319 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 15 octobre 2010 »

  1. Saviez-vous Paul que votre modération pourrait remporter suffrage ? Et qu’il suffirait d’une communication encore plus efficiente pour faire de vous un noble représentant du peuple ?
    J’ai lu quelques-uns de vos livres, et j’en apprends d’avantage en vous écoutant : Faites relayer votre parole aux dernier politiciens qui daignent prêter une oreille attentive à la logique. Merci, nous, on ne pourra pas faire ce ‘travail’.

  2. Bonjour ou plutôt bonsoir,

    Je lis également ce blog depuis plusieurs mois, et je ne suis pas loin d’avoir précédé les conseils de Mr Cantona, puisque j’ai sorti mon argent de la Société Générale.
    Pas de panique, il est toujours dans le circuit, puisque j’ai filé au Crédit Coopératif pour ouvrir un livret NEF ; je suis contente que cet argent serve à des placements plus éthiques, pour un monde de demain plus conforme à ce que je désire, et devant la tête de mon banquier, j’étais encore plus contente.
    Je fais également suivre les vidéos de Monsieur Jorion à mes contacts, en les dirigeant vers ce blog (source du blog mise, et non celle de Dailymotion).

    @ Vivanco : vous devriez regarder au niveau d’Adblock Plus pour « désactiver la page » ; je rencontre moi-même ce problème pour les vidéos depuis quelques temps.

    Bonne soirée.

  3. Ainsi donc, même Paul Jorion prêche de courber l’échine, travailler, payer, crever et demander poliment si son cadavre décharné ne dérangera pas trop au pied des devantures de verre des banques.

    « S’il vous plaît Monsieur le politique, pourriez vous gentiment déconstruire le système que vous et vos alliés avez mis une génération à bâtir? »

    D’autres moyens plus raisonnables ? Et bien le temps n’est plus à être raisonnable pour beaucoup de citoyens. C’est pour cela qu’il est trop tard, pour être raisonnable….sortez plus…et plus prêt du quidam.

    Vu ce jour : manifestations, blocage des voies de circulations, queue aux stations essence…

    Et croyez vous que ce système l’est? raisonnable?

    Quelle influence subissez vous Monsieur Jorion?

    1. Exprimer la volonté de transformer le système avec une vision plutôt que de faire tomber le système et « advienne que pourra » sont 2 options radicalement opposées, mais cela ne signifie pas que l’une soit moins révolutionnaire que l’autre.
      L’influence de la raison ?

    2. « Paul Jorion prêche de courber l’échine ».

      Diable ! diable ! Vous avez raison : le monde a vraiment bien changé, et en quelques jours seulement !

    3. Néo,
      La contestation, ce n’est pas dans la rue que cela se passe et commence.
      C’est sur votre lieu de travail.
      J’ai écrit « Taire le silence »
      On m’a eu à l’usure, pas derrière un simple acquiescement de la tête à chaque fois qu’une nouvelle stratégie se présentait et qu’on devait se plier à de nouveaux diktats.

    4. @ Neo

      « Depuis l’Evangile jusqu’au Contrat Social, ce sont les livres qui ont fait les révolutions. »
      (Louis de Bonald. Mélanges littéraires, politiques et philosophiques)

    5. @julien alexandre

      je pense que vous mettez le doigt exactement sur la question principale, mais je voudrais, si vous me permettez, reformuler votre question :

      la quelle des deux options est la plus probable ou bien la plus réaliste ? (et non pas la plus révolutionnaire qui est une question plus subjective):
      1. transformer le système suivant une vision
      2. casser le système et advienne que pourra

      Parfois il m’arrive de garder espoir sur les capacités des humains à realiser l’option 1 sans passer par une période extremement pénible et violente. Malheureusement l’histoire ne semble pas indiquer que cela soit trés probable.

      Les humains ne sont décidemment pas en majorié des êtres raisonables.

  4. Euh oui, mais est ce qu’il y a beaucoup d’exemples dans l’histoire ou la raison l’a emporté sur tout le reste?

  5. Monsieur Jorion,

    Je suis très déconcerté par l’attitude de Monsieur Jacques Attali, et notamment des préconisations du rapport portant son nom qu’il vient de remettre au Président Français,rapport visant à faire des propositions pour redresser l’économie Française.

    Je pensais Monseur Attali fervent soutien de vos réflexions, notamment sur la nécessité de redistribution des richesses, sur le fait qu’il ne fallait pas faire d’austérité maintenant au risque au contraire d’aggraver la croissance…

    De toutes ces dispositions, il n’ y a aucune dans le rapport Attali! C’est tout le contraire! De la rigueur qui va peser encore davantage sur les plus faibles!

    Je suis vraiment très troublé, et je m’aperçois que le masque concernant Monsieur Jacques Attali est tombé! Certains diront, c’est une commission, ce n’est pas lui seul qui s’exprime! Certes! Mais dans ce cas là on n’associe pas son nom à un rapport qui préconise le contraire de ce que l’on pense ?

    Chris

    1. La pensée de Jacques Attali est si vaste, médiatisée, partagée, riche de choses et d’observations faites, que je ne suis pas bien sur qu’il préconise souvent le contraire de ce qu’il pense, le mardi du lundi ou alors du jeudi par rapport au mercredi, tant il en pense bien des choses très justes sur le monde actuel, bien sur sa pensée est souvent assez déconcertante, renversante, déroutante, variable et consensuelle selon les circonstances du moment, déjà bien embarassant pour lui-même, comme s’il cherchait souvent à s’en justifier,

      Mais attendez faut cherchez aussi un peu à le comprendre, vous savez le monde est ainsi fait comme ça partout, le pauvre homme, l’esclavage de l’homme, des enfants, des femmes ne dâte pas non plus d’hier. Il est comment dire dans le premier rôle spécial et médiatique des intellectuels de son temps, un double langage de vie, commerce et social à la fois continuellement adressé à l’homme de son temps, on adore faire le bien et si possible de manière plus humaniste et distante de l’autre à l’image, mais voilà il y a parfois une plus grande déchirure et rupture qui s’opère entre les gens de la haute et les gens d’en bas,
      suis-je vraiment en train de faire le bien du monde ?

      Encore une fois il est dans son rôle, celui d’essayer jusqu’au bout de satisfaire toutes les exigences du monde à la fois, un DSK en Europe ne fera pas mieux demain qu’un autre Obama de plus en Amérique ou au Sahel, pour sauver le monde de la famine, de la faillite, de la guerre, de la noyade. Vous savez ils font quand même partis des meilleurs orateurs placés de ce monde, faut pas donc trop pousser envers Mr Attali quelqu’un sans doute de très charmant et aimable à fréquenter, très cultivé aussi, connaissant beaucoup de choses, sachant très bien se tenir à la télévision aussi comme tant d’autres partout d’ailleurs, ne représente-il pas alors la fine fleur intellectuelle et socialiste de son temps, de notre siècle,
      là à mon avis ça va passer ce commentaire.

      Bon l’essentiel c’est d’avoir quand même des gens comme ça pour nous guider, pour mieux nous rassurer à l’antenne, nous réconforter, nous expliquer les plus graves choses se faire avec eux, vous à coté d’eux, vous vous jouez toujours bien sur avec aux billes dans la cour de récréation, allons, allons les enfants soyaient encore un peu gentil envers Mr Attali, dites lui Bonjour Mr le professeur, déjà qu’il en pense bien des choses à votre place, à vrai dire c’est bien simple lorsque j’écoute Mr A moi je ne pense plus, sa parole est déjà si porteuse de lucidité, de social, de vérité, prometteuse de promesses, mais bien porteuse d’autre choses
      à la fois.

      Veuillez également m’excuser mais à force cela commence à me troublé pareillement moi,
      et pourtant croyez moi je l’aimais beaucoup ce monsieur il n’y a de cela pas si longtemps,
      mais les rapports de plus sur les êtres et les sociétés, ça va comme ça on n’est pas non
      plus des cobayes et des animaux de laboratoire.

    2. @ Chris22

      Pourtant il a écrit sur son blog:

      « Le gouvernement semble vouloir défendre tous les grands privilèges, pendant que la gauche semble vouloir préserver tous les petits. Dans notre pays, qui décline sans vouloir l’admettre, l’alliance des grosses fortunes héritées et des petits avantages acquis fonctionne à plein ; la connivence des grands et petits rentiers (docker, professeur, journaliste, chef de service à l’hôpital ou chef d’entreprise), impose sa loi à tous. Tous ces gens là se liguent avec succès pour éviter que la rigueur ne touche à leurs privilèges.

      Les autres, tous les autres, (pauvres, sans relations, jeunes ou étrangers), n’ayant aucun avantage acquis, sont les victimes désignées du déclin qui commence. Le tour des autres viendra. Mais il sera alors trop tard pour éviter la catastrophe. »

      http://www.attali.com/ecrits/articles/macro-economie/la-rigueur-evidemment

  6. C’est l’histoire d’un monde qui avait graduellement mis en place beaucoup de choses rassurantes pour se chauffer, se protéger, se déplacer, s’éduquer, se complaire tant pour le confort du corps et de l’esprit, afin de pouvoir continuellement avancer sans trop de risques ,
    mais voilà un jour vint ou le vent et la météo devinrent de moins en moins favorables aux mêmes desseins de vie et de plus en plus enferrants des êtres sur terre,

    Bien évidemment au fur et à mesure toutes ces choses finirent par faire de plus en plus mal aux petits comme aux grands, tant dans la triple dimension de l’homme, ne parlons pas non plus de toutes les espèces vivantes, comme pour le plus grand nombre qui ne comprenaient plus guère le sens premier du travail et de l’esclavage marchand de plus en ce temps là, était-ce déjà cela aujourd’hui, le même vécu hier du monde, ou la préfiguration du monde à venir ?

    Hélas plus les hommes en éprouvèrent de la peine, de la souffrance et le souci de toutes ces choses et plus certains en profitèrent jusqu’au bout le besoin d’en rajouter une couche de plus à l’image, voire même le plus étonnant parmi les plus humanistes d’entre-eux et qui malgré tous leurs beaux écrits pour faire le bien du monde se souciaient en fait bien plus de leur propre confort de vie dans l’échelle sociale de ce monde, et bien loin des autres ou de ceux n’étant même plus en mesure de les suivre dans ces principales valeurs très terrestres,

    C’était la très grande contradiction de conduite des premiers de ce monde et de tous bords condondus, on veut à la fois passer à autre chose intellectuellement, socialement, économiquement, libéralement ou pas, mais garder aussi à l’esprit le même langage habituel et conventionnel du monde en tête, quel vaste chantier économico-social pour le monde, en espérant quand même que les meilleurs intellectuels socialistes ou libéraux de ce monde n’y passent pas trop de temps à échafauder le meilleur plan possible, combien déjà de rapports expérimentaux sur les êtres de plus sur terre ?

    On pourrait d’ailleurs continuer à lire tous les meilleurs manuels de la prudence humaine du capitalisme, du libéralisme, du socialisme et du communisme à la fois, afin de pouvoir mieux franchir le gué ça ne changera pas mieux l’esprit de peur supplémentaire, oui pourquoi pas tenter de se bouger un peu plus les doigts avec d’autres sur la même rive.

    Surtout que le cours d’eau prend de plus en plus de la vigueur, et il n’est pas dit que les êtres puissent toujours le traverser, surtout pour moins se mouilller les pieds, oui on aimerait bien tous avancer sans trop prendre de risques quand même pour nos méchants petits maîtres de plus, comme pour le monde de plus en plus écoeuré, accablé et empressé comme ça, progresser oui, mais sans perdre à la fois tous nos autres bagages de plus.

    En tous cas moi je vous aurais prévénu, préfère encore traverser l’océan à la nage ou à pied,
    je trouve même cela beaucoup moins risqué à court terme comme sur le long terme et contrairement à tant d’idées reçues. Vous verrez le climat ne nous attendra pas, aussi surréaliste que cela puisse paraître pour l’humanité moderne, sans trop perdre non plus notre temps et notre vie à attendre les premiers de ce monde qui ont déjà bien du mal à se décider entre-eux, les grandes poules mouillées, vous savez les plus habiles de ce monde que ce soit d’ailleurs des gens comme Alain Minc ou Attali d’ailleurs, sans doute les meilleurs professionnels pondus du risque humain, les belles étoiles rassurantes du ciel, pourvu que ça dure le même petit manège du monde à l’antenne. Des gens si déconcertants à la fois, que vous ne savez même pas vers quoi ils préfèrent vous conduire le plus, dans leur continuel double langage de vie et de conduite en société, pressentez-vous déjà cela venir vous aussi ?

    Oui restons bien ensemble afin de pouvoir tout juste se bouger les doigts, se réchauffer autour du feu, parce que se mouillait un peu trop les pieds ah ça non alors sans eux, en plus l’hiver ou le grand hiver nucléaire approche, de toutes façons que nous le voulions ou pas la nature ne nous fera pas de cadeaux, alors autant déjà s’y préparer à travers des petits gestes simples.

  7. Attention Julien avec l’emploi du mot « raison », on nous a vendu tellement de choses avec la « raison ». Parce que c’est quoi « être raisonnable »? Je peux vous dire que l’époque ne demande plus de raisonner, elle demande d’humaniser. Nous ne voulons plus être raisonnables, nous voulons être des humains capables de ne plus être raisonnables justement, nous voulons être des humains capables d’enthousiasme, de spontanéité, capables de donner, capables d’amour. La raison a eu son temps, arrêtons de vouloir toujours raisonner. Les Lumières peuvent s’éteindre, La Lumière peut se rallumer.

    1. Vous ne voyez pas le rapport ? Vous m’inquiétez encore davantage.

      Lisez Le péché de complication de Louis Carette (devenu Félicien Marceau). Je l’ai lu dans un exemplaire offert par l’auteur à mon père au moment de sa publication. Le nazisme à ses débuts est très séduisant (un de mes oncles a un moment succombé à cet enchantement) : Vive l’enthousiasme, Vive la spontanéité, Adieu la raison ! Vivent les sentiments ! Le paradis sur terre est à notre portée. On a jugé à l’autopsie.

    2. Pour ceux qui ne l’auraient pas vu, tant qu’à écouter l’extrait que P Jorion a mis, je vous conseille vivement de voir ou revoir « Cabaret » un film formidable sur la montée du nazisme.

    3. Monsieur Jorion n’oubliions pas pas que la raison ruse parfois du moins selon Hegel et toujours selon lui et Wikipédia « la passion est le moteur de la raison, rien de grand ne se fait sans elle. » L’on ne peut donc l’opposer à la raison . La raison n’est pas le raisonnable.
      il me semble qu’a tout attendre des crises économiques comme les anciens sociaux démocrates conduit à trop privilégier le calcul.

    4. Sûr qu’en cherchant un peu on trouverait quelques penseurs ou philosophes carburant à la raison qui furent de bons supports du … vous savez quoi !

      La raison c’est comme les frites et la bière : c’est bon, mais il ne faut pas en abuser. Ça devient vite une maladie. Transgénérationnelle qui plus est. Et cet abus en vient à ne faire passer que le temps, pendant que le manque de sentiments tue et détruit autour de nous…

      Vous rendez-vous compte que certains se sont félicités (j’ai lu ça quelque part sur ce blog) que les affects aient enfin été pris en compte par la « science » économique !

      N’y a-t-il pas dans l’histoire de l’humanité des expériences basées sur les sentiments dont nous pouvons être fiers en tant qu’humains ?!!!

      « Nul effet provenant de la raison ne peut durer toujours, parce que les désirs des hommes changent suivant les influences du ciel. » La divine comédie, Dante.

      Allez, bon dimanche !

    5. @ Anne

      Si quelqu’un croit que ses actions sont bonnes « parce qu’il le ressent, » s’il se laisse guider uniquement par ses émotions, alors qu’est-ce qui compte le plus : ses émotions à lui, ou mes émotions à moi ? En cas de désaccord, la raison, la logique, l’expérience de la réalité empirique nous permettent de communiquer. Sinon, qu’est-ce qui l’empêche d’user de la force et d’imposer son idéologie par la contrainte, « pour notre bien » ? Si notre homme sait qu’il est dans le vrai en raison de ses émotions, alors il ne peut attribuer les erreurs des autres qu’à leurs émotions mal placées. Charge à lui de les corriger.

      Je ne connais pas Le péché de complication de Louis Carette, merci P. Jorion pour la référence.

      Dans le même genre, je recommande The true believer. Thoughts on the nature of mass movements, de Eric Hoffer.

      Cdt,
      GSF

    6. Les nazis étaient souvent de grands mélomanes, Amateurs d’art, aussi. Au nom de la raison s’est forgé le scientisme, et le totalitarisme communiste s’est réclamé de la science pour rejeter toute référence au spirituel. Poutant, on ne peut renoncer à la création artistique comme mode d’être ni a la raison sous forme de sens commun pour nous diriger dans la vie. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Est-il possible que la conscience comprenne la raison accompagnant la vision? D’où la nécessite irrénonçable du processus de maturation.

    7. Les rangées de gauchistes venus entendre ce qu’il avait à dire tendaient le cou, les yeux brillants, attentifs. Emmett était prêt. Il avait relu son discours la veille, et dans l’après-midi il l’avait longuement répété et mis au point. Quand le maître de cérémonie de ce symposium de « Libération » ou Dieu sait quoi eut présenté Emmett comme « un Digger, un hippy, un mythe et une légende vivante », Emmett s’avança dans un tumulte d’applaudissements.
      Lorsque l’ovation s’apaisa, il se mit à parler au micro, d’une voix claire et forte, comme un acteur qui récite un monologue, et les révolutionnaires en mie de pain écoutèrent ce qu’ils voulaient entendre :

      « Nous sommes tous convaincus, à l’unanimité, que la force ne trouve pas son expression dans une armée, dans des chars d’assaut et des canons, mais s’exprime finalement dans la volonté commune du peuple ! La volonté qui unit nos groupes et qui nous fait comprendre que les hommes et les femmes doivent apprendre le sentiment communautaire afin de se défendre contre l’esprit de classe, la lutte des classes, la haine des classes !… Nous allons bientôt vivre en commun notre vie et notre révolution ! Une vie communautaire pour la paix, pour la prospérité spirituelle, pour le socialisme ! Nous devons réveiller le monde et détruire les illusions ! Afin que, lorsque les peuples seront enfin réveillés, jamais plus ils ne retombent dans le sommeil ! La révolution n’aura pas de fin ! Nous devons lui permettre de se développer, d’engendrer des milliers d’autres révolutions… L’histoire jugera notre mouvement non pas selon le nombre de porcs que nous aurons éliminés ou emprisonnés, mais selon la réussite d’une révolution qui aura rendu le pouvoir au peuple, qui aura fait régner sur le monde entier la volonté du peuple !… Le pouvoir au peuple ! »

      Le discours entier dura plus de dix minutes et, quand Emmett se tut, toute l’assistance se leva pour lui faire une extraordinaire ovation. Il fallut au moins deux minutes pour que le tumulte se calme enfin. Alors Emmett approcha sa bouche du micro et parla posément.

      – J’apprécie votre enthousiasme, je comprends vos applaudissements sincères, mais, pour être franc, je ne puis les prendre à mon compte. Je n’ai pas écrit ce discours, et je ne suis pas le premier à le prononcer. Je ne sais pas au juste qui l’a écrit, j’en ai une vague idée, mais je n’en sais rien. Cependant, je puis vous dire qui l’a prononcé le premier. Il s’appelait Adolf Hitler, et ces mêmes phrases sont sorties de sa bouche au Reichstag, en 1937, je crois. Je vous remercie. Au revoir, et merci encore.

      Pendant au moins trente secondes, un silence de mort plana dans l’immense salle. Personne ne bougeait. Et puis, tout à coup, la colère explosa, la rage d’un millier de gens prenant conscience qu’ils avaient été possédés, refaits, doublés !

      Extrait de l’ouvrage d’Emmett Grogan, Ringolevio.

    8. Gu Si Fang,

      Permettez, mais je pense que Anne doit encore avoir la nausée.

      Si quelqu’un croit que ses actions sont bonnes « parce que sa raison le lui dit », s’il se laisse guider uniquement par sa raison, alors qu’est-ce qui compte le plus : sa raison à lui, ou ma raison à moi ? En cas de désaccord, les sentiments, l’expérience de la réalité empirique et affective nous permettent de communiquer. Sinon, qu’est-ce qui l’empêche d’user de la force et d’imposer son idéologie par la contrainte, « pour notre bien » ? Si notre homme sait qu’il est dans le vrai en raison de sa raison, alors il ne peut attribuer les erreurs des autres qu’à leur raison mal articulée. Charge à lui de la corriger.

      Cdt,
      Fab

  8. Je me permets d’intervenir dans cette discussion, en y apportant une petite pierre à l’édifice de cette réflexion.
    En partant de deux constats: ce ne sont pas les politiques qui feront changer les choses, car de droite comme de gauche, les hommes politiques sont étroitement associés à la « haute bougeoisie » qui domine le monde dans tous les domaines (voir à ce sujet « Sociologie de la bourgeoisie », de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot).
    Deuxièmement, si l’on veut espérer pouvoir changer quoi que ce soit, il faut s’attaquer au véritables responsables de la crise, et là encore, on retombe sur la « haute bourgeoisie » qui détient les grosses entreprises (qui décident donc des salaires, des dividendes, des stock-options et autres parapluies), qui spécule à tour de bras pour faire fructifier le matelas de richesse sur lequel elle existe ( au détriment de ceux qui ne sont pas de cette classe), qui connait et développe toutes les ficelles lui permettant de se soustraire au nécessités de partage des richesses pour le bien-être de la communauté: paradis fiscaux, niches fiscales, transfert des bénéfices vers les zones plus conciliantes d’un point de vue fiscal, etc.
    Donc, je pense que nous n’avons pas le choix. Nous devons nous orienter vers une action populaire permettant d’enrayer ce phénomène de suprématie, une sorte de résistance au système actuel. Il faut que chacun, à son petit niveau agisse contre les façons de faire actuelles qui procurent aux nantis encore plus de pouvoir.
    En partant du bouquin déjà mentionné ci-dessus, voici quelques exemples illustrant les pistes que je propose:
    1 – favoriser les circuits courts pour les achats courants: acheter son poisson au pêcheur, ses légumes et ses fruits au producteur, son pain au boulanger, …
    2 – limiter ses achats de gros matériels, et favoriser l’entretien de celui-ci plutôt que son changement (évidemment, cette action aura des répercussions sur le chomage), …
    3 – à nouveau, favoriser les circuits directs: si j’achète une maison, j’évite les agences qui pour la plupart appartiennent à des gros groupe du CAC40
    4 – intervenir directement dans la vie économique: au lieu de placer mes économies dans la bourse ou la banque (qui vous propose des placements « sans risque » du type Natixis!), je vais directement investir chez ma voisine commerçante en lui finançant son fond de roulement (économie pour elle des intérêts de la banque), ou chez mon voisin artisan en lui fianançant son matériel (économie pour lui des mêmes intérêts). Une sorte de micro-crédit direct.
    Voila donc quelques exemples pour lesquels il est facile d’agir à son propre niveau. Mille idées peuvent être imaginées. Une reflexion dans cette direction permettrait, à mon avis d’influencer, pierre par pierre, une économie plus directe et plus conviviale.

  9. précision sur Cabaret :

    La montée du nazisme est en toile de fond dans le film, dont l’intrigue concerne en fait une histoire entre un homme et une femme, et la vie d’un cabaret Berlinois dans les années 30.

    Mais en fait, ce qui m’a le plus marquée, c’est cette montée insidieuse du nazisme que l’on constate, lors des plans extérieurs du film.

    1. C’est comme la montée insidieuse du populisme et des thèses de l’extrême droite dans des couches populaires, peu critiques, simplistes, bercées par des infos partielles voir même de la propagande. Inquiétant.
      Mal informées, à l’écoute du café du commerce, sous des airs parfois sympas ils peuvent déraper.
      Un gros effort de pédagogie est à faire et c’est un rôle majeur que nos médias doivent assumer.

    2. @souvarine
      Aucun rapport, réflexion issue de simples observations de terrain.
      Toute proposition pour enrayer cette tendance actuelle est la bienvenue.
      Pour ma part je préconise par exemple :
      . d’analyser objectivement les thèses et arguments développés en se basant sur des info vérifiées
      . de s’interroger sur les raisons cachées, les objectifs, les enjeux
      . de privilégier le rationnel au passionnel
      . de parler, d’échanger avec l’autre que l’on craint et de se mettre à la place de celui-ci.
      Pour ce qui est de la propagande il suffit par exemple de relever certains mails non signés mais dont l’origine se devine. Il ne faut pas négliger l’impact de ce type de billets. Encore un simple constat.

    3. @Papimam

      Aucun rapport? Ce mépris affiché pour les classes populaires, forcément irrationnelles et irresponsables (malgré « des airs parfois sympas »; vos « observations de terrain » ressemblent à une visite au zoo), devant être guidée par la doxosophie patentée pour comprendre ce qui est bon pour elles. Vous devriez vous relire.

    4. @souvarine
      Merci de me corriger, le terme « couches populaires » est très mal venu, surtout suivi de …….
      D’origine modeste j’appartiens encore à la « classe populaire » ou en tous cas moyenne et je le revendique haut et fort.
      Je vous assure que je n’ai aucun mépris pour mes pairs, bien au contraire et je réserve mon mépris aux seuls qui le méritent.
      Le constat que je faisais peut être fait sans doute au sein d’autres classes que je ne fréquente pas ou peu.
      Il concerne des personnes à vue réductrice, simpliste, et que la peur de l’autre ou la crainte d’une quelconque régression poussent vers la xénophobie.
      Aucun lien avec la connaissance ou la culture mais bien plus avec la capacité d’empathie et d’altruisme.
      D’autre part je suis parfois sidéré par la capacité d’intuition de gens simples, généreux et ouverts de la classe populaire, qui décryptent l’essentiel sans passer par des lectures « savantes ».

  10. Mon cher Paul,

    Restons calme. Mes propos sont assez clairs je crois, je ne vois pas ce que vient faire ce film quand je fais une petite remise en question, comme tout bon postmoderne, de l’héritage des Lumières, héritage qui remonte d’ailleurs au XVIème siècle avec la Réforme. Ceci étant dit, j’associe le mot « enthousiasme » avec le mot « koinônia », qui réfère à la communauté, communion, inspiration, enfin plein de belles choses, qui sont le contraire de détachement, froideur, indifférence (Petit Robert).

    P.S: au dernière élection j’ai voté « groen links », mais je pense que la religion en général, le christianisme, le catholicisme, en particulier, ont encore de très beaux messages à nous transmettre. Je suis un esprit libre (Nietzsche), critique, mais je n’ai pas envoyé les BELLES VALEURS par dessus bord. Je me situerais dans la lignée de René Guénon. Toutes les religions se valent. Mais je n’y peux rien j’aime le catholicisme, ce qu’il représente, et vous le savez maintenant je suis bien décidée à redonner à la Vierge Marie la place qu’elle mérite. Les femmes, surtout à l’époque actuelle, ont besoin d’être inspirées. Votre blog me permet de communiquer cet enthousiasme, que vous le vouliez ou non. Encore merci. L’histoire continue…

    1. @ Anne

      « Je suis un esprit libre (Nietzsche), critique, […] et […] je suis bien décidée à redonner à la Vierge Marie la place qu’elle mérite. »

      Et comment conciliez-vous Nietzsche et la Vierge Marie?

    2. Eh bien, pour moi l’un n’empêche pas l’autre. On peut aimer réfléchir et être inspirée…. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas, qui ne se raisonnent pas.

    3. Il y a aussi le Nisi dominus:

      http://www.youtube.com/watch?v=uMPoNM601qg
      http://www.youtube.com/watch?v=Cn4D5qT8nY8

      El l’auteur de ces musiques « hyper-sublimes » (comme aurait dit Baudelaire), que seul un croyant peut écrire, est mort en 1741 à 63 ans à Vienne, seul, dans la misère, « dans un tel dénuement, dans un tel abandon que cet abbé musicien si longtemps célébré à Venise fut enterré le même jour et jeté dans la fosse commune du cimetière de l’hôpital. Funérailles à l’économie pour un montant de 19 florins 45 kreutzers, six porteurs et six enfants de choeur, dont un jeune garçon de neuf ans qui se prénommait Joseph Haydn. » (Claude Samuel. Diapason nº 569)

    4. @ pablo75 dit :16 octobre 2010 à 19:30
      « … cet abbé musicien si longtemps célébré à Venise fut enterré le même jour et jeté dans la fosse commune du cimetière de l’hôpital. Funérailles à l’économie pour un montant de 19 florins 45 kreutzers, six porteurs et six enfants de choeur, dont un jeune garçon de neuf ans qui se prénommait Joseph Haydn …)
      C’est un scandale ! : « Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent … » (titre du dernier roman d’Eric Emmanuel Schmitt – 2010)

    5. Pour moi des faits comme l’inexistence des tombes de Vivaldi, Mozart ou Cervantes définissent notre civilisation, pour ne pas dire l’être humain, mieux que les tonnes de discours des philosophes.

  11. Bonjour !

    Je remercie Mr JORION de poursuivre la réflexion abordée, il y a quelque jours, suite au billet de Mr LECLERC !
    Je n’ai pas eu le temps de lire tous les commentaires… Cependant, je réaffirme :
    – que ceux qui n’ont pas compris la démarche de P.JORION, n’ont pas compris grand chose…Il faut reprendre les billets des mois et années passées.
    -Vouloir opposer telle vision à telle vision est stérile, en tant que telle. Il faut élever le débat, les consciences, les réflexions…
    – Vouloir confronter telle méthode/telle méthode est constructif, dès lors que l’objectif final est le même pour chacune des parties… La modélisation, et les paramètres pris en compte permettent, en partie, de dessiner, désigner des tendances, projections préditives ( je sais…c’est un terme plutôt utilisé au niveau médical), prédictibles…. mais également leurs contraires!
    – Vouloir débattre, alors que , à la lumière des billets/ commentaires des uns et des autres, j’en conclus que certains considèrent que nous ne sommes pas en guerres, alors que d’autres ne le considèrent pas, est un premier point à déterminer…et fixer. Certains utilisent plus ou moins abondamment ce terme de GUERRE, pour désigner à tort ou à raison l’affontement de volontés sur des secteurs définis ( le plus récent concerne la désignée « la guerre des monnaies »). Il en ressort une cacophonie …et un débat, des réflexions qui ne sont pas saines…

    Après, chacun agit selon ses convictions, perceptions, raisonnement, Objectifs, réseau(x), le droit de réserve auquel il s’astreint, les actions, combats, qu’il mène….

    Bonne journée!

  12. Paul,

    Je crois que paradoxalement vous minimisez la crise en parlant dans votre vidéo d’un problème d’inégalité de répartition des richesses. Le problème des retraites non financées en France, des déficits publics non financés, des dettes internationales non financées traduisent une perte profonde des repères de la valeur, de ce qui peut satisfaire les attentes humaines. L’insuffisance de la demande par rapport à l’offre, qui a provoqué l’explosion du crédit pour soutenir la croissance économique, montre que la richesse n’est plus vue comme satisfaction de besoins humains mais comme accumulation de signes monétaires indépendante de toute réalité. Nous nous heurtons aux limites ontologiques de la chrématistique (qui se rapporte à la production des richesses). Si seules les quantités comptent en elles-mêmes, alors les hommes sont obligés de se détruire pour continuer l’accumulation des quantités au-dessus de ce qu’ils ont déjà nominalement produit par eux-mêmes.

    La crise des subprimes a fait basculer le monde d’une ontologie analogique à la domination d’une ontologie numérique. Le mouvement est venu de l’émergence numérique de la civilisation chinoise dans l’économie mondiale. Les Chinois pensent la société et la civilisation en dehors de notre concept occidental de démocratie. Comme ils représentent une grande masse qui n’est pour nous que quantitative et que nous ne pouvons pas assimiler comme nous l’avons partiellement fait avec les autres pays extrème-orientaux, ils créent un vide ontologique dans l’association conceptuelle que nous faisons entre démocratie (discutabilité des droits de l’homme) et prospérité économique. Ce vide ontologique est perceptible dans l’attitude de nos élites politiques et économiques qui sont tétanisées devant les problèmes monétaires et financiers. Elles répètent inlassablement les raisonnements anciens qui ne sont plus opérationnels dans notre monde bi-civilisationnel.

    Le forclosuregate illustre le bug civilisationnel que la Chine crée dans la civilisation occidentale, spécialement aux États-Unis qui n’ont pas d’antériorité civilisationnelle (à peine quatre siècles). Manifestement, les juristes et financiers étatsuniens sont en plein délire nominaliste. Ils sont prêts à affirmer absolument n’importe quoi du moment que cela produit du chiffre monétaire, c’est-à-dire du signe indépendamment de la valeur réelle qu’il signifie. Ce phénomène ne connaît plus de limite aux États-Unis à cause de l’utilisation internationale du dollar. L’économie mondiale et spécialement l’économie chinoise absorbe une fraction croissante de la liquidité émise aux États-Unis sans que les opérateurs étatsuniens puissent mesurer la contrevaleur qu’elle représente. Une contrevaleur qui sort de leur champ de vision puisqu’elle apparaît hors des États-Unis. Le monde des affaires étatsunien est drogué à la production frénétique de liquidité pour le reste du monde qui croît à leurs dépens sans qu’il ne puisse s’en rendre compte. Les États-Unis sont plongés dans un délire de puissance dont l’actualisation dans la réalité ne leur est pas perceptible.

    L’Europe de l’euro est emportée dans le délire de puissance des États-Unis à cause de sa monnaie unique qui la déconnecte de sa diversité politique, culturelle et économique. Par sa masse numérique, l’euro est une monnaie refuge (comme le yen) sans rapport avec la puissance économique réelle et hétérogène des pays européens. La seule manière de rendre transparents ces phénomènes est de changer de modèle conceptuel de la valeur. D’abandonner le modèle platonicien pour revenir au modèle aristotélicien qui intègre le changement et la multiplicité.

    La notion de valeur doit revenir au centre du débat car c’est le seul outil qui permette de penser la différence entre le prix et la réalité effective du prix. Le prix peut exprimer des réalités sans valeur et la réalité peut avoir une valeur qui n’ait pas de prix. Tant que le monde a été sous domination civilisationnelle occidentale, le concept de la valeur pouvait ne pas être explicitement discuté parce qu’il était commun, partagé au moins implicitement. Dans le nouvel équilibre bi-civilisationnel, la communauté de valeur ne peut se faire que dans le numérique et pas dans l’analogique. Le monde auto-détruit sa valeur en ne la discutant pas. Plus exactement le monde peut se donner l’illusion de créer de la valeur par la production de signes nominaux sans rapport avec une réalité dont le sens n’est pas mesurable.

    La quadri-causalité aristotélicienne permet de penser la valeur dans les deux dimensions de la fin et de l’effet en plus de sa fondation dans la matière formée, c’est-à-dire dans le nombre. Est valeur le nombre, forme de la matérialité, qui a une fin mais aussi un effet ou un effet mais aussi une fin. En passant des trois causalités platoniciennes aux quatre causalités, la valeur devient négociable, discutable entre sa fin et son effet. Si occidentaux et chinois ne raisonnent pas sur les mêmes fins, ils peuvent négocier des effets communs qui motivent leurs échanges. Nous retrouvons le concept d’étalon international de la valeur qui ne peut être ni seulement formel ni seulement matériel, mais formel et matériel dans un effet commun à tout système de valeur.

    L’effet commun de la valeur ne peut pas venir de la matérialité inégalement répartie dans le monde physique et donc inégalement réparti entre les hommes. Il ne peut venir non plus de la formalité différente selon les langues et les cultures. L’effet commun de la valeur ne peut venir que du marché où s’échangent les formes et la matière différentes entre les hommes. C’est la liquidité de la forme et de la matière dans l’espace et le temps qui peut créer une communauté de valeur entre les hommes, la communauté minimale qui leur permette de cohabiter dans les limites de la matière physique sans s’éliminer les uns les autres. C’est la raison pour laquelle je vous ai proposé cette hypothèse supplémentaire aux propositions de Zhou Xiaochuan : l’étalonnage de la valeur par le marché où les fins sont différentes et négociables.

    La négociabilité de la valeur par les fins sur un marché international, c’est concrètement un marché des CDS (options de garantie de crédit, credit default swap) sur dette publique ou sur zone monétaire (option de change). Une dette publique est le crédit d’un système de valeur national. Une dette publique peut quantitativement dépasser sa valeur intrinsèque internationale hors du système de valeur qui la génère. Le CDS international (coté en monnaie internationale) permet de mesurer le dépassement par un État de sa solvabilité intrinsèque. Pour que la mesure internationale de la solvabilité publique ait un effet quelle que soit son sens, il faut une cotation des monnaies sous-jacentes par un CDS de zone monétaire qui dirige la parité de change (option de change en monnaie internationale). La parité comptant et à terme s’ajuste pour que, et la prime du CDS public et la prime de change soient positives, c’est-à-dire significatives d’une dynamique de croissance de la valeur à partir de l’évaluation objective du présent. C’est le prix universel de la liquidité de l’étalon universel de la valeur qui donne le prix du temps et de la certitude du prix en valeur universelle.

    Avec l’application d’Aristote en finance, nous entrons dans la relativité générale de la valeur universelle. Une relativité qui transcende les inégalités humaines au présent par une dynamique de croissance et de convergence de la valeur humaine quels que soient les systèmes de pensée.

    Tous mes billets ont été jusqu’à présent dans cette logique de conceptualisation de la valeur. Vous avez bien reconnu que nous sommes dans une révolution de nos conceptions de la valeur. Comme vous le dites, nous sommes au début mais en même temps pas si loin de la fin d’un travail très profond de l’intelligence humaine. Je crois que nous avons dans votre Blog beaucoup de valeur sous le pied qu’il nous faut libérer.

    Amicalement.

    1. Les Chinois pensent la société et la civilisation en dehors de notre concept occidental de démocratie. ?

      C’est vrai ils sont différents, mais sincèrement pensent-ils vraiment la société au rythme fou du monde actuel, et l’homme comment le pense-t-il chez eux ou dans une société ?

      Le monde des affaires étatsunien est drogué à la production frénétique de liquidité pour le reste du monde qui croît à leurs dépens sans qu’il ne puisse s’en rendre compte.

      Certes vous avez raison l’Amérique n’est plus très belle à voir. Vous savez je n’ai rien de spécial contre les chinois et dans leur autre approche de l’homme au travail, mais je me demande quand même en quoi le monde des affaires Chinois sera-t-il plus différent que ne l’est aujourd’hui le monde des affaires Américain, alors que l’empressement du monde touche déjà de plein fouet la plupart de tous les pauvres damnés de la terre.

      Les États-Unis sont plongés dans un délire de puissance dont l’actualisation dans la réalité ne leur est pas perceptible.

      Vous savez cela ne concerne plus la grande Amérique, je me demande si la Chine ne serait pas aussi tombé la tête la première dedans, comme l’inde d’ailleurs et autres grands pays émergents en vitesse du monde, l’idéal de tout puissance économique de l’homme sur l’homme. Cela me bouleverse, sans doute que nous avons pas encore tout vu de l’empressement de l’homme de plus ! La belle grâce du nombre et des banquiers.

      D’abandonner le modèle platonicien pour revenir au modèle aristotélicien qui intègre le changement et la multiplicité.

      La multiplicité de quoi ? N’y a-t-il pas déjà suffisament de marques comme ça dans le monde ? Comment démultiplier davantage la conformité d’un monde par le changement.

      Dans le nouvel équilibre bi-civilisationnel, la communauté de valeur ne peut se faire que dans le numérique et pas dans l’analogique.

      Est-ce vraiment bien un nouvel équilibre qui s’installe sur le fond de nos jours, s’il y avait bien réellement plusieurs civilisations différentes, le monde ne serait-il pas plus autre ?

      Est valeur le nombre, forme de la matérialité, qui a une fin mais aussi un effet ou un effet mais aussi une fin.

      Quel plus grand déterminisme alors dans le nombre, c’est aussi un grand nombre, est valeur le nombre de gens qui pense et se conduise comme vous dans le faire, et plus il y en a qui vous suivent sur la valeur du nombre et mieux c’est pour l’homme, comme pour le marché.

      L’effet commun de la valeur ne peut venir que du marché où s’échangent les formes et la matière différentes entre les hommes.

      Le marché nous colle déjà tant à la peau, le grand conditionnement du monde où s’échangent continuellement sur le marché des nouvelles marchandises encore et encore, pour nous remplir continuellement la panse, nous éblouir, nous charmer, nous complaire, nous rassurer, nous assurer tous ensemble ainsi, mais qui sur le fond n’apportent pas réellement de meilleures valeurs matérielles différentes aux êtres.

      Avec l’application d’Aristote en finance, nous entrons dans la relativité générale de la valeur universelle. Une relativité qui transcende les inégalités humaines au présent par une dynamique de croissance et de convergence de la valeur humaine quels que soient les systèmes de pensée.

      Le pauvre Aristote, si ça se trouve il n’aurais pas cautionné que l’on se serve de son Nom pour mieux réfréner pendant quelques temps le monde de la finance.

      Ne serait-ce pas plutôt la convergence d’un plus grand matérialisme terrestre se mettre en place, et cela pour une plus grande dynanique de la croissance, fuite en avant, et cela quels que soit les propos qui pourraient encore se faire entendre pour mieux nous en alerter,

      Je crois que nous avons dans votre Blog beaucoup de valeur sous le pied qu’il nous faut libérer.

      Je sais pas monsieur, vous semblez également parlé le même langage des affaires. j’aimerais bien vous croire, vous suivre, mais voilà tout cela me semble si …………

    2. @ Pierre Sarton

      « Le forclosuregate illustre le bug civilisationnel que la Chine crée dans la civilisation occidentale, spécialement aux États-Unis qui n’ont pas d’antériorité civilisationnelle (à peine quatre siècles). Manifestement, les juristes et financiers étatsuniens sont en plein délire nominaliste. »

      « La quadri-causalité aristotélicienne permet de penser la valeur dans les deux dimensions de la fin et de l’effet en plus de sa fondation dans la matière formée, c’est-à-dire dans le nombre. Est valeur le nombre, forme de la matérialité, qui a une fin mais aussi un effet ou un effet mais aussi une fin. En passant des trois causalités platoniciennes aux quatre causalités, la valeur devient négociable, discutable entre sa fin et son effet. « .

      Votre texte est très intéressant. Votre style aussi, mais du point de vue de la « pathologie stylistique », le « mallarméisme » étant une maladie si française, pour ne pas dire si parisienne. Et pas nouvelle… (j’ai cité plus haut La Bruyère à ce propos).

      Jules Rénard disait: « Mallarmé, intraduisible, même en français ». Dommage que vous ne puissiez pas vous auto-traduire en français « pauljorionesque » ou « françoislecleresque »…

    3. @ Pierre Sarton du Jonchay

      Vous savez vous n’êtes pas non plus évident à saisir, rasurez-vous je ne vaut guère mieux que d’autres dans l’échelle sociale de ce monde, je peux même carrément me tromper au sujet de votre pensée et vos propositions pour la société, peut-être que j’en finis par trop voir le mal partout, c’est tout votre mérite de proposer néanmoins quelque chose pour redonner un peu d’espoir aux gens.

      Ce que j’essaie de dire plus ou moins maladroitement et à certains moments, c’est que
      le vocabulaire du monde actuel est une véritable souricière, auquel plus grand nombre ne réchappe, aussi bien les plus lettrés que les moins lettrés de mon espèce en voie de disparition sur terre,

      Plus le nombre augmente, et plus cela semble être la valeur du nombre qui s’impose partout, et pour tous, avec par dessus tout, un plus grand sentiment de toute puissance offert à l’homme, qui en possède le plus, la valeur du nombre, d’un système, d’une matrice, celui d’un très grand nombre d’homme, pour être plus clair mon cher monsieur je me demande si nous avons vraiment tout vu de l’histoire,

      Quand bien même ce que nous serions déjà en train de vivre en premier serait déjà assez grave à voir comme ça, et dans certains aspects de la société, c’est juste une question que
      je me pose, lorsque nous nous influençons et conditionnons de davantage les uns aux autres
      pour plus de sécurité encore. Je sais bien que l’homme ne peut pas vivre totalement en autotarcie sur la montagne, mais lorsque l’homme se perd trop dans les idées du monde,
      que devient la société, que devient l’homme ou la femme, que devient même l’éducation de l’homme dans un tel monde et où la peur d’échouer est partout présente dans les esprits !

      Bien sur que non il ne faut pas cesser de vivre, de penser, de parler, d’échanger, de réfléchir, de méditer, d’agir, de s’arrêter, de ralentir, de faire un temps mort, de partager, de donner, de pleurer, de rire, d’y croire, de gravir, de descendre en rappel ou pas, de s’accrocher, de chercher, telle ou telle interstice de plus qui pourrait encore nous permettre de moins dévisser de la falaise surtout en ce moment.

      Nous avons voulu jouer avec le feu, le tout commerce mondial en pensant même qu’il serait encore possible de rattraper le coup intellectuellement ou pas, en y mettant même les plus compétents de ce monde à la tête des autres, histoire quand même de pas trop perdre la
      face, et puis voilà que toutes les choses du marché et qui étaient sensés nous libérer et nous permettre de mieux grandir dans nos rapports humains, finissent paradoxalement par nous posséder et envahir totalement, la valeur du nombre, cette valeur, que le marché recherchera bien évidemment constamment à faire perdurer le plus longtemps possible et cela sous une forme plus ou moins contrainte et conditionnelle de plus,

      Le pire c’est que l’environnement du monde actuel nous laisse encore croire et penser que l’homme a encore toute sa place pour agir, pour penser, pour être différent en société, alors que si ça se trouve l’homme n’a en fait plus du tout son propre mot à dire qu’il soit d’ailleurs le plus riche ou pauvre de ce monde, comme si nous devrions toujours adorer et glorifier principalement tout ceci et cela et pour l’humanité déjà bien éprouvé comme ça, avoir encore en tête la même influence de conduite partout et ou d’ailleurs le nombre en atteste et en confirme bien qu’il n’est plus guère possible de faire autrement,

      Enfin bref, vous l’aurez compris j’ai pas trop le coeur à la joie sur ce sujet, et comme j’interviens déjà trop souvent sur le blog et au détriment des autres, comme pour vous, non il faut que je me retire pour quelques jours maintenant …

    4. Pablo75,
      Pensez-vous qu’il soit vain ou impossible de s’approprier le sens de notre langage selon ce que nous voulons vraiment obtenir les uns par les autres ? Un langage qui permette de communiquer existe-t-il pour vous ?

    5. Le monde des affaires étatsunien est drogué à la production frénétique de liquidité pour le reste du monde qui croît à leurs dépens sans qu’il ne puisse s’en rendre compte.

      Le monde des affaires étatsunien est drogué à la production frénétique de liquidités pour le reste du monde qui croit à leurs dépenses, sans qu’il puisse s’en rendre compte.

    6. Pierre Sarton du Jonchay ,

      Je salue votre modération : « vous minimisez la crise en parlant dans votre vidéo d’un problème d’inégalité de répartition des richesses ».

      Je dis que c’est confondre cause et conséquence et que l’histoire nous a montré à quel point ce n’était pas gagné d’avance avec l’humain d’espérer voir la cause changer en bidouillant la conséquence…

      (Votre lien sur la crème artistique ne fonctionne pas). La notion de valeur doit effectivement revenir au centre du débat. Valeur : ai-je besoin ? Valeur : mon prochain a-t-il besoin ? Valeur : me nuis-je, nuis-je à mon prochain, nuis-je à la planète ? Etc. La chine et les chinois nous ressemblent sur un point au moins : nos sociétés seraient bien embêtées si elles réalisaient que la principale valeur de leur production était de leur garantir une activité. C’est – et là je pense être encore plus aristotélicien qu’Aristote ! – la toute première finalité de la production, tant du côté chinois qu’ailleurs. Nous nous heurtons donc à nos propres limites ontologiques : c’est une crise de civilisation, et nous refusons de la regarder en face : nous ne voulons pas voir les parois du bocal, le mal vient nécessairement d’un détail technique…et ne dépend donc pas de nous ! C’est humain me direz-vous, trop humain vous répondrai-je, avec une énorme pensée pour Anne qui doit encore avoir la nausée.

    7. @ Pierre Sarton

      Je ne comprends pas vos deux questions, qui me semblent mal formulées. Dans la première, que voulez-vous dire avec « les uns par les autres »? Obtenir « les uns des autres »? Ou tout simplement « selon ce que nous voulons vraiment obtenir des gens qui nous lisent »?

      Quant à votre deuxième question, formulée comme vous l’avez fait, elle est bête, puisque vous l’écrivez. Si le langage ne permettait pas de communiquer, l’auriez-vous écrite?

      Si avec votre première question vous voulez dire: est-ce qu’il est vain ou impossible d’inventer un langage pour obtenir des choses qu’on ne peut pas obtenir avec le langage normal? ma réponse est: impossible, non, puisqu’il y en a qui s’amusent à le faire, mais vain et inutile, pour des domaines comme l’économie, la politique, la philosophie ou la littérature, oui, bien sûr. Pour moi tout langage obscur démontre les carences de son auteur, la confusion de sa pensée, son manque de lucidité.

      Et si avec votre deuxième question vous voulez dire: le langage permet-il de tout communiquer?, ma réponse est non, bien sûr – et c’est pour ça qu’existe la poésie, l’art ou le zen.

      Mais étant convaincu depuis longtemps qu’on peut faire dire aux mots tout ce qu’on veut, et détestant perdre mon temps à couper les cheveux en quatre, je préfère constater que discuter.

      Et je constate qu’un P.Jorion (et c’est l’une des choses que j’admire le plus chez lui), après avoir « exploré » des domaines aussi férus de jargon que les maths, la philo, l’économie et la psychanalyse, il explique des choses compliqués avec un langage très clair, sans aucun jargon. Vous êtes-vous posé déjà la question de pourquoi?

      Et à votre avis, pourquoi Shakespeare, Cervantes, Montaigne, Pascal, Saint-Simon, Voltaire, Diderot, Stendhal, Baudelaire, Schopenhauer, Nietzsche, Pessoa, Kafka, Tolstoi, Unamuno, Proust, Valéry ou Borges entre centaines d’autres grands écrivains ou penseurs, non seulement ne jargonnent pas mais écrivent avec le plus de clarté possible? Et pourquoi les cas d’un Góngora en Espagne ou d’un Mallarmé en France, qui ont besoin de traduction dans leur propre langue pour être compris, ne sont que des exceptions qui confirment la règle?

      Pour finir, quelques citations à méditer:

      Chaque progrès dans l’art d’écrire ne s’achète que par l’abandon d’une complaisance.
      (Gide)

      Rien ne pousse à la concision comme l’abondance des idées.
      (Rémy de Gourmont)

      Les vrais grands écrivains sont ceux dont la pensée occupe tous les recoins de leur style.
      (V.Hugo)

      Il ne faut pas jeter un déluge de mots sur un désert d’idées.
      (Buffon)

      Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire.
      (Boileau)

      Mon Dieu, donnez-moi la simplicité du style.
      (Tolstoi)

      Pour une chose bien conçue, les mots s’offriront et couleront d’eux-mêmes.
      (Horace. Art poétique)

      Il faut d’abord savoir avec exactitude: «c’est comme ceci et comme cela que je le dirais, que je l’exposerais oralement» – avant d’avoir le droit d’écrire.
      (Nietzsche)

      Le style doit prouver que l’on croit à ses pensées et qu’on ne se contente pas de les penser, mais qu’on les ressent.
      (Nietzsche)

      Entre deux mots, il faut choisir le moindre.
      (Valéry)

    8. @ Fab

      « le mal vient nécessairement d’un détail technique…et ne dépend donc pas de nous ! »

      Vous contestez que l’économie puisse être un levier sans réellement comprendre pourquoi ceux qui s’opposent à votre vision parcellaire s’y oppose. Vous n’entendez toujours pas que je m’oppose à votre discours parce qu’en refusant comme vous le faites d’appréhender la technique comme une et indivisible de l’homme, vous entériner, même à contrario, la science comme théologie qui s’ignore. Or la science et l’économie ne sont pas des techniques. Il n’y a pas la technique d’un côté et de l’autre le sens. La technique c’est nous. Votre argument critique quant à un positionnement qui préférerait s’occuper des détails rate donc complètement sa cible : c’est précisément en s’occupant de déboulonner les Ayatollahs de la neutralité de la technique que nous nous occupons de la crise du sacré. Vous comprenez ?

    9. Pablo75,
      Vous répondez à mes questions par vos questions sur le sens de mes questions. Je suggère que nous ne sommes pas prisonniers du sens que nous avons l’habitude de donner à notre discours politique, économique, philosophique, religieux. Et vous me répondez que cette suggestion n’a pas de sens. Vous penchez donc pour une détermination insurmontable de notre pensée par le langage. Il nous serait impossible de donner aux mots un sens élargi par rapport à celui qu’ils ont actuellement aujourd’hui. Il nous serait impossible d’imaginer ce que nous voulons et que nous n’avons pas en mettant d’autres réalités possibles dans notre langage. Nous serions enfermés dans la religion de notre langage. Nous n’aurions accès à rien d’autre que ce que nous disons actuellement. Donc l’espérance est une folie incompatible avec la rationalité.

      vain et inutile, pour des domaines comme l’économie, la politique, la philosophie ou la littérature, oui, bien sûr. Pour moi tout langage obscur démontre les carences de son auteur, la confusion de sa pensée, son manque de lucidité.

      Votre position est on ne peut plus clair. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes économique, politique, philosophique et littéraire…

    10. Martine Mounier,

      « Vous contestez que l’économie puisse être un levier… » : non. C’est un levier. Êtes-vous certaine qu’en le manipulant vous ne risquez pas de ne rien changer sur le fond, ou de me broyer ?

      La suite, j’avoue ne pas être certain d’avoir tout bien compris. Mais je pense que vous non plus, concernant mon message j’entends ! Notamment sur un point-clé que vous laissez de côté : « nos sociétés seraient bien embêtées si elles réalisaient que la principale valeur de leur production était [est] de leur garantir une activité. »

      Musique !

    11. @ Pierre Sarton

      Voilà l’illustration parfaite de ce que je disais plus haut: « on peut faire dire aux mots tout ce qu’on veut… » Et surtout le contraire de la réalité, comme votre conclusion le montre – et avant vous les idéologies, théologies et autres châteaux de cartes verbales dont le cerveau humain est si friand. Je disais aussi plus haut: « et détestant perdre mon temps à couper les cheveux en quatre, je préfère constater que discuter. » Et je constate que vous ne répondez pas à mes questions (surtout à celle de pourquoi P.Jorion – qui poursuit les mêmes objectifs que vous, « décoder » la crise – écrit si clairement). Je constate aussi que vous traduisez mal ce que je dis. Pour moi le langage est un instrument très insuffisant pour décrire la réalité autant extérieure qu’intérieure de l’être humain; et ça vous le traduisez par: « Nous n’aurions accès à rien d’autre que ce que nous disons actuellement. » Je vous dis: nos voitures ne pourront jamais rouler à 2 000 kms/h et vous me répondez: donc, on ne pourra pas fabriquer des voitures de 8 portes, ou avec de nouvelles couleurs, ou avec des formes inédites.

      Vous pouvez dire avec notre langage des choses nouvelles, si vous en êtes capable (moi je crois que tout a été déjà dit mille fois depuis plus de 6 000 ans – lisez les Anciens, mais pas que les grecs ou les latins: les babyloniens, les égyptiens, les chinois et les hindous aussi – et vous verrez…), vous pouvez faire de nouvelles variations sur des vieux thèmes, mais vous ne pourrez jamais décrire la totalité de la Réalité avec lui. Il faut être vraiment naïf pour croire qu’avec 5 sens et 1,5 kg de cerveau vous pouvez tout comprendre.

      Je constate aussi que votre traduction de mon « pour moi tout langage obscur démontre les carences de son auteur, la confusion de sa pensée, son manque de lucidité » en « votre position est on ne peut plus claire: tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes économique, politique, philosophique et littéraire » est très étonnante. Passer du problème de la forme à celui du fond aussi vite relève de la magie – sauf que là le tour vous le faites trop lentement et il devient trop visible. Relisez « Candide » et vous verrez le style « transparent » avec lequel Voltaire écrit (et si mes souvenirs sont bons, sans parler du manque de lucidité des gens qui écrivent avec un style obscur).

      En conclusion: si vous croyez qu’en changeant de style, en devenant tarabiscoté, obscur, incompréhensible pour 99 % des lecteurs on peut mieux comprendre le monde et contribuer à le changer, comme vous avez l’air de le croire (ce qui est très français, pour ne pas dire très parisien), il faudra m’expliquer pourquoi alors un Heidegger, par exemple, le dernier grand jongleur de mots, a si mal compris la réalité dans laquelle il a vécut (il a parlé de « la grandeur du national-socialisme » et était un grand admirateur d’un personnage aussi sinistrement grotesque que Goering) et en quoi son verbiage (ce « nouveau dialecte de l’allemand », comme disait Borges) a changé notre monde.

      Pour finir, quelques citations à méditer:

      Stupide époque! Le latin des clercs s’est reformé. Tous les théoriciens sont rapprochés par leur doctrine de classe, celle dont ils n’ont pas pris conscience. Ils parlent un langage clos.
      (Joe Bousquet. Notes d’inconnaissance)

      Kant […] il est l’homme qui a ruiné le langage philosophique […]. Après Hegel, les philosophes allemands qui lui ont succédé, puis les philosophes français d’après la Seconde Guerre mondiale, ont abandonné le langage ordinaire et ont écrit comme on le ferait sous l’eau, de façon obscure.
      (Isaiah Berlin. En toutes libertés)

      Notre monde succombe à la séduction des fausses complexités. Ça vous pose un chercheur, ça lui donne l’air scientifique.
      (René Girard. Quand ces choses commenceront… )

    12. Pablo75,

      Notez que PSDJ dit des choses intéressantes ! Un exemple :

      Si seules les quantités comptent en elles-mêmes, alors les hommes sont obligés de se détruire pour continuer l’accumulation des quantités au-dessus de ce qu’ils ont déjà nominalement produit par eux-mêmes.

      Comment expliquez-vous que l’on se concentre systématiquement sur des histoires de spécialistes qui ont pour principal (seul ?) avantage de permettre à la discussion de se poursuivre (sans fin ?) ?

      L’abus est dangereux. En particulier celui de l’usage de la raison.

      Pierre Sarton du Jonchay,

      Vous n’avez pas répondu à mon précédent message…J’essaie autrement !

      Seules les quantités comptent. Seule l’assurance que tous soient occupés – et ne lèvent donc pas la tête – a du sens pour la société, par définition. Ainsi, le système actuel est-il la meilleure évolution possible : la société de consommation, la financiarisation, la monnaie qui ne fait plus sens, les ponctions « inutiles » (j’en ai déjà parlé et suis prêt à recommencer), etc., tout va dans le même sens ! Quel succès : le monde entier s’active et produit de la quantité.

      J’aimerais vraiment une réponse : pourquoi ne pas s’asseoir sur ce postulat ?

      Merci.

    13. Fab,

      Vous n’avez pas répondu à l’objection que vous fait Martine Mounier.
      C’est pourtant un point fondamental.

      Vous n’avez de cesse de vilipender toute approche qui consiste à penser le système et à agir sur lui, pour le transformer, voire le remplacer compte tenu de la connaissance que nous en avons.

      Le « mal » pour vous c »est l’activité à laquelle nous serions condamnés au sein du système.
      Mais si le système mue, l’activité demeure-t-elle identique ? Il me semble pourtant que c’est bien de cela dont il s’agit ici. De transformer le système pour que les activités des humains deviennent autres qu’elles ne sont aujourd’hui parce que le milieu dans lequel ces activités aura changé.

    14. Pierre-Yves,

      Martine m’a demandé si je comprenais et je lui ai répondu, en espérant un éclaircissement de sa part.

      transformer le système pour que les activités des humains deviennent autres qu’elles ne sont aujourd’hui parce que le milieu dans lequel ces activités aura changé.

      La compréhension du système est simple, mais elle ne le paraît pas pour deux raisons. La première est que nous préférons, par facilité et par sentiment de sécurité, une société « à la Platon »une minorité éclaire les autres. La deuxième raison, qui ne pourrait exister dans une société « à la Aristote », vient de l’influence des spécialistes qui après avoir complexifié leur (pseudo) science se débattent comme de beaux diables pour détricoter leur belle oeuvre afin de pouvoir émettre un discours audible du plus grand nombre, discours que par ailleurs la majorité connaît de manière intuitive et basique (non complexifiée) depuis l’an pèbre !

      La forme du blog est plus importante que le fond. Son contenu a pour avantage premier de faire prendre conscience au plus grand nombre que la compréhension est non seulement possible mais surtout autorisée. Le pas suivant est la prise de conscience que la compréhension est avant tout salutaire. Or si des remèdes étaient choisis par les dirigeants, ils traiteraient un mal et pas le malade. Ce serait la continuité de l’éclairage « à la Platon », et le confort et la sécurité dont je parlais ci-avant reprendraient le dessus, l’histoire nous en ayant à maintes reprises donné la preuve : l’esclavage est devenu servage puis salariat, les guerres chaudes sont devenues froides puis terrorisme, la Pachamama est devenue un libre-service-poubelle, le règne animal est devenu viande…bref, la société n’a cessé d’être sous le signe de Platon malgré tous les efforts « médicamenteux » !

      Pourquoi alors ne « m »‘accorderiez-« vous » pas le bénéfice du doute ? Ne serait-ce que pour éventuellement « vous » sentir déchargé de toute responsabilité au cas où « votre » méthode ne soignerait finalement que le mal..? Pourquoi s’acharner à mettre tous ses oeufs dans le même panier ?

      L’étape suivante serait alors de nous mettre face à notre responsabilité : pourquoi travaillons-nous pourrait être (vite !) une question à diffuser, une réflexion à initier.

      Si vous ne le faites pas pour moi, faites-le au moins pour les chinois, qui eux n’ont pas la même liberté d’expression et qui de par leur nombre et la puissance qu’ils représentent risquent d’obliger de fait le reste du monde à poursuivre ce jeu aveugle, et aveuglant.

      Musique !

    15. @ Fab

      La vie est activité. La vie, c’est l’activité par excellence. Penser, réfléchir, grandir, agir, chanter, boire de l’eau fraiche l’été, tendre ses muscles, ouvrir la paume de ses mains, rêver la nuit, s’étirer le matin, danser, sourire, écouter, pleurer, parler, aimer, sont des activités. C’est en rendant l’activité à l’activité, la vie à la vie, que nous rendrons ce monde plus vivant, plus intéressant, plus joyeux. Nul ne sait ce qu’est le travail. Vous pas davantage que moi. Nous sommes perdus dans des définitions stériles et fatigantes qui ne sont que des formes d’injonctions spécifiques à souscrire à la perversion du monde. Etre pour ou contre quelque chose en s’accordant sur une définition viciée de la chose ne me semble pas la façon la plus subversive pour parvenir à sortir de ces agrégats (divertissement, pouvoir, compétition) que l’on substitue au travail. Le mal n’est pas le mal, il n’est que vide : c’est sur ce point très fondamental que nous divergeons.

    16. Martine,

      Vous n’allez pas vous aussi vous la jouer à la jd’oùvoussavez en jouant sur les mots ! Manquerait plus que vous me positionniez comme opposant de l’accouchement ! Vous êtes semble-t-il d’accord avec PJ&Co quand ils parlent du trio capitalistes-patrons-salariés, non ? Bon, pour simplifier si vous le voulez bien, nous allons nous limiter aux salariés, au salariat.

      Le mal n’est pas le mal, il n’est que vide

      Je ne comprends pas ! A moins qu’en luttant contre les dérives de la finance vous ne luttiez contre le bien…et donc pour le mal…à moins que vous ne luttiez contre du vide…ou pour combler un vide ??? Non, sérieusement je ne comprends pas le sens de votre message, surtout que je suis persuadé que nos points de vue sont proches : vous focalisez votre attention sur un seul point précis en espérant que « ça suffira », et je vous propose simplement d’élargir votre vision des fois que « ça ne suffise pas ».

      Faites le test, c’est édifiant : imaginez un monde où les rappels de ce qu’est la vie seraient fréquents dès le plus jeune âge, où chacun aurait conscience que la vie c’est « Penser, réfléchir, grandir, agir, chanter, boire de l’eau fraiche l’été, tendre ses muscles, ouvrir la paume de ses mains, rêver la nuit, s’étirer le matin, danser, sourire, écouter, pleurer, parler, aimer », etc., etc.

      Et celui-là aussi de test : cherchez un cas de l’histoire de l’humanité où une lutte contre une « minorité » (les guillemets c’est pour les capitalistes…), une réforme de l’économie ou que sais-je encore ait apporté ou permis qu’une telle prise de conscience se fasse.

    17. @ Fab

      Produire et consommer sont neutres, nous en avons perverti l’usage et le sens. Voilà ma théorie.
      Vous ne pouvez prouver que j’ai tort parce que le nouveau sens n’existe pas encore, pas plus que je ne peux prouver que j’ai raison. Nous sommes théorie contre théorie, cela s’appelle un débat.

    18. Fab,

      Vous n’entendez toujours pas que je m’oppose à votre discours parce qu’en refusant comme vous le faites d’appréhender la technique comme une et indivisible de l’homme, vous entériner, même à contrario, la science comme théologie qui s’ignore. Or la science et l’économie ne sont pas des techniques. Il n’y a pas la technique d’un côté et de l’autre le sens. La technique c’est nous.

      C’est à cette objection de Martine que vous n’avez pas répondu. Vous avez répondu sur l’effet de levier, mais pas sur le rapport entre l’humain et la technique.

      L’humain est perfectible. Contrairement aux autres animaux, l’humain, du fait de sa faiblesse physique, est vulnérable, il a dû compenser cette faiblesse congénitale par la culture technique qui a projeté l’humanité dans l’histoire. D’aucuns affirmeront que la technique a pris une telle importance que son développement est devenue l’unique finalité du système. Il est un fait que développement du capitalisme et développement technique forment aujourd’hui un système intégré. La quasi totalité des produits industriels répondent d’abord à des impératifs marketing.

      J’ajouterais au propos de Martine, pour le nuancer, que si l’économie en tant que réflexion n’est pas une technique, l’économie en tant que réalité objective et matérielle, comporte des aspects techniques. Ou plutôt est le produit de nombreuses techniques. Le système économique capitaliste actuel sans ses règles, ses normes comptables donnant lieu à des évaluations, sans son système informatique, ne fonctionnerait plus. Il me semble que Martine évoquait l’économie comme réflexion sur l’économie.

  13. salut !

    De passage chez tomate, nous avons échangé sur de nombreux sujets, depuis la veille .
    Je découvre le site , mais tomate et ceux présent chez lui, ont suscité ma curiosité.

    2 Questions à l’attention de l’auteur du blog :

    êtes – vous de nationalité belge ? Uniquement ?

    Si oui, mesurez les conséquences que pourrait avoir la décision d’effectuer les démarches pour obtenir la double nationalité franco-belge…
    Vous n’en auriez, à mon avis, que plus de poids vis à vis de certains mouvements ..
    une meilleure écoute,
    une meilleure considération, également.

    Au plaisir de vous lire… mon pseudo sera décoction. Courage !

    1. tomate ou decoction,
      Je suis belge et Paul Jorion l’est aussi.
      Il en fait un peu le secret. Il doit avoir ses raisons. Déconnecté de nos problèmes locaux.
      Je suis resté en Belgique. Lui a passé sa vie un peu partout.

  14. Vous avez un peu rapidement dédouané les banques concernant le foreclosure gate.
    N’est pas elles qui ont mis en place le MERS ….

  15. http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3010

    « ….Jacques Sapir réclame la mise en oeuvre d’une « nouvelle politique économique et sociale en mesure de sortir la France de son marasme », consistant en une « autre politique fiscale, » accompagnée par un contrôle des mouvements de capitaux, la réalisation de grands travaux d’infrastructure et de rénovation du tissu urbain, financés d’une part grâce à l’instauration d’un droit de douane, la « taxe sociale et écologique aux frontières »,
    et d’autre part par un concours de la Banque de France, qui devrait dans les circonstances dramatiques et exceptionnelles actuelles retrouver l’autonomie et les marges de manœuvres abandonnées par les traités. « Il n’est pas d’autre choix possible que d’avancer, pour un temps, seul. Mais, l’ébranlement que provoqueraient des actions unilatérales de la France aurait comme effet immédiat d’ouvrir un immense débat en Europe. Si nous aurons à prendre nos premières décisions seuls, gageons que nous ne le resterons pas longtemps, » affirme-t-il. »

    Je partage cette vision des choses.

    1. Oui, c’est pragmatique et de nature à débloquer la pensée par l’action et la dynamique des faits. On devine que cela provoquerait un débat complet sur une politique européenne qui ne soit pas seulement réglementaire mais sociale, économique et budgétaire. Nous sortirions du simple énoncé de principes et d’objectifs abstraits pour construire une action commune financée par des engagements mesurés en monnaie, en budget, en crédits et en solidarité entre un ensemble visible de nations délibérément engagées dans la même entreprise. Les conditions concrètes de la stabilité monétaire, financière, budgétaire et économique seraient mises en discussion sous peine de divorce par absence d’un contrat de mariage qui finance réellement la vie commune.

  16. Bonjour à tous,
    Je vis en Grèce depuis 2006.
    En mars 2010 nous nous inquiétions beaucoup Mayrite et moi pour nos maigres économies, qui étaient dans les banques grecques, et nous avons retiré notre argent de nos comptes. Nous avons dû nous y prendre à plusieurs reprises. Evidemment nous ne pouvions pas les enlever d’un seul coup, mais nous l’avons fait, et de notre propre initiative.

    Ce que Cantona dit, des Grecs l’ont pensé avant lui. Nous avons reçu un mail avec un rendez-vous (le 1er juillet 2010) pour retirer notre argent des banques et créer une révolution, retirer tous en même temps toutes nos économies des banques. Mais ce mouvement n’a pas été suivi, et pourquoi pensez-vous ?

    Alors que les grecs riches et fortunés l’avaient fait depuis bien longtemps, évidemment, et le montant se montait à plusieurs milliards…

    Nous serions toujours un peu idiots? Nous serions bavards, oui, et beaucoup, et on ne fait rien.

    La question ? Que représentent en pourcentage les économies des classes moyennes dans les banques par rapport aux riches ?
    Même en retirant nos économies, quel pouvoir représentons-nous ?

    Je travaillais quelquefois dans l’évènementiel à Paris, avec Pouplixis par exemple…. Et nous faisions les assemblées des actionnaires, au Louvre par exemple, toujours dans des lieux prestigieux, pour des grandes entreprises du luxe. Quel dégoût de voir les petits actionnaires se jeter sur les buffets, comme à l’entrée d’un concert rock, même avant le vote, puisqu’ils savaient que leur suffrage ne changerait rien à la donne. J’en étais écœuré de voir ces gens, et après qu’on s’étonne qu’une révolution n’est pas possible, en voyant ces charognards se jeter sur le champagne et les canapés.
    Leur pelote de laine investie dans des actions ne leur rapportant pas grand chose, ils se ruaient sur la bouffe !!!!!!!
    Peut-on compter sur ces gens pour un changement.

    Cet été, j’ai lu Aris Fakinos, sa trilogie « La citadelle de la mémoire », « Le maître d’œuvre » et « la vie volée » et aussi « Z » de Vassilikos et croyez-moi il faut en avoir …. des convictions, un idéal pour se révolter. Tout en lisant ces romans, j’essayais de comprendre ce qu’il arrivait à la Grèce, en abordant son histoire.

    Quelle souffrance dans ce pays et quels personnages à l’indépendance contre les turcs, Athanassios Diakos qui a été brulé vivant transpercé par une broche, Theodoros Kolokotronis, le général de la révolution, qui a été emprisonné par les κοτζαμπάσηδες (propriétaires fonciers, collaborateurs grecs, récoltant les taxes pour les turcs) dans la forteresse de la Nauplie, pour trahison !!! Jusqu’à Lambrakis le médecin et athlète qui a fait le marathon de la paix et a été cruellement assassiné en 1963 parce qu’il a rêvé d’une Grèce différente.

    Quand nous fêtions notre libération France, en 1965, 20 ans, nos héros de la résistance etc.…
    Les collabos en Grèce, étaient au pouvoir et les résistants en prison, eh oui vous me direz, beaucoup de communistes dans les geôles.

    Et l’Angleterre, les Etats-Unis, les Russes, enfin quoi la conférence de

    Yalta …

    Quelle honte !!!!!!

    Parlons de L’Europe, parlons de l’Europe !!!!

    Comment construire en oubliant l’histoire, en pensant économique, économique !!!!

    Il n’y a qu’à imaginer l’histoire à une autre échelle, quand il y a un héritage dans une famille et le partage des biens, c’est bien souvent exécrable, et alors au niveau de l’Europe voir du Monde…

    Vive l’humanité !!!

    Cet été en Grèce, j’ai entendu dans les campagnes qu’un mouvement viendrait de la France, qu’ils espéraient ça, mais l’histoire ne se répète pas toujours, malheureusement.

    Aussi, j’ai entendu, il faut se révolter, mais plus de sang, nous avons assez souffert… Il faut le faire autrement….

    Comment ?

    1. Ivan Illich
      A l’intérieur de la crise

      Les forces qui tendent à limiter la production sont déjà en travail à l’intérieur du corps social. Une recherche publique et radicale peut aider de façon significative ces hommes et ces femmes à gagner en cohésion et en lucidité dans leur condamnation d’une croissance qu’il juge destructrice. Gageons que leur voix se feront mieux entendre quand la crise de la société surproductive s’aggravera. Ils ne forment nul parti, mais ce sont les porte-parole d’une majorité dont chacun est membre en puissance. Plus inattendue sera la crise, plus soudainement leurs appels à l’austérité joyeuse et équilibrée deviendront un programme de llimitations rationnelles. Pour être à même de contrôler la situation le moment venu, ces minorités doivent saisir la nature profonde de la crise et savoir la formuler dans un langage qui porte: affirmer ce qu’elles veulent, ce qu’elles peuvent, ce dont elles n’ont aucun besoin. Dès maintenant, ces gens peuvent identifier ce à quoi renoncer. LA REPRISE DU LANGAGE QUOTIDIEN EST LE PREMIER PIVOT DE CETTE INVERSION POLITIQUE…. p. 151

      […]

      Il faudra des groupes capables d’analyser avec cohérence la catastrophe et de l’exprimer EN LANGAGE ORDINAIRE. Ils devront savoir plaider la cause d’une société qui se donne des bornes, et le faire EN TERMES CONCRETS, COMPRÉHENSIBLES PAR TOUS, désirables en général et immédiatement applicables. p. 152

      […]

      Mais la crise dont je décris la venue prochaine n’est pas intérieure à la société industrielle, elle concerne le mode industriel de production en lui-même. Cette crise oblige l’homme à choisir entre les outils conviviaux et l’écrasement par la méga-machine, entre la croissance indéfinie et l’acceptation des bornes multidimensionnelles. La seule réponse possible consiste à reconnaiître sa profondeur et à accepter le seul principe de solution qui s’offre: établir, par accord politique, UNE AUTOLIMITATION. p. 153

      […]

      A la vérité, la formation d’une élite organisée, chantant l’orthodoxie de l’anticroissance, est concevable. p. 154

      […]

      Cela revient à renoncer à cette illusion qui substitue au souci du prochain, c’est-à-dire du plus proche, l’insupportable prétention d’organiser la vie aux antipodes. Cela revient à renoncer au pouvoir, pour le service des autres comme de soi. La survie de l’équité ne sera ni le fait d’un oukase des bureaucrates ni l’effet d’un calcul des technocrates. Elle est le résultat du réalisme des humbles. La convivialité n’a pa de prix, mais on sait trop bien ce qu’il en coûtera de se déprendre du modèle actuel. L’homme retrouvera la joie de la sobriété et de l’austérité en réapprenant à dépendre de l’autre, au lieu de se faire l’esclave de l’énergie et de la bureaucratie toute-puissante. p.33

      […]

      Une société où chacun saurait ce qui est assez serait peut-être une société pauvre, elle serait sûrement riche de surprises et libre. p. 35

      La convivialité. 1973

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