LA CRISE, NOUVELLE SAISON, par François Leclerc

Billet invité.

Dans la série, cela ne tourne pas comme avant, trois évènements viennent de prendre la succession de la crise chinoise. A première vue, ils pourraient sembler n’avoir que peu de rapports, mais pourtant ils conjuguent leurs effets…

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POUR LE PIRE, LE SYSTÈME FINANCIER EST INTACT, par François Leclerc

Billet invité.

« Mexico est le cœur du trafic de drogue, mais Londres est sa tête ». C’est ainsi que Roberto Saviano, connu pour ses révélations sur la Camorra napolitaine, décrit La City comme étant le centre mondial de blanchiment de l’argent de la drogue.

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POUR AIDER LA CHANCE SUR LE MARCHÉ DES CHANGES, par François Leclerc

Billet invité.

Cela faisait longtemps que l’on avait pas entendu parler d’elles. Les unes après les autres, les mégabanques sont condamnés à des amendes par les régulateurs britannique et suisse ou sont reconnues coupables dans le cadre d’actions de groupe (class actions) aux États-Unis. Et cela ne fait que commencer.

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LE GRAND MYSTÈRE DU CALCUL DU RISQUE, par François Leclerc

Billet invité.

« Qu’est-ce que les banques européennes ont réellement dans le coffre ? ». La question n’a jamais été résolue et le mystère continue de planer, mais il va falloir encore attendre quatre ans pour connaître la réponse, et ce ne sera que celle que la BCE apportera…

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FINANCE : 3 – RÉGULATION : 0, par François Leclerc

Billet invité.

Une page est bien tournée. L’Union bancaire, la taxe sur les transactions financières et la séparation des activités bancaires, ces trois grandes réformes financières présumées ont sombré dans d’interminables consultations européennes avec la complicité active de leurs organisateurs.

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Rencontre avec Paul Jorion : « L’extrême-droite économique, une menace pour la démocratie », Foire du Livre Politique de Liège, le 8 novembre 2014

Un entretien avec Steve Bottacin. Cela date d’il y a quelques mois, mais ce n’est peut-être pas tout à fait 😀 sans lien avec l’actualité.

Rencontre avec Paul Jorion :
« L’extrême-droite économique, une menace pour la démocratie »,
Foire du Livre Politique de Liège, (8 novembre 2014),
à l’initiative des Territoires de la Mémoire

STEVE : En Belgique, avant-hier, [le 6 novembre 2014], une grande manifestation a réuni à Bruxelles 120.000 personnes contre les propositions du nouveau gouvernement. Celui-ci a annoncé qu’il était ouvert au dialogue mais qu’il importait de maintenir son programme. Ça m’a rappelé quelques souvenirs de manifestations monstres et de grèves générales en Grèce, notamment entre 2009 et 2011 : 13 grèves générales à ce moment-là… et une austérité qui est maintenue contre vents et marées par le gouvernement. Est-ce que j’ai raison de faire ce parallèle entre l’austérité à la grecque et, maintenant, l’austérité à la belge ?

PAUL : Oui, parce qu’il faut savoir que l’austérité, c’est un programme politique davantage qu’économique. C’est une façon de situer le politique comme étant par nécessité dicté par une logique économique, qui ferait qu’il n’y a qu’une seule approche possible des problèmes. C’est le fameux « There is no alternative » de Madame Thatcher (je prends même son accent involontairement en le disant)…

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SUR LE MARCHÉ OBLIGATAIRE AUSSI, FAITES VOS JEUX… par François Leclerc

Billet invité.

À leur tour atteintes par un mal indéfini, les obligations souveraines ne sont plus le placement de père de famille qu’elles ont si longtemps été. Cela a pu être tout dernièrement observé in vivo en Europe, où après avoir connu des taux négatifs inédits, le marché obligataire a effectué un brutal virement de bord, qui a en premier affecté les titres allemands avant de toucher par contagion tous les actifs défensifs, dont les titres américains, prenant les investisseurs à revers. Coup de torchon, onde de choc, vent de panique et même krach… toute la palette des grands mots a été utilisée dans les milieux financiers, où on s’est souvenu de l’épisode précédent de juin 2013 sur les titres américains et interrogé sur les chocs à venir.

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NOS AMIES LES BANQUES… par François Leclerc

Billet invité.

À l’heure où la Société Générale fait les titres, est-il utile de dresser la liste des grandes banques européennes prises la main dans un sac ou dans un autre ? Il est plus vite fait d’établir celle des banques auxquelles rien n’est reproché ! Car ce sont toujours les mêmes que l’on retrouve dans le collimateur, chaque fois qu’un nouveau scandale apparaît.

Le scandale international du moment concerne toujours les manipulations des transactions sur le Forex, le colossal marché de gré à gré des changes, où elles ne sont pas centralisées. On ne peut qu’estimer le volume de ce haut lieu de la spéculation : 5.000 milliards de dollars quotidiennement, au bas mot.

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L’AFFAIRE, par Zébu

Billet invité

« Encore faudrait-il, avant même d’envisager d’éventuels enseignements à en tirer, que l’Affaire Kerviel commence d’en être véritablement une. »

L’Affaire Dreyfus, elle, devient une Affaire, du fait qu’un Colonel Picquart, membre de la même institution que Dreyfus (et n’ayant cependant guère de sympathie pour celui-ci), dénonce la machination contre le capitaine Dreyfus. C’est ce qui conduit à ce qu’un faux soit fabriqué (qui sera reconnu comme tel par la suite) pour masquer les véritables coupables. Ce n’est qu’alors que Zola publiera dans L’Aurore son fameux « J’accuse ! ».

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AUTOUR DU POT DES TAUX, DE LA DETTE, DE LA RELANCE ET DE L’INFLATION, par François Leclerc

Billet invité.

La remontée des taux sur le marché obligataire est-elle momentanée ou l’amorce d’une tendance durable ? La question a opposé Ben Bernanke et Lawrence Summers aux États-Unis et n’est pas accessoire : la poursuite de cette hausse redonnerait de l’air à un système financier qui prend des risques et inquiètent la Fed, afin de trouver du rendement, mais elle alourdirait le poids d’un endettement public qui ne cesse de croître, après l’avoir soulagé. Dans l’immédiat, les ventes soudaines d’obligations ont pris à contrepied les investisseurs qui n’y ont pas procédé, ou ne s’étaient pas couverts, imprimant leur marque sur le marché en dépit des achats Jde la BCE. Pour la suite, l’incertitude demeure…

La Banque du Japon et la BCE vont-elles contenir cette hausse ? Cela dépendra de l’attitude de la Fed, selon qu’elle se décide ou non à augmenter son taux directeur, une perspective qui s’éloigne. Remarquons cependant que, présentée comme provisoire lors de son lancement, la politique d’assouplissement quantitatif est devenue permanente, toutes banques centrales confondues. Et s’il est prématuré de conclure que les banques centrales ont perdu le contrôle d’un marché obligataire mondialisé, elles ne parlent plus de l’assécher des liquidités qui continuent à y être déversées.

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LA RÈGLEMENTATION ? UNE FAUSSE PISTE ! par François Leclerc

Billet invité.

Fréquenter la presse financière conduit à y rencontrer une interrogation récurrente : « où cela va-t-il craquer la prochaine fois ? ». Rendant inutile tout alarmisme superflu, ces publications s’en chargent d’elles-mêmes, scrutant sans relâche l’activité financière afin d’y déceler des dysfonctionnements annonciateurs. La semaine dernière, l’Autorité bancaire européenne (EBA) a apporté de l’eau à leur moulin en annonçant dans son dernier rapport annuel que «  les risques du système financier n’ont pas changé sur le fond et se sont renforcés. »

Il est généralement admis que c’est du shadow banking non régulé que proviendra le danger, le risque s’étant déplacé depuis que les fonds propres et le coussin de liquidité des banques ont été renforcés par les régulateurs. Mais, bien que la chasse au risque soit en permanence ouverte, et que les tentatives de le cerner ne manquent pas, celui-ci reste intact. Aujourd’hui, les fonds d’investissement sont identifiés comme étant le point faible du système financier, demain un autre péril sera détecté.

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IL NE MANQUERAIT PLUS QUE LES BANQUES CENTRALES PERDENT LA MAIN ! par François Leclerc

Billet invité.

Reconnaitre son impuissance est pour une banque centrale un art difficile, car l’exercice écorne sa toute puissance présumée. C’est la situation dans laquelle se trouve la Banque du Japon, qu’elle essaye de masquer. Son programme de création monétaire de l’équivalent de 620 milliards d’euros n’est pas parvenu en deux ans a faire croitre l’inflation que de 0,2%, une fois soustraite l’augmentation de la TVA de 2%. En dépit d’un taux de chômage orienté à la baisse de 3,4% en mars, ainsi que des promesses d’augmentation des grandes entreprises en réponse aux injonctions gouvernementales – en attendant leur confirmation – la demande intérieure continue à reculer de mois en mois. Un mystère de même nature que celui qui aux États-Unis dépasse Jack Lew, le secrétaire au Trésor. Pour justifier la léthargie des prix, la Banque du Japon invoque la baisse de celui du pétrole et revoit à la baisse ses prévisions de relance de l’inflation. Mais, devant le risque d’une rechute, elle évoque la possibilité « d’ajustements », c’est à dire d’une extension de son programme de création monétaire.

La main de la Fed n’est pas plus assurée lorsqu’en direction opposée elle en vient au resserrement de sa politique monétaire. Avec une croissance de 0,2%, les performances de l’économie américaine sont inférieures aux attentes. La rigueur de l’hiver est mise à contribution pour l’expliquer, ainsi qu’une grève prolongée des dockers et à nouveau la baisse du prix du pétrole (mais cette fois en raison de la chute de l’extraction), mais la prudence est de rigueur pour la suite, et l’inflation est toujours très en dessous de sa cible d’objectif. Le début de normalisation de sa politique, que représenterait une hausse des taux, suscite également des craintes en raison des pertes que les investisseurs pourraient encourir suite à la baisse qui en résulterait de la valeur des obligations dont leurs portefeuilles sont abondamment garnis. Les fonds d’investissement et les ETF (Exchange Traded Funds), qui sont si prisés, seraient particulièrement vulnérables à des sorties massives de capitaux, désormais considérés à eux deux comme les points faibles du système financier. Car, afin de respecter leurs obligations de fonds propres, les banques ne sont plus en mesure de se porter acquéreuses des obligations que les fonds et les gestionnaires d’ETF devraient massivement vendre pour rembourser les investisseurs, ce qui pourrait entraîner un écroulement du marché assorti de pertes en conséquence. Il n’est pas besoin de se pencher beaucoup pour décrire des scénarios catastrophes pouvant survenir.

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DÉBATS OUTRE-ATLANTIQUE, par François Leclerc

Billet invité.

Ben Bernanke et Larry Summers, l’ancien président de la Fed et l’ex-conseiller de Barack Obama, s’affrontent par blogs interposés aux États-Unis dans un débat stratosphérique afin de donner la clé de l’état actuel de l’économie mondiale. Le premier met l’accent sur la « surabondance d’épargne », et le second trace la perspective d’une « stagnation séculaire », faute de demande justifiant l’investissement. Dans un cas, la course aux dévaluations compétitives et aux manipulations de la monnaie qu’il faudrait cesser est en cause, dans l’autre cette tendance de longue durée implique des investissements publics dans les infrastructures. Faut-il cependant s’étonner, vu leurs personnalités, que le débat sur les conséquences de l’accroissement des inégalités de patrimoine et de revenu soit passé à l’as ? L’impact de la sortie du livre de Thomas Piketty aux États-Unis aurait pu faire penser que ce thème serait désormais incontournable, mais ce serait sans compter avec le caractère profondément académique de cette joute, que Steve Keen (*) n’a pas hésité à qualifier de « consanguine » dans un article pour le magazine Forbes. Il a rappelé que ses acteurs sont de cette même famille qui continue de tenir le haut du pavé, et qu’il y a peu de chances que ceux qui n’avaient pas vu venir la crise trouvent son explication.

Plus prosaïquement, les commentateurs en sont à évaluer le degré de patience dont la Fed va faire preuve avant d’engager l’augmentation de son taux toujours proche de zéro. Elle se fait toujours attendre bien que les communiqués de son Comité de politique monétaire ont cessé de faire référence à cette louable qualité. Mais la croissance américaine a enregistré un net accès de faiblesse au premier trimestre, et la Fed continue de se tâter. Il y a toujours quelque chose qui cloche, qui retarde le retour à une certaine normalité : un hiver particulièrement rude, un dollar qui est à la hausse, et surtout une grande inconnue que le secrétaire au Trésor Jack Lew a formulé en termes moins académiques, constatant que la chute du prix de l’essence n’a pas entraîné comme escompté une hausse significative de la consommation : « ce que font les consommateurs de cet argent est un peu une énigme pour l’instant ». Les temps seraient-ils incertains ?

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CONSEILS ÉCLAIRÉS DES « PROS » DE LA FINANCE, par François Leclerc

Billet invité.

Il est parfois réconfortant, et toujours instructif, de lire la presse financière professionnelle. Ainsi, toutes les semaines, AGEFI finances décrypte l’actualité et s’ouvre par un éditorial mettant les points sur les « i ».

Le dernier en date n’y manque pas, qui lance « un salutaire avertissement ». Reprenant celui qu’a lancé le FMI à propos de la gestion d’actifs, il confirme « sans stigmatiser cette profession » que ses représentants gèrent désormais l’équivalent du PIB mondial. Ce secteur non régulé en pleine croissance serait devenu de parole d’expert le lieu d’excellence de la prochaine tempête si rien n’était fait pour la contenir.

Quel serait le danger ? Une crise de liquidité ! Ce mortel immobilisme dans lequel les marchés se figent quand toute confiance est évanouie. Quel serait le déclencheur ? La remontée des taux de la Fed. Quel remède y voit notre éditorialiste, Philippe Mudry ? « Rouvrir le dossier de la tenue de marché bancaire » et redonner à un « univers bancaire qui s’est replié sur lui-même » les moyens d’assurer comme auparavant la liquidité. « Se passer du pôle de résistance que constituent des bilans bancaires solides n’est pas raisonnable », argumente-t-il.

L’argument est imparable : face aux périls que représente le shadow banking, les banques sont encore la meilleure parade, et il ne faut pas leur porter « des coups irréparables ». Les régulateurs entendront-ils cet appel au bon sens et à la mansuétude ?

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VU PAR LE FMI, LE MONDE NE SE SENT PAS TRÈS BIEN, par François Leclerc

Billet invité.

En choisissant de publier des rapports réguliers sur la « stabilité financière dans le monde », le FMI souligne combien celle-ci fait question, ce dont le PDG de JP Morgan Chase a également fait part dans sa dernière lettre ouverte à ses actionnaires, mais dans le but de mettre en garde contre l’excès de réglementation des banques…

Ne mentionnant que de manière anodine « la valorisation de certains actifs » – l’inflation des actifs boursiers – en raison de son appui prononcé aux mesures d’assouplissement quantitatif des banques centrales qui en sont à l’origine, José Viñals, le directeur du département monétaire et des marchés de capitaux du FMI, rejoint la constatation de Jamie Dimon en observant que les marchés obligataires et des changes connaissent des phénomènes inédits et inquiétants de volatilité, qui pourraient se révéler très déstabilisateurs. Il est question d’une crise de liquidité, quand chacun se retire chez soi, avec pour conséquence de dangereusement gripper le système financier.

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L’IMPOSSIBLE RÉFORME DU SYSTÈME FINANCIER, par François Leclerc

Billet invité.

Il y a de quoi donner le tournis : le shadow banking représentait 75.000 milliards de dollars d’actifs en 2014, selon le Conseil de stabilité financière (FSB), soit 50 % des actifs bancaires et 120 % du PIB mondial. Mais le plus impressionnant réside dans l’augmentation de 7 % de sa taille en une seule année, signifiant qu’une mutation est en cours.

Sans aller chercher plus loin et pénétrer dans les arcanes du système financier, cette constatation relativise singulièrement la portée de mesures de régulation principalement destinées aux banques. Cela a d’ailleurs conduit Vitor Constâncio, le vice-président de la BCE, à réclamer une vigilance renforcée des frontières entre ces dernières et les entités du shadow banking, comme si la cause était perdue d’avance en ce qui concerne la régulation de la finance de l’ombre.

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GROS EFFET DE CISEAU ENTRE DETTE ET CROISSANCE, par François Leclerc

Billet invité.

Que peut-on attendre de l’économie dans les années à venir ? Préparant avec la Banque mondiale sa réunion de printemps de la semaine prochaine à Washington, le FMI nous livre en avant-première le fond de sa pensée, et l’on n’en sort pas ébloui.

Non pas tant à cause des médiocres perspectives qu’il dessine, aussi bien pour les pays avancés que pour les émergents, mais en raison de la multiplicité des raisons à cette situation qu’il invoque, ce qui fait que l’on ne sait plus par quel bout prendre la question. En d’autres termes, comme si les dés étaient jetés, ce que corrobore l’importance que le Fonds accorde dans son analyse au vieillissement de la population dans les pays avancés, sur lequel on ne peut pas agir, auquel s’ajoute un chômage qui ne donne pas signe de se résorber si l’on considère le taux de participation au marché du travail.

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EN EUROPE, LE NŒUD GORDIEN DE LA DETTE N’EST TOUJOURS PAS TRANCHÉ, par François Leclerc

Billet invité.

Ce n’est pas une découverte, l’un des grands points de faiblesse du système bancaire européen provient de son rôle déterminant dans le financement de la dette publique, qui se traduit par la détention d’un important volume de titres souverains. Cette situation repose en effet sur une dangereuse ambiguïté : ces titres sont censés conforter les bilans des banques, mais ils peuvent imposer – sauf à les conserver jusqu’à maturité – d’importantes dépréciations de leurs titres en cas de crise sur le marché obligataire se traduisant par une hausse des taux et une baisse corrélative de leur valeur. Quand le chapitre est abordé, il est habituel de qualifier de nœud gordien ce problème parfaitement identifié mais pas du tout résolu, ce qui est d’ailleurs la règle dès que l’on aborde le chapitre de la dette.

Avec son dispositif d’achats de titres de plus de 1.000 milliards d’euros – principalement souverains – la BCE a tout au contraire élargi le problème aux banques centrales nationales. 80 % de ces titres vont être inscrits à leurs bilans, faisant principalement reposer le risque sur celles-ci, sur le même mode que les banques commerciales. Fruit d’un compromis avec la Bundesbank et ses alliés au sein du Conseil des gouverneurs, cette disposition a permis de lancer le programme de la BCE, mais elle a comme conséquence de créer un risque de désagrégation de la zone euro : au cas où une banque centrale nationale serait prise dans une tourmente, elle n’aurait pas la ressource de compenser ses pertes en émettant des euros, comme c’est le cas de la BCE, et devrait se retourner vers son actionnaire l’État… Au lieu de desserrer le nœud gordien, la BCE y lie les banques centrales nationales, principalement celles de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie, où la viabilité de la dette publique est plus particulièrement sujette à caution. La Banque de Grèce n’est en effet pas concernée dans l’immédiat, étant provisoirement exclue du programme de la BCE.

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LES RÉGULATEURS SONT PENCHÉS SUR LE RISQUE SYSTÉMIQUE… ET N’EN FINISSENT PAS ! par François Leclerc

Billet invité.

Faisant écho au monde bancaire qui réclame un cessez-le-feu sur le front de la régulation, le Comité de Bâle joue l’apaisement dans son dernier rapport. Les 98 plus grandes banques objet de sa dernière étude ont atteint ou dépassé les exigences minimales de ratio de fonds propres à la fin juin 2014, annonce-t-il, les établissements identifiés comme systémiques devant encore atteindre leur ratio propre mais s’en approchant. Les mégabanques ont également continué de progresser afin de disposer d’un coussin de liquidités leur permettant de faire face à une crise de liquidité de trente jours. Bref, nous sommes sur la bonne voie !

Mais cela serait trop beau, car les régulateurs n’en n’ont jamais fini, placés devant la montée en puissance d’un nouveau danger systémique. Il est apparu au sein d’un autre monde dont le volume d’activité s’est considérablement accru et qui connait une forte concentration, celui des méga fonds d’investissement. Quelle pourrait en être cette fois-ci la cause ? La remontée du taux principal de la Fed pourrait précipiter une panique sur le marché obligataire, en raison de l’afflux des ventes, aboutissant à un nouveau blocage des transactions financières. Certes, les avis à ce sujet sont partagés – certains mettant l’accent sur les « conséquences dévastatrices » de la remontée du taux directeur de la Fed, d’autres exprimant leur confiance dans la capacité des fonds d’investissement à absorber le choc – mais nous vivons dans un univers formellement régit par le principe de précaution impliquant d’agir préventivement en tout état de cause…

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LE FMI EST PENCHÉ SUR LA DETTE… ET NE S’EN RELÈVE PAS ! par François Leclerc

Billet invité.

L’endettement des 129 États notés par Standard & Poor’s progressera de 1,7% cette année et atteindra 44.300 milliards de dollars. Au fur et à mesure que la masse de la dette publique s’accroît et que la croissance économique s’installe dans ce qui est qualifié de stagnation séculaire – deux tendances fortes – le risque de défaut souverain augmente. Que faire ?

Celui-ci n’apparait plus à l’horizon de lointains pays émergents mais en Europe, même si le risque d’éclatement de la zone euro s’est éloigné depuis l’épisode de 2011. La stratégie de désendettement qui y est imposée alimente une crise sociale et politique qui autorise à douter de sa viabilité. L’énormité d’autres dettes dont la croissance est sans fin, comme celles du Japon et des États-Unis, est telle qu’il est feint de croire qu’elle pourront être éternellement financées, faute d’alternative. A la vue de ce spectacle, une constatation s’impose : la problématique du désendettement a de l’avenir.

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