BERLIN, L’OCCASION RATÉE DE MACRON, par François Leclerc

Billet invité.

Les commentaires fleurissent suite à la rencontre de Berlin entre Angela Merkel et Emmanuel Macron. Mais si l’on veut aller à l’essentiel et ne pas se laisser impressionner par leur cinéma, cette dernière n’a en réalité rien cédé. Le président français a donné des garanties de bonne conduite, contre lesquelles il a obtenu le principe d’une concertation bilatérale sur une longue liste de desiderata, et la chancelière a annoncé qu’il allait falloir en discuter « calmement » … Voilà le résumé fidèle qui peut en être donné, une fois les petites phrases de circonstance mises de côté…

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LA CRISE POLITICO-BANCAIRE ITALIENNE, par François Leclerc

Billet invité.

Encore une grande réalisation européenne qui ne tient pas ses promesses ! La construction de l’Union bancaire restait inachevée pour cause de profond désaccord sur la création d’un fonds de mutualisation des pertes, mais elle va voir ses principes bafoués, dans le but d’assurer le sauvetage de la banque Monte dei Paschi di Siena (MPS) et de tenter d’en faire autant de Matteo Renzi.

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ITALIE, QUI VA REPRENDRE LA MAIN ? par François Leclerc

Billet invité.

En faisant de l’adoption d’une nouvelle loi électorale un préalable à la tenue d’élections, afin d’éviter une situation ingouvernable, le Président de la République Sergio Mattarella a écarté la convocation rapprochée des électeurs réclamée par le Mouvement des 5 étoiles et Matteo Renzi, obligeant ce dernier à adapter ses plans.

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Italie, Espagne, Grèce : TROIS EXPRESSIONS D’UNE MÊME CRISE, par François Leclerc

Billet invité.

Le camouflet à Matteo Renzi que représente l’éclatante victoire du Non à son référendum constitutionnel est venu « des familles de la classe moyenne appauvries par la crise économique, des jeunes sans travail, des ouvriers qui se sentent menacés par les migrants et des employés dont les salaires ne suffisent plus. C’est le peuple de la révolte, expression du même malaise qui a produit le Brexit au Royaume-Uni et a porté Donald Trump à la Maison Blanche ». Telle est l’analyse que propose le quotidien La Stampa.

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OBAMA CLAIRVOYANT… QUAND C’EST TROP TARD, par François Leclerc

Billet invité.

Quand ils sont sur le départ, les hommes politiques ont comme dernière coquetterie de tenter d’imprimer la marque qu’ils laisseront dans l’Histoire, histoire de redorer un blason que l’exercice du pouvoir a généralement terni. Barack Obama n’y faillit pas.

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UNE LÉGÈRE INFLEXION EUROPÉENNE EN VUE ? par François Leclerc

Billet invité.

Derrière le sauvetage des banques italiennes, que Matteo Renzi déclare « à portée de main », celui d’autres banques se profile après avoir été longtemps dissimulé. Le résultat des tests de résistance de l’Autorité des banques européennes (ABE) est attendu pour le 29 juillet, mais comment croire qu’elle va révéler ce qui a toujours été soigneusement dissimulé ?

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L’ITALIE AU CŒUR DE LA RÉSISTANCE, par François Leclerc

Billet invité.

Quelle mouche à bien pu piquer Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, qui a défendu depuis Rome des mesures auxquelles Matteo Renzi avait annoncé par avance opposer son futur veto ? Pour les autorités italiennes, la situation du système bancaire italien est suffisamment délicate pour ne pas en rajouter en mettant en question l’importance de la dette du pays figurant au bilan des banques. Supprimer ce soutien ne serait pas non plus sans conséquences sur le marché obligataire, obligeant le gouvernement à dégager des ressources budgétaires supplémentaires.

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LA CRISE DES RÉFUGIÉS EN CACHE UNE AUTRE QUI MÛRIT, par François Leclerc

Billet invité.

Tandis que les autorités européennes s’engagent dans l’un de ces sommets dont elles ont le secret, avec comme objectif de rendre présentable et légal un plan qui ne l’est à aucun égard afin de tarir le flux des réfugiés, d’autres soucis s’annoncent qui concernent le pacte fiscal et la politique poursuivie par la BCE.

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LA CRISE DES BANQUES RATTRAPE MATTEO RENZI, par François Leclerc

Billet invité.

La situation du système bancaire italien apparaît progressivement dans toute l’étendue de son horreur, voilà pourquoi. Il se révèle que les banques italiennes ont changé leur fusil d’épaule pour se financer en 2011, lors de la crise de l’euro, n’ayant plus accès aux marchés financiers à court terme, leurs dépôts étant largement insuffisants par rapport aux crédits engagés.

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LES CRISES EUROPÉENNES SE COMBINENT, par François Leclerc

Billet invité.

La combinaison des crises du désendettement et de celle des demandeurs d’asile commence à produire ses effets. Irrésistible, la poussée des réfugiés met à nu la vacuité des réponses qui leur sont apportées, tandis que la mobilisation des pays placés en première ligne qu’elle implique mérite une compensation qui se dessine.

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L’avenir de l’Europe : BEAUCOUP D’ENCRE POUR PAS GRAND CHOSE, par François Leclerc

Billet invité.

Sans marge de manœuvre mais voulant faire bonne figure, les dirigeants européens vont lors de leur prochain sommet de juin tenter d’imprimer leur marque en esquissant l’avenir de l’Europe. Mais, faute de révisions des Traités impliquant des consultations électorales dont ils ne veulent pas, leurs ambitions seront nécessairement limitées. C’est aussi ce qu’ils ont expliqué à David Cameron en lui demandant de modérer ses demandes pour ne pas sortir du cadre existant, tout en cherchant à passer avec lui le cap du referendum britannique sur l’Europe. A défaut de donner un nouvel élan, ils entendent s’adapter à la nouvelle période qui s’est ouverte depuis que la situation s’est à peu près stabilisée – Grèce mise à part – ayant mis le temps mais fini par enregistrer que les basses eaux actuelles étaient destinées à durer.

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SUFFIT-IL D’ÊTRE ICONOCLASTE POUR AVOIR RAISON ? par François Leclerc

Billet invité.

L’équipe de Syriza n’a pas fini de prendre à contrepied les dirigeants européens en ne satisfaisant pas aux rituels auxquels ils sont accoutumés ainsi qu’en refusant de se glisser dans leur moule. Après avoir refusé de satisfaire à un examen de passage devant la Troïka doté de 7 milliards d’euros, lui opposant la négociation d’un contrat sur de toutes autres bases, Yanis Varoufakis en a dévoilé hier les grandes lignes.

Le plan consisterait à émettre deux types de nouveaux titres en échange des créances actuelles. Les premiers titres seraient destinés aux pays européens créanciers, et indexés sur la croissance nominale, tandis que la BCE recevrait des titres « perpétuels » dont seuls les intérêts seraient payés, calculés suivant une formule qu’il n’a pas donnée. Le principe de titres perpétuels n’est pas une nouveauté mais leur dernière émission remonte aux lendemains de la seconde guerre mondiale, par le Royaume Uni. Les grandes entreprises en émettent pour leur part régulièrement sur le marché.

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LE RAPPORT DE FORCE QUI SE CONSTRUIT, par François Leclerc

Billet invité.

Le nez rivé sur la Grèce, on en viendrait à négliger l’accentuation en janvier de la poussée déflationniste annoncée vendredi dernier par Eurostat. Ce n’est pas le cas de Vitor Constâncio, le vice-président de la BCE, qui la considère comme « très risquée ». Prenant le contre-pied de la politique d’austérité budgétaire européenne, il en a tiré samedi la conclusion suivante devant son auditoire de la Cambridge Union : la zone euro devait « élever la demande globale » pour échapper au risque du « piège de la dette ». Après avoir engagé un programme d’achat de titres de plus de mille milliards d’euros, en se contentant d’y mettre les formes vis-à-vis du gouvernement allemand qui y était opposé, la BCE continue de marquer sa différence. C’est dans ce contexte global qu’il va falloir suivre les péripéties à venir des négociations avec la Grèce.

De son côté, Alexis Tsipras a cherché à calmer le jeu, y compris en téléphonant à Mario Draghi pour l’assurer de ses bonnes intentions. Dans un communiqué, il a assuré « ne pas rechercher le conflit » et a demandé « du temps pour respirer et mettre au point notre propre programme de relance à moyen terme, qui prendra en compte des objectifs d’excédent budgétaire primaire, et comprendra des réformes radicales pour combattre l’évasion fiscale, la corruption et le clientélisme ». Précisant que cela « ne signifie en rien que nous ne respecterons pas nos engagements envers la Banque centrale européenne ou le Fonds monétaire international » (les détenteurs des créances à rembourser dans les prochains mois).

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ON EN VIENT AUX CHOSES SÉRIEUSES… par François Leclerc

Billet invité.

Les choses sérieuses ont débuté vendredi avec la mission de Jeroen Dijsselbloem à Athènes, toute empreinte de raideur. Le ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, a confirmé au président de l’Eurogroupe que la Troïka n’était plus considérée comme un interlocuteur valable (pour mémoire, les deux dernières rencontres de cette dernière avec le précédent gouvernement avaient dû prudemment se tenir à Paris). Réagissant à la proposition d’une conférence européenne sur la dette, que Christine Lagarde n’a pour sa part pas repoussée, ce dernier a rétorqué que l’Eurogroupe était le lieu privilégié pour en discuter.

La veille, Yanis Varoufakis avait déclaré au New York Times, à propos du dernier versement suspendu du plan de sauvetage », « les sept milliards, nous n’en voulons pas, ce que nous voulons c’est repenser tout le programme ». Jeroen Dijsselbloem a eu comme réponse lors de la conférence de presse commune d’Athènes « qu’ignorer les accords n’est pas le bon chemin à prendre ». Les dirigeants grecs font remarquer que cela n’aurait pas de sens d’à la fois critiquer un programme et de demander son extension, affirmant leur volonté de négocier un « New Deal Européen » , tandis que Wolfgang Schäuble a de son côté déclaré : « nous sommes prêts à tout moment à toutes les discussions, mais les bases ne peuvent en être changées », ajoutant qu’il était hors de question de répondre à un quelconque chantage (sans préciser son objet, un défaut sur la dette). Mais l’on attend toujours le premier contact téléphonique avec son homologue grec, qui est de tradition pour saluer un nouveau venu mais qui n’a pas eu lieu. Aucun déplacement d’Alexis Tsipras à Berlin n’est prévu.

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NOS ÉDILES PRIS À LEUR PROPRE PIÈGE, par François Leclerc

Billet invité.

Ils se sont précipités pour réagir à la convocation des élections législatives, et on se demande bien pourquoi si ce n’est pour mieux souligner leur inquiétude. Sans attendre, Matteo Renzi a nié toute possibilité de contagion à l’Italie, coiffant au poteau le commissaire européen socialiste Pierre Moscovici qui n’a pas hésité à appeler les électeurs grecs à soutenir les réformes « favorables à la croissance », dans un bel effort de distorsion des enjeux. Puis le FMI a donné les grandes orgues, en annonçant la suspension de son aide jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement, et Wolfgang Schäuble a réitéré son injonction à ce que la Grèce poursuive les réformes engagées, on ne pouvait moins attendre.

En chutant, la bourse grecque a traditionnellement manifesté la crainte des milieux d’affaires, la hausse d’un point du taux obligataire grec n’ayant pas la même portée, vu que le gouvernement grec est de toute manière coupé des marchés financiers, vu également le faible volume des échanges sur le marché secondaire. Mais le calendrier qui se présente désormais recèle d’autres dangers : c’est à la fin février au plus tard qu’un accord devra être trouvé avec la Troïka afin de débloquer le dernier versement de 7,2 milliards d’euros de l’aide accordée, et les autorités européennes comptent sur cette échéance pour influencer les électeurs lors des élections du 25 janvier prochain, si la date est retenue, ou par défaut amener un gouvernement Syriza issu de celles-ci à résipiscence. Ce qui explique dans les deux cas son choix par Antonis Samaras.

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L’IMPUISSANCE ÉRIGÉE EN RÈGLE DE CONDUITE, par François Leclerc

Billet invité

Pas un mot n’a été prononcé à voix haute à Bruxelles sur la sortie des clous de la France et de l’Italie, mais on n’y a parlé que de cela, tout se passant derrière le rideau. Pas tout à fait d’ailleurs, car Matteo Renzi a rompu tous les usages en rendant publique sur le site du ministre des finances une lettre « strictement confidentielle » du commissaire européen Jyrki Katainen relevant des prévisions budgétaires 2015-2017 s’écartant des objectifs et demandant des clarifications.

Le président du Conseil italien a mené une opération politique : « le temps d’une totale transparence est venu, je pense que les lettres secrètes appartiennent au passé. Avec l’Italie, les données seront intégralement publiques : nous voulons que tout soit clair avec Bruxelles, car c’est seulement de cette manière que les citoyens pourront tout comprendre ». François Hollande a refusé d’en faire autant, arguant du caractère « banal » du courrier qu’il a également reçu, le résumant à un acte de procédure.

De la politique, la BCE ne répugne pas non plus d’en faire. Quelle crédibilité va-t-on en effet pouvoir accorder aux résultats des stress-tests des banques et à l’examen de leurs bilans (Asset Quality Review) si, comme des fuites le laissent présager, un nombre limité de victimes expiatoires est déjà prévu pour tomber au champ du déshonneur ? Yves Mersch, membre du directoire de la BCE, clame déjà victoire : même avant l’annonce des résultats, « l’évaluation globale » (le nom officiel de l’exercice) a rempli ses objectifs, les banques ayant renforcé leurs bilans. On serait tenté de lui dire qu’il est inutile, dans ces conditions, d’en publier les résultats, et qu’il vaudrait peut-être mieux ne pas lever l’incertitude en décrochant l’épée de Damoclès !

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Europe : L’IRRÉSISTIBLE ABSENCE D’UNE POLITIQUE DE REMPLACEMENT, par François Leclerc

Billet invité

Comment transformer l’essai marqué il y a bientôt une semaine par Mario Draghi ? La question reste sans réponse, bien que ce dernier ait recherché une formule permettant de débloquer la situation en suggérant de conditionner des marges de flexibilité fiscale accrues à la réalisation de réformes libérales. De quoi, espérait-il, rassurer un gouvernement allemand qui n’a pas saisi la perche tendue, conforté par ce que le changement de gouvernement en France pourrait annoncer, qu’il encourage du geste et de la voix.

Renouvelant leurs pressions antérieures, bien qu’elles soient restées sans succès, Matteo Renzi et François Hollande proposent aujourd’hui une planche de salut sous la forme d’un sommet sur la croissance et l’emploi, qui pourrait se tenir en octobre prochain. Ils espèrent que le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, saura mettre en musique son mirifique projet de plan pluriannuel d’investissement fait de bric et de broc, qui n’a pas suscité de grand enthousiasme outre-Rhin, c’est le moins que l’on puisse dire. Se cantonnant sur les marges, ces jeux d’esquive ne sont pas à la hauteur de la situation. Le sort réservé au projet de Mario Draghi peut-il laisser des illusions ?

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AU CHEVET DE LA ZONE EURO, QUE FAIRE APRÈS LA SAIGNÉE ? par François Leclerc

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Comment les dirigeants européens vont-ils sortir du pétrin dans lequel ils se sont fourrés (y conduisant leurs administrés) ? Sigmar Gabriel, le vice-chancelier social-démocrate allemand, a lancé un ballon d’essai en proposant d’adopter une nouvelle méthode de calcul du déficit excluant les dépenses occasionnées par les réformes, ce qui ne nécessiterait pas selon lui de modification d’un Traité figeant dans le marbre des règles qui se révèlent inapplicables. L’artiste travaille sans filet ! L’affaire est à réglage fin, puisqu’il n’est pas question de se déjuger ouvertement.

Angela Merkel a immédiatement rétorqué que le Traité était tabou, ce que l’on savait déjà. Et des rumeurs prématurées d’alliance franco-italienne ont surgi, laissant présager d’une offensive à Bruxelles, profitant de la présidence italienne de l’Union européenne. Reste à la voir se concrétiser. Afin de donner des gages, Matteo Renzi a proposé un accord donnant-donnant dont la maîtrise serait confiée à la Commission européenne : « vous avancez sur les réformes, et je vous accorde des délais de réduction du déficit », ce qui a l’avantage d’instaurer une souplesse devenue indispensable tout en préservant l’essentiel de ce qui doit être accompli. Comme si la réduction du déficit et de la dette n’étaient finalement que des prétextes, ce que tendrait à montrer la détente du marché obligataire qui se satisfait de leurs niveaux élevés, le marché ne jouant plus présentement les croquemitaines.

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Sur le mode du changement : PUSILLANIMITÉ ET LÉGÈRETÉ, par François Leclerc

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Au train où vont les choses, les années passant, les autorités qui sont aux commandes ne sont pas prêtes à reprendre l’initiative sur le déroulement des opérations, alors que la faible volatilité qui est constatée sur les marchés est source d’inquiétude grandissante, comparée au calme qui précède la tempête. Sans savoir d’où viendra le prochain coup de tabac et quand il interviendra. Une incertitude qui résume l’opacité et la complexité d’un système financier en permanence proche du dérapage incontrôlé.

Seules quelques tentatives voient à peine le jour afin de prendre en compte ce qui s’observe comme le nez au milieu de la figure en Europe où c’est le plus flagrant : la voie empruntée n’est pas la bonne ! Plus réalistes, mais aussi aventuristes, d’autres persévèrent en ne poursuivant qu’un seul objectif : recommencer comme avant, en mieux naturellement !

Ne disposant jusqu’à maintenant que de deux options – aider sous conditions un pays si sa dette est soutenable, ou préconiser sa radicale restructuration dans le cas contraire – le FMI explore actuellement une troisième voie : donner du temps au pays pour la rembourser en allongeant sa maturité. Cette réflexion est issue en droite ligne de la situation grecque et du refus des autorités européennes de pratiquer une remise de peine en bonne et due forme, alors que depuis des mois le FMI la proclame inévitable. Ne pouvant l’obtenir, cette nouvelle politique pourrait, une fois adoptée, donner un peu de souplesse à un désendettement des États qui coince irrémédiablement, en application du vieux principe selon lequel quand on ne sait pas quoi faire, il faut gagner du temps. Elle pourrait être ultérieurement utilisée avec d’autres pays, les candidats ne manquant pas. Le dos au mur, il n’est toutefois toujours pas question d’admettre qu’il faudra en passer par plus radical !

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ENCORE EN POINTILLÉS, UN NOUVEL ÉPISODE DE LA CRISE EUROPÉENNE ? par François Leclerc

Billet invité

Les épisodes de la crise européenne se suivent. Hier au bord de l’éclatement, la zone euro était soumise à une double peine. Les taux souverains se tendaient à l’extrême, et une politique de réduction du déficit public à marche forcée était instituée. Un précipice s’ouvrait, mais par l’effet d’un Deus ex machina, la BCE parvenait à calmer le jeu sur le marché obligataire. Une accalmie s’en suivait, qui se poursuit aujourd’hui, alors que s’entame une réévaluation encore marquée de beaucoup d’incertitudes quant à la politique engagée.

La mise en musique de la réduction des déficits publics créant une cacophonie, son inflexion ne va-t-elle pas finir par être distillée ? S’il a été aisé de contraindre les pays périphériques à se plier à la rigueur extrême en raison des sommets atteint sur le marché obligataire, c’est au prix d’une profonde crise économique, sociale et politique dont ils ne sont pas prêts de sortir. Mais une toute autre partie s’engage désormais avec l’Italie et la France. Bâties dans l’improvisation et destinées à un affichage politique, leurs prévisions budgétaires gouvernementales sont vouées à être démenties par les faits, conduisant ces deux pays à dévier des trajectoires de réduction du déficit et de la dette requises. Avec comme choix d’engager ou non une épreuve de force.

Tel est le moteur de l’évolution en cours, qui ne va pas aller sans atermoiements et demi-mesures. À cet effet, le principal sera distingué du secondaire. Le corpus de réformes censées libérer des potentialités bridées constituera un socle intouchable alors que des modulations du rythme du désendettement pourront avec parcimonie être consenties, sous la pression des faits. Quand la pression sera trop forte, comme d’habitude.

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