret). On se comprenait bien.

    1. Daniel, salut !
      La « poétesse » que je suis a écouté et apprécie moyen.
      Comme je ne parle plus à Juan, m’a fâchée, je vous dis à vous ce que font nombreux agriculteurs dans la m…. propriétaires aussi de leur patrimoine immobilier (mais pas vraiment de leur patrimoine agricole vu les dettes qu’ils ont à solder, merci la CEE) : ils les revendent à des encore jeunes plein d’enthousiasme rêvant d’angélisme bucolique et dotés de quelques revenus suffisants pour faire des bonnes affaires (« pas cher ! chouette ! ») ayant des bons revenus de par leurs professions type archi, cadres de banque, responsables de com ou publicitaires ou postes dans quelconque start up etc. qui en sont revenus (j’en connais plusieurs) MAIS écolos, sans rien connaître à l’agriculture (bref, des bobos). Vous savez ce qu’ils font de ces propriétés agricoles prix intéressants ? Des chambres d’hôtes. Une flopée de chambres d’hôtes par delà les campagnes. Ils font ou font faire un peu de culture bio là (faut pas déc’), installent ailleurs une jolie piscine (dite « naturelle écolo ») aménagent de jolis parcours pour faire de saines ballades en vélo… Et en prime (petits malins) vivent dans ce paradis verdoyant plein de diversité écologique avec tout le bonheur du monde.
      Vous savez qui sont leurs clients (pour vacances, nourriture bio, vélo sain, cui cui) : des bobos bio et suffisamment aisés pour payer des impôts. Pas les 57% de modestes.
      Vous croyez que ce sont ceux qui triment sur de vraies cultures bio (certains depuis les années hippies et avec 4 ronds sans aucune aide parce que personne ne s’intéressaient à eux, j’en connais aussi) qui se décarcassent avec peine pour aller vendre au prix le plus juste sur les marchés ou au porte à porte pour permettre aux fauchés ou petits français à peine moyens de manger bon et sain ?
      Ceux-là ne sont pas si nombreux : c’est dur le métier de paysans.

      1. Daniel

        Pour Juannessy (merci de faire le facteur, il a eu encore une remarque maladroitement crétine)
        Sa remarque « PS : il pousse des radis en février ? »

        Zut, j’avais oublié précédemment de préciser que si les radis n’étaient pas bons, c’est parce qu’ils coûtaient 0,95€ (faisaient partie des « indispensables » presque gratuits aimablement sélectionnés par Carrouf – je vais chez les marchands bio et aussi parfois chez carrouf à côté de chez moi-). Croit-il que je suis vraiment dupe de ce que seraient les aliments indispensables gratuits payés par un gouvernement fauché de manque d’impôts directs sur revenus ? Et les fringues alors ?! Je n’ose même pas y penser…..
        Répondez-lui aussi (souriez, c’est de l’humour- un peu noir-) qu’en ce moment, chez moi en tout cas, février ressemble au printemps à s’y méprendre. Et puis ça me faisait du bien d’en grignoter (la ligne…), parce que les veloutés à la courge (très bons, je les fais moi-même avec ma patte artistique en prime) j’en ai assez soupé……

    1. Outre qu’il faut croire sur parole , que ça concerne les USA , sur une période assez courte , qu’il manque des items importants , c’est une info qu’il faut prendre avec des pincettes et j’aurais plus confiance dans une approche de ce type menée par l’INSEE pour ce qui nous concerne .

      Quant à faire , il serait intéressant aussi de représenter l’évolution relative de chaque postes de dépenses dans le budget des ménages sur les mêmes périodes .

      Au doigt mouillé , j’ai le sentiment , par exemple , que le poste  » nourriture » pèse sans doute , sur cinquante ans , deux fois moins dans les dépenses que les ménages lui consentent . Et qu’ effectivement , en valeur absolue et relative , la tendance a été de consacrer plus de ressources au superflu qu’au nécessaire .

      Globalement l’approche n’est pas forcément facile car il faut mettre en relation natures des dépenses , leurs poids en valeurs relativement et absolument , l’évolution du revenu disponibles des ménages , l’évolution des prix de vente des items en valeur absolue … pour parvenir à repérer ce qui relève du marché , de l’évolution des ressources financières , de l’impact des évolutions des comportements consommateurs « innés » ou sous influence publicitaire , des contraintes factuelles de « l’environnement au sens trivial ( dont climatique ) …

      Mais globalement , mon intuition est que , en tant que consommateurs , nous avons évolué vers plus de ressources consacrées au superflu en « sacrifiant » le nécessaire , par facilité de pays avancé colonisateur, par esprit de jouissance , par nécessité parfois , en raison du mode d’organisation sociale et territoriale ( cf sujet de la mobilité et de l’organisation du travail )

    2. D’accord avec ce tableau (à quelques nuances près)

      Mais j’ai une autre idée, pour ceux qui vivent en France et non aux States :

      Peut-être que si l’on n’obligeait pas tant de monde à utiliser un véhicule (polluant toujours, qu’il soit électrique ou à essence, ou à usage collectif) pour :
      – aller loin des domiciles au boulot à toute heure
      – faire les courses dans un hypermarché ou « market drive » (au stationnement gratuit, pratique quand on doit faire les courses pour la semaine)
      – emmener les enfants à l’école un peu trop loin, ou au trajet trop dangereux pour qu’ils y aillent à pied de par tant de véhicules
      – à aller dans un hôpital/maternité/urgences si loin pour nombreux privés de transports en commun pratiques, ou de « medical care services » suffisants
      – ou dans des services sociaux de plus en plus excentrés
      – à aller dans les fêtes culturelles organisées dans des petits villages éloignés (ou domaines agricoles transformés en gîtes loisirs bien-être santé et, nec plus ultra, à vocation culturelle)

      = alors les véhicules familiaux ne serviraient qu’à aller se ressourcer un peu à la campagne, « no stress », à l’impro, en se garant dans un coin discret pour continuer la ballade à pied (essayez de faire cela en transport en commun, moi j’ai essayé, puis découragée : je ne pouvais aller que dans sites balisés avec commerces touristiques et plein de monde, ou ouverts à telle heure fermés à telle autre – « zut, raté l’h de la navette, ça va fermer – »)

      et alors alors…. alors peut-être…. l’hôpital ne serait pas en 1ère position des besoins indispensables….. Vous ne croyez pas ?
      Et peut-être aussi qu’on aurait moins besoin de « fashionable smartphones » ou de « cellphone service & computer »…

      Bon, perso m’en moque : pas de voiture, ne chauffe pas (me couvre), n’ai pas d’argent pour acheter des souvenirs de pacotille aux foires festives à la brocante (il y a plein de récup au bas de ma rue côté poubelles, me sers), fais les courses près de chez moi tant pis si c’est plus cher (consomme moins), n’ai plus besoin d’associations caritatives éparses, n’aime pas les programmes tv préfère louer des films, et ai la culture à proximité à pied ou dans ma propre bibliothèque (et sur wikipédia!)…. Et je ris autant que j’en ai envie, pas morose ou aigrie du tout.

      Vive la proximité !

      (au fait, si quelques uns sont curieux de connaître ma suggestion de proximité faite à Jospin qui s’apprêtait à la faire étudier par Kouchner avant que le « french humanitarian doctor without borders » soit envoyé d’urgence au Kosovo, je peux le réécrire volontiers : toujours valable. Là comme ça, ce serait un peu trop long)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.