LE MONDE CUL PAR DESSUS TÊTE, par François Leclerc

Billet invité.

Le monde est cul par dessus tête ! A la veille d’une intense activité de rencontres internationales, Angela Merkel et Xi Jinping ont hier jeudi convenu par téléphone de « promouvoir le libre-échange », alors que l’on apprend que l’administration américaine se refuse à mentionner le rejet du protectionnisme dans le communiqué du G20 finances de Baden-Baden de cette fin de semaine. Une tradition d’une vingtaine d’années fout le camp, avec laquelle il est incertain que le sommet de juillet du G20 de Hambourg puisse renouer ! Pierre Moscovici réclame « une affirmation positive en faveur du libre-échange pour marquer que c’est bien là le cadre dans lequel doit s’organiser la vie économique de la planète » à cette occasion, on verra bien !

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UN G7 FINANCES, HISTOIRE DE CAUSER…, par François Leclerc

Billet invité.

Les réunions mondiales se succèdent, entonnant tour à tour le même appel en faveur de la relance d’une croissance salvatrice. Le G7 Finance qui a commencé aujourd’hui ne va pas renouveler le genre, préludant au sommet des chefs d’État des 26 et 27 mai. Rien n’en est à attendre de particulier, mais il y aurait pourtant tant à dire.

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CROISSANCE, VOUS AVEZ DIT CROISSANCE ? par François Leclerc

Billet invité.

Où est passé le moteur de la croissance ? Dans une économie mondialisée, les analystes avaient cru le trouver dans les pays émergents et pouvoir s’appuyer sur des valeurs asiatiques sures. Mais un atterrissage chinois qui se confirme brutal et une stagnation dont le Japon ne sort toujours pas, ne leur donne pas raison. Pis, la chute de la croissance chinoise entraîne celle des pays exportateurs de matières premières et accentue les pressions déflationnistes en Europe et aux États-Unis. La mondialisation propage désormais le ralentissement économique au lieu de favoriser la croissance, et le développement du commerce international n’en est plus le vecteur.

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NOUVEAU G20 FINANCES POUR RIEN, par François Leclerc

Billet invité.

La marche du monde suscite bien des inquiétudes chez nos ministres des finances et banquiers centraux du G20, qu’ils affectent de dissimuler en tenant des propos rassurants au sortir de leur réunion d’Ankara. Sans leur donner une politique commune que l’on cherche vainement.

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NE JAMAIS RESTER TROP LONGTEMPS LE DOS TOURNÉ… par François Leclerc

Billet invité.

Que se passe-t-il donc dans le monde pendant ce temps-là ? Les banques centrales adoptent en série des mesures d’assouplissement quantitatif – baisse de leurs taux ou achats d’actifs – et cela a touché dernièrement aussi bien la Corée du Sud que le Danemark, le Canada que l’Australie, en attendant parait-il la Nouvelle-Zélande et l’Inde. La Banque d’Angleterre évoque la possibilité de faire passer son taux directeur sous le seuil de 0,5 %, et la Riksbank (la banque centrale suédoise) a même annoncé une grande première en adoptant un taux directeur négatif.

Dans ces conditions, il n’est plus question de se contenter de suivre le train-train, si l’on peut dire, des réunions de la Fed, de la Banque du Japon, d’Angleterre et même de la BCE… Nous sommes désormais de plain-pied dans un monde où les mesures – conventionnelles ou non – des banques centrales, de plus en plus sollicitées, atteignent leurs limites. Les raisons invoquées à l’appui de leurs décisions ne sont pas toutes les mêmes, mais leurs effets convergent, relançant la guerre des monnaies et la course à la dépréciation. Par rapport au dollar américain et en six mois l’euro a perdu 15 %, le dollar australien 16 % et le dollar canadien 13 %.

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LES FAUX PLIS DE NOUVEAUX DÉRÈGLEMENTS, par François Leclerc

Billet invité. Paru dans « La Tribune » du 1er au 7 février

Hier portée sur la spéculation affectant les prix des matières premières alimentaires ainsi que sur l’émission de CO2 engendrant des bouleversements climatiques, l’attention se focalise aujourd’hui sur de nouveaux dérèglements, monétaires et fiscaux ou atteignant la sphère des biens culturels.

La guerre des monnaies monte en puissance. Opposant initialement les Américains aux Chinois – coupables de maintenir un cours bas du yuan – elle s’est ensuite étendue, les premiers ayant répliqué en favorisant la baisse du dollar. Les monnaies convertibles des pays émergés ont ensuite grimpé, qui se protègent tant bien que mal avec la bénédiction d’un FMI dérogeant aux principes. Enregistrant des déficits commerciaux, les dirigeants japonais viennent à leur tour d’entrer en guerre, avec pour conséquence que le yen baisse par rapport au dollar et que l’euro grimpe vis-à-vis de l’un et de l’autre. Un instant évoquée, la réforme du système monétaire international est repoussée au plus tard possible par des États-Unis qui ont tout à y perdre, mais ses dysfonctionnements, comme la course à la dévaluation compétitive, y conduisent immanquablement.

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LA GUERRE MONDIALE DES MONNAIES EST DÉCLARÉE, par Zébu

Billet invité

Vigneron, dans un aphorisme assassin, faisait déclarer récemment aux pays émergents ce qu’ils ressentaient de la situation actuelle : « Bernie m’a tué », à savoir que Ben Bernanke, surnommé « Ben l’hélicoptère » (pour avoir fait référence à une citation de Milton Friedman utilisant l’image d’un « helicopter drop of money » – un lâcher de billets par hélicoptère – pour lutter contre la déflation) assassinait les économies des pays émergents, à coups de dollars redoublés.

Par un autre aphorisme assassin, je lui répondais : « Kill Bernie ».

Car il me semblait logique que lesdits pays émergents, qui ont de quoi répondre, n’utiliseraient pas leurs capacités pour contrer ce qu’ils considèrent ni plus ni moins comme un crime, commis qui plus est sur la scène internationale, au vu et au su de tous (ce qui renchérit la sanction à infliger auxdits criminels).

François Leclerc a très clairement indiqué dans son dernier billet ce qu’en pensait la Chine, par voix de presse officielle : « Si les pays développés, parmi lesquels les États-Unis et l’Europe, refusent d’assumer leur responsabilité, cela va avoir de graves conséquences sur la stabilité du développement de l’économie mondiale ».

Cette fois-ci, la Chine a dépassé le stade de la critique acerbe, quant à la nécessité impérieuse pour les États-Unis de régler urgemment la question de leur dette, réaction exprimée le week-end dernier après la dégradation de la note américaine.

Cette fois-ci, la guerre est déclarée.

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LA GUERRE DES MONNAIES, PRELUDE AU PROTECTIONNISME GENERALISE, par Charles Sannat

Billet invité.

Reprenons, la crise financière de 2008 a amené les états à coordonner leurs efforts autour de plans de relance volontaristes et à travers des organes de décision comme le G8 ou le G20. Cette belle coopération internationale a pris fin en 2010. L’unanimité a fait place au retour progressif des intérêts nationaux. Face aux déficits budgétaires et à l’augmentation faramineuse des dettes souveraines les Etats cherchent des solutions sous la pression des marchés, des agences de notation mais également sous la pression des flux d’investissement de plus en plus importants et rapides.

Désormais à chaque Etat son objectif. La Chine doit maintenir sa capacité exportatrice qui représente la majorité de son PIB, le marché intérieur chinois n’étant pas encore en mesure de prendre le relais. Les Etats-Unis souhaitent faire baisser le dollar de façon significative afin de doper leurs exportations et obtenir ainsi un surcroît de croissance indispensable pour relancer leur économie affaiblie. Les pays émergents font face à la hausse de leur devise en raison de la baisse du dollar et d’investissements occidentaux massifs. Il s’agit de centaines de milliards de dollars chaque année que les investisseurs préfèrent parier sur les émergents au potentiel de croissance dynamique plutôt que sur leurs vieilles économies nationales à la croissance au mieux poussive. Quant à la zone euro elle subit de plein fouet son incapacité à définir une politique monétaire forte et indépendante, en dehors du sacro-saint objectif unique de « stabilité des prix » dont le Président de la BCE a rappelé encore ce week-end l’importance à ses yeux.

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L’actualité de la crise : DEGRÉ ZÉRO DE LA RÉGULATION, par François Leclerc

Billet invité.

Constater que l’actualité est faite de dominantes écrasantes, mais en contrepartie éphémères, est d’une grande banalité. En l’espace de quelques jours, les projecteurs sont braqués sur un événement, vite délaissé puis oublié.

Il en est ainsi de la guerre des monnaies, des tensions extrêmes du marché obligataire européen, qui ont tous deux provisoirement disparu des manchettes, ou de la spéculation sur les prix des matières premières, dûment annoncée en son temps.

A ne pas en douter, la guerre des monnaies n’est pourtant pas terminée, en dépit du silence qui l’entoure. C’est en Amérique Latine qu’elle suscite actuellement des contre-offensives en série. La banque centrale chilienne va acheter 12 milliards de dollars pour tenter de lutter contre l’appréciation du peso et défendre ainsi ses exportations. Depuis octobre dernier, la Colombie l’avait précédée en achetant 20 millions de dollars par jour, afin de limiter l’appréciation du peso colombien. Guido Mantega, le ministre brésilien des finances reconduit par Dilma Roussef, a pour sa part affirmé que celle-ci ne permettrait pas que « le dollar fonde » face au réal, sans encore préciser les mesures qui pourraient être prises. En sept ans, la valeur du réal a doublé par rapport au dollar.

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LE MONDE-ÉCONOMIE, LUNDI 1er – MARDI 2 NOVEMBRE 2010

« Le retour à la bifurcation »

Alors que la guerre des monnaies s’apaise parce que l’on s’engage dans la voie proposée pour un ordre monétaire international par Keynes à Bretton Woods en 1944, penchons-nous sur le cadre au sein duquel les nations opèrent depuis 1971, à savoir sur les décombres de cet accord historique.

Pourquoi parler de « décombres » ? Parce que l’accord est mort en 1971 quand Nixon le dénonça et mit fin à la parité dollar-or convenue en 1944. La situation était alors devenue intenable pour les États-Unis depuis une dizaine d’années déjà. Il avait fallu en 1961 pour maintenir la parité prévue initialement de 35 $ pour une once d’or, créer un London Gold Pool rassemblant huit nations. Le pool n’avait permis au système que de survivre encore dix ans. Quand la Suisse, puis la France réclamèrent aux États-Unis de l’or en échange de dollars accumulés, Nixon s’exécuta, avant de fermer le robinet une fois pour toutes.

Pourquoi le système mis en place en 1944 s’effondra-t-il ? En raison du « dilemme de Triffin », du nom de l’économiste Robert Triffin qui analysa le premier la contradiction qui le minait. Une nation gère sa monnaie en en maintenant le stock à la mesure de la richesse créée sur son territoire mais quelle quantité doit-elle en créer lorsque cette monnaie sert de référence au monde entier ? Elle doit en créer plus ! Le seul moyen pour elle d’y parvenir est d’acheter à l’étranger davantage que l’étranger ne lui achète, autrement dit, d’avoir une balance commerciale des paiements déficitaire. Alors que la bonne gestion de sa devise comme monnaie domestique exige un équilibre de sa balance des paiements, une bonne gestion de sa qualité d’émettrice d’une monnaie de référence exige au contraire que celle-ci soit déficitaire. Aucun pays ne peut bien entendu jamais faire les deux. C’est là le dilemme de Triffin, qui dénonçait en 1961 « … les absurdités associées à l’usage de devises nationales comme réserves internationales ».

La parité-or ayant été abandonnée en 1971, les États-Unis se retrouvèrent en possession d’une machine à créer de l’argent : la modération à laquelle ils étaient autrefois astreints n’était plus de mise. Les autres pays étant preneurs de dollars, pourquoi ne pas en créer à volonté ? C’est ce que Mr. Bernanke, président de la Fed, fit en 2009 à hauteur de 1.750 milliards de dollars et ce qu’il s’apprête à faire encore pour un nouveau millier de milliards de dollars. Mais dans l’après Bretton Woods, la devise américaine vaut-elle nécessairement ce que Mr. Bernanke suppose au nom des Etats-Unis, ou bien ce que le reste du monde en pense ?

Face à la machine à créer de l’argent des Etats-Unis, les autres nations se retranchèrent. La seule parade pour une autre devise consistait à lier son sort à celui du dollar et c’est ce que fit la Chine avec le yuan. En réponse, les Américains se braquèrent sur la valeur de celui-ci. Mais en affirmant le 22 octobre à Séoul, au cours d’une réunion préparatoire du G20, qu’une pacification des relations économiques entre nations doit se déplacer du plan des devises à celui d’un équilibre de leurs comptes courants et en proposant que ceux-ci ne puissent désormais dévier de plus de 4% en termes de PIB, qu’il s’agisse d’un excès d’importations ou d’exportations, le Secrétaire du Trésor américain Tim Geithner définit la problématique comme John Maynard Keynes l’avait fait en 1944.

Nous voilà donc enfin revenus à la bifurcation. C’est un premier pas essentiel, il s’agit maintenant d’aller résolument de l’avant.

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L’actualité de la crise : ONT-ELLES ÉTÉ VRAIMENT SAUVÉES ?, par François Leclerc

Billet invité

Pour rester sur le terrain des apparences, deux lectures sont possibles du communiqué final de la réunion du G20 finances : l’optimiste au premier degré, et la réaliste après décryptage. Après avoir bien sûr pris soin de mettre de côté la réaffirmation principielle de l’indispensable coopération que la situation réclame, sans laquelle un sommet n’existerait pas.

Si une conclusion peut sans hésiter être tirée de cette réunion, c’est que les Américains n’y ont pas été à la fête.

Pas crédible pour deux dollars et orfèvre du double langage, Tim Geithner vient de déclarer que les Etats-Unis sont en faveur d’un dollar fort, relativisant fortement par là même toutes les bonnes intentions formulées dans le communiqué. Par exemple, « [les membres du G20] vont prendre un ensemble de mesures visant à réduire les déséquilibres excessifs et à maintenir le déséquilibre de leurs comptes courants à des niveaux soutenables ». Les mesures ne sont d’ailleurs pas précisées, pas plus que ne l’est la définition d’un « niveau soutenable », les Allemands, les Chinois et d’autres pays dont l’Inde s’étant fermement opposés à un objectif chiffré – les Américains souhaitant voir reconnu un ratio maximum pour les surplus de 4% du PIB – et le faisant savoir.

Le communiqué précise aussi que « les économies développées seront vigilantes face aux fluctuations excessives et aux mouvements désordonnés des taux de change. Ces actions aideront à réduire le risque de volatilité des flux de capitaux auquel font face certains pays émergents ». Il n’en fallait pas moins pour calmer les ardeurs de tous ceux qui auraient reproché aux Américains d’inonder leurs économies de capitaux spéculatifs.

Est-ce encore un vœu pieux ou faut-il y lire la confirmation que la Fed – qui devrait prendre une décision dans une dizaine de jours – ne fera fonctionner la planche à billet que par paliers successifs, afin de tâter le terrain et de ne pas encore brutalement accentuer l’envahissement des économies émergentes par des flots accrus de capitaux ? Une petite précaution dont les résultats ne sont pas garantis.

Rainer Bruederle, ministre allemand de l’économie, a clairement mis en cause « un accroissement monétaire excessif et permanent », selon lui assimilable à une manipulation monétaire des taux de change.

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L’actualité de la crise : SAUVER AU MOINS LES APPARENCES, par François Leclerc

Billet invité

En annonçant chercher une « trêve », et en dépit de toutes les dénégations, les ministres des finances du G7 puis du G20, qui sont réunis avec les banquiers centraux en Corée du Sud, ont entériné que la guerre des monnaies est bien déclarée. Guerre ou guérilla, elle va se poursuivre, une fois le flot de paroles apaisantes prononcées et de bonnes intentions déclarées.

La politique de la chaise vide adoptée par les Brésiliens, qui ont sonné l’alarme initiale, exprime on ne peut plus clairement ce qu’ils attendent de ces réunions. Autre symbole, les Coréens du Sud, hôtes du G20, étudieraient la mise en place de mesures de contrôle de l’entrée de capitaux afin de se protéger, le Brésil et l’Indonésie les ayant devancés dans une perspective similaire.

Un projet de communiqué final du G20 proclamerait l’engagement de « s’abstenir de toute dévaluation compétitive », une déclaration de non belligérance destinée à calmer le jeu et les pays émergents. Réaffirmant que le G20 « va se diriger vers un système de taux de changes davantage déterminés par le marché », et que l’objectif est de « minimiser les effets adverses d’une volatilité excessive et de mouvements désordonnés » de ceux-ci.

Dans une lettre adresse au G20 Finances, Tim Geithner a appelé le FMI à surveiller les engagements monétaires pris par les pays du G20 et demandé des rapports trimestriels. « Les pays du G20 doivent s’abstenir d’appliquer des politiques de taux de change destinées à leur conférer un avantage compétitif », écrit le secrétaire d’Etat. A contrario, les pays ayant des déficits commerciaux doivent augmenter leur épargne en adoptant « des objectifs budgétaires de moyen-terme crédibles » et en renforçant leurs exportations.

S’en tenir à un simple rappel des principes, sous forme d’injonction, c’est reconnaître qu’il n’y a pas de solution en vue.

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L’actualité de la crise : L’ÉPICENTRE DE LA GUERRE MONÉTAIRE EN ASIE, par François Leclerc

Billet invité

A son tour, l’Asie est atteinte par la crise, principale victime de la guerre monétaire.

Une rencontre va donc y tomber à pic, tout en ne réglant rien ! Demain lundi, à Shanghai, la Banque populaire de Chine accueillera la fine fleur des banquiers centraux sous le parrainage du FMI. Zhou Xiaochuan, gouverneur de la PBoC, et Dominique Strauss-Kahn, que l’on ne présente plus, présideront la réunion.

Actuellement théâtre principal de la guerre des monnaies, l’Asie pourrait demain se révéler être le terrain et l’occasion d’un pas en avant en vue de la réforme du système monétaire international. Cette réunion pourrait permettre d’avancer les premiers pions, à moins que tout ne soit que plans sur la comète, dans un horizon totalement bouché.

En tout état de cause, nul ne doute que la réflexion se focalisera sur les prochains petits pas qui pourraient être ultérieurement accomplis, ceux-là mêmes que les dirigeants chinois affectionnent et n’ont cessé d’effectuer, mais en y associant dorénavant la région… et le FMI, qui ne voudrait pas être écarté de la partie.

Les achats chinois de terres agricoles, ainsi que leurs investissements dans les ressources minières et l’énergie, avec comme objectif commun de garantir leurs approvisionnements, sont bien connus. Leur accord dans le transport maritime avec le gouvernement grec n’est pas passé inaperçu. Mais leurs percées dans le domaine monétaire ont été masquées par les passes d’armes incessantes qui les ont opposés aux Etats-Unis. Elles ne sont d’ailleurs pas près d’être finies : en août dernier, le déficit commercial américain avec la Chine est de nouveau monté, pour atteindre 28 milliards de dollars en données brutes.

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L’actualité de la crise: L’HEURE DES FUITES EN AVANT A SONNÉ , par François Leclerc

Billet invité

Durant des mois et des mois – et même encore aujourd’hui – un déni généralisé a prévalu. Une attitude adoptée par tous ceux qui, dépassés par les événements ou dissimulant leur collusion, se sont ingéniés à ne pas reconnaître l’étendue et la profondeur des dégâts.

Minimisant ceux-ci et se conduisant comme s’ils étaient en mesure d’y faire face. Montant des opérations de diversion, comme l’ont été la traque des évadés fiscaux ou la lutte avortée contre les primes et les bonus des banquiers et traders. S’essayant à désigner des boucs émissaires. Usant de toutes les ficelles de la communication pour masquer l’inanité de leurs réponses à la crise. Ainsi que la légèreté avec laquelle ils abordaient la mise en place d’une régulation financière.

Tout cela n’a qu’un temps et ne va pas pouvoir être poursuivi sur le même mode. La guerre monétaire ne fait que commencer et ne va plus permettre de persévérer dans le même autisme.

Aux Etats-Unis, la Fed se prépare à attiser le feu en remettant en marche la planche à billets, accentuant la chute du dollar. En Europe, la BCE fait le grand écart avec elle en adoptant une stratégie opposée, l’Allemagne accentuant sa pression pour imposer sa stratégie de lutte prioritaire contre les déficits publics. Ces deux fuites en avant se valent l’une comme l’autre en raison des dangers qu’elles recèlent.

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Le temps qu’il fait, le 15 octobre 2010

Le pourrissement des situations
Pourquoi ne pas inciter aux paniques bancaires
Le « foreclosuregate » aux États-Unis
Le G20 et la guerre des monnaies

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La paix monétaire, par Pierre Sarton du Jonchay

Compensation dans l’espace et le temps

La guerre des monnaies oppose les États émetteurs de monnaie de réserve aux États épargnants nets vis-à-vis du monde. Les monnaies de réserve sont le dollar, l’euro, le yen, le franc suisse ; toutes les monnaies qui peuvent être détenues quelle que soit sa nationalité et qui sont facilement convertibles en actifs financiers, en matières premières ou en d’autres monnaies. Une réserve de valeur internationale utilise une monnaie facilement convertible en n’importe quel objet de valeur en n’importe quel lieu aux prix les plus stables possibles.

Le motif de détention d’une réserve internationale est à la fois présent, passé et futur. L’acquisition d’une réserve impose d’avoir exporté des marchandises et d’en conserver la créance sur l’acheteur ; ou sur le prêteur de l’acheteur. Il est possible d’acquérir une réserve simplement en empruntant, c’est à dire en promettant un remboursement financé par des exportations futures au bénéfice direct ou indirect du prêteur. Les réserves internationales existent par le décalage dans le temps des exportations réglant des importations. Ce décalage est financé par les zones politiques émettrices de monnaie de réserve : elles prêtent aux pays déficitaires en empruntant aux pays excédentaires.

Au motif passé de détention d’une réserve par des exportations incomplètement compensées par des importations, répond le motif futur. L’emprunteur de réserve prévoit d’exporter plus dans l’avenir tandis que le prêteur de réserve prévoit d’importer plus dans l’avenir. L’existence de la réserve monétaire internationale traduit un équilibre de projet entre les pays temporairement déficitaires et les pays temporairement excédentaires. Il s’agit d’un équilibre logique où l’emprunteur croit qu’il pourra produire la valeur du remboursement et le prêteur croit qu’il recouvrera la contrevaleur de ses réserves épargnées.

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