LE DÉMANTÈLEMENT DE FUKUSHIMA N’EST PAS BIEN PARTI, par François Leclerc

Billet invité.

Le projet de démantèlement à long terme de la centrale de Fukushima, dans lequel les autorités japonaises et mondiales se sont engagés, suscite deux grandes interrogations qui ne sont pas prêtes de trouver une réponse satisfaisante : que faire de l’eau contaminée après refroidissement des réacteurs – dont le stockage précaire actuel est provisoire – et quelles solutions inventer pour récupérer et stocker les trois coriums dont la localisation n’est pas établie, qui représentent 250 tonnes de matière nucléaire hautement radioactive ?

Pour la première d’entre elles, l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui renvoie une mission sur le site de Fukushima du 17 au 21 avril, préconise faute d’autre solution un expédient : la rejeter à la mer après l’avoir autant que possible décontaminée. On n’en sera pas surpris, connaissant sa détermination à défendre l’énergie électronucléaire dont elle représente de facto les intérêts. Yukiya Amano, son directeur général, en a fait preuve la semaine dernière en réaffirmant à son propos que « malgré l’accident de Fukushima Daiichi, elle continue à jouer un rôle important dans le mix énergétique mondial ». L’AIEA participe activement à la normalisation en cours en apportant sa caution.

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Fukushima : cogérer l’agonie, par Nadine et Thierry Ribault

Billet invité.

En ce 11 mars 2015, quatre ans après l’inachevable désastre nucléaire de Fukushima, on peut, bien entendu, établir un bilan officiel : 87 enfants atteints d’un cancer de la thyroïde, 23 autres suspectés de l’être, 120.000 « réfugiés », 50.000 liquidateurs mobilisés au seuil sacrificiel dûment relevé, des piscines remplies de combustibles prêtes à nous exploser au nez, des rejets massifs et réguliers d’eau contaminée dans l’océan, pas moins de 30 millions de m3 de déchets radioactifs à stocker pour l’éternité.

Ce bilan existe. Nous vous y renvoyons.

L’État fait des habitants de Fukushima des cogestionnaires du désastre

Une fois ce « bilan » dressé, une fois les victimes et les inquiétudes considérées avec respect, il s’agit de tirer les conclusions qui s’imposent. L’une d’entre elles est la suivante : au fur et à mesure que se mettait en place l’aide fournie par des groupes citoyens, des ONG, des structures plus ou moins indépendantes, l’État faisait des habitants de Fukushima, indéniablement et sous couvert de « participation citoyenne », des cogestionnaires du désastre. On pourra nous opposer que cet élan civique a relevé de la spontanéité, voire de l’amour du prochain, que l’État n’a donné aucun ordre allant dans ce sens, que chacun était, et reste, libre de « s’engager » dans de tels mouvements, certes ! Cependant, beaucoup des hommes et des femmes qui l’ont fait, même si c’est inconsciemment, ont fait le jeu de l’État.

Voilà ce que nous avons constaté.

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« Penser /Créer avec Fukushima », L’infamie gagne du terrain, par Nadine et Thierry Ribault

Billet invité.

Deux enseignants et écrivains, Michaël Ferrier de l’université Chuo à Tôkyô, et Christian Doumet, de l’université Paris 8, membre de l’Institut Universitaire de France, organisent du 12 au 14 juin à Paris, à l’INALCO et à la Maison de la culture du Japon, une « Rencontre internationale » intitulée « Penser/Créer avec Fukushima ».

L’argument est le suivant :

« Fukushima est ancré dans notre présent d’une manière si inquiétante qu’il est encore impossible d’imaginer le monde d’après Fukushima. Certes, de nombreux travaux dans toutes les langues ont porté et portent encore sur les aspects scientifiques, techniques et politiques de l’événement. Mais la manifestation proposée ici s’intéressera plutôt à ses conséquences intellectuelles et esthétiques, et au nouvel ordre mental dans lequel nous sommes appelés à vivre depuis le 11 mars 2011. »[1]

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« L’affaire » DES TER, par Michel Leis

Billet invité

L’ampleur prise par la polémique sur les rames des TER (transports express régionaux) dans la semaine qui vient de s’écouler nous interpelle, non pas sur les faits eux-mêmes, mais sur la couverture de cet élément qui illustre certaines tendances de fond de notre société.

De quoi parle-t-on : d’une erreur dont l’impact, pas encore précisément chiffré, peut aller de 50 millions d’Euros à 100 millions, voire un peu plus suivant les estimations. Ramené à l’investissement initial, on est dans un ordre de grandeur de moins de 1 %. Une « dérive » de cet ordre est loin d’être inhabituelle dans un programme qui engage des sommes importantes sur des durées assez longues. J’aimerais par exemple être certain qu’il n’y a pas eu de dérives plus importantes lors de la construction de ces rames : changement de caractéristiques, omission plus ou moins volontaire de spécifications par le fabricant et toutes autres turpitudes tout aussi fréquentes dans ce genre d’achat sur appel d’offres qui permettent au fabricant d’allonger la facture. Si de telles dérives ont eu lieu, elles n’ont pas été portées à notre connaissance.

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Fukushima : UNE VULNÉRABILITÉ ACCRUE PAR LE SAUVETAGE ! par François Leclerc

Billet invité.

Plus de trois ans après la catastrophe, l’opérateur de la centrale de Fukushima est parvenu à au moins un résultat incontestable : le stockage dans des conditions de grande précarité révélée de quelques 350.000 tonnes d’eau contaminée. Et cela ne cesse de s’aggraver, l’installation de capacités de stockage de 800.000 tonnes d’eau contaminée étant pour l’instant prévue.

Les énormes réservoirs cylindriques qui s’étendent à perte de vue ont déjà connu à plusieurs reprises des fuites, mais celles-ci pourraient se révéler vénielles comparées au désastre qui résulterait des effets d’importantes secousses sismiques ou d’un cyclone les frappant de plein fouet. Le bilan est sévère : la vulnérabilité de Fukushima n’a pas été réduite mais s’est accrue.

Les installations de décontamination de l’eau connaissant panne sur panne – à tel point que l’on en vient à se demander si elles fonctionneront jamais – la centrale produit beaucoup plus d’eau contaminée qu’il n’est possible d’en traiter. Comme à chaque fois qu’il s’agit des déchets de l’industrie nucléaire, le sort qui sera réservée à l’eau contaminée reste problématique.

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Fukushima : UNE MACHINE À FABRIQUER DE L’EAU RADIOACTIVE À N’EN PLUS FINIR, par François Leclerc

Billet invité.

On s’attendait à ce que le démantèlement de la centrale de Fukushima finisse par être reconnu impossible en raison de la présence dans les sous-sols des réacteurs de trois coriums hautement radioactifs dont la localisation reste inconnue (ou non dévoilée), faute de moyens robotiques permettant de les en extraire. Mais c’est face à un autre problème que Tepco, l’opérateur de la centrale, se révèle dès à présent démuni : si celle-ci ne produit plus d’électricité depuis plus de trois ans, elle est depuis devenue une très performante machine à fabriquer de l’eau radioactive dont il ne sait pas quoi faire.

Une fois de plus à l’arrêt, les installations de décontamination de l’eau dont il était attendu la solution au problème, ne fonctionnent pas comme prévu. Dénommées ALPS, ces trois usines ne marchent que par intermittence, leur performance déclinant au fur et à mesure qu’elles sont en service sans que l’on sache pourquoi. Dans ces conditions, il est exclu de réutiliser l’eau de refroidissement en créant un circuit fermé ou de la déverser dans la mer : il n’y a pas d’autre solution que de poursuivre son stockage dans de gigantesques réservoirs qui s’alignent déjà à perte de vue sur le site de la centrale.

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Fukushima : L’ART DE DIRE LES CHOSES À SA CONVENANCE, par François Leclerc

Billet invité

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© Matthieu Ferrand

« Rendre le monde plus sûr ! », c’est sur ses paroles apaisantes et sans crainte de manier les paradoxes que Yukiya Amano, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a conclu hier sa conférence de presse de Tokyo. Il faut dire que l’organisation est née en 1957 sous l’égide de l’ONU, en pleine guerre froide, sous le slogan « Atom for Peace » (L’atome pour la paix) et n’a cessé depuis de promouvoir les applications civiles du nucléaire (tout en ayant comme mandat d’en limiter les développements militaires).

Prenant le taureau par les cornes devant son auditoire japonais, le haut fonctionnaire international venait auparavant d’aborder le sujet pour lequel il était venu, dans un pays où les centrales sont arrêtées avec comme enjeu leur relance. « La sécurité à 100 % n’existe pas », a-t-il expliqué pour appuyer le lobby de l’électronucléaire, en prenant pour preuve qu’une « catastrophe naturelle peut arriver n’importe où dans le monde », sans s’arrêter à un petit détail : dans le cas de l’électronucléaire, ce risque est créé de toutes pièces !

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QUAND LES CORIUMS DE FUKUSHIMA FONT REPARLER D’EUX, par François Leclerc

Billet invité.

Les trois coriums échappés de leur cuve d’acier de la centrale de Fukushima font enfin reparler d’eux. Non pas aux bons soins de Tepco, son opérateur, du gouvernement japonais ou des autorités de sûreté nucléaire, mais de ceux d’un laboratoire de l’Université de Tsukuba, plus particulièrement impliqué dans un domaine de recherche de pointe : le comportement des rayons cosmiques et plus spécialement des muons, ces particules de haute énergie et de charge négative. Celles-ci ont comme particularité de traverser à peu près tout ce qu’elles trouvent sur leur passage, à l’exception toutefois de substances à haute densité comme le combustible nucléaire. D’où l’idée de les utiliser afin de localiser les coriums dont la localisation reste inconnue. En traquant là où les muons sont bloqués grâce à la mesure de flux de muons entrants et sortants du réacteur de Tokaimura 2 qu’ils ont inspecté à titre de vérification expérimentale durant onze mois, les chercheurs ont fait apparaître en négatif une image du combustible.

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FUKUSHIMA, NOTRE MALHEUR, par François Leclerc

Billet invité.

Sur le site de la centrale, l’extraction des 1.533 assemblages de combustible de la piscine n°4 se poursuit très précautionneusement, comme s’il s’agissait des baguettes d’un jeu de mikado instable et susceptible de s’écouler. Aucun incident n’est signalé, mais les ouvriers qui effectuent le travail touchent le salaire d’une peur destinée à durer toute l’année qui vient.

Le chantier ne cesse de faire parler de lui, ce qui n’est pas le cas des trois coriums évadés de leurs cuves après les avoir percées pour se répandre dans les sous-sols des réacteurs, dont on ne sait ni où ils se trouvent exactement, ni quand leur extraction annoncée pourra commencer, ni comment elle finira. Beaucoup d’interrogations pour un sujet tabou, car l’impasse n’est pas uniquement technologique. Elle est aussi financière.

La compagnie Tepco est maintenue en vie par le gouvernement, qui y a déjà injecté l’équivalent de milliards d’euros tout en se refusant à la privatiser et ne disposant en contrepartie que d’actions sans droit de vote. Les banques et les investisseurs ont en ce qui les concerne besoin de visibilité pour ne pas financer la poursuite de son activité à fonds perdus. Afin de disposer d’un bilan plus présentable, une fois appliquées de nouvelles règles comptables permettant d’étaler ses pertes sur dix ans, de nombreux actifs vendus et les salaires des employés baissés, un plan de restructuration de Tepco va être communiqué le mois prochain au gouvernement, qui a tout du donnant-donnant : « permettez-moi de redémarrer quatre des sept tranches de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa afin d’améliorer mon compte d’exploitation et vous permet de sauver la face ! ». Car le pire pour le gouvernement serait de se retrouver en première ligne devant une tâche impossible à mener mais dont la fiction doit être préservée.

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CONFUSION A FUKUSHIMA, par François Leclerc

Billet invité.

Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima, tente de faire face à la situation après le passage du typhon Man-Yi sur le site. Les trombes d’eau qui se sont déversées ont rempli les zones délimités par les petits murets de retenue entourant les réservoirs, dont les vannes ont été ouvertes, afin d’éviter sa contamination ultérieure selon Tepco, avec pour conséquence le déversement de l’eau dans l’Océan Pacifique. Lorsque la radioactivité de l’eau est trop élevée (supposant la contamination de celle qui a été relâchée), elle est pompée dans d’autres citernes. Aucune information n’a été donnée sur la situation dans les sous-sols techniques des réacteurs remplis d’eau contaminée. La forte vulnérabilité de la centrale est confirmée.

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FUKUSHIMA, MON AMOUR, par François Leclerc

Billet invité.

En défendant la candidature de Tokyo pour les Jeux Olympiques de 2020, le premier ministre Shinzo Abe a pour le moins témoigné d’une incontestable confusion, suscitant dans le pays de toutes autres réactions que la joie éclatante d’avoir gagné. Il a affirmé que la situation était sous contrôle, renforçant cette vérité officielle en confondant la décision de faire monter en première ligne le gouvernement avec la réalité de la situation à la centrale de Fukushima Daiichi, qui vient encore de se détériorer. Une cellule gouvernementale va engager une réflexion afin de « prendre d’ici la fin de l’année des dispositions concrètes » a annoncé mardi matin le porte-parole de l’exécutif, Yoshihide Suga, voulant ainsi montrer que la mesure des événements avait été prise en témoignant du contraire.

Au sein des milieux scientifiques, sur les réseaux sociaux, et même dans des grands médias, la crainte est apparue que les informations soient dissimulées et que le silence s’instaure désormais pour accréditer les propos du premier ministre. En affirmant que le gouvernement voulait « renforcer la communication », le porte-parole n’a pas vraiment rassuré, car il n’y a qu’un pas à franchir entre le contrôle de la situation et celui de la communication.

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PIQÛRE DE RAPPEL : Deuxième anniversaire de la catastrophe de Fukushima

Pour le deuxième anniversaire de la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima, la question m’était posée le 11 mars de cette année par la Radio Télévision Suisse : « Quel avenir pour le nucléaire civil ? »

P.S. : Lisez impérativement Un accident nucléaire, c’est la fin de la démocratie.

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« LES DÉBATS DU BLOG DE PAUL JORION » : ENCHAÎNEMENT INCONTRÔLÉ ET FUITE EN AVANT, par François Leclerc

C’EST TERMINÉ !

Le prochain débat avec François Leclerc, qui portera sur la situation à Fukushima, sera ouvert ici mardi 3 Septembre de 11 heures à 14 heures.

Billet invité.

Sur le site de la centrale de Fukushima, des centaines de milliers de tonnes d’eau radioactive sont stockées dans un millier de réservoirs installés dans la précipitation au fur et à mesure des besoins, sur une aire défrichée et parcourue par plus de 4 kilomètres de tuyaux. L’ensemble est vulnérable aux secousses sismiques, les canalisations en vinyle au gel hivernal et les réservoirs en acier à la corrosion de l’eau salée qu’ils contiennent, leurs plaques étant souvent boulonnées et non soudées.

Cette installation ne cesse d’être agrandie pour accueillir quotidiennement 400 tonnes supplémentaires d’eau contaminée provenant du refroidissement des réacteurs. Rien n’est aujourd’hui en mesure de stopper la poursuite de ce stockage précaire, et le provisoire dure sans savoir ce qu’il va advenir de cette masse d’eau que l’opérateur ne parvient toujours pas à décontaminer. Les incidents se multiplient sur le site, le dernier en date étant la découverte d’une très forte contamination de 1.800 millisieverts/heure auprès d’un des réservoirs de 11 mètres de haut sur 12 mètres de diamètre, sans qu’aucune fuite ne soit détectée. Seuls 60 des 350 réservoirs de ce type sont équipés de jauges permettant de constater une baisse du niveau d’eau. Trois autres points chauds ont été découverts, le plus élevé culminant à 270 mSv/h. À titre de comparaison, les travailleurs du nucléaire japonais ne doivent pas dépasser une exposition à plus de 50 millisieverts annuels. On a également appris que, lors des précédentes mesures du 22 août dernier aux mêmes endroits, le seuil de 100 millisieverts/heure n’était pas dépassé, les instruments utilisés ne pouvant pas mesurer une contamination supérieure…

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FUKUSHIMA, FUTURE ZONE INTERDITE, par François Leclerc

Billet invité.

Ce lundi matin, le nouveau désastre se révèle dans toute son ampleur sur le site de la centrale avec la visite du ministre de l’industrie accompagnée du PDG de Tepco. Shinzo Abe, le premier ministre avait déjà promis que le gouvernement allait s’impliquer davantage dans la recherche de solutions aux problèmes endémiques de gestion de l’eau contaminée que rencontre Tepco. On attend désormais les dispositions qu’entend prendre le ministre en charge, qui ne peut fuir ses responsabilités en les masquant derrière l’irresponsabilité confirmée de l’opérateur, désormais nationalisé.

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Cliquer sur l’image pour l’agrandir – © Matthieu Ferrand

La cause de la fuite de 300 tonnes d’eau hautement contaminée sur un réservoir qui en contenait 1.000 d’origine avant d’avoir été vidé reste toujours inconnue, après la découverte initiale de flaques d’eau radioactives qui date déjà d’une semaine, elles-mêmes résultat d’une fuite qui n’avait pas été décelée et devait être intervenue plusieurs semaines auparavant en raison de leur importance. Toute évaluation sérieuse du risque de sa reproduction sur d’autres réservoirs en dépend. Or, il y a 350 réservoirs du type de celui qui a fui, sans compter les quelques 650 autres ! A la suite d’un premier examen réalisé en urgence, des points de contamination ont été relevés sur 4 autres réservoirs, sans que des fuites soient constatées, laissant présumer que l’eau s’est évaporée ou a pénétré dans le sol. Aucune indication n’est à ce propos donnée sur la profondeur de la contamination du sol sur lequel les flaques se sont étalées.

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FUKUSHIMA, PASSOIRE INFERNALE (SUITE), par François Leclerc

Billet invité

300 tonnes d’eau contaminée ont déjà fuit d’un réservoir et se sont répandues sur le site de la centrale sous la forme de grandes flaques situées pour l’instant à 500 mètres de l’océan Pacifique. Mesurée à 50 centimètres au-dessus de celles-ci, la radioactivité est de 100 millisieverts par heure, correspondant pour une exposition de 12 minutes à la dose annuelle maximale admissible pour les ouvriers de l’industrie nucléaire au Japon.

Tepco, l’opérateur de la centrale, a commencé à pomper cette eau au rythme de 1 mètre cube par heure pour éviter une extension de la contamination du site, tandis que la fuite se poursuit depuis le réservoir contenant encore environ 670 tonnes d’eau. L’enjeu est d’éviter qu’une large superficie du site où 3.000 ouvriers travaillent ne devienne inaccessible, compliquant encore les travaux qui y sont effectués.

Une ou plusieurs valves d’un petit muret de contention construit autour du réservoir qui fuit pourraient avoir été laissées ouvertes, mais les fermer pose maintenant problème. Sur un chantier où règne une constante improvisation pour faire face aux situations et événements imprévus, où perdurent des installations provisoires, tout petit dysfonctionnement prend vite une grande dimension. Faute de procédures établies appliquées par des ouvriers rompus à celles-ci, le chantier de Fukushima est appelé à connaître de nouvelles contaminations le rendant de moins en moins praticable. Jusqu’au jour où il faudra en tirer les conséquences et abandonner le mythe d’une situation sous contrôle. Mais pour faire quoi ?

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LA PASSOIRE INFERNALE DE FUKUSHIMA, par François Leclerc

Billet invité.

La saga de l’eau contaminée se poursuit en s’amplifiant à Fukushima. Longtemps niés, les rejets dans l’Océan Pacifique ne peuvent plus l’être et ont été finalement reconnus le 22 juillet dernier par l’opérateur de la centrale. Ils ne sont devenus un problème « urgent » pour Shinzo Abe, le premier ministre, qu’au lendemain des élections sénatoriales qui ont vu la victoire de sa formation, le parti Libéral-Démocrate.

Les sous-sols et galeries souterraines inaccessibles des trois réacteurs en permanence aspergés pour être refroidis regorgent d’une eau hautement radioactive qui se déverse en continu dans la mer, probablement depuis longtemps. Cela arrangeait Tepco, l’opérateur de la centrale, qui préférait l’ignorer, déjà littéralement débordé par les quantités d’eau contaminée à stocker. Mais l’eau de refroidissement contaminée se mélange en effet à de l’eau provenant de la nappe phréatique, à son tour atteinte, accroissant son volume global estimé à 700 mètres cubes quotidiens. Au final, entre 20 et 40 mille milliards de becquerels ont selon Tepco fuit de mai 2011 (deux mois après la catastrophe) à juillet 2013, émanations d’un cocktail infernal de tritium, cesium et strontium.

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La vie quotidienne début 2013 au Japon : comment protéger ses enfants de la radioactivité ?, par Marc Humbert

Billet invité.

Je suis revenu du Japon, fin août 2012 après un séjour de 4 ans et je viens d’y passer une quinzaine de jours entre la mi-décembre et le début janvier. Les populations d’une grande partie de l’Est du Japon donnent l’impression de vivre comme si la radioactivité n’existait pas, mais quand on quitte les routines quotidiennes et que les langues se délient, on perçoit l’immense angoisse de fond et la profonde opposition à la remise en marche d’une production d’énergie nucléaire. Les sondages évaluent cette opposition à plus de 60%. Quand on en rencontre des familles jeunes avec enfants, le malaise est pire et les mamans vivent très mal cette situation, surtout si elles sont restées à moins de 100 km de la centrale. Même en vivant plus loin, comme nombre de celles qui habitent à Tokyo, elles s’inquiètent pour leurs jeunes enfants. Je vous livre ci-après quelques témoignages directs et d’autres lus dans les journaux et transcrits depuis mon retour.

« J’ai cru que j’allais perdre la tête » se souvient Minaho KUBOTA, en répondant à un interview récent, publié le 31 décembre par le Japan Times. Aussitôt après la menace radioactive elle est partie se réfugier très loin, à Naha, sur la principale île de l’archipel d’Okinawa, à 2 500 km de Fukushima. « Je sentais que je n’aurais eu aucune réponse à donner à mes enfants si, une fois grands, ils en venaient à me demander : Maman, pourquoi n’es-tu pas partie ? ».  Cette pensée taraude des centaines de milliers de mères au Japon, pas seulement celles qui se trouvaient les jours qui ont suivi le 11 mars à quelques dizaines de kilomètres de la centrale, mais une grande partie de toutes celles qui vivaient dans l’Est du Japon.

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FUKUSHIMA : LES ROBOTS AVEC NOUS ! par François Leclerc

Billet invité.

Les partisans de la relance de l’électronucléaire japonais sont à la recherche d’une stratégie de communication. Ils constatent que le terrain de la mesure de la contamination est défensif et scabreux et ne peut donner lieu qu’à des déconvenues, le rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à la santé, Anand Grover, venant de recommander aux autorités japonaises d’y associer les « communautés locales », afin de réduire leur dépendance aux experts, car ceux-ci ne connaissent « qu’une partie de la solution ». Celui de la décontamination des vastes régions entourant la centrale l’est également, car la tâche se révèle dantesque au fur et à mesure qu’elle est censée progresser et qu’elle se réduit à des faux-semblants. Aux dernières nouvelles, les conifères concentreraient la pollution, avec comme conséquence que la seule solution serait de raser les nombreuses forêts de la région ! Déjà que l’on ne sait que faire des masses de terres et de végétaux arasés dont aucune municipalité ne veut sur son territoire…

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