Archives par mot-clé : centrale nucléaire de Fukushima

LA SITUATION A FUKUSHIMA (IV), par François Leclerc

Mise à jour n°116 (lundi 13h35)

Selon l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN), la contamination radioactive va s’étendre sur « des zones considérables », des taches sont déjà constatées au-delà de la zone des 30 kms.

La gestion des territoires contaminés va, selon elle, « prendre des années sinon des décennies ».

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Mise à jour n°115 (lundi 12h39)

La radioactivité des masses d’eau contaminées découvertes dans les sous-sols des réacteurs serait la suivante  : réacteur n°2 = 1.000 millisieverts – n°3 = 750 millisieverts – n°1 = 0,4 millisieverts.

Dans les deux premiers cas, la très forte radioactivité rend particulièrement problématique l’évacuation de cette eau contaminée ainsi que la reprise des travaux préalables au redémarrage des installations de refroidissement.

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LE CHOIX DES RISQUES, par Didier Cavard

Billet invité

Ce billet est, au départ, une réaction à celui de Paul intitulé « Propos indécents », du 15 mars dernier. Plus précisément, j’ai souhaité rebondir sur sa constatation de la vanité des calculs de probabilité des risques lorsque les occurrences des évènements redoutés sont trop rares pour donner prise à un calcul statistique pertinent.

Il est particulièrement hasardeux d’assigner une probabilité à un évènement qui ne s’est jamais produit, même si on est capable de l’imaginer. J’en donne en annexe deux exemples qui peuvent nous concerner en France.

Cependant, une fois ceci posé, il faut bien constater que notre industrie a fait pousser un peu partout  des installations hautement dangereuses. Si les installations nucléaires en sont probablement le plus beau fleuron, elles ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt chimique : nous avons dans l’hexagone toute la camelote requise pour réitérer Bhopal ; même notre principale source d’électricité renouvelable, les grands barrages hydrauliques, a déjà fait la démonstration, chez nous et ailleurs, de son potentiel destructeur.

La situation étant ce qu’elle est, avec certainement toute une escadrille de « cygnes noirs » prêts à fondre sur nous on ne sait quand, la question que je pose est : qu’est-ce qu’on fait maintenant, concrètement ? L’explorer est le but de ce billet.

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LA SITUATION A FUKUSHIMA (III), par François Leclerc

Mise à jour n°105 (vendredi 20h40)

L’évolution de la situation catastrophique de la centrale conduit à se poser de nouvelles questions, au fur et à mesure de ses rebondissements.

La situation du réacteur n°3 concentre toutes les attentions, car une rupture avérée de la cuve du réacteur serait une première dans l’histoire des accidents intervenus dans les centrales nucléaires. L’inconnue n’étant pas seulement la résistance de la dalle de béton, ultime barrière avant les sols, sur laquelle le corium se répandrait, mais la propagation dans l’atmosphère de plutonium, notamment, l’enceinte de confinement n’étant plus étanche.

Après avoir évoqué cette possibilité, l’opérateur a affirmé qu’il n’en était rien, mais sa crédibilité est très relative.

La seconde interrogation concerne la contamination du site, non seulement par des rejets gazeux radioactifs provenant de fuites dans les enceintes de confinement, mais également d’eau contaminée répandue sur le sol de certaines installations, en particulier les bâtiments qui abritent les pompes. L’ensemble rend de plus en plus problématique la poursuite des travaux de remise en état de celles-ci et des circuits de refroidissement, ainsi que leur alimentation électrique.

Or le cœur de trois réacteurs connaît une fusion partielle et l’on peut se demander si les injections d’eau effectuées avec les moyens du bord pourront l’endiguer longtemps, alors que l’opérateur parle désormais de semaines, et même de plus d’un mois, avant de pouvoir remettre les installations de refroidissement en marche. C’est un second énorme facteur d’incertitude.

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Mise à jour n°104 (vendredi 17h20)

En refroidissant avec d’énormes quantités d’eau les installations, Tepco a crée un nouveau problème. Des fuites d’eau « très radioactives » ont été détectées dans les bâtiments abritant les pompes autour de ces trois réacteurs, celle du n°3 ayant abouti à la forte irradiation de trois techniciens. L’origine n’en est pas déterminée.

En conséquence, les travaux de rétablissement de l’électricité n’ont pas repris. Les pompiers continuent cependant de massivement asperger la piscine du réacteur n°3, celles des réacteurs n°2 et 4 étant désormais alimentées par des tuyaux.

Tepco a commencé à injecter de l’eau douce dans les réacteurs n°1 et 3, à la place de l’eau de mer dont les effets étaient potentiellement dangereux. La même opération est en préparation pour le réacteur n°2.

Aucune information complémentaire n’a été donnée sur la rupture de la cuve du réacteur n°3, dont l’hypothèse a été envisagée. Reste néanmoins à comprendre la source de la contamination de l’eau qui a irradié les techniciens.

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Mise à jour n°103 (vendredi 12h08)

Naoto Kan, le premier ministre japonais vient de déclarer : « La situation reste très imprévisible. Nous travaillons à ce que la situation n’empire pas. Nous devons être extrêmement vigilants ».

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Mise à jour n°102 (vendredi 09h25)

La catastrophe prend toute son ampleur. Tepco a d’annoncé que la cuve du réacteur n°3 « pourrait être endommagée ». L’Agence de sûreté nucléaire japonaise a été plus catégorique en affirmant que « des substances radioactives s’en sont échappées. »

Ce ne sont pas seulement des enceintes de confinement qui sont atteintes, laissant s’échapper une contamination radioactive permanente, mais le dernier rempart d’un réacteur, sa cuve, qui a perdu son intégrité. Circonstance aggravante s’il en était besoin, il s’agit du réacteur chargé au Mox.

L’Autorité de sûreté nucléaire japonaise « étudie la possibilité » de relever le niveau de l’accident, actuellement fixé à 5 (sur 7).

La contamination radioactive commence également à être mieux appréciée. Deux japonais qui résidaient dans un rayon de 250 à 300 kms autour de la centrale ont présenté à un contrôle effectué par les autorités chinoises, à la faveur d’un déplacement, une contamination « dépassant gravement les limites ». Ils ont été hospitalisés.

Si le rejet de fumée noire sur le réacteur n°3 a cessé, des fumées blanches s’échappent en permanence des réacteurs n°1, 2 et 4, considérées comme « pouvant être des vapeur d’eau ».

Au prétexte des difficultés rencontrées pour les approvisionner, le gouvernement a incité les habitants de la zone comprise entre en rayon de 20 et 30 kms de la centrale à la quitter. C’est une évacuation déguisée, permettant d’affirmer que la zone d’évacuation ne va pas être élargie. Il a été découvert des légumes contaminés (césium 137), qui ont été produits aux alentours immédiats de Tokyo. (Ajout Cela concernerait 130.000 personnes.)

Il a par ailleurs été reconnu que la remise en route des pompes allait prendre de multiples semaines. « Nous en sommes encore à évaluer les dégâts sur la centrale et nous ne pouvons par fixer une date à laquelle les équipements de refroidissement vont fonctionner. Cela pourrait prendre encore plus d’un mois, qui sait » a déclaré Tepco à l’AFP. La situation instable actuelle est donc condamnée à durer.

Les conditions dans lesquelles les techniciens et les pompiers (affectés aux aspersions) qui travaillent sur le site ralentissent considérablement les travaux. L’Agence de sûreté nucléaire a publiquement mis en cause Tepco pour ne pas avoir protégé ses techniciens, suite à la grave irradiation de trois d’entre eux (10.000 fois la dose normale).

Des centaines de techniciens, de soldats et de pompiers interviennent sur le site, prenant au fur et à mesure de leurs expositions aux radiations des doses cumulées de plus en plus importantes, le maximum autorisé ayant été relevé dès le début des opérations par les autorités japonaises.

Aujourd’hui, l’arrosage se poursuit sur les réacteurs n° 1, 2 et 4 mais est suspendu sur le réacteur n°3.

Parallèlement, l’opérateur cherche à réduire les étendues d’eau contaminée sur le site, sans qu’il soit précisé ce qu’il en fait. Il cherche également a établir si de l’eau a pénétré dans le sous-sol, selon ses déclarations.

Tepco annonce qu’il va substituer de l’eau pure à l’eau de mer pour ses injections dans les cuves des réacteurs n°1, 2 et 3 et dans les piscines des 4 réacteurs. Il va utiliser à cette fin l’eau d’un barrage, l’armée américaine lui en fournissant par ailleurs selon des modalités non détaillées. (Rectificatif par la mer, avec des barges.)

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 18 MARS 2011

  • Le Troubled Asset Relief Program (TARP) aux Etats-Unis
  • La centrale nucléaire de Fukushima
  • Risque financier et risque nucléaire : la complexité de nos créatures dépasse notre capacité à les comprendre pleinement
  • Nous attribuons une confiance excessive aux modèles mathématiques

Note : J’ai proposé à la discussion la question suivante (1),

Quelle est la probabilité durant une année quelconque qu’il y ait un accident nucléaire majeur, connaissant la probabilité d’accident majeur par réacteur et le nombre de réacteurs en service ?

Comme je n’ai plus fait de combinatoire depuis longtemps, je demandais aux commentateurs de me corriger si nécessaire. eneite (2) m’assure que ma formule est correcte, je la reproduis donc ici.

  • R = risque d’accident majeur durant une année x
  • p = probabilité d’accident sur une année pour un réacteur
  • n = nombre de réacteurs

R(n) = 1 – (1-p)^n

Disons que le risque pour un réacteur est d’un accident majeur tous les cinq mille ans. S’il n’y a qu’un réacteur au monde, le risque d’un accident majeur pour une année x est de 0,2 %o. Si j’ai 443 réacteurs en service dans le monde – ce qui est apparemment le cas aujourd’hui – quel est le risque d’un accident majeur sur une année, et par exemple, sur l’année en cours ?

R(443) = 1 – (0,9998)^443 = 8,48 %

On voit donc que même avec une probabilité d’accident qui paraît extrêmement faible : un accident seulement tous les 5 000 ans pour un réacteur, on débouche pourtant sur une probabilité de 8,48 % d’accidents majeurs par an si l’on a 443 réacteurs en service, c’est-à-dire un niveau très loin d’être négligeable.

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(1) Merci à Jean-Baptiste d’avoir attiré mon attention sur l’impact du nombre de réacteurs en service sur le risque global.

(2) Eneite : « Je ne vois pas d’erreurs. Dans l’hypothèse où on a n réacteurs indépendants, que pour chacun on a une probabilité de p qu’il y ait un accident pendant une année, la probabilité qu’il n’y ait aucun accident est égale à (1-p)^n. La probabilité qu’il y ait au moins un accident est la probabilité de l’événement complémentaire : 1 – (1-p)^n. »

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LA SITUATION A FUKUSHIMA (II), par François Leclerc

Billet invité.

Mise à jour n°71 (samedi 12h32)

Un nouveau séisme de magnitude 5,9 a particulièrement secoué la ville d’Ibaraki, entre Fukushima et Tokyo, et a été ressenti fortement à Tokyo. Des traces d’iode radioactif ont été découvertes dans le réseau de distribution d’eau de Tokyo, où la radioactivité ne nécessite pas de mesure de calfeutrage, selon les autorités. Du lait et des aliments contaminés, à des niveaux inférieurs au maximum autorités selon les autorités, ont été trouvés dans des préfectures (départements) entourant la centrale.

Les prévisions météo, qui prévoient des précipitations dimanche, pourraient accentuer la radioactivité au sol, les vents restant orientés vers la mer mais faiblissant.

Les opérations de rétablissement de l’énergie électrique se poursuivent, avec toujours la perspective de les conclure dimanche. Le réacteur n°3 est sous aspersion.

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PROPOS INDECENTS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Pourquoi « propos indécents » ? Parce que les ministres français de la défense et de l’écologie ont dit tous deux qu’il serait indécent de prendre prétexte de la situation actuelle d’alerte au Japon pour reposer la question de l’atome civil, à savoir la production d’électricité à partir de centrales nucléaires. Cette invocation de l’indécence là où elle n’a rien à faire est en soi significative : elle appartient à la même famille de réactions épidermiques que la montée au créneau de deux ministres français en réponse à la suggestion de M. Éric Cantona que si l’on veut faire passer un message aux personnes qui nous dirigent sur la manière dont elles le font à notre grande insatisfaction, il faudrait retirer notre argent des banques. Autrement dit, cette réaction excessive attire notre attention sur le fait qu’en plus des sujets évidents dont relève l’actualité, des questions de gros sous viennent quelque part s’y greffer.

Faut-il attendre le dépôt d’un rapport circonstancié contresigné par divers experts avant d’émettre une opinion ? Faut-il attendre de connaître la gravité globale in fine de ce qui est en train de se passer au Japon avant d’émettre une opinion ? Autrement dit, est-il nécessaire de savoir s’il y aura aussi du plutonium relâché dans l’atmosphère ? Est-il nécessaire de savoir combien de personnes auront été irradiées d’ici quelques années ? La réponse à toutes ces questions est « Non ». Pourquoi « Non » ? Parce que le problème est connu : la planète en question, et ses plaques tectoniques, est connue, de même que la domestication – très relative, comme on vient de le constater – de l’atome par nous.

Pourquoi en parler maintenant ? Parce que tout moment est bon, le sujet étant crucial. Pourquoi ne pas en avoir parlé avant ? Parce qu’hélas, et c’est bien sûr difficile à imaginer, notre monde humain est agencé de telle manière après quelques millénaires d’efforts soutenus de la part de notre espèce qu’il y a en permanence une multitude de problèmes qu’il apparaît encore plus urgent de résoudre. C’est dire !

Alors, comment formuler, sinon LA question, parce que de multiples questions sont soulevées, du moins un aspect important de la question ? La manière traditionnelle de formuler la question que j’essaie de traiter, est celle-ci : « Quel risque prenons-nous en utilisant une technique que l’on sait dangereuse, et ce risque est-il raisonnable dans un contexte global où n’existent pas seulement des risques mais aussi des conséquences bénéfiques ? » Ma réponse à cela, et c’est une réponse qui bénéficie de l’expérience que j’ai acquise en finance, et plus particulièrement dans le secteur de la titrisation des crédits hypothécaires subprimes, c’est que nous savons comment décrire, définir un risque, mais que toutes nos tentatives d’assigner une probabilité à un risque sont vaines, et que par conséquent, tout calcul du type :

sinistre éventuel multiplié par la probabilité qu’il ait lieu, égale tant,

n’a aucun sens parce que nous n’avons pas la moindre idée comment calculer une telle probabilité. Et je précise, avant d’aller plus loin, que par « sinistre », il ne faut pas entendre, comme on a pris l’habitude de le faire aujourd’hui, une somme d’argent, mais dans ce cas-ci, un désastre humain, comme cette femme que l’on voit ce soir en première page du journal Le Monde, assise à même le sol, en train de pleurer, devant un paysage que l’on appelle « de désolation » parce qu’on ne dispose pas des mots qu’il faudrait.

Bien sûr, cela ne nous a jamais empêché de calculer ces probabilités de sinistres à partir de données historiques, et nous n’avons jamais hésité à dire qu’un événement n’aura lieu qu’une fois sur un milliard d’années à partir de données récoltées sur une période de dix ans. Et bien sûr, même un événement qui n’aura lieu qu’une fois sur un milliard d’années peut très bien se passer dans l’heure qui vient, mais en plus, et comme on a pu le constater : un événement qui ne devrait avoir lieu qu’une fois sur un milliard d’années se passe en réalité tous les cent ans, non seulement parce qu’on préfère toujours supposer que le hasard prend la forme domestiquée de la courbe normale – fait sur lequel a longuement insisté M. Nassim Nicolas Taleb – mais aussi parce que les distributions statistiques des faits qui font intervenir des êtres humains ne sont pas stables, et ceci, parce que, dans le meilleur des cas nous avons la faculté de nous adapter, et dans le pire de cas, nous commettons des erreurs, parfois de bonne foi mais le plus souvent parce que nous prenons des raccourcis pour faire des économies de bouts de chandelle, ou plus simplement pour exercer la cupidité qui caractérise certains individus de notre espèce.

On parle ce soir de désastre qui se situera probablement entre Three Mile Island et Tchernobyl et même si ce genre de mesure avait un sens quelconque, rien ne nous garantit encore que nous ne nous tromperons pas une fois encore car le fait est que nous n’avons pas la capacité de mesurer ce genre de risque.

Bien sûr, ce que je dis là n’arrange pas nos affaires, et tout particulièrement dans le contexte actuel de sources d’énergie fossile déclinantes, mais on ne pourra pas se voiler la face indéfiniment, et il nous faudra faire un jour le constat que la seule énergie digne de ce nom est renouvelable, neutre du point de vue de l’environnement, et propriété commune de l’humanité. Ce jour devrait être aujourd’hui, par respect pour le peuple japonais et les épreuves qu’il traverse en raison d’une part de la manière dont est faite notre planète, mais aussi d’autre part en raison de ce que nous avons fait de celle-ci jusqu’ici.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction sur support numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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LA SITUATION A FUKUSHIMA, par François Leclerc

Billet invité.

Mise à jour n°30 (mercredi 13h26)

En dernier ressort, l’opérateur envisage d’utiliser un canon à eau pour arroser le réacteur n°4, dont le combustible continue de chauffer.

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Mise à jour n°29 (mercredi 11h25)

Deux événements peuvent accélérer les événements, dont les conséquences sont des rejets permanents dans l’atmosphère de radio-éléments. Pouvant impliquer une évacuation définitive du site (ou le sacrifice des personnels qui y resteraient), aboutissant à un total saut dans l’inconnu.

1. De nouvelles ruptures des enceintes de confinement des réacteurs combinées avec des rejets radioactifs plus massifs.

2. Une rupture d’une ou de plusieurs cuves de réacteurs dont les conséquences seraient encore plus redoutables.

Fonction des vents, l’élévation de la radioactivité autour de la centrale n’est pas homogène. Celle-ci décroît avec la distance, mais les avis sont partagés entre experts à ce propos. Des zones à très fortes densité de population pourraient être soumises à des taux considérés comme dangereux, si ce n’est déjà le cas.

Il est par ailleurs démenti par l’agence Kyodo – qui l’avait précédemment annoncé – que des traces de césium auraient été trouvées dans le réseau d’eau de la ville de Fukushima.

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Mise à jour n°28 (mercredi 11h10)

La course contre la montre continue.

La nuit tombée, tout nouvel essai de largage d’eau par hélicoptère sur le réacteur n°4, où l’évolution de la situation est la plus préoccupante, est très peu probable. De nouveaux moyens terrestres d’apports d’eau sont étudiés.

Le temps presse. Selon l’IRSN, l’eau de la piscine du réacteur n°4 est en ébullition. Si son évaporation devait se poursuivre, des rejets de radio-éléments encore plus forts qu’actuellement interviendraient, selon un délai estimé à « quelques jours ».

C’est sous ce même délai qu’une entrée en ébullition de l’eau des réacteurs n°5 et 6 pourrait également intervenir.

Les rejets radioactifs sont alimentés par les dépressurisations régulières de l’enceinte de confinement du réacteur n°1, ainsi que par celles qui interviennent en continu depuis le réacteur n°2, dont l’enceinte est endommagée. Ce pourrait être aussi le cas pour le réacteur n°3.

Il est confirmé que les personnels évacués sont revenus en salle de contrôle des réacteurs, où le niveau de radioactivité n’est pas connu.
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Mise à jour n°27 (mercredi 10h00)

Les essais de largage d’eau par hélicoptère ne sont pas concluants, en raison du niveau trop élevé des radiations au dessus du réacteur n°4. Rectificatif: au dessus de la centrale

La radioactivité au-delà de la zone de 20 kms autour de la centrale, dont l’évacuation a été ordonnée, n’est pas un « risque immédiat pour la santé », selon le secrétaire général du gouvernement japonais.

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Mise à jour n°26 (mercredi 09h35)

L’ASN fait un point global de la situation des réacteurs (par ordre décroissant de préocccupation).

N°4 : combustible partiellement hors d’eau dans la piscine.
N°2 et 3 : enceintes de confinement endommagées (pas clair pour le n°3).
N°1 et 3 : fusions plus ou moins partielles du combustible.
N°5 et 6 : un seul générateur alimente en eau les deux réacteurs, la température monte.

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CONTROLE INCERTAIN D’UN PROCESSUS DE FUSION DES REACTEURS DE FUKUSHIMA, par François Leclerc (mise à jour 7)

Billet invité

Le gouvernement japonais a reconnu dans la nuit européenne qu’il est « hautement probable » que des processus de fusion sont survenus au sein des réacteurs n°1 et 3 de la centrale nucléaire Fukushima n°1. Il a été par ailleurs relevé une nouvelle hausse du taux de la radioactivité, après qu’il eut décliné, et une seconde explosion d’hydrogène est désormais redoutée dans le bâtiment d’un réacteur de la centrale Fukushima n°2.

Les propos des autorités se veulent rassurants, mais la maîtrise de la situation est incertaine, tout dépendant des tentatives en cours de refroidir les coeurs des réacteurs afin d’éviter qu’un éventuel processus de fusion – dont seules des manifestations indirectes peuvent être détectées, telles des fuites de césium – se poursuive, aux conséquences imprévisibles.

La panne des systèmes de refroidissement des centrales est considérée par les experts nucléaires comme un événement hautement improbable mais très critique, faisant entrer dans un territoire inconnu, avec comme références Three Mile Island et Tchernobyl. La suite des événements, si la fusion devait se poursuivre, dépendant de la solidité de la structure de confinement.

Le contrôle de la situation dépendra de la capacité des opérateurs à refroidir par tous moyens – y compris des expédients comme de l’eau de mer salée – le coeur des réacteurs, qui sont arrêtés, avant que le processus de fusion soit suffisamment avancé pour devenir irrémédiable.

Les autorités donnent des informations partielles, tandis que les évacuations contribuent à la situation déjà très chaotique que connaît le Japon, alors que l’on découvre de nombreuses nouvelles victimes du tsunami. Dans un rayon de 20 kilomètres, quelques 215.000 habitants autour des centrales Fukushima n°1 et 2, distantes de 12 kilomètres entre elles, ont été évacuées. Dans la ville même, à 80 kms des centrales, les reportages décrivent une atmosphère de peur et de stockage de vivres, une situation proche de la pénurie d’essence. De nombreux habitants portant des combinaisons et des masques chirurgicaux.

(D’après agences de presse)

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