L’ITALIE AU CŒUR DE LA RÉSISTANCE, par François Leclerc

Billet invité.

Quelle mouche à bien pu piquer Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, qui a défendu depuis Rome des mesures auxquelles Matteo Renzi avait annoncé par avance opposer son futur veto ? Pour les autorités italiennes, la situation du système bancaire italien est suffisamment délicate pour ne pas en rajouter en mettant en question l’importance de la dette du pays figurant au bilan des banques. Supprimer ce soutien ne serait pas non plus sans conséquences sur le marché obligataire, obligeant le gouvernement à dégager des ressources budgétaires supplémentaires.

Écartant l’hypothèse que le voyage privé de Jens Weidmann avait pour objet de préparer sa candidature à la succession de Mario Draghi, vu ses déclarations, il ne reste comme hypothèse qu’un soutien maladroit à la politique défendue par le gouvernement allemand, pour des raisons principielles. Après avoir reçu des volées de bois vert de la presse, il a reçu celles de Matteo Renzi et Pier Carlo Pandoan.

« Au gouverneur de la banque centrale allemande, je suggèrerais de regarder les banques allemandes », a déclaré le président du Conseil, qui a rajouté comme commentaire : « Il a tant de problèmes auxquels penser, et moins il pense à l’Italie, mieux c’est pour lui ». Le ministre des finances a choisi un autre angle d’attaque. « À Weidmann, je réponds ceci : il est clair qu’il y a un rapport entre la dette et la croissance. Et moi je considère que la croissance est la voie maîtresse pour réduire le déficit. Pour Weidmann, c’est le contraire. Je ne suis pas d’accord avec lui et ma thèse est plus correcte que la sienne, d’autant plus qu’elle est soutenue par l’expérience historique ».

Angela Merkel et Matteo Renzi se rencontreront à Rome jeudi prochain, n’ayant plus qu’à arrondir les angles. Voilà qui rappelle la récente rencontre entre Mario Draghi et Wolfgang Schäuble, faisant suite aux écarts de langage de ce dernier. Les esprits s’échauffent, les nerfs se tendent, et François Hollande ne fait pas preuve de responsabilité en se taisant. Son quinquennat aura décidément été de bout en bout une catastrophe, n’ayant cessé de marquer des buts contre son camp présumé. Même Mariano Rajoy aura été plus incisif…

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