SOINS PALLIATIFS POUR UNE EUROPE EN FIN DE VIE, par François Leclerc

Billet invité.

La discipline fait la force des armées. C’est tout le sens des toutes nouvelles recommandations du Conseil des experts économiques allemands, qui bénéficient du statut de « sages », c’est-à-dire au-dessus de la mêlée. D’où l’importance de leur conclusion : un pays – « non coopératif en permanence » et incapable de faire face à ses dettes – doit quitter l’euro en dernier ressort. Nous n’en sommes plus à la suspension de quelques années proposée à la Grèce par Wolfgang Schäuble.

Continuer la lecture de SOINS PALLIATIFS POUR UNE EUROPE EN FIN DE VIE, par François Leclerc

Partager

ILS BOUGENT QUAND ILS NE PEUVENT PLUS FAIRE AUTREMENT, par François Leclerc

Billet invité.

Quelle surprise ! le nez sur l’obstacle, les dirigeants européens paraissent abandonner leurs positions guerrières et chercher au dernier moment, comme toujours, à sortir du guêpier dans lequel ils se sont une fois de plus fourrés. En éclaireur, le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem admet publiquement que, victoire de Syriza ou pas, il est nécessaire de continuer à financièrement soutenir la Grèce, qui n’est pas en mesure de revenir sur le marché.

« Quel que soit le nouveau gouvernement, nous allons travailler avec lui » a-t-il annoncé, en précisant : « pour peu que ces derniers [les Grecs] s’en tiennent aux engagements pris (…) nous sommes prêts si nécessaire à faire plus ». Si elle se confirme, cette prise de position prélude à de futures négociations sur les nouvelles mesures d’austérité que la Troïka exigeait sans succès et pourrait permettre à Syriza, en cas de victoire, d’accomplir partiellement sa promesse de desserrer son étau. Car c’est cela le véritable enjeu, commencent à comprendre ceux qui craignent que cela se termine en révolte.

Continuer la lecture de ILS BOUGENT QUAND ILS NE PEUVENT PLUS FAIRE AUTREMENT, par François Leclerc

Partager

CELA NE SE JOUE PAS QUE DANS LES SALLES DE MARCHÉ… par François Leclerc

Billet invité

Tandis que la stratégie de la tension bat son plein afin d’éviter l’accession au pouvoir de Syriza en Grèce, la Belgique est aujourd’hui entièrement paralysée par un mouvement de grève qualifié d’historique en raison de son ampleur. Une manifestation de 120.000 personnes avait eu lieu à Bruxelles le 6 novembre dernier, dans le contexte de l’arrivée au pouvoir d’une coalition intégrant la N-VA nationaliste flamande. L’Italie avait précédemment connu un important mouvement national vendredi dernier. Les deux grandes confédérations syndicales italiennes avaient organisé une grève de huit heures – la première depuis l’arrivée au pouvoir de Matteo Renzi – et les cortèges ont connu une grande affluence dans une cinquantaine de villes, dans le but de s’opposer à la réforme du marché du travail destinée à faciliter les licenciements et de dénoncer le projet de budget 2015. Sur un autre registre, le rouble poursuit sa descente aux enfers en Russie et a perdu depuis le début de l’année 40 % de sa valeur face à l’euro, et 45 % face au dollar, alors que 108,5 milliard de roubles de prêts en devises étrangères y sont dénombrés.

Continuer la lecture de CELA NE SE JOUE PAS QUE DANS LES SALLES DE MARCHÉ… par François Leclerc

Partager

MIRACLE, ILS CHANGENT L’OR EN PLOMB ! par François Leclerc

Billet invité.

Il est arrivé à la BCE ce que la Commission de Bruxelles venait de subir : à peine un mirifique projet est-il énoncé qu’il est sans plus tarder démonté et considéré comme ne pouvant atteindre ses objectifs. Et il est proposé que la BCE achète les tranches les plus risquées des CDO du plan d’investissement Juncker, au prétexte qu’elles seront garanties par la Commission. Dans cette histoire, qui est l’aveugle, qui est le paralytique ?

La BCE est désormais suspectée de préparer un assouplissement quantitatif de gagne-petit, additionnant la portée présumée de ses différents programmes, dont celui-ci quand il sera décidé, pour aboutir à l’augmentation annoncée de 1.000 milliards d’euros de la taille de son bilan. Mais des calculs sur un coin de nappe d’analystes réputés, comme ceux de l’institut Bruegel, aboutissent à des estimations du double si l’on veut que la création monétaire en question remplisse son office présumé. Parallèlement, il est tenu pour acquis que la BCE organisera ses achats au prorata de la participation des banques centrales nationales à son capital, afin d’éviter toute accusation de financement de la dette publique d’un pays en particulier.

Continuer la lecture de MIRACLE, ILS CHANGENT L’OR EN PLOMB ! par François Leclerc

Partager

TOUT LEUR RÉUSSIT, ENCORE UNE FOIS BRAVO ! par François Leclerc

Billet invité

« Retenez-moi, sinon je fais un malheur ! ». Tel est en substance le message que la nouvelle Commission européenne vient d’adresser faute d’inspiration aux mauvais élèves que sont l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, la France, l’Italie, Malte et le Portugal. Quelques mois leur sont accordés, le temps de trouver une autre manière de gagner du temps. Des engagements ont été pris pour redresser la barre, mais ceux du gouvernement français restent confidentiels, comme s’ils n’étaient pas assumés ou non destinés à être plus tard vérifiés, sans doute les deux à la fois.

Pour saluer cette difficile et courageuse décision, le Commissaire Pierre Moscovici a su trouver les mots qu’il faut, qualifiant cette temporisation de « politiquement et économiquement justifiée » tout en faisant valoir que « la Commission est là pour faire appliquer les règles, avec flexibilité mais sans créativité excessive ». Pourquoi d’ailleurs se précipiter ? L’inflation est encore à 0,3 % en zone Euro, selon les derniers chiffres d’Eurostat, le rythme de sa décélération ne s’aggravant pas, peut-on faire remarquer aux Cassandre, celui de l’inflation sous-jacente étant stabilisée pour l’instant.

Continuer la lecture de TOUT LEUR RÉUSSIT, ENCORE UNE FOIS BRAVO ! par François Leclerc

Partager

TENTATIVE D’ÉPUISEMENT DE L’ACTUALITÉ, par François Leclerc

Billet invité.

Les jours se suivent… toujours aussi tumultueux !

A noter aujourd’hui que l’Allemagne a échappé à la récession technique (deux trimestres consécutifs de PIB négatif), provisoirement créditée d’une croissance de 0,1% au grand soulagement de tous, comme si ce 0,1% changeait quelque chose. L’Italie a pour sa part connu à la fin septembre son treizième trimestre consécutif sans croissance, période où la moyenne de celle des pays de la zone euro a été de 0,2%. Après celle de la Chine et du Brésil, la croissance russe continue de plonger, pour ne pas parler du rouble qui a perdu le quart de sa valeur et de la fuite de Russie des capitaux qui s’amplifie. Les BRICS ne prennent pas le relais de pays occidentaux qui tendent le témoin dans le vide. C’est le moment choisi par Jacob Lew, le secrétaire d’État au Trésor américain, pour déclarer encourageant « le monde ne peut pas se permettre une décennie perdue en Europe ».

A la cuisine, cela ne tourne pas rond. Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, admet que dans des « circonstances extrêmes » la BCE pourrait acheter de la dette publique. William Dudley, le président de la Fed de New York, prévient que la hausse des taux de la Fed pourrait susciter « un ou deux soubresauts sur les marchés », mais Larry Fink, le Pdg de BlackRock (la plus importante société d’investissement) va plus loin et alerte à propos de la crise à venir en raison de la « crise de liquidités » actuelle, (la liquidité permet d’exécuter une transaction sans impact significatif sur le marché).

Continuer la lecture de TENTATIVE D’ÉPUISEMENT DE L’ACTUALITÉ, par François Leclerc

Partager

UN PAS EN ARRIÈRE, DES PAS EN AVANT, par François Leclerc

Billet invité.

Le commissaire européen Jyrki Katainen a cru bon de préciser que la décision finale de la Commission relative aux budgets français et italien 2015 n’était pas prise, suite aux soupirs de soulagement qu’avaient laissé échapper ceux qui pensaient être tirés d’affaire. Des ajustements devront encore être négociés, mais il semble néanmoins que la décision politique d’absoudre les gouvernements français et italien a été prise par la Commission sortante, laissant à la suivante le soin d’en gérer les conséquences ! Clé de voute d’une stratégie qui ne peut être appliquée, le pacte fiscal en sort émoussé, premier encouragement à s’y opposer en attendant la suite.

Ce sont sans doute moins les capacités de persuasion des responsables de ces deux pays qui sont à l’origine de cette mansuétude, distillée par petites doses pour en atténuer la portée, que la dégradation de la situation européenne sur tous les terrains, économique, social et politique. Avec une mention particulière à la Grèce, l’Espagne et l’Italie. Un vent de révolte monte en effet dans ce dernier pays, que Matteo Renzi transpose en multipliant les incartades vis-à-vis de Bruxelles, et qui va se traduire par une grève générale. Comme en France, des protestations virent au drame en raison d’une violence policière qui n’est pas contenue, la dernière en date en face de l’ambassade d’Allemagne à Rome à la suite de licenciements dans une usine du groupe ThyssenKrupp.

Continuer la lecture de UN PAS EN ARRIÈRE, DES PAS EN AVANT, par François Leclerc

Partager

LA BCE A FAIT DE SON MIEUX, C’EST LÀ LE PROBLÈME ! par François Leclerc

Billet invité.

Quand la BCE fait de la politique sans le dire, cela donne les résultats dont nous avons pris connaissance hier. Malgré tous les efforts déployés, ils ne sont pas très impressionnants en raison du nombre réduit de 13 banques sur 130 examinées qui vont devoir se recapitaliser, une fois sorties du lot des 25 qui ont failli, les 12 qui ont recapitalisé en 2014 et sont donc le nez hors de l’eau. Cela aboutit à leur demander un effort très limité de moins de dix milliards d’euros. Et c’est aussi le cas des 48 milliards d’euros de surestimation par les banques de la valeur de leurs actifs détectés, qui apparaissent fort limités si l’on met en regard le volume de 22.000 milliards d’euros de total de bilan des banques analysées par la BCE.

Comment ne pas s’interroger à propos de la quasi-similitude des résultats de l’Autorité bancaire européenne (EBA), en charge des stress-tests, et de la BCE, qui a mené l’analyse des actifs bancaires (AQR) pour en mesurer le risque ? Pouvait-il en être autrement, des dissonances impliquant des justifications en entrant dans les détails ? Une telle confluence ne reflète-t-elle pas plutôt le besoin de s’épauler mutuellement, afin que chacun crédibilise le travail de l’autre ?

Continuer la lecture de LA BCE A FAIT DE SON MIEUX, C’EST LÀ LE PROBLÈME ! par François Leclerc

Partager

COMPTE À REBOURS DU SOMMET DES 23 ET 24 OCTOBRE, par François Leclerc

Billet invité.

Jour après jour, les nouvelles tombent et vont dans le même sens :, celui de la détérioration de la situation en Europe. Selon l’Office fédéral de statistiques, la production industrielle allemande enregistre une chute de 5,7% en août, et il est difficile de la résumer au contrecoup de la forte progression de juillet dernier afin de ne pas y voir un signe de faiblesse n’ayant rien de conjoncturel. La croissance s’était déjà contractée en Allemagne au second trimestre, va-t-il en être de même au troisième, ce qui signifierait techniquement une récession ? La baisse enregistrée est principalement à attribuer aux exportations, en premier lieu en-dehors de la zone euro (là où sont placés tous les espoirs), mais le ralentissement des exportations est général, au sein de la zone comme vers les pays de l’Est européen et les pays émergents. Le modèle du salut par l’exportation n’en sort pas confirmé.

Pour la zone euro, les prévisions d’inflation à cinq ans continuent de diminuer, tandis que celles à deux ans le font encore plus fortement. Elles s’établissent à 1,094% aujourd’hui, pour un objectif d’inflation de la BCE « proche de 2% », rappelons-le. L’Istat, l’institut italien de statistiques, ne décèle aucune amélioration à ce sujet à l’horizon qui est le sien. Il prévoit par ailleurs une progression du PIB de la zone euro de 0,2% aussi bien au 3ème que 4ème trimestre, et de 0,3% au premier trimestre de l’année prochaine (et il s’agit de moyennes !). Cette très faible croissance profiterait avant tout de l’effet d’entrainement des nouvelles liquidités déversées par la BCE, selon l’institut. Continuer la lecture de COMPTE À REBOURS DU SOMMET DES 23 ET 24 OCTOBRE, par François Leclerc

Partager

Europe : DEUX PÉTARDS DONT LES MÈCHES SONT ALLUMÉES POUR DE VRAI, par François Leclerc

Billet invité.

Nul besoin d’emphase pour prédire que la période à venir va être un peu mouvementée en Europe. Inutile également de fouiller en tous sens les grands dossiers qui restent désespérément ouverts et sans solution pour le montrer.

On en saura plus dès demain sur le programme d’achat d’Asset-backed securities (ABS) de la BCE, de plus en plus présenté comme sa dernière carte à jouer avant l’utilisation de l’arme atomique : un programme massif de création monétaire reposant sur l’achat de titres souverains. Il ne s’agit pas encore de cela, il s’en faut, mais cela coince déjà fortement entre la majorité des gouverneurs de la BCE d’un côté, et la Bundesbank dont le président est l’un d’entre eux ainsi que le gouvernement allemand de l’autre. Sans même éclairer tous les ténébreux recoins de cette tentative de l’avant-dernière chance, il est clair que les obstacles rencontrés par le président de la BCE sont nombreux et que ses chances de réussite ne le sont pas.

Continuer la lecture de Europe : DEUX PÉTARDS DONT LES MÈCHES SONT ALLUMÉES POUR DE VRAI, par François Leclerc

Partager

COMMENT RÉDUIRE CETTE DETTE POUR QU’ELLE CONTINUE A RENDRE SES SERVICES ? par François Leclerc

Billet invité.

Une étrange découverte vient d’intervenir au Japon : « il n’y a pas de plancher au rendement de la dette ! », se sont effarés les analystes, constatant que la Banque du Japon vient d’acheter des titres au rendement négatif, acceptant en conséquence de perdre de l’argent… C’est à ce prix que la banque centrale poursuit sa politique de création monétaire destinée à sortir vaille que vaille le pays de la déflation.

Les banques japonaises ne s’en plaignent pas, qui en profitent pour acheter sur le marché des titres à rendements positifs pour les revendre assortis de rendements négatifs à la Banque du Japon. L’État non plus, qui finance grâce à cette dernière son énorme déficit budgétaire, son budget atteignant le double de ses recettes fiscales. La banque centrale japonaise roule une dette publique en rapide progression, l’État devenant de plus en plus vulnérable à une éventuelle hausse des taux. Celle-ci risque d’intervenir lorsqu’il faudra se rendre sur le marché international, dès que la Banque du Japon, les banques privées et les fonds de pension ne la financeront plus dans son intégralité. L’incidence de l’évolution des taux de la Fed, promis à être relevés à une date faisant l’objet de toutes les interrogations, en donnera le signal. A moins que la Fed ne s’y résolve pas, condamnée alors à poursuivre sa mission d’assistance, qui deviendrait une composante structurelle du fonctionnement du capitalisme, l’expression achevée de sa fuite en avant…
Continuer la lecture de COMMENT RÉDUIRE CETTE DETTE POUR QU’ELLE CONTINUE A RENDRE SES SERVICES ? par François Leclerc

Partager

ALLEMANDS, FRANÇAIS ET ITALIENS FILENT UN MAUVAIS COTON, par François Leclerc

Billet invité.

Exit la Grèce, le Portugal, l’Irlande et l’Espagne, abonnés de la rubrique des désastres et des plans de sauvetage improvisés et relégués en fond de scène, les grands de l’Europe préparent leur entrée sur le plateau et ce ne sera pas sous les acclamations !

L’Allemagne n’est plus le havre de prospérité qu’elle était, chargée d’entraîner derrière elle la zone euro, et pourrait connaître une contraction de son PIB, avant même que ne se fassent pleinement sentir les effets de la crise ukrainienne qui vont particulièrement la toucher. La production industrielle, dont les chiffres restent le premier indicateur de la santé du pays, a diminuée et n’a connu depuis qu’un faible rebond. Les exportations restent de loin le principal moteur de la croissance, exprimant la fragilité de son économie dans une zone euro connaissant une forte poussée déflationniste, en l’absence de relais dans les pays émergés.

Continuer la lecture de ALLEMANDS, FRANÇAIS ET ITALIENS FILENT UN MAUVAIS COTON, par François Leclerc

Partager

ROUTINE D’UNE JOURNÉE DE LA DÉCENNIE PERDUE ANNONCÉE, par François Leclerc

Billet invité

La journée a commencé par l’annonce officielle et largement anticipée des mesures prises à l’encontre de BNP Paribas, agrémentée d’interrogations sur le sort qu’allaient pouvoir connaître les autres banques européennes soupçonnées du même viol d’embargo : Crédit Agricole, Société Générale, Commerzbank et Unicredit. Consolation, les Français ne seraient pas seuls à être visés par les Américains !

Alimentant une chronique bancaire jamais en défaut de matière, la journée s’est poursuivie par la chute en bourse de la banque portugaise Espírito Santo (L’Esprit Saint) ainsi que de sa holding sise au Luxembourg, toutes deux longtemps présentées comme saines grâce à d’obscurs tripatouillages comptables. En attendant la suite.

Côté croissance, ce n’est toujours pas le grand beau. Notamment en Italie où le gouvernement Renzi court après le financement des mesures qu’il a annoncées. Selon Istat, le PIB qui avait enregistré une chute de 1,9 % l’année dernière ne devrait pas progresser de plus de 0,3 % cette année, s’il sort toutefois du négatif. Les prévisions gouvernementales s’appuient sur 0,8 %, et ce résultat à la baisse ne sera pas sans effets sur les rentrées fiscales, s’il se confirme. Les prévisions d’inflation de l’institut sont également à la baisse, estimées sur l’année à 0,3 %. Combien de sommets européens faudra-t-il tenir pour mettre l’Italie sur le chemin de la rédemption ?

Continuer la lecture de ROUTINE D’UNE JOURNÉE DE LA DÉCENNIE PERDUE ANNONCÉE, par François Leclerc

Partager

Lisez l’entretien accordé par Matteo Renzi à des journaux européens

Lisez l’entretien accordé par Matteo Renzi à des journaux européens. Vous le trouverez ici.

Ignorez le fait que les correcteurs du Monde font apparemment le pont. Ignorez l’agressivité très peu professionnelle dont font preuve les journalistes qui l’interrogent. Notez la manière dont il commence par reconstruire chacune des questions qu’on lui pose pour en faire une question intelligente à laquelle il peut ensuite répondre.

Il y a là une confirmation de plus que les partis politiques ne jouent plus aucun rôle en Europe aujourd’hui : les électeurs vont à la recherche de personnalités ayant quelque chose à dire, lesquelles, parce qu’elles sont très rares, peuvent apparaître un peu n’importe où sur l’échiquier politique traditionnel.

Dans certains pays européens les électeurs ont la chance que la personnalité qui émerge ainsi ait une vision de l’avenir, dans d’autres, malheureusement, ils sont beaucoup moins chanceux.

Partager

Chronique bancaire : ACCOMMODEMENTS AVEC LE CIEL, par François Leclerc

Billet invité.

L’actualité ne désemplit pas des nouvelles de malversations bancaires. Hier, le Crédit Suisse reconnaissait sa culpabilité auprès des autorités américaines et était condamné à verser 2,6 milliards de dollars d’amende, une grande première dont l’exemple pourrait être prochainement suivi par BNP Paribas, qui pourrait être en sus condamné à une colossale amende de l’ordre de 5 milliards de dollars… Ce matin, on apprenait que le Crédit Agricole, HSBC et JP Morgan étaient traînées par les autorités européennes sur le même banc d’infamie que Barclays, Deutsche Bank, Royal Bank of Scotland et la Société Générale à propos de leurs manipulations présumées du Libor (ces quatre dernières banques ayant été déjà condamnées à des amendes).

On était par la suite informé de découvertes qualifiées de « préoccupantes » par le Bafin, l’autorité allemand des marchés financiers, à propos de manipulations intervenant cette fois-ci sur le marché des changes. Afin d’en avoir une vision complète, l’enquête se poursuivra au-delà de la fin de cette année, était-il précisé, laissant entendre qu’il y avait de quoi faire. En attendant, après la Deutsche Bank, c’était aujourd’hui au tour de la seconde banque allemande, Commerzbank, de suspendre des traders selon un rituel bien installé. Pour mémoire, la Banque d’Angleterre a procédé de même début mars. Il n’est pas conseillé d’être lampiste, ces temps-ci. Devant un tel spectacle, il est réconfortant quand des règles sont respectées dans ce monde sans foi ni loi de la finance. Et que des dirigeants montrent l’exemple en prenant des mesures afin de faire respecter par les banques de leur pays les ratios de fonds propres de la réglementation Bâle III.

Continuer la lecture de Chronique bancaire : ACCOMMODEMENTS AVEC LE CIEL, par François Leclerc

Partager

Europe : CONFUSION BANCAIRE ET DÉSINFLATION FONT BON MÉNAGE, par François Leclerc

Billet invité

Après l’Irlande et l’Espagne, le tour de l’Italie serait venu. La banque Intesa Sanpaolo envisagerait à son tour de créer une bad bank, soutenue d’une manière ou d’une autre par l’État, afin de réduire son bilan en en sortant un paquet de 55 milliards d’euros actifs douteux. Parallèlement, des discussions à propos de la recapitalisation de la banque sont engagées, ainsi que la vente de participations minoritaires.

Les préparatifs s’intensifient en vue d’affronter les tests de résistance des banques de mai prochain par l’Autorité bancaire européenne (EBA) – qui concernent les 28 pays de l’Union européenne – et ceux de la BCE au sein de la zone euro de mars prochain. Si Unicredit et Intesa Sanpaolo, les deux principales banques italiennes, peuvent présenter des ratios avantageux et sont présentées comme bien capitalisées, la situation du reste du système bancaire italien est moins claire. Selon l’association italienne des banques, le montant des « prêts non performants » atteindrait en novembre dernier un montant total de 150 milliards d’euros, en rapide progression. La comparaison avec le système bancaire espagnol s’impose, au sein duquel les deux plus grandes banques, Santander et BBVA, tirent leur épingle du jeu en raison de leurs activités à l’international, plus particulièrement en Amérique latine.

Continuer la lecture de Europe : CONFUSION BANCAIRE ET DÉSINFLATION FONT BON MÉNAGE, par François Leclerc

Partager

L’actualité de demain : DES CRISES POLITIQUES DE GRANDE PORTÉE MAIS SANS ISSUE, par François Leclerc

Billet invité.

Aux États-Unis, en Italie et au Portugal, trois crises politiques s’affichent simultanément, témoignant combien cet échelon de « crise » est atteint. Rien à voir entre elles, en raison de la diversité de leur contexte, si ce n’est leur intensité et, surtout, leur portée.

Les dirigeants politiques poursuivent leur course dans le vide, suspendus au sort de Silvio Berlusconi, alors que tous les signaux d’alarme ont été tirés à propos de la situation des banques du pays. Troisième puissance économique de la zone euro, l’Italie ne peut pas de ce point de vue être cataloguée parmi ces pays périphériques abandonnés à leur sort. Jean-Claude Junker, l’ancien président de l’Eurogroupe, résumait hier ce que la Grèce pouvait pour sa part attendre : « Dire aux Grecs que quoi qu’il advienne ils auront une aide, ce n’est pas un bon signal. Dire à nos compatriotes que quoi qu’il advienne les Grecs n’auront plus un sou, c’est contreproductif. Il faut savoir silence garder »…

Mais que dire aux Italiens dont les grandes entreprises sont vendues au rabais, leurs PME mendient le crédit et leurs banques et compagnies d’assurance regorgent de titres de la dette publique qui se dévalorise quand son taux augmente ? Les banques de la zone euro, au premier chef les françaises qui en étaient gorgées, se sont délestées de ces titres qui leur brûlaient les doigts, anticipant un dérapage et des pertes, faisant de l’Italie l’exemple à venir, mais qui se rapproche considérablement, d’une implosion, cette explosion vers l’intérieur. La BCE, qui a accepté en garantie les mêmes titres enregistrera les pertes qu’elle a jusqu’à maintenant su éviter avec les titres de la dette grecque. Si l’Italie devait à son tour tomber dans le trou, c’est toute l’Europe qui menacerait d’y tomber.

Continuer la lecture de L’actualité de demain : DES CRISES POLITIQUES DE GRANDE PORTÉE MAIS SANS ISSUE, par François Leclerc

Partager

L’actualité de demain : L’ITALIE AU BORD DU DÉRAPAGE, par François Leclerc

Billet invité.

Après des jours et des jours de menaces, les ministres du parti du peuple et de la liberté (PDL), le parti de Silvio Berlusconi, ont ce soir mis leur menace à exécution en décidant de démissionner du gouvernement de coalition avec le parti démocrate (PD) dirigé par Enrico Letta. Le chemin est ouvert à la convocation de nouvelles élections et, en attendant, à une paralysie de l’exécutif. Tout cela au nom du sort réservé à Silvio Berlusconi et en raison de désaccords profonds, dans un climat de grande confusion. Un grand risque selon le FMI, en raison de la faiblesse de l’économie italienne (la récession devrait être de -1,7% cette année) et de ses banques qui sont sous perfusion de la BCE. En cas de choc économique important, celles-ci ne tiendraient pas le coup, estimait hier vendredi Dimitri Demekas, un chef de mission du FMI. Les taux obligataires italiens s’étaient déjà tendus hier, entraînant ceux de l’Espagne, exprimant la fragilité de l’accalmie sur ce terrain.

Partager

L’actualité de demain : CHUT LES ENFANTS, IL NE FAUT PAS RÉVEILLER LE MONSTRE ! par François Leclerc

Billet invité.

La sarabande est repartie en Europe, au risque de rompre une accalmie estimée trompeuse par les mauvais esprits. La coalition italienne ne tient toujours qu’à un fil, celui qui menace de se rompre dès le 9 septembre prochain, lorsque le Sénat devra confirmer ou non la déchéance de Silvio Berlusconi de son mandat de sénateur et son inéligibilité. Les roulements de tambour du côté de Gibraltar ne parviennent pas à faire oublier le scandale des revenus occultes de Mariano Rajoy, désormais suspecté d’avoir menti au parlement. Le gouvernement portugais se remet petitement de sa grosse crise estivale, sans rien avoir résolu, enregistrant la démission de son secrétaire d’État au Trésor, alors que l’on apprend que des documents compromettant sur des swaps qui font scandale ont été opportunément détruits.

Mais ce ne sont pas ces feux qui couvent ici et là qui ont conduit des dirigeants allemands en pleine campagne électorale à intervenir publiquement sur l’Europe. Afin qu’il ne puisse lui être reproché par la suite d’avoir tu la nécessité d’un troisième sauvetage de la Grèce, comme il l’a lui même expliqué, Wolfgang Schäuble a pris les devants pour reconnaitre sans attendre sa nécessité. Un modique montant de dix milliards d’euros a été avancé dans la foulée par le ministre grec des finances, qui correspond à peu près au trou immédiat de 11 milliards d’euros chiffré par le FMI, qui s’ajouteraient au 250 milliards déjà prêtés au total (compte non tenu d’un effacement de dettes de 107 milliards d’euros). Yannis Stournanas a tenu à préciser qu’aucune mesure d’austérité supplémentaire ne devrait selon lui intervenir à cette occasion…

Continuer la lecture de L’actualité de demain : CHUT LES ENFANTS, IL NE FAUT PAS RÉVEILLER LE MONSTRE ! par François Leclerc

Partager

L’actualité de demain : EN TROÏKALAND, LA CRISE POLITIQUE BAT SON PLEIN, par François Leclerc

Billet invité

La crise politique est désormais générale dans le Troïkaland, devenue un facteur aggravant de la dynamique de la crise européenne. Des gouvernements précaires de circonstance ne parviennent dans aucun de ces pays – Espagne, Grèce, Italie et Portugal – à maîtriser la dégradation de la situation économique et sociale qui se poursuit, ne se maintenant au pouvoir que par défaut.

Au Portugal, les deux partis de la coalition gouvernementale – le PSD et le CDS-PP – entament à la demande du Président de la République des négociations avec le PS en vue d’adopter un accord improbable de « salut national » (en attendant un gouvernement du même nom, tout aussi improbable). Mais les socialistes annoncent voter une motion de censure déposée par les Verts et conditionnent tout accord à la renégociation du plan de sauvetage de la Troïka – qu’ils ont à l’époque initié – afin d’entériner des objectifs de réduction de la dette prenant en compte la croissance économique. La crise politique est désormais permanente.

Continuer la lecture de L’actualité de demain : EN TROÏKALAND, LA CRISE POLITIQUE BAT SON PLEIN, par François Leclerc

Partager