Quelle monnaie pour assurer notre vivre ensemble sur la planète ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Le problème de la dérive anthropique de notre climat comporte deux niveaux d’analyse : l’anticipation de l’évolution de notre milieu tel que nous pouvons l’appréhender objectivement avec nos moyens de mesure actuels ; et la transformation requise de nos comportements pour nous intégrer dans un équilibre durable entre ce que nous voulons et les limites physiques de notre milieu. Aux deux niveaux d’analyse, le problème est à la fois subjectif et objectif.

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Les monnaies locales peuvent-elles être un rempart contre le capitalisme financier ?, par Dominique Temple

Billet invité.

Il faut bien reconnaître que la monnaie dominante actuellement ne fonctionne que comme monnaie de libre-échange. Elle n’est comptable que des productions qui fournissent des profits.

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Pourquoi la théorie de la réciprocité est-elle ignorée de ceux qui se réfèrent à l’éthique ?, par Dominique Temple

Billet invité.

Pourquoi la théorie qui permettrait de construire l’alternative attendue à l’ère du post-capitalisme est-elle volontairement ignorée notamment de ceux qui convoquent l’éthique alors que manifestement chaque jour qui passe montre que l’éthique n’est pas capable d’endiguer l’idéologie du libre-échange qui subjugue toutes les activités économiques, productrices comme consommatrices au profit de l’accumulation du capital, de la croissance d’un pouvoir aveugle sur ses finalités et qui met de plus la planète en péril ?

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Recapitaliser en euro la démocratie européenne ou plonger dans la misère libérale, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

La démocratie subvertie par l’euro sans responsabilité des États

Le vote grec est une révolte contre la mise en défaut de la démocratie par la dérégulation des marchés financiers et le libre échange. Depuis le krach des subprimes, les dettes publiques ont explosé en zone euro surtout dans les pays où l’État est fiscalement fragile comme en Grèce, Italie, Espagne et Portugal ou trop ouvert sur l’extériorité financière comme à Chypre et Malte ou en Irlande, Belgique, Pays-Bas et France. Le principe de la zone euro est la concurrence libre entre prêteurs domestiques de l’État et prêteurs étrangers. Les gouvernements qui ne sont pas aussi rigoureux qu’en Allemagne ne résistent pas à la facilité de se financer en dehors de leurs frontières pour ne pas avoir à rendre de comptes trop serrés à leurs contribuables.

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Référendum grec et retour à la rationalité du bien commun, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Dans le débat que l’annonce du référendum grec a mis sur la place publique européenne, les positions apparaissent inconciliables non parce que les uns et les autres ont des buts antagoniques mais parce que chacun voit la réalité commune avec ses seules lunettes. Il est évident, naturel et logique que la Grèce appartiennent à la communauté de l’euro. Mais il faut pour que l’évidence se réalise se mettre d’accord sur le fonctionnement de l’euro et sur l’expression des finalités de cette monnaie multinationale.

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Comment l’euro grec sera une monnaie plus solide que l’euro mis en faillite par l’Eurogroupe, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Par la force des choses et l’irresponsabilité des technocrates pseudo-européens, la Grèce a franchi la première étape de reconstruction d’un euro fondé sur la démocratie. Le contrôle souverain de la circulation monétaire du capital rétablit au moins formellement la suprématie de la loi et de la société politique sur la propriété, l’investissement, le crédit, la rémunération du travail et l’assurance des personnes. Comme l’approvisionnement des banques grecques en titres de paiement de la BCE n’est plus garanti, le pouvoir politique grec est obligé de reprendre explicitement le contrôle des banques, donc des conditions du crédit et de la conformité des paiements à l’intérêt général.

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Non à l’euro nihiliste ! Oui à l’euro du vivre ensemble, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Face à la politique du néant jouée par l’Eurogroupe sur la scène médiatique, Alexis Tsipras prend la seule décision qu’un responsable politique empêché d’agir puisse prendre : demander à ses mandants d’expliciter les conditions d’exercice de son mandat. En l’espèce, les Grecs doivent dire s’ils acceptent de s’euthanasier en tant que peuple, nation, État souverain, pour rembourser les dettes contractées en euro ou s’ils vont chercher par eux-mêmes en nation responsable, le moyen de demeurer vivant comme société civile sans renier leurs obligations vis-à-vis d’eux-mêmes et vis-à-vis de leurs concitoyens européens.

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L’argent liquide : faim mondiale ou cache-cash ? Un enjeu humain, par Patrick Saint-Sever et Jean-Michel Servet

Billet invité.

Les gouvernants et les lobbies des institutions financières se font pressants. Le cash serait démodé et synonyme de fraude voire de gangstérisme ou de terrorisme. Plus encore, il serait désormais nocif à une bonne et saine politique économique. Étonnante novation que cette proscription d’un élément longtemps pensé comme un instrument essentiel de la souveraineté.

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Réparer la zone euro sans la casser ? Du rêve à la réalité, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’auteur de « Réparer la zone euro sans la casser » ne comprend pas qu’il n’existe pas de dette réelle qui ne soit réciproque en nature et en substance. La réciprocité des dettes entre un prêteur financier et un emprunteur financier se fait sur le terrain du droit qui est la contre-réalité du prix. Le droit est la substance de la dette qui fait créance ; le prix est la nature de la créance qui soit substance de dette. Une dette financière est réelle si son prix en monnaie égale son prix en droit pour le débiteur tout autant que pour le créancier.

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La thermodynamique des transitions économiques, par François Roddier

Billet invité. En sus, le texte et la présentation de la conférence donnée par François Roddier le 12 mars 2015 à The Shift Project

Résumé : Comme tout organisme vivant, une société humaine ne peut subsister que grâce à un apport constant dʼénergie quʼelle dissipe. Lʼéconomie est lʼétude de son métabolisme. Comme lui, elle suit les lois de la thermodynamique. De même quʼune machine thermique ne peut fonctionner durablement sans effectuer des cycles de transformations échangeant de la chaleur avec deux sources de températures différentes, de même un organisme vivant effectue des cycles de réactions chimiques grâce à des catalyseurs qui créent des “températures apparentes” différentes. De même enfin, une économie ne peut fonctionner durablement sans effectuer des cycles dʼéchanges avec des monnaies différentes. On montre que lʼutilisation dʼune monnaie unique conduit inévitablement à un effondrement. Thermodynamiquement, un effondrement économique a les propriétés dʼune transition de phase abrupte.

La suite du texte ici.

La présentation est disponible ici.

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Liquidité monétaire et République Fédérale des Démocraties d’Europe, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Depuis la dégénérescence de la crise bancaire des subprimes en crise de liquidité des États, la construction politique européenne ne sait plus ce qu’elle est ni où elle va. Le renflouement du système bancaire mondial par la dette publique des États a provoqué en 2010 l’expulsion de la Grèce, du Portugal, de l’Irlande et de l’Espagne du marché privé de la liquidité en euro. Devant la faillite annoncée des banques détentrices des dettes publiques en euro, l’Allemagne et la France ont mis les traités européens entre parenthèses et suspendu la construction de l’Europe politique. Les experts anonymes de la Commission Européenne, de la BCE et du FMI, labellisés « Troïka » ont été dépêchés auprès du gouvernement d’Athènes pour dicter une politique qui prouve l’irréversibilité de l’euro comme monnaie commune indépendante des lois, des régimes et des souverainetés politiques.

Le nominalisme ou la puissance invincible des mots et des images

L’absolutisation formelle de la monnaie et de la finance au-dessus de la chose politique européenne date de la dérégulation financière des années 80. La dérégulation financière libérale a été inventée par les anglo-saxons pour surmonter la crise initiale de la dette publique qui a frappé les États-Unis dans les années soixante-dix à cause de la guerre froide et de la défaite du Viet-Nam. Après s’être relevés de leur défaite dans la deuxième guerre mondiale, l’Allemagne et le Japon étaient devenus excédentaires dans le commerce international. Accumulant des réserves de change sous forme de titres de créance sur le Trésor Fédéral des États-Unis, l’Allemagne et le Japon s’étaient engagés dans le rachat des réserves d’or de la Réserve Fédérale afin de se débarrasser de la dette publique étatsunienne qui ne leur paraissait pas sûre.

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Système monétaire : comment prévenir la corruption de la liberté en licence, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. À propos de

Lundi 2 mars 2015, Institut de France
L’Académie des Sciences morales et politiques
a l’honneur de vous inviter à une conférence exceptionnelle
autour du thème :
Recréer un système monétaire international
Un futur Objectif des Nations Unies pour le développement durable ?
L’Académie des Sciences morales et politiques, en préparation du Sommet de New York de septembre 2015 qui fixera les futurs Objectifs des Nations Unies pour le développement Durable, souhaite attirer l’attention de la communauté internationale sur la nécessité de refonder un système monétaire international, seul garant de la soutenabilité des systèmes financiers et de l’économie en général et d’un retour à plus d’éthique et d’équité sur les marchés.
en présence des académiciens
Jean BAECHLER
Professeur émérite à la Sorbonne-Paris IV
Jacques de LAROSIÈRE
Directeur général du FMI (1978-1987)
Michel PÉBEREAU
Président de BNP Paribas (1993-2011)
Jean-Claude TRICHET
Président de la BCE (2003-2011)

 
Jean Baechler est membre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques dans la section Morale et Sociologie. Jean Baechler a pour confrères trois anciens banquiers, Jacques de larosière ancien Directeur Général du FMI, Jean-Claude Trichet ancien Président de la BCE et Michel Pébereau, ancien Président de BNP-Paribas. Le 2 mars dernier, le sociologue a demandé en séance publique à ses trois collègues du Quai Conti : comment dans le régime financier international actuel, prévenir la corruption de la liberté en licence ?

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Quatre mois pour fonder la démocratie de l’euro avec la Grèce, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. P.J. : un point Godwin, Pierre, mais vous ne faites que marcher dans les pas de Tsipras et de Varoufakis 😉

Après la prolongation de la Grèce dans l’euro, le choix de la démocratie s’offre à tous les Européens. L’organisation monétaire de l’Europe est l’armature de son régime du vivre ensemble multinational. La zone euro est actuellement construite comme un empire sur le modèle du Saint Empire Romain Germanique : des peuples, des princes, des clergés, des aristocrates, des bourgeois, des marchands juxtaposés qui s’affrontent froidement par leurs dirigeants. Les politiques et les financiers forment une caste supra-nationale exclusivement occupée à une compétition de pouvoir hors de tout projet de transformation de la réalité universelle des sociétés rassemblées. L’euro est une unité de compte de la richesse formelle ; du capital monétisé cumulable sur des comptes bancaires statistiques abstraits de la réalité humaine. Les individus qui contrôlent directement ou indirectement le plus de capital comptable formellement liquide sont réputés maître du jeu jusqu’à recomposition des nouvelles coalitions féodales qui viendront les détrôner.

L’euro n’est pas indexé sur la réalité économique des gens mais sur le discours des techniciens de la politique, de la finance et de la communication juridico-mercato-scientiste. Pour que l’euro soit une unité de compte des échanges réels entre Européens solidaires d’une loi commune, il faut et il suffit qu’il soit financièrement adossé aux nations d’Europe. Lesquelles soient monétairement stratifiables du local au confédéral en passant par toute la pluralité des objectifs matériels du vivre ensemble ensemble, ensemble d’ensembles, sous une nationalité vraiment commune. Pour que l’euro soit immunisé contre la spéculation des marchands prévaricateurs et concussionnaires, ils faut toutes les figures de l’État de droit démocratique entre la réalité et la comptabilité par les prix ; toutes les figures du local régional aux Etats-nations par la Confédération des démocraties de l’euro.

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Derrière le psychodrame nationaliste, la nouvelle constitution de l’euro en négociation, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’euro devient politique

L’actuelle confrontation de la Grèce à ses créanciers étatiques de la zone euro est capitale pour la Grèce, pour l’euro, pour l’Union Européenne contre le système monétaire libéral fondé sur la libre circulation du capital en monnaie bancaire irréelle. « Capitale » au sens où il faut décider qui est propriétaire du capital sur quoi doit s’imputer la fraction non remboursable de la dette publique grecque qui est actuellement une dette publique des États solidaires de la Grèce par l’euro.

Formellement et officiellement, les banques ont déjà renoncé au remboursement de leur créance en « revendant » leurs titres à prix cassé à la BCE et aux fonds de soutien mis en œuvre par le capital public de l’Eurogroupe (États de l’Union participant à l’euro). La dette publique grecque est donc adossée à du capital public en euro détenu par les États membre de l’euro. La détention européenne publique exclusive de la dette de l’État grec permet à l’Eurogroupe de négocier les paiements d’intérêt de la Grèce en dessous du prix de marché des investisseurs et prêteurs privés.

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Économie du droit réalisable, épistémologie du droit de vote en euro, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

La démocratie réinventée par l’initiative privée

À Paul Jorion vient d’être suggéré à la suite de sa dernière conférence à la VUB de soutenir une démarche de « crowd funding » pour financer le maintien de la Grèce dans la zone euro. Comme l’État grec ne parvient pas à couvrir toutes ses obligations légales et financières par les impôts et l’épargne des résidents grecs payables en euro, le déficit budgétaire serait comblé par une souscription internationale de bienfaiteurs privés. L’initiative privée viendrait pallier la défaillance des États souverains associés à la souveraineté grecque dans la zone euro. Appelons « association citoyenne de financement populaire » le dispositif envisagé de « crowd funding ».

Une souscription internationale en faveur de la Grèce montrerait que les citoyens d’Europe et du monde ne sont pas nécessairement cupides et nationalistes. La citoyenneté serait manifestée dans sa finalité universelle, coopérative, internationale et humaniste. Mais dans la même logique, le renflouement privé anonyme de la Grèce prendrait acte de l’absence de gouvernement politique de l’euro. L’euro serait consacré comme instrument exclusif de la libre circulation privée du capital totalement indépendant du financement public des États de droit ; lesquels sont pourtant la condition objective dirimante de l’appropriation privée du capital. La finalité et la nécessité des États et sociétés d’États à protéger et définir les droits des personnes conformément aux constitutions nationales des États actuels et aux traités actuels de la zone euro, serait de fait éludée.

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Le cadeau de la BCE à la démocratie en Grèce, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

La BCE vient d’annoncer qu’elle ne prendra plus de titres de la dette publique grecque en garantie de ses allocations d’euro aux banques. Pour toutes les banques y compris les banques grecques, il devient plus risqué d’acheter de la dette grecque. Les trois principales conséquences de la décision de la BCE sont :

  1. que la Grèce n’a plus d’accès officiel direct aux pièces et billets en euro ;
  2. que la Grèce ne peut financer son déficit commercial avec le reste de la zone euro que par des emprunts à des créanciers privés ;
  3. que la Grèce n’a plus à appliquer la politique de ses créanciers de la zone euro puisqu’elle n’obtient plus de liquidité en contrepartie.

La BCE se conforme exactement au programme politique pour lequel le nouveau gouvernement grec s’est fait élire. En l’occurrence, les Grecs renoncent à emprunter des euros à la zone euro du fait qu’ils n’en tirent aucun bénéfice pour le vivre ensemble en Grèce. De fait toute l’augmentation de la dette publique grecque et de la dette extérieure a servi à maintenir la fiction comptable d’une appartenance de la Grèce à la zone euro. Dans la réalité économique, les citoyens grecs ont clairement constaté que l’euro servait à détruire leur pays et leurs biens communs.

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Comment la Grèce interdira la corruption du politique par la finance réelle en euro, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

La corruption dont on accuse les Grecs comme cause de leur insolvabilité en euro est consubstantielle au système de la monnaie unique. Le régime appliqué en euro de la libre circulation du capital est la libre corruption du politique. La libre circulation du capital est de fait l’impossibilité de localiser l’investissement dans la légalité d’une souveraineté identifiable par la monnaie. Le motif de cet oubli est d’exonérer les gérants et les propriétaires du capital du prix de la propriété dû à l’État de droit. L’économisme libéral pose le droit de propriété comme un absolu. Ainsi n’est-il pas nécessaire de penser une contrepartie économique pour les citoyens dont la discipline permet pourtant la jouissance effective du droit de propriété.

Le système qui dispense les Grecs riches de payer des impôts pour financer le bien commun est explicitement celui de la monnaie unique. Un système qui abolit la distinction entre la propriété grecque et la propriété non grecque ; donc un système qui institutionnalise et généralise à tous les résidents de la zone euro l’aversion des propriétaires grecs pour le cadastre et la fiscalité. La suppression des frontières politiques et de tout cadastrage étatique de la propriété financière par le marché unique du capital financier est le moyen de la corruption libre du politique dans toute l’Europe.

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La zone euro entre les mains de la liberté démocratique grecque, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’annonce d’une nouvelle campagne de « quantitative easing » de la BCE ne va rien changer à la déréliction économique de la zone euro. Le système monétaire européen est en coma dépassé dans le non-système mondialisé de la monnaie privée au service de la spéculation libre. Le sol fertile de l’économie réelle est partout recouvert d’une montagne de sable financier. Toute la liquidité que les banques centrales déversent depuis 2008 sur les dunes de dettes financières fige le sable de l’insolvabilité. L’économie réelle de production des vrais biens et services qui permettrait de rembourser les dettes ne reçoit plus de lumière ni d’eau. Les prix sont falsifiés par l’instabilité du capital virtualisé. Les consommateurs réduisent leurs dépenses pour s’assurer de leur avenir précaire et insaisissable.

Le système est en panique. L’autorisation donnée aux banques centrales du Système Européen des Banques Centrales (SEBC) de racheter librement la dette de leur actionnaire étatique national revient à rompre toute relation entre l’émission de l’euro et une quelconque loi européenne commune. Plus grave, l’euro devient un machin qui n’appartient à personne et dont quiconque soit assez puissant pour s’arroger le pouvoir du fait accompli financier peut en émettre les signes. Encore plus grave, le nouveau régime monétaire qui se met en place est totalement inédit où le lien entre la monnaie et une loi nationale identifiable portée dans la souveraineté d’un État n’existe officiellement plus.

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La démocratie en euro selon Keynes, Piketty appuie Podemos et Syriza, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Comment le projet économique pour les gens de Podemos est la seule chance de sauver la zone euro de sa déréliction libérale. Comment Syriza peut négocier un programme européen de démocratie financière dès dimanche prochain.

Le complot libéral européen

Thomas Piketty, l’auteur internationalement réputé du capital au XXIème siècle, a été interrogé par Pablo Iglesias Turrion récemment élu secrétaire général du mouvement de rénovation politique espagnole Podemos. A travers le problème du capital et de sa réalité historique sur la longue durée, Piketty rétablit la possibilité d’une causalité réciproque explicite entre l’économie réelle des sociétés humaines et la politique de la démocratie. L’économiste français tient sur la même ligne que Podemos un discours alternatif de l’unité européenne qui ne soit pas celui de la religion féroce. A la déréliction économique et politique assénée à l’Espagne dans une zone euro mise en faillite par les subprimes, Piketty et Podemos opposent la construction possible et nécessaire d’une démocratie de l’euro.

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QUAND UNE BANQUE CENTRALE CÈDE… par François Leclerc

Billet invité.

« La maman et la putain », le nom du film culte de Jean Eustache, conviendrait au mieux au comportement de financiers recherchant à la fois la sécurité et le rendement. Sur la corde raide, ceux-ci trouvent refuge là où ils le peuvent – le marché de l’or et obligataire, les facilités de dépôts des banques centrales ou les monnaies fortes du Forex (le marché monétaire) – tout en manifestent parallèlement un grand appétit au risque dans d’autres compartiments de l’activité financière, les plus sophistiqués de préférence.

Le franc suisse vient d’en faire les frais. Après s’y être épuisée. la Banque nationale suisse (BNS) a jeté l’éponge sans crier gare et abandonné un taux plancher fixé il y a trois ans, car il devenait impossible à faire respecter. C’était cela ou continuer à amasser à son bilan des masses d’euros à la valeur allant s’effriter en raison des mesures à venir de la BCE. La hausse du franc suisse était bridée, et elle a immédiatement explosé.

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